Du grand n'importe quoi dans ce chapitre mais j'avais besoin de me laisser aller... avant d'aborder des chapitres hauts en tension.
Chapitre 74 : Rififi et cie
Paris.
J'aime surprendre nos regards phosphorescents la nuit, dans l'intimité de l'arrière boutique. Ses iris irradient littéralement tant il a pillé des âmes à Hadès !...
Les miennes sont d'un éclat plus discret.
Je viens lui murmurer des mots doux et brûlants à l'oreille. Il s'en régale, faisant courir sa langue percée le long de l'intérieur de son arcade dentaire, dans une répétition de sons creux.
"My... oh my Lady..." ravi.
Je me pelotonne un peu plus contre lui, humant son goût musqué.
Puis le sommeil nous cueille à nouveau jusqu'au prochain réveil. Les Shinigamis ont besoin de beaucoup d'heures de sommeil, qu'importe leur âge.
Je me lève souvent avant lui, préparant le thé dont le fumet le tire agréablement de son caisson mortuaire.
Il se redresse, hume l'air, souriant, puis enjambe le cercueil d'un pas léger, mains frottées l'une contre l'autre, en appétit.
Il mange peu. Il est, de surcroît, très fin gourmet. Je ris souvent devant ses quantités de moineau.
"Ce n'est pas très gentil, de se moquer de mon petit appétit, my Lady !..." sans se départir de son sourire, agitant son index au long ongle laqué.
"Je t'aime."
Là, je le désarme totalement et savoure le son étranglé de sa déglutition.
"Ce n'est..."
"... pas fairplay ?... Je sais." haussant les épaules, souriante.
"Vraiment pas." ferme, froncé mais finissant par sourire. "Redis-le." doux.
"Je t'aime."
Il attrape mes mains et les embrasse avec empressement.
"Tu es adorable, Undy." riant, touchée par ses attentions.
"Je pense avoir fait une erreur de jugement que je me dois de t'avouer, my Lady."
Attentive.
"J'ai sous-estimé le lien qui t'unit à tes Juges."
"Nous en avons déjà parlé, Undy. Cesse de te faire du mal." venant caresser son visage.
"Loin de là !... Au contraire !... Je me plais énormément à être la faille dans leur surplis !..." ravi, sourire élargi, regard terrible.
Griffon. Allongé tout son long sur le divan de son bureau, magazine de mode à la main, branche de ses lunettes entre les lèvres.
Je pose le parapheur et en profite pour laisser mon regard courir le long de la silhouette fine.
"Tu le fais vraiment exprès, n'est-ce pas ?"
Il lève ses yeux améthystes sur moi, interrogation sur le visage. "Quoi donc ?"
"D'être si foutu sexy."
Il éclate de rire puis se met assis sur le divan, chaussant ses lunettes. "Serais-je à nouveau prompt à attirer ton regard, belle Léviathan ?..." flatté.
"Toujours."
"Quelle vile menteuse..." petit sourire de guerre, se laissant aller contre le dossier avant de se relever pour me tourner autour comme un fauve autour de sa proie. "Il y a... ce Shinigami... cet être maudit." faisant allusion à Crevan.
Je lève le menton alors que sa main me parcourt tout sauf sagement. Il se plaque dans mon dos, main glissant sous le menton pour m'offrir un baiser renversant.
"Soit. J'accepte d'être à nouveau à ton goût, Léviathan."
Pendant ce temps, au Sanctuaire, le pope était perplexe.
"Elle a encore pris 5 centimètres en moins d'une semaine..." s'étonnait Dégel.
"Elle devient... tous les jours plus femme..." avança prudemment Shion.
Le pope songea brièvement que le Bélier n'avait pas les yeux dans sa poche.
Le Scorpion, qui assistait à la conversation, eut un rictus terrible. "Sans parler des rendez-vous secrets avec le Sagittaire dans les fourrés !..."
Bélier, Pope et Verseau se tournèrent tous d'un seul tenant vers le Scorpion. Ce dernier, adossé contre une des colonnes du temple, admirait son ongle rougeoyant.
"Par..."
"... don ?" en chœur.
Kardia les toisa tour à tour. "Vous êtes vachement amusants, moi qui vous prenais tous pour des sinistres... En fait, vous êtes des petits comiques, tous !..."
"Explique nous ces rendez-vous secrets, je te prie, Kardia." annonça la voix profonde de Sage.
"Ben simple : votre petite déesse se dévergonde gaiement avec Sisyphus." comme s'il s'agissait d'une banale évidence.
"Cette déesse est aussi la tienne, Kardia, et j'aj..."
"Assez, Dégel." grogna le Pope.
"Toutes ces histoires pour quelques passes dans les fourrés, sérieux !..." associé à un geste qui en dit long
"Qu'on convoque Sisyphus." ordonna le Pope.
Athéna pleurait. La sanction avait été sans appel et Sisyphus fut banni du Sanctuaire.
"Mon cher Thanatos."
"Hmm ? que me veux-tu, Hypnos ?..." occupé à accorder sa lyre.
"J'ai appris que le Sagittaire a été banni du Sanctuaire. Plus, nous avons un petit compte à régler avec le pope en place."
"Huh ? n'est-ce pas toi qui as saccagé mon initiative d'aller faire la guerre au Sanctuaire devant sa Grandeur, Hypnos ?"
"Certes." s'installant aux côtés de sa moitié, venant passer une main douce dans les mèches rebelles et sombres. "L'instant est on ne pourrait mieux choisi..."
"Pour faire la guerre ou tout autre chose, Hypnos ?..." troublé malgré lui par les gestes de son double.
"La guerre d'abord. Pour le reste, tu disposes à ta guise de Veronica, non ?" pinçant.
Thanatos retint la main de son frère pour y laisser courir lèvres et langue sur le dos, regard chargé de désir. "Veronica est loin de posséder ton talent."
Hypnos accueillit le compliment par un petit sourire.
"Athéna Sama... ouvrez cette porte !..." suppliait Sage.
Athéna ne répondit à la demande que par quelques sanglots supplémentaires.
Sage fit les cent pas, sous le regard navré de Shion.
"Il ne nous manquait vraiment plus que cela !..." s'écria Sage, à bout de patience.
"Calmez-vous. Je vais aller lui parler..." amena Shion.
"Parler à une porte close ? nous voilà bien avancés, Shion."
Le Bélier rentra la tête entre ses épaules. "Je puis au moins essayer..." s'avançant pour frapper lentement à la porte. "Athéna Sama ?... Shion du Bélier. Puis-je m'entretenir quelques instants av..."
Une très puissante raie de lumière vint inonder le Sanctuaire entier. Sage serra les dents face aux deux cosmos surpuissants qui s'annonçaient.
"Pas maintenant !..."
Dans le haut ciel grec venaient d'apparaître deux silhouettes menaçantes en surplis.
"Ne laissons rien de cet endroit, Thanatos."
"Je l'avais saisi, Hypnos."
Jamais les dieux jumeaux n'avaient daigné foulé le sol même de la terre sacrée. Ils s'étaient toujours contentés de lancer leurs attaques depuis le ciel.
J'adresse un mail au bureau voisin : "J'aime cette idée que Violate porte à même la chair les sacrifices accomplis pour son roi et pour son ascension."
C'en est assez pour agiter le Garuda. Ce dernier s'invite dans mon bureau sans attendre.
"Toi aussi, tu souhaites porter les stigmates des combats livrés pour moi ?..." épaule adossée contre l'ébrasement de la porte, mains dans les poches de son jean stone. "Elles seraient plus nobles que les deux horribles points qui ornent ton avant-bras." grimacé.
Aussitôt, les marques indélébiles laissées par le Scorpion me lancent.
Aiacos s'avance, fermant la porte d'un coup de pied - ce qui lui vaut un juron anglais de la part de Rhadamanthys - tournant ma chaise par les accoudoirs, s'accroupissant devant moi. "Crois-moi, cette enflure ne perd rien pour attendre." ferme.
"Cos..." caressant ses mèches fournies. "C'est inutile."
Le Garuda me fixe, regard dense. "Tu..."
"Oui."
"La poisse." finissant par sourire.
"Relève toi, mon roi." l'y invitant d'une main.
Il se redresse.
Je fais courir mes mains le long de ses avant-bras.
"Mais l'attention était louable. Et je suis certaine que face à toi, il aurait morflé."
"HYPNOS ! THANATOS !" hurlait Sage, brandissant l'épée imprégnée du sang de la précédente déesse.
"Tiens, tiens, tiens, Hypnos... vois-tu cela ?"
"Absolument, Thanatos." ricanant.
"CESSEZ CE CARNAGE ET RÉGLONS NOS COMPTES !"
"Impudent ! Comment oses-tu t'adresser ainsi à nous, misérable ?!" grogna Thanatos, frappant le pope de plein fouet.
Son disciple, le Cancer, s'interposa, subissant l'onde de choc dans toute sa puissance ; propulsé contre un pan rocheux abrupt.
"Abruti !" grogna Sage.
"Tel disciple, tel maître." ricana Thanatos.
Hadès se promenait dans le vaste jardin qui précédait Elysion.
Cerbère se tenait à ses côtés, veillant son maître de près.
Hadès pénétra dans le temple et s'arrêta un instant devant les sarcophages de verre contenant les corps d'origine, effleurant la surface d'un doigt doux, souriant presque.
La mélancolie lui allait comme un gant et le rendait d'autant plus superbe ; sauvagerie à fleur de peau.
Il eut soudain très envie de Lune. Le désir l'avait pris comme par surprise, lui ceignant joliment les reins dans un étau lançant dans tout le bas-ventre.
Sur un soupir, il patienta encore un moment, émoi en déperdition.
Le menton légèrement levé, il inspira l'air que portait les fleurs du jardin dont l'éclosion était essentiellement nocturne.
Sa rêverie fut soudain interrompue par Rune. Ce dernier semblait pressé et agité.
Hadès clôt les paupières tandis que le Procureur ploya un genou devant lui. "Seigneur Hadès !... Il se passe..."
"... des faits fâcheux au Sanctuaire, je sais."
"Avez-vous... ordonné pareil assaut ?..."
Hadès secoua la tête. A l'évidence, non.
"Hypnos et Thanatos doivent apprendre de leurs erreurs."
La bataille avait pris un tout autre tour en Grèce : Thanatos, toujours aussi sûr de sa puissance, venait de se faire enfermer dans un tabernacle, au détour d'une ruse perfide.
Voyant cela, Hypnos finit par abandonner l'assaut.
"J'ai vraiment bien cru que notre dernière heure était arrivée..." soufflait le Pope.
Je rejoins Crevan dans le cercueil ouvert, me pelotonnant contre lui, jambes mêlées. Le sommeil nous cueille sans attendre.
J'ouvre la porte de la salle du trône et y découvre Crevan, debout, triomphant, brandissant sa faux le long du manche de laquelle coule un liquide carmin, souillant la face du Shinigami qui entrouvre la bouche, langue récoltant le précieux nectar. Contre le mur gît le corps percé et sanglant de Hadès.
Je m'éveille en sursaut, suintante, souffle happé.
Crevan ouvre les yeux. "My Lady ?..."
"Rien, je... j'ai fait... un cauchemar."
"Tu n'as pas choisi la position la plus confortable, my Lady : entre ton Seigneur et un Shinigami dont le rêve ultime est d'avoir le sang de son Maître sur les mains..." comme s'il avait deviné la raison de mon tourment. La situation le fait terriblement sourire.
Caroline écrase sa cigarette dans le cendrier puis fait tourner la clé dans la serrure sécurisée avant de débrancher l'alarme.
Elle retire son long manteau et le suspend.
Puis elle prépare le café.
Tout est silencieux dans la boutique.
L'heure passe. Caroline s'occupe comme elle le peut.
Préoccupée, elle franchit la porte de l'arrière boutique.
Dans un des cercueils, Undertaker ricane quant à la surprise qu'il lui réserve.
"Monsieur Crevan ?..."
Le couvercle d'un des cercueils s'ouvre lentement.
Caroline a les tempes battantes.
Undertaker bascule totalement le couvercle et pointe le bout de son nez. "Panne d'oreiller. Désolé, Caro line." avant d'éclater de rire devant le visage perplexe de la jeune Gothique.
"Toi !" entrant comme une furie dans la boutique, s'attirant un sourire - pour cause d'absence de clients.
"Que puis-je faire pour vous être agréable ?..."
"Dis-moi où se trouve Sui !"
"Hmm... et qu'obtiendrais-je en retour ?..." joueur.
"Rien du tout ! enfin si, je consentirai à épargner ton portrait." rageuse.
"Toute information se paye, ma chère..."
"QUOI ?!"
"Je disais que..."
"J'ai parfaitement compris, merci ! c'est hors de question !..." vive.
"Oh allons... ce n'est pas comme si je vous demandais de percer votre budget !..."
"Gné ?"
"Payez-moi en rire. Un rire de premier choix." renouant avec d'anciennes habitudes du temps où il travaillait pour un certain Comte, à l'époque victorienne, sourire visitant chaque oreille.
"QUOI ?! Mais t'es malade, vieux détraqué !..."
"Je vois que le sort de ce brave Sui vous importe peu..." ricanant, s'en frottant les mains, sachant qu'il parviendra fatalement à ses fins.
"N'importe quoi !" serrant les poings.
"Bien. Alors vous savez ce qu'il vous reste à faire." patientant, amusé.
Lune fronce puis soupire, résignée. "Bon... je vais te raconter une blague qui fait beaucoup rire aux Enfers..."
"Je suis tout ouïe." attentif.
La blague concerne Cerbère et ne fait pas du tout mouche.
"Non mais t'es sérieusement pénible !"
"C'est votre blague qui manque de qualité."
"Bon, très bien ! Voyons ce que tu vas penser de celle-ci !..." osant une blague sous la ceinture, qui se solde par le même résultat. "RAAAAAH !" sautant sur place de rage.
"Je ne comprends pas : je suis pourtant d'un naturel rieur..." goguenard.
Lune finit par l'empoigner. "CRACHE !"
Undertaker lui fait lâcher prise, d'une force qui dépasse l'entendement. "Doucement avec ma personne."
"Ta personne, je m'en tape !"
"Vous êtes incapable de m'offrir un rire de qualité, je doute fort que vous soyez capable de concrétiser votre menace."
Excédée, Lune fait appel à son surplis.
"Ah ? vous le prenez sur ce ton, jeune fille ?" se saisissant de sa faux, la brandissant.
"Que Lévi tienne à toi ou non, je vais te réduire en charpie !"
"Je vous rappelle être le seul à détenir l'information qui vous intéresse mais soit !... Montrez-moi votre talent !..." se préparant à l'affrontement, faisant s'abaisser les stores de la boutique d'un claquement de doigts, pour plus d'intimité.
"Bon, je sais que Lévi ne va pas me pardonner..." rumine Lune.
"A moi non plus de vous avoir abîmée..."
"Ah !... Attends ! J'en connais une bien bonne !..." se lançant dans une blague qui vise Hadès et qui remporte un franc succès auprès d'Undertaker qui s'en tient les côtes, riant aux éclats puis terminant en hoquets répétitifs. "Oh my... j'ai bien cru que nous en arriverions aux mains !..."
"Moi aussi. Pfiouuuu !... Lévi m'aurait tuée !..."
"Huhuhuhu ! c'est peu de le dire, oui."
"Bon alors... il est où, Sui ?"
"Laissez-moi vous servir un thé."
Ils s'installent derrière le comptoir.
"Quelques cookies ?..."
"Dit-il alors qu'il était prêt à m'égorger !..."
"Vous m'avez fait rire. Partant de là, vous pouvez obtenir de moi ce que vous souhaitez."
"Beuuuuh." faisant la moue. "Je laisse ça volontiers à Lévi."
"Hih hih !..."
"Bon, alors ? Sui ?"
"Comme je vous l'ai déjà expliqué : Sui s'est ôté la vie. Il lui a été donc proposé d'officier en tant que Shinigami."
"Il a accepté ?"
"Oui. Car ce sort est plus enviable que celui proposé par Hadès."
"Peuh ! Et ? je peux le voir ?"
"Bien sûr. Vous le verrez s'il accepte d'entrer en contact avec vous... chose peu probable, considérant votre connexion avec son frère, le terrible Bénou."
"Mais..."
"Plus, il a choisi de sortir du circuit, c'est-à-dire qu'il n'est pas soumis aux lois du Département des Shinigamis."
"Par ton entremise, je suppose..." blasée.
"Absolument. J'ai d'ailleurs été surpris par sa maturité pour son jeune âge..."
"Vous m'avez l'air épuisé. J'ai préparé une table de massage ainsi qu'une diffusion d'huiles essentielles relaxantes..."
"Je t'aime, Sebby." jetant son sac au sol.
"Je ne vous en demande pas tant !..." clin d'œil.
Lune s'installa sur la table.
"Je vous masse sur votre pull ?..."
"Ben... oui." rougissante.
"Je ne pense pas que ce soit efficace." dépliant une serviette éponge grand format. "Voici de quoi couvrir votre nudité pendant que je m'occuperai de votre dos."
Lune se releva pour quitter son pull derrière le paravent et se glisser rapidement sous la serviette.
Sebastian frotta ses mains pour les réchauffer et commença.
"Comment était votre journée ?"
"Bof... y'a un croquemort mythomane qui me fait chier."
"Vraiment !... Vous avez d'étranges fréquentations..." amusé, sachant pertinemment qu'elle fait référence à Crevan.
"A ce propos : un autre type dont je ne sais rien s'est présenté à moi pour, je cite, accomplir mes tâches ménagères et il est en train de masser mon dos nu actuellement..."
"Que voilà un garçon attentionné !..." taquin.
"Je plaisante pas."
"Moi non plus. Jamais." souriant.
Il massait comme un dieu, l'enfoiré !... Lune se détendit, manquant de s'endormir.
"Sans déconner, Sebastian... t'es qui ? ou... quoi ?..."
"Quelqu'un dont le seul but est de prendre soin de vous." sans se livrer davantage.
"On ne fait jamais rien gratuitement."
"Je fixerai mon prix en fonction de mon humeur, Mademoiselle."
"Mmmm... oui... plus haut... lààà..." savourant son massage.
Lune traînait dans les hôpitaux, à la recherche de Sui. Elle se disait qu'elle pourrait le rencontrer là, au détour d'un décès. Elle abandonna rapidement cette initiative, ayant horreur des hôpitaux !...
"J'ai fait tous les hôpitaux de la ville..."
"Tu es adorable." admit Kagaho.
Lune se pelotonna davantage contre lui.
La clé tourna soudain dans la serrure. Lune se raidit. Bon sang !... elle avait pourtant ordonné à Sebastian de ne pas apparaître ce soir.
Kagaho bondit hors du canapé et déboula dans le couloir, se retrouvant nez-à-nez avec le bellâtre.
"Dis donc, toi ?! tu te crois où ?"
"Chez Mademoiselle. Pourquoi ?..." pas intimidé pour trois sous.
Kagaho l'empoigna, prêt à lui fracasser le poing sur la figure.
"Je venais simplement déposer le linge repassé hier." annonça posément le majordome.
"Le... linge ?..." grimaça le Bénou.
"Oui. Mademoiselle pensait que vous la rejoindriez hier mais visiblement vous avez été retardé..." presque amusé.
Kagaho grogna en raffermissant sa poigne. "Luuuune ?..." grogné.
Ce n'était pas bon signe !...
Lune mit du temps à apparaître. "Je peux tout expliquer... enfin..."
"Inutile. Tu comptais me le dire quand ?"
"Attends, c'est ce type qui a insisté pour..."
"Pour te foutre dans son lit ?!"
"Nooon ! Pour s'occuper de mes tâches ménagères !..." affolée.
Le Bénou haussa un sourcil.
"Je sais, ça paraît dingue mais..."
"Je lui coule occasionnellement un bain et lui prodigue des massages dont elle ne s'est jamais plainte." crut bon d'ajouter Sebastian.
"Tu m'en diras tant !..." poing qui démange fortement.
"Il ne me masse pas dans la baignoire, hein !"
"Lune... à ta place j'éviterai d'ouvrir la bouche." grogna le Bénou, flammes sombres commençant à danser autour de lui dans des éclats vifs de cosmos.
"Je m'occupe d'elle en tout bien, tout honneur."
"Ha ! tu entends !..."
"Boucle-la, Lune." aboyé.
"Bon, toi. Rendez-vous sur le toit, que nous réglions nos comptes."
"Sans problème, aucun." narquois, sûr de sa force et du dénouement.
"Inutile de revêtir mon surplis pour un minable dans ton genre."
Le sourire en face s'étend, dévoilant des canines extrêmement pointues.
"Kagaho, attends !..." dit Lune.
"Ne m'approche pas !" grogna le Bénou.
"Vous êtes du genre susceptible, vous, non ?" s'amusait Sebastian.
"Tu vas tâter de mes flammes et ne plus faire le guignol !..."
Sebastian fit une révérence. "A votre entière disposition."
Sur un cri de rage, le Bénou les fit passer tous deux à travers la fenêtre.
Au lieu de chuter au sol, Sebastian se rattrapa en une pirouette maîtrisée.
Il faisait désormais face au Bénou, sur le toit de l'immeuble.
"Je vois. Véritablement pas humain..."
"Quel grand sens de l'observation !..." s'amusait Sebastian.
"Bon. Que veux-tu à Lune ?"
"Peut-être son âme."
"Je vois..."
"Cependant, si elle m'offre son corps..."
Bénou hurla et fracassa un pan de toit, manquant Sebastian.
"Ce que je disais : susceptible." se reposant avec grâce en bord de toiture.
Le Bénou repartit à l'attaque mais Sebastian esquivait chaque charge avec une grâce inouïe.
Kagaho dut se rendre à l'évidence rapidement : ce type - ou plutôt cette chose - était plus rapide que lui, pourtant réputé le plus vif des Spectres !...
"Souhaitez-vous que je m'occupe de votre formation en matière de vitesse ?..." terriblement narquois.
"SILENCE !" hurlé, plein de rage.
Sebastian esquiva un nouveau coup, visage proche de celui de son adversaire. "Votre âme me paraît fort intéressante également... avoir le lot, me ravirait au plus haut point."
"TU N'OBTIENDRAS RIEN DU TOUT !"
Un coup de faux, esquivé de justesse.
"Houmpf !... un trouble-fête." grinça Sebastian.
"Si j'ai la fâcheuse tendance à faire revivre les morts, toi, tu as un appétit démesuré pour les âmes." faisant danser sa faux avec dextérité.
"Crevure, ne te mêle pas de ça !..." hurlait Lune depuis la fenêtre, rameutant tous les voisins. "Oups !"
Soudain, des éclairs brefs déchirèrent le ciel et Hypnos apparut. "Kagaho du Bénou. Notre Seigneur te demande."
Le Bénou serra le poing. "J'ai une affaire plus urgente à régler ici."
"Tu oses désobéir à notre Seigneur ?" grinça Hypnos.
Le Bénou serra les dents. "Je règle son compte à ce malappris et j'arrive."
"Ce n'est pas mon rôle de le faire patienter." avec un sourire plus vif. "Lune y parvient bien mieux que moi."
Kagaho porta son regard sur Lune.
"Je le fais patienter avec mon benet, hein ! mon benet !..."
Le sourcil droit de Kagaho marqua une hausse.
"Rien ne vous retient ici. Sauf si vous avez envie de vous ridiculiser en public." amena Sebastian.
"TOI !" fonçant sur le majordome.
Une nouvelle fois, il esquiva. "Bien. Assez jouer."
C'est alors que la faux de Crevan le transperça, faisant jaillir sa lanterne cinématique. "Voyons un peu ce que tu caches... je me suis toujours demandé pourquoi une bête sauvage comme toi porte le frac et joue au majordome." se régalant par avance.
