Coucouu !
Voilà la suite.
Je suis vraiment heureuse d'être suivie de plus en plus pour cette fiction. c'est un plaisir de découvrir de nouvelles lectrices - lecteurs! Merci encore pour tout vos messages! Cela me donne encore plus d'idées et d'envie de poursuivre avec Chérik 3
Merci encore à ma formidable Bêta !
Bonne lectuure!
Le téléphone sonna vers quatre heures du matin. Erik attendait dans le cercle jaune, que dessinait la lampe de son bureau. Il décrocha à la deuxième sonnerie.
- Pas pressé, on dirait.
L'estomac d'Erik se contracta, jusqu'à se replier sur lui-même, son âme sembla être aspirée par le combiné.
Cet homme… Il l'avait tué ! Oui ! Il l'avait achevé des années de ça, au fond d'une obscure forêt au cœur de l'Oural ! Il ne pouvait donc pas l'entendre parler !
- Ah… Surprit ? Je me disais bien que mon petit protégé, avait besoin d'une piqure de rappel. Notre dernière entrevue m'a laissé, pour le moins, cruellement démuni. Heureusement, dans ta folie, tu n'as pas pris la peine de t'assurer de ma mort.
Erik ne doutait plus. Ce n'était pas un revenant, c'était bien lui !
- Shaw ! rugit Erik la gorge sèche.
- Lui-même mon petit…
- C'est toi qui…
- Tu-Tu-Tu… C'est moi qui parle. TOI. Tu. Te. Tais. Un mot et… Tu connais ma passion pour les instruments chirurgicaux ?
Erik serra les dents. C'est donc ce monstre, qui resurgissait des tréfonds de son enfer, qui avait dérobé Charles ! Il étouffait de rage, tout en se consumant de peur. Un peur, laide, livide et sinistre.
- Donc, en représailles à ce que tu m'as infligé, ainsi qu'aux miens, je t'ai pris ce que tu possédais de plus cher. Je l'ai Erik. J'ai ton précieux Charles… Je l'ai torturé sans raison, brisé en petits morceaux.
Un sanglot traversa la gorge d'Erik. Des larmes, sans bruit, traçaient des sillons sur ses joues râpeuses, stigmate de deux jours sans sommeil.
Il savait que Shaw ne plaisait pas. Il ne plaisait jamais.
- Charles, as-tu un dernier mot pour Erik ?
Le cœur d'Erik cessa toute activité. L'oreille suspendue au combiné, aussi bien que sa vie. Il entendit un pas, des frottements, suivit d'un bruit sourd.
- Erik… Erik… Pardonne-moi… Je ne suis pas assez fort…
- CHARLES ! fut le cri qu'Erik ne put retenir.
Le téléphone changea d'interlocuteur.
- On avait dit pas un mot ? Tu n'as pas respecté sa part du marché.
- Que Dieu te maudisse ! cracha Erik éperdu de rage et de terreur.
- Je dirais à Charles de lui transmettre le message.
- Non ! Je ferais ce que tu veux ! Ne lui fais plus de mal ! Non ! Arrête ! Tu… as gagné.
- Oh ! Erik ! Tu te rends ? Erik s'avoue vaincu avec un simple petit otage, un simple petit garçon. Tu entends ça Charles ? Il se rend en échange de ta vie.
Erik pressa son oreille sur le plastique du téléphone, il put entendre Charles répliquer avec témérité : « Il va t'tellement t'exploser quand je serais mort ! ». Charles laissa un petit rire aigre filer, avant d'être coupé par un coup de poing.
- Alors Erik, on veut son toy-boy ? Si tu arrives à nous retrouver avant l'aube, il est à toi !
- Les DOCKS ! cria Charles à pleins poumons. VA POURIR EN ENFER ENFOIRE DE NAZI !
La conversation s'arrêta là. Erik n'avait pas le temps d'avertir Emma, ou Azazel. Il devait agir et maintenant. Il leva les yeux. Dans le siège d'en face Logan fumait.
- On y va.
Charles avait, avant d'ouvrir les yeux, sentit la douleur, puis l'immobilisation forcée de son corps. Ses mains, attachées dans son dos, l'empêchaient d'utiliser son don. Il était seul, livré à lui-même, impuissant. Son esprit lui permettait de capter des cerveaux autour de lui, mais pas de les atteindre, comme s'il les voyait à travers une vitrine. Il les sentait, il les voyait mais il ne peut pouvait les toucher.
Il analysa sa position : assit sur une chaise en bois. Il souffrait et pas uniquement de l'assaut… la nuit passée se rappelait à son bon souvenir. Ses bras étaient attachés sur les barreaux de la chaise, à trois points différents. Sa tête était penchée sur sa poitrine, il respirait doucement.
- Il dort encore ? demanda un homme.
Charles ouvrit les yeux d'un coup, par défi. Ses paupières papillonnèrent devant la lumière crue.
- Il est de retour parmi nous, dit un homme en tirant une mèche de cheveux de Charles.
Il sentait l'alcool malté et la poussière. Charles fondit son regard dans le sien. L'homme lui évoquait un animal, une sorte d'hyène. Un sourire hérissé de dent pointues, un nez tombant, carré et un visage marqué d'une belle estafilade livide, qui lui coupait les lèvres et le menton.
- Alors… Charles ? C'est bien ça ? demanda un deuxième homme qui surgit dans le dos du premier.
Charles reconnu le second comme son agresseur. Il dégageait une impression de danger et de suffisance. Charles se cala sur son attitude. Il avait lu que cela pouvait, intimider ou dissuader une attaque.
- J'ai trouvé tes papiers dans sa poche, alors voyons : Charles Francis Xavier, héritier d'une fortune, fils d'un grand chercheur de…
- Qu'est-ce que vous me voulez ?
L'homme à l'estafilade gifla Charles sans ménagement. Son sourire bestial s'agrandissant de satisfaction.
- Maintenant que les choses sont mises au point. Voilà comment ça va se passer, meine kleine Charles : Je dirige les opérations et toi… Toi tu subis…
- Vous ne me faites pas peur.
- Ce n'est pas ce que je veux de toi.
Celui qui semblait être le chef, s'approcha de Charles et lui enserra les joues d'une poigne phénoménale.
- Ce que je veux de toi, c'est Erik.
Erik roulait comme un dément. Il se moquait bien de la couleur des feux ou de rouler à gauche, il passait à toute allure au milieu des boulevards et traçait sans siller les carrefours. Logan, beaucoup plus mal à l'aise, s'agrippait où il pouvait. Son corps, compressé au fond de son siège, jurant entre ses dents dès que la voiture faisait une embardée spectaculaire.
- Si on claque avant d'y arriver, on ne lui servira à rien au gamin !
- Si on rate l'heure du rendez-vous… Je préfère me tuer dans un accident.
Logan serra les dents le temps du reste du trajet, reconsidérant les aprioris qu'il avait eu sur ce couple hors norme. Un gamin télépathe, un homme d'âge mûre aux pouvoirs stupéfiants… Non, vraiment il ne s'attendait pas à ça ! Il suffisait de regarder comment Erik était tendu pour comprendre tout ce qu'il pouvait contenir. Si jamais le gamin y restait Logan ne donnait pas cher de la peau du salaud qui aurait fait ça.
La voiture s'engagea, dans un virage effrayant, sur une pente qui les menait tout droit vers les docks principaux. Erik tout en roulant tendit la main devant lui.
- Mais qu'est-ce que tu fous ?! s'écria Logan en plongeant pour tenir le volant.
- Je le cherche. Il porte au poignet une montre dont je connais parfaitement le rayonnement métallique…
- Tu peux faire ça ?!
Erik cherchait. Il sentit comme un appel vers la droite, d'un coup il vira le volant dans une rangée de contenaires étroits. Les rétroviseurs de la voiture sautèrent en l'air, les paroirs faisaient des étincelles. Logan jurait à voix haute. Erik, la main tendue, sentait la montre. Oui il pouvait goûter à son aura métallique, capter un battement fébrile. Charles n'était plus loin ! Il accéléra encore. Les étincelles s'intensifièrent. Logan fermait parfaitement les yeux en se tenant le plus loin possible du tableau de bord. Il se voyait déjà parfaitement entrer en collision avec le pare-brise. Une expérience qu'il avait déjà connu et dont il n'avait pas gardé un souvenir excellent !
Erik avait tout son être cristallisé autour de ce seul but : retrouver Charles. Le reste ou les détails du plan de secours importait peu. Il n'y avait que Charles qui comptait !
Enfin le tunnel de contenaire déboucha sur une esplanade comportant une vingtaine de grues. Erik esquiva la première en virant brutalement à droite, fonçant vers une seconde encore plus proche. Logan récita dans son esprit une prière païenne. Erik pila. Les freins émirent un crissement strident. Les corps des deux hommes furent projetés en avant, la collision était inévitable. Erik lâcha le volant. De ses mains il contrôla alors le véhicule et stoppa net sa course. La grue ne se trouvait qu'à vingt centimètres du capot. Logan ouvrit les yeux et cru se liquéfier.
- On est en VIE ! éructa-t-il ivre de soulagement.
Erik ouvrit sa portière arracha sa ceinture et sortit en lâchant froidement :
- Pour le moment.
L'odeur des docks était tout à fait singulière un subtil mélange d'eau, de métal, de sueur et de béton froid. Charles visitait pour la première fois cet endroit, enfin si on pouvait appeler ça « visiter ». Une sorte de visite guidée obligatoire. Comme celle organisée chaque année en primaire au Musée d'Histoire Naturelle. Cependant cette fois-ci, Charles était ligoté sur une vieille chaise inconfortable, tracté par un homme à l'odeur corporelle forte. Les pieds de la chaise raclaient le sol irrégulier du hangar dans lequel ses deux ravisseurs l'entraînaient. Charles essayait de se raisonner, de ne pas avoir peur, de ne pas paniquer ; Erik allait arriver, c'était certain… Enfin, s'il pouvait deviner où il était…
La chaise fut installée au centre du hangar froid et sans air.
- Bien Charles, maintenant nous allons passer aux choses sérieuses.
- Vous n'obtiendrez rien de moi ! Aucune information !
Le chef sourit, sans chaleur.
- Des informations ? Non, je ne suis pas intéressé par ça… Par contre voir ta résistance à la douleur… Gehen Sie es schreit. Er plädiert !
Charles ne comprit pas ces mots, mais l'intention se révéla rapidement lorsque l'homme à la balafre, se planta devant Charles et lui décrocha un magistral coup de poing dans les côtes. Charles poussa un cri étouffé. L'homme recommença immédiatement jusqu'à entendre un craquement indiquant qu'il avait brisé les os. Une fois qu'il avait bien martelé le torse de Charles, qui se déchirait la voix en hurlements, il se recula et observa son prisonnier. De sa poche il sortit un poing américain. Il s'empressa de le passer à ses doigts et cette fois-ci ce n'était plus les côtes qu'il visait, mais bien le visage. Les yeux de Charles s'agrandirent en voyant les phalanges de métal s'approcher à vive allure de sa pommette droite. Elle se brisa nette. Tout le corps de Charles fut projeté sur le côté et il tomba à la renverse Il rencontra le sol au même instant la chaussure en cuir renforcé de son bourreau frappa dans son estomac. Du sang coulait entre les dents de Charles et ses cris se muaient en hurlements avant de se dissiper, il était incapable de bruit des sons autres qu'une respiration affolé et sifflante.
- Alors Charles Francis Xavier, on se sent comment ? demanda le meneur en lui balançant au visage un sceau d'eau salé.
Les coupures, de son visage, le dévoraient sous l'effet du sel.
- On souffre ?
Charles leva, depuis le sol, un regard lourd.
- … pas suffisamment. Alors, avant je vais me présenter rapidement : Je suis une vieille connaissance à Erik… Lui et moi c'est une histoire… Non, c'est l'Histoire !
Charles sentait l'esprit du type s'activer, il ressentait des ondes de plaisirs.
- Erik ne t'a peut-être jamais parlé de moi… Ce serait vexant, mais envisageable. Après tout il est comme mon fils. Ce qui fait de toi, une sorte de beau-fils ?
L'homme sourit, le second redressa la chaise, Charles gémit de douleur. Il souffrait dans chaque centimètre carré de sa chair.
- C'est moi et ai créé Erik. Mon Erik… Mon chef d'œuvre.
Charles se rappela le rêve qu'il avait partagé avec Erik. Son cauchemar effrayant, le visage du nazi qui l'avait torturé, lui revenait en mémoire.
C'EST LUI !
- Le nazi, souffla Charles de ses lèvres fendues.
- Ah, alors il a parlé de moi…C'est flatteur. Qu'a-t-il dit, exactement.
- Rien, pas un mot.
L'homme s'approcha et lui agrippa les cheveux.
- Tu mens.
- Non.
- Tu as forcément vu son tatouage.
La suite abominable de chiffres, flottait entre les deux hommes. Charles le visage tuméfié ne lâchait pas du regard l'enfoiré qui lui serrait si fort des mèches de cheveux qu'il arrachait presque son cuir chevelu.
- C'est moi qui l'ai rendu plus fort, plus puissant. Mon travail de longue haleine… Plus de deux ans de labeur pour y arriver ! Il était parfait tu aurais dû le connaître à cet âge-là ! Si jeune et si fort. Quel dommage qu'il fut né Juif, il aurait été un parfait…
- La ferme, demanda Charles au bord de la nausée.
Sans qu'il ait besoin de toucher ses tempes, des flots d'images irradiaient du cerveau de l'autre homme. Charles développait sans s'en rendre compte son don. Les sons, les odeurs, les visions, tout était atroces. Des camps, des corps en putréfaction, des fours, des salles d'expérimentations, des jumeaux cousu ensemble pour en faire des siamois, des fétus dans des bocaux, des femmes nues, mutilées dans leur intimités pour comprendre les secrets de l'enfantement, des hommes émasculés, des bébés rendu volontairement malade puis soignés à coup d'acide… Toutes ces cruautés éclataient dans le crâne de Charles, le pire c'est que de tout cela il sentait la satisfaction, la joie du monstre face à lui. Charles n'avait jamais connu le mal à l'état pur. Il le croyait avec son beau-père et son beau-frère, mais là, le niveau était bien supérieur. C'était le mal, la douleur et la monstruosité dans toute sa force et sa cruauté animale.
- Tu me demandes de la fermer ? Petit rat ! Tu sais ce qui va se passer maintenant ? On va te laisser là… Seul… Demain soir on reviendra et nous verrons si tu es toujours aussi poli.
L'homme balança une gifle tonitruante à Charles, tout en le retenant par les cheveux. Les deux hommes sortirent du hangar, la porte se referma dans un bruit métallique qui résonna de longues secondes. Charles dans un premier temps tenta de se raisonner, de ne pas se laisser abattre, mais la douleur prima sur tout autre chose. Il pleura d'épuisement, des larmes qu'il avait réussi à contenir devant ses tortionnaires, il pleura jusqu'à sombrer dans l'oubli de lui-même.
La voiture n'était qu'une épave, mais elle pouvait encore rouler, Erik l'abandonna sans ciller. Logan sortit à son tour de ce cercueil ambulant. Il avait l'estomac noué et quelques pas, dans la fraîcheur du jour à venir, lui fît le plus grand bien. Erik tendait ses bras, les paumes ouvertes devant lui. Il cherchait la montre, il cherchait Charles. Il sembla ressentir un appel mental…
- Par ici.
Logan emboîta le pas à Erik. Enfin, ils ne marchèrent pas, ils se mirent à courir en longeant, le plus discrètement possible, une colonne de bâtiment, qui encerclait les grues. Erik s'arrêta à un angle, il n'était plus possible de douter, devant eux trois hangars numérotés se dressaient. Charles était là ! Erik s'apprêtait à piquer un sprint pour entrer dans le numéro trois, Logan posa une main ferme et amical sur son épaule.
- Attends… C'est quoi le plan ?
- On rentre, on tue.
- Et s'ils tiennent ton petit ami en joue ?
- Rien ne plus facile pour moi…
- Bon, ce type te connait, il connait ton habileté avec les armes à feu non ?
- Et alors ? s'impatienta Erik.
- Alors il faut penser au fait qu'il aura prévu autre chose pour toi !
Erik dû reconnaître que Logan avait raison. Cela ne lui plaisait pas plus que ça, mais il savait reconnaître quand quelqu'un avait raison et lui tords…
- Qu'est-ce que tu proposes ?
- Une diversion.
- J'écoute.
Deux jours, sans boire, ni manger, ni possibilité d'aller se soulager. Charles n'était pas idiot, mais il avait espéré. Là ce n'était plus le cas. Il avait espéré d'abord qu'Erik arrive rapidement pour le sauver. Puis il avait espéré que les coups diminueraient, au vu de ses très nombreuses blessures. Il avait ensuite espéré qu'on le laisserait aller vider sa vessie et autre… Il puait, il saignait, il souffrait. Charles, n'était plus aussi naïf qu'autrefois. Ce mec voulait sa mort. Sa dignité ou son respect, il s'en foutrait bien. Quoi qu'il arriverait, Charles mourrait ici. Alors lorsqu'au beau milieu de la nuit il fut tiré de son sommeil par deux grandes gifles, il ne fut presque pas étonné d'être aspergé d'eau glacée comme châtiment au parfum nauséabond qu'il dégageait. Charles était presque reconnaissant. Il ne se supportait plus. Il voulait se défaire de son corps, l'abandonner sur cette chaise et s'en aller, comme on se séparerait d'un habit trop petit.
Cependant l'endroit où il se tenait n'était pas au cœur du hangar, non il était dans la cabine de control se trouvant à la sortie du bâtiment. Inhabituel. Le monstre sourit doucement et composa un numéro de téléphone sur le cadrant d'un vieil appareil reposant sur une table fatiguée. L'horloge murale qui habillait le mur vide indiquait quatre heures du matin. Le bureau était laid, petit étriqué et glacé. Charles se força à rester concentrer. Il ouvrit son esprit, bien qu'affaibli, il captait encore quelque bribe de pensées… tout était confus.
- Pas pressé, on dirait, chatonna d'une voix doucereuse le nazi.
Charles luttait de toutes ses forces pour ne pas s'évanouir. La douleur était devenue si intense, cumulée à l'eau glacée et la famine.
- Ah… Surprit ? Je me disais bien que mon petit protégé, avait besoin d'une piqûre de rappel. Notre dernière entrevue m'a laissé, pour le moins, cruellement démuni. Heureusement, dans ta folie, tu n'as pas pris la peine de t'assurer de ma mort.
Charles voyait dans le regard de cet homme danser une flamme de rage. Sa vengeance c'était Charles !
- Shaw !
Le rugissement avait éclaté depuis le haut-parleur du téléphone. Charles reconnu cet éclat de voix avec bonheur. Erik était là ! Par la voix ! Il l'entendait ! Il pouvait presque lui parler, communiquer. Son cœur se regonfla et un mince filet d'esprit vient chasser les dernières heures lugubres. Et maintenant Charles pouvait mettre un nom sur cet odieux personnage : Shaw !
- Lui-même mon petit…
Charles souriait presque, il avait mal, mais il souriait, Erik était là. Shaw s'aperçu du changement d'attitude chez Charles, il n'était pas habitué à ce que ses proies remontent la pente. Il n'aimait pas ça, il voulait que Charles reste amorphe, inerte, apathique.
- C'est toi qui…
- Tu-Tu-Tu… C'est moi qui parle. TOI. Tu. Te. Tais.
Shaw martela chaque syllabes en regardant Charles, il fit signe à l'autre homme et celui-ci présenta à Charles de quoi le faire ranger son sourire dans sa poche : un scalpel.
- Un mot et… Tu connais ma passion pour les instruments chirurgicaux ?
Charles eut la vision du désir, qui gagnait Shaw : le balafrer, entailler profondément sa chair et si possible le marquer au fer : Erik devait payer le prix fort pour sa trahison !
- Donc, en représailles à ce que tu m'as infligé, ainsi qu'aux miens, je t'ai pris ce que tu possédais de plus cher. Je l'ai Erik. J'ai ton précieux Charles… Je l'ai torturé sans raison, brisé en petits morceaux.
Tout en disant ses mots, Shaw tendit la main et son second y déposa l'instrument. Shaw s'amusa à se couper la pulpe du pouce pour tester la finesse de la lame. Pas une goutte de sang ne vînt perler la peau.
- Charles, as-tu un dernier mot pour Erik ?
Shaw s'approcha en quelques pas de Charles, tendit le combiné devant lui et ne se priva pas pour grincer entre ses dents tout bas :
- Un mot de travers et je t'égorge.
Pour faire bonne mesure il donna un coup sec dans l'estomac avec le plat de sa main. Charles encaissa, sans rien dire. Il allait pouvoir parler à Erik ! Le reste n'avait pas d'importance ! Il allait entendre sa voix, lui redonner espoir. Oui, il allait enfin pouvoir dire quelques mots. Il respira doucement et ouvrit la bouche :
- Erik… Erik…
Charles ne reconnut pas sa propre voix. Il se sentait brisé. Des sanglots montèrent malgré lui à ses yeux.
- Pardonne-moi… Je ne suis pas assez fort…
- CHARLES !
Le cri d'Erik, souffla comme une tempête dans le corps de Charles, il sourit, Shaw non, il récupéra le téléphone et siffla avec joie :
- On avait dit pas un mot ? Tu n'as pas respecté sa part du marché.
Shaw s'éloigna si bien que Charles n'entendit pas la réponse formulée par Erik.
- Je dirais à Charles de lui transmettre le message.
Shaw allait raccrocher, lorsque la voix d'Erik s'éleva à nouveau du téléphone. Shaw écouta attentivement, son sourire gagna en force.
- Oh ! Erik ! Tu te rends ? Erik s'avoue vaincu avec un simple petit otage, un simple petit garçon. Tu entends ça Charles ? Il se rend en échange de ta vie.
Le sang de Charles ne fit qu'un tour. Il releva son menton de façon bravache et lança :
- Il va tellement t'exploser quand je serais mort !
Charles laissa un petit rire aigre filer, avant d'être coupé par un coup de poing administré par l'homme de main de Shaw. Le rire fut brisé net, comme l'arrête de son nez, resté intact jusqu'alors.
- Alors Erik, on veut son toy-boy ? Si tu arrives à nous retrouver avant l'aube, il est à toi !
Le cœur de Charles battit à tout rompre, c'était sa dernière chance ! Peu importait les coups !
- Les DOCKS ! hurla-t-il comme un fou en tressautant sur sa chaise.
Shaw le foudroya du regard.
- VA POURIR EN ENFER ENFOIRE DE NAZI !
Shaw raccrocha aussi sec. L'homme de main attrapa Charles par la gorge et serra de toute sa force brute, Charles étouffa immédiatement.
- Laisses-le, demanda après deux minutes Shaw. On a peu de temps, ne le gaspillons pas. Va le remettre à sa place. Je m'occupe du bidon.
Charles fut à nouveau tiré hors du petit taudis et replacé au centre du hangar. L'homme vérifia la solidité des liens, puis pour faire perdre à Charles son regard de défis, lui cracha à la face.
- Asperge-le, demanda Shaw en revenant l'instant d'après un lourd bidon en plastique entre les mains.
- Qu'est-ce que c'est ?
- De l'essence.
Les entrailles de Charles se replièrent sur elles-mêmes.
- Cela fait longtemps que je n'ai pas vu un corps être immolé. Ça me manque, confessa Shaw à Charles. Ah, tu aurais connu le Troisième Reich dans toute sa Gloire et sa Splendeur, tu n'aurais pu que l'aimer… Ou être broyé par lui. Sodomite !
L'essence liquide et puante était jetée à tour de bras sur Charles. Brûlant ses plaies et s'imbibant dans ses habits. Charles ferma la bouche pour ne pas en avaler, mais la mort que lui réservait Shaw n'avait rien d'une partie de plaisir. Etre battu à mort lui semblait encore être la meilleure solution !
- Un mot pour la postérité ? questionna Shaw en présentant une boîte d'allumette à Charles.
Charles n'avait rien à lui dire. Il gaspillerait son énergie pour rien ! Il aurait beau tout dire, ou tout promettre, rien, non plus rien ne ferait en sorte que Charles soit détaché et libéré. Charles lisait si bien l'esprit de Shaw que cela en était effrayant. Il sentait la cascade d'information émaner de lui à une vitesse vertigineuse, il… Il pouvait lire les pensées de Shaw !
Il avait accès à son cerveau sans avoir besoin de se concentrer en posant ses deux doigts sur ses tempes ! Charles n'avait aucune espèce d'idée, de comment il y était arrivé, ce n'était pas le moment d'en faire une thèse d'ailleurs ! Il fallait qu'il utilise au plus vite cet avantage !
- Etre fils unique d'une mère qui ne vous a jamais aimé n'a pas dû être évident, commença Charles en s'échauffant.
- Pardon ? grinça Shaw - la boîte d'allumette se crispa entre ses doigts.
- C'est pour cette raison, entre autre, que vous avez intégré le parti nazi, pour être dans un ensemble où l'on vous écoutait, vous admirez et…
- Qui t'a appris tout ça, petite créature ? questionna Shaw en s'approchant de la flaque d'essence.
- Je le sais, c'est tout.
- Tu sais et c'est tout ? Oh, comme cela doit être plaisant d'être le fantastique Charles Francis Xavier ! Celui qui sait tout ! Est-ce que tu sais aussi à quel point j'ai hâte de te voir griller sous les yeux d'Erik ?
Charles blêmit. Il imaginait la scène… Lui brûlant sur cette putain de chaise, Erik impuissant, Shaw éclatant d'un rire sinistre… Raven apprendrait-elle sa mort dans les tabloïds ?
Un jeune étudiant d'Oxford retrouvé immolé dans un hangar sur les docks, le mystère demeure.
Ce n'était pas le genre de nécrologie dont il avait rêvé… Pour être honnête il n'avait jamais pensé à son épitaphe, mais aujourd'hui celait semblait évident de le faire. Un marbre blanc ou gris ? Et d'abord est-ce que son corps serait retrouvé seulement ? Peut-être pensera-t-on qu'il a juste fugué ! Son dossier sera classé sans suite dans un carton de la police et il n'aura aucune sépulture… Rien. Le néant…
La voix de Shaw le ramena à la réalité. Il devait rester concentrer, ne pas permettre à son esprit de divaguer ou de s'affaiblir. Erik serait bientôt là. Il fallait croire en sa chance.
- Vous avez peur, commença Charles en remontant les souvenirs de Shaw avec une facilité déconcertante. Vous avez peur de ressembler à votre père.
Cette fois-ci Charles avait frappé juste. Il le vit blêmir.
- Tais-toi, siffla à nouveau Shaw.
- Vous avez peur d'être un être aussi insignifiant que lui, de finir comme un paria, de ne pas aboutir vos…
Shaw s'approcha et l'attrapa si fort par le col de sa chemise, que le tissu craqua. Il colla son nez à celui de Charles, endommageant d'avantage la fracture. Le sang recommença à tomber sur les lèvres de Charles, inondant sa gorge.
- Tu ne sais rien de qui je suis ou de ce que j'ai pu…
- Vous avez la mort de centaines de personne sur la conscience et cela ne vous réveille pas au milieu de la nuit ?!
- Pas même un peu… J'en suis fier au contraire !
- Une voiture vient d'entrer sur le port, annonça l'homme de main en regardant par l'ouverture du hangar.
- Mon Erik, souffla Shaw en relâchant Charles.
Il recula et s'essuya les mains, poisseuses d'essence, sur son pantalon d'un air dégoûté.
- Maintenant, la partie peut commencer.
Charles ferma les yeux et se concentra. Il étendit son esprit brouillon autour de lui. Il voulait atteindre Erik. Il était trop loin encore, en périphérie de ses capacités. Soudain il fit irruption. Charles maîtrisa au mieux son don et se focalisa sur lui. Il lui envoyait sa position. Il ne savait pas si cela allait fonctionner, mais il continuerait jusqu'à finir griller comme un steak lors d'un barbecue !
Logan contournait furtivement le hangar, toutes griffes dehors. Le plan était simple, Erik entrait détournait l'attention de Shaw et Logan portait secours à Charles. Il devait le sortir de là et le mettre en sécurité, peu importait le reste.
Erik ressentait l'onde cérébrale de Charles, il lui semblait qu'il lui murmurait un avertissement, mais les mots étaient indistincts, en échos et chargé de… Tendresse ?
Erik avait suffisamment attendu, le soleil allait poindre, Logan avait eu le temps de faire le tour, de trouver une entrée alternative. Erik s'avança. La porte s'ouvrit devant lui. Il fit un pas à l'intérieur. Son sang se réchauffa à la vue de Charles assit à une trentaine de mètres de lui. Il était en piteuse état, et piteux était un euphémisme à ce qu'il voyait. Charles leva la tête à son approche.
- Que c'est touchant de te revoir.
Shaw se tenait à droite de Charles, son second tenait une batte de baseball entre les mains. Erik fit le tour du métal présent. Rien sur Shaw, rien sur son acolyte, Charles portait la montre, et une chevalière. C'était tout. Bien entendu il y avait toute la structure du hangar, mais si Erik s'en servait, le toit s'effondrerait sur eux aussitôt !
- Erik, tu fais un pas et tu peux dire adieu à Charles.
Les allumettes, soupira l'esprit de Charles à Erik.
Leur regards se croisèrent. La volonté d'Erik s'affermit quant à sa décision de dépecer Shaw.
- Alors comment on procède ? demanda platement Erik.
- Ne joue pas à celui qui est détaché… Je sais ce qu'il représente pour toi.
- A quoi le nier ? reconnu Erik sans lâcher Charles des yeux.
- J'ai trouvé ton unique faiblesse, on dirait bien.
- Charles n'est pas ma faiblesse.
- A tient donc ?
- Il est ma force !
Logan bondit dans le dos de l'homme de main et lui planta ses griffes en travers du corps, le tuant sur place. Erik avait commencé à courir pour plaquer au sol Shaw. Cependant celui-ci, bien que n'ayant pas entendu arriver Logan se ressaisit et craqua une allumette qu'il tendit au-dessus de Charles.
- Un pas de plus et il brûle, prévînt Shaw tendu.
Erik cessa de courir et fit signe à Logan de rentrer ses griffes.
- J'ai badigeonné ton petit ami d'essence. Si jamais tu me tue, il meurt aussi.
- Qu'est-ce que tu proposes ?
- Donnes-toi à moi et il est sauf.
Shaw souriait, un sourire terrifiant et malsain qui ne présageait rien de bon.
- Non ! s'écria Charles en se débattant sur sa chaise.
- Tais-toi ! cria Shaw.
- Ne le touche pas ! enchaîna Erik.
- CALMEZ-VOUS ! hurla Logan d'une voix tonitruante. Bordel !
Shaw craqua une seconde allumette, tandis que l'autre mourait entre ses doigts. Ils étaient là, prit dans une situation inextricable. Erik ne pouvait rien faire sans risquer la vie de Charles, Logan était dans la même situation. Shaw attendait qu'Erik se livre pleinement et volontairement, quant à Charles… Il ferma ses yeux et décida de rentrer dans la peau de l'abomination qui voulait le tuer.
Il ferma les yeux, laissa sa tête retomber sur sa poitrine et cessa parfaitement de bouger. Il n'entendit pas le hurlement d'Erik, ni les imprécations de Shaw. Il quitta sa propre conscience et frôla l'esprit glauque de Shaw. Il rentra à l'intérieur comme on entrerait dans un bain répugnant de vase et de reste de cadavres. La seconde qui suivit, il refoula Shaw dans un recoin et prit les commandes. Charles n'avait jamais atteint un degré tel de concentration.
Les traits de Shaw se détendirent.
- Erik, souffla-t-il depuis Shaw.
Erik fronça les sourcils sans comprendre ce soudain changement d'attitude. Shaw éteignit l'allumette et jeta au loin la boîte. Puis Charles l'endormit. Shaw s'effondra tel un sac de sable dans une mare de sang et d'essence. Logan et Erik se regardèrent interdit avant de porter secours à Charles. Logan, d'un coup de griffe, le détacha, Erik l'attrapa dans ses bras, se moquant bien de l'odeur qui l'enveloppait. Il tenait Charles contre lui, il revivait. Rapidement il s'éloigna.
- Charles ? Tu m'entends ? Charles ?
Des yeux bleus limpides et embués se levèrent sur Erik. Il fut parfaitement impossible pour lui de faire un pas de plus. Soulagé, heureux, en colère et empressé.
- Je savais que tu viendrais.
- Faut bouger ! conseilla Logan pas tranquille.
- Pas question de laisser ce salaud s'en tirer à si bon compte, gronda Erik.
- Il est mort ! s'exclama Logan. Je sais pas comment mais d'un coup il s'est…
- Il dort, corrigea Charles de sa voix d'outre-tombe.
- C'est toi qui a fait ça ? demanda Erik.
- Oui.
- Je croyais que sans tes doigts tu…
- On parlera plus tard ! pressa à nouveau Logan.
Erik se tourna vers Logan et lui tendit Charles. Il avait une affaire à régler.
- Met le dans la voiture et tiens-toi prêt à partir. Non, Charles, il faut te reposer pour l'instant. Ne t'inquiète pas… Il ne peut plus rien me faire désormais.
Charles se retrouva dans les bras de Logan l'instant d'après il était dehors, l'air du matin lui fouettait le visage en même temps que les premiers rayons du soleil baignaient les docks. Il se laissa installer sur la banquette arrière. Logan pouvait se montrer délicat quand la situation l'exigeait. Il s'assura que le gamin allait bien, que sa position ne le faisait pas trop souffrir. Le tableau que lui offrait Charles, lui fendait le cœur. Ce petit n'avait rien fait de mal, si ce n'est être avec la mauvaise personne. Charles était plus bleu qu'un schtroumpf et l'angle de son nez n'était plus le bon. Ses doigts étaient écorchés, violacés. Son visage bouffit, tuméfié, découpé… Logan n'osa même pas regarder plus avant. Mais encore une fois il se demanda pourquoi son pouvoir ne lui permettait pas de venir en aide aux autres ?!
Erik ne tarda pas à arriver, sa chemise moirée était recouverte d'éclaboussure pourpre. Il n'y avait pas de doute possible sur le propriétaire du sang… Logan recula et donna sa place à Erik. Il s'engouffra dans la voiture, extirpa de sa poche un mouchoir en tissu et entreprit avec la plus grande douceur de nettoyer le visage méconnaissable de Charles. Des larmes remontèrent à ses yeux. L'une d'elle tomba sur la joue de Charles, qui la reçu comme le plus beau des cadeaux.
- J'ai eu si peur, trembla Erik. J'ai cru te perdre… Je ne pourrais pas le supporter, Charles, s'il t'arrivait encore…
- Je t'aime, souffla Charles ému.
- Ne meurs pas Charles, je n été demande que ça… Ne me laisse pas. Je ne pourrais pas…
Il toucha du bout des doigts le contour du visage de Charles, qui grimaça de douleur. Erik les yeux rempli de larmes se dit qu'avoir égorgé Shaw était une mort infiniment trop douce pour lui. Mais il ne voulait pas perdre de temps et retrouver au plus vite Charles. Il avait fait simple et efficace. Puis il avait foutu le feu au cadavre, histoire de faire une belle conclusion à cette enflure.
- Logan, tu peux nous conduire ?
- D'ordinaire je roule ma bécane…
Erik leva son regard noir sur lui, deux larmes filèrent sous ses joues.
- … Mais je sais aussi rouler une voiture manuelle ! continua-t-il à vive allure.
Il prit place à l'avant. En claquant la portière celle-ci céda et s'effondra au sol.
- Il y aura des réparations à prévoir, sourit Logan pour détendre l'atmosphère.
- Roule !
Logan mit le contact. Erik installa la tête de Charles sou ses genoux et le tînt serré contre lui. Retenant ses os brisé, pour qu'il ne souffre pas durant le transport. Charles était épuisé, il sentait le sommeil l'attirer à lui. Il s'y refusait, il ne voulait pas lâcher du regard Erik.
- Où va-ton ? Je suppose, pas à l'hôpital.
- On va chez moi.
- L'adresse patron ?
Erik donna le nom de la rue. Charles la reconnu, c'était celle de sa propriété, pas de la garçonnière.
- Azazel me l'a récupéré ce matin, expliqua brièvement Erik à l'attention de Charles.
- Une bonne chose, murmura Charles les paupières se refermant.
- Charles, écoutes-moi, ne t'endors pas, attends un peu… Charles, restes avec moi.
Les yeux métalliques d'Erik, entourés de brouillard, sa voix qui flotte ans l'air, puis plus rien.
Charles était au chaud, le corps emballé sous une couverture épaisse, il attendait que le réveille sonne. Il devait aller en cours et ensuite au Royal Corner… Non, cela ne collait pas… Le Royal Corner. Il n'y était pas allé depuis… Des mois ?! Pourquoi ?
Erik…
Charles sourit, son sourire lui fit mal. Il ouvrit les yeux. Porta deux doigts à ses tempes, puis il se rappela qu'il n'avait plus besoin de faire ce geste pour étendre les cerveaux autour de lui. Il se concentra, mais ne parvînt à rien. Il leva à nouveau ses doigts et s'aperçu qu'ils étaient enrubannés avec des atèles. Charles avait deux phalanges de cassé. Il connecta ses doigts et son don s'exprima amplement. Erik était en bas, Logan dormait plus loin, les domestiques s'affairaient à rendre à la demeure son cachet, en faisant le moins de bruit possible. Emma était là également, en compagnie d'Erik, mais une forme… Etait présente. Raven, dormait sur un fauteuil à sa gauche. Elle était blonde, blanche, recroquevillée dans un fauteuil qui ne se trouvait pas ici d'ordinaire, une couverture en tweed remontée sur ses épaules. Elle dormait paisiblement. Ses rêves étaient constitués d'un jeune garçon, Charles recula mentalement, c'était le jardin secret de Raven. Il tourna son esprit vers Erik.
- Il est réveillé, coupa brutalement Erik en levant la main pour faire taire Emma.
- Quoi ? Mais, non sa sœur serait venue nous le… Où vas-tu ?! Voyons Erik ! Il dort depuis trois jours et tu…
Erik grimpa à toute allure l'escalier.
- … Et tu ne m'écoutes visiblement pas ! termina Emma en se rasseyant dans son fauteuil - faisant cliqueter ses multiples bijoux entre eux. Il ne m'écoute jamais…
Erik ouvrit document la porte de sa chambre, un rai de lumière pénétra l'obscure pièce, dont les volets et rideaux barraient l'accès au soleil de neuf heures. Charles l'attendait allongé, reposé. Sa sœur dormait encore. Erik s'avança sans bruit. Il ne savait où toucher Charles sans le blesser d'avantage, il se contenta de le regarder les yeux rivés aux siens.
Je me sens bien.
Tu es sûr ? Je peux faire revenir le médecin si tu le souhaite.
Non, il a bien fait son travail.
Tu as faim ? Soif ?
Pas pour le moment… Ce que je veux c'est toi.
Raven.
Elle dort, viens.
Charles leva sa couverture et invita Erik à s'y glisser. Leurs corps s'emboîtèrent lentement, pour éviter des souffrances à Charles. Peu à peu, sans bruits ils trouvèrent l'un et l'autre un sommeil.
Dans l'aéroport d'Heathrow à Londres, un passager restait immobile, au cœur d'une foule en mouvement. Son regard vert était attiré par l'immense panneau d'affichage. Son vol, au départ de New York, venait à peine t'atterrir et déjà il scrutait sa correspondance. Il n'avait pas dormit durant ses six heures de voyage. La fatigue, il l'ignorait, tout comme il ignorait le poids de sa valise qui pendait au bout de son bras. Rien n'avait plus d'importance pour lui que de mettre la main sur Charles. Oui, il lui fallait retrouver ce connard avant l'autre. Il était bien déterminé à retrouver Charles… coût que coût.
Gehen Sie es schreit. er plädiert : Vas-y fais-le hurler. Qu'il supplie
meine kleine : mon petit
Je suis certaine que vous avez des commentaires à me faire! :P N'hésitez pas ! Et avez vous deviné qui est ce nouveau personnage?
Je vous dis à très vite!
