Avant ce chapitre je me permet de passer un petit message pour les personnes qui suivent mon autre fanfic' Frères. Je l'ai supprimé par accident (j'ai honte), et du coup, je viens de la remettre en ligne. C'était juste pour vous prévenir. Désolée hein (même moi ça me déprime d'être aussi maladroite).


Les énigmes dans le noir

Tom était contrarié. Il n'avait pas eu l'occasion de se retrouver seul avec Danny depuis ce fameux après-midi à l'hôtel où il s'était confessé. L'étudiant s'était arrangé pour l'éviter à chaque fois qu'il arrivait quelque part, ou était déjà assoupis quand il revenait dans la chambre qu'ils partageaient. Les seuls moment où ils avaient été seuls et éveillés, Danny lui avait lancé des regards enjôleurs qui faisaient naître des pensées impudiques dans l'esprit de Tom.

Sous prétexte de sympathiser avec le reste du groupe, Danny avait même migré dans la voiture de Balin. Et ça, ça énervait pas mal Tom. Cette situation durait depuis plusieurs jours déjà.

Ce fut sans doute son impatience qui provoqua le deuxième incident du voyage. Ils venaient d'arriver à l'hôtel, pour passer la nuit, -décidément tout arrivait à l'hôtel-, et Tom soupçonnait Danny de vouloir encore l'éviter.

En fait, Danny n'essayait pas vraiment d'éviter son voisin -enfin si, un peu-, il essayait juste de se préparer psychologiquement à la prochaine fois où il devrait lui faire face, et jouer le jeu de Myles.

À chaque fois qu'il s'était mit en couple, il avait laissé à son partenaire la carte du play-boy, et préférait se faire draguer, plutôt que de draguer. Surtout qu'avec Tom, il avait comme l'intuition que ça allait se retourner contre lui. Et Fili qui le surveillait de très près… le lycéen jouait parfaitement son rôle d'espion de Myles.

Tout à ses pensées, balançant doucement la tête en attendant que Fili et Kili reviennent avec la clé de leur chambre, Danny se retrouva face à l'objet de ses pensées. Et il ne semblait pas très content. Tom croisa les bras pour se donner un air intimidant qui fonctionna très bien sur le plus jeune. Mais ce dernier gonfla la poitrine, prêt à relever le menton.

- Danny je…

- Tom ! le coupa immédiatement l'étudiant. Je crois qu'il y a eu un quiproquo la dernière fois.

Tom haussa les sourcils.

- Un quiproquo ?

- Oui, entre toi et moi. C'est peut-être aller un peu loin.

- Un peu loin, répéta Tom perplexe. Pourtant ce n'étais que le début.

- Haha. Non, je pense que... hum. J'en ai assez vu.

Tom leva le bras pour le passer à côté de la tête de Danny et se caler contre le mur, bloquant l'étudiant. Il avait totalement conscience du côté dominant que ça lui donnait.

- Pourtant ce n'était qu'un aperçu.

Tom laissait parler son côté Thorin à 200 %. Ce côté qui n'avait pas apprécié la fin de leur dernière entrevue.

- Oui, mais je t'ai dit. J'ai vu mieux.

Encore ce regard noir. Danny allait devoir s'y faire, car de toute évidence il était partis pour le provoquer autant de fois par jour qu'il allait adresser la parole à Tom.

- J'ai une deuxième chance ? interrogea le voisin.

Danny cacha son étonnement. Il n'avait pas imaginé un seul instant que Tom était quelqu'un de… enfin quelqu'un comme ça quoi !

- J'avoue que ce n'était pas désagréable, donc oui… Une deuxième chance… pourquoi pas.

Et hop, on ajoute un petit sourire aguicheur à la formule magique.

Tom, bien que surprit par ce qu'il découvrait de Danny, fondait littéralement pour ce côté joueur et insolent. Kili arriva à peu près à ce moment là. Ce garçon avait un don pour tout gâcher.

- Danny, tu viens ? demanda-t-il.

Tom attrapa la clé que montrait le garçon et les précéda.

- Tonton tu fais quoi ? s'étonna ce dernier.

- Je serais dans votre chambre ce soir. On a un strip-poker à faire non ?

Kili blêmit, tandis que Fili sautait de joie en arrivant. Quant à Danny. Ben Danny il venait de creuser sa tombe…

Analyse de la situation. Danny Williams, 24 ans, étudiant en lettre, en voyage avec des connaissances, était actuellement… en boxer.

Et Tom qui n'en pouvait plus de rire en face de lui. Daniel avait déserté le jeu en tout début de partie prétextant un besoin pressant. Byron et Driss avaient déclaré forfait rapidement et Brendon les avait suivit. Fili venait d'abandonner la partie avant de perdre le reste de sa dignité. Le lycéen était en train de batailler avec son frère pour récupérer son jean. Il soupçonnait que son oncle et Kili aient triché, car le plus jeune avait encore tout ses vêtements sur lui, chose normalement impossible tellement il était nul à ce jeu. Lorsque enfin Fili parvint à reprendre son bien, il s'élança hors de la chambre à la poursuite de son frère qui avait maintenant volé sa chemise. Danny pesta en silence après les deux frères qui venaient de l'abandonner, seul, avec Tom.

Son voisin ricanait tout seul. Et pour Danny ça ne pouvait signifier qu'une chose. Au prochain coup, il allait devoir se démunir de sa plus précieuse protection.

- J'abandonne ! lança-t-il avant que Tom ne dévoile son jeu.

Loin de paraître déçu, Tom sembla amplement satisfait. Danny jeta rageusement ses cartes. Lui aussi était déçu. Parce que Tom n'avait perdu que son tee-shirt dans cette histoire ! Tu parles d'un strip-poker. Il allait demander quelques cours particulier à John -le pro des jeux de cartes.

Il tendit un bras pour attraper son sweet, mais la main de Tom éloigna le vêtement. Puis en quelques mouvements que Danny n'avait pas vu venir, il se retrouva allongé sur la moquette, les cheveux dans les cartes, Tom le surplombant.

D'abord paniqué, il calma sa respiration du mieux qu'il put avant de planter son regard dans celui du plus vieux. Mais son trouble n'avait pas échappé à Tom.

- Je ne sais pas à quoi tu joues Danny, mais c'est dangereux.

Tom était sincère.

- Je ne vois pas de quoi tu parles.

Comment leur relation de conducteur/auto-stoppeur avait-elle pu dévier jusque là ?

- Je pense que tu vois très bien.

Danny retint sa respiration. Tom venait de plonger son nez dans son cou. Il inspira fort, et emplis ses poumons de l'odeur fruité de l'étudiant. Tom ne regrettait pas que le plus jeune apprécie les gels douche à la senteur de pêche. C'était irrésistiblement attirant.

Danny ferma les yeux et se concentra pour ne pas se laisser aller. Les mains de Tom se posèrent doucement sur ses côtes et ses doigts caressèrent légèrement la peau douce et blanche. Là où Tom le touchait, Danny sentait sa chaire le brûler, et il avait envie de demander plus de ces caresses. Il tenta tout de même de soustraire à elles, refusant de plier si facilement, mais Tom l'immobilisa en embrassant avidement son cou, réclamant à force de mordillements, un soupir, que finalement Danny ne put se retenir de lui donner.

C'est là qu'il alla peut être un peu trop vite. Il affermit sa prise en attrapant ses hanches. Sentant que ça devenait chaud-chaud les marrons pour lui, Danny puisa dans toute sa volonté et sa force pour inverser les positions. Se retrouvant à califourchon sur Tom, il releva la tête et lui sourit, échappant de justesse aux lèvres tentatrices de Tom qui s'étaient approchées dangereusement des siennes.

- Je pense que ça suffit.

Tom le ceintura et se releva pour que leur visage soit tout proches.

- Pas moi.

- Tom. Je n'ai pas envie d'aller plus loin.

Là il était franc. Il ne voulait pas que ça dérape et que des caresses trop poussé ne brise le charme.

- Tu mens.

Peut être un peu… Mais chuuut… fallait pas le dire.

Tom déposa de petits baisers sur le torse de Danny, tout en le dévorant du regard. L'étudiant jeta un coup d'œil par dessus l'épaule de Tom. Une idée fusa et il monta un plan pour échapper à la situation. Il entraîna donc son voisin sur le sol, frôlant ses lèvres des siennes, puis passa sa main au-dessus de lui, et d'un geste vif, attrapa son sweet et son jogging, avant de sauter sur ses pieds et de reculer le plus possible de Tom.

- Danny…

La voix de son voisin était menaçante. Danny n'attendit pas de savoir ce que Tom lui réservait, et tout en s'habillant, s'enfuit de la chambre. La partie de cache-cache dura longtemps. Finalement lassé et résigné, Tom retourna dans la chambre, tout en se promettant de se venger plus tard.

Mais il ignorait que Danny s'était perdu dans les dédales de l'hôtel, et que au détour d'un couloir il s'était sentit aspirer en arrière et avait perdu connaissance.

Il y avait bien des sentiers qui menaient dans ces montagnes. L'ascension était ardue et dangereuse, et la pluie ne facilitait pas la tâche aux nains et au hobbit. Pour couronner le tout, ils s'étaient retrouvés au beau milieu d'une bataille d'orage. La lutte des géants ébranlait l'air. Les pauvres nains furent même séparés, et Danny crut mourir à plus d'un moment, jusqu'à ce qu'enfin, le duel prenne fin. Et la malchance s'abattant sur lui comme le vent contre la montagne, il chuta dans le vide et ne put que se rattraper de justesse sur la pierre trempée. Il n'avait pas assez de force pour se hisser et sentait que si il tendait une main pour atteindre Ori ou Bofur qui tentaient de lui venir en aide, son autre main ne supporterait pas son poids. Ce fut Thorin -à son grand étonnement- qui lui porta secours au mépris et au risque de sa propre vie. Mais les paroles cruelles et véridiques qu'il lui adressa l'instant qui suivit, glacèrent le sang du hobbit et il sentit une boule se loger dans son estomac pour ne plus en partir. Ce fut donc tout naturellement qu'il tenta de se faire le coup du crayon cette nuit-là -se tailler pour ainsi dire. Il se releva en silence, rangea prestement ses affaires, balança son sac sur son épaule, ceintura son épée, et prit délicatement son bâton de marche. Sans un bruit, il enjamba les nains qui ronflaient dans l'obscurité de cette grotte -leur refuge de fortune- et à tâtons, se dirigea vers la sortie.

Danny se releva brusquement. Ses songes cessèrent aussi brusquement qu'ils étaient venus. L'étudiant soupira profondément en se relevant, et massa sa nuque. Un sentiment étrange lui vrillait les tripes. Un mélange entre de la colère, de la peur, de la déception et surtout un rancune tenace envers ce Thorin. Si, comme Fili le lui avait expliqué, Tom était la réincarnation de Thorin, il se demandait bien comment il avait pu changer aussi radicalement !

Chassant ces idées noires, il regarda autour de lui. Il n'avait pas la moindre idée d'où il se trouvait. Il était dans de beaux draps. Il ne savait plus comment retourner à sa chambre. Mais il n'était même pas sûr de vouloir y retourner vu ce qu'il avait laissé derrière lui.

- C'est une belle nuit.

Il sursauta et se retourna pour se retrouver face à un petit homme au teint cadavérique, très mince, avec de grands yeux bleus, peu de cheveux, et d'immenses cernes.

- Ou-oui. Une belle nuit. En effet.

- Vous êtes perdu ?

- Oui. Oui, et j'avoue que j'aimerais ne plus l'être, soupira Danny en se passant les mains sur le visage.

- Oh nous pouvons vous aider à retrouver votre chemin.

- Vraiment ? Mais qui ça nous ?

- Nous sommes occupés, nous n'avons pas le temps pour les âmes errantes ! grogna l'étrange bonhomme.

Danny fit la moue. Drôle de personnage.

- Je ne veux pas vous déranger si vous êtes occupé. Je retrouverais mon chemin seul, assura-t-il.

- Il est poli. On peut bavarder. Tais toi !

- Mais, je n'ai rien dit, répliqua Danny perturbé par les réactions de plus en plus bizarres de son vis-à-vis.

- Ce n'est pas à vous que nous parlons, siffla ce dernier.

OK… Danny n'était pas trop sûr de ce qu'il devait faire, partagé entre l'envie de courir loin de ce gars, et celle de lui demander son chemin.

- Est ce que vous aimez les énigmes ? demanda soudain le bonhomme.

- Heu. Oui je crois.

Sherlock raffolait d'énigmes. Il pouvait passer des après-midi à lui en faire lorsqu'il n'avais pas d'enquête pour s'occuper. Donc ce n'était pas qu'il aimait ça, mais il s'y connaissait.

- Qu'est ce qui a des racines que personne ne voit, Qui est plus grand que les arbres, Qui monte, monte, monte, Et pourtant jamais ne pousse ?

Danny eut un frisson. Il connaissait ça.

- La montagne, répondit-il automatiquement.

L'étranger frappa joyeusement dans ses mains.

- A votre tour, dit-il.

Danny se tint la taille. Et lorsqu'il parla, il eu l'impression que sa voix venait de bien plus loin.

- Trente chevaux sur une colline rouge D'abord il mâchonnent, Puis ils frappent leur marque, Ensuite ils restent immobiles.

- Les dents !

La créature avait explosé de joie après une intense réflexion.

- Mais, nous n'en avons, que neuuf… A nous. Sans voix, il crie Sans ailes, il voltige Sans dents, il mord Sans bouche, il murmure.

- Un instant ! cria Danny.

- Oh. Oh, oh ! Nous savons. Tais toi !

- Le vent, répondit enfin Danny après un moment le regard plongé dans les ténèbres de la caverne. C'était facile…

Gollum lui lança un regard mauvais. Danny n'attendit pas plus pour répliquer.

- Un œil dans un visage bleuissait Vit un œil dans un visage vert. « Cet œil-là ressemble à cet œil-ci, dit le premier œil, Mais en un lieu bas, Non pas en un lieu haut. »

Gollum siffla . Il était sous terre depuis si longtemps temps qu'il trouva difficile cette énigme plutôt évidente aux yeux du hobbit. Mais la mémoire revint à la créature.

- Le soleil sur les marguerites, mon précieux. Oui c'est ça.

Un peu fâché de la difficulté, Gollum renchérit.

- On ne peut la voir, on ne peut la sentir, On ne peut l'entendre, on ne peut la respirer. Elle s'étend derrière les étoiles et sous les collines, Elle remplit les trous vides. Elle vient d'abord et suit après. Elle termine la vie, tue le rire.

Malheureusement pour Gollum, Danny avait déjà entendu celle-là quelque part, et la réponse les entourait.

- L'obscurité, dit-il sans même se gratter la tête ou prendre le temps de réfléchir.

Gollum parut déçu. Danny renchérit.

- Une boîte sans charnière, sans clef, sans couvercle Pourtant à l'intérieur est caché un trésor doré.

Cette énigme se révéla une colle très dure pour la créature qui après un long moment trouva enfin la réponse, au grand damne de Danny -il avait l'impression que sa vie était en jeu dans ce duel d'énigmes.

- Des œufs ! déclara Gollum en riant, puis il demanda. Vivant sans souffle, froid comme la mort, Jamais assoiffé, toujours buvant, En cotte de mailles, jamais cliquetant.

Alors que Danny commençait à perdre espoir, ne trouvant définitivement pas la réponse, il aperçu un poisson sauter hors de l'eau, un peu plus loin, vers le centre du lac souterrain. Il remercia le ciel de cette aide.

- Un poisson.

Sa voix était redevenue normale. L'homme devant lui également, tout comme le décors. Il était de retour à l'hôtel et plus dans cette affreuse caverne souterraine. L'étranger attendait patiemment la prochaine énigme de Danny.

- M-manger me fait vivre, mais boire me fait mourir, proposa l'étudiant un peu décontenancé.

- Huuum… le feu ?… le feu !

Soudain, les ténèbres revinrent. La peur saisit Danny. La créature nommée Gollum le dévisageait, se demandant si il était bon. Si il était tendre…

- Cette chose toutes choses dévore : Oiseaux, bêtes, arbres, fleurs Elle ronge le fer, mord l'acier Réduit les dures pierres en poudres Met à mort les rois, détruit les villes Et rabat les hautes montagnes.

Le pauvre Danny, assit dans le noir, réfléchit vite, ayant du mal à se concentrer, trop occupé à garder à distance celui qui le menaçait et qui se régalait de la peur qu'il lui inspirait. Il réclama même du temps. Et bien sûr la réponse lui apparu.

- Le temps ! dit-il.

Cette fois Gollum feula. Il était mécontent et ne voulait plus vraiment jouer. Mais par une politesse sortit dont ne savait où, il s'adressa au hobbit en ces termes :

- Dernière question. Il faut que ça nous pose une question. Demandez. DEMANDEZ NOUS !

Danny paniqua. Il se releva, recula portant ses mains à sa taille. Il n'arrivait pas à penser. Et pour aucune raison il fouilla dans sa poche. Là il trouva un anneau, qu'il avait du ramassé un peu plus tôt.

La réminiscence cessa aussi brusquement qu'elle avait commencé. Danny se retint au mur, ce qui inquiéta celui avec qui il marchait car tout en s'échangeant des énigmes, Danny et l'homme avait avancé à travers l'hôtel, et maintenant, l'étudiant se repérait parfaitement. Il fit part de ce fait à l'autre, qui sembla un peu déçu.

- Bonne nuit alors, lança-t-il.

- Bonne nuit.

Danny s'éloignait à petit pas quand son rival d'énigme le rattrapa.

- Vous avez fait tomber ça, dit-il en tendant un anneau en or, lisse et propre.

Danny s'étonna. Il n'avait pas de bijoux de la sorte. Il prit cependant ce qu'on lui tendait. L'homme partis de son côté en sautillant. Danny le regarda disparaître puis reprit sa route.

Il entra dans la chambre en silence, les lumières avaient été éteintes. Kili et Fili ronflaient déjà. Quant à Tom, Danny n'aurait pas su trop dire. Il était allongé, un drap négligemment remonté sur lui, les yeux clos, mais bien que son souffle sois régulier, Danny n'arrivait pas à savoir. Il s'approcha de son lit et s'assit au bord. Il observa son voisin un instant, puis son regard glissa sur l'anneau.

- Il a l'air précieux…