Et voici le chapitre 13.
Attention les superstitieux ;-)
Pour ce chapitre vous pouvez mettre un petit M (on ne sait jamais mieux vaut prévenir que guérir lol)
Chapitre 13
6 semaines plus-tard.
"Castle! Non!" murmura-t-elle "Ton médecin a dit que tu devais éviter les efforts physique!". Et bien entendu Richard Castle n'écoutait jamais personne. Richard Castle, en gamin hyperactif et capricieux qu'il était, préférait n'en faire qu'à sa tête et prendre le risque de se retrouver aux urgences que de laisser un jour de plus sa muse lui faire faux bon.
"Beckeeeetttttttt!" grommela-t-il, arborant une moue boudeuse qu'il avait peaufinée au fur et à mesure des dernières semaines. "Depuis que je suis revenu au loft je n'ai plus qu'une idée en tête : faire travailler autre chose que mon imagination." Il l'enlaça par l'arrière. Il inspira une bouffée de son oxygène, les cerises qui parfumaient ses cheveux, et déposa un tendre baiser dans son cou, espérant secrètement la faire fondre. Un petit gémissement de plaisir s'échappa des lèvres de sa partenaire ce qui reboosta sa confiance, jusqu'à ce qu'elle s'extirpe rapidement de son étreinte pour lui faire face avec un doigt accusateur.
"Rick! Ne crois pas que ça me fait plaisir de me refuser à toi depuis autant de temps!" l'informa la brunette aux joues rosies. "Je n'attends qu'une seule chose Castle, pouvoir t'emmener au lit pour des activités autres qu'une simple sieste, mais malheureusement, tu devras être encore un peu patient. Tu vois le docteur Drake demain. Plus que vingt-quatre heures et, si tu as son feu vert, tu pourras reprendre une vie normale. Fini les séances de kiné, les visites incessantes à l'hôpital et les soins réguliers du docteur Kate!" Sur ses gardes, elle se rapprocha de lui et passa sa main sur sa barbe naissante "Alors maintenant, tu vas me faire plaisir et me laisser finir ton petit déjeuner pour que je puisse prendre tranquillement la direction du Poste."
"Si tu savais à quel point j'ai envie de t'accompagner." lui dit-il en posant sa main sur celle de son amie. "Je m'ennuie sérieusement Kate. J'ai envie de retrouver ma vie d'avant." Ses lèvres s'approchèrent dangereusement de celles de la policière. "Je me sens bien." Mais le regard de Kate lui fit changer ses projets et il appuya son front contre celui de son aimée et, les yeux dans les yeux, il tenta de lui faire comprendre qu'il était sincère et qu'après des premiers jours douloureux, une fatigue intense due aux antibiotiques et au contrecoup de l'intervention et des séances de kinésithérapie plus pénibles les unes que les autres, il était enfin prêt à reprendre sa vie en main, à redevenir l'insupportable associé de la plus provocante, frustrante et adorable détective de New-York. "Mais Ok, je vais faire un effort. D'ailleurs, pendant toute cette période de repos, j'ai réfléchi à mon prochain roman."
"Tu as repris l'écriture et tu ne m'as rien dit!" dit-elle faussement vexée en se reculant pour voir le visage entier de son petit-ami.
"Je..." Tout d'abord déstabilisé, il reprit les rênes lorsqu'il entraperçut la lueur taquine dans les yeux de sa partenaire. "J'ai occupé mes longues heures de récupération pour t'étudier." dit-il en posant ses mains sur ses hanches pendant que celles de la jeune femme entouraient le cou de l'écrivain. "Tu ne te rends pas compte de la source intarissable d'information que tu représentes ma puce. Tu es la meilleure des muses que je n'ai jamais eue." Il tenta un chaste baiser sur les lèvres de sa compagne qui accueillit cet élan d'affection avec plaisir.
"Heureusement que mon romancier de service a une imagination débordante, n'est-ce pas chaton?"
"Grr." fit-il avec un grimace. "Tu sais que je déteste que tu m'appelles comme ça!" lui rappela-t-il.
"Je sais, mais j'adore te faire bouder." lui annonça-t-elle fièrement avec un sourire de cent mille volts. Elle déposa un dernier baiser sur le bout de son nez et retourna à la cuisine pour terminer son déjeuner le laissant seul au milieu du salon, les bras ballants. "Arrête ton cinéma et viens mettre la table. Martha ne va certainement pas tarder à descendre et je ne veux pas qu'elle pense que je martyrise son seul enfant!".
Rick lui adressa une dernière grimace pour la forme puis la rejoignit dans la cuisine en sortant des placards le nécessaire pour dresser la table. Le calme relatif qui s'ensuivit ne fut plus interrompu que par l'arrivée tonitruante de la comédienne qui les enlaça chacun à leur tour avant de se jeter sur les pancakes.
"Mmmm Kate, ils sont super bons! Ca dépasse de loin les smorelettes de Richard." annonça-t-elle.
"Eh!" fit Castle, faussement vexé. "J'ai mis beaucoup d'amour dans mes smorelettes, Mère. En plus Kate les adore, n'est-ce pas?" la questionna-t-il à la recherche d'un soutien moral.
"Eh bien, maintenant qu'on en parle Rick, je me disais que..."
"Non, pas toi?" la coupa-t-il. "Kate! Tu m'as dit que c'étaient les meilleures smorelettes que tu n'avais jamais goûtées?"
"Les seules que je n'ai jamais goûtées Castle! Sincèrement, Rick?" Il acquiesça en attente du verdict. "Tu cuisines très bien mais je crois que tu devrais continuer les lasagnes et les pancakes et abandonner les smorelettes!" lui confirma-t-elle avec un regard compatissant et posant discrètement sous la table sa main sur la cuisse de son homme.
"Oh Richard, ne pleure pas! Kate est trop gentille avec toi!"
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"Yo Ryan, tu as des nouvelles de Beckett?" s'enquit l'inspecteur Esposito qui s'inquiétait de ne pas voir arriver leur responsable.
"Non. Je suppose qu'elle pouponne encore!" répondit l'irlandais. "Je ne voudrais pas être à sa place! Un Richard Castle en bonne santé c'est déjà quelque chose, un Richard Castle en convalescence ce n'était pas la joie, mais un Richard Castle qui s'ennuie... Waw, je lui souhaite beaucoup de courage." annonça Kevin Ryan.
"Ouaip, moi aussi. En plus, Gates l'attend de pieds ferme dirait-on. Un lion en cage serait plus calme qu'elle!"
"Elle a pris six semaines consécutives de congé Bro, tu penses bien qu'Iron Gates a certainement des choses à lui dire. Si les tourtereaux voulaient lui cacher leur histoire, ils s'y sont très mal pris." confirma Ryan.
Leur petite interaction se termina dès qu'ils entendirent le bruit, reconnaissable entre mille, de l'ascenseur du 12ème district et en virent sortir le sujet de leur conversation. Elle installa ses affaires à son bureau et se dirigea vers ses collègues qui l'attendaient avec une impatience loin d'être feinte.
"Hé Beckett, content de vous revoir boss!" dit en premier Esposito. "Comment va notre grand malade?" s'enquit le jeune homme.
"Si son flot de parole est un bon indicateur, je dirais qu'il va beaucoup mieux. Il est impatient et pressé d'avoir le feu vert du médecin mais j'ai un peu peur qu'il n'espère de trop de ce rendez-vous." leur annonça-t-elle. "Gates m'attend à ce que je vois, je ne vais pas la faire attendre plus longtemps. Autant mettre les choses à plat directement!" Redressant les épaules et soufflant un grand coup, Kate prit son courage à deux mains et se dirigea vers le bureau de Gates. Cette dernière, faisait les cent pas, tellement prise des ses pensées qu'elle ne l'avait pas vue arriver, et sursauta lorsque Kate frappa à la porte vitrée.
Gates lui fit signe d'entrer et se réinstalla sur son siège. "Je vous en prie détective Beckett, prenez un siège." dit-elle en lui faisant un geste pour prendre place en face d'elle. "Je vous attendais plus tôt! Vous avez une heure de retard, je suppose que Monsieur Castle déteint sur vous!"
"Je..." s'étonna Kate, perplexe. "Non, mais un membre de ma famille avait besoin de moi! J'ai pensé qu'il y avait des priorités dans la vie." se défendit rapidement la jeune policière. "Y a-t-il des choses que je dois savoir avant de reprendre mes fonctions Capitaine?"
"Oui, détective Beckett, il y a quelques éléments dont je voudrais vous parler. Comment va Monsieur Castle?"
"Bien. Je présume que sa santé n'est pas ce qui vous préoccupe le plus Madame, mais il commence à s'ennuyer, ce qui est bon signe. Il revoit son médecin demain. Il sera fixé sur son sort, il a hâte de revenir ici."
"Détective! Je ne suis peut-être pas sa plus grande fan quand il s'agit de le voir se pavaner au milieu du commissariat mais sachez que je le respecte et j'espérais que vous aviez un peu plus de considération à mon encontre!" Kate s'en voulait d'avoir réagit avec les tripes et baissa la tête n'osant plus regarder sa patronne dans les yeux.
"Désolée Capitaine!" s'excusa la jeune détective. "Je ne voulais pas être irrespectueuse, c'est juste que..." mais Kate n'eut pas la chance de terminer sa phrase qu'elle fut interrompue pas sa chef.
"Vous avez eu peur détective. C'est légitime. D'ailleurs, pour éviter tout autre problème de ce genre à l'avenir, Monsieur Castle sera persona non grata dans ce commissariat jusqu'à nouvel ordre. Cette fois, qu'il ne compte pas sur l'appui du Maire. Je suis certaine que Monsieur Wheldon sera d'accord avec moi."
"Pardon?" Kate avait redressé la tête d'un coup, ce qui lui donna le vertige, mais elle récupéra rapidement. "Je ne comprends pas votre réaction Madame! Castle nous a permis de résoudre plus d'une affaire. Vous même avez déjà reconnu par le passé que sa perspicacité nous était utile!"
"Ne vous emportez pas détective." la gronda Victoria Gates "Si je fais ça, c'est pour votre bien à tout les deux. Il vous empêche d'avancer, il est dans vos pieds à tous les trois, il prend des risques inconsidérés... " se justifia sa supérieure. "Vous voyez où ça l'a mené? Vous croyez qu'il aura autant de chance la prochaine fois? Détective Beckett, votre ami n'est pas entraîné, il se croit invisible!"
"Non Capitaine. Si vous le virez cela veut dire que vous me virez aussi. Alors, vous choisissez. Pour le moment, à moins que vous n'ayez autre chose à me dire, je vais travailler."
"Beckett!" la stoppa la quinquagénaire alors qu'elle avait la main sur la clinche. "Vous avez mal compris mes intentions. Je ne veux pas que vous ayez à retraverser ce type d'épreuve, ni vous ni Monsieur Castle. Si vous êtes une famille, vous comprendrez le message Kate. J'ai failli perdre mon époux lorsque l'on faisait équipe." annonça sans plus de préambule la capitaine. Beckett se retourna vers son aînée ne s'attendant pas à ce genre de révélation de sa part. "Je sais ce que c'est. On se cachait de tous, on croyait qu'on pouvait y arriver. Jusqu'au jour où on s'est retrouvé face à un cambrioleur, armé, qui a pris peur et qui a tiré. David a voulu me protéger, il a pris cette balle pour moi détective. Vous imaginez ce que c'est que de se sentir responsable de ce genre de situation, de la santé défaillante de l'être aimé détective? J'ai eu très peur aussi ce jour là! Et on a décidé que pour notre sécurité il valait mieux que l'on soit muté, chacun de notre côté. La décision n'a pas été facile à prendre mais c'était ce qu'il y avait de mieux à faire." expliqua Gates. "Je ne voudrais pas que la prochaine soit la fois de trop, Kate".
"Je... Je ne savais pas." bégaya la brunette. "Mais Castle et moi seront très prudents." affirma Kate avant de sortir du bocal infernal dans lequel elle se trouvait enfermée avec sa capitaine. Le discours sonnait tellement juste. Rick serait prêt à prendre une balle pour la protéger. Tout comme elle était prête à lui rendre la pareille. Mais n'était-ce pas le lot de tout policier que de se protéger l'un l'autre et de protéger les civils en détresse. "Non, elle n'entrera pas dans ma tête!" dit-elle pour chasser ses pensées négatives de son esprit. "Les gars!" s'écria-t-elle, "qu'est-ce qu'on a?" leur demanda-t-elle en se dirigeant vers son bureau.
"C'est très calme pour le moment." l'informa Ryan. "Il y a des tonnes de paperasses à faire!"
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Malgré un boulot rébarbatif, la journée se passa relativement rapidement et à dix-sept heures précise Kate ferma son ordinateur avec un soupir de soulagement plus qu'évident. Esposito et Ryan lui proposèrent d'aller prendre un verre au Old Haunt, mais elle refusa.
"C'est bien gentil les gars mais mon grand malade m'a déjà envoyé un dizaine de textos dans la dernière demi-heure. Il me menace de défenestrer son ordinateur si je ne rentre pas au plus vite."
"Il s'ennuie vraiment!" constata Ryan. "Si vous voulez on vous suit. On lui fera une surprise. Eventuellement on se fera un petit poker... A moins que vous n'ayez autre chose de prévu." s'empressa-t-il d'ajouter.
"Un poker avec Castle, quand il s'ennuie? Les gars, il va vous rétamer!" leur annonça leur boss. "Mais vous êtes les bienvenus. Il a besoin d'une bonne distraction d'ici demain et je ne suis pas certaine que Martha et moi puissions le contenir à nous deux!" avoua Beckett. "Quand on parle du loup!" souffla Kate en répondant à son téléphone. "Castle qu'est-ce que tu veux?... Castle, tout va bien?...Tu as l'air essoufflé! Qu'est-ce que tu fais?... On a fini. Je ramène les gars avec moi... Et pas de bêtises d'ici là Rick!" Elle coupa la communication et informa ses inspecteurs que son partenaire les attendais avec impatience. Cependant, le râle qu'elle avait entendu dans le récepteur téléphonique la tracassait. Richard Castle avait certainement fait des excès, comme d'habitude, il avait profité de l'absence de sa muse pour s'exercer et prouver à son médecin qu'il était à nouveau au top de sa forme!
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Sérieusement, qui voulait-il floué? Il n'était pas prêt. Il devait se faire une raison et se rendre à l'évidence : son cœur était encore fragile. Les quelques pompages qu'il venait de tenter en étaient la preuve nécessaire. S'il avait appelé Beckett, ce n'était pas pour savoir où elle en était, il avait juste besoin d'entendre sa voix rassurante et apaisante. "Quel crétin incapable!" s'énerva-t-il en balayant d'un geste de la main tout ce qui se trouvait sur son bureau, se blessant au passage. "Et merde!" grogna l'écrivain en constatant le sang qui coulait de sa paume. "Ras-le-bol!". Dans un excès de rage, il se releva brusquement balançant sa chaise au sol, se tourna vers sa bibliothèque et, plutôt que d'aller se soigner dans la salle de bains, s'acharna sur les livres qui lui faisaient face, cassa le vase que Beckett lui avait offert pour remplacer celui cassé lors de son attaque et donna des coups de pieds dans son canapé avant de s'y étaler épuisé. Son visage se crispa de douleur et il agrippa sa poitrine en se contorsionnant dans le sofa. Il tenta de calmer sa respiration.
"Castle?" entendit-il appelé du salon. "Castle, tu es là?" il entendait la crainte dans la voix de Kate. Elle se rappelait les événements passés avec tellement de réalisme qu'elle reprit instantanément le mode flic. Les trois comparses sortirent leur arme. Rien, pas de trace d'agression constata la policière avec soulagement. "Mais où est-il?" grommela-t-elle. "Je vais voir dans son bureau. Allez voir à l'étage." Ordonna-t-elle. "Castle? Réponds-moi! Où est-ce que tu te caches?" Lorsqu'elle ouvrit la porte qui la menait à l'antre de son écrivain elle fut prise de panique à la vision des dégâts et de son amant allongé sur le canapé, les jambes posées sur le dossier, la main sur la poitrine, la respiration rapide et les yeux mi-clos. "Rick! Les gars appelez une ambulance! Vite!" puis se jetant à genoux à côté de Castle elle se tourna vers lui et lui passa la main dans les cheveux. "Qu'est-ce qui c'est passé Castle?" lui demanda-t-elle en posant sa main sur sa joue.
"Je...Pas d'ambulance Kate, je vais bien. J'ai juste eu un..." Il prit une grande inspiration et continua plus fermement et ouvrit les yeux. "Je ne suis pas encore prêt Kate. Je suis incapable de tenir la distance. Je suis à bout de force après seulement cinq malheureux pompages." Une larme s'échappa des magnifiques yeux bleus de Rick qu'elle s'empressa d'effacer avec son pouce. "Je ne suis plus que l'ombre de moi-même Kate. Je... Tu... Je n'en peux plus. Je veux ma vie Kate! Je veux pouvoir te rendre heureuse! "
"L'ambulance arrive!" lui annonça Esposito s'approchant de ses amis.
"Annulez-la les gars! Je vais bien, promis. J'ai ... juste exagéré." Voyant l'état de la pièce dans laquelle ils se trouvaient, Espo lança un regard interrogateur à sa chef qui acquiesça.
"Ok! J'annule!" accepta l'inspecteur sans plus de question et les laissant à nouveau seul. "Ryan et moi on va rentrer."
"Non!" s'indigna l'écrivain. "Vous ne pouvez pas me laisser seul! Dès que vous aurez le dos tourné elle va me torturer!" dit-il en implorant l'hispanique sous le regard meurtrier de sa compagne.
Une demi-heure plus-tard, le romancier avait récupéré. La douleur s'était estompée relativement rapidement mais il eut plus de peine avec sa respiration. Beckett l'avait emmené dans la salle de bains pour soigner sa main. "Castle arrête tes enfantillages" le menaça-t-elle lorsqu'il se mit à pleurer comme un bébé à l'application du désinfectant sur sa coupure. "Tu n'as que ce que tu mérites!"
"Je me sens inutile Kate!" lui avoua-t-il. "J'ai l'impression de ne pas être à la hauteur Beckett. J'adore le docteur Kate mais..."
"Mais tu es toi Castle! Un gamin capricieux, orgueilleux, prétentieux, têtu mais tu es aussi l'homme le plus sensible, le plus doux et le plus intelligent que je connaisse Rick. Il faut du temps pour récupérer d'une telle intervention...et puis, avoue-le, tu n'es plus tout jeune!" plaisanta la jeune femme.
"Quoi!" s'indigna-t-il avec un cri de jeune fille effarouchée. "Tu ne rajeunis pas non plus si tu veux mon avis!" bouda-t-il en croisant les bras sur son torse.
"Continue à te le répéter Castle, je suis certaine que tu finira par y croire." lui répondit-elle avec une tape amicale sur son épaule et sortant de la pièce.
Maintenant, il s'apprêtait à mettre une raclée à ses partenaires de poker confiant en ses capacités a afficher un visage impassible.
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"Kate, je suis réellement désolé pour tout à l'heure!" lui déclara l'écrivain lorsqu'ils furent enfin seuls, allongés dans leur bulle de soie, dans les bras l'un de l'autre. " Je ne voulais pas t'effrayer! Je n'ai pas réfléchi."
Le visage de Beckett se ferma à l'évocation des événements de la soirée. Ses yeux s'assombrirent et elle s'éloigna de son partenaire autant que la largeur du lit le lui permit. Il rayonnait de sincérité mais elle ne pouvait pas mentir et lui dire que ça ne l'avait pas atteinte.
"Castle! Tu m'as fait la peur de ma vie! Je te laisse seul une journée et regarde toi! Regarde dans quel état je te retrouve!" cria-t-elle soudain, relâchant toute la pression qui la menaçait depuis qu'elle l'avait découvert gisant dans le canapé. "Je te hais quand tu es comme ça Rick. Je te hais quand tu te crois plus fort et plus intelligent que les autres. Je te hais quand tu me fais sentir responsable de ton état. Je te hais Rick!"
"Waw! C'est... Au moins tu as le mérite d'être clair!" souffla-t-il.
Ses paroles le blessaient, elle en était consciente. Elle en souffrait aussi mais pour le moment elle n'avait rien d'autre à lui dire. Elle se retourna, s'emballa dans les draps "Bonne nuit Castle!".
Castle ne put que faire de même. Bien entendu qu'il s'attendait à ce qu'elle lui en veuille, qu'elle le traite d'idiot mais jamais qu'elle ait des paroles aussi fortes. Il se tourna, se retourna, encore et encore sans parvenir à trouver le sommeil qui lui était tant nécessaire. Il ne parvenait pas à effacer de sa tête les paroles de sa muse qui, elle, semblait avoir sombré dans les bras de Morphée. Le romancier étira ses muscles las, jeta un dernier coup d'œil en direction de sa compagne et puis se leva.
Il se dirigea vers la cuisine pour se préparer un bon café corsé, le type de boisson qui lui était interdite depuis trop longtemps, et s'assit sur un tabouret derrière l'ilot central. La tasse fumante posée devant lui paraissait plus qu'attirante, il attendait de pouvoir faire couler se liquide chaud le long de sa gorge depuis tellement longtemps mais toutes ses pensées s'envolaient sans cesse vers celle qui avait l'habitude de partager le doux breuvage à ses côtés. "Je te hais, RIck!". Les mots résonnaient sans cesse dans sa tête. Elle aurait pu dire plein de chose mais pas ça, pas qu'elle le haïssait. Elle ne pouvait pas le haïr. Elle n'aurait pas passé six longues semaines à s'occuper de lui, à le soigner. Elle n'aurait pas couché avec lui! "Non pas couché!" se tança-t-il silencieusement. Ils avaient fait l'amour de façon torride qui plus est. Et maintenant, les voilà, à cause de sa bêtise. A cause de son tempérament d'enfant gâté, leur bulle créée durant les six dernières semaines était en passe d'éclater. Il prit la tasse de café et alla la vider dans l'évier et se dirigea vers le réfrigérateur d'où il sortit d'abord une bouteille d'eau fraîche, puis une idée lui vint. Le genre d'idée qui pourrait le tuer si elle réagissait mal, mais il se devait de tenter le coup. Un petit sourire coquin lui transperça le visage et le courage lui revint soudain.
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Kate n'avait pas bougé depuis son départ. Elle l'entendit revenir dans la chambre, tentant d'être discret. Il déposa quelque chose sur la table de nuit puis elle sentit le matelas bougé sous le poids de son corps. Il ôta lentement les draps qui la recouvraient. Elle ne bougea pas d'un millimètre espérant qu'il arrêterait en ne la voyant pas réagir. Quand il se mit à genoux au-dessus d'elle, sa main partant à l'exploration de la courbe de son épaule, les yeux de sa muse tremblèrent. Il s'aventura plus bas caressant son bras à travers le fin tissus de la chemise de Castle qui lui servait de pyjama. Kate ne put retenir le frisson qui parcouru son échine sous les tendresses de son partenaire. Il la tourna sur le dos et s'allongea sur elle, sentant la chemise lui érafler le torse.
"Kate, ouvre les yeux, je sais que tu es avec moi! Ne fais pas semblant, je sais que tu vas aimer!" et elle obéit. Le sentiment de chaleur qui l'envahit lui fit arquer son corps sous le poids de l'homme, mais non, ils ne pouvaient pas, pas encore. Peut-être qu'un baiser... un seul et puis elle mettrait un terme à sa fougue. Comme elle tenta de joindre ses lèvres chaudes à celles de son partenaire, il glissa un doigt en elle et elle se retrouva à émettre un cri de plaisir contre sa joue, bouche ouverte laissant échapper des souffles d'air chaud contre sa peau rugueuse. Il reprit possession de son doigt, engendrant un cri désespéré de sa muse, il l' enroula autour de ses sous-vêtements, luttant pour les lui arracher et d'un coup de pieds, elle l'envoya de l'autre côté de la pièce tandis qu'il était déjà passé à l'étape suivante. Il déboutonna sa chemise et Beckett, qui se rendit seulement compte que Rick était nu comme un ver, plaça ses main sur son torse musclé. Elle agrippa à ses épaules pour s'aider à se redresser afin de faire glisser son vêtement le long de ses bras. De ses mains agiles, Castle la repoussa sur le matelas et retint les mains de Kate au-dessus de sa tête. Il releva un de ses genoux juste assez pour se placer entre ses jambes, sa virilité à l'entrée de son corps.
"Castle, non. Tu ne tiendras pas le coup!" souffla-t-elle consciente qu'il était trop tard, qu'ils étaient allés trop loin que pour arrêter.
"Chuut! Tu vas voir Kate, je suis capable de plus que tu ne le crois." Et il attaqua sa bouche. Sa langue demandant l'accès à celle de sa compagne qui ne pouvait rien lui refuser. De sa main libre, il attrapa ce qu'il avait apporté et qui, il l'espérait, remettrait définitivement leur relation sur les rails. Les yeux fermés, Beckett grommela sentant son amant quitté ses lèvres et arqua son corps, son pubis entrant en contact avec l'extrémité de son pénis. Mais Castle ne perdit pas de vue son objectif et lorsque Kate sentit le contact glacé sur ses lèvres, un sourire illumina son visage. Elle ouvrit les yeux et lut dans le regard de son compagnon qu'il était fier de lui. Elle entrouvrit sa bouche et suça la cube glacé que Rick y avait déposé. Il s'empressa de le récupérer et le fit descendre le long de son cou où il fondit dans le creux. Rick en profita pour passer sa langue dans le cou de son aimée et bu l'eau qui s'y était déposée puis déplaça sa bouche vers sa jugulaire qu'il attaqua jusqu'à lui donner un suçon qu'elle garderait en souvenir durant plusieurs jours. Il se redressa, s'empara d'un nouveau cube qu'il fit glisser directement sur le sein de Beckett qui cria d'un plaisir douloureux sur son téton. Le glaçon prit la direction du second mont de la détective et il le remplaça par sa bouche. Il fit subir le même traitement au deuxième sein de son aimée et emmena le cube glacé tout doucement vers son nombril. Sa bouche suivit les traces laissées par l'eau jusqu'à le rejoindre pour le faire fondre à cet endroit. Kate gémissait, agrippait les draps et secouait la tête de droite à gauche devenant dingue sous les caresses de son amant.
"Castle! Please!"
"Patience Kate. Patience." lui répondit-il en voyant la jeune femme se débattre inutilement. Il prit un nouveau glaçon qu'il fit descendre tellement lentement que Kate le ressentait comme une torture. Castle fit passer se main entre leurs deux corps et le cube rejoignit le clitoris de la jeune femme qui cette fois émit un cri de plaisir guttural, presque animal. Rick ne la quitta pas du regard, tout en continuant à la torturer. Le froid du cube sur son clitoris enflammé faisait monter la tension en elle.
"Castle!" cria-t-elle pour le prévenir qu'elle ne tarderait pas à atteindre son pique. Il appliqua une pression supplémentaire tout en laissant glisser un doigt en elle, puis deux. Il n'eut pas besoin de bouger rien que la pression la fit éclater, voir des étoiles, et faire resserrer ses muscles internes sur ses doigts.
Rick sourit car son objectif était atteint. Elle ne le haïssait plus et il avait mis à profit toute une partie de la page 105 de "Vague de chaleur".
"Rick!" peina-t-elle a dire, tentant de reprendre son souffle. "Rick! Je... Waw."
Et l'écrivain ne trouva rien d'autre à faire qu'à reprendre possession de ses lèvres.
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Bon ok ce n'était pas totalement la fin.
Il faudra bien qu'il affronte le docteur et Gates.
Rien n'est encore gagné ;-)
J'espère que ça vous a plu car c'est une première pour moi et j'ai du mal à décrire les scènes de sexe :-( donc tous les conseils ou commentaires seront les biens venus.
