Bonjour à tous et désolée pour ce léger retard! Je devais normalement poster ce chapitre hier, mais il ne me plaisait pas donc je l'ai réécrit. J'espère que cela vous plaira en tout cas.

Merci à tous ceux qui lisent cette fic, et aux reviews laissées. Je vous proposerais un petit jeu à la fin de ce chapitre...



Chapitre XIII

Echange De Bons Procédés

« Toute douleur qui n'aide personne est absurde. »
André Malraux

Siana fut réveillée par un rayon de soleil timide qui s'était frayé un chemin jusqu'à la fenêtre. Elle se redressa et s'étira. Elle tourna la tête pour apercevoir Severus qui avait fini par s'endormir sur le divan. Il avait l'air plus détendu dans son sommeil, et elle fut ravie de constater que son père ne lui avait rien fait de répréhensible. Elle se demanda immédiatement ce qu'elle devait penser de ce qui s'était passé avant qu'elle ne s'endorme. Il avait eu l'air de le vouloir autant qu'elle mais… n'avait-il pas fait ça parce qu'il avait pensé qu'elle avait besoin de se sentir en sécurité ? Parce qu'après ces horreurs elle avait besoin de quelque chose de plus… tendre ?

Severus se réveilla, furieux de s'être laissé gagner par le sommeil, lui qui avait projeté de veiller sur le repos de Siana. Il la trouva éveillée en train de le regarder. Les derniers évènements lui revinrent en mémoire. Pour lui, tout était clair, il avait abusé de la situation. Même si c'était elle qui l'avait attiré, elle était perdue à ce moment là, et il n'aurait pas dû agir de la sorte avec elle. Merlin seul savait ce qui aurait pu se passer si Byleth ne les avait pas interrompus !

- Bonjour, se contenta-t-il de dire.

La semi-démone comprit alors que c'était bien ce qu'elle pensait, il avait fait ça par réconfort. Qu'importe, elle savait au moins que ça ne le dégoûtait pas qu'elle boive du sang.

- Bonjour.
- Je suppose que la visite chez Paymon est au programme aujourd'hui.
- Oui, approuva Siana en cherchant à se lever.
- Doucement, l'arrêta le professeur, je veux d'abord voir l'état de vos blessures.

En examinant son dos, l'envie de poursuivre ce qu'ils avaient entamé plus tôt le saisit, mais il résista.

- Vous cicatrisez vraiment vite. Encore trois jours de traitement et il n'y paraîtra plus. Faites tout de même attention aujourd'hui que les plaies ne se rouvrent pas.

La jeune femme acquiesça. Snape sortit de la chambre pour lui laisser le temps de se préparer. Elle en émergea à son tour trois quarts d'heure plus tard, talonnée par le chiot.

- On y va ? demanda-t-elle gaiement. Au fait, ajouta-t-elle en désignant le chien, il s'appelle Dhaos.
- Merci.

Siana sourit au professeur, elle savait pourquoi il la remerciait. Ils se rendirent aux écuries après avoir avalé un bon petit-déjeuner dans la salle de l'auberge. Ils se mirent en selle et commencèrent à se diriger vers la sortie nord de la ville. Severus remarqua que la jeune femme paraissait soucieuse, il lui demanda pourquoi.

- C'est juste… un détail auquel je n'avais pas pensé hier. Une chose que les démons ont dite devant moi.
- N'y pensez plus.
- Non, c'est curieux. Ils ont dit que quelqu'un leur avait affirmé qu'ils pouvaient faire ce qu'ils voulaient de moi, que quelqu'un leur avait ordonné de me faire disparaître une bonne fois pour toute. Ils n'ont donc pas agi de leur propre chef, il y a quelqu'un d'autre derrière tout ça, j'en suis sûre. Quand ils m'ont enlevée, ils ne savaient même pas que j'étais une favorite, ce n'est que quand ils ont vu mon blason qu'ils en ont eu la certitude.
- Quoi qu'il en soit, cela m'étonnerait qu'ils puissent vous faire à nouveau du mal.

Et Severus ne croyait pas si bien dire. A la sortie nord de la ville, une surprise les attendait. Un véritable charnier, composé des corps démembrés des démons que la troupe de Byleth avait attaqués la veille, s'épanouissait à l'air libre. La jeune femme ne put retenir un cri. Severus afficha une grimace de dégoût. L'odeur des cadavres en décomposition restés au soleil trop longtemps était infecte. Des insectes et larves nécrophages avaient déjà entrepris leur macabre besogne.

- Partons vite d'ici, supplia Siana.

Ils dépassèrent le monceau de cadavres et continuèrent leur route dans des lieux plus accueillants. Ils traversèrent des champs d'herbe haute et des prairies calmes et ensoleillées. Le maître de potion s'émerveillait des reflets que prenaient les cheveux blonds de la cavalière sous le soleil. Ils arrivèrent à l'orée d'un bois. Curieusement, Severus ne se sentit pas rassuré de le traverser. Contrairement aux autres paysages, il régnait dans ce lieu quelque chose de malsain. Mais, comme la semi-démone s'y engagea sans faire de manière, il se dit qu'il devait se faire des idées et la suivit sans faire de commentaires. Au moment où il passa sous un chêne plus que centenaire, il entendit un craquement de branche, et le bruit d'une masse tombant lourdement au sol. Il arrêta sa monture et se retourna. Le cadavre à moitié décomposé d'un pendu gisait dans les feuilles. Il avait encore la corde autour du cou, et la branche qui allait avec. Le maître des cachots leva la tête. Il constata que la luxuriante forêt possédait des guirlandes de pendus dans les branches de ses arbres.

- Bon, le tout sera de faire attention à ne pas s'en prendre un sur la tête, relativisa mentalement l'homme en remettant sa monture au pas.

Il rattrapa Siana qui ne semblait pas plus que ça déboussolée par les cadavres en suspension. Un bruissement de feuillage fit se retourner Snape de nouveau. Derrière lui, la majestueuse forêt s'était métamorphosée en une suite d'arbres morts, laissant cette fois les pendus bien apparents.

- Pas étonnant que Paymon soit devenu sénile à vivre ici sans voir personne depuis plus d'un siècle, commenta simplement la jeune femme.

Ils continuèrent leur périple en silence, Severus jetant de temps à autres des regards nerveux derrière lui, persuadé d'avoir la sensation d'être suivi. L'étudiante s'arrêta brusquement devant lui.

- Il y a un problème ? questionna-t-il, redoutant le fait qu'elle lui annonce qu'ils risquaient de se faire attaquer par il ne savait quelle créature.
- Non, répondit-elle en descendant de sa monture. C'est juste que voyager à cheval me donne des à-coups dans le dos et que ça me fait un mal de chien.
- Vous comptez continuer à pied ?
- Ce n'est pas un problème.
- Vous pouvez monter avec moi si Danseur des Enfers est assez résistant pour nous porter tous les deux.

Il se rendit soudain compte de ce qu'il venait de dire. Elle le dévisagea, perplexe. Elle se dirigea finalement vers lui et noua les rênes de sa jument à ceux de l'étalon du professeur. Il l'aida ensuite à monter, l'installant devant lui. Il reprit ses rênes et poursuivit la route. Siana cala son dos contre le torse du professeur pour limiter les répercutions des secousses. Elle se retint de soupirer d'aise. Curieusement, Snape se concentra un peu moins sur le paysage une fois l'étudiante contre lui. Il ne put s'empêcher d'apprécier le parfum qui émanait de ses cheveux, celui du miel et de l'amande douce (oui, c'est mon shampooing, et alors ? J'étais en panne d'inspiration), et la douce odeur de vanille de sa peau. Si proche de lui… Trop proche ! se rendit-il compte quand il sentit son corps réagir.

C'était elle qui avait pris l'initiative hier. Oui, mais elle était bouleversée, lui rappela sa conscience. Comment réagirait-elle, maintenant qu'elle n'était plus en position de faiblesse, si c'était lui qui tentait quelque chose ? Vu la position dans laquelle ils se trouvaient, elle aurait du mal à lui coller une gifle, mais elle pouvait faire pire. Cependant, pour hier, elle n'avait fait aucune allusion, preuve qu'elle ne lui en avait pas tenu rigueur. Une boule dans la gorge, et s'attendant à un sacré retour de flammes, il se risqua à enlever une main de ses rênes et à la poser sur la hanche de la jeune femme. Siana sursauta et se tourna vers le professeur. Il baissa les yeux vers elle, le regard indéchiffrable et le sourcil levé. Elle se détourna, l'air sceptique.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? lui demanda Snape.
- Je me demandais… Dans votre monde, est-ce que… vous êtes avec quelqu'un ?
- Non ! s'indigna Severus.
- Chez nous c'est courant… Des démons… qui ont deux voire trois épouses en même temps…

Il ne répondit pas, glissant sa main de la hanche sur son ventre. Elle reposa la tête sur son épaule, ajoutant une main sur la sienne.

Le reste du voyage se déroula en silence. La semi-démone avait même presque fini par s'endormir quand Snape arrêta la monture. Elle rouvrit les yeux. Ils se trouvaient face à une tour branlante faite de matériaux hétéroclites, et qui penchait sérieusement sur la gauche.

- Ne me dites pas que nous allons devoir entrer là-dedans ? s'inquiéta l'enseignant.
- Rappelez-moi de botter le cul à mon père une fois que tout ça sera fini…

Ils descendirent au sol et attachèrent les chevaux aux branches d'un arbre. Siana se dirigea vers la porte qui se révéla être entrebâillée. Elle la poussa prudemment et risqua un œil à l'intérieur.

- Paymon ?

Seul le silence lui répondit. Ils entrèrent pour découvrir une pièce pleine d'objets tous plus farfelus les uns que les autres, et encombrée jusqu'au plafond.

- Je ne croyais pas ça possible, fit remarquer Severus, mais c'est pire que le bureau de Dumbledore.
- Il y a un escalier dans le fond, on va bien voir où il va nous mener.

L'escalier n'avait d'escalier que le nom. C'était une succession de marches qui s'affaissaient à moitié et jamais de la même taille. Sur le mur, on avait cloué des morceaux de peaux humaines dont certains, au vu de leur état, devaient être là depuis plusieurs dizaines d'années. L'odeur qui s'en dégageait était presque suffocante. Ils arrivèrent tant bien que mal au sommet de la tour après avoir failli passer trois fois au travers. Ils furent surpris de constater par les grandes fenêtres qui s'ouvraient sur l'extérieur qu'il faisait nuit noire dehors. Ils n'avaient quand même pas mis tant de temps que ça ?

- Bonsoir, bonsoir, mes chers enfants, dit une voix douce.

Severus et Siana se tournèrent en même temps vers l'endroit d'où venaient ces paroles. Une silhouette était penchée sur un télescope et observait avec intérêt le ciel étoilé.

- Paymon ? demanda la démone.
- C'est moi. Que puis-je faire pour vous ? s'enquit la forme en se redressant et se tournant vers ses invités. Oh oh ! Un mortel ? Voyez-vous ça… Et toi, tu es la fille favorite de Byleth n'est-ce pas ? Que voilà du beau monde, il est bien rare que je reçoive de la visite.

Le démon s'avança dans la faible lueur d'une bougie à la flamme vacillante. Il avait un corps d'homme mais un visage de femme, et sa tête portait un diadème étincelant de pierreries. Quand on lui avait dit que Paymon était sans doute sénile, le maître des potions d'était figuré autre chose.

- Je devine que quelque chose vous tracasse. Allons, n'ayez crainte, posez votre question, et Paymon tâchera d'y répondre du mieux qu'il peut.
- Voilà, expliqua Siana, nous avons un ami commun porteur d'une malédiction puissante qui le ronge depuis des années. Existe-t-il un moyen de l'en débarrasser ?
- D'où vient cette malédiction ?
- D'un Horcruxe, intervint Severus.
- Ah ! Un fragment d'âme…

L'homme-femme parut réfléchir un instant, le regard plongé dans le vide, comme s'il regardait quelque chose ne pouvant être perçu par les autres. Une chose que lui seul aurait le droit de contempler. Il s'anima enfin, reportant son attention sur le couple.

- J'entrevois une possibilité…, dit-il simplement.
- Laquelle ? demandèrent le duo.
- Siana, as-tu entendu parler des Larmes de la Mandragore Rouge ?
- C'est… c'est une blague ? Ce n'est qu'une légende, un conte que l'on raconte aux enfants démons.
- Ce n'est pas parce que personne n'en a vu que cela n'existe pas…
- Mais enfin, c'est impossible !
- Que sont les Larmes de la Mandragore Rouge ? s'enquit Snape.
- La Mandragore Rouge est semblable par l'aspect à celle que vous avez dans votre monde, expliqua l'étudiante, sauf qu'elle a cette couleur rouge sang particulière, et qu'elle sort de terre. Elle avoisine les deux mètres. On raconte que ses larmes ont le pouvoir d'exaucer n'importe quel souhait. Il suffit de penser à ce que l'on désire le plus en buvant une gorgée de ce liquide, et cela se réalise. Mais ce sont des sornettes, personne n'a jamais vu une seule de ces plantes, cela reste du folklore.

Mandragore Rouge tu verras pousser

Sous les pieds d'un pendu depuis quatre cents années

Mais point un Démon à la balance

Sinon un ennemi en souffrance

Comme toute fleur au jardin tu la trouveras

Mais écartée des massifs elle sera

Ses lourds pétales s'ouvrant telle une immense bouche

Ne se pâment que pour les mouches

De l'insecte un bel enfant se fera le messager

A travers les arbres lui seul saura vous guider

Paymon récita ces vers d'une voix veloutée. Il regarda ensuite successivement les deux voyageurs avec un air malicieux.

- Je connais ce poème, dit Siana. On me l'a récité quand j'étais petite. Il paraît qu'il indique le lieu où se trouve la Mandragore. Mais personne n'a jamais su ce que cela voulait réellement dire.
- Personne n'a réellement cherché, corrigea le démon.
- Pourquoi ? demanda Snape. Une plante capable d'exaucer n'importe quel souhait, cela doit attirer les convoitises.
- En effet, et cela nous a mené au chaos.

Paymon se détourna d'eux, réglant son télescope sur une autre parcelle de ciel étoilé. Severus haussa un sourcil d'incompréhension et se tourna vers l'étudiante. Elle soupira.

- On raconte que c'est parce que les humains convoitaient cette plante que la guerre entre les mortels et les démons a eue lieu. Il y a de ça plusieurs siècles, nos deux peuples vivaient en bonne entente, partageant leur magie, leur savoir,… Un jour, un mortel est tombé sur un grimoire faisant référence au don des larmes de la Mandragore. Il a été aveuglé par ce pouvoir qui était à portée de sa main, et il s'est mis en tête de se le procurer. Il a passé des mois à rechercher la signification du poème, et il a fini par trouver la solution. L'ennui, c'est que la plante était gardée par des démons, et que nul mortel n'avait le droit de bénéficier de sa grâce. Il a alors pris à parti un groupe de mortels en marge de la société, désespéré, qui aurait fait n'importe quoi pour un peu de richesse. Il leur a promis monts et merveilles et le groupe l'a suivi. Le mortel exhortait les humains à le rejoindre, argumenta sur le fait qu'il était injuste que nous ayons plus de pouvoir qu'eux, que nous puissions profiter de voir nos souhaits exaucés et pas eux, alors quand fait, nous n'étions que des animaux assoiffés de sang. Il y a eu une révolte, des campagnes anti-démons. Nous avons répliqué, et la guerre a débuté. Mon peuple a gagné, et les mortels ont été bannis de chez nous. Le Monde Noir a été divisé en plusieurs mondes auxquels on ne peut accéder que par téléportation, don que les humains ne possèdent pas. Comme ça, au cas où les mortels parviennent à envahir de nouveau notre monde, ils ne pourront pas accéder à tous les territoires.
- Et… est-ce la vraie origine de cette guerre ? s'enquit le maître de potions.
- Insinuez-vous que les démons sont des menteurs ? s'énerva Paymon.
- Non ! Mais vous savez, chacun cherche à rejeter la faute sur l'autre dans des cas comme ça…
- Et bien sachez que ceci est pure vérité. J'y étais ! Et j'ai vu des démons, des membres de ma race, se faire traiter pire que des bêtes par des mortels comme vous ! Oui… vous êtes très forts vous autres, sorciers, pour rabaisser mon peuple. Mais dès que vous avez besoin d'aide, vous savez nous trouver comme par miracle !
- J'ignorais tout de votre monde !
- Comme il est facile d'évoquer l'excuse de l'ignorance, rétorqua le démon avec dégoût et condescendance.
- Savez-vous où se trouve la Mandragore ? intervint Siana. Auriez-vous réussi à déchiffrer ce texte ?
- Oui…

La semi-démone et le professeur le dévisagèrent, attendant la suite fébrilement. Le démon se redressa de toute son impressionnante stature. Il esquissa un sourire mauvais.

- Je suis prêt à vous révéler ce que je sais mais à une condition… Je veux quelque chose en paiement.
- Quoi ? questionna Snape l'air méfiant.
- Avez-vous vu, en montant l'escalier, ma collection ?
- Vos peaux sur le mur ?
- C'est cela. Cela fait des années que je n'ai pas eu la chance de pouvoir la compléter. J'aimerai tant en avoir une qui détonne, une qui soit unique, avec un signe distinctif bien précis…

Paymon laissa sa phrase en suspens. Aucun de ses deux interlocuteurs ne comprit ce qu'il cherchait exactement. Soudain, les yeux de Siana s'agrandirent d'effroi.

- Non ! cria-t-elle. Non pas ça ! S'il vous plaît, tout mais pas ça !
- Quoi ? voulu savoir Severus. Qu'est-ce qu'il veut ?
- Tout dépend de vous, Severus Snape. Acceptez de me donner ce que je veux, et vous repartirez avec la réponse. Alors ?
- Refusez ! supplia la jeune femme. Dites non, je vous en prie !
- Je n'ai pas toute la journée, décidez-vous, pressa le démon. Acceptez mon offre.
- Mais par Merlin que voulez-vous ? demanda l'enseignant.
- C'est votre Marque ! C'est la Marque des Ténèbres qu'il veut ! Il veut le morceau de votre peau sur lequel est tatoué la Marque pour sa collection !

Snape se tourna vers le démon. Ce-dernier avait incliné sa tête et regardait son avant-bras gauche avec cupidité.

- Vous… vous allez m'écorcher vif, tout ça pour… la Marque ?
- C'est un paiement tout à fait honorable quand on considère ce que je m'apprête à vous révéler… Un simple bout de peau… Et puis, vous la haïssez tellement cette Marque, n'est-ce pas ? Je vous offre en plus l'occasion de vous en débarrasser.
- Vous allez le tuer ! intervint Siana. Pour enlever ce qui a été fait par de la Magie Noire, il faut cette même magie. La Magie Noire démoniaque va entrer en contact avec les résidus que contient la Marque. Il ne supportera jamais une telle dose de mauvaise sorcellerie. Vous voulez le tuer pour un bout de peau ?
- Je vais le faire…, murmura Severus.

Paymon éclata d'un rire sonore tandis que la semi-démone lâchait un hoquet de surprise. Snape commença à déboutonner lentement sa manche, puis remonta le tissu, laissant apparaître le tatouage noir sur sa peau d'albâtre. Le démon approcha une main avide du bras dénudé. Une décharge de Magie Noire passa entre la Marque et un doigt, faisant serrer les dents au professeur.

- Vous n'êtes pas obligé de faire ça ! s'écria la démone au bord des larmes. Je suis sûre que l'on pourra trouver la signification du texte. S'il vous plaît…

Les mots se coincèrent dans sa gorge. Elle regarda avec horreur le démon poser sa paume entière sur le bras et resserrer sa prise. Même si le maître de potions l'avait voulu, il n'aurait jamais pu se défaire de cette emprise. Paymon prononça quelques paroles dans un murmure, et Severus se mit à hurler.

Il hurla pendant ce qui lui sembla être des heures, ne s'arrêtant pas une fois. Il ne pensait pas pouvoir un jour endurer pire qu'un Doloris, mais ce jour était arrivé. La Magie Noire du démon s'infiltrait dans tout son organisme, et jamais il n'avait ressenti quelque chose d'aussi malsain. A cela s'ajoutait la douleur de sa peau arrachée. Une fois il esquissa un regard vers son bras, il le détourna aussitôt quand il vit sa chair se décoller millimètre par millimètre, laissant son bras ensanglanté et à vif. Il lui sembla que quelqu'un l'enlaça mais dans la douleur, il ne savait plus ce qui était réel et ce qui ne l'était pas. Il lui sembla même qu'il mourut pendant un instant, et qu'il revint à la vie. Puis, tout s'arrêta.

Il haletait comme un dément, cherchant désespérément son souffle. Son bras… vingt bons centimètres de peau lui manquait, et il y avait tellement de sang. Il vomit quand il vit Paymon lever sa chair arrachée à la lumière d'une bougie et l'observer avec intérêt en l'étirant. Il tomba à genoux au sol. Deux mains saisirent son visage et tentèrent de lui faire croiser un regard baigné de larmes et terrifié. Siana tenta de le relever en vain, Severus restait prostré sur la pierre. Alors, plus pâle que la mort elle-même, tremblant, froid comme la glace, et trempé de sueur, il s'écroula.


Voilà, j'espère que ça vous a plu. Maintenant, l'heure du jeu... Je vous propose tout simplement d'essayer de trouver la signification du poème. Voyons si vous saurez trouver où se trouve la Mandragore Rouge. Attention! Je veux une explication complète de votre raisonnement, pas seulement la réponse... Bonne chance!