Bonsoir !
Aujourd'hui 12 janvier est un grand jour ^^ vous vous doutez sûrment pourquoi ^^
J'ai commencé de poster l'histoire le jour de l'anniversaire d'Aiolia, ce n'est pas tout à fait terminé, mais en l'anniversaire de Shura je me devais de poster quelque chose en plus ^^
Alors voili voilou ! Un chapitre assez fort en feels, en tout cas, moi je trouve, à vous de me dire si vous confirmez ^^
Bonne lecture !


15 Août 18h22
DE : SHURA .

"Salut ! Dis-moi, il y a un truc qui te
ferait plaisir pour ton anniversaire
en plus des chocolats ? ( Et ne me
réponds pas "toi" je ne sais pas
dans quel magasin m'acheter. ) "

Je souris et lui réponds simplement.

15 Août 18h23
À: SHURA .

" J'ai besoin de farine, j'en ai plus. "

15 Août 18h26
DE : SHURA .

" Ta rien de plus sexy qu'un pack de
farine? Sinon je te préviens je le

prends et je le mets dans du papier
cadeau ! Attention !"

15 Août 18h28
À: SHURA .
" Je n'ai pas d'idée. Tu n'as qu'à me
payer mon cadeau en nature
demain soir. "

15 Août 18h31
DE : SHURA .
" Bon, ben tu auras les chocolats
et le petit truc que j'avais prévu.
En espérant que ça suffira à mon
éternel insatisfait qui fête son
anniversaire demain ! "

15 Août 18h32
À: SHURA .

"Je ne me fais pas de soucis, mais
du coup je suis curieux! C'est quoi?!"

15 Août 18h31
DE : SHURA .

" Tu as pris trop d'assurance si tu
penses que je vais cracher le morceau
comme ça. C'est ta punition pour ne
pas m'avoir aider à en trouver un. "


Je rentre chez moi, et comme je m'y attendais, la boîte de chocolats s'y trouve bien sagement sur ma table. Il ne changera donc jamais ces habitudes. Il faudrait que l'année prochaine j'encombre la table, pour savoir où il va la poser. Encore que je suis sûre qu'il la rangerait parfaitement, il mettrait un coup d'éponge et après seulement il poserait sa boîte de chocolats.
Je soupire en pensant à son perfectionnisme maladif. J'ouvre la boîte, que des chocolats blancs cette année aussi. Il commence à bien me connaître. Je la mets au frais, bien qu'aujourd'hui il fasse plutôt bon. Je ne résiste pas à l'envie d'en prendre un… deux… Tout de suite. J'en prends deux et pars sous la douche pour être propre et sentir bon ce soir.

C'est dingue, ça fait deux ans aujourd'hui même, et j'ai toujours envie de me faire beau pour lui. Alors que je pense qu'il s'en fiche un peu et que, comme tous les mecs, moi le premier, il ne remarque pas ce genre de choses.

Je me rase de près et me brossent les dents pour finir. Dès fois je me dis que c'est un peu inutile parce que je me souviens que lui et son goût de tabac doivent s'en ficher royale. Je pars rapidement, enfilant un boxer qu'il aime bien.

À peine arriver je lui dis bonjour avec un baiser qui n'avait rien de puritain.

- Alors, c'est quoi mon cadeau ?
- Wouah ! Tu as tenu environ six secondes trente en restant poli ! Quel exploit !

Je souris et il revient m'embrasser, j'ai beau insister sur le cadeau, je passe d'abord à la case "Marie couche toi là". Je ne vais pas faire comme si ça me déplaisait, bien au contraire, mais je suis vraiment trop curieux de savoir ce que Shura m'a acheté. J'attends un peu de récupérer mon souffle et je vois mon amant ouvrir un paquet de cigarettes. Je me retourne et lui harponne les cuisses.

- C'est quoi mon autre cadeau ?
- C'est si important que ça pour toi?
- Pas vraiment. En fait, je suis juste très curieux. Plus pour le choix que tu as fait que pour le cadeau en lui même.
- Ah, c'est donc ça .

Il se lève, pose son paquet de cigarettes et remet un boxer.

- Shura?
- Bouge pas je reviens.
- Non c'est pas le problème, t'as mis mon boxer.
- Ça te dérange ?

Me dit-il avec un grand sourire en partant. Je souris un peu, et j'hésite à mettre le sien pour rire. Mais je n'ose pas et attends qu'il revienne. Il me tend un petit sac coloré que je prends avec précaution, c'est un peu plus lourd que prévu.
Je sors le plus gros des deux trucs… Nan…

- Tu m'as acheté le paquet de farine finalement?
- Je t'avais dit que je le prendrais si tu ne me disais rien d'autre.
- Oh eh bien merci… Alors le second truc qu'est-ce que c'est?

Je me demande ça à moi même en le sortant, alors que Shura de l'autre côté du lit sort à nouveau son paquet de cigarettes.
C'est plus petit et pas très lourd, je retire le papier et découvre une boîte assez plate.

- Un bijou?
- Oui.
- Oh non… Tu n'aurais pas dû, c'est cher.

J'ouvre la boîte, il s'agit d'une chaîne avec un pendentif en forme de dés.

- Un dé 20 !? 3
- Tu m'avais bien dit que c'était ceux-là tes préférés ?
- Oui oui !

Je le touche un peu et me rends compte qu'il est plus lourd et froid au toucher. C'est pas du plastique ça !

- Il est en quoi ?
- En Aigue-marine. À la base ils en avaient qu'en améthyste. J'ai eu de la chance qu'ils aient accepté de m'en faire avec cette pierre-là.

J'admire un peu la pierre, elle est jolie, elle est bleu translucide. Je n'imaginais pas Shura capable d'offrir des bijoux, encore moins sans rougir et à un autre homme. Je me retourne et le prends dans mes bras. Je lui glisse un "Merci Shura" à l'oreille en frottant mon visage à sa nuque.

- Alors il te plait?
- Oui !

Je le lâche et l'embête un peu.

- Dis, tu veux bien venir me l'attacher, s'il te plait?

Il se retourne et prend les deux extrémités pour me le mettre autour du cou.

- Tu aurais pu le faire tout seul.
- Oui, mais c'est plus marrant de réclamer le Service après Vente.
- Je comprends.

Il me sourit et je me pavane fièrement avec mon beau collier autour du cou. La chaîne est large, ça fait assez masculin, je suis content. Ce qui me fait le plus plaisir c'est qu'il ait retenu que le dé vingt était mon préféré. Alors que j'ai dit énormément de choses ce soir-là et que Shura a dû avoir du mal à tout retenir dans ce qui était important. La soirée se passe bien, et j'attends que Shura finisse sa cigarette à la fenêtre. Je regarde la montre sur sa table de nuit. C'est celle que je lui aie offerte cette année qu'il porte. Je me demande ce qu'il a fait de l'ancienne. Je ne pense pas qu'il soit du genre à l'avoir jeté. Ça ne lui ressemble pas. En tout cas, son cadeau ne paye pas de mine comme ça. Mais il a vraiment été cherché loin pour le trouver celui-là. Et le fait qu'il l'ait commandé exprès m'indique qu'il s'y est pris à l'avance. La montre pour son anniversaire il y a quelque mois, je n'ai pas vraiment choisi quelque chose qui lui plairait tout spécialement. Il avait rayé l'ancienne, c'était facile à deviner… Ça me donne envie de lui acheter quelque chose de plus recherché l'an prochain. Moi qui ai toujours pensé que la valeur d'un cadeau dépendait de son prix.

Je regarde mon pendentif. Il y a même les chiffres de taillés dessus. C'est minutieux.

- Dis Shura, pour quoi avoir prit l'aigue-marine ? Et pas l'autre coloris qui était déjà disponible.
- Je trouvais les bijoux en aigue-marine plus jolie avant de tomber sur la forme que tu as là.
- Tu préfères la couleur alors.
- Oui, enfin ce n'est pas un secret. J'aime bien le bleu clair sur toi, je te l'ai toujours dit et tu le sais.

Il revient se mettre au lit et je rougis comme un adolescent qui vient d'avoir son premier baiser. Le bleu clair, le rouge, le noir, aucune de ces couleurs ne sont vraiment proches, mais elles ont toutes en commun que Shura les apprécie. Il ne s'habille qu'en noir, même si les vêtements en rouge sont attrayants pour lui, mon boxer, sa chemise... Et puis il y a le bleu. Avec sa tenue de moto, neuve qu'il m'a toujours laissé porter, car c'est la même couleur que mes yeux. Et aujourd'hui, ce collier.

Je m'allonge sur lui, sans lui demander son avis d'ailleurs et j'éteins sa lampe de chevet. Je me rends compte qu'il y a deux ans, je ne l'aimais pas. Que quand je l'embrassais, qu'il me prenait, ça ne me faisait rien. J'ai presque envie de me baffer tellement j'ai été bête à cette époque. Mais si je l'avais su, je n'aurais pas eu l'assurance que j'avais eue. Et ça n'aurait pas plus à Shura, il y a même des chances pour que tout ça ne se soit jamais produit.

- Bonne nuit, ma chèvre préférée ! Je t'aime fort fort fort !

J'entends Shura rire gêné, ça m'amuse de l'entendre rire comme ça.

- Bonne nuit Lia… je… ...
- Hm?
- Bonne nuit… J'ai dit…
- Ah. Fais de beaux rêves Shura.
- Toi aussi.

Je m'endors, j'ai passé un super anniversaire, mais je ne vais pas lui dire, il le sait probablement et ça l'embarrasserait. Comme tous mes rêves en sa compagnie, ils sont positifs, je ne m'en souviens pas, mais le contexte était confortable. Je ne peux pas en dire autant de ma position… Je me réveille en pleine nuit et pars me chercher un verre d'eau. Je vais enlever mon collier pour dormir, j'ai une grosse marque rouge à cause de lui imprimer sur le torse. Je reviens me coucher et trouve Shura qui nous refait un cauchemar… À bah y'avait longtemps !

Je me penche sur lui en souriant et je l'embrasse. Je caresse un peu ses cheveux, les remettant en arrière.

- Tu fais peur quand tu dors…

Je retire mon collier et me couche à côté de lui. Il finit par se calmer. Il fait des cauchemars de temps en temps. Il y avait un moment que ça n'était pas arrivé. Je prends son bras et le fais passer autour de moi. Une vraie masse inerte quand il dort celui-là. Je me met dos à lui et tire son bras jusqu'à ce que le corps suive. Tu vas me le faire mon câlin, tu vas voir ! Une fois Shura plus écroulé sur moi que sur le côté je le laisse tranquille. Son poids me rassure. Il grogne un peu après coup et me sert plus fort comme une peluche géante. Ça fait deux fois qu'on se voit sans avoir vraiment prévu. J'espère qu'on recommencera. C'est vrai qu'aujourd'hui, le seize, c'était inévitable. Mais si on pouvait faire pareil plus tard. S'envoyer un petit SMS, comme ça, et se retrouver, ça serait plus simple. Après Shura, ce maniaque, ne voudra jamais si je demandais. Le mieux est de tester sans avoir besoin de lui demander de contrarier son programme officiellement. Parce que présenté comme ça, il me dira forcément non. Je me rendors doucement, en train de m'imaginer harcelant Shura par SMS pour pouvoir aller le voir.


Je regardais l'homme avec qui je venais encore une fois de coucher. Une petite griffure dans le dos, j'ai été sage aujourd'hui. Penché à la fenêtre en train de se préparer une énième cigarette.
Je sors mon téléphone, prêt à prendre une photo à son insu. Surtout que j'ai une vue très… Séduisante sous les yeux.

Mais il se retourne avant que je n'aie eu le temps de la prendre. Je fais semblant de jouer sur un jeu et me rallonge dans le lit. Il revient vers moi avec un petit sourire, il ouvre sa table de nuit et récupère son briquet. Je souris aussi, me demandant en quel honneur j'avais le droit à un sourire et le vois lancer un petit truc noir en cloche jusqu'à moi. Je le récupère tout juste, merci mes réflexes, en bougeant un peu vers l'avant.

- C'est pour moi ? Qu'est-ce que c'est ?

Shura ne me répond pas toujours, son petit sourire aux lèvres et retourne à la fenêtre. J'ouvre la boîte, il s'agit d'un écrin en velours.
Je ne comprends pas tout de suite, ce n'est pas mon anniversaire.
C'est passé depuis plusieurs mois. Je mets quelques secondes à réaliser qu'il s'agit d'une bague, et de ce que ça pouvait impliquer.
Une bague, pourquoi une bague, sans raison comme ça?
Il veut que je l'expertise pour lui ? Ou c'est pour moi ? Il n'y a pas de diamant, elle est plutôt épaisse, pas un bijou de femme ça.

- Shura… Tu es branché bijoux en ce moment ? C'est ce que je crois ?
- Ptètre bien que c'est ça…

Quoi c'est tout ce qu'il me répond ? Alors que j'ai peur qu'il me demande en mariage là tout de suite maintenant?! Je n'ai pas peur à proprement parler, je ne veux juste pas mal comprendre. Et ne pas me ridiculiser...
Peut-être que ce n'est pas pour moi… mais qu'il m'annonce qu'il va se marier avec quelqu'un d'autre ? Ça expliquerait pourquoi il est si… détendu…
Les idées se chamboulent dans ma tête… Est-ce que c'est vraiment pour moi ?

- Shura… Pour moi ?
- Bah oui, à qui d'autre?

Je regarde un peu mieux dans la boîte. Une jolie inscription dorée dedans " Bague de fiançailles " avec le nom du bijoutier à côté… Ce n'est pas donné... Il ne peut pas être sérieux ? On ne sort même pas ensemble ! Tiens je devrais peut-être lui dire ça, qu'on ne sort pas ensemble et qu'il faudrait peut être passé par une étape aussi primordiale avant de faire une demande en mariage.

- On sort même pas ensemble Shura, enfin?!
- C'est ça qui te pose problème? Ok… Tu veux qu'on sorte ensemble ?
- Que.. Quoi ?! Oui je veux bien, mais~.
- Super ! Et maintenant tu veux bien m'épouser?
- Tu veux pas m'expliquer un peu avant d'exiger une réponse?! Sérieusement?!

Le mec, il me sort ça, détendu, à poil, de dos, en fumant tranquillement à sa fenêtre… Je me lève et vais le voir.

- Shura, explique-moi pourquoi tu me proposes ça d'un coup. On aurait peut-être dû en parler avant non ?

Il galère à allumer sa cigarette et s'y reprend à cinq fois avec son briquet, sans arriver à créer la petite flamme, sa main tremblant affreusement. Je lui prends le briquet des mains et reprends sa cigarette de sa bouche.

- Je ne fume pas, mais je suis quasiment sûr qu'on n'allume pas le filtre en premier. Plutôt l'autre côté…

Je lui remets entre les lèvres à l'endroit et lui allume. C'est mignon quand il est troublé, je n'avais jamais vu ça encore, mais ce n'est pas le moment de m'extasier à l'admirer.

- Réponds-moi Shura.
- Bah, je me suis dit qu'il était temps… Au bout de deux ans…

Je soupire un peu, j'ai le coeur qui bat la chamade et je tremble moi aussi.

- C'est pas un peu brusque, directement la demande en mariage ? Tu crois pas?
- Peut-être… Mais… Quand tu m'as dit que tu n'avais eu personne d'autre depuis le début... Ben… Je me suis rendu compte que moi non plus. Alors j'ai essayé à nouveau, j'ai été en ville pour trouver quelqu'un d'autre... Je me suis trouvé une fille… Super sexy, je crois que j'avais jamais pu en trouver une pareil… Et ce soir-là... j'ai pas pu. J'ai eu une panne. J'ai eu une panne devant elle et j'ai refusé de la toucher après… Et je suis parti. Et j'ai pensé qu'à toi...

J'ai très envie de sourire tellement je suis content qu'il me dise ça, mais je ne le fais pas. Je ne peux pas sourire alors qu'il vient de parler d'une panne, il pourrait mal le prendre, ça m'est déjà arrivé et ce n'est pas drôle du tout de se sentir impuissant.

- Alors, c'est pour ça que tu me demandes en mariage? Parce que je suis le seul avec qui tu y arrives ?
- Le seul, je sais pas. Mais t'es le seul qui me donne envie.

Je réfléchis et le vois écraser sa cigarette à peine entamée sur le rebord de la fenêtre.

- Ok Shura. Je vais répondre à ta demande en mariage à une seule condition.
- Du chantage? Tu veux que je le fasse correctement, bien habiller, dans un restau, le genou à terre ?
- La romance je m'en fiche. Ce que je veux, c'est que tu me dises que tu m'aimes.

Il me regarde gêner et s'empresse de rajouter, très embêtter.

- T'es sûre que tu ne préfères pas le genou à terre et le restaurant hors de prix ?
- On n'épouse pas quelqu'un s'il ne nous aime pas, si tu ne m'aimes pas je refuse. Tu dois bien pouvoir me dire ça ?

Il reste silencieux, mais j'insiste. Je veux entendre ces mots dans sa bouche.

- Juste un " Je t'aime" et je t'appartiens, officiellement, et pour toujours.

Il me regarde et recule.

- Shura? Tu ne veux pas me le dire?
- C'est pas que je veux pas…
- Alors c'est quoi ?

J'avance vers lui alors qu'il recule encore.

- Tu ne m'aimes pas ?
- Ce n'est pas ça non plus.

À force d'avancer pour moi et de reculer pour lui, il finit près du mur. Je ne sais pas ce qui monte en moi, de la colère ou de la tristesse… Mais ce n'est pas agréable. Mon ton devient naturellement plus agressif, sans que je me contrôle vraiment.

- Soit tu m'aimes, soit tu ne m'aimes pas ! C'est pas si compliqué !
- Si ça l'est !

Il me crie dessus, alors je réponds pareil, poing serré.

- En quoi ?! Moi je te le dis tout le temps ! C'est oui, ou c'est non. Si c'est oui, dis-le ! Sinon dis-moi de partir parce que ça sert à rien que j'accepte ta demande ! Et ça servait à rien de l'avoir faite !

Je m'approche de Shura encore plus le regardant de très près.

- Dis-le-moi !

Je le vois froncer les sourcils, se mordre la lèvre puis il me dit en grognant très clairement.

- Je peux pas.

J'attends un instant après qu'on se soit échauffé la voix et desserre les poings, fermant les yeux et poussant un petit soupir imperceptible.

- Bon… Je vois…

J'abandonne, en colère, vexer, frustré, et je vais prendre mes affaires. Je me rhabille rapidement sans un mot. Avant de partir, je me tourne vers Shura. Toujours, dans le coin de sa chambre, poings serrés, tète vers le bas.
Il ne vient pas me chercher… Il ne me retient même pas de partir...
Je pose sa bague sur la table de nuit. Encore un peu et j'allais partir avec. Je m'en vais sans un mot toujours. Prenant mon temps, espérant de tout mon coeur qu'il m'empêche de partir...
Ne comprenant pas pourquoi il a fait ça, si soudainement, sans même m'en parler avant.
J'ai mal… Cette soirée m'a fait mal. Plus que tous les rapports un peu bruts que j'ai vécus dans ma vie, ou beaucoup des blessures que j'ai subites. J'ai envie de pleurer, putain !


J'arrive chez mon frère… Abattu. Il est très tard dans la nuit. Je reviens du temple du Capricorne… Je toque fort chez lui, prêt à défoncer sa porte si besoin. Il arrive emmitouflé dans sa couette, fatigué et m'ouvre la porte ahurie.

- Aiolia?! Il est minuit passé, qu'est-ce qui te prend?!
- Aiolos… Ça ne va pas… Pas du tout.
- Je me doute sinon tu ne serais pas là… Aiolia… Tu pleures?

Je frotte mes joues, je n'avais même plus fait attention.

- Entre vite. Je te fais un chocolat chaud.
- Merci.

J'entre chez mon frère qui me fait asseoir dans son canapé et me donne sa couverture. Il m'apporte mon chocolat et s'assoit à coter de moi dans son pyjama, je vois Saga sortir de la chambre torse nu en pantalon, Aiolos lui sourit et lui fait un geste de s'en aller, auquel il répond par un geste de tête. Mon frère se tourne à nouveau vers moi.

- Qu'est-ce qui t'arrive enfin? Je ne t'ai pas vu dans un état pareil depuis au moins quinze ans.
- Je crois que j'ai fait la plus grosse bêtise de ma vie.
- Oh… À ce point… Explique-moi…
- Je fréquente Shura depuis plus de deux ans maintenant. On se voyait que pour du sexe…

Je regarde mon frère inquiet de voir sa réaction en lui annonçant un truc aussi gros, mais il n'a pas l'air aussi surpris qu'il le devrait.

- Ensuite?
- Eh ben… J'ai annoncé à Shura que j'étais amoureux il y a un peu moins d'un an…
- T'auras mis le temps…
- Pardon ?
- Je m'en doutais un peu… Enfin je ne te coupe pas plus, vas-y.

Je regarde Aiolos… Ça se voyait tant que ça que même lui l'a remarqué? Ou bien il me connaît un peu trop bien?

- Puis ce soir tout allait bien… Ça se passait bien. Puis là il m'a lancé une boîte dans le lit avec une bague dedans… J'ai pas compris, c'était pas mon anniversaire, pas noël non plus… Alors je me suis retourné vers Shura, qui fumait sa clope à la fenêtre… Comme d'habitude. Alors je lui ai demandé " Shura… Est-ce que c'est ce que je pense? " Et tout ce qu'il m'a répondu que c'était " ptètre bien."

Aiolos s'embrouille et me demande.

- Attends... Une bague... Quel genre de bague ?
- Genre fiançailles… Je sais pas ce qui lui a pris!
- C'est bizarre… C'est tellement pas son genre.
- Après je lui ai répondu un truc du genre " Mais on sort même pas ensemble ! " et là on est sorti ensemble et direct il m'a demandé s'il voulait qu'on se marie…
- Tu lui as répondu quoi ?
- Bah… Je voulais savoir pourquoi il avait fait ça. On a un peu parlé et je lui aie dit que j'acceptais s'il me disait qu'il m'aimait.

Je vois Aiolos faire une drôle de tête, un bruit pincé entre les dents et renchéri.

- Quelle mauvaise idée hein?...
- Oui...

Un petit silence s'installe, j'ai le sentiment qu'Aiolos sait pertinemment de quoi je parle. C'est lui qui engage la conversation sur autre chose à cause de mon silence.

- Tu sais Aiolia… Quand j'étais jeune, et que je sortais avec Shura. J'ai tenté… Et part tous les moyens, de lui faire sortir ces mots. Puis un jour j'ai compris. J'avais essayé de l'y contraindre, je l'avais harcelé en lui répétant tout le temps. J'ai essayé sous forme de jeux en lui faisant dire syllabe après syllabe, rien n'y a fait. Shura ne dit pas des choses comme ça. Puis un jour, je me suis rendu compte qu'il m'aimait, à sa manière, si particulière. Il ne m'avait fait qu'une fois une concession sexuelle au lit, jamais plus après. Il m'envoyait chier quand ce n'était pas le moment. Était absolument irritable et détestable quand il n'avait pas envie d'être aimable. Et pourtant… Un jour je suis rentré chez moi, il y était, et il changeait une ampoule qui avait claqué. Il est descendu sa chaise, et avant même de me dire bonjour il est venu m'embrasser.

Il regarde vers le plafond, pensif. Alors que je réfléchis à ses paroles et me rends compte que Shura ne s'est laissé prendre qu'une seule fois par mon frère alors qu'avec moi il y a passé au moins une fois par soir.

- Ça n'a l'air de rien comme ça. Mais lui, qui a toute sa vie dans un agenda, il avait pris du temps, sur son temps à lui, pour aller m'acheter une ampoule et la changer. Je ne lui ai jamais dit, mais j'en avais acheté une aussi ce jour-là.

Je ris un peu.

- Et ensuite, il y a eu ce baiser. Dès qu'il m'a vu, je suis devenu la chose la plus importante à ces yeux. Il a tout arrêté, tout mit en pause, juste pour venir me voir et, m'embrasser. Ça n'a l'air de rien. Shura plus jeune était encore plus coincé que maintenant, c'était quelque chose d'énorme. Ce jour-là j'ai compris qu'il m'aimait. Et tant que quand j'entrais dans la pièce, j'étais la chose la plus importante pour lui, c'est que tout allait bien. Il n'a pas besoin de mots pour exprimer son amour. Il faut juste savoir interpréter ses gestes de la bonne manière.

Je souris à mon frère. Il en parle avec une nostalgie assez belle, j'ai presque envie de pleurer pour lui tellement c'est triste que ces deux-là ne soient plus ensemble. Je me décale et me colle à mon frère pour lui faire un câlin, il me prend aussi dans ces bras.

- Du coup Lia, ça a fini comment?
- Lui aussi il m'appelle Lia, de temps en temps.
- Ça te va bien aussi.

Je souris et lui raconte la fin.

- Je lui ait réclamé, je me suis énervé parce qu'il ne disait rien, je l'ai un peu acculé dans un coin de pièce sans le faire exprès, après quelques mots plus hauts les uns que les autres je suis partit. Il s'est renfermé dans le mutisme pendant que je partais.
- C'est comme ça, Shura ne parle jamais de sentiment… Faut s'y faire. Tu penses y retourner demain pour t'excuser, accepter la demande ou autre chose?
- Pas de sentiment? C'est faux. Un jour il m'a autorisé à lui poser toutes les questions que je voulais. Je lui ai demandé s'il t'avait vraiment aimé.

Aiolos relève la tête vers moi, avec une expression que je ne lui connaissais pas.

- Il l'a dit?
- Il a répondu "Oui" à ma question.

Aiolos sourit un peu, la voix nouée, et les sourcils regroupés vers le centre.

- Si j'avais su qu'il suffisait que quelqu'un demande à ma place…
- Je pense surtout que le temps a eu raison de lui. Puis, une autre réponse aurait-elle été acceptable pour moi ?
- J'ai envie de penser qu'il n'a pas menti. Surtout comme ça lui coûte de le dire, il ne se serait pas écorché la bouche pour un mensonge. Même s'il avait dû supporter tes foudres, il aurait préféré dire la vérité.

Il se cale un peu plus contre moi.

- Je pense que tu devrais accepter.
- Tu me conseilles vraiment ça? Déjà ça ne te fait rien à toi ?
- Non. Pour moi c'est loin. Shura n'est pas à moi et ne le sera plus jamais.
- Et tu penses que je devrais accepter alors que je n'ai aucune assurance ?
- Je pense que venant de Shura, c'est une sacrée preuve d'amour de t'avoir fait cette demande. Si ce n'était pas ce qu'il voulait, si lui n'était pas sûr, il ne l'aurait jamais fait. LE fait qu'il te demande est en soi l'assurance que tu veux, jamais il ne l'aurait proposé s'il n'avait pas déjà tout retourné dans sa tête des centaines de fois. Et puis un mariage, ça se défait maintenant. Si ça ne marche pas, tant pis. Tu n'y perdras rien. Après,la décision t'appartient, c'est juste mon avis.

Je regarde mon frère.

- Merci Aiolos. Tu sais toujours me réconforter, peu importe le problème. Bien que celui-ci soit particulièrement sensible.
- C'est mon rôle. Mais merci ! Ça me fait plaisir de savoir que je suis doué pour ça, et que ça fonctionne toujours. Maintenant, viens dormir, tu dors avec moi cette nuit. Je ne veux pas que tu rentres dormir tout seul avec ton méchant chat.
- Il est plus là depuis un moment, je l'ai rendue à son propriétaire.
- Ow, bah raison de plus pour ne pas te laisser tout seul.
- Et pour Saga tu vas faire comment. Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais tu vas vraiment le virer de ton lit pour m'y mettre ?

Il me regarde embêter, il avait un peu oublié qu'il n'était plus seul apparemment. Il décide néanmoins de dormir avec moi, enfin partiellement, jusqu'à ce que je m'endorme, dans le canapé-lit. Le lendemain midi, je me réveille et vais chez moi pour me changer, manger, doucher, habiller… Je retourne chez Shura en fin de journée, prêt à parler avec lui, j'ai bien réfléchi et j'ai pris ma décision.

Je toque à la porte extérieure, tout fraîs et en chemise. Personne ne me répond. J'attends un peu. Il ne doit pas être chez lui. Peut-être est-il à l'arène. J'attends un peu et repars chez moi… Je reviendrais ce soir. Inquiet de ne pas arriver à me faire pardonner… Je décide d'aller chercher des fleurs en ville… Je ne pense pas qu'on offre ce genre de chose à un garçon. Mais avec ça dans les mains il comprendra tout de suite que je viens en paix. Je repasse le soir, bouquet à la main. Mon frère m'a vu passer et m'a encouragé en me criant " Champion !" Comme pour se moquer de ceux qui encouragent, ça me fait sourire et me détend un peu.
J'arrive chez Shura, toque à nouveau, toujours pas de réponse… Ça m'agace. Je l'appelle, mais ça ne répond pas non plus. Il m'ignore ? Je décide d'entrer quand même, j'ai un truc à dire, alors je vais le dire !

Tout est éteint.

C'est sombre et froid, j'allume la lumière en abaissant l'interrupteur, mais rien ne s'allume.

- Charmant…

Je sors mon téléphone et m'en sers pour faire de la lumière. Personne dans la cuisine, le frigo est complètement vide, l'eau ne fonctionne plus… Et il fait un froid de canard ! Mais qu'est-ce qui se passe ici ?!

Je me précipite à la chambre et ce que j'y vois me laisse sans voix…


Dans le mur, un trou. Énorme.

Laissant apercevoir la salle de l'autre côté, c'est une pièce vide du temple, et non des appartements aménagés dedans, elle est vide. L'étage aussi a pris un coup… Des débris de meuble jonchent le sol avec des morceaux de murs. Là où j'ai laissé Shura hier, il ne reste qu'un mur exploser. La fenêtre, bien que toujours à sa place, à la vitre complètement brisée. Je vois assez mal et m'éclaire toujours de mon téléphone que je passe en lampe torche.

- Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ici… Qu'est-ce que tu as fait Shura ?

Je marche prudemment dans les décombres, il fait frais comme l'air du dehors peut entrer. Je quitte sa chambre et atterrit dans la salle où trône la grande statue d'Athéna. J'appelle Shura à haute voix, je crie son nom pour qu'il réponde s'il est là. Aucune réponse ne parvient à mes oreilles. Je cours hors du temple, laissant mes fleurs sur la table de sa salle à manger et me précipite dans le palais du Pope appelant mon armure pour qu'elle me recouvre en courant. J'ai peur pour Shura, il a disparu, et notre dispute y est surement pour quelque chose, alors s'il faut aller le chercher, je veux être prêt tout de suite. Les gardes se réveillent tout juste quand je passe, et je demande immédiatement une audience avec le Pope.

On me dit catégoriquement non, mais j'insiste.

- Je sais qu'il n'est plus l'heure, depuis longtemps. Mais je ne viendrais pas sans vrai motif. C'est une urgence.

Le garde réfléchit un peu et finit par me laisser passer. Je vais directement aux appartements du Pope, tambourinant à la porte comme un forcené.

- Stop stop stop! Cessez ce vacarme !

Shion ouvre sa porte, en pyjama, les cheveux mal coiffés. Si tenté que coiffer soit un adjectif valable.

- Aiolia, enfin! Ce n'est pas une heure, retourne te coucher.
- Grand Pope c'est important c'es~
- Ça attendra demain.
- Mais je ~
- Je ne veux pas le savoir ! Demain à la première heure dans mon bureau. Pour t'apprendre à me réveiller en pleine nuit.
- Grand Pope, c'est Shura il~
- Si tu insistes encore, je ne te prends pas en audience pendant une semaine et je te suspends de tes fonctions. À demain.

Il me ferme la porte au nez. Je reste interdit un instant devant l'immense porte et le refus catégorique du chef suprême du sanctuaire.
Je finis par accepter ma défaite et quitte l'appartement du Pope à faible allure. Subissant la moquerie des gardes que j'avais réveillés.
Je leur lance un regard noir et en attaque un, retenant mon coup juste avant l'impacte sur sa petite tête. Retenant aussi quelques éclairs de sortir de mon poing.

- Un homme a disparu. Et le jour où vous, vous disparaitrez, j'espère qu'on fermera aussi la porte au nez de la personne qui veut vous retrouver. Et ce jour-là, comptez sur moi pour me moquer d'elle.

Je grogne et tourne les talons de mon armure d'or. Laissant les quelques gardes sans voix et repartant en tapant des pieds.
Je rentre chez moi et retire mon armure...Impossible de trouver le sommeil.
Je retourne chez le Pope le lendemain, en avance alors que le temple n'est même pas censé être ouvert. Pile à l'heure, Shion arrive et me fait signe de venir. Il me tape sur les doigts pour m'expliquer que ça ne se faisait pas de réveiller les gens à minuit.

- Donc, qu'est-ce qui était SI urgent?
- Shura. Il n'est plus là.
- Oui, je sais.
- Comment ça, vous savez ?
- Hier à la première heure, comme toi il était dans mon bureau un sac sur les épaules, pour déposer une demande de congé.
- Vous avez accepté ?

- Oui, Shura ne demande jamais rien, rend ses rapports et fait correctement tout ce qu'on lui dit. Je lui en avais déjà proposé et il a toujours refusé. Et vu la tête qu'il tirait, je n'ai pas eu le coeur à lui dire non. Depuis quand tu t'intéresses à ce qu'il fait ? Tu veux enfin te venger pendant une guerre de mille jours ? Je ne suis pas sûre de le permettre.
- Nan, vous n'y êtes pas du tout. On s'est juste… Bien disputer la dernière fois. J'aimerais m'excuser. Vous voulez bien me donner sa destination? J'irais le trouver et je le ramènerais.
- Non.
- Hein? Pourquoi ?
- Je te défends de déranger Shura pendant ses vacances, Aiolia. Je pense qu'il a envie d'être seul. Interdiction formelle d'y aller.

Je m'énerve un peu et pose les mains sur la table.

- Je vous dis qu'il est parti à cause de notre dispute ! Si je m'excuse peut-être que tout rentrera dans l'ordre.
- Une simple dispute ne met pas un chevalier d'or dans cet état.
- Je vous assure que la nôtre a fait des dégâts.

Shion me regarde un instant, il me scan. Regarde si je mens, si je suis sûre de moi. Ça me met mal à l'aise, mais je n'ai pas l'intention de l'écouter.

- Si je ne te dis pas pourquoi il est parti, tu vas aller aux archives et fouiller jusqu'à trouver sa destination ?
- Affirmatif.

Shion se lève. Et commence à marcher dans la pièce.

- Alors, dis-moi Aiolia. Qu'est-ce que je fais ? Je place deux chevaliers d'or devant les archives et je me prends une silver en garde personnel ?
- Non. Vous me dites où est allé Shura, et je le ramène par la peau des fesses. S'il vous plaît.

Je croise les bras, si je suis sûre de moi, peut-être qu'il finira par céder.

- Alors, promets-moi une chose. Si tu retrouves Shura, et qu'il te dit de partir, tu rentres sans demander ton reste, c'est compris ?

Je réfléchis un instant. C'est mieux que rien, juste m'excuser avant qu'il me dise d'aller me faire voir dans mon pays natal.

- C'est promis. Je respecterais sa volonté.
- Bien. Alors je te dis bonne chance pour les Pyrénées espagnoles. Ça ne va pas être de tout repos. Shura a dit qu'il allait voir son maître. Tu as intérêt de faire bonne figure pour garder la réputation du sanctuaire intacte et tu as intérêt à faire ce que je t'ai demandé. Dans le cas contraire… Je le saurais.

Je souris comme un enfant. J'ai eu ce que je voulais !

- Oui !

Je remercie le Pope et pars en courant préparer mes affaires. J'enlace mon frère avant de partir puis il me souhaite bonne chance. Je pars le soir même. Ce qui est très bête de partir de nuit, mais je ne pouvais pas attendre le surlendemain.