Disclaimer : Ni Severus, ni aucun des personnages de cette histoire ne sont à moi, sauf Ioann, Milo, Ivanna et Sergueï

Zarakynel merci beaucoup pour ta review.

Note : voilà, j'ai rattrapé mon retard dans la publication et je suis à jour dans mes chapitres. Aussi je prends dès aujourd'hui le rythme dont je vous avez parlé dans une précédente note. A savoir : un chapitre par semaine posté les mercredis. Alors à la semaine prochaine pour la suite.

Bonne lecture…


Chapitre 14 : Confiance.

Une douce étreinte le maintenait dans la position assise. Des bras forts le gardaient contre un torse réconfortant. Un léger ronflement résonnant dans son oreille le berçait. Il n'avait plus mal à la tête. Il n'avait plus aussi chaud non plus. Et il arrivait à respirer presque normalement. Il avait un peu mal dans ses muscles et il avait envie de faire pipi. Mais il n'avait pas envie de bouger de sa place. Il releva la tête pour regarder son papa. Car oui, il était assis sur celui-ci alors qu'il dormait. Il ne se souvenait plus trop de ce qui s'était passé dans la nuit sauf qu'il avait encore fait un cauchemar. Il faisait toujours des cauchemars. Mais c'était la première fois qu'il finissait sa nuit sur les genoux de Severus et surtout qu'il se réveille avant lui. Alors il le regarda avec ses petits yeux curieux. Et dans son sommeil, soulagé de ses inquiétudes diurnes, il le trouva beau. Et ce malgré son grand nez crochu. Alors il se recala doucement contre lui, serrant de ses petits poings le pull de l'adulte, l'oreille collée contre son cœur. Il aimait beaucoup en entendre le battement. C'était doux et apaisant, c'était agréable et relaxant. Alors il poussa un faible soupir. Il glissa un de ses pouces dans sa bouche et le suçota avec ardeur tout en frottant délicatement sa joue contre le tissu.

Ce fut ce léger mouvement qui sortit Severus de son sommeil. Il ouvrit péniblement les yeux pour remarquer qu'il avait dormi sur son fauteuil une fois de plus. Décidément, il allait finir par achever son dos à ne pas s'allonger plus confortablement lors de ses nuits. Il voulut détourner le regard vers le canapé pour voir Ioann quand il enregistra que le mouvement sur buste n'était pas dû à un reste de rêve mais à l'enfant qui se caressait contre lui comme un chaton le ferait pour montrer son bien être. Cette idée le fit sourire. Son petit chaton personnel. Il resserra ses bras autour du petit corps avec délectation. Merlin qu'il aimer la sensation que son fils lui faisait ressentir quand il était ainsi contre lui. D'ailleurs l'enfant releva la tête à ce changement dans l'attitude de son père. Les deux regards noirs se croisèrent. Severus lui déposa un baiser sur le nez. Ioann sortit son pouce de la bouche pour lui coller ses deux lèvres légèrement baveuses sur la joue.

- Bonjour mon Cœur. Comment vas-tu aujourd'hui ?

- Bien. Pu mal tête.

- Et tu n'as presque plus de fièvre non plus, commenta Severus en retirant sa main de son front. Arrives-tu à respirer facilement ?

- Un peu difficile 'core. Mais mieux.

- C'est bien. C'est que tu guéris vite mon grand. Tu seras bientôt sur pied à nouveau. Cette nuit tu essayeras de dormir couché. Tu te reposeras mieux ainsi. As-tu faim ?

- Un peu mais …

- Mais ?

- …

- Ioann, qu'est-ce qu'il y a ? Dis-moi.

- Besoin … besoin pipi.

- Oh. Oui évidement, avec tout ce que tu dois boire pour ta maladie, c'est tout à fait normal. Tu veux essayer de marcher jusqu'aux toilettes cette fois ou tu es trop fatigué ?

- Marcher.

- Bien. Alors allons-y jeune homme.

Ioann descendit des genoux de l'adulte et mit lentement ses chaussons. Severus le tint par la main jusqu'aux cabinets puis il attendit qu'il ait terminé pour le ramener sur le canapé. Il le couvrit chaudement et lui tendit les potions qu'il devait absorber. Puis il alla dans la cuisine pour préparer un bon petit déjeuner, conscient que le petit allant mieux, il lui fallait quelque chose de plus consistant que du lait, des yaourts ou de la compote. Il mit également sur le plateau une bonne tasse de thé bien infusée et bouillante. Puis il revint déposer le tout sur la table basse du salon. Ce fut ainsi qu'ils prirent ensembles leur collation matinale et qu'ils furent surpris par l'arrivée de Poppy.

Elle leur fit un grand sourire, ravie de les voir sereins et visiblement plus reposés que ces derniers jours. Elle attendit que Ioann ait fini d'avaler tout ce que son estomac pouvait ingurgiter avant de commencer l'examen quotidien. Celui-ci se montra très positif. Les poumons du petit Russe étaient quasiment guéris, même si des traces de la maladie subsistaient encore. L'infirmière félicita le maitre des potions pour l'excellence de ses décoctions. Severus se sentit fier du compliment mais aucune manifestation extérieure ne le signala. Son fils avait été malade par sa faute mais la guérison était plus rapide grâce à lui. Il se sentait légèrement moins coupable. Il offrit une tasse de thé à leur hôte mais elle dut la décliner. Peeves avait encore fait des siennes la veille au soir et il y avait six étudiants qui squattaient son infirmerie. Severus leva un sourcil interrogateur à ce sujet.

- Un problème avec l'esprit ?

- Je ne vous le fais pas dire. Minerva s'arrache presque les cheveux pour le contrer.

- Elle n'a aucune autorité vis-à-vis de lui, je ne vois pas pourquoi elle s'obstine à vouloir le tenir.

- Pour ne pas se sentir coupable de n'avoir rien fait probablement. Il est évident que si Horace se donnait la peine de parler au baron sanglant, Peeves serait moins actif. Mais malheureusement, ce n'est pas le cas.

- Horace ne devait déjà sûrement pas avoir une grande envie de me remplacer.

- C'est le moins qu'on puisse dire. Enfin, espérons qu'il n'y ait pas de graves incidents d'ici les vacances.

- Albus ne peut-il pas pour une fois faire preuve d'autorité face aux habitants nuisibles de cette école ?

- Bien sûr que non. Il ne voit que le côté amusant de la chose.

- Tout comme Minerva ne voyait, à une certaine époque, que le côté pitreries de certains de ses élèves, cracha Severus. Un trait typiquement Gryffondorien semble-t-il.

- Chacun fait des erreurs, Severus. Et chacun change. Mais quoi qu'il en soit, j'avoue que je serais plus tranquille si cet esprit de malheur allait tourmenter le calamar géant au lieu de mes élèves. Bon, vu que Ioann va bien mieux, je ne passerais que ce soir. Bien évidement, si jamais il y a le moindre problème appelez-moi immédiatement. Continuez de lui donner les potions, à le faire boire régulièrement et essayez de lui faire manger des aliments un peu plus consistants. Je pense que s'il accepte les tartines au déjeuner, il devrait aussi accepter du poisson à midi. Passez une bonne journée tous les deux, et à ce soir.

- Bon courage Poppy et encore merci pour tout ce que vous faites pour nous.

- Ne me remerciez pas. Si je fais ce métier c'est pour aider les autres. Et comment ne pas vouloir rendre son sourire à un bonhomme aussi charmant.

Tout en disant cela, elle s'était approchée de Ioann et lui passa le dos du doigt sur la joue dans un geste tendre et agréable. L'enfant, qui les regardait en essayant de comprendre ce qu'ils se disaient, lui fit alors un sourire éblouissant. Elle fut légèrement déstabilisée de le voir ainsi avec elle. Le professeur fut ravi. Ioann semblait réellement avoir confiance en l'infirmière et c'était vraiment une bonne chose. Surtout quand on savait l'appréhension qu'il ressentait avant pour les visites médicales. La matinée se passa tranquillement. Après avoir fait une halte dans la salle de bain et avoir changer de pyjama et de vêtements, la famille Snape se retrouva dans la chambre du plus jeune, installée sur l'amas de coussins, emmitouflée sous une grande couverture, Ioann assis entre les jambes de son père, le dos contre son torse, le pouce dans la bouche alors que Severus lui lisait un conte d'une voix chaude. Jamais l'adule n'avait fait une telle chose. Déjà s'asseoir au milieu de coussins colorés n'était pas dans ses habitudes. Jamais chez lui dans son enfance, une telle situation n'avait eu lieu. Et jamais au grand jamais, son père se serait abaissé à lui lire une histoire. Il baisa légèrement la tempe du petit Russe chassant cette pensée. Il n'était pas son père. Et il ne referait pas ses erreurs.

o0o

Dans son grand manoir, Lucius ruminait. Et cela faisait deux jours qu'il ruminait. Sa fierté Malfoyenne l'empêchait de se rendre chez Severus pour demander réparation de l'offense qu'il lui avait faite. Et ce, même si au fond de lui, il savait que c'était un terme un peu fort pour qualifier leur différent. Le brun avait été dépassé par les évènements, sa culpabilité mal placée et tous les changements auxquels il devait faire face. Ses paroles avaient semble-t-il largement dépassées ses pensées. Après une nuit de repos agité et une journée de travail ordinaire, il avait finalement abordé le problème de façon plus posée. S'il attendait des excuses de la part de son ami, il savait aussi que tant que la situation n'irait pas mieux il ne pourrait pas obtenir quoi que ce soit. Et de toute façon, il n'attendait pas après de grands discours. C'était juste pour la forme. Ensuite il s'excuserait lui aussi de son comportement déplacé et ils repartiraient sur de bonnes bases. Oui, lui, Lucius Malfoy, s'excuserait. Un jour à marquer d'une pierre blanche. Mais leur amitié le méritait.

Il finit par se lever de son fauteuil et sortit de son bureau. Il se dirigea vers la porte d'entrée afin d'aller prendre l'air. Plus il s'avançait plus il entendait des cris. Il fronça un instant les sourcils en reconnaissant Draco. Puis il comprit qu'il s'agissait en fait des cris de joie. Il arriva à la porte et s'appuya contre le chambranle. Dans le parc, juste devant, Draco monté sur son balai miniature tentait d'attraper les papillons. Salazar, son fils de six ans, le digne héritier Malfoy, tentait d'attraper des papillons. Et sous le regard attendri de Narcissa. Dure journée pour la fierté familiale. Il s'avança tout de même et attrapa sa femme par la taille. Elle se retourna pour le regarder, un grand sourire sur les lèvres.

- Nous avons là un garçon plein de vie mon ami.

- C'est ce que je vois et j'entends.

- Oh, t'a-t-il dérangé ? J'ai préféré rester à proximité de la maison mais si tu le veux nous pouvons nous éloigner un peu.

- Ne t'inquiète pas. Cela ne me dérange pas. Mais … des papillons ? Grimaça Lucius

- Il n'est pas encore en âge d'attraper des Vifs d'Or, rigola la blonde. Mais quand il le pourra il sera sûrement très doué.

- C'est un Malfoy, il ne peut qu'être doué.

Avec un tendre sourire, Narcissa déposa un baiser sur les lèvres de son mari qui l'approfondit avec plaisir. Ce fut un « beuuuurk » sonore et dégoûté qui les sépara. Devant eux, un petit blond tout décoiffé, les joue rougies par l'effort, faisait la grimace de voir ses parents ainsi. Il s'attira une petite réprimande joyeuse de sa mère et un haussement de sourcil moqueur de son père. Dobby fut appelé pour leur servir quelques rafraichissements alors que Draco fut sommé de passer un gilet pour ne pas attraper froid après avoir transpiré sur son balai.

o0o

Severus attendait avec appréhension. Ioann venait de finir de manger quand Albus l'avait contacté par cheminette pour lui demander un entretien. Il avait accepté à contre cœur. Mais il ne pouvait pas non plus rejeter le vieux sorcier. Pas après tout ce qu'il avait fait pour lui dans le passé et qu'il faisait encore depuis qu'il avait son fils. Ne souhaitant pas se tenir loin de celui-ci, il le réinstalla confortablement sur le canapé, lui donna ses peluches et le regarda s'endormir avant de poser une bulle de silence autour de lui et de recontacter Albus afin qu'il puisse venir. Le directeur arriva rapidement et offrit un sourire paternel à son professeur. Severus lui proposa un thé et le laissa s'installer au salon le temps de faire chauffer l'eau. Quand il revint au salon avec la théière et deux tasses, Dumbledore était assis sur un des fauteuils, son regard pétillant fixé sur l'enfant endormi. Il tourna la tête vers Severus quand il arriva et attrapa avec plaisir la tasse qu'il lui tendit.

- Bien, j'aimerais que nous en venions au fait tout de suite, si vous ne voyez pas d'inconvénient, Albus, car je suppose que cette discussion va être longue et éprouvante.

- Je ne pense pas qu'elle le soit réellement.

- Ne venez vous pas me relancer sur la discussion qui pourtant était close il y a de cela trois jours ?

- Non mon garçon. Je viens pour vous parler de Ioann.

- De Ioann ? Demanda Severus, d'un coup légèrement inquiet. Y aurait-il un problème quelconque avec sa venue à mes côtés ?

- Aucunement. Ne vous inquiétez pas ainsi. Mais je pense qu'il serait bon de parler de certaines choses.

- Lesquelles ?

- Tout d'abord, comment va notre petit homme ?

- Mieux. Aujourd'hui il y a une réelle amélioration. Il est encore sous potions et pour plusieurs jours, mais il arrive à se reposer lorsqu'il fait la sieste. Il a également mieux mangé.

- C'est un petit garçon très fort. Vous devez être très fier de lui.

- Vous ne pouvez même pas imaginer à quel point.

Le regard tendre que Severus porta à Ioann à ce moment là, valut tous les mots du monde. Le regard d'Albus pétilla de plus belle.

- Je suis bien content de vous voir heureux Severus. Après tout ce que vous avez enduré, vous méritez bien ce petit rayon de soleil. Poppy m'a raconté qu'il semblait à l'aise avec elle. C'est une bonne chose.

- Oui, il l'aime bien. Il la trouve très gentille. J'avoue que je suis plutôt content de cette confiance qu'il lui accorde. Je sais que je peux compter sur elle en cas de besoin, et savoir que mon fils l'apprécie est un plus indéniable.

- Le seul problème reste la barrière des langues. La communication entre eux en est affectée.

- Oui, soupira Severus. Malheureusement nous n'avons pas beaucoup de choix. Il faudra du temps pour lui apprendre l'anglais. Et il n'a de toutes façons que cinq ans, je ne peux pas lui imposer des cours ainsi.

- En fait il se trouve que si je suis venu vous voir aujourd'hui c'est que mes collègues anciens directeurs et moi-même avons cherché une solution. Et nous en avons trouvé une.

- Quelle est-elle ?

- Il existe un sort peu connu qui pourrait trouver toute son utilité. Dilys possède vraiment une mémoire infaillible. Malgré les années et le caractère inconnu de ce sortilège c'est un miracle que nous l'ayons trouvé. Les sorciers, de nos jours, se contentent d'un sort dérivé lorsqu'ils vont à l'étranger. Il ne fonctionne que quelques heures et est largement suffisant. Or dans notre cas, il faut que l'efficacité soit visible dans la durée. Aussi …

- Venez-en au fait Albus ! Grogna Severus. Quel est donc ce sort et quels en sont les effets ? Car ne vous faites pas d'illusions, s'il y a le moindre danger pour Ioann, je refuse catégoriquement qu'il lui soit lancé !

- Je comprends bien mon garçon. Et croyez bien que s'il y avait eu le moindre danger pour votre fils, jamais je ne me serais permis de vous en faire part.

- Alors je vous écoute.

- Il s'agit d'un sort ancien de traduction. Il suffit de le lancer sur Ioann pour qu'il soit effectif. Quand il parlera, une voix traduira instantanément en anglais pour que l'interlocuteur comprenne. De même quand quelqu'un lui parlera, cette même voix fera la traduction en russe.

- C'est intéressant mais lorsque nous sommes seuls, nous n'avons pas besoin de cette traduction. Elle serait même superflue, tout comme lorsque son oncle sera là.

- Il suffira que vous ou son oncle, ou les deux, lanciez un léger contresort afin de geler le sortilège. Il se remettra automatiquement en place lorsqu'une personne, n'ayant pas effectué le contresort, interviendra dans la conversation.

- Si c'est effectivement efficace, alors c'est une idée intéressante. Quels sont les contraintes de ce sort ?

- Il n'y en a pas.

- Aucune ?

- Aucune. Sauf qu'il doit être lancé par une personne avec suffisamment de magie pour que le sortilège ne soit pas diminué par de trop nombreuses gelées.

- Donc, en gros, c'est vous qui lancerez le sortilège de traduction.

- Vous avez compris.

- Vous ne ferez rien qui pourrait lui nuire de quelque façon que ce soit ? J'ai votre promesse ?

- Sur mon honneur de Sorcier, Severus, jamais je ne ferais du mal à un enfant. Vous le savez déjà il me semble. Mais je suis prêt à vous le redire autant de fois qu'il le faudra pour que vous m'accordiez votre confiance. Dois-je absorber quelques gouttes de veritaserum pour que vous me croyez ?

- Non, cela ne sera pas nécessaire, répondit le professeur après tout de même une légère hésitation. Quand voulez-vous procéder ?

- Quand m'en accorderiez-vous le droit ?

- Poppy a fixé sa guérison à quatre jours, puis elle prévoit une grande phase de repos. Il n'est sûrement pas utile d'attendre jusque là. Mais je pense que le faire aujourd'hui serait trop tôt. Je dois en parler avec lui, lui expliquer et savoir s'il est d'accord. Dans deux jours. Dans deux jours je vous donnerai ma réponse.

- Bien, c'est un bon choix. Mais je suis sûr qu'il sera ravi de pouvoir comprendre ceux qui l'entourent. Je vais vous laisser maintenant Severus. Vous me paraissez un peu fatigué, une sieste ne vous ferait pas de mal non plus.

- J'ai passé l'âge de faire la sieste, vieil homme.

- Oui, mais j'ai cru comprendre que tout comme votre fils, vous ne faisiez pas vos nuits. Vous ne l'aiderez pas en étant épuisé. Profitez de ses siestes pour parfaire votre propre repos.

- Vous devriez retourner à vos élèves, Albus. Et peut-être qu'une discussion avec le Baron ou Peeves pourrait également être utile.

- Oh, je vois que Poppy vous a également parlé de ceci. Une distraction bien charmante en cette période d'examens.

- Distrayant pour vous. Mais je doute que les élèves blessés le voient de la même façon.

- Depuis quand vous occupez-vous du bien être des élèves, Severus ?

- Sûrement depuis que leur directeur préfère regarder leurs malheurs en mangeant des bonbons au citron au lieu de préserver leur sécurité.

- S'il y avait un réel danger, croyez bien que je serais déjà intervenu.

Dumbledore disparut dans la cheminée. Severus soupira longuement et leva le sortilège de silence de sur son fils. Puis il le regarda dormir. Il remonta la couverture sur ses épaules avant d'attraper le plateau avec les tasses vides, afin de les porter à la cuisine.

o0o

Charlie finissait sa journée. Encore des révisions. Heureusement que les examens commençaient dans deux jours car c'était pesant. Le lendemain, il avait cours de potions et comptait bien aller voir Slughorn à la fin du cours. Il avait bien une idée pour avoir des réponses mais il n'était pas pour autant rassuré quant à la réalisation de son entreprise. Mais il n'était pas un Gryffondor pour rien, le courage il en avait à revendre. Sauf face à sa mère et à son frère. Il avouait volontiers que la première pouvait lui ficher une peur bleue et qu'il ne pouvait pas supporter d'être en froid avec le second. Il était perdu dans ses pensées quand un cri le fit sursauter. Il releva la tête, puis se retourna, mais ne vit rien à part d'autres étudiants qui cherchaient également d'où cela venait. Puis une détonation suivie d'un rire dément retentit et il frissonna. Merlin mais qu'est-ce que c'était que ces bruits ? Un grincement résonna puis un craquement sinistre.

Tout comme ses camarades, Charlie se retourna tout en regardant dans tous les sens pour savoir ce qui se passait. Puis un fracas le fit se retourner vers un pan de mur. Et il paniqua. Le pan de mur à ses côtés était tout simplement en train de s'affaisser. Paralysé, il regarda les pierres s'effondrer dans un nuage de poussière et des éclats de caillasses. Il fut rapidement assommé sans comprendre plus de ce qui lui arrivait. Quand il rouvrit les yeux, il découvrit le plafond blanc de l'infirmerie. Il voulut l'asseoir mais un pic vert, absolument pas gentleman, s'amusait avec l'intérieur de son crâne, limitant tous ses mouvements. Il grogna légèrement en tentant de porter sa main à son front mais celle-ci fut arrêtée en vol.

- Ne touche pas. Sinon ça ne guérira pas.

- B … Bill ? kessissépassé ?

- Et bien, Peeves a joué avec des explosifs du Dr Flibuste. Il a fait s'effondrer un mur entier. Et tu étais malheureusement sur son passage. Tu as une jolie bosse sur ton front, quelques bleus et des écorchures. Mais Pomfresh m'a dit que demain il ne restera plus que la bosse.

- Super, répondit le plus jeune d'une voix pâteuse. J'ai soif.

- Tiens, avale cette potion ensuite tu auras du jus de citrouille. Tu as avalé beaucoup de poussières, c'est pour cela que tu as la gorge sèche.

- Beurk, vraiment pas bonne cette potion.

- D'où l'intérêt du jus de citrouille après. L'infirmière était dans une rage folle. Vous avez été trois à être blessés. Avec les six d'hier, l'infirmerie est presque pleine. J'ai cru comprendre qu'elle était partie dire deux mots au directeur à propos de Peeves. Je pense que l'esprit frappeur va le sentir passer.

- Oui ben j'aurais préféré ne pas faire parti du lot des blessés !

- Je me doute bien. Bon, puisque tu es réveillé et que tant que Pompom n'est pas revenue j'ai pas le droit de t'abandonner à ton sort, pourquoi ne pas réviser ensembles.

Charlie grommela contre son frère, pas du tout compatissant, et attrapa son livre d'histoire de la magie à contre cœur. Ils n'avaient pas commencé leurs travaux depuis cinq minutes qu'une infirmière passablement énervée entra en bougonnant après les « directeurs séniles » qui étaient totalement irresponsables. Les deux rouquins se regardèrent, comprenant que Dumbledore ne ferait rien de plus contre les frasques de l'esprit. Charlie soupira de mécontentement avant de s'allonger sous les couvertures, bien content de la diversion que cela avait créée. Bill leva les yeux au ciel devant tant de mauvaise foi. Mais peu de temps après, il secoua son petit frère lui sommant de regarder. Et ce fut avec stupéfaction que les deux Weasley virent Snape sortir du bureau de Pomfresh et traverser les locaux d'un pas rapide et assuré.

- Qu'est-ce qu'il vient faire là lui ? Demanda le plus jeune

- Je sais pas. Mais je te garantis qu'il n'était pas dans le bureau tout à l'heure. Elle a dû le contacter …

- Oui mais pourquoi ?

- Je sais pas. Mais je ne pense pas qu'il soit là pour parler potions avec Slughorn… Tu lui as parlé ? Lui demanda Bill, soudainement inquiet.

- Non pas encore, je voulais le faire demain. Pourquoi ?

- Ouf, parce que ce serait dommage que Slug parle avec Snape et lui dise que tu as posé des questions pas très discrètes sur lui.

- Ça arrivera de toute façon.

- Oui mais plus de temps il y aura entre ta rencontre avec le prof de potions et sa discussion avec Snape, plus de chance tu as qu'il ait oublié en cours de route.

- Tu n'as pas tort.

- Dis plutôt que j'ai encore une fois raison.

Après avoir râlé comme quoi il avait un frère vantard comme pas deux, Charlie rattrapa son livre d'histoire de la magie et tenta de s'y concentrer. Bill fut renvoyé de l'infirmerie peu de temps plus tard par une Poppy très énergique. Elle allait d'un lit à l'autre afin de soigner ses petits blessés le plus rapidement possible. Quatre d'entre eux purent sortir avant le diner. Les autres eurent le droit à un plateau repas avant de passer la nuit dans les murs blancs de l'infirmerie. Charlie se figea, la fourchette à mi-chemin entre l'assiette et sa bouche, bouche qui resta ouverte en l'attente du couvert. Devant lui Severus Snape venait de passer direction le bureau, toujours aussi rapide. Le rouquin cligna des yeux en fixant la porte d'un regard étonné. Puis réalisant qu'il offrait un spectacle peu ragoutant de ses amygdales, il enfourna sa fourchetée avant de mâchouiller la purée plus que de raison. Mais qu'était donc venu faire le professeur Snape à Poudlard ?

Il se le demanda toute la soirée et n'eut la réponse que le lendemain matin lorsque Tonks et son frère vinrent le chercher pour aller déjeuner. Car alors qu'il se posait des questions, dans la Grande Salle, c'était le chaos. Minerva s'époumonait sous l'œil amusé d'Albus et épouvanté des élèves. Filius tentait de calmer sa collègue mais sans grand succès. Les autres professeurs s'occupaient plutôt des élèves. Certains étaient terrifiés, d'autres excités et il y en avait même qui essayaient d'en profiter. Des cris retentissaient, ainsi que des rires ou des exclamations qui accompagnaient les joyeuses vociférations de la professeur de Métamorphose.

Bill se baissa promptement lorsqu'un plat fut projeté dans sa direction. Tonks ne put éviter le pichet de jus de citrouille qui l'arrosa copieusement. Et au milieu, se tenait Peeves qui s'amusait à lancer la nourriture et les plats au travers de la salle en chantant des chants victorieux et à la limite du paillard. Mais d'un coup on entendit plus que l'esprit. Celui-ci s'étonna du calme qui avait envahi la Grande Salle alors que quelques instants auparavant c'était l'anarchie. Un courant d'air froid glissa dans son dos et il frissonna. Il se retourna pour se retrouver face au regard noir et imposant du Baron sanglant.

- Peeves ! Puis-je savoir ce que tu crois être en train de faire ?

- Je ne fais que m'amuser … Un petit peu …

- Si tu comptes réellement t'amuser, fais-le sans t'en prendre aux élèves de cette école !

- Mais ce n'est pas drôle si …

- P.e.e.v.e.s …

- Mais mais …

- Sache qu'on est venu me reporter ton comportement immature de ces derniers jours. Et je trouve ceci profondément déshonorant.

- Baron, si vous m'aviez écouté lorsque je vous l'ai dit il y a quelques jours, peut-être que certains de ses agissements n'auraient pas eu lieu ! S'énerva Minerva.

- Je ne pense pas avoir quelque chose à voir avec vous. Vous n'êtes qu'une Gryffondor après tout.

- Je me doute bien que seul Horace ait pu vous faire changer d'avis, mais la prochaine fois j'aimerais que vous teniez compte de mes avertissements.

- Désolé Minerva mais je ne suis pour rien dans l'intervention du Baron, intervint le dit Horace.

- Mais alors si ce n'est pas vous, qui donc l'aurait fait ?

- J'ai moi-même parlé des évènements à Severus, Minerva. Il était d'ailleurs profondément énervé de savoir que certains Serpentards avaient été touchés par l'hécatombe Peeves sans que le Baron n'intervienne, annonça Poppy en entrant dans la Grande Salle.

- Je ne vous permettrez pas de parler de moi de cette façon ! S'énerva le baron.

- Et pourtant il a bien dû toucher la corde sensible pour que vous vous décidiez à brider Peeves, ironisa l'infirmière.

- Je n'ai d'ordre à recevoir de personne ! J'ai juste trouvé inadmissible que mes Serpentards souffrent à cause de cet esprit malin.

- Alors la prochaine fois, gardez-le à l'œil, vu que seule votre présence peut le tenir, lança Minerva avec un certain sarcasme.

Peeves s'était éclipsé depuis déjà un certain temps lorsque le baron fit demi tour avec toute sa dignité possible et sur-vexé du traitement qu'il venait de subir. Il avait déjà du essuyer la colère d'un maitre de potions indigné peu avant, alors là c'était un comble. Albus avait regardé la scène avec un grand sourire aux lèvres. Décidément, il y avait des jours merveilleux pour le moral. Minerva lança un regard complice à l'infirmière, un rictus satisfait sur les lèvres. L'honneur des Serpentards. Leur plus grand point faible. Le directeur invita Poppy à s'asseoir à ses côtés, demandant des nouvelles de ses pensionnaires alors que de sa baguette il réparait les dégâts.

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Loin de tout cela et surtout loin de penser à quelques esprits intenables, Severus était en train de raconter une histoire à Ioann. Il venait de le border dans son lit sur lequel il s'était également assis. Il finit l'histoire pour se rendre compte que l'enfant dormait bien profondément, son dragon serré dans les bras, le pouce dans la bouche et seul un ronflement sonore indiquant ses difficultés respiratoires. Demain il lui parlerait de l'idée d'Albus. Pour l'instant, il sortit de la chambre, passa dans la salle de bain pour profiter d'une douche bien chaude avant de se glisser dans ses propres draps pour une nuit de repos bien méritée.