Bonjour à tous!
Je vous annonce que j'ai fini d'écrire Répercussions. Il y aura 35 chapitres en tout, épilogue inclus.
Je remercie vraiment Lokki1 qui prend le temps de tout corriger et de me pointer mes "égarements" quand il y en a.
Ptitemysty: Je suis contente de t'avoir fait rire, c'était le but. Pour le mystère de Harry vs épouvantard, la réponse maintenant!
maud . baudet: Oui, il va l'apprendre, mais en douceur. On aime trop Sirius pour le traumatiser.
berkano: Merci pour ton conseil, il était excellent! Ça me fait plaisir que Sev, Bella et Albus te plaisent. J'essaie de les rendre crédibles par rapport à l'œuvre originale de JKR, et savoir que certains lecteurs trouvent ça réussi me fait vraiment plaisir. Merci!
anonymes92: Merci de ton soutient continue :)
Geliah: je suis contente que ça te plaise, espérons que ça continue comme ça!
adenoide: Ça change un peu de passer par la paperasse, j'aimais bien l'idée :) Pour Sirius, je te laisse découvrir.
Lunny: Ta patience est récompensé, voici la suite!
Bonne lecture à tous, et merci de me lire!
Cens'
Chapitre 13
7h32. Parfait, il lui restait presque une demi-heure pour installer son piège. Le professeur Famula avait la tête presque littéralement plongée dans son café, comme chaque matin. Il ne rejoindrait sa classe que dans une dizaine de minutes. Sirius se leva, avec le plus de naturel possible, et sortit de la Grande Salle pour se diriger vers la salle de DCFM.
Il avait prévu de faire sa blague sans la présence des autres élèves. Juste au professeur. Bien sûr, ça aurait été drôle devant tout le monde. Mais Sirius, même s'il appréciait beaucoup ce professeur, ne le connaissait pas encore assez pour prévoir sa réaction. Et sa blague risquait de le surprendre. Si jamais il devait réagir violemment, autant qu'il n'y ait ni témoins, ni potentielles victimes.
Arrivé devant la porte, il sortit de son sac deux petites sphères noires. Il les avait un jour trouvés dans sa maison, et avait mis du temps à comprendre à quoi elles servaient. Surtout en sachant qu'il n'osait y toucher au début. Les choses qui traînaient chez lui pouvaient être...dangereuses. Mais pas ces deux billes. Elles étaient plus ou moins neutres, puisque leur fonctionnement était utile dans différentes situations.
Le principe était simple. Vraiment simple. On posait l'une des deux billes sur un support. N'importe lequel, ça fonctionnait avec tout. Et la deuxième à un autre endroit, sur un autre support. Lorsqu'une personne touchait l'un des supports, il s'envolait vers le second. En fait les deux sphères agissaient comme des aimants. C'était drôle pour traverser une pièce. Ça pouvait l'être beaucoup moins si un mur se trouvait au milieu.
Sirius entra dans la salle, vérifiant que personne n'était en avance. La voie étant libre, il coinça la première bille sur la clenche de la porte, à l'intérieur de la classe. Et il déposa la deuxième sur le bureau du professeur. Celui-ci aurait à peine le temps d'ouvrir la porte avant de voler à travers la pièce jusqu'à son bureau. Rien de dangereux. Et l'enfant était sûr de bien rigoler. Il croisait les doigts pour ne pas énerver Mr Famula par contre.
À peine avait-il tout installé qu'il entendit des pas se rapprocher. Il se précipita au sol, à côté de son sac, et porta toute son attention sur la porte. Pourtant, un bruit particulier le figea. Bellatrix. La voix de Bellatrix approchait avec celle de son professeur. Si le jeune Black jouait de malchance, sa cousine serait celle qui toucherait le bois en première.
Mais il ne fût pas déçu. Ni par la personne subissant la blague. Ni par sa réaction. Et il s'applaudit mentalement d'avoir agi avant que les élèves n'arrivent. Harry attrapa la clenche avec confiance. Et dans la seconde il sentit la magie d'un objet se connecter à la sienne et commencer à tirer dessus. Merde. Il mit 3 secondes de trop pour réagir. S'il avait été seul, pas de problème. Mais Bellatrix était derrière lui, et il avait senti la présence de Sirius dans la salle. Il maudissait le petit maraudeur ! Il allait se faire griller !
La porte s'ouvrit violemment et sa magie fût aspirée vers son bureau. Pas son corps. Il n'était plus un être vivant bon sang ! Bien sûr que ces babioles faisaient n'importe quoi à son contact ! Comment tirer un corps qui n'a ni de chair, ni de sang ? Alors une fumée noire brillante se répandit dans la salle, fonçant droit sur la bille. Et quand elles entrèrent en contact, Harry réagit. La bille explosa en une fine poussière remplie de petits éclairs. La magie de l'artefact se répandant comme un courant électrique, cherchant un nouveau contenant. Et le plus proche était Sirius.
L'Entité utilisa la fumée pour étouffer le phénomène. Absorbant les petits éclairs. Bellatrix et Sirius pourraient jurer que la masse noire avait mangé la poussière magique. Ayant repris le contrôle de sa magie, Harry la fit revenir dans son corps. Bien. Maintenant, comment expliquer ça aux deux Black ? Ces deux-là avaient reçu une éducation poussée sur la magie, bien qu'incomplète. Leur faire avaler que c'était un phénomène normal était impossible. Leur dire qu'il était une Entité était inenvisageable. Merlin, Bellatrix se jetterait à ses pieds ! Hors de question. Alors que dire ? La manifestation de la magie d'un sorcier n'était pas visible, elle se sentait. Là, malheureusement pour lui, il avait réussi à empêcher les deux enfants de ressentir son pouvoir mais pas de le voir. Certes il avait paré au plus urgent puisque sentir sa magie aurait tué les deux Black sur le coup. Mais il se retrouvait dans une situation inconfortable.
Si au moins les deux petits humains posaient des questions, ça pourrait l'aider à trouver une parade ! Mais non, ils restaient là, à le fixer comme deux idiots, la bouche ouverte et les yeux ronds. Harry remerciait qui voulait l'entendre, Sirius avait fait sa blague sans la présence de tous ses camarades.
Bon, il n'avait pas d'idée. Tentons le « comme si de rien était ».
« Je suppose, Mr Black, que ce petit tour vient de vous ? Évitez de faire des blagues à vos professeurs. Je laisse passer pour cette fois, il n'y a eu aucune répercussion. Mais à l'avenir contentez-vous de piéger vos petits camarades. Et ne vous faites pas attraper. Miss Black, allez donc vous installer avec ce jeune homme en attendant les autres élèves. »
Harry lança la bille coincé dans la clenche à Sirius, qui l'attrapa par réflexe. De toute façon, elle était maintenant inutile. Bellatrix, de son côté, avait obéit automatiquement. Mais au vu des regards que lui lançaient ses élèves, le Maître de la Mort savait ne pas s'en être sorti. Pas encore. Le plus jeune leva la main, confirmant ses craintes.
« Mr Black, le cours n'est pas encore commencé. »
« Oui euh...Non mais...Mais c'était quoi ça ? »
Il montrait d'un geste hasardeux l'espace entre la porte et le bureau. Et l'esprit de l'Entité redevint celui d'un humain l'espace de quelques secondes. La panique donnant ça : « O-K ! Qu'est-ce que je fais ? QU'EST-CE QUE JE FAIS ?! ». D'accord, on respire et on trouve une raison valable. Une réponse crédible. Mais oui ! Il pouvait dire la vérité en omettant les détails compromettants.
« Ça, Mr Black, c'est ce qu'il se passe lorsque l'on a atteint un certain niveau de maîtrise de sa magie. J'ai déjà poussé la mienne assez loin. Certaines des capacités que j'ai développées empêchent les objets d'interagir avec mon corps. Résultat, ma magie a contré l'appel de votre bille en prenant la place de mon corps. Assez simple non ? »
Et tout était vrai à deux détails prêts : Il n'avait jamais eu à entrainer sa magie, et il n'avait pas vraiment défendu son corps. Hey ! N'est pas Entité qui veut. De toute façon, son explication incomplète semblait avoir fonctionné. Sirius avait maintenant un sourire déchirant son visage.
« Vous voulez dire que nous aussi, avec de l'entrainement, on pourrait annuler les effets de certains artefacts ? Trop cool ! »
« Je vous l'ai déjà dit, Mr Black, votre noyau magique n'est pas élastique. Vous ne pourrez pas apprendre un nombre infini de capacités. Vous devrez en tester et en sélectionner quelques-unes, en fonction de vos besoins et envies. Si vous voulez choisir celle-là, alors oui, vous pourrez peut-être y arriver. Et je dis bien peut être. Votre magie n'est pas forcément compatible. »
« Compatible ? »
« Chaque sorcier possède des affinités différentes. Comme pour la magie blanche, ou la magie noire. C'est le même principe pour le perfectionnement du lien. Quelques capacités sont neutres, d'autres non. »
« Oh... »
Et une ovation pour Harry ! Il avait pu se justifier, et donner un mini-cours. Si Sirius voulait annuler les effets des artefacts, il le pourrait. Simplement, sa magie ne sortirait pas de son corps, et elle ne serait jamais visible à l'œil nu. Chez les sorciers, seule l'aura, représentant l'âme et ses penchants magiques, pouvait apparaitre aux autres. Mais ce n'étaient que des détails. Et il s'agissait là d'une capacité très difficile à développer, les objets agissant sur le corps plutôt que sur le noyau. Le temps que son parrain la maîtrise, il aurait oublié l'événement...Attendez...Mais qu'il était bête ! Il aurait simplement pu effacer la mémoire des Black. Merlin, il s'était bien compliqué la tâche. Mais c'était inutile maintenant. Ils avaient gobé son explication, donc il en resterait là.
L'entrée des élèves et du directeur coupa court à ses réflexions. Et après leur avoir laissé le temps de s'installer, il attira une armoire devant eux. Armoire qui tanguait sous les assauts de son occupant.
« Bonjour à tous. Aujourd'hui nous allons nous confronter à un épouvantard. Je sais que la plupart d'entre vous savent comment lui faire face. Les plus jeunes en revanche, non. Mais pour cette fois, vous aurez tous le même handicap : pas de baguette. Doucement, doucement. Je vous explique. L'épouvantard est une créature magique qui utilise votre plus grande peur contre vous. Son but est de vous éloigner de lui, parce que c'est l'un des plus grands froussards que vous aurez l'occasion de rencontrer. Oui, Mr Potter, c'est très drôle. Mais très dangereux. Une créature qui a peur peut attaquer. Et même si ce petit gars-là est un trouillard chronique, je peux vous assurer que son véritable corps est une machine de guerre. Un véritable paradoxe. Oui, Miss Lorys ? »
La 6ème année de Serdaigle parla d'une voix un peu moqueuse.
« Professeur, personne n'a jamais vu la véritable apparence d'un épouvantard. »
« Bien sûr que si. Les sorciers ont juste tendance à oublier qu'au-delà des sorts, il y a des moyens de communiquer avec les créatures magiques. L'épouvantard ne fait pas exception. Il ne vit pas constamment sous les traits de la peur des autres, merci pour lui. »
La jeune femme rougie furieusement à la légère remontrance. Elle avait 16 ans, et les principes de la société sorcière étaient déjà pas mal ancrés. Difficile de lutter.
« Bien, pour communiquer avec ce grand timide, pas de surprise, il faut utiliser le lien. La difficulté de l'exercice réside dans le fait de se concentrer dessus alors que l'on est face à notre plus grande peur. Si vous réussissez, vous pourrez le calmer, le rassurer, et voir apparaître son apparence de base. Il se pourrait même que les plus chanceux puissent le toucher. Je vous montre, c'est encore le plus simple pour que vous compreniez. »
Dumbledore, assis sur une chaise conjurée, se pencha en avant, attentif. C'était le moment. Il allait pouvoir connaître la plus grande faiblesse de son professeur.
Harry lui, se posait sérieusement la question. Qu'est-ce qui allait apparaître ? Il ne ressentait plus la peur. Alors c'est avec une curiosité un peu morbide qu'il se plaça face à l'armoire. Encore une fois, sans réfléchir aux conséquences. Manquerait plus que Mort apparaisse, par exemple. Mais il n'y pensa pas, et ouvrit les battants de bois.
Une petite main d'enfant s'accrocha à la porte, pour aider un corps tout mince à sortir. La petite fille qui apparut laissa tout le monde perplexe. Les 6 ou 7 ans à peine atteint, elle avait les cheveux blancs, très courts et désordonnés. Une petite robe bleue ciel lui arrivait en dessous des genoux. Elle était très mignonne. Seuls ses yeux entièrement noirs gâchaient un peu le tableau. Il était légitime que tous les occupants de la pièce se demandent « Qui c'est ? ».
Mais pas Harry. Il l'avait reconnu au premier coup d'œil, l'ayant croisé à quelques rares occasions. Son rire enfantin lui faisait encore saigner les oreilles. Le Maître de la Mort avait un sourcil qui tressautait d'agacement. Sa plus grande peur était Destinée ? Était-ce une blague de celle-ci, ou son humour douteux était-il vraiment la seule chose pouvant l'inquiéter ? Le clin d'œil de la mini-Entité lui confirma que c'était encore une blague de mauvais goût. Quoiqu'en y réfléchissant, Harry craignait vraiment cette demi-portion. Depuis qu'il avait perdu son statut d'humain, elle s'acharnait sur lui. Encore plus que lorsqu'il était le Survivant. C'était dire !
Faisant taire son énervement, il se concentra sur le lien avec l'épouvantard. Même si Destinée utilisait son corps pour le taquiner, la créature était bien là, en dessous. Harry prit un malin plaisir à éjecter sa collègue. Elle disparue pour laisser place à l'occupant de l'armoire. Et le Maître de la Mort pouvait jurer avoir entendu un petit cri de surprise. Si Chance était avec lui, cette petite pimbêche était tombée en se réceptionnant. Bien fait !
Les sorciers présents dans la pièce purent voir, pour la première fois, l'apparence d'un épouvantard. Le corps grand d'environ 2m50, les bras longs atteignant ses genoux, les pattes arrière puissantes, la créature était recouverte d'une courte fourrure beige, striée de noir. Étrangement, il ressemblait à un chat humanoïde. Les seules différences étaient les dents et les oreilles. Les canines du bas remontaient sur les côtés de la mâchoire, à la manière des défenses d'éléphant. Et les oreilles, bien que pointues, étaient très longues et leurs pointes étaient surmontées de touffes de poils noirs.
L'épouvantard se tenait accroupi pour le moment, les oreilles plaquées en arrière et les yeux sautant d'un humain à l'autre très vite. Il savait, grâce au lien et à sa nature, que Harry n'était pas un danger, alors il tentait de se cacher derrière lui. Peine perdu avec sa taille imposante.
« Voilà, je vous présente un épouvantard. Surprenant hein ? Avec un tel corps, on se demande pourquoi il est si peureux. Après tout, il est même plus grand qu'un loup garou. Le petit gars, là, peut courir jusqu'à 4 fois plus vite qu'un être humain. Il ne possède aucune corde vocale, donc il communique par mimique. Bien que timide, il est carnivore. Peut-être pensez-vous n'en avoir croisé qu'ici, en cours. Les sorciers sont persuadés qu'ils sont très rares. Mais c'est faux. Ils sont simplement indétectables si ce n'est par le lien. Exemple : le Directeur Dumbledore se promène en forêt et croise un épouvantard, que voit-il ? Sa plus grande peur. Ni plus, ni moins. Et s'il ne prend pas le temps d'examiner ce qui lui fait face grâce au lien, il s'en tiendra à ce fait. Ignorant avoir rencontré ce bonhomme-là. »
Harry finit son explication en posant doucement la main sur le sommet du crâne félin. Les plus jeunes élèves retenaient leur souffle. C'était vrai que ce qu'ils considéraient comme « le monstre dans le placard » était déjà bien impressionnant au naturel.
Le directeur lui, regardait son professeur, songeur. Qui était cette enfant ? Ou quoi ? Les yeux étaient clairement surnaturels. Ça ne l'aidait pas beaucoup à comprendre Mr Famula. Il lui aurait fallu une peur un peu plus commune. Le mystère restait entier, à son plus grand désarroi.
« Bien, maintenant que les présentations sont faites, qui veut tenter sa chance ? »
Les regards étaient fuyants, regardant les autres, cherchant à déceler un potentiel volontaire. Ce fût une main tout devant qui se leva. Severus était partant pour faire l'exercice en premier. Ça rassurerait peut-être ses camarades, et il ne risquait pas grand-chose, ayant déjà pratiqué avec des épouvantards avant sa scolarité à Poudlard.
« Bien Severus, vas-y. »
Harry s'était écarté de la créature, la laissant fixer son attention sur son fils. Lors de la toute première fois où il avait confronté son enfant à l'épouvantard, celui-ci avait pris l'apparence de Tobias. Mais après quelques temps, une peur plus grande avait fait sa place dans le cœur de Severus. C'est donc sans surprises qu'Harry vit apparaître une copie de lui-même. Il se vit regarder son fils avec mépris avant de commencer à lui tourner le dos.
Severus, même si la peur de l'abandon était étouffante, réussit rapidement à se contrôler et à établir une connexion avec la créature. Elle se remit face à lui et retrouva petit à petit son apparence d'origine. Laissant même l'enfant venir flatter l'une de ses oreilles, même s'il gardait les muscles bandés, prêt à fuir. Le petit brun se tourna légèrement vers son père, attendant le verdict.
« Félicitation, c'était rapide. Bien, qui d'autre ? Oui, allez-y Miss Black. »
Bellatrix s'avança jusqu'à se trouver près de son protégé. Elle voulait rendre fier Harry. Elle voulait recevoir le même regard que Severus. Alors elle se concentra de toutes ses forces, prête à faire face à sa peur. Lorsque le petit Serpentard fit un pas en arrière, les yeux fendus de la créature se fixèrent sur elle. Et elle eut du mal à garder son calme lorsqu'elle se métamorphosa.
L'Entité en resta coite. Il avait été curieux de connaître la plus grande peur de la jeune femme. Et voir sa propre image prendre forme devant Bellatrix était vraiment choquant pour lui. C'était lui sa plus grande peur ? Tous les autres spectateurs avaient le même choc sur le visage, faisant naviguer leurs yeux du professeur à l'élève. Mais la peur se précisa lorsque son double ouvrit la bouche.
« Tu m'as vraiment déçu. Je ne comprends pas pourquoi je t'ai laissé rester à mes côtés. Va-t'en pendant que je suis encore clément ! »
Holà ! Il fallait quelle maitrise l'épouvantard rapidement. Sa peur risquait d'en révéler beaucoup trop ! Mais la jeune Black n'était pas une sorcière au rabais. Elle trouva le lien et se concentra dessus pour calmer la créature, qui reprit une nouvelle fois sa véritable apparence. La respiration de la jeune femme était rapide, mais elle arborait un sourire ravi. Elle avait réussi ! Elle se tourna vers son professeur, et planta son regard dans les yeux verts. Mais le brun était toujours surpris. Elle était comme Severus. Elle avait peur qu'il l'abandonne. Mais c'était plus profond que ça, elle avait peur de le décevoir, de ne pas être à la hauteur. L'Entité pouvait donc lui accorder sa confiance. Peu importe si, dans son passé, elle avait été une meurtrière. Aujourd'hui elle était une adolescente, un peu obsessionnelle, qui comptait sur lui. Il tiendrait son rôle et prendrait soin d'elle. Tant que son âme ne pourrissait pas, elle serait sous sa protection.
« Bien, Miss Black, c'était du rapide pour une première fois. Félicitation. »
Et pour la première fois, il lui accorda un sourire. Pas un sourire mécanique comme aux autres humain, mais un sourire chaleureux, prouvant sa sincérité. Bellatrix se mit littéralement à irradier de bonheur. Et Severus fronça légèrement les sourcils. Son père venait d'inclure sa camarade dans leur cercle très restreint. Il ne savait pas ce qu'elle avait pu faire pour le mériter, après tout, en 7 ans, personne n'avait obtenu un tel traitement. Mais le jeune Famula haussa les épaules, si son père avait jugé bon de l'intégrer auprès d'eux, il l'acceptait. Il considérait Harry comme extraordinaire et ne remettait jamais en cause son jugement…Sauf peut-être quand il se liguait à Crash, leur maudit furet, pour lui faire des blagues. Mais ce n'était pas le moment d'y penser.
Les élèves défilèrent devant l'épouvantard, et le cours ne prit fin qu'à l'heure du repas. Les élèves ronchonnaient, soi-disant « le matin c'est trop court ! » et « pourquoi on ne continue pas l'après-midi ? ». Mais alors que tout le monde sortait, Harry fit signe à son fils et Bellatrix de rester dans la salle. Ils attendirent que le grand brun salue Dumbledore.
L'Entité referma la porte et se tourna vers eux. Il réfléchissait à la façon d'exposer sa pensée. Comment leur faire comprendre la situation dans laquelle ils étaient maintenant tous les trois. Le corps de son fils le heurtant le fit sourire. Severus avait toujours besoin d'être un peu rassuré après un face à face avec un épouvantard.
« Hey. Ça va ? Tu as été encore plus rapide que toutes les autres fois aujourd'hui. Je suis vraiment fier de toi. »
« Merci. »
La réponse lui parvint étouffé, l'enfant ayant plongé sa tête dans sa cape. Harry releva les yeux, fixant Bellatrix, qui semblait aussi mal à l'aise qu'heureuse de pouvoir assister à cette scène.
« Bien. Asseyez-vous, nous devons parler. »
D'un simple regard, il matérialisa des chaises et une table. Plus confortable pour discuter. Et impressionnant sans baguette si les yeux bruns de Bellatrix étaient un indice.
« Bon, je ne sais pas trop par où commencer. Alors vous allez simplement poser les questions qui vous viennent. »
« Papa, tout à l'heure...Tu as inclus Bellatrix dans la famille, c'est ça ? »
Son fils avait compris le principe. Même si la formulation n'était pas tout à fait exacte. La jeune Black par contre n'avait sans doute pas compris ça et regardait Severus avec effarement. Et la réponse de Harry l'acheva.
« On peut dire ça. À partir d'aujourd'hui, Bellatrix sera sous ma protection. Ce qui signifie, pour vous deux, que vous pouvez compter l'un sur l'autre. Je vous fais confiance, faîtes de même. Mais, Bellatrix, ton comportement devra changer à partir de maintenant. Tu vas devoir respecter la magie et la vie. Peu importe qui se trouvera face à toi, je veux voir du respect. En revanche, respect ne signifie pas « passivité », comprit ? Si on te manque de respect, tu réagis. Si on t'attaque, tu réponds. Ça deviendra plus clair avec le temps, mais en attendant, tu peux prendre exemple sur Severus. Et je compte toujours sur toi pour veiller sur lui et les autres, d'accord ? »
« Euh...Oui. Oui, bien entendu. J'ai compris. »
« Papa, qui sont les autres ? Sur qui elle doit veiller ? »
« Remus Lupin, James Potter, Sirius Black et Lily Evans. J'ai mes raisons Severus. Mais sache que si tu veux lier des amitiés, ces quatre-là seraient mes premiers choix. Bon, allons manger avant de paraître suspects. »
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Assise dans son lit, Bellatrix n'arrivait pas à fermer l'œil. Harry Famula venait de l'intégrer officiellement dans son cercle. Elle n'avait même pas compris que le sourire qu'il lui avait adressé avait cette signification. Severus, par contre, avait tout de suite assimilé le geste à une intégration familiale. Est-ce que cela signifiait que c'était assez rare pour être notable ?
Quoi qu'il en soit, elle suivrait les ordres de son professeur. Respect des autres. Respect de soi. Se défendre contre toutes les sortes d'attaque. Cette façon d'agir lui rappelait celle des loups. Des alphas. Le comportement des dominants. Harry voulait-il les éduquer comme de futurs chefs ? C'était encore plus beau que tout ce dont elle avait rêvé. Cet Homme allait les mener au sommet, et seul Lui aurait une place supérieure.
Bellatrix se doutait que d'ici quelque temps les quatre Gryffondor auraient le même privilège. S'ils s'en montraient dignes. Sinon ils garderaient le statut de « protégés ».
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Severus était aussi réveillé que sa camarade. Son père était plus actif dernièrement que pendant les dernières années. Il intégrait dans leur vie de nouveaux paramètres. De nouveaux membres de la famille. Du moins, d'un certain point de vue. Parce qu'en réfléchissant aux paroles de son père, on comprenait que Bellatrix avait le statut de proche. Elle ne faisait pas encore partie de la famille. Elle n'était pas considérée comme sa sœur ou quoique ce soit. Mais si elle se comportait correctement, sans doute que ça deviendrait le cas. Pour les quatre autres, Severus ne savait pas encore quoi en penser. Son père s'intéressait à eux. Et son jugement avait toujours été parfait. Alors le jeune homme prendrait le temps de découvrir ces Gryffondor. Il trouverait ce qui avait titillé son Harry...
La suite bientôt...
