Merci Nass pour ta review, ça m'a fait très plaisir !
Chapitre 14
Sanctuaire Japonais
Tard dans la nuit
Trois jours.
Ils avaient été obligé de passer trois longs jours cloîtrés dans leurs cabanons avec le peu de nourriture qu'on voulait bien leur donnait.
Heero maudissait Quatre d'avoir prévenu la communauté du temple de leur « perversion ».
Après tout, le blond n'était pas mieux, loin de là !
En plus de partager la même « tare », il avait tué des gens, avait enlevé Trowa et s'amusait avec eux comme s'ils n'étaient que des pions sur une sorte de Monopoly géant…
Mais ça, visiblement, leurs hôtes n'en avait pas eu conscience.
Il y avait du favoritisme…
Et en même temps, Heero appréciait chaque jour passé dans cet endroit, ou plutôt chaque nuit.
Parce que les journées étaient longues, terriblement longues, et il passait son temps à chercher des indices avec les autres.
Des indices qui devaient leur indiquer leur prochaine destination, et qui étaient introuvables.
Mais les nuits étaient toute autres.
A chaque fois, Peter le rejoignait en cachette, venant de son propre cabanon, qu'il partageait avec Ilham.
Ils faisaient l'amour, parfois tendrement, parfois presqu'animalement.
Mais à chaque fois, ils en ressentaient un plaisir terriblement intense.
Et ils s'endormaient,
Heero tenant Peter dans ses bras.
Quand le japonais ouvrait les yeux chaque matin, Peter n'était déjà plus là.
Il ne l'entendait jamais se relever.
Il savait juste, à chaque fois qu'il ouvrait les yeux, qu'il n'y aurait plus personne dans ses bras, à ses côtés ou même dans son cabanon.
Si Heero en ressentait de la peine, il préférait ne rien dire.
C'était le seul moyen pour eux de ne pas être vu par les autres, de faire en sorte que personne ne sache jamais ce qu'ils faisaient ensemble.
Aucun d'entre eux n'était prêt à expliquer aux autres leur relation.
Enfin, surtout à Duo en fait.
Comment faire comprendre au natté ce qu'ils vivaient ?
Comment lui dire que, tout en l'aimant encore, Heero ne pouvait se résoudre à ignorer Peter ?
Et Peter, lui, ne voulait pas envenimer encore un peu plus cette situation.
Si sa relation avec Heero était importante pour lui, il ne voyait pas l'utilité d'en parler à d'autres.
Car elle se finirait bien assez vite.
Mais ça, ça ne regardait que lui.
Mais, pour le moment, aucun d'entre eux ne pensait aux autres, au lendemain, à Quatre et son jeu ou même à leurs occupations professionnelles qui finiraient bien par rattraper au moins l'un d'entre eux…
Non, ils ne pensaient qu'à l'autre, se tenant la main comme le jeune couple terriblement amoureux qu'ils étaient.
Et, personne, n'aurait pu prévoir au début de leur relation que ça puisse finir de cette manière.
Parce que, pour Heero, il ne pouvait pas y avoir d'autre fin que la main de Peter dans la sienne.
Il devait être dans les trois heures du matin, Peter dormait encore, et Heero en profitait pour, enfin, le regarder dormir.
Il se demandait un peu comment il avait fait pour ne jamais remarquer à quel point Peter pouvait être attirant.
Il l'avait trouvé sexy quand il travaillait, mais endormi, il était aussi adorable qu'un ange.
Tout à sa contemplation, il ne remarqua pas que la porte venait de s'ouvrir et qu'Ilham était dans l'entrée.
–Heu… J'imagine que je vous dérange…
Heero sursauta et Peter se réveilla presqu'immédiatement.
–Qu'est-ce que tu veux…
Marmonna Peter, encore moitié endormi.
–Eh bien, il y avait une lettre sur ma porte, mais c'est en Japonais, et comme tu es le seul à connaître cette langue et que je savais que tu étais ici…
A cette nouvelle, Heero sursauta à nouveau, il avait tendance au sursaut lorsqu'il était à moitié endormi...
–Comment ça tu… savais ?
–Je suis pas complètement stupide, merci.
–Mais… est-ce que tu l'as dis à Duo ?
–Je répète, je ne suis pas totalement stupide.
Peter tendis la main vers Ilham et ce dernier s'approcha tranquillement pour lui remettre le précieux bout de papier.
–Par contre… Vous pourriez vous camoufler un peu ? Je suis pas vraiment prude, mais y a des spectacles dont je me passerais bien.
Plus gêné que Peter, Heero remonta rapidement la couverture sur leurs corps nus, s'excusant d'un regard auprès d'Ilham qui, lui, ne lui prêtait guère attention, préfèrent savoir ce que pouvait bien lire Peter.
Ce dernier inspecta la lettre à la lampe de poche, déchiffrant peu à peu les signes qui, pour Heero, étaient aussi clairs que des hiéroglyphes.
-En tout cas, celui qui a écrit ça n'est pas japonais, mais chinois.
-Wufei…
-Bien qu'il y ait de nombreux chinois sur terre, je pense effectivement que c'est lui.
-Tu lis le chinois ?
Demanda Heero qui, maintenant, s'attendait à tout de la part de Peter.
-Oui. Cette lettre, c'est une sorte de conte en fait…
Il y avait une fois, un jeune prince aux nombreux talents et aux grandes qualités. Se trouvant dans une grande fête au bazar royal, son regard s'arrêta sur une jeune fille de grande beauté. Alors que la musique et les danses entouraient les jeunes gens, ils s'éprirent éperdument l'un de l'autre, leur amour leur semblant alors éternel. Dès le lendemain de cette rencontre, le jeune prince demanda à son père l'autorisation d'épouser la jeune fille. Si le roi accepta, il repoussa cependant la date, condamnant le prince et son aimée à ne plus se parler et ne plus se voir pensant cinq longues années.
Lorsque le mariage fut enfin annoncé et que de fiancée la jeune femme devint reine, ses qualités, sa beauté et son élégance furent rapidement apprécié de tout, et elle devint aux yeux des autres hommes la femme que tous ne pouvait que désirer.
Un jour, elle donna naissance à une fillette, la quatorzième enfant du prince. Mais les messagers n'envoyèrent au père que des nouvelles concernant son enfant, souhait à tout prix évité de parler de l'état de la reine. Dès que le roi prit connaissance de l'état de son épouse, quitta immédiatement le champ de bataille et retourna aux côtés de sa femme pour ne plus la quitter, jusqu'à ce qu'elle glisse doucement dans un sommeil éternel.
Avant de donner son dernier soupir, la jeune femme avait fait faire à son époux deux promesses, qu'il tiendrait toujours.
La première était, qu'il n'ait d'enfant avec aucune autre femme pour le reste de sa vie.
La seconde, qu'il fasse construire en sa mémoire un monument.
Un monument, qui défierait le temps, et qui montrerait que leur amour, était éternel.
Lorsque Peter eu achevé sa lecture, il regarda un instant les deux autres.
Le silence était total dans le petit cabanon, et les trois hommes réfléchissaient en quoi cette histoire pouvait bien leur être utile.
Il ne faisait aucun doute qu'elle était l'indice qu'ils attendaient depuis un moment.
En soupirant, Peter finit par se jeter à l'eau.
-L'un d'entre vous connait cette histoire ?
Heero fit un signe négatif de la tête.
Il n'avait jamais été un grand passionné de ce genre d'histoire romantique, et il ne voyait pas vraiment de quel roman ça pouvait bien venir.
Ilham mit bien plus de temps à répondre, et pour cause, il lui semblait avoir déjà entendu parler de cette légende.
-Je crois… que j'ai déjà entendu une histoire qui ressemble à celle-ci…
Les deux garçons le regardèrent, attendant avec une légère impatience qu'il réussisse à remettre la main dessus.
-Je crois, je dis bien je crois, que je sais où nous devons aller.
-Et ce serait où ?
-Au Taj Mahal.
Taj Mahal (Inde)
Début de matinée
-Je me demande quand même pourquoi on a pas fait un peu plus de recherche, si Ilham s'est trompé, on est dans le merde.
Axel ruminait derrière les autres, tenant toujours la main de Roye.
Il avait chaud, mal à la tête, et il était fatigué.
Partir à la chasse aux indices n'était pas vraiment dans ses priorités du moment.
De l'autre côté de Roye, Ilham répliqua :
-Je te signal que je connais parfaitement cette légende, et je t'assure que l'indice suivant est obligatoirement ici !
Pour mettre fin à la dispute qui allait commencer, Peter avança un argument de poids :
-Et souvenez vous que nous avons dû attendre plusieurs jours avant de pouvoir continuer le jeu.
-A ton avis, c'est pour quelle raison ?
Demanda Heero, qui ne pensait guère qu'aux dernières nouvelles, pour les autres, lui et Peter devaient être en froid suite aux nombreux refus de Peter concernant une potentielle relation entre eux.
Leur rapprochement n'avait pas vraiment échappé à Duo, qui préférait rester en arrière et faire comme si ils n'existaient pas.
-Peut-être qu'il a prit du retard sur son programme… Il semble tout organiser avec minutie, mais il y a dû y avoir une erreur, quelque chose qu'il n'avait pas prévu.
-Qu'est-ce que ça pourrait-être ?
-Ça, je n'en ai aucune idée.
Lieu inconnu
Heure inconnue
Quatre fulminait.
Il avait pourtant tout planifié, tout préparé, sauf qu'il n'avait pas prit en compte un unique facteur.
Un facteur important à ses yeux, mais, qui n'était pas censé le trahir comme ça !
Trowa Barton.
Cet enfoiré avait tout fait pour les retarder dans le reste de leur voyage, et ils avaient même failli se faire rattraper par les tocards.
Heureusement que c'était à Wufei que revenait la tâche de permettre de continuer à jouer, sans quoi, le petit jeu se serait terminé bien trop rapidement.
Mais Quatre avait d'autres problèmes pour le moment.
Surtout un en fait.
Et c'était ce facteur justement.
Trowa se souvenait.
Il se rappelait de tout ce qui s'était passé entre eux.
De la chasse.
De la chute.
Et ça, Quatre ne l'avait pas prévu.
En oubliant tout, Trowa était devenu quelqu'un de fiable.
Quelqu'un qui resterait à ses côtés jusqu'à la fin de ses jours.
Quelqu'un qui ne l'abandonnerait pas.
Mais maintenant qu'il se souvenait, il allait partir.
C'était obligatoire, inévitable.
Et il n'était pas question que Quatre laisse Trowa le quitter.
Non, il ne laisserait jamais faire une chose pareille.
Quitte à faire ce à quoi il avait échoué quelques années plus tôt.
Le faire tomber, une bonne fois pour toute.
Le faire tomber, pour l'empêcher d'arrêter de l'aimer.
A suivre…
