Ah la la la, j'ai eu tellement de commentaire encourageants que je me suis décidée à poster la suite. J'espère qu'elle vous plaira autant que le chapitre précédent et n'hésitez pas à me critiquer si vous trouvez que l'histoire patauge ou je ne sais quoi. Toute critique constructive est positive lol.
Bonne lecture à tous.
Plusieurs heures passèrent avant que je ne parvienne enfin à m'arrêter de pleurer. Ma tête était terriblement lourde et j'avais l'impression d'être passée sous un rouleau compresseur. Je me relevais, mes yeux gonflés par les larmes semblaient y voir encore moins que d'habitude.
Je marchai lentement jusqu'à mon bureau sur lequel était éparpillé l'ensemble de mes documents avant de réaliser qu'il me fallait transférer les clichés de la grotte Quileutes sur l'ordinateur. L'entement je m'assis sur le fauteuil, une relique d'au moins 300 ans et allumai le Mac. Mon regard était perdu au loin, je me sentais perdue et terriblement seule. Je m'étais souvent dit qu'il ne m'aimait pas et j'avais même envisagé la possibilité d'un pari mais lorsque la vérité vient vous frapper en plein visage, c'est tout autre chose.
Je regardai l'heure, il était déjà deux heures du matin ce qui signifiait que j'avais passé un long moment allongée sur le sol en pierre de la bibliothèque. Les mots de Demetri raisonnaient dans mon esprit comme un écho lointain. Et à chaque fois que je repensais à son regard froid et indifférent face à la souffrance qu'il m'infligeait, mon estomac se nouait brusquement et la douleur était bien là, perçant comme un poignard finement aiguisé. Je ne pleurais plus mais, je crois que c'était simplement dû au fait que je n'avais plus de larmes en réserve.
D'un geste mécanique, je branchai mon appareil photo à l'ordinateur, transférant un à un chacun des documents sur le disque dur de l'ordinateur. Ma main naviguait le long des touches, sans vraiment savoir ce qu'elle faisait. J'étais fatiguée et brisée. Oui, je me sentais brisée et prise au piège. Demetri avait apporté une lueur d'espoir à mon quotidien mais aujourd'hui, je me trouvais dans l'obscurité la plus complète.
« Non mais tu sais quelle heure il est !? » Je sursautai en entendant la voix de Felix. Il vient sans doute de rentrer de sa ronde avec Demetri.
Je ne souhaitai pas lui faire face. Trop consciente des traces qu'avait laissé mes larmes sur mon visage. Je me contentai de hausser les épaules, imaginant naïvement que cela suffirait à le faire décamper.
« Tu as tout le temps pour travailler là-dessus et… » Ile me faisait à présent face. Il avait bougé si rapidement si silencieusement que je n'avais pas eu le temps de baisser le regard, de cacher mon visage.
« Felix, j'aimerai terminer ce que je suis en train de faire… Seule. » Ma voix était tremblante. Je ne savais pas ce qui allait se passer, après tout il avait piégé une amie et il m'avait, avec la complicité de Demetri, rejoué un épisode des Liaisons Dangereuses.
« Hey mon snack, est-ce que ça va ? » Le ton de sa voix était doux, et on aurait pu croire qu'il s'inquiétait réellement de mes états d'âme. Dommage Felix, je sais que sous ton charme, vit le pire des monstres.
« Bien sûre que ça va… Felix, je ne suis pas d'humeur pour tes plaisanteries. » Et je n'ai surtout pas envie de te parler ni que tu puisses rapporter à ton ami combien je suis misérable et à quel point votre machination a fonctionné.
« Pour Carla… C'était un accident. » Je laissai échapper un ricanement sarcastique.
« Felix, tu m'as déjà fait le coup de l'accident. Tu t'es joué d'elle et une fois qu'elle est tombée dans ton piège, tu es retourné dans les bras d'une autre. » Tu es pire que bien des humaines, crois moi.
« Heidi est, je l'aime et carla était attirante, comme Gianna mais… Ce n'est pas Heidi. Tu sais je culpabilise. » Felix mit la tête dans ses mains. Une partie de moi ressentait de la pitié mais l'autre était en colère.
« Grand bien te fasse Felix. Mais au fait ? Qu'as-tu gagné ? » Il me regarda l'air interloqué.
« Gagné ? » Ne joue pas au plus fin avec moi !
« Avec ton petit pari. Elle, ça lui a coûté sa vie, tu l'as trahi mais toi, qu'as-tu gagné ? Comment as-tu célébré ça avec Demetri ? » En évoquant celui pour qui j'avais eu des sentiments, mon corps se mit à trembler de manière incontrôlable.
« Tu veux mon avis, ce n'est pas de moi dont tu parles, ni même de Carla qui s'en remettra. Elle voulait être changé, bien avant de me voir et elle ne m'aime pas, c'est toi qui mélanges tout. » Il avait regagné confiance et se tenait désormais debout devant moi.
« Je t'en prie Felix, laisse-moi tranquille. Je suis las de tout ce cirque. » Ma voix tremblait et il n'insista pas.
La semaine passa lentement et j'avais l'impression d'être un malade en convalescence. Comme à mon habitude, je me plongeai corps et âme dans mon travail ne quittant ma précieuse bibliothèque que pour me ravitailler en sodas allégés et autres en-cas. Je veillais à regagner ma chambre que lorsque les gardes étaient en patrouille et je sortais hors du château uniquement aux heures de grand ensoleillement. Bien évidemment, j'avais croisé les gardes à de nombreuses reprises. Felix me gratifiait à chaque fois d'un sourire compatissant contrairement à Demetri qui ne me faisait même pas la grâce d'un regard.
J'essayais au mieux de ma passionner pour la traduction des caractères Quileutes mais chaque fois que j'avais le malheur de lever le nez de mes livres, l'image de Demetri apparaissait de nouveau dans mon esprit et la douleur me revenait comme un boomerang. Comment ai-je pu m'attacher à lui en si peu de temps ? Je ne comprenais pas non plus comment l'on pouvait jouer ainsi avec les sentiments des autres mais, ce n'est pas une nouveauté que les vampires sont loin d'être des enfants de cœur.
Un jour, alors que j'essayais de faire concorder les signes astraux avec ces maudits caractères, mon « moi », vint me reparler :
« Alice, Carlisle et Edward sont à Volterra, il y a un problème avec Seth. » Génial, il ne manquait plus que ça.
C'est à ce moment que Jane débarqua à toute allure dans ma bibliothèque.
« Aro veut te voir… » Je soupirai bruyamment.
« Oui, je sais, les Cullen sont là. » Elle me contempla un moment, dubitative. On fait moins la maligne là ! Ouais bon, elle peut toujours me tuer d'un coup d'un seul donc évitons toute vantardise inutile.
Je me rendis donc dans la salle du trône, accompagnée de Jane. Aro, Caïus et Marcus se tenaient assis sur leur trône respectif. Tous les hauts gradés de la garde étaient là et je pris bien soin de ne pas regarder Demetri. Les Cullen se tenaient au centre de la pièce et dés qu'elle me vit, Alice me sauta au cou.
« J'ai eu une vision. » Jusque là rien d'anormal mais mon petit doigt me dit que j'étais dedans. Edward prit la parole en entendant mes pensées.
« Elle t'a vu mourir, Seth va te tuer. » Voyons le bon côté des choses, ça m'éviter de me suicider. Edward fronça les sourcils mais n'ajouta rien.
« Il paraît qu'on doit tous y passer un jour. » Fis-je avec un sourire nerveux.
« Mais qui est Seth ! » S'exclama Aro. Il se leva brusquement et en une fraction de seconde, tenait ma main dans la sienne. Son expression se figea.
« Voilà qui va compliquer notre affaire. J'imagine que tu as pu le dissimuler cette information précieuse grâce à ton pouvoir. » La mention du mot magique, pouvoir, provoqua un murmure chez les gardes.
« Aro, qui diable et Seth ?! » S'énerva Caïus. Bravo blondinet, toujours un self-control légendaire.
« Seth est un loup-garou qui s'est imprégné de notre Sara et j'imagine qu'à défaut de l'avoir pour lui, il veut te tuer. » Je crus entendre un grognement émaner de l'endroit où se tenait Demetri et Felix mais j'avais d'autres problèmes.
« Quoi ! Ces satanées bestioles sont infernales. » S'indigna une nouvelle fois Caïus. Pour une fois, je suis obligée de lui donner raison.
« Pourquoi me l'avoir caché ? » Me demanda gentiment Aro
« Parce que c'est humiliant et que les Cullen m'ont certifiés qu'ils s'occuperaient du problème. »
« Non ! Nous t'avons dit que nous essayerons de le retenir mais je t'ai mis en garde, il ne renoncera pas et d'après le chef Billy, il a quitté la réserve depuis quatre jours. Avant-hier, Alice t'a vu morte, mais n'a pas vu ton agresseur. »
« Oui, enfin dans la mesure où je vis avec des vampires, ce n'est peut-être pas lui qui a commis ce meurtre. »
« Les vampires ne déchiquètent pas » M'informa Alice. Etait-ce nécessaire de me préciser ce détails ?
« Et, aucun garde ne se risquerait à te toucher.» Statua Aro.
« Ah oui ? De toutes façons, je ne vois pas ce que l'on peut faire, si je dois mourir… »
« Parce que tu crois que je vais laisser un de ces chiens rentrer dans ma ville ?! » Vociféra Caïus. Il faut vraiment qu'il se calme, il stress tout le monde à crier comme ça.
« On ne peut les sentir que lorsqu'ils prennent leur forme animale, Caïus. » Coupa Carlisle.
« Alors, je t'interdis de quitter le château. » Dit Aro en regagnant son trône.
« Je ne suis pas d'accord ! »
« Pardon ? » Demanda Aro.
« Je-J'en ai assez de vivre ici et franchement, entre me faire trucider par un gros chien ou vivre le restant de ma misérable vie à travailler dans cette enfer terrestre, je préfère la mort ! » Je pleurais, les larmes que je retenais depuis une semaine ruisselaient sur mon visage.
« Ta vie ? Mais tu n'es qu'au début de ton éternité. » Dit Aro avec un sourire qui se voulait rassurant. Instinctivement je me rapprochai de Carlisle.
« Je n'en veux pas, je ne veux pas vivre misérablement pour l'éternité ! Je suis… Las de tout ce… » J'avais beaucoup de mal à respirer et de grosses gouttes de sueurs perlaient sur mon front.
« Mais tu n'as pas le choix. » Murmura Aro. Mes sanglots redoublèrent et je ne respirais plus du tout. Je connaissais bien cette sensation, j'étais en pleine crise de panique.
« Bon, ça suffit. » Dit fermement Carlisle qui me tenait par la taille alors que j'essayais vainement de reprendre mon souffle.
« Aro, tu sais comme moi que même en tant que vampire, il peut très bien la tuer si il le veut. De plus, tu ne la forceras pas à travailler pour toi en agissant de la sorte. Et vu dans quel état elle se trouve, c'est vous qui allez la tuer avant que Seth ne s'en charge. » Reprit Carlisle tandis que je me dégageai fébrilement de son étreinte.
« J'ai-j'ai besoin d'air… » Articulais-je péniblement.
« Bien, un garde va t'accompagner mais pour ta sécurité, je ne te veux pas en dehors du château. » Dit Aro qui fit signe à Heidi et Felix de m'accompagner. J'agrippai la manche d'Alice n'ayant absolument pas envie de me retrouver seule avec les deux Volturi.
Alice m'aidait à marcher en me soutenant par la taille. Ce devait être un spectacle assez comique compte tenu de sa taille et de la mienne. Heidi et Felix marchaient silencieusement devant nous mais les regards complices qu'ils s'échangeaient de m'échappèrent pas. Je ne pouvais pas blâmer Felix de l'aimer et de le voir ainsi, je ressentis encore plus la nécessité d'avoir quelqu'un à mes côtés dans un moment pareil. Je frissonnai en pensant de nouveau à Demetri et Alice me sourit avec compréhension.
« Tu aurais pu nous dire que quelqu'un avait flashé sur toi, snackounet. Je serai fait un plaisir de lui régler son compte. » Plaisanta Felix, visiblement soucieux d'alléger l'atmosphère. Heidi lui donna un petit coup dans le bras.
Une fois dans le patio, je m'assis sur un banc en plein soleil. Heidi et Felix restèrent à distance alors qu'Alice s'approcha de moi et prit place à mes côtés.
« Est-ce que tout va bien ? » Mis à part le fait qu'un loup-garou psychopathe veut me tuer ?
« Non, ma vie est un enfer. »
« Je suis désolée pour toi. »
« Moi aussi, je suis désolée d'être si naïve… L'amour fait mal. »
« Pas toujours. » Me dit Alice en me souriant.
Je ne sais pas combien de temps nous restâmes dehors mais le soleil avait disparu depuis quelques temps déjà.
« Bon, mon snack favori, je ne veux pas paraître méchant, mais il est temps de regagner tes appartements. » Me dit Felix qui se tenait devant moi.
« Je dois retrouver ma famille. Essaies de te reposer. » Alice me serra dans ses bras avant de partir à toute bille.
« Je ne sais pas quel est ton pouvoir, mais tu dois être importante pour qu'Aro te protège ainsi. » Lâcha Heidi une fois qu'Alice était hors de vue.
« Malheureusement. » Soupirai-je.
Je marchai seule jusqu'à ma chambre. Dans la mesure où le château était inviolable, j'avais droit d'évoluer à l'intérieur comme bon me semblait.
« Ne pense plus jamais ça ! » Je connaissais bien cette voix. Je me tournai pour faire face à Demetri. Il était adossé contre le mûr situé en face de ma chambre.
« Quoi encore Demetri ? » J'essayais au mieux de cacher mon émotion.
« Ce que tu dis, que tu préfèrerai être morte ? »
« A priori, cela ne devrait pas tarder. »
« Si tu crois que je vais laisser ce chien galeux t'approcher, tu te trompes lourdement ! » S'exclama Demetri avant de se volatiliser.
