Waah ! Eh bien, j'suis de retour, après 3 mois d'absence… Ça fait un sacré temps de retard, j'espère que vous êtes encore là ? ^^'' Je n'ai pas d'excuse à part la tonne de boulot que les profs nous donne en ce moment (et les projets à rendre pour le même jour sinon c'est pas drôle…)et c'est la cause de mon absence car plus de temps pour écrire ou poster. Mais le VRAI chapitre 14 est ENFIN là ! (et il est plus gros que le 12, ce qui n'est pas une mince affaire pour le battre) J'espère que vous l'apprécierez autant que les autres ! Merci d'être encore là ! J'essaierai de mieux m'organiser dans les mois qui viennent pour être un peu plus présente. Sur ce, bonne lecture et merci encore, vous êtes géniaux ! )

Disclamer : Le film « Les nouveaux héros » appartient à Disney, soutenez les œuvres originales, surtout ce film-là parce qu'il est vachement bien ! Seule Olympe m'appartient dans ce chapitre.

Chapitre 14 :

Bienvenue à San Fransyoto- We're Immortals

« Non… ! Ice, ne me dis pas que c'est toi !»

Olympe pensait vivre un véritable cauchemar, un cauchemar plus angoissant encore que l'attaque du camp par les créatures noires. Oui, c'était pire car ce cauchemar la tenaillait depuis des mois et voilà qu'il se réalisait : Ice était tombé, les créatures noires l'avaient eu… ! Malgré qu'elle fût consciente de l'évidence, elle s'élança les bras en avant, prise d'un espoir fou, vers Ice.

« Ice, réponds, c'est toi ? »

Un mince fil d'espoir qui se brisa lorsqu'Ice la repoussa violemment d'un revers de main, toujours aussi impassible. La jeune fille rousse atterrit lourdement sur le sol. Ses frères indiens, choqués, se mirent en garde devant elle pour la protéger, tandis que Radcliffe étouffait avec grand peine un rire sadique dans son mouchoir de poche.

Pendant un court instant, Riku était déboussolé. Ce garçon… Il croyait se revoir à 15 ans, un pauvre mec, manipulé comme un vulgaire pantin par les Ténèbres. Cette pensée lui fit serrer les poings, à s'en blanchir les articulations, et dévoila ses dents comme une bête montre les crocs. Il était furieux ! Mais quel c… !

« Imbécile ! C'est ton amie ! Qu'est-ce qui te prends de l'attaquer ! » explosa le jeune maître de la Keyblade.

Un silence pesant s'abattit sur le campement anglais. Radcliffe regardait avec étonnement Riku, bouillant de colère. Ice le fixait aussi, les yeux toujours aussi vides. Oui, ils étaient vides. Vides d'émotions, vides de souvenirs. Vides de l'éternelle étincelle qui s'agitait dans son regard, chaque vendredi, lors de leurs rendez-vous à Shibuya. Oui, tout était vide, fini, pensa Olympe. Elle étouffa un sanglot, envahie par le chagrin.

Mais moins d'une seconde plus tard, une chose inattendue se produisit : Ice, jusqu'alors impassible devant tout ce qui se passait autour de lui, hurla et un horrible rictus de douleur déforma son visage. Il se débattait, comme attaqué par des fantômes et se tenait la tête en hurlant comme un dément. Un étrange brouillard noir commença à planer dans l'air pendant qu'Ice hurlait à l'agonie.

« Les Ténèbres ! » s'alarma Riku.

Il n'avait pas le choix, c'était Ice qui les attirait. Il allait devoir l'arrêter… peu importait comment, malheureusement. Vif, le jeune homme aux cheveux d'argent appela son arme qu'il pointa vers son ennemi. Mais avant qu'il puisse frapper, une vague noire s'abattit sur son visage. Il perdit connaissance.

~0o0o0o0~

La chaleur du soleil et le goût de la poussière réveillèrent Olympe. Elle se releva péniblement, comme prise par des courbatures. Malgré ses lunettes, la jeune renarde avait du mal à distinguer les alentours. Elle était assise sur un terrain sec et terreux de graviers tandis se tenaient face à elle et de grands immeubles. Ça alors, ils sont avancés dans les techniques de construction, ces Anglais du XVIème siècle… Attendez ! Quoi ? Olympe bondit sur ses pieds, ses yeux verts pomme grands ouverts. Elle était dans une ville ! Une ville moderne ! Elle avait quitté la forêt des Powatans ! Mais comment… ?

« Oh, tu es réveillée ? » fit une voix masculine.

Non loin d'elle se trouvait le garde aux cheveux argentés, qui semblait aussi se réveiller péniblement. Contrairement à elle, il n'était pas si perturbé d'avoir atterri dans une ville moderne. Méfiante, Olympe lui répondit néanmoins :

« Euh, oui…

- Hum… Tu as l'air en forme, c'est le principal. Le voyage ne t'a pas trop affaiblie.

- Euh, en effet. »

Elle trouvait ce garçon bizarre… Il l'était déjà au camp des Anglais mais là, la curiosité commençait à la démanger. Qui était-il ?

« Hum, tu n'as pas l'air très surpris que l'on soit dans une ville assez moderne, tenta Olympe.

- Toi non plus, jeune Indienne. Tu es étrange à vrai dire, lui répondit au tac-au-tac le jeune homme.

- Je pourrais en dire autant pour toi, tu sais !

- Ha ha, certes ! s'exclama le garçon. Autant être clair dès le départ… Je m'appelle Riku, Maître de la Keyblade. Je suis habitué à voyager à travers les mondes et donc à travers les époques, se présenta Riku.

- Je vois… Je me nomme Olympe Greenwood et je maîtrise aussi la Keyblade, lui répondit la jeune fille.

- Je le sais.

- Pardon ?

- Je l'ai su dès que j'ai croisé ton regard sur la rivière. »

Alors c'était ça, la raison de ce frisson désagréable dans son dos… Brrr… !

« Ça alors, tu es devin ? lui lança-t-elle.

- Ha, non ! J'ai juste l'habitude de croiser des cas comme ça.

- Ah… » acheva Olympe en se détournant un peu de lui.

Elle se méfiait et Riku le sentait bien. Mais il ne pouvait pas lui en vouloir : il aurait agi de la même façon à sa place. Et puis l'état de son ami Ice doit la préoccuper…

« Au fait, je suis désolé pour ton ami. »

Olympe se retourna, une expression indéchiffrable sur le visage.

« J'ai déjà vu… ce genre de problème lors de mes précédents voyages. J'en ai été victime », finit par lâcher Riku.

Il n'a jamais été du genre à se confier, encore moins à une parfaite inconnue et surtout sur ce sujet-là… Quant à Olympe, elle restait interdite face à cette déclaration… Qu'est-ce qu'il voulait dire ? Qu'Ice allait s'en sortir ? Comment ? Ou alors ce Riku savait qu'Ice était déjà condamné ? Cette pensée lui fit monter les larmes aux yeux. Il n'y a rien de plus terrible que de ne rien savoir… Elle fixa plus intensément encore le garçon aux cheveux argentés :

« Est-ce que… ? commença-t-elle avant d'être interrompue par des éclats de voix provenant de la ruelle en face d'eux.

Les deux adolescents détournèrent le regard dans cette direction et virent un gros bonhomme blanc tout rond en sortir, se déplaçant avec de légers et rapides petits bruits de vérins. Il portait délicatement, dans ses mains de robot potelé, une boîte de Pétri. Avec, il se dirigeait vers un hangar qui se trouvait derrière eux. Le robot les gratifia d'ailleurs d'un « Bonjour ! » amical, avant de passer son chemin. Riku et Olympe restèrent bouche bée face à ce drôle de personnage jusqu'à ce qu'un garçon de 13-14 ans environ déboule à sa suite. Il avait une sacrée de touffe de cheveux noirs en bataille sur la tête et ses joues rougies par l'effort indiquaient qu'il avait couru pour rattraper le robot.

« BAYMAX !... Mais qu'est-ce qu'on fait ici ? demanda le garçon au marshmallow ambulant, une fois arrivé à sa hauteur.

Le robot, toujours concentré sur le contenu de la boîte, lui répondit calmement :

« J'ai trouvé l'endroit où voulait aller votre petit robot.

- Mais il n'y a rien ici… ! Il doit être cassé… !

- Vous cherchez quelque chose ? »

Le garçon sursauta à la question posée par Olympe. Elle n'avait pas pu s'empêcher d'intervenir pour aider ce drôle de duo. Riku restait derrière elle, observant la scène avec intérêt et minutie.

« Vous êtes qui ? lui répondit avec méfiance le gamin.

Je m'appelle Olympe et voici Riku. On vient de débarquer en ville. On aimerait vous aider, toi et ton bonhomme. Vous semblez à avoir perdu quelque chose…

- Ah ! Non, non ! On a rien perdu et je ne sais pas non plus pourquoi Baymax a voulu venir ici ! s'exclama encore le garçon brun. Viens Baymax, on rentre… !

- Le petit robot semble vouloir entrer, déclara le robot assistant de santé Baymax.

- Hein ? »

Le jeune inventeur fixa à son tour le contenu de la boîte transparente, accompagné d'Olympe et Riku, piqués par la curiosité. C'était un petit objet noir en forme de losange qui semblait doté d'une volonté propre et qui s'agitait dans tous les sens. Enfin, pas totalement dans tous les sens : il semblait comme attiré par la porte du hangar.

« Ça veut dire quoi ? demanda Riku, sorti de son mutisme.

- Euh, je sais pas trop, bafouilla le plus petit du groupe. C'est un micro-robot qui fait partie d'un plus grand ensemble et tous les micros-robots sont connectés entre eux. Mais il ne devrait plus marcher, les autres ont brûlé dans l'incendie.

- Euh…, ne put que répondre Riku.

- Y a quoi derrière cette porte, enfin ? Et avec ce cadenas, on ne pourra pas entrer…, déclara le jeune garçon, en tentant d'ouvrir la porte.

- Il y a une fenêtre, remarqua Baymax, ses yeux bioniques dirigés vers le haut de la bâtisse.

- On y va ! » déclara son patient qui commençait à grimper le long de la façade.

Malheureusement, il marcha sur une planche pourrie et commença à dégringoler vers son point de départ… avant d'être rattrapé par Riku.

« Tu as failli te casser la figure, espèce de crétin, dit-il sur le ton de plaisanterie.

- Oh, ça va ! Je suis plus un bébé, je peux y arriver tout seul ! protesta l'autre tout en s'agitant pour que Riku le lâche.

- Ah oui ? » voulut répliquer le maître de la Keyblade mais il ne pipa mot.

L'attitude du garçon l'amusait. Il lui rappelait un certain casse-cou à coiffure d'hérisson du même âge, qui voulait ABSOLUMENT grimper en haut des palmiers de leur île. Sa dernière cascade a manqué de le conduire directement à l'hosto', d'ailleurs. Il finit par le laisser grimper tandis qu'il s'apprêtait à faire de même, pour découvrir ce qui se cachait dans cet étrange entrepôt.

Le petit groupe finit par atteindre la fenêtre. À travers les vitres, tout semblait vide et silencieux mais il faisait sombre et ils ne voyaient que la partie supérieure de la bâtisse. Aucun moyen de savoir ce qui y avait à l'intérieur ou s'il y avait quelqu'un.

« Tu es sûr de vouloir entrer là-dedans ? demanda Olympe, peu envieuse d'entrer.

- Ouais. Je veux savoir pourquoi mon micro-robot est attiré ici, lui expliqua le garçon. Au fait, mon nom, c'est Hiro. Hiro Yamada.

- Enchanté, Hiro. On te suit », lui répondit Riku avec un sourire.

Les jeunes gens passèrent sans problème par la fenêtre ouverte et posèrent le pied sur une plate-forme en hauteur. Olympe fit bien attention à ne pas poser les pieds sur les tubes de métal qui étaient en-dessous de la fenêtre. Elle ne savait pas pourquoi mais elle voulait faire un minimum de bruit. Un réflexe de survie, sans doute. Cependant, certains étaient plus bruyants… Un son de ballon de baudruche coincé la fit sursauter ! Elle vit alors le gros Baymax coincé dans l'ouverture de la fenêtre.

« Chuuuutttt ! On doit être discret… ! chuchota Hiro à Baymax en lui lançant un regard à la fois abasourdi et angoissé.

- Il est coincé, il vaudrait mieux qu'il reste ici jusqu'à ce qu'on ait fini, recommanda Riku à voix basse.

- Mais c'est lui qui m'a suivi tout seul ! s'emporta l'autre, toujours avec un minimum de volume sonore.

- Je suis l'assistant de santé personnel de Hiro, je dois rester avec lui jusqu'à ce qu'il soit satisfait de mes services. » leur répondit Baymax… à voix haute.

Malgré sa maladresse à être discret et le fait qu'il les mettait peut-être tous en danger, la douce Olympe ne put s'empêcher de trouver Baymax touchant et adorable. Il s'assure que son petit patient va bien et qu'il ne lui arrive rien de grave, et ce quelle que soit la situation. Baymax est si différent de ce qu'elle connaît de la robotique : des robots froids, indifférents du sort des humains et sans vie. Mais lui , Baymax, était différent. Il était chaleureux. Et il l'attendrissait.

« Oh, le pauvre… Il est juste coincé… On peut peut-être l'aider à passer… ? » proposa la jeune fille, le cœur sur la main.

Alors que Riku et Hiro allaient lui répondre un « NON ! » catégorique, Baymax réagit :

« Excusez-moi, je dois évacuer un peu de gaz. »

Il se dégonfla dans un bruit strident de ballon percé. Les trois humains le regardaient avec stupeur et Olympe se maudissait d'avoir ouvert la bouche. Une fois dégonflé, le robot devenu tout flasque, rampa à l'intérieur avec l'aide de Hiro.

« C'est bon, on peut y aller ? questionna Hiro, toujours à voix basse.

- Je vais avoir besoin d'un moment pour me regonfler.

- Vas-y, mais en silence ! »

Heureusement pour eux, le regonflage fut beaucoup plus discret et le petit groupe s'aventura plus bas avec le micro-robot pour les guider. Ils avancèrent prudemment. Ils n'entendaient que le bruit de leurs pas qui résonnait, malgré tous leurs efforts pour l'étouffer. Leur démarche était lente, alerte. Hiro, sans doute emporté par la curiosité, était en tête et suivait les agitations du mini-robot comme on suit les indications d'un GPS. Ces micros-robots semblaient l'obséder, comme s'ils étaient une question de vie ou de mort, pensait Olympe. Elle se demandait ce qui avait provoqué cet intérêt si dévorant. Elle jeta un coup d'œil à Riku. Après tout, elle le connaissait à peine, lui aussi. La jeune renarde le surprit à sourire légèrement, avec bienveillance, comme s'il flottait dans un rêve. Décidément, il était étrange, ce garçon.

Soudain, Hiro s'arrêta. Ils étaient contre une paroi métallique, ne voyant pas plus loin que le dos de Hiro tandis que l'adolescent devant eux était face au reste de la pièce. Après un petit moment d'immobilisme total, Hiro recula, prit un balai qui passait par là et repartit, les dents serrées. Riku, qui avait cessé de sourire, jeta un regard à Olympe. OK, elle avait compris : un danger rôdait. Comme lui, elle invoqua « Orchidée des bois », sa Keyblade fleurie et ils repartirent sur les talons d'Hiro.

Devant eux, au centre du hangar, se tenait une sorte de pièce délimitée par des paravents semi-transparents en toile. Un bruit de vérins se faisait régulièrement entendre derrière ces murs. Riku et Olympe redoublèrent de prudence, encadrant Hiro et son balai-brosse. Après une marche de quelques secondes qui a semblé en faire plusieurs minutes, ils arrivèrent face au paravent. À l'intérieur, des automates bougeaient et s'agitaient mais Riku et Olympe devinaient difficilement ce qu'ils faisaient. Hiro, le visage tordu par l'inquiétude, les arracha à leur contemplation lorsqu'il s'aventura sur le côté. Un autre son, tintant comme une pièce de monnaie remplaçait celui des automates. Un tapis roulant sortait de la pièce et sur celui-ci, des petits losanges de métal noir qui finissaient dans un tonneau… Des micros-robots comme ceux de Hiro.

« Mes micros-robots ? chuchota Hiro, la voix tremblante.

- Quelqu'un semble en fabriquer sans ta permission, commenta Riku très perplexe pendant qu'il fixait les centaines de tonneaux qui se trouvaient plus en retrait. Ils étaient sans doute aussi remplis de micros-robots.

- Ouais, des milliers. Et la question est pourquoi ? répliqua l'inventeur en serrant les dents face à ce spectacle inquiétant.

- C'est quoi ce tableau ? »lança Olympe derrière les garçons.

Son regard s'était détourné des tonneaux et était à présent fixé sur un grand tableau recouvert d'article de journaux, de plans et d'images diverses. Tous ces éléments étaient reliés entre eux par des fils rouges et blancs. À la manière d'un policier sur une scène de crime, on essayait de reconstituer le lien logique entre toutes ces pièces de puzzle. Olympe en eut le tournis, les fils formaient un labyrinthe. L'unique élément de ce capharnaüm d'indices qui arrivait à capter son attention était une image d'une hirondelle rouge dans un cercle.

« Bien vu, Olympe, lui murmura Riku. La réponse est sûrement là-ded…

- Hiro ? »

Le groupe sursauta en entendant la voix bionique de Baymax qui les avait enfin rejoints. Leurs cœurs battaient la chamade et tambourinaient dans leurs poitrines. La seule fille du groupe ne se souvenait pas avoir déjà eu une telle frousse ! Mais c'est Hiro qui exprima le mieux ce que tout le monde ressentait :

« J'ai failli avoir une crise cardiaque !

- Mes mains sont équipées de défibrillateurs. Dégagez ! » annonça le robot, toujours aussi pro', en avançant ses deux mains équipées des équivalents de deux plaques chauffantes. Riku tirait en même temps Hiro par le col pour lui éviter une défibrillation gratuite.

- NOONNN ! STOP ! Stop ! C'est juste une expression ! » s'agita le pauvre malade.

Soudain, un petit bruit de métal cognant sur de verre réduisit l'assemblée au silence. Hiro sortit rapidement la boîte de Pétri de sa poche. Le micro-robot s'agitait de plus en plus à l'intérieur de sa prison. Mais cette fois, c'était derrière Hiro qu'il voulait se diriger. Olympe vit alors de lourdes masses noires s'élever des tonneaux dans le dos d'Hiro. De longs flots semblables aux Ténèbres montaient, menaçants, dans un bruit de sauterelles métalliques. Elles montaient, elles montaient… Olympe ne se demanda pas plus longtemps si elles pouvaient atteindre le plafond que la jeune fille tourna les talons et hurla aux autres:

« Courez ! »

Les autres ne se firent pas prier et détalèrent dans la direction opposée, aussi vite qu'ils pouvaient. Et certains étaient plus rapides que d'autres.

« Plus vite, Baymax ! supplia Hiro, à son robot… qui ne pouvait pas courir.

- Je ne suis pas rapide, commenta l'autre, dos à la menace imminente.

- Non, sans blague ? » lâcha entre deux foulées le jeune garçon qui lui avait attrapé la main, le forçant à courir.

Pendant ce temps, Olympe se maudissait encore d'avoir pris la défense de Baymax coincé par la fenêtre, quelques minutes plus tôt.

Pressés par les vagues noires et métalliques qui dévalaient le sol de la salle, ils arrivèrent à la porte fermée du hangar, au pied du mur.

« Faut détruire cette porte ! » s'exclama Riku.

Il éleva sa Keyblade pour frapper et scinder cette faible porte en deux mais Hiro fut plus rapide pour donner des ordres à Baymax.

« Défonce la porte ! » ordonna-t-il.

Le coup de pied délicat de Baymax fit un joli « BONG » sur la porte tandis que Riku écarquillait les yeux de stupeur et de panique non feinte. Le bruit de sauterelle se rapprochait encore et encore…

« Donne un coup de poing ! »

« BING »

« Mais bon sang, laisse-moi faire !

- Trop tard ! » intervint Olympe, dont les yeux n'avaient pas quitté la masse noire.

La vague de micros-robots s'abattit contre la porte, avec la violence de la mer tempétueuse. Riku et Olympe avait sauté sur le côté droit tandis que Hiro et Baymax avaient couru vers la gauche : le groupe avait été séparé en deux. Les deux porteurs de Keyblade atterrirent dans une poussière noire, presque propulsés contre le mur et totalement aveuglés.

« Relève-toi ! »entendit Olympe dans son dos.

Un peu déboussolée, elle se releva rapidement, épaulée par Riku. En voulant se tourner vers Hiro voir s'il était toujours indemne, elle aperçut dans un écran de fumée, un grand homme vêtu d'un manteau noir et un masque kabuki rouge et blanc, avec de grands yeux jaunes. L'inconnu semblait les regarder, entouré de micros-robots. Toujours en les regardant, il tendit la main. Une nouvelle vague noire traversa la fumée vers eux, pour eux. Dans la course vers une porte de sortie vers laquelle Riku l'entraînait, Olympe leva son arme contre la vague. Son action lui semblait d'une infinie lenteur comme tout ce qui se passait autour d'elle, comme englué dans une mélasse informe et invisible. Sa Keyblade para les premiers micros-robots, libérant une onde de choc qui repoussa les prochains. Riku en profita pour attraper la main de la jeune fille et courut vers la porte dérobée. Ne cherchant pas à l'ouvrir, il lui assigna le coup qu'il réservait pour la porte principale. Elle vola en éclats, les propulsant dans la poussière du dehors.

~0o0o0o0~

Ils avaient fui loin du vieux hangar, laissant Hiro et Baymax se débrouiller seuls. Riku avait assuré qu'ils n'avaient plus rien à craindre, qu'il les avaient vus fuir par la fenêtre. Olympe était restée sceptique mais connaissant un peu mieux le garçon, elle savait qu'il serait intervenu si Hiro était en danger. Ils avaient ensuite marché longtemps dans la ville, explorant un peu ce nouveau monde. C'était un mélange entre une ville américaine… et la ville natale de la renarde, Tokyo. Elle remarquait tout ce qui pouvait être apparenté à Tokyo et à chaque fois, Riku voyait son regard se voiler de mélancolie. Encore quelques minutes de marche et ils se retrouvèrent à une grande place piétonne où se dressaient divers gratte-ciel remplis de boutiques et de cafés. Le voile se fit encore plus épais et des ombres de larmes se glissèrent au coin de ses yeux verts.

« Je crois que ce paysage est… le plus dur à admirer…, souffla-t-elle, presque pour elle-même.

- Tokyo te manque ? demanda par réflexe Riku.

- Pas Tokyo, Shibuya, continua-t-elle la voix tremblante et les yeux humides. Et eux

- Tu les retrouveras, j'en suis sûr.

- Comment peux-tu en être aussi sûr ? s'exclama-t-elle en se retournant vers lui, sans animosité dans la voix. Et dans quel état ? Tu as bien vu ce qu'est devenu Ice…

- J'en suis sûr car j'étais comme lui… et je suis comme toi, loin de chez moi et séparé de mes amis.

- Comme moi … ?

- Voyager sans arrêt pour sauver le monde ne me permet pas de rentrer tous les soirs chez soi et encore moins de voir ses meilleurs amis.

Elle le fixait, le regard attentif et compatissant. Décidément, plus il la fréquentait, plus il pensait que ce cœur d'artichaut était un baume pour celui des autres, avec sa douceur de guimauve. Un bisounours dans la cage aux lions… qui s'arme au fur et à mesure et qui ne sombre pas.

« Hé ! Y a un stand de Kakigori par-là ! remarqua soudain le garçon. Tu en veux ?( ndla: Kakigori= dessert japonais à base de glace pillée et de sirop)

- Euh… Mais on parlait pas d'autre chose, là ?

- Si, mais ça sera plus agréable de parler en mangeant, non ?

- Euh, si tu le dis ! s'en amusa Olympe. Qu'il était amusant, ce garçon !

- Alors quel parfum ?

- Euh… Melon ? »

Ils marchèrent encore, leurs glaces vite avalées et des anecdotes partagées plein la tête. Quand ils arrivèrent au port, la nuit était déjà tombée. Ils déambulaient entre les énormes conteneurs entassés sur la plate-forme.

« Décidément, les lampadaires sont un peu pâles, non ?

- Ouais, ça fait un peu lugubre… Tu n'as pas peur des fantômes, au moins ?

- Des fantômes ? J'ai passé une cérémonie avec les Grands Esprits et tu crois que j'ai encore peur des fantômes ? répliqua son amie.

- … « encore peur » ? se moqua l'autre.

- Tais-toi, t'as rien entendu…

- Ha ha ! C'est sûr ! »

Des éclats de voix non loin ainsi que le son du freinage d'une voiture se firent entendre et obligèrent Riku et Olympe à couper court à leur discussion. Intrigués, ils se rapprochèrent de l'origine du son. Derrière un conteneur, ils aperçurent Hiro et Baymax en armure en train de discuter à vive voix avec quatre autres personnes : un grand noir baraqué avec un bandana vert dans ses dreadlocks et qui semblait assez timide, une petite jeune femme aux traits asiatiques qui mâchaient nerveusement et bruyamment un chewing-gum, un jeune homme maigrelet décontracté avec bonnet et cheveux mi-longs et une grande fille aux longs cheveux châtains et avec de grandes lunettes roses. Les quatre semblaient très inquiets et Hiro était comme pris la main dans le sac :

« Hiro ! Mais enfin, qu'est-ce que tu fais ici ? demanda la jeune fille aux lunettes carrées.

- Euh, euh, rien ! Je faisais juste une… une promenade ! tenta Hiro en agitant frénétiquement les bras.

- Dans un port ? » rétorqua l'autre fille du groupe.

Riku et Olympe se sentirent un peu visés.

« Baymax nous a contacté pour te remonter le moral, poursuivit la jeune fille aux lunettes.

- Ouais ! On est tes potes, on est là si tu vas mal !

- Hiro va mal ? » murmura Olympe à Riku, qui haussa les épaules en signe d'ignorance sur la question.

Olympe voulait alors sortir de sa cachette pour aller vers Hiro. Elle ignorait tout du drame qu'il avait vécu mais elle voulait l'aider par n'importe quel moyen. Après tout, elle ne le connaissait depuis peu de temps mais il était son ami.

« Olympe… »lui chuchota Riku en posant sa main sur son épaule.

Elle leva les yeux vers lui mais lui, ne la regardait pas. Son regard était happé par le haut des conteneurs. En haut de ces conteneurs, il était là. L'homme au masque kabuki, menaçant et faisant froid dans le dos. Grâce aux micros-robots, il élevait au-dessus de lui un conteneur, prêt à être lancé vers Hiro et ses amis. Riku et Olympe s'élancèrent hors de leur cachette.

« COUREZ ! »