Arrivé dans le bureau du maître des potions, je m'assois lourdement sur une chaise, la tête appuyée sur son bureau. Severus, lui, prend une pile de parchemins, que je reconnais comme étant les devoirs que ma classe lui a donnés ce matin, avant de s'installer dans son siège habituel. Il sort une plume et un encrier d'un tiroir et corrige les copies.
Au bout d'un long moment où je me suis assoupie, quelque chose d'assez léger me tombe sur la tête. Je me relève et vois mon devoir. Je souris lorsque je remarque mon «A+».
-«Tu n'as fait aucune faute contrairement à tout le monde, dit-il. Il n'y a qu'une partie que j'aurais un peu plus développé. Je te l'ai indiqué sur ton devoir.
-Eh bien, merci, réponds-je.»
Je regarde les parchemins qui ont été corrigés et ils sont remplis de l'encre rouge du professeur.
-«Tu peux les lire si tu en as envie. Tu vas voir à quel point c'est décourageant. Tiens, je viens de finir de corriger la copie de monsieur Thornton.»
Je prends le devoir de Shawn et le lis. Il a beaucoup d'erreurs. Lorsque je termine, je mets le parchemin sur la pile de ceux qui sont corrigés.
-«Tu es très sévère dans ta correction, critiqué-je. Mais, elle est juste.
-Je n'exige que la perfection de mes élèves. Regarde ta copie. Tu as été aussi sévèrement corrigé et je n'ai pas trouvé d'erreur. Pourquoi? Parce que tu étudies énormément, tu lis constamment pour parfaire tes connaissances et tu sais la matière sur le bout de tes doigts. Si tous mes élèves étaient comme toi, enseigner serait agréable.
-Encore des compliments? Si tu continus comme ça, je vais rougir ou bien je ne passerai plus dans le cadre de la porte tant ma tête sera enflée.
-Ferme-là.»
Je ris alors qu'il se remet au travail.
Lorsqu'il termine, il appelle un elfe de maison et celui-ci nous apporte de la nourriture. Après le repas, je l'aide à remettre de l'ordre dans ses ingrédients et à faire un inventaire.
Un peu après le couvre-feu, il me dit d'aller chercher des vêtements propres dans mon dortoir. J'obéis sans savoir pourquoi il me demande cela.
Severus m'attend devant la porte de son bureau. Je le suis à travers les couloirs de l'école. Monter les escaliers est assez pénible, surtout qu'il va au cinquième étage. Il s'arrête devant une porte, chuchote un mot de passe et entre.
La pièce est une grande salle de bain avec une piscine en marbre en son milieu. Il y a même un plongeoir. Des centaines de robinets tous ornés de pierres précieuses sont prêts à remplir le bassin. Accroché au plafond, il y a un magnifique lustre qui éclaire l'endroit. Sur un mur, il y a une peinture d'une jolie sirène. Les fenêtres sont habillés de longs rideaux de lin blanc. Je dois avouer que je suis impressionnée par le luxe de la pièce.
-«C'est la salle de bain des préfets et des capitaines de Quidditch, m'apprend-il. Personne nous dérangera à cette heure-ci.
-Tu sais que c'est vraiment étrange comme situation. Un professeur qui s'enferme dans une salle de bain avec l'une de ses élèves.
-En effet. Alors je compte sur ta discrétion.
-Tu n'as pas à t'inquiéter pour ça. Au juste, pourquoi sommes-nous ici?
-Un bain à l'eau chaude te fera un grand bien après cette rude journée. Ça va détendre tes muscles.»
Severus m'explique alors que chaque robinet correspond à un savon différent. J'en essaye quelques uns jusqu'à trouver une odeur qui me plaît et laisse la piscine se remplir. Une fois terminé, mon professeur va dans un coin de la pièce où il ne peut pas me voir, me laissant toute mon intimité.
Je me déshabille et va dans l'eau. Je me lave, puis me détend. Le bain est divinement bon. Le seul point négatif est que mes blessures brûlent.
Je suis sûr d'avoir passé au moins trente minutes dans l'eau avant de sortir de la piscine. En essuyant mon corps, je me rends compte que mes muscles sont moins endoloris. C'est aussi à ce moment que je constate mes blessures: les genoux et les coudes éraflés, six coupures peu profondes et deux ecchymoses. Pour ces derniers, je suis certaine que je vais en avoir plus le lendemain.
-«Il faudrait que je soigne tes blessures, dit Severus alors que je mets mes sous-vêtements.
-Laisse moi m'habiller et tu...»
J'arrête de parler. Je regarde où se situe mes coupures. Si je mets mes vêtements, il ne pourra pas tous les atteindre. Je soupire. Je n'aime pas la situation. Après tout, je me suis jamais retrouvée aussi peu habillé devant quelqu'un. Je prends mon courage à deux mains, mais je sens mon visage rougir légèrement.
-«Bon, d'accord. Tu peux venir maintenant, mais je suis en sous-vêtements.»
Severus s'approche sans jamais observer mon corps de haut en bas. Il prend sa pommade et me demande de lui montrer où mes blessures se trouvent. Je lui pointe sans le regarder et mon visage ressemble à une tomate. Je ne suis pas du tout à l'aise. Le maître des potions le ressent et me soigne le plus rapidement possible.
-«Tu n'as pas à avoir honte de ton corps, lance t-il soudainement.
-C'est pas que j'ai honte, mais il n'est pas très beau et me retrouver aussi peu habillé m'embarrasse.
-Tu n'as pas à être mal à l'aise avec moi Séléna. Je ne te jugerai pas et je ne te ferai pas de mal.
-C'est juste que c'est la première fois que je me retrouve dans cette situation et je me sens vulnérable.
-Je suis là pour te protéger, dit-il avec un léger sourire.»
Je souris à mon tour. Son commentaire me fait chaud au cœur. Personne ne s'est déjà proposé pour me protéger.
-«Pourquoi ne trouves-tu pas ton corps beau?
-Soit pas aveugle, Sev. Regarde-le.
-Non, je ne veux pas faire ça. Tu es mal à l'aise, alors je ne vais pas commencer à te scruter.
-Vas-y. Je te fais confiance, même si je n'aime pas ça.»
Il soupire et m'observe. Ses yeux s'arrêtent sur mes cicatrices. Je vois dans son visage qu'il comprend ce que je voulais dire.
-«Le Maître, n'est-ce pas?, demande t-il.
-Pas toutes. Celle-ci, je l'ai fait moi-même. J'avais peut-être six ans. J'ai descendu un escalier en courant et j'ai perdu pied. J'ai déboulé les marches. Et celle-là, c'est un garçon de l'orphelinat qui m'a poussé. Je suis tombée sur le coin d'un meuble. J'avais eu mal. Le reste, je ne m'en rappelle pas vraiment, mais la plupart ont été faites par mon père.
-Si ça peut te remonter le moral, j'en ai beaucoup plus que toi.
-Vraiment?
-Je n'ai pas eu une belle enfance moi non plus. Puis, mes études à Poudlard non pas été de tout repos et, après, j'ai rejoint les Mangemorts. Allez, j'ai fini de mettre le dernier pansement. Tu peux t'habiller.
-As-tu envie de parler de ce qui s'est passé lorsque tu étais enfant?, demandé-je pendant que je mets mes vêtements.
-Pas maintenant. Tu dois aller te reposer et j'ai de la surveillance à faire dans les couloirs dans peu de temps.»
J'acquiesce en silence. Severus s'occupe de vider la piscine pendant que je termine de m'habiller. Puis, il me conduit dans la salle commune de Serpentard.
-«Demain matin, dès que tu te lèves, vient dans mon bureau. Je vais t'aider à étudier, puis nous irons voir le match de Quidditch.
-Le match de Quidditch?
-Personne ne t'en a parlé?
-Non. C'est peut-être dû au fait que je pense le plus clair de mon temps à étudier ou bien que je n'ai pas porté attention à cette nouvelle. Peut-être un peu des deux. Bref, merci pour tout.
-Ce n'est rien. Maintenant, va dormir, tu en as besoin.»
Je lui souris avant de me diriger vers le dortoir.
Le lendemain, je me réveille tôt. Les filles dorment encore. Je me lève avec difficulté; mes muscles me font affreusement mal. Je m'habille, me brosse les dents, me peigne les cheveux et me dirige vers le bureau de Severus.
Le porte est barrée, il n'est pas encore là. J'enlève la protection et entre dans la pièce sombre. N'ayant pas encore appris à allumer des chandelles avec de la magie, j'essaye de me repérer avec le peu de lumière provenant du soleil qui entre par les fenêtres. Je m'assois et attends.
Au moins vingt minutes passent avant que la porte s'ouvre. Severus entre et allume les chandelles, plongeant la pièce dans la pénombre. À le regarder, je peux voir qu'il est fatigué et que sa patience est courte. J'espère que je connais bien les réponses à ses questions sinon je vais passer un mauvais moment.
-«Bon matin, lancé-je.»
Mon professeur se contente d'un signe de tête comme réponse. Puis, il y a un silence pendant lequel il prend place dans son siège.
-«Dure nuit à ce que je vois, continué-je.
-La surveillance des couloirs a été plus longue que prévue. J'ai dû chasser un élève qui courait assez rapidement.
-L'as-tu eu?
-Il est tombé face à face avec McGonagall.
-Pauvre lui.
-Tu veux dire qu'il est chanceux. Si j'avais pu mettre la main sur lui, il aurait regretté d'être venu cette année à Poudlard. Aussi, j'ai une réunion de professeurs ce soir et je n'en ai aucunement envie.
-Si tu veux, va te reposer. On se verra demain pour étudier.
-C'est correct, ça va me changer les idées.»
Severus se met alors à me poser des questions sur la matière vu dans tous mes cours. Pour la plupart, j'ai la réponse, mais certaine d'entre elles sont très pointues et je ne sais pas quoi lui dire. Il m'aide donc à parfaire mes connaissances. Puis, il passe au côté pratique. Je dois jeter certains sorts de métamorphose et quelques charmes. Il ne me fait pas concevoir de potion étant donné que cela prend du temps et que le match de Quidditch est en avant-midi. Satisfait de mes résultats, il appelle un elfe de maison qui nous apporte le petit déjeuner. Après le repas, Severus m'oblige à faire des étirements pour aider mes muscles endoloris avant de quitter son bureau.
Nous nous dirigeons vers le terrain de Quidditch où Poufsouffle joue contre Serdaigle. Mon professeur me pousse vers la tribune des professeurs qui nous regardent les sourcils froncés dès qu'ils nous voient. Mais Severus veut garder un œil sur moi puisqu'il me trouve trop vulnérable.
Quelques minutes passent avant que le match commence. Je ne suis pas bonne dans ce sport et je le déteste pour cette raison, mais voir les joueurs voler avec aisance, faire des passes incroyables, sentir l'énergie de la foule me fait écarquiller les yeux. Je suis vraiment impressionnée et je n'aurais jamais pensé le Quidditch est aussi passionnant. J'ai même parfois de la difficulté à suivre les joueurs tant ça va vite.
Poufsouffle a gagné le match, mais de très peu. Partout dans le stade, on peut entendre les cris de joie des élèves de cette maison. Je suis contente pour eux.
-«J'ai de la difficulté à monter sur un balais et eux peuvent virevolter dans tous les sens, dis-je à Severus. Je suis un peu jalouse.
-Je suis sûr que tu n'es pas si pire que ça, répondit-il.
-Demande à n'importe qui et ils te diront que je suis une cause perdue.
-Alors il faudra pratiquer ça pour que tu puisses passer tes examens.»
Je ne suis pas sûr d'aimer ce qu'il vient de dire. Je me lève et quitte la tribune avec mon professeur.
Dans la Grande Salle, l'ambiance est à la fête. Mes amis sont assis à la table de Poufsouffle afin d'être avec Jack. Je regarde Severus et lui dis que je vais aller les rejoindre. Je peux voir dans ses yeux qu'il n'est pas d'accord, mais il accepte tout de même. Je m'approche et tous se tournent vers moi avec de grand sourire.
-«Il t'a enfin laissé partir!, lance Bill avec amusement.
-On ne t'a même pas vu à l'heure des repas, continue Jeff.
-Je mangeais dans le bureau du professeur Rogue.
-Et moi qui aimerait que les cours de potions soient plus courts pour passer le moins de temps possible avec lui, dit Charlie.
-De plus, les professeurs et les élèves ne devraient pas avoir de relation entre eux, ajoute Percy la tête haute.
-Percy, le professeur Rogue est mon mentor, expliqué-je. Il est normal que je passe du temps avec lui pour que nous puissions nous connaître et nous faire confiance. Aussi, il est là pour m'apprendre la magie en dehors des cours. Si ça peut te rassurer, Dumbledore est au courant.
-Tout de même, vous n'êtes pas supposé de faire cela.»
Sur ce, Percy quitte la table de Poufsouffle pour rejoindre celle de Gryffondor.
-«Faut pas s'inquiéter, il veut toujours tout contrôler, mettre de l'ordre partout et faire en sorte que les règles sont suivies, rassure Charlie. Cela fini par être ennuyant à la maison lorsqu'on veut s'amuser et qu'il nous surveille constamment afin d'avertir notre mère si on fait quelque chose de pas trop correct comme sortir de notre terrain alors qu'on est en balais.
-Assez parlé de Percy, s'impose Shawn. Qu'as-tu appris avec le professeur Rogue?
-Il m'enseigne à faire le charme du bouclier.
-Le charme du bouclier?, se demande Jack.
-C'est un sort de protection, informe Bill. Il permet d'arrêter ou d'atténuer l'attaque d'un adversaire. Tu vas l'apprendre l'année prochaine.
-Tu vas être en avance sur nous!, s'exclame le Poufsouffle. As-tu réussis à faire le sort?
-Ouais, une fois. Mon bouclier a éclaté, mais j'en ai fait un.
-J'aimerais bien pouvoir faire ça moi aussi.
-L'année prochaine. Pour l'instant, tu devrais te concentrer sur les tests qui arrivent très bientôt.
-Je sens que je ne vais pas passer mon cours d'histoire de la magie ni celui de potion, dit Shawn, morose.
-C'est pareil pour moi, lance Jeff.
- Mangeons et amusons nous, et, après le repas, je vais vous aider, d'accord?, proposé-je.
-Ouais, d'accord!, répondent en chœur Jeff, Shawn et Jack.»
Les Weasley se lèvent pour rejoindre leurs amis à la table de Gryffondor. En les regardant s'éloigner, j'aperçois la fille aux cheveux roses s'enfarger et renverser son gobelet remplie de jus de citrouille par terre. Plusieurs personnes rient et son visage, comme ses cheveux, rougissent. Je fronce les sourcils. Ais-je bien vu ses cheveux changer de couleur ou c'est une illusion?
-«Elle s'appelle Tonks, m'apprend Jack. Elle est en cinquième année. Elle est très maladroite.
-C'est moi ou ses cheveux ont changés de couleur?, demandé-je.
-C'est une métamorphomage. Cela lui permet de changer son apparence autant qu'elle le désire. Ses cheveux changent de couleur selon ses émotions.
-C'est vraiment impressionnant!, s'exclame Jeff.»
Je l'observe encore un peu avant de regarder rapidement l'ensemble des élèves à la table de Poufsouffle. Mes yeux croisent ceux de Kevin et Samuel et j'ai rencontré dans le train. Ils me saluent d'un signe de tête et je fais de même. Puis, mes amis et moi continuons de discuter de tout et de rien pendant le repas.
