14- La décision
Je ne pouvais m'empêcher de penser à ma mère. Qu'allait-elle me dire ? J'imaginais déjà la conversation et les vives remontrances. D'un autre côté, je savais aussi qu'il me faudrait en passer par là. J'aurais juste préféré que cela se fasse à un autre moment, un peu plus tard. Mais la vie en avait décidé autrement, et je serai obligée d'en découdre avec elle bien plus tôt que prévu. J'angoissais quand même, alors je rassemblais mes idées, tentais de trouver ce qui pourrait la calmer, et comment lui expliquer ma relation naissance avec Klaus. Je décidais d'être franche et honnête. Après tout, il lui était arrivé de tomber amoureuse et j'en étais la preuve. Je pensais qu'avec du temps, elle arriverait peut-être à se faire à l'idée. Si ce n'est d'accepter ma relation, au moins de me laisser gérer ma vie. Mais ma mère en serait-elle capable ? Telle était ma question.
Klaus, emprunta un petit chemin de terre et nous arrivâmes devant une petite baraque dans les bois, non loin de la propriété des Mickaelson. Elle était enfouie sous la verdure, et il ne faisait nul doute qu'il fallait la connaître pour pouvoir la trouver. C'était juste magnifique. Il se gara et vint m'ouvrir la portière. Nous arrivâmes sur le pas de la porte, il m'invita à entrer comme c'est d'usage chez les vampires.
PDV de Klaus
« Nous y sommes ! Ca va ? ». Je la regardais. Nous ne nous étions rien dit de tout le trajet.
« Pourquoi est-ce que les choses se compliquent toujours ? »
« Je ne sais pas Caroline, c'est ainsi que va la vie, ma vie. »
« Dès qu'ils sauront, ils t'atteindront à travers moi. »
« Caroline, tu perdras tous tes amis, aucun n'acceptera notre relation. »
« Je suis un danger pour toi, Klaus. »
« Je ne veux pas que tu perdes tout à cause de moi. »
« M'entends-tu quand je te parle ? Quand ils apprendront pour nous, alors ils se serviront de moi pour t'atteindre. Je serai ta faiblesse. »
« Tu l'es déjà Caroline. »
« Je ne veux pas être un poids. » Il resta un moment songeur et reprit.
« Ca fait mille ans que je dois mourir tu sais, je ne m'en sors pas si mal ! Regarde, même pas une ride ! » Je souriais du moins, je tentais.
« Klaus, je ne veux vraiment pas être un poids pour toi. »
« Arrête, tu es ma délivrance. Interroge-toi plutôt sur ce que tu perdras en restant avec moi. Ecoute-moi attentivement, je comprendrais que tu partes. C'est ce que je ferais à ta place. » Cette fois-ci, la minute de silence fut pour elle. Et elle reprit :
« Alors encore une chance que je ne sois pas Klaus Mickaelson, parce que ce serait un brave bordel Monsieur l'Hybride, vieux de mille ans. Permets-moi de te le dire. Et écoute-moi bien tant que nous y sommes. On ne lâche rien et on avance ensemble. Ok ? »
« Es-tu sûre de toi ? Caroline pense-y parce que plus le temps… enfin ce serait dur pour moi de te perdre. » Dur ! avais-je prononcé… Non pas dur, terrible !
« Certaine ! Ce sera long, j'en ai conscience. On leur laissera le temps de se faire à l'idée. Ceux qui suivront, tant mieux, pour les autres, tant pis. De toute façon, as-tu mieux à faire, dans les prochains siècles ? » Je rigolais.
« Non, et toi ? »
« Je crois qu'il nous faudra simplement être plus prudents en public, tout du moins pour l'instant. »
« Oui, Caroline. »
A présent que les choses étaient claires, notre histoire pouvait vraiment commencer. Nous serions avisés, clairvoyants et ensemble, elle l'avait décidé…
Alors, je lui faisais visiter la maison. Elle était petite, deux chambres seulement mais avait le mérite d'être discrète et très fonctionnelle. Elle me félicita sur la décoration que j'avais voulu simple pour coller au cadre. Nous arrivâmes dans la salle de bains, mais je crois que les événements avaient eu raison de notre danse. Nous nous installâmes au salon, un verre de whisky à la main.
PDV de Caroline
Je me posais mille questions sur lui. Je commençais par celle qui me brûlait les lèvres.
« Tu connais parfaitement le corps féminin, comment, quand, où et pourquoi ? » J'imaginais qu'il allait me raconter ses trois millions d'aventures. Satisfait de lui-même, bref un homme de mille ans.
« Je voudrais dans un premier temps, que tu t'interroges sur les réponses que tu pourrais entendre. Je ne suis pas un enfant de chœur, je te l'ai déjà dit, j'ai fait des erreurs, pas uniquement, mais j'entends que nous soyons clairs et honnêtes. Es-tu seulement prête à écouter ce que j'ai à répondre ? »
« Nous allons le savoir rapidement. » Je le regardais en attente.
« J'ai découvert, il y a bien longtemps, plusieurs siècles, que les femmes cachaient un bouton d'or qui les rendaient folles d'envie. Il faut que tu comprennes qu'en ce temps-là, je parle de l'époque des Vikings, les conditions de vie étaient très précaires, nous n'avions pas de lit par exemple, et le sexe était tabou. Nous n'en parlions pas comme nous le faisons aujourd'hui. Les connaissances se limitaient à l'accouplement en fait, il n'y avait pas de notion de plaisir. Les temps étaient durs, les hivers glacials, les étés brûlants, et l'homme n'avait d'autre idée en tête que de survivre, lui et sa famille. Manger était donc l'essentielle préoccupation. Cela paraît fou, mais c'était exactement ça ! Une lutte pour vivre un jour de plus. »
« Oui en effet. » Je préférais l'écouter. Il était passionnant.
« Je te disais donc que j'avais découvert l'existence de cet étrange mais non moins fascinant organe. Au fil des années et des expériences, j'ai compris que l'un des plaisirs féminins était là. Et quel plaisir ! Alors je me suis intéressé à la question. Pas la peine de chercher dans des livres, il n'y en avait pas. Ou encore d'en parler puisque le sujet était interdit. Une seule solution possible… La pratique. Alors j'ai hypnotisé des femmes pour qu'elles m'expliquent ce qu'elle ressentait à chaque caresse jusqu'à ce que j'en ai une parfaite maîtrise. Il m'a fallu des années pour le maîtriser. »
« C'est donc ça. »
« Il faut dire qu'il en existe de toutes sortes. Tu as les grincheux qui, un peu râleurs, s'opposent à toi, le boudeur, qui te laissent croire qu'ils ne sont pas disposés, les timides qui n'osent se dévoiler, les goulus qui partent au quart de tour, les généreux qui t'accueillent chaleureusement... »
« C'est une question que je ne me suis jamais posée. C'est amusant. »
« Comment ça ? »
« C'est vrai, qu'étant une femme, j'ai maladroitement pensé que nous fonctionnions toutes sur le même mode d'emploi. Mais il est autant de bouton d'or que de poitrines différentes à ce que je comprends.»
« C'est exactement ça. »
« Merci d'être franc. » Je n'osais lui demander dans quelle catégorie je me trouvais. Je me levais. Il m'attrapa par la taille et me fit tomber dans ses bras, assise sur ses genoux.
« N'as-tu rien oublié ? » Et en plus de connaître chaque parcelle de mon corps, il était dans ma tête. Quel diable !
« Je ne pense pas. » Il m'embrassa, dans le cou.
« tssssss ! A d'autres ! Demande-moi. » Note à moi-même : ne plus l'interroger sur les femmes, il les connaît mieux qu'elles ne se connaissent elles-mêmes.
« Et dans quelle catégorie suis-je ? » La question était lancée.
« Comment ça ? » Il souriait, victorieux. Il s'en amusait.
« Grrrrrrrrr ! Tu as parfaitement compris mais puisque tu insistes, je me demandais dans quelle catégorie tu classais le mien. »
« Je suis encore un peu hésitant. Je manque de pratique sur cette question précisément. Mais je ne manquerai pas de te répondre très bientôt. » Non mais je rêvais, il se foutait de moi en plus !
« Grrrrrrrrr! » Je cherchais à m'extirper du fauteuil mais il me retenait.
« Pas si vite ! » Il me plaqua contre lui. Et reprit : « J'ai eu beaucoup de femmes, Caroline, mais je suis certain que ce n'est pas une surprise pour toi. J'ai plus cherché à les comprendre qu'à les aimer. J'ai eu une longue période de grande curiosité. Mais si ta réelle question est, qui suis-je pour toi ? Alors ma réponse est : celle avec qui j'ai envie d'être pour l'éternité. »
« Je ne comprends pas, pourquoi ? »
« Je ne te demande pas de le comprendre mais de l'accepter Caroline. C'est comme ça. »
« Je n'ai rien à t'apporter, Klaus. Tu sais déjà tout sur tout. »
« Détrompe-toi. J'ai bien conscience que si tu avais vécu aussi longtemps que moi, tu en saurais autant voir davantage. En ce sens ce n'est pas un exploit. »
« Mais je ne sais rien ! »
« Je t'apprendrai tout ce que je sais, si tu veux. » Et il m'embrassa passionnément.
PDV de Klaus
Nous discutâmes encore un moment et elle me dit qu'elle filait à la douche et s'absenta. Je savais que nous aurions ce genre de conversations et d'autres encore. Mais je ne pouvais me résoudre à lui mentir. J'assumais celui que j'étais. Certaines conversations seraient plus houleuses que d'autres. Nous verrions bien. Il lui faudrait beaucoup de compréhension et je ne doutais pas qu'elle en ait.
Puis je me mettais à l'aise. Je me déchaussais, retirais ma chemise. Il faisait bon, c'était de circonstance. Je pensais à elle, encore et toujours, j'allais dans la salle de bains. Elle me tournait le dos et ne m'avait pas entendu arriver. Je lui embrassais l'épaule, lui effleurais la hanche et m'apprêtais à repartir. Je voulais simplement qu'elle sache que j'étais là. Elle m'attrapa la main, se retourna, me dévisagea et me sourit.
« Tu ne prends pas ta douche ? » me lança-t-elle.
« Je ne voulais pas te déranger. J'attendais que tu aies terminé. »
« Il serait bien dommage que toutes ces années, que dis-je, ces siècles passés à explorer le corps féminin ne t'ait servi à rien. Autant que j'en profite. Passons à la séance, travaux pratiques ! » Elle s'approcha de moi et défit mon pantalon. Je le laissais tomber à mes pieds. Mon boxer le suivit. Elle assumait celui que j'étais, alors, je la rejoignis. L'heure du paso-doble venait de sonner !
