Disclaimer : cf chapitre 1
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Mistycal est toujours ma beta !
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...Réponse à Douceurfamille sur mon forum...
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Chasse Aux Nuisibles 3/4
Acte 5 : Le Chat Et La Souris
Harry
Ron et les Jumeaux ont eu une sacrée idée, me dis-je, en regardant Annabelle, Ginny et Luna passer devant moi. Luna et Ginny, ont pris du Polynectar, comme la plupart d'entre nous. Ce sont maintenant deux mignonnes fillettes, d'environ 8 - 10 ans, l'une blonde comme les blés et l'autre brune, habillées de très jolis vêtements et arborant des coiffures élaborées, comme si elles se rendaient à une fête…
Annabelle quant à elle, a gardé son physique habituel, bien sûr. Elle serait très belle, avec ses cheveux relevés en chignon et vêtue d'une superbe robe de soirée Moldue, si elle n'avait pas l'air aussi morte.
Une chance, qu'elle ait assisté à des tournages de films avec ses parents cascadeurs ! Elle a passé du temps avec les techniciens, les maquilleuses, les costumières et toutes les personnes qui travaillent dans le monde du spectacle, apprenant beaucoup de chacun. Ses conseils nous ont donc été très précieux, pour nous donner l'aspect de la mort par empoisonnement…
Et pas seulement… Nous avons de quoi faire défiler une belle brochette de personnages tous plus ou moins horribles et terriblement réalistes sous le nez du Basilic…
« En place les filles ! Vous aussi Harry, Draco et Théo. C'est à vous dans deux minutes ! » enjoint Ron, qui est le metteur en scène de la farce macabre que nous allons jouer.
Mes frangins et moi allons nous placer à l'endroit désigné du doigt par Ron. Nous sommes redevenus des petits garçons sensiblement du même âge, 5 à 6 ans et nous assoyons sur une assez large planche à roulettes, peinte pour figurer un sol de pierres noires comme celui de la cave, avec un lot de petites voitures, un garage et un parking à étage en plastique jaunes et rouges…
Dudley a eu un ensemble comme ça dans le temps. Je n'ai pas eu l'autorisation de jouer avec, pendant la petite semaine durant laquelle le jeu a résisté à la brutalité destructrice de mon cousin et, machinalement, je fais rouler une petite voiture bleue le long de la rampe qui accède aux étages supérieurs du parking. Et je souris comme un idiot…
Je suis en train de réaliser un rêve de gosse….
« Silence tout le monde ! Le compte à rebours commence ! La scène débute au clap ! » tonne Georges, avant de se tourner vers Ron, un clap de cinéma à la main.
Ron jette un coup d'œil circulaire à la pièce dans laquelle le Basilic est supposé être. Une cave, à peine éclairée par un soupirail à barreaux, sans vitre. Lee a installé un magnétophone qui diffuse en fond sonore, le bruit du ressac d'une mer déchaînée claquant sur des rochers, mêlé à des gémissements et des pleurs, comme s'il y avait d'autres prisonniers à côté. Georges et Fred quant à eux, ont largement répandu une Potion qui mêle à des effluves marines, une odeur de moisi.
Il y a des courants d'air, il fait plutôt froid et grâce aux fameuses Illusions de Ron, le Basilic, qui est pour l'heure endormi sur le sol glacé, va vraiment se croire emprisonné dans une cellule d'Azkaban…
Et seul, alors même que nous sommes nombreux à lui tenir compagnie, bien caché dans l'ombre, derrière une Barrière de Protection qui l'empêchera de détecter notre magie…
Un signe de tête de Ron et le clap de Georges claque sèchement.
Fred jette un Enervate et le Basilic papillonne des yeux. Il se redresse vivement sur son séant, les yeux écarquillés. Il tend l'oreille, hume l'air environnant en grimaçant et jette un œil vers le soupirail. Il comprend vite qu'il ne pourra pas l'atteindre.
« Merde ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Qu'est-ce que j'fous ici ? » murmure-t-il, effrayé…
Il regarde maintenant ses fringues et se relève vivement… Il avise les barreaux de la cellule et se précipite vers eux, s'y accroche…
Il tend l'oreille, entend un petit gémissement par-dessus le bruit du ressac et sursaute.
« Y a quelqu'un ? » demande-t-il, en se collant le visage aux barreaux de la cellule pour tâcher de voir au-delà des ombres épaisses
Mais nul ne répond et tout est silencieux, à part le bruit des vagues sur les rochers et un sanglot lointain
« J'sais qu'il y a quelqu'un ! J'vous entends ! Alors répondez ! Où on est ici ? » s'écrie-t-il de nouveau, le regard affolé, presque hagard, tandis que les gémissements et les pleurs s'intensifient progressivement…
Personne ne répond encore une fois. Et le Basilic s'impatiente…
« Où j'suis ici ! Putain ! Répondez ! » hurle-t-il maintenant, en secouant les barreaux avec force : « Répondez ! Bordel ! Répondez ! Où j'suis ici ! »
« Ta gueule ! Tu vas les faire venir ! Ta gueule ! » s'écrie soudainement Fred, d'une voix geignarde, tandis que Lee actionne un petit magnétophone qui laisse échapper un petit rire fou.
Mais le Basilic ne se tait pas… Au contraire, il s'accroche plus désespérément encore à ses barreaux, en criant :
« J'suis où ? J'suis où ? Putain, j'suis où ? »
Le magnétophone émet maintenant le bruit d'une serrure qui s'ouvre dans un claquement sec, puis le bruit d'une porte qui grince. Les gémissements et les pleurs s'intensifient d'un cran.
« J'suis Où ? » s'écrie une dernière fois le Basilic, qui commence à s'épuiser et s'est effondré à genou, serrant toujours les barreaux contre lesquels il a appuyé sa tête.
« Aaaazzzkaaaabaaaannnn… » lui répond une voix, dans un souffle rauque…
Le Basilic relève brusquement la tête, le regard complètement affolé…
« Non !… Noooooonnnn ! C'est pas vrai, c'est pas possible ! C'est pas vrai ! » hurle-t-il, en se reculant sur les genoux
« Ta gueule ! Ta gueule ! A cause de toi ils sont là, salaud ! » s'écrie Fred, dans un trémolo sanglotant…
C'est maintenant à Ramaya de jeter un Sortilège de Fluide Glacial. Un souffle froid se répand, de plus en plus glacé et le Basilic, assis au milieu de la cellule, le regard plus affolé que jamais, ramène ses jambes contre lui.
Une larme coule, le long de sa joue…
Ron jette une nouvelle Illusion. Deux Détraqueurs arrivent en glissant lentement devant la cellule, tournant leur visage caché par l'ombre de leur capuche vers le prisonnier. Ils s'arrêtent, l'un d'eux serrant un barreau de ses longs doigts maigres et pâles couverts de croûtes, tandis que le magnétophone émet des exhalaisons rauques. A l'instant même, Luna et Ginny, main dans la main, sortent de l'ombre, pâles et fluettes, lèvres un peu bleuies, yeux cernés de mauve pâle et nimbées d'une lumière vaporeuse.
Elles semblent éthérées, incongrues dans ce décor lugubre. Elles avancent vers le Basilic qui se recule sur le cul à toute vitesse, contre le mur.
Les filles stoppent net à quatre pas de lui…
« Vous êtes qui, vous ? » demande-t-il, pâle et nerveux, d'un ton geignard.
« Pourquoi tu nous as tuées ? Nous ne t'avons rien fait… » demande en retour Luna, d'une petite voix chagrine, en penchant la tête sur le côté, une larme glissant sur sa joue livide…
« Tu es un vilain Monsieur ! Je te déteste ! » s'exclame Ginny, avant d'éclater en sanglots.
Et l'ombre les avale rapidement, tandis que Georges déclenche le mécanisme qui actionne dans un glissement silencieux, la planche à roulettes sur laquelle je suis installé avec mes frères. Elle s'arrête au milieu de la cellule. Draco, Théo et moi, cessons alors de jouer, pour fixer nos regards emplis de reproches sur le Basilic…
Il fait de plus en plus froid et nous restons silencieux quelques secondes….
« Mais vous êtes qui ! » crie le Basilic, effrayé
Il le sait. Il a deviné qui nous incarnons. Mais il est en pleine négation et sans doute persuadé d'être en proie à un horrible cauchemar…
Ce qui est vrai, d'une certaine façon. Mais nous nous chargeons de lui faire croire que tout est réel, d'ici peu…
« Tu as empoisonné le gâteau ! Méchant ! » crache soudainement Draco, en tapant sur la planche avec une petite voiture
« Méchant ! Méchant ! Méchant ! Méchant ! Méchant ! » scandons-nous en chœur durant quelques secondes, Théo et moi, le son de notre voix s'amplifiant à mesure, jusqu'à résonner en écho, tandis que nous pointons notre index vers notre prisonnier
Brusquement nous nous taisons. Georges nous ramène d'un seul coup en arrière et Annabelle semble au même moment entrer en traversant le mur extérieur. Elle glisse en silence vers le Basilic, presque à le toucher. Elle est la seule à pouvoir s'approcher aussi près de lui, puisqu'il ne risque pas de détecter des ondes magiques venant d'elle.
Ce qui ajoute au réalisme de nos scènes, à leur aspect authentique et cauchemardesque à la fois…
« Assassin ! C'est l'enfer qui t'attend ! » s'écrie-t-elle, en se penchant vers lui
Lee tire d'un coup sec sur une fine cordelette reliée à la robe d'Annabelle. Et soudainement, la petite amie de Draco semble se transformer en Harpie aux ailes déployées, qui fond sur sa proie, en poussant des cris de rage, serres en avant…
Et cette fois, le Basilic qui était resté bouche bée, yeux écarquillés et tremblant devant elle, hurle à pleins poumons, en se jetant vers le coin le plus éloigné, se protégeant le visage avec ses bras repliés…
Et à la flaque qu'il laisse derrière lui, pas de doute : il s'est pissé dessus…
Annabelle se recule à toute vitesse et le silence entrecoupé de pleurs et de gémissements revient, tandis que les Détraqueurs quittent la scène à leur tour, Ramaya réduisant la force de son Sort de Fluide Glacial, à mesure qu'ils s'éloignent.
Nous laissons le Basilic sangloter durant une ou deux minutes, puis Tarendra lui jette un Sort de Sommeil et il s'effondre mollement.
« Bravo tout le monde ! C'était parfait ! Ce salaud a eu la peur de sa vie ! » commente Ramaya, le visage illuminé d'un immense sourire
« Et encore, tu n'as pas tout vu, ma poule. Ça ne fait que commencer ! » s'exclame Georges, visiblement ravi du compliment.
« Ouais, il n'a pas fini d'avoir la trouille le fumier… » approuve Ron, l'air satisfait, tandis que Fred s'approche en claudiquant de notre prisonnier, ouvre un flacon et transfert par ses narines, un peu de Potion dans son estomac …
Il a dû demander à Richard de lui apprendre ce truc. C'est sacrément utile. Il faudra que j'apprenne à le faire, moi aussi. On ne sait jamais…
« C'est quoi, cette Potion. Vous ne l'avez pas dit.. » demande Blaise, en haussant un sourcil curieux.
« Avec ça, quand on le réveillera la prochaine fois, il aura l'impression d'avoir dormi pendant des heures, mais sans avoir pu trouver réellement le repos et d'avoir fait de pénibles cauchemars… » explique Fred, en soulevant les paupières du Basilic, comme pour jauger si sa Potion agit bien…
Les yeux sont révulsés et le blanc de l'œil est un peu rougi. Cela a l'air de convenir parfaitement à Fred.
« Et le chat pourra recommencer à titiller la souris toutes les cinq minutes, sans qu'elle s'aperçoive de la supercherie… » renchérit Georges, qui salit un peu les mains du basilic, avec de la terre noire, avant de déposer une gamelle à demi pleine d'un reste de gruau gluant et un morceau de pain au trois-quart sec, ainsi qu'une timbale en fer blanc cabossé, près des barreaux de la cellule…
Pour ajouter à l'illusion du temps qui passe… Ils ont vraiment le sens du détail, me dis-je, admiratif…
« Il sera vite désorienté, pensant que les jours et les nuits défilent et qu'il ne lui reste que des lambeaux de souvenirs… » ajoute Fred, en rebouchant soigneusement sa fiole de Potion
« Et il va se sentir à chaque réveil plus épuisé, aura les nerfs à vif et le sentiment qu'il devient fou… » surenchérit Georges avec un sourire diabolique
« Et il craquera. Il avouera tout, juste pour avoir un peu de paix et de tranquillité… » finissent ensemble les jumeaux, l'air éminemment satisfait.
« Alors, qu'est-ce que vous pensez de ça ? Pas mal, non ? » demande Ron, avec un sourire en coin, vers Blaise, Tarendra et Ramaya…
Tous les trois se regardent, l'œil brillant. Ils sont satisfaits, c'est certain…
« Serpentard ! » assène soudainement Blaise, avant d'éclater de rire…
Ron et les jumeaux rient avec lui…
Et je me dis, pour avoir connaissance de tous les scénarii qu'ils ont mis au point, que le Basilic n'a pas fini de pisser dans son inélégant costard de prisonnier… Et que oui, Ron et les jumeaux ont été très Serpentards sur ce coup…
Même si la mise en scène est sacrément Gryffondor…
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Severus
Mondingus et Willy Larbrouss entrent à leur tour chez la Mère Firewater. Mon ami demande à la patronne de lui donner une bouteille et deux verres.
« T'as déjà une ardoise longue comme mon bras, alors paye-la d'abord et après j'te servirais ! » aboie la matrone, poings sur les hanches.
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle a une mine patibulaire. Et non seulement la nature ne l'a pas gâtée, mais en plus, elle se néglige terriblement : ses cheveux hirsutes et emmêlés n'ont pas dû avoir le bonheur de côtoyer du shampoing et un peigne depuis belle lurette et sa robe est si crasseuse qu'elle doit tenir debout quand elle l'enlève le soir pour se coucher…
Si tant est qu'elle l'enlève…
Bref… Elle est laide, sale, désagréable, malodorante et malhonnête…Une véritable caricature de ce que l'on peut trouver de pire dans l'Allée des Embrumes en matière d'être humain…
Et sa gargote est un boui-boui infâme où l'on sert un Whisky de contrebande bon marché qui vous troue l'estomac à coup sûr et une tambouille dans laquelle nagent parfois quelques cafards, si abjecte qu'elle provoquerait une émeute si on osait la servir à Azkaban. C'est dire…
Mais bon. Ici, les clients ne viennent généralement pas pour manger. Cette cambuse fait le bonheur des ivrognes et des truands qui viennent sans se cacher, pour mener leurs affaires louches autour d'un verre…
« Dis-moi voir combien j'te dois, ma belle ! Et rajoute la boutanche d'aujourd'hui ! » répond Mondingus, qui sort ses Gallions et joue la scène à la « grand seigneur », selon son expression, avec des gestes amples et un ton plein d'emphase…
Le regard de la patronne s'allume d'une lueur de convoitise, exactement comme celui de Willy tantôt, puis elle jette un coup d'œil entendu vers un aigrefin accoudé au bout du comptoir et je me dis que j'ai tout intérêt à bien surveiller les arrières de mon ami…
Nul doute qu'il risque fort sa peau dans ce coupe-gorge…
« Dis-donc voir, Mondingus Fletcher, mais on dirait qu't'as fait fortune ! » s'exclame la patronne, en farfouillant dans une liasse de parchemins qu'elle a sortie d'un tiroir
« Nan ! Les affaires sont pas si bonnes, ma belle ! Tout ç'que j'ai est là… Mais t'es la première qu'j'ai pensé pour régler mes notes de r'tard… » répond Mondingus, sous l'oreille attentive des quelques clients…
« Risque de pas de t'rester grand-chose après moi, alors. V'là ton ardoise ! Onze Gallions, douze Mornilles et neuf Noises ! Avec la nouvelle bouteille et les intérêts, tu m'dois donc quatorze Gallions, seize Mornilles et cinq Noises » annonce la gargotière, avec un sourire à demi édenté
Je ne serais pas étonné qu'elle ait ajouté deux ou trois Gallions de plus à la note.
« Bin v'là quinze Gallions et j'suis rincé ! Faudra qu'les aut' attendent quèque temps avant qu'j'puisse les payer ! Tout juste si j'vais pouvoir croquer un morceau avec la monnaie ! Mais bah ! Ç'qui s'ra prit s'ra prit ! Et à chaqu' jour sa peine comme qui dirait l'aut' ! Pas vrai ma belle ! » s'exclame Mondingus, l'air rigolard.
« Ouais… A peine ton ardoise payée qu'tu vas m'demander de t'faire crédit, hein ? » répond la matrone, en rendant la monnaie, l'air quelque peu déçue.
Mondingus rit et ne répond pas. Il saisit la bouteille, la met sous son bras et prend les verres, avant d'inviter Willy Larbrouss à le suivre. Ils approchent de la table située juste en face de l'alcôve sombre dans laquelle j'ai pris place.
Je me renfonce plus profondément encore dans le coin et je ne bouge plus d'un poil.
« A toi l'honneur ! » s'exclame Mondingus, en faisant signe à Willy de passer devant lui pour s'asseoir à table.
Et il profite que son compère lui tourne le dos pour escamoter la bouteille qu'il vient d'acheter, posant sur la table celle que je lui ai fournie.
Il s'installe, reprend la bouteille en main, l'ouvre, en hume le contenu puis en verse une bonne rasade dans chacun des verres. Un œil non averti n'aurait pas vu la manœuvre, mais moi je l'ai parfaitement repérée. Le verre de droite, celui qu'il pousse maintenant vers Willy, contient du Pur-Feu… L'autre contient autre chose. Thé froid ou jus de pomme…
Du thé dirais-je, connaissant mon ami…
Bien… Mondingus réserve la Potion pour plus tard, quand il sera supposé avoir bu deux ou trois verres et commencé à être ivre…
« Alors, si tu m'disais d'où tu t'nais tous ces beaux Gallions… » demande Willy, à voix basse, aussitôt a-t-il bu une bonne lampée de Whisky…
Si Mondingus n'avait pas eu un micro, il est certain que je n'aurais rien entendu et qu'il m'aurait fallu user mes yeux pour lire sur ses lèvres…
« Héritage… » répond Mondingus, laconique et un brin mystérieux, en faisant semblant de prendre garde que personne alentour ne l'espionne, avant de boire à son tour.
Il va jouer au chat et à la souris un moment avec son vieux compère, histoire de donner plus de crédit à notre fable plus tard…
« Ah ouais ? Qui qu'c'est qui est mort ? » demande Willy, un sourcil haussé
« Ma brave vieille Tante Adélie… » répond Mondingus, en vidant son verre aussi sec.
Willy l'imite et se penche en avant…
« Et elle t'a laissé beaucoup ? » demande-t-il, vivement intéressé…
Mondingus ne répond pas. Il remplit généreusement les verres et lève le sien, avec un sourire en coin, en faisant un clin d'œil à son compère, avant de boire une belle goulée de son soit-disant Pur-Feu…
Willy ricane et boit, lui aussi.
« Belle affaire, hein ? » commente Larbrouss, en frottant son pouce et son index l'un contre l'autre
« Ouais… Ça valait l'coup d'faire l'déplaç'ment jusqu'à Amesbury et d'rester près d'la tante Adélie jusqu'à ç'qu'elle casse sa pipe… » répond Mondingus, avec un petit rire, avant de se redresser brusquement et d'ajouter : « Oh ! En parlant d'pipe, j'm'en va t'faire goûter quèque chose… »
Il pose son sac à malice sur la table et l'ouvre largement, comme pour fouiller dedans.
Naturellement, l'œil vagabond de Willy Larbrouss ne manque pas de s'égarer quelque peu dedans et de repérer l'épais volume, d'aspect très ancien, que Mondingus s'empresse de recouvrir avec un grand mouchoir crasseux. Larbrouss hausse un sourcil, demandant ainsi silencieusement, ce que Mondingus cache comme ça. Mais mon ami fait mine de ne rien voir et sort une blague à tabac en vieux cuir, bien rebondie.
« Vas-y, goûte et dis-m'en donc des nouvelles ! » s'exclame Mondingus, en ouvrant la blague.
Il s'empresse ensuite de donner une bonne pincée de son tabac à Willy, qui l'accepte avec un sourire et se dépêche de bourrer sa pipe. Il n'a pas insisté, pour savoir ce que le sac de Mondingus contient, mais je ne doute pas un instant qu'il reviendra à la charge au moment où il le jugera opportun.
Les deux larrons allument leur pipe et aussitôt, une fumée agréablement odorante les enveloppe. Et Mondingus verse à nouveau une bonne rasade de liquide dans les verres, avant de prendre des nouvelles de quelques-unes de leurs connaissances communes…
Il fait durer le jeu, Mondingus. Et je dois reconnaître qu'il joue très bien sa petite comédie. Willy ne se méfie pas une seconde. Il est cependant visible, qu'il attend que son vieux compère soit fin saoul pour lui tirer les vers du nez. Et, tandis que Mondingus, qui doit mélanger un peu de la potion au thé, commence à montrer des signes d'ébriété, lui fait semblant de boire et verse son Whisky dans un récipient caché dans l'une des poches de sa cape…
Vieux filou !
Il est fin… Mais Mondingus l'est plus que lui, assurément !
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Draco
Cinq minutes ont passé, depuis que nous avons joué la première scène macabre au Basilic. Il est temps de passer à la suivante. Neville, Gabe, Phillipa, Elinor et Ben se mettent en place. Ils ont répété leur petite scène tout à l'heure, dans le secret de l'une des chambres de la maison et je me demande ce qu'ils vont faire…
Comme tout à l'heure, Ron et les Jumeaux prennent les choses en main et donnent le signal de départ. Le Basilic se réveille et se rencogne aussitôt dans son coin, à l'affût de tous les sons. Puis il se relâche et passe une main tremblante dans ses cheveux, avant de longer le mur à quatre pattes, vers les barreaux sensés fermer sa cellule…
Comme tout à l'heure, il essaye de voir ce qu'il se passe à droite et à gauche dans le couloir…
« Eh ! Y a quelqu'un à côté ? » chuchote-t-il, le regard anxieux.
Seul un gémissement émis par Georges, lui répond…
« Eh ! C'est quoi ton nom ? Moi, c'est Boo… Edgar Boo… » chuchote-t-il encore, sur le qui-vive.
Georges gémit de nouveau. Puis Lee actionne son petit magnétophone et des pleurs semblent résonner dans le loin, immédiatement suivi d'un éclat de rire, tout aussi lointain, qui ressemble fort à celui de ma Tante Bellatrix…
Et c'est bien elle, qui soudainement s'exclame sur un ton chantant : « Mauviette ! Mauviette ! » avant de rire de nouveau…
J'en ai la chair de poule… Putain ! Lee se sert d'un enregistrement de ma tante Bellatrix ! Avec ça, le Basilic ne va plus mettre en doute la véracité du cauchemar qu'il vit…
« Lestrange ! » sursaute-t-il d'ailleurs, en oubliant de prendre la précaution de chuchoter…
Un long hurlement lui répond. Puis ça cogne, fer contre fer en criant encore et un concert d'insultes, que nous avons enregistrées tout à l'heure, s'élève. Et le Basilic s'éloigne à reculons des barreaux. Il a déjà retenu la leçon et se prépare à l'arrivée des « Détraqueurs »…
Et comme de juste, le claquement de la serrure résonne, une porte grince et le souffle du Fluide Glacial de Ramaya s'insinue jusqu'au fond de la cellule. Le Basilic gémit et se recroqueville sur le sol, sans cependant pouvoir quitter les barreaux de sa cellule du regard et mes amis entrent en scène.
Neville, Gabe, Phillipa, Elinor et Ben se déhanchent quelques secondes sur une musique imaginaire, avant de suffoquer et de s'effondrer, yeux grands ouverts. Puis ils roulent sur eux même et se redressent à quatre pattes et, désignant le Basilic du doigt, ils sifflent et feulent : « Assassin, brûle ! Brûle, assassin ! »
Et les hautes flammes d'une Illusion s'allument, elles brûlent autour du Basilic, qui hurle à se déchirer la gorge, tandis que mes amis se relèvent, le regard menaçant, feulant et sifflant toujours avec rage, avant de s'éloigner lentement à reculons
L'ombre les avale et les flammes s'éteignent aussi brusquement qu'elles se sont élevées. Et Marian entre en scène. Dans la peau d'un vieillard jouant du violon. L'instrument pleure des larmes grinçantes durant une dizaine de secondes, puis Marian le brandit en direction de Boo
« Ton châtiment est proche… » tonne-t-il, d'une voix caverneuse
Et les amis d'Olivier entrent en scène…
Ester, Angelina, Lee, Roger, Benjamin, Franscesca et Terry, incarnent des incubes et des succubes. Ils tournoient autour du Basilic en bondissant, l'asticotant d'une voix tour à tour suave ou moqueuse. Ils lui promettent mille morts, toutes plus douloureuses les unes que les autres. Et Ron en rajoute en lançant une Illusion qui fait croire au Basilic que des milliers d'araignées rouges grouillent sur lui…
Le Basilic hurle, à se casser la voix en essayant de se débarrasser des araignées. Et je me sens presque coupable de le tourmenter ainsi. Je ne suis pas le seul. Harry n'est pas très à l'aise non plus, je le vois bien.
Mais nous devons le faire craquer.
« Il ne va pas durer longtemps. Il est beaucoup moins coriace qu'on aurait pu le penser… » me glisse Blaise, en regardant le Basilic se débattre.
La scène prend fin et Fred rendort Edgar Boo. Mais son répit n'est pas long. Le temps passe dans la cellule où la nuit et le jour se succèdent à vitesse folle pour le Basilic. Et nous revenons à la charge, encore et encore. Tantôt les enfants, tantôt les adultes, tantôt les deux… Il se fait attaquer de toutes parts, par des Harpies, des Démons, des Vampires et des Loups-Garous…
Tous les pires cauchemars sont mis en scène pour lui. Et peu à peu, il se ratatine sur lui-même, commence à gémir, à nous supplier de le laisser tranquille. A pleurer dès son réveil et même dans son sommeil artificiel.
« Sortons lui le grand jeu. Si ça ne marche pas maintenant, on pourra toujours recommencer plus tard… » décide Ron, après une bonne heure de tourments
La cellule disparaît et nous sommes de retour dans la salle de réception. Nous avons fermé tous les volets et les doubles rideaux et il fait très sombre. Ron jette une nouvelle Illusion en trois D, pour faire croire que nous sommes dehors, sous la voûte étoilée d'un ciel d'hiver. Sur le sol, la tombe de la famille d'Olivier fait une tâche claire, brillante de givre. Tous les acteurs s'allongent par terre, bien alignés sur deux rangs. Fred, Georges, Blaise, Ramaya et Tarendra participent également cette fois. Avant de m'étendre complètement moi-même, je constate que le Basilic ne pourra pas nous voir aussi longtemps que nous ne nous redressons pas.
Ramaya jette son Sort de Fluide Glacial et Ron se retire dans l'ombre épaisse du coin le plus reculé. Il ajoutera ce qu'il faut, pour augmenter l'intensité de l'horreur à la scène que nous allons jouer maintenant…
« Enervate… » chuchote-t-il dans nos écouteurs avant de nous commenter ce qu'il se passe : « Il se réveille et s'assoit dans le coin du mur. Il tremble de tous ses membres et se demande visiblement ce qui va lui arriver… allez-y, doucement… »
Nous nous redressons lentement sur notre séant et il ne fait nul doute dans mon esprit, que le Basilic, qui hurle aussitôt de terreur, à l'impression réelle de nous voir sortir de la tombe. Je me lève avec précaution, pour ne pas brouiller une Illusion que Ron a placée à mes côtés. Le Basilic est tétanisé et il s'égosille, tandis que nous faisons semblant de nous mettre en mouvement vers lui.
En réalité, nous faisons presque du surplace, avançant de quelques centimètres seulement à chaque pas, pour faire durer la scène le plus longtemps possible.
« Pas des Inférii ! Pitié, non ! Pas des Inférii ! Non ! Non ! N'approchez pas ! N'approchez pas ! » braille le Basilic en rampant sur le sol, pour s'éloigner de nous.
Mais quoi qu'il fasse, il ne pourra pas aller loin. Il se heurtera à un mur…
« Allez-y un peu plus franchement, tendez les bras vers lui. Annabelle, à la tête du groupe, bien sûr… » ordonne Ron, un rien fébrile…
Cette scène, c'est lui qui l'a entièrement mise au point. Et je sais qu'il voudrait bien que ça marche dès la première fois et que le Basilic craque maintenant…
« Meeuurrtrrriiiiieeer. Tuuu vaaaas mooouuurrriiiiiirrrr… … » exhale une voix rauque, qui semble venir de partout et nulle part à la fois
J'allonge un peu mon pas, tournant discrètement la tête, pour voir l'effet que font les copains et copines, tandis que je lève mes bras, présentant mes doigts comme des serres avides de saisir une proie. Hermione est à ma droite. Elle est terrifiante, avec sa tête grouillante d'asticots. A ses côtés, Viktor est tout aussi horrible, avec les morceaux de chair qui pendouillent sur ses joues, son front et son nez…
A ma gauche, Harry ouvre la bouche. Il exhale un soupir et des humeurs putrides qui lui dégoulinent sur le menton… Nous gémissons de concert, poussons des râles qui s'envolent en fumeroles dans l'air glacé…
C'est horrible…
Et je comprends que le Basilic, acculé dans le coin du mur, nous regarde venir les yeux écarquillés de terreur et hurlant comme une Banshee, appelant sa mère au secours…
Je sais que Ron l'a figé et qu'il ne peut se cacher le visage, ni fermer les yeux. Mais je crois qu'il aurait pu se dispenser de le faire, que le Basilic n'y aurait même pas pensé, dans l'état de terreur pure dans lequel il est…
« Donne-lui le coup de grâce, Annabelle… » commande Ron, dans un chuchotement tendu
Annabelle accélère un peu le pas. Elle est cette fois grimée en très vieille dame et contrairement aux autres, sa « dépouille » semble presque intacte encore, si ce n'est son vilain teint verdâtre et une plaie dégoulinante de sang qui tâche sa chevelure grise, ramenée en chignon bas sur sa nuque. Elle avance, mains gantées de dentelle en avant et elle saisit le Basilic tétanisé d'horreur par le cou…
« Pitié… Pitié… » souffle-t-il, le regard terrorisé et des larmes roulant sur ses joues…
Mais Annabelle ne l'épargne pas.
« Tu m'as tuée, le jour de mon centième anniversaire, misérable assassin ! Tu dois mourir à ton tour… » exhale-t-elle lentement, dans un souffle putride…
Fred lui a filé un bonbon qui lui donne une haleine « puant la mort qui tue », selon son expression et le Basilic, dont ma petite amie serre maintenant le cou avec un peu plus de force, doit vraiment croire qu'un Inférii est en train de l'étrangler…
Et quand il commence à suffoquer un peu, Ron lui jette le Sort de Sommeil et il s'effondre sur le côté…
Blaise, Tarendra et Ramaya, qui se trouvaient presque juste derrière ma belle Annabelle, s'approchent de lui et le toise de toute leur hauteur…
« Il a chié dans son froc… » grimace Tarendra, en se bouchant le nez
« Ouais… Petite nature. Il en faut peu, pour l'effrayer. Il n'a même pas eu les couilles d'essayer de se défendre d'une petite vieille toute frêle ! » commente Blaise, que je trouve un poil de mauvaise foi sur le coup…
C'est vrai que pour nous, qui savons que tout est du chiqué, il n'y avait pas de quoi avoir la trouille. Mais nous avons joué la scène et toutes les autres avant elle avec un réalisme terrible. Alors je comprends qu'un lâche comme Edgar Boo s'y soit laissé prendre…
Et puis, il était figé par Ron, même s'il l'avait voulu, il n'aurait pas pu attaquer mon Annabelle…
« Nous allons pouvoir passer à la phase suivante… A ce train là, nous pourrons le livrer aux Aurors avant midi… Allez, faut le nettoyer, parce qu'on va quand même pas supporter sa puanteur. On en a bien assez d'avoir à supporter sa tête de salopard … » renchérit Ramaya, avec une moue de dégoût.
Et elle jette une série de Sorts de nettoyage, qui rafraîchissent quelque peu notre prisonnier…
OoOoOoO
Acte 5 : Où Les Filets Se Resserrent
Severus
Une heure que ça picole sec, à la table de Mondingus et Willy. Du moins, en apparence… Willy ne boit que le tiers de chacun de ses verres et Mondingus boit du thé mélangé à une Potion d'Ebriété.
« Allez. Un p'tit à la santé.. hic ! … d'ma tante Ad'lie qu'est morte…hic… et grâce à qui j'ai pu ach'té ç'te hic… bonne bouteille… » clame Mondingus, en levant à demi son verre, avant de le descendre cul sec.
Nous y voilà. Mondingus passe aux choses sérieuses, en secouant un appât sous le nez de Willy. Reste à voir si Larbrouss va mordre dedans et se faire prendre aux filets…
Willy lève son verre, mais il ne boit pas. Il se penche en avant…
« Dis-donc voir, Ding… Tu m'avais jamais parlé d'ta tante Adélie… » dit-il d'un ton traînant, avant de se laisser aller à une gorgée…
C'est dur, de résister à l'alcool, quand on est un ivrogne invétéré comme lui. Même si la perspective de recevoir une raclée par Lucius ou Voldemort doit aider un peu
« Quoi ? Méciiii ! hic ! … Tantad'lie, c'est ma tantatrésor…hic ! J'ai dû t'l'dire, d'puis l'temps qu'on s'connaît !… répond Mondingus, en dodelinant un peu de la tête…
« Ta quoi ? » demande Willy, en haussant les deux sourcils
Mondingus s'avachit à demi sur la table et répète, en essayant de bien détacher ses mots : « Ma tant' Ad'lie c'est…hic…ma tant' à trésor. Ç'comme çahic… qu'j'l'app'lais quand j'tais hic… p'tit … »
« Et pourquoi qu'tu l'app'lais comme ça ? Elle était riche ? Elle vivait dans une grande maison avec plein d'objets précieux ? Des joyaux ? » demande Willy, une lueur avide traversant son regard…
« Naaaaannn… Hic… matantad'lie elle vivait comme une …Hic !… clodo dans zune masure plus dégueu qu'icihic !… » répond Mondingus, avant de s'enfiler un nouveau gorgeon…
Mais son verre est vide et il tâtonne vers la bouteille…
Misère ! Pourvu qu'il réussisse le coup du petit doigt ! Dans l'état où il semble être, ça ne va sûrement pas être facile… Ouf… Je crois qu'il a réussi… Mmmm… Il vient de faire semblant de renverser son verre, c'est qu'il l'avait raté. Voyons, il s'en verse un autre… Bien,, cette fois, il avale le liquide.
« Bah alors, j'comprends pô pourquoi tu l'app'lais comme ça… » insiste Willy, dont les yeux brillants indiquent qu'il commence à être un peu éméché…
« 'Tend voir, j'racont'hic… Ç'tait une vieille folle Ad'lie. Elle vivait Hic !… com'une miz'reuse mais elle d'zait toujours qu'y a hic !…vait un tréjor… trésor dans son hic ! grenier. Quand j't'tais p'tit hic !…elle d'zait t'jour qu'un jour c'est moihic !… que ch'rai l'gardien comme hic !…elle… Et qui faudrait hic !.. jamais qu'j'm'en sépare… » raconte Mondingus, sous l'oreille attentive de son compère qui n'en rate pas une miette et boit en même temps que lui, une lichette de Whisky
La dernière goutte…
« Ah zut… n'a pu…hic ! » dit Mondingus, en montrant la bouteille vide.
Puis il se tourne vers moi et rit doucement, d'un rire d'ivrogne qui s'apprête à faire une blague qui ne sera drôle que pour lui.
« R'gardhic ! » dit-il, en me désignant, « Y dort… J'vas y prend' sa boutanche et met' celle-cihic ! à la place… »
Oh misère ! Ce n'était pas du tout prévu ! Il devait aller en chercher une autre au comptoir avec sa monnaie… Zut ! Il ne se sent peut-être pas suffisamment en jambe pour aller jusque là-bas ou craint une fausse manœuvre au moment de l'échange… Oui, sans doute compte-t-il que j'effectue le transfert de liquide. Il va falloir jouer serrer pour que Larbrouss ne s'aperçoive de rien…
Mondingus titube dangereusement et s'effondre à demi sur le banc que j'occupe dans l'alcôve. Bien. Il bouche la vue de Larbrouss et personne d'autre ne regarde par ici. Je jette rapidement le Sortilège de Transfert et Mondingus me remercie dans un souffle…
« Tu t'en sors magnifiquement » l'encourage-je dans un murmure.
Il retourne à sa table, montrant fièrement la bouteille comme un trophée et riant dans ses moustaches..
« L'est comphic !…lèt'ment bourré et l'a rien vu… » dit-il, écroulé de rire, en versant une rasade généreuse à Willy.
Sa main est loin d'être sûre et il en verse presque autant à côté. Puis son petit doigt entre en action et il se verse la même quantité de liquide qu'à son compère.
« Continue ton histoire… » l'encourage Willy, toutes ouïes ouvertes pour Mondingus
« Qué histoire hic ! » demande mon ami, avec l'air innocent de l'ivrogne qui a un trou de mémoire…
« Celle de ta tante Adélie… Elle disait que tu s'rais l'gardien… Mais l'gardien d'quoi ? » insiste Willy, un peu impatient
« Ah ouaihic !… Ben l'gardien d'trésor parhic ! di … » répond Mondingus, l'air de penser que Willy est idiot pour ne pas l'avoir compris..
Willy hausse les épaules et fait un geste impatient, comme s'il chassait une mouche, avant de se pencher plus près vers Mondingus.
« Et alors ouais, bien sûr ! Mais dis-vois, maint'nant qu'elle est morte, c'était quoi, son trésor ? Tu dois l'savoir, non ? » demande-t-il, sur un ton confidentiel.
Mondingus, rit doucement, en hochant la tête et Willy plisse les yeux. Il doit penser que le fameux trésor ne devait pas être si fabuleux que ça, en fin de compte et que Mondingus l'a mené en bateau depuis le début…
« Et alors ? » insiste-t-il, sourcil froncé…
« Tend… J'va t'dire tout dans l'hic !..ordre… » répond Mondingus, en effectuant un geste maladroit pour inciter son compère à la patience.
Ce faisant, il heurte le nez de Larbrouss, qui se recule un chouia, avec dans le regard une lueur mécontente promettant à Mondingus mille souffrances, s'il ose réitérer.
Mon ami fait mine de ne pas s'en apercevoir et se penche vers lui, main serré autour de son verre, comme s'il voulait s'assurer que personne ne va s'en emparer.
« Quand al' a s'ti qu'al' allait bien hic !…tôt mourir, ma tant'ad'lie m'a d'mandé d'v'nirhic ! … J'y suis zallé passe quhic ! suis un bon gars, hein.. hic !… Et quand j'suis arri hic ! vé al' m'a dit d'la m'ner dans l'gre hic ! nier ! douss'que j'avais jahic.. mais eu l'droit d'dmonter…hic !… Al' m'a dit l'sort…hic ! … et on a pu entrer et là J'l'ai hic !… vu… » révèle Mondingus, livrant la fable que j'ai concoctée avec Ralph Seymour, à la virgule près…
Les « hic » en prime, bien sûr…
Mondingus boit tranquillement son verre et en ressert un autre, complétant d'abord celui de son compagnon qui n'y prête pas vraiment attention. Il semble si désireux d'avoir la suite de l'histoire, que rien d'autre ne compte
« T'as vu quoi ? » demande-t-il, jugeant que Mondingus a pris une pause suffisamment longue
« D'où ? » demande Mondingus, sourcil haussé sur l'incompréhension…
Il m'épate vraiment. Sa performance est parfaite, d'un réalisme à couper le souffle…
« T'as vu quoi dans l'grenier d'ta tante Adélie ? » demande Willy, dans un souffle impatient.
Il est clair qu'il se retient pour ne pas secouer Mondingus comme un prunier.
« Ben… l'trésor… » répond Mondingus, qui fait durer le suspens, au grand dam de Larbrouss qui s'impatiente une nouvelle fois, tandis que je me régale du numéro incroyable que nous joue mon ami.
« Ouais, mais ç'que c'est ? » s'enquiert Willy, d'un ton brûlant d'exaspération…
« 'tends, 'tends…hic ! t'vas trop vite… » répond Mondingus, en ramenant maladroitement son sac sur la table.
Il l'ouvre à demi et montre discrètement l'épais livre à Willy, avant de refermer rapidement sa besace et de poser son bras dessus. Pour le coup, Larbrouss a l'air désappointé.
« Ç'vieux bouquin et un hic ! bout d'parch'min tout mité hic…à côté… Ç'avait l'air d'une hic.. carte d'la région qu'j'ai laihic.. sé sur place… » dit-il, avec une grimace, avant d'ajouter : « Tu parles d'un hic…trésor… »
Larbrouss hoche la tête, l'air dégoûté, pour acquiescer.
« J'l'ai vu et j'y ai d'mandéhic !… ç'que c'est à Ad'lie. Al' m'a hic ! dit qu'ç'truc là vahic !… lait son pesant d'or hic !… pass'qu'il appart'nait hic !… à S'pentard lui-même… hic… Mais chhhhhhhhhuuuuuuuutttttthic … ç't'un s'cret…! A toi, j'l dis passe quhic ! t'es mon vieux poteau…» raconte Mondingus, qui est tellement affalé sur la table, que l'on dirait bien qu'il va s'endormir..
Il rit doucement, en assénant une bonne bourrade sur l'épaule de son vis-à-vis, tandis que Larbrouss, lui, a les yeux écarquillés…
« A qui t'as dit qu'il était ç'bouquin ? » demande-t-il dans un souffle, les oreilles grand ouvertes vers Mondingus
« S'pentard… Mais ça, c'tait sûr'ment hic ! les éculu…elubu hic !…. Inventions folles d'Ad'lie.. hic ! Al' a t'jours été un peu hic… cinglée sur les bords et au hic !.. milieu aussi… » répond Mondingus, en tapotant maladroitement sur sa tempe en riant…
Il s'affale de nouveau à demi sur la table et le sac.
« T'l'as raconté à quéqu'un d'aut', tout ça ? » demande Larbrouss, un peu tendu, croisant les doigts sous la table.
« T'es m'ladhic ! pas envie qu'on m'prenne pour un hic !… maboul… » répond Mondingus, en effectuant quelques nouveaux tapotements maladroits sur sa tempe…
« Et qu'est-ce tu vas en faire, d'ton bouquin ? » demande Willy, une lueur d'espoir croissante dans le regard…
Il doit commencer à se croire au paradis. Pensez donc, un livre ayant appartenu à Serpentard, cela lui vaudra une belle récompense, s'il le donne à son maître. Et ça lui rapportera de l'or en barre au marché noir, s'il décide de le vendre.
Mais il n'est pas sot, Willy Larbrouss et je compte là-dessus, pour qu'il décide de l'apporter à Voldemort. Après tout, s'il apprend, (or il finit toujours par tout apprendre, s'agissant de ses Mangemorts ) que l'un de ses serviteurs a eu un objet ayant appartenu à Serpentard entre les mains et qu'il ne le lui a pas remis, ça finira très mal pour le serviteur en question…
Dans le ventre de Nagini…
Larbrouss ne va certainement pas risquer cela…
Croisons les doigts..
« Bah… hic !… Doit pas avoir beauhic! coup d'valeur… Vais tout d'même hic ! 'sayer d'le vende au musée…hic ! on sait jamais… Tout cas, hic !… j'va t'dire un truc…hic !… Mon vieux poteau…J'au hic !… rais préféré qu'elle ait quèque Gallions en plus des hic… cent cinquante qu'elle m'a laissé hic ! et pas ç'satané vieux bouquin qu'jaihic… même pô réussi à comprend' hic ! une ligne … » répond Mondingus, qui renverse la moitié de son verre quand il tente de le porter à ses lèvres pour le boire…
« Cent-Cinquante ?.. » demande Larbrouss, son œil s'égarant de nouveau vers le sac
« Ouais… m'en reste plus qu'une cenhic !… taine bien cachée dans…hic ! ma planque avec deux ou trois hic !… z'aut' bricole. Pas si bête, hic !… pôr m'prom'ner 'vec tout hic!.. ça.. » répond Mondingus en dodelinant de plus belle de la tête…
Il réussit finalement à boire la moitié de ce qu'il reste dans son verre et, alors que Larbrouss semble réfléchir sérieusement à ce qu'il va bien pouvoir faire maintenant de ces informations, il appuie son coude sur son sac et sa tête sur sa main. Peu à peu, ses yeux se ferment et au bout d'une minute, il se met à ronfler…
Nous avions convenu que c'est ce qu'il ferait, pour laisser à Larbrouss l'occasion de le détrousser du vieux bouquin…
Larbrouss sursaute, regarde son vieux compère et sourit. Un sourire qui ne me dit rien qui vaille. Mais je suis prêt à intervenir, même si j'ai l'air de dormir, moi aussi. Et je vois nettement Larbrouss qui retire discrètement sa baguette de sa manche. Je jette, juste à temps, un petit Sort de Protection, que Labrouss ne peut détecter …
Larbrouss en balance un sous la table, qui s'écrase sur ma barrière.
« Il t'a jeté un Oubliette, Mondingus. Je suppose qu'il a voulu effacer de ta mémoire, tout ce qui concerne ta tante Adélie et votre conversation d'aujourd'hui… » murmure-je dans mon micro, tout en observant Larbrouss
Il soulève doucement le bras de Mondingus, qui s'effondre nez en avant sur la table, pour attirer à lui le sac à malice de son vieux compère. Il l'ouvre prestement, sort le livre, le fourre vite dans une profonde poche de sa cape. Il hésite un bref instant puis fouille de nouveau le sac et ricane, en ramenant vers lui une bourse de Gallions, deux chandeliers en argent et la tabatière en cuir …
Rien de mieux que des pièces d'or et des objets précieux, pour qu'un gibier comme Willy tombe dans notre piège. Une centaine de Gallions et deux chandeliers en argent sacrifiés à la cause, c'est peu, comparé à ce que cela pourra nous rapporter en précieuses informations.
Larbrouss jubile quand il vérifie le contenu de la bourse. Puis il la glisse prestement dans sa poche et il escamote son verre de la table, avant de secouer Mondingus, sans doute pour pouvoir vérifier que son Sortilège d'Oubliette a bien fonctionné..
« Hé ! Ding ! Oh ! Réveille-toi, mon poteau ! » s'exclame-t-il, en bousculant mon ami sans ménagement…
« Hein ! hic ! Quoi ! » sursaute Mondingus, l'air véritablement surpris. Puis son visage s'éclaire et il ajoute : « Willy ! hic ! Comment qu'ça va d'puis l'temps ! hic ! M'vieux poteau ! »
« Ça va ! Tu m'offres un verre ? » répond Willy Larbrouss, l'air très satisfait, en désignant la bouteille.
J'avais deviné juste. Il fait comme si le hasard venait de le mettre sur le chemin de Mondingus…
« Et en quel honneur hic… qu'j't'offrirai un verre, hein ? hic ! » s'enquiert Mondingus, en feignant parfaitement la réserve des ivrognes, quand il s'agit de partager sa bouteille
Il ramène d'ailleurs celle-ci vers lui, l'œil méfiant, manquant de la faire tomber par maladresse.
« Ben, j'sais pô ! En l'honneur d'la tante Adélie p't'êt' bien ! » suggère Larbrouss, l'œil aux aguets de la réaction de Mondingus..
« Ç'qui ça ? » répond mon ami, l'air dubitatif, avant d'ajouter « Pourquoi qu'j'boirais hic ! à la santé d'ta tante 'délie hic ! que j'connais même pô ? »
Larbrouss rit, satisfait et donne une bonne tape dans le dos de Mondingus, avant de déclarer que de toute façon, il n'a pas le temps de prendre un verre avec son vieil ami, car il est attendu ailleurs.
Sur ce, il quitte la gargote de la Mère Firewater.
Moins d'une minute après son départ, je me rends aux toilettes, me Désillusionne et revient en catimini dans la salle, pour aider discrètement Mondingus à se lever, sans oublier au préalable de récupérer ma Bouteille Magique. Il n'est dans notre intérêt que quelqu'un tombe dessus et, on ne sait jamais, elle pourra peut-être nous servir à nouveau…
Je mène Mondingus hors de la gargote, en direction d'une ruelle qui va nous mener hors de la zone Anti-Transplanage, le pas pressé. J'ai hâte de voir Larbrouss remettre les fausses mémoires de Salazar Serpentard à son Maître…
Du moins, j'espère que c'est ce qu'il a l'intention de faire…
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