Disclaimer : les persos ne sont pas à moi et les chansons non plus
Genre : pas UA même si j'ai dû faire des changements pour adapter, aventure, romance et angst ça c'est sûr.
Rating : M pour la suite
Couple : 1x2 bien sûr ! vous m'avez déjà vu faire autre chose ?
Ça sent la fin moi je dis …. Comment ça il était temps ? Non en fait vous avez raison et je me sais coupable mais croyez-moi le boulot plus le bébé malade à répétition c'est parfois une gestion difficile...
Sinon les chansons que vous trouverez dans ce chap sont Fight as one de Bad City (BO de The avengers) et Iconoclast de Symphony X que j'ai trouvé particulièrement appropriée pour le coup ! Comme d'hab j'ai mis direct la trad …
Merci à tous ceux (toutes celles je pense en fait) qui me suivent, laissent un petit mot (JTFLAM) ou me mettent en favori ou alert. C'est gentil et vraiment motivant …
_ Comment va-t-il ? L'interrogea Wufei quand il le vit arriver dans l'infirmerie, Duo dans les bras.
Le japonais prit le temps de déposer son trésor sur un lit vide avant de se retourner pour faire face à la doctoresse et au chinois.
_ Une balle dans l'épaule, le reste je ne sais pas.
_ Très bien, je m'en occupe, sortez, je viendrai vous chercher dès que j'aurai fini, leur assura Sally.
Les pilotes sortirent et s'assirent dans le couloir. Ils mirent à profit leur temps libre pour se tenir au courant de leur partie respective de l'échange. Heero apprit qu'il n'y avait eut aucun problème, que Deathscythe était au hangar pour les réparations et que Quatre suivait la piste.
_ 01 ! 05 ! Au rapport tout de suite ! hurla la voix de J à travers les haut-parleurs.
Heero et Wufei se regardèrent une seconde en silence. Pas besoin de parler, ils s'étaient compris et ils savaient qu'ils allaient prendre cher...
A peine arrivés dans le laboratoire où les scientifiques s'étaient encore réunis, ils purent sentir la tension environnante les prendre directement à la gorge. C'en était suffocant et ils firent un effort surhumain pour ne pas tout simplement faire demi-tour.
_ Asseyez-vous ! Leur ordonna J en ne les lâchant pas des yeux.
La disposition des profs dans la salle faisait penser à un tribunal. A l'exception de G qui était un peu à l'écart, les autres se tenaient debout les uns à côté des autres et les fixaient sans sourciller mais impossible de déterminer leur état d'esprit. Un silence pesant régna quelques instants dans la pièce avant que J ne se mette à parler.
_ Non seulement vous avez désobéi aux ordres mais en plus vous avez mis en danger l'humanité entière ! Et non contents de ça, vous avez réussis à corrompre l'un d'entre nous pour qu'ils vous aident dans vos délires ! Cria-t-il encore.
_ Calmez-vous J, le coupa G d'une voix blasée. Ils ne m'ont rien fait du tout, je les aidé de mon propre chef. De plus, le plan que nous avons monté est non seulement une réussite mais en plus bien meilleure que ce que vous aviez prévu puisqu'il nous permet de récupérer en plus les bombes déjà construites, expliqua-t-il. Vous êtes simplement vexé de ne pas y avoir pensé avant. Si c'était à refaire, je referai exactement la même chose. Je vous présente simplement mes excuses pour avoir dû vous droguer tous mais nous n'avions pas le temps d'essayer de vous convaincre, termina-t-il.
J était furieux et rouge de colère mais ne trouvait plus rien à dire, quant aux autres scientifiques, ils semblaient réfléchir à tout ça et, enfin, après plusieurs minutes de silence, ils approuvèrent la remarque de G et le mentor de Heero parti en claquant la porte, comme un gosse vexé.
_ Ne vous inquiétez pas, fit O, il se calmera. Allez donc vous reposer et prendre des nouvelles de Maxwell.
Sur un merci silencieux et encore légèrement tendus, les pilotes quittèrent la salle. Ils étaient encore un peu secoués, ils étaient persuadés d'être mis à pied au moins, si ce n'est pire et on les avait presque félicités, à l'exception de J bien sûr mais bon … Ils ne pensaient pas s'en tirer aussi bien. Ils avaient du mal à le croire mais ils n'étaient pas assez stupides pour laisser passer cette occasion de prendre des nouvelles de Duo.
Aussi, ils retournèrent rapidement à l'infirmerie et sautèrent presque sur Sally.
_ Il va bien, leur dit-elle aussitôt en levant les mains. Il ne devrait pas tarder à se réveiller. J'ai enlevé la balle et il pourra utiliser son bras correctement d'ici trois ou quatre semaines. Il est fortement déshydraté et sous-alimenté mais je l'ai mis sous perf et avec une alimentation surveillée, il sera comme neuf dans quelques jours, précisa-t-elle.
_ Je p...
_ Oui Heero, tu peux aller le voir, dit-elle en souriant, contente d'avoir anticipé et deviné ce que le japonais voulait dire.
Heero lui lança son habituel regard glacé, un peu gêné d'être aussi prévisible et entra sans attendre, refermant la porte sur un dernier signe à Wufei, qui, il le savait, préférait les laisser seuls et surtout passer un peu de temps avec la doctoresse.
Voir encore une fois Duo allongé sur un lit, blessé, n'était pas une vision des plus réjouissantes, mais à tout prendre elle était quand même préférable à ne plus le voir tout court alors … Savourant la chance qui lui était offerte de l'avoir à nouveau à ses côtés, Heero s'assit sur la chaise à côté de la tête du lit et laissa ses yeux se promener sur la silhouette sous les couvertures.
Duo était sur le dos, le drap remonté jusqu'au cou mais on devinait aisément les bandages autour de son épaule et on voyait également le tuyau de la perfusion disparaître sous le drap. Pourtant le japonais n'y prêtait aucune attention, il se contentait de faire le tour de son visage des ses yeux de glace, attendant patiemment qu'il revienne à lui.
Sans même s'en rendre compte, sa main se leva d'elle-même pour dégager les mèches de cheveux qui lui cachait la vue de son visage et attirée par la douceur de cette peau diaphane, elle dirigea ses caresses sur les joues dont elle fit le tour avec déférence pour se poser près de ses lèvres. De son pouce, Heero caressa légèrement la bouche sensuelle de Duo, rêvant d'un jour où il aurait la chance de le faire avec la sienne, où il pourrait y passer sa langue tout en le serrant contre lui. Il donnerait tout ce qu'il avait et plus encore pour qu'un tel jour arrive vraiment …
Tout à ses pensées, il ne réalisa pas tout de suite que Duo le fixait, encore un peu endormi mais indubitablement conscient. Il sursauta, comme pris en faute, et retira sa main dans un réflexe d'auto-protection.
_ Duo, souffla-t-il doucement, comment te sens-tu ? Tu as mal ?
_ Non, ça va, lui répondit Duo.
Ce dernier était encore un peu perdu dans les méandres de ses rêves, embrouillé par les calmants. La douce caresse du japonais sur son visage lui avait fait croire un instant qu'il était encore un petit enfant, dormant auprès de sa mère, seulement il ne savait pas très bien laquelle, sa maman humaine ou sa maman gorille ? C'était assez confus dans son esprit. Mais lorsque les caresses s'étaient dirigées vers ses lèvres … les images de son enfance s'étaient fondues les unes dans les autres pour se transformer en autre chose …
Si il en avait eu connaissance, il aurait su que ce quelque chose était communément appelé fantasme. Il imaginait que Heero lui prodiguait ces douces caresses et comme si son rêve avait été exaucé, lorsqu'il ouvrit les yeux, c'était bien le brun qui se tenait là, à ses côtés. Sauf que dans son rêve, il n'était pas assis mais allongé dans le lit avec lui et que sa bouche remplaçait sa main ...
Et au moment où Heero lui demandait si tout allait bien, tout lui revint en mémoire d'un coup, comme un violent retour de boomerang. Mais il n'avait pas menti au japonais, physiquement il n'avait pas mal, les antidouleurs faisant encore effet.
Heero était gêné, il ne savait pas quoi dire, par quoi commencer. Il y avait tant de choses dont il fallait parler. Peut-être que de commencer par leur mission lui permettrait d'y voir plus clair. Aussi, faisant abstraction des yeux déçus du jeune sauvage, il entreprit de lui expliquer leur plan de sauvetage, le rôle de chacun d'entre eux et de G.
_ C'était de la folie, lui répondit Duo d'une voix basse. Il y avait trop de risques, je ne mérite pas qu'on mette en péril l'avenir de l'humanité, je ne suis pas Réléna, ajouta-t-il plus sombre.
Il était plus que troublé par ce que venait de lui apprendre Heero. Si il avait été à leur place, il n'aurait pas essayé de se sauver … Mais si ça avait été le japonais à sa place ? Qu'aurait-il fait ? Il l'aurait sauvé sans l'ombre d'un doute mais c'était différent non ? Lui, il aimait Heero !
Pourtant, plus il y pensait, plus il comprenait. Si ça avait été un autre de l'équipe, un autre de sa famille, il les aurait sauvé également. Cela voulait-il dire que les pilotes le considéraient comme un membre de leur famille ?
Il tourna un regard plein d'espoir vers Heero qui se retenait comme il pouvait pour ne pas s'énerver après les dernières paroles de Duo, conscient malgré tout qu'il avait besoin de temps.
_ Tu comprends maintenant ? Lui demanda-t-il gentiment en passant une main douce sur son front. Nous ne pouvions pas te laisser, Duo, insista-t-il encore. Nous t'aimons.
Les pommettes du natté prirent une délicieuse teinte de rouge qui donna envie au japonais de le prendre dans ses bras. Il se retint, ce n'était pas le bon moment, il y avait encore des choses à dire.
_ Quatre et Trowa ont suivi la piste de Oz. Ils nous contacteront dès qu'ils seront sûrs de la destination finale de la cargaison. Une fois fait, nous les rejoindrons, Wufei et moi, précisa-t-il, pour mettre en place un plan d'action et récupérer les bombes avant qu'ils ne s'en servent. Il faudra aus...
_ Non ! Le coupa Duo. Hors de question que vous me laissiez encore derrière ! S'écria-t-il. Si j'avais participé au combat dès le début, Quatre n'aurait pas été blessé et je n'aurai pas été fait prisonnier !
_ Ça tu n'en sais rien, le contra Heero d'une voix dure. Ne compte pas venir avec nous alors que tu es blessé. Je ne remets pas en cause tes talents de pilote, ajouta-t-il plus doucement, j'ai pu constater que tu étais un très bon combattant mais tu n'es pas en état de …
_ On ne sait même pas quand l'attaque aura lieu, j'irai sûrement mieux d'ici là ! Le coupa Duo.
Heero secoua la tête, il ne pouvait pas se résoudre à emmener Duo avec eux, il avait bien trop peur pour sa survie.
_ Je refuse d'être laissé derrière ! Si il vous arrive quelque chose à vous aussi, je me le reprocherais toujours ! Tu comprends ça ? Lui dit farouchement Duo.
Faisant fi de sa blessure, il s'était redressé en grimaçant pour montrer toute sa détermination.
_ D'accord, fit Heero pour le calmer, nous verrons à ce moment là mais ne t'énerve pas, tu vas ouvrir ta plaie. Rallonge-toi … s'il te plaît, ajouta-t-il plus doucement.
Vaincu par le regard glacé mais si touchant de son ami, Duo se réinstalla plus confortablement. Il n'avait pas dit son dernier mot mais il verrait en temps voulu.
_ Comment va Réléna ? Demanda-t-il pour changer de sujet.
Heero tiqua mais préféra ne rien laisser paraître. Il était toujours aussi jaloux à l'idée que Duo puisse s'intéresser à elle mais il ne pouvait pas non plus l'obliger à l'aimer lui, et puis la princesse serait un bon choix pour le jeune sauvage. Elle n'était pas toujours très futée et souvent trop naïve mais elle était encore jeune et …
Se rendant compte du silence dans la pièce, il réalisa qu'il n'avait pas répondu à Duo.
_ Je suppose qu'elle va bien, répondit-il alors d'une voix neutre.
_ Tu supposes ? Fit Duo, surpris.
_ Je ne l'appelle pas tous les jours, lui répondit Heero un peu sèchement.
_ Mais je croyais que … enfin … elle et toi ? Bafouilla-t-il.
Heero le regarda sans rien dire, choqué. Abasourdi même pour être exacte. Lui et Réléna ? Où diable était-il allé chercher ça ? Rien que l'idée lui donnait des boutons. Il frissonna sans s'en rendre compte.
_ Heero ?
Ce n'était pas comme ça qu'il avait imaginé ses retrouvailles avec Duo. En fait, dans ses rêves les plus fous, ils ne prenaient pas la peine de parler, et si un lit était effectivement présent dans son fantasme, Duo n'était pas normalement seul dedans, ni blessé.
La situation s'embourbait, elle était lourde et il n'arrivait pas à se défaire d'un sentiment de frustration qu'il ne parvenait pas à s'expliquer. Il avait l'impression que des choses qu'il voulait dire n'était pas encore sorties mais il ne savait plus lesquelles.
Sans qu'il ne comprenne comment ni pourquoi, ils s'étaient retrouvés tous les deux à discuter comme si ils s'étaient vus la veille alors qu'il crevait d'envie de lui dire à quel point il lui avait manqué, à quel point il avait eu peur … Tout ça lui paraissait juste irréel …
_ Heero ? L'appela à nouveau Duo de plus en plus inquiet.
_ Si tu savais comme tu m'as manqué, souffla le japonais en quittant sa chaise pour s'agenouiller près du lit.
Il voulait être plus près de lui, le plus possible.
_ Je … tu … toi aussi, bredouilla Duo.
Il était un peu perdu depuis son réveil mais là, il était carrément largué. Heero n'avait même pas répondu à sa dernière question. Et il sentait cette chaleur naître à nouveau dans son ventre maintenant que la proximité du japonais était encore plus forte.
_ J'ai eu tellement peur de ne plus jamais te revoir, continua Heero, la voix de plus en plus grave et basse. T'imaginer prisonnier dans je ne sais quelle cellule sordide, toi qui devrais vivre libre à tout jamais, que j'ai connu dans la jungle volant d'arbre en arbre, te savoir enfermé et peut-être blessé me rendait malade, ajouta-t-il sans rien voir du trouble de son ami.
Maintenant que les mots qu'il cherchait depuis le début avaient commencé à sortir, il ne les contrôlait plus.
_ La première fois que je t'ai vu, si sauvage et si fier, je t'ai trouvé incroyablement, irrésistiblement magnifique, lui avoua-t-il d'une voix de plus en plus rauque.
Sans qu'il ne s'en rende compte, sa main était revenue se poser sur la joue de Duo et il le fixait si intensément que le natté se sentait comme transpercé par son regard de glace. Regard qui brillait tellement que Duo put y voir cette flamme qui lui avait tant manqué à lui aussi.
_ Tu m'as tout de suite attiré, je savais que je ne devais pas, que c'était impossible, mais c'était quelque chose contre lequel je ne pouvais pas lutter, jusqu'à ce que je cède et que je me laisse aller à imaginer des …
Heero s'interrompit, comme perdu dans ses souvenirs.
_ J'ai été à l'encontre de tout ce qu'on m'a toujours enseigné mais c'était tellement évident pour moi que je devais prendre soin de toi, te protéger … Je n'avais pas de cœur avant de te connaître Duo, murmura-t-il. Tu l'as crée et l'as volé dans la seconde qui a suivit … chuchota-t-il comme si il s'agissait du plus grand secret de l'univers. Avant toi, je ne savais pas que j'étais humain, que je pouvais ressentir, vivre … Je me croyais machine dédiée à la guerre, tu as fait de moi un homme à part entière et sans rien faire d'autre que d'être toi-même, d'être là, près de moi. Je t'aime, termina-t-il dans un souffle, à un pauvre centimètre de son visage.
Inconsciemment, il s'était rapproché encore de Duo au cours de sa déclaration, son front était presque contre celui du blessé et ses mèches de cheveux se mélangeaient aux siennes. Sa main s'était faite plus ferme sur sa joue pour être sûr qu'il ne détourne pas le regard. Il voulait qu'il lise dans ses yeux à quel point il était sincère.
Duo était incapable de répondre quoi que ce soit. Ce n'était pas tant le peu d'habitude qu'il avait encore, malgré tout, des relations humaines mais plus l'émotion qui le submergeait comme un tsunami.
Il se perdait dans les orbes glacées qui lui faisait face, y lisant tout ce qu'il avait toujours voulu y voir, le reflet de son propre cœur. Il décida de ne plus penser, de laisser tomber tout ce qu'il avait appris au moins pour quelque secondes et de faire confiance à son instinct.
Il se redressa un peu pour coller leur front et passa son bras valide autour du cou de Heero pour poser ses lèvres sur les siennes. C'était ce dont son corps avait besoin, ce qu'il réclamait et ça lui suffisait pour justifier ça.
Heero sentit son corps s'enflammer quand les lèvres de Duo entrèrent au contact des siennes. Cela voulait-il dire qu'il l'aimait lui aussi ? Ce baiser était si pur, si innocent qu'il n'osa aller plus loin et ce n'était pourtant pas l'envie qui lui manquait.
_ Je vais te laisser te reposer, dit-il en se reculant délicatement. Tu dois être encore fatigué.
Duo secoua la tête, il ne voulait pas que Heero parte, il ne voulait pas le lâcher et le laisser partir là où il ne pourrait pas le voir. Le japonais sembla comprendre car il ne parti pas bien loin. Il poussa juste un peu Duo et s'installa à ses côtés.
Une fois enfermé dans le cocon protecteur et chaleureux du brun, Duo ferma les yeux et laissa le sommeil l'envahir.
_ Le problème c'est que je ne vois pas comment on va entrer dans cette satanée base ! S'exclama Wufei en détaillant les photos que Quatre et Trowa avaient ramené. Treize est bien plus prudent maintenant, la sécurité est plus que renforcée, il a crée une véritable forteresse ! S'écria-t-il rageusement.
Tous réunis dans une des salles de repos de la base qu'ils n'avaient pas quitté depuis deux semaines, les pilotes ne cessaient de réfléchir à une possibilité pour eux de récupérer les bombes pour enfin achever Oz.
Trowa et Quatre étaient rentrés depuis près d'une semaine. Ils avaient planqué à proximité de la base pour repérer les allées et venues, les déplacements des officiers et du générale lui-même. Ils étaient rentrés avec un rapport de plusieurs dizaines de pages que tous épluchaient depuis sans trouver la moindre solution.
_ Faut dire aussi qu'il ne s'est pas installé dans un coin facile à approcher … maugréa Quatre, pour une fois pas de très bonne humeur.
Le chef de Oz avait eu la brillante idée de s'installer dans le Liechtenstein, minuscule petit état dans les Alpes autrichiennes où la population avait toujours été plus ou moins à l'abri des guerres et n'y connaissait pas grand chose en terme militaire.
Il avait put sans problème faire construire sa base ultra-perfectionnée dans la périphérie de la capitale, presque à flanc de montagne, en la faisant passer pour une base de recherches aérospatiales.
L'enquête que Quatre avait mené discrètement auprès de la population avait été très révélatrice. Personne ne se doutait de ce qu'était réellement ce centre et les pilotes en étaient malades. Ils passeraient encore pour des terroristes sanguinaires en s'y attaquant.
En plus, pour couronner le tout, les profs n'avaient aucune idée et J ne cessait de leur répéter de se débrouiller seul puisqu'ils n'avaient pas eu besoin de lui sur la mission précédente. Le savant était vexé …
Ils se retournèrent comme un seul homme en entendant la porte s'ouvrir et Heero se leva d'un bond en voyant Duo entrer, un plateau dans une main et la poignée dans l'autre.
_ Duo ! S'écria-t-il. Sally t'a dit de rester couché !
Le jeune sauvage lui fit un sourire éclatant mais un brin malicieux et Heero frissonna.
_ J'ai son autorisation Heero, je savais que tu me forcerais à me recoucher si je me levais sans, alors elle m'a examiné et a donné son accord, répondit-il très fier de lui. Je me suis dit que vous pouviez faire une pause pour souffler un peu, ajouta-t-il plus sérieusement en posant son plateau sur la table centrale.
Une délicieuse odeur de café s'en élevait et de petits gâteaux étaient regroupés dans une coupelle au milieu des tasses.
_ C'est une merveilleuse idée Duo, merci beaucoup, fit Quatre en se servant.
Il fut vite imité par les autres à l'exception du japonais qui ne quittait pas des yeux son trésor, inquiet pour son bras qu'il ne jugeait pas suffisamment remis. Depuis sa déclaration, ils n'avaient pas reparlé de tout ça, se contentant de gestes tendres, de baisers volés mais toujours très chastes, presque enfantins.
Heero ne voulait pas le brusquer, conscient qu'il était loin d'en être au même stade que lui ou que n'importe quel jeune homme de leur âge à cause de son passé. De plus, Duo ne lui avait toujours pas répondu autrement que par des gestes et il en venait parfois à douter que le jeune sauvage l'aime réellement comme lui l'aimait.
Toutefois, ce n'était pas vraiment le sujet de préoccupation pour le moment. La guerre n'était pas terminée et ils n'arrivaient pas à se projeter tout simplement parce qu'il restait beaucoup d'autres choses prioritaires pour la survie de l'humanité qui n'avaient pas encore été traitées.
Les autres n'avaient rien dit pour l'instant quant à leur soudain rapprochement. Même si ils étaient étonnés des gestes tendres que pouvait avoir Heero envers Duo, eux qui n'étaient pas habitués à le voir ainsi, ils n'avaient fait aucun commentaire.
Aussi, pas un seul ne fit une remarque lorsque Duo vint s'installer sur les genoux du japonais qui l'entoura aussitôt de ses bras avant de l'embrasser tendrement dans le cou.
_ Je peux ? Interrogea Duo en montrant les rapports sur la table.
_ Hn, grogna Heero, pas vraiment content de le voir s'intéresser à ça.
Duo s'installa plus confortablement, calant sa tête contre l'épaule du brun et se mit à lire le rapport, écoutant d'une oreille distraite ce que disaient les autres.
_ Je ne vois vraiment pas … disait Trowa. On a beau retourner le problème dans tous les sens, à moins de leur tomber dessus par surprise …
_ Hum hum, approuva Quatre en avalant une gorgée de café, d'autant plus qu'ils vont bientôt avoir terminé les bombes et qu'après ils partiront alors pour les retrouver …
_ D'ailleurs, reprit Trowa, j'ai eu des nouvelles des rebelles qui surveillent la base pour nous, il semblerait qu'il y ait du mouvement, de plus en plus d'hommes s'y rassemblent, je ne sais pas ce que prévoit Treize mais c'est pour bientôt …
_ Oui mais leur « tomber dessus » pour reprendre tes mots Trowa … c'est trop risqué avec les bombes, on en déjà parlé avec les profs et ils sont formels, elles sont d'une puissance telle qu'elles raseraient le pays et nous avec, amena Wufei d'un ton sombre.
_ On peut essayer de pirater leur système pour s'infiltrer, ajouta Heero, mais ça impliquerait une perte de temps colossal et un timing à toute épreuve et sans les plans de la base on …
_ Excusez-moi, le coupa Duo, je viens seulement d'arriver et vous avez peut-être déjà eu l'idée mais …
Il s'interrompit, soudain timide devant les trois paires d'yeux braqués sur lui plus, il le sentait, toute l'attention du japonais dirigée vers lui.
_ Dis-nous, l'encouragea Heero d'une voix rassurante.
_ Et bien … je me disais, commença-t-il doucement, il faut bien les nourrir tous ces soldats, ils doivent avoir des livraisons régulières, on pourrait s'infiltrer comme ça, au moins deux d'entre nous, et les autres resteraient dans leur Gundam pour intervenir dès que les bombes seraient hs et … pardon, je m'emballe, fit-il en baissant la tête.
Un silence qui lui semblait vraiment pesant s'installa tandis que les autres le fixaient avec les yeux ronds. Même Heero le repoussa légèrement de façon à pouvoir le tourner vers lui et le dévisager à son tour.
_ Quoi ? Demanda-t-il timidement. C'est une si mauvaise idée que ça ?
Heero se mit soudainement à sourire, un petit sourire en coin comme Duo les aimait et d'un coup sans prévenir colla ses lèvres sur les siennes dans un « smack » retentissant avant de prendre son visage en coupe.
_ C'est brillant Duo, tu es tout simplement brillant ! S'exclama-t-il. C'est tellement simple qu'on avait même pas pensé à ça mais c'est une super idée.
_ La meilleure qu'on ai eut en tout cas, confirma Quatre tandis que les autres approuvaient d'un signe de tête.
Embusqués à quelques kilomètres de la base de Treize, les cinq pilotes attendaient anxieusement le camion de ravitaillement. Ils avaient repris les rapports de Quatre et Trowa et avaient étudié les déplacements qui y étaient notés. Ils avaient vite repéré lesquels les intéressaient.
Une fois par semaine, un camion venait de la ville la plus proche pour livrer des denrées alimentaires à la base. Toujours le même jour, à la même heure, la seule chose qui variait était les livreurs et ce n'était pas pour leur déplaire. Ça pour le coup, ce n'était pas très prudent de la part de Kushrénada !
Duo avait vraiment trouvé la faille. Les profs avaient approuvé son idée, même J. Et ça, Duo ne s'en était toujours pas remis. Comme du fait que les autres l'ai laissé venir et participer à la mission d'ailleurs … En même temps, son bras allait mieux et il ne les aurait jamais laissé partir sans lui, quitte à se planquer dans un sac de voyage, il soupçonnait d'ailleurs Heero de le savoir parfaitement et d'avoir cédé à cause de ça.
En attendant, grâce à son idée, ils avaient une chance de pouvoir récupérer les bombes ou au moins de les rendre inoffensives. Et là, ils attendaient le passage du camion pour l'intercepter et remplacer les deux livreurs par Trowa et Heero. Quatre et Wufei se cacheraient à l'arrière et seraient débarqués avec les stocks de vivres pour s'infiltrer ensuite dans les les locaux haute-sécurité de la base, le tout grâce aux uniformes de Oz qu'ils stockaient dans un coin de la base pour des missions comme celle-ci.
Il était exclu que Duo participe à cette partie du plan, son visage était maintenant trop connu des soldats de Oz. Trowa et Heero étaient un peu moins connus et leur déguisement de livreurs feraient sûrement l'affaire pour les quelques minutes qu'ils passeraient dans la base.
Les deux seuls à être encore totalement inconnus de leurs ennemis s'infiltreraient donc tandis que les autres feraient diversion comme d'habitude avec leurs armures. Le but était de leur laisser assez de temps pour trouver les bombes, les désarmer et s'enfuir avec tout l'uranium avant que les Gundams ne fassent exploser la base.
Le tout en faisant le moins de victime possible parmi les civils. Le tout en passant encore pour des terroristes sans pitié qui s'attaquent à une base scientifique. Le tout en passant encore pour des monstres alors que le monstre véritable était Treize lui-même. Bref, une partie de plaisir en somme !
En repensant à ça, Duo sentit sa gorge se serrer douloureusement. Il était, avec Quatre, celui qui avait le plus de mal à gérer l'image que les médias, par l'intermédiaire de Oz, pouvaient donner d'eux. Et Réléna ne pouvant pas s'impliquer à leur côté ne pouvait pas les défendre alors qu'elle était le seul personnage médiatique à les connaître vraiment … Si seulement il y avait un moyen de montrer le vrai visage de Kushrénada à la population, probable qu'eux-mêmes seraient nettement mois détestés du coup !
_ Duo ? Ça va ? Lui demanda Heero qui avait senti la soudaine crispation de son corps.
Le japonais ne cessait de s'inquiéter pour lui depuis qu'ils étaient partis. Il avait été le seul à s'inquiéter ouvertement quant à sa participation, jugeant que ses blessures n'étaient pas suffisamment guéries. C'était vrai que son bras le faisait encore un peu souffrir mais rien qui ne l'empêchait de piloter et donc de participer à la mission.
Embusqués comme ils l'étaient, allongés à plat ventre sur le sol, appuyés sur leurs avant-bras, à couvert de la route grâce à des buissons d'épineux inconfortables au possible, Heero devait penser que la tension dans le corps de son compagnon était due à une douleur quelconque … Et cela aurait été logique, oui mais …
_ Ça va, le stress de la mission c'est tout … le rassura-t-il avec un petit sourire malgré son mensonge.
_ Elle ne se finira pas comme la précédente, lui promit Heero en prenant sa main dans la sienne pour la serrer.
_ Le voilà, grésilla la voix de Wufei dans leurs oreillettes.
Le chinois était en planque dans un arbre avec des jumelles pour voir le camion arriver de loin, alors que Quatre et Trowa étaient dans le même position qu'eux mais de l'autre côté de la route.
Ils avaient choisi cet endroit pour des questions pratiques. La route était étroite ici et surtout très peu fréquentée. Depuis une heure et demie qu'ils étaient là, ils avaient vu passer deux voitures, un scooter et trois vélos. Autant dire qu'ils auraient presque pu s'endormir …
_ Ok, répondit Heero en se relevant pour s'accroupir.
Le tout était d'immobiliser le camion sans blesser personne. Les chauffeurs étaient de simples civils qui ne savaient rien de ce qui tramait dans cette base, hors de question donc de les tuer ou autre.
Heero sortit de sous les buissons avant que le camion ne tourne dans le virage où ils s'étaient installés et s'allongea en travers de la route sous le regard inquiet de ses amis.
Il valait mieux pour lui que le chauffeur soit attentif à la route ou il lui roulerait dessus. Duo se mordait les lèvres d'angoisse et attendait, la main serrée sur son couteau. Il ne voulait plus entendre parler d'armes à feu depuis la balle qu'il s'était pris dans l'épaule.
Enfin, le camion fut visible et il se prépara. Le véhicule pila net devant Heero, à deux pauvres mètres de son corps et ce fut le signal. Les autres pilotes sortirent de leur cachette avec une vitesse effrayante quand on savait qu'ils étaient immobiles depuis si longtemps. Wufei sautait en bas de l'arbre au moment où les autres jaillissaient littéralement des buissons. Duo attrapa la portière passager et l'ouvrit brusquement alors que Trowa faisait pareil avec la porte conducteur.
Les deux pilotes braquèrent leurs armes sur les passagers, épaulés par Quatre et Wufei pendant que le japonais se relevait et restait devant le camion, revolver braqué d'une main sur le conducteur, son habituel regard glacé fixé dans les yeux de l'homme d'une quarantaine d'année qui se demandait encore ce qui lui arrivait; il n'était pas convoyeur de fond ! Quel intérêt ces gosses avaient à le braquer lui et sa marchandise ?
_ Descendez doucement et il ne vous sera fait aucun mal, ordonna Trowa d'une voix calme.
Les deux hommes levèrent les mains sans même se concerter et obéirent sans faire d'histoire. Ils descendirent lentement et se rejoignirent à l'avant du véhicule sous l'injonction de Duo et Trowa qui les menottèrent avant de les tirer sur le côté de la route.
Heero prit place au volant pour garer le véhicule sur le bas-côté et ne pas gêner d'éventuels conducteurs qui viendraient à passer, attirant inévitablement leur attention. Une fois fait, il rejoignit les autres et ils s'enfoncèrent dans la forêt qui longeait la route.
_ Nous allons avoir besoin de vos uniformes messieurs s'il vous plait, disait Quatre quand Heero les rejoignit.
_ Mais qu'est-ce que vous voulez ? Les interrogea le conducteur. Ce n'est que de la nourriture dans le camion !
_ Il nous faut également vos autorisation d'entrée sur la base, ajouta Wufei sans même lui répondre.
_ Nous allons vous détacher pour prendre vos vêtements mais au moindre geste suspect, on tire sans sommation vous êtes prévenus, déclara Heero à son tour.
Duo les regardait faire sans vraiment agir. Il n'aimait pas ça. Quand ça impliquait des civils et même si il savait qu'aucun mal ne leur serait fait, il n'aimait pas ça du tout.
Quand enfin, les deux hommes furent en caleçon, les pilotes leur donnèrent des vêtements basiques mais chauds qu'ils enfilèrent rapidement avant d'être menottés à nouveau. Ils étaient quand même dans les Alpes autrichiennes et il faisait tout sauf chaud même si l'hiver touchait à sa fin.
Heero récupéra les autorisations et lui et Trowa enfilèrent les uniformes, les adaptant comme ils purent à leur corpulence qui n'était pas vraiment identique à celle des deux hommes qui, sans être très gros, était tout de même plus grands et plus costaud qu'eux.
_ Duo, appela-t-il quand il eut fini. Viens, ajouta-t-il en tendant une main vers lui.
Le jeune sauvage prit sa main et le laissa les emmener un peu à l'écart mais toujours en vue des autres, en cas de tentative de fuite. Les trois pilotes restant continuèrent à faire le point tout en surveillant les captifs, leur laissant un peu d'intimité.
Heero prit le visage de Duo en coupe et le fixa un moment sans rien dire avant de poser ses lèvres sur les siennes ignorant totalement les personnes autour d'eux. Il l'embrassa doucement, faisant glisser ses lèvres puis sa langue sur la bouche de Duo qui l'ouvrit aussitôt avec un soupir de plaisir.
Il sentit les mains du brun glisser dans sa nuque alors que lui-même attrapait son pull comme il aimait tant le faire. Ils se laissèrent porter un instant par cette douceur avant de se rappeler où ils étaient et pourquoi. Ils se séparèrent alors à regret et se sourirent tendrement malgré l'inquiétude qui étreignaient leur cœur et sans même se rendre compte des regards éberlués de leurs prisonniers.
_ Tu sais ce que tu dois faire ? Demanda Heero de façon toute rhétorique.
Duo hocha lentement la tête en dardant un œil sur les deux hommes.
_ Sois prudent surtout, ne les laisse pas te distancer et garde tes poignards à portée de main au cas où, lui recommanda-t-il.
_ Tu m'as déjà dit tout ça, répondit gentiment Duo.
Il était conscient que son japonais préféré était inquiet pour lui mais d'eux tous ce n'était pas lui qui avait la mission la plus dangereuse. Du moins, tant qu'il ne serait pas dans Deathscythe, à ce moment là les choses seraient plus compliquées mais en attendant, servir de nounou aux captifs n'avait rien de bien difficile.
_ C'est plutôt à toi, à vous, de faire attention, ajouta-t-il. Je vous attendrai dans Deathscythe comme convenu et on reste en contact avec les transmetteurs, lui répéta-t-il pour la millionième fois au moins.
Heero acquiesça à son tour et se tourna vers le groupe pour lancer le départ, il était plus que temps, ils avaient assez traîné. Après un dernier regard à Duo, il lâcha doucement sa main, la laissant glisser contre la sienne le plus longtemps possible comme pour retenir sa chaleur sur sa propre peau.
Alors que les pilotes s'engageaient dans le chemin qui les ramènerait près du camion de livraison, Duo sentit son cœur s'emballer. Et si c'était la dernière fois qu'il les voyait, qu'il le voyait ? Était-ce une bonne façon de se quitter ? N'y avait-il rien qu'il veuille dire à Heero si il ne devait plus jamais le revoir ?
_ Heero ! Cria-t-il pour le faire se retourner.
Le brun sursauta et s'arrêta en fixant Duo, interloqué. Que lui arrivait-il ? Ils devaient se faire discret et lui …
_ Je t'aime.
C'était à peine un murmure mais Heero savait lire sur les lèvres et il sentit comme des papillons dans son ventre quand il comprit pourquoi Duo l'avait retenu. Et si c'était pour cette raison alors il ne lui reprocherait pas son manque de discrétion. Dans ce monde dévasté, c'était la seule chose qui le ferait tenir. Sa seule raison de se battre désormais. Il savait que jamais il ne reculerait devant un combat car c'était pour l'avenir de Duo qu'il combattait, avant même de se battre pour lui-même ou l'humanité … Et ça, J ne devait jamais l'apprendre.
Notre monde va se briser,
Tourmenté et attaqué.
Perdus dès le début
Sans pouvoir faire machine arrière
Il lui répondit de la même façon et reprit sa route. Malheureusement, ils avaient perdu trop de temps pour pouvoir s'attarder encore et savourer ces mots tant attendus. Depuis sa déclaration à Duo, le jeune sauvage ne lui avait jamais répondu. Oh bien sûr ces gestes parlaient pour lui mais Heero pour une fois avait besoin de mots et c'était assez exceptionnel, voir ironique, pour le marquer d'une croix.
Il n'aurait jamais cru ressentir ça un jour. Lui, le soldat parfait qui n'était pas censé ressentir d'émotions, celui que J avait voulu neutre en toutes circonstances pour accomplir ses missions. Plusieurs mois plus tôt, il n'aurait même jamais imaginé faire équipe avec qui que ce soit mais là …
En refermant la porte arrière du camion de livraison sur Quatre et Wufei, Heero réalisa qu'aujourd'hui il serait incapable d'imaginer sa vie sans eux. Pas seulement sans Duo mais bien sans eux tous, même Wufei et son caractère de chien. Quoi qu'il ait connu des chiens moins hargneux que le chinois …
En s'installant côté passager, il repensa à la discussion où Duo les avait convaincus de l'emmener sur cette mission, affirmant que de toute façon il les suivrait d'une manière ou d'une autre et que, vu le plan, il leur fallait un cinquième si ils ne voulaient pas encore demander de l'aide aux rebelles.
C'était ce qui avait fait céder Heero. Lui qui avait commencé l'opération météore seul dans son armure avait encore du mal à dépendre de l'aide d'autres personnes, surtout si il ne s'agissait pas d'un des quatre autres pilotes.
Je suis resté seul
Mais maintenant je ne le suis plus
Grâce à Duo, il avait pris conscience, et ce n'était pas trop tôt selon Quatre, qu'ils étaient une équipe et qu'en tant que telle, ils se devaient d'agir ensemble, les uns avec les autres, au lieu de se mettre des bâtons dans les roues.
Il avait compris que c'était la condition pour gagner. A lui seul, il ne pouvait affronter l'armée de Oz, c'était illusoire et J devait le savoir quand il l'avait envoyé sur Terre. Pour la nième fois depuis quelques semaines, Heero se posa des questions sur les vérités cachés de J. Il était sûr que le scientifique n'était pas aussi net qu'il voulait bien le faire croire mais pour l'instant ce n'était pas la priorité.
_ On approche, déclara Trowa.
Heero parvint à ne pas sursauter grâce à son entraînement mais la voix de Trowa, le sortant de ses pensées, l'avait indéniablement surpris. Il appuya sur le bouton de son transmetteur pour prévenir Quatre et Wufei qu'ils devaient se cacher.
Avant de démarrer, ils avaient vidés des conteneurs dans la forêt pour que les deux infiltrés puissent se cacher facilement. Le seul soucis c'était que les conteneurs étaient frigorifiques, aussi ils avaient convenus de les prévenir au dernier moment afin qu'ils ne finissent pas congelés.
Heero s'accorda une dernière pensée avant de débuter réellement la mission en se disant qu'il ne regrettait en aucun cas sa situation actuelle par rapport à sa solitude première et que de toute façon, ils seraient bien plus efficace ensemble que séparés. Surtout face un ennemi comme Kushrénada qu'on ne pouvait pas qualifier de saint. Rien que pour ce qu'il avait fait à Duo, Heero savait qu'il ne perdrait pas contre lui, il devait accomplir sa vengeance. Et les autres l'y aideraient, car désormais, ils ne formaient plus qu'un ….
Toujours, nous nous battrons comme un seul
Jusqu'à la victoire
Avec le mal dans la course
Nous ne rentrerons jamais défaits
Ensemble nous sommes forts ...
_ Allez avancez ! Dépêchez-vous, ordonna Duo d'une voix sèche qui ne lui ressemblait pas.
Les deux hommes menottés l'un à l'autre et sous la menace du poignard de Duo ne se firent pas prier et s'engagèrent sur le chemin qui traversait la forêt. Un silence pesant planait entre eux, seulement coupé du bruit des branches cassées par leur passage ou de feuilles mortes piétinées.
_ Que comptez-vous faire de nous ? Osa demander un des prisonniers sans cesser d'avancer.
Il crut que sa question resterait sans réponse jusqu'à ce que Duo ne pousse un profond soupir.
_ Rien, finit-il par dire. On va vous mettre dans un coin où personne ne vous trouvera tant que notre mission ne sera pas terminée, après vous serez libres et il ne vous sera fait aucun mal tant que vous n'essaierez pas de vous échapper.
_ Une mission ? S'exclama le deuxième homme. Qu'est-ce que des gamins comme vous fabriquez avec des armes, à parler de missions et …
_ Silence ! Le coupa Duo froidement.
Ces deux hommes n'étaient peut-être pas ce qu'ils semblaient être en fait. Si au départ ils ressemblaient à n'importe quel chauffeur livreur, il y avait maintenant une étincelle étrange dans leurs yeux et l'instinct de Duo le mit en garde.
Soudainement crispé pour une raison qu'il ignorait, il se rapprocha d'eux et raffermit sa prise sur son arme qu'il pointa vers leur dos.
_ Ça ne vous regarde pas, contentez-vous de ce que je vous ai dit.
Ils arrivèrent vite devant une cabane de chasseurs et Duo les « invita » à y entrer. Il n'y avait qu'une seule pièce, c'était un simple refuge mais il ferait l'affaire. Tout le mobilier était solidement fixé au sol pour éviter les pilleurs et Duo les attacha au pied de la table, s'assurant qu'ils aient suffisamment de longueur pour être un minimum à l'aise.
Toujours en silence, il leur alluma un feu de cheminée pour qu'ils ne meurent pas de froid puis sortit quelques provisions de son sac à dos.
_ Quand ce sera terminé, votre patron sera prévenu de l'endroit où vous êtes, leur dit Duo, prêt à partir.
_ Attends gamin ! Cria l'un des hommes. Nous ne sommes pas ce que tu crois ! Il faut qu'on parle.
Duo, la main sur la poignée de la porte, se retourna d'un mouvement vif. Son instinct ne l'avait pas trompé. Il les fixa sans ciller, les sourcils légèrement froncés et revint très lentement s'installer en face d'eux.
Sans rien dire, il se contenta de s'asseoir, signe qu'il acceptait de les écouter. Les deux hommes se redressèrent tant que possible au vu de leurs attaches et se regardèrent un instant, comme semblant décider de ce qu'ils allaient dire.
Le plus vieux sembla capituler face à son collègue devant lequel il baissa les yeux les fixant sur les flammes ronflantes de la cheminée. Son ami reporta alors son attention sur Duo et ce dernier sut qu'il ne lui mentirait pas.
_ Ok alors voilà, commença-t-il, on va pas y aller par quatre chemins. On a bien vu que vous étiez pas des gamins ordinaires, vous agissez comme des soldats et à votre âge, c'est pas normal. La deuxième chose : votre intérêt pour cette soit-disant base scientifique... ajouta-t-il. Donc voilà, nous on se fout de qui vous êtes, ce qui nous intéresse c'est la base. On est journalistes, lui avoua-t-il. On a jamais cru une seule seconde que cette base était scientifique, alors on s'est infiltré comme on a pu, ces postes de chauffeurs étaient l'idéal et à ce qu'on a pu voir, même si c'est pas grand chose, on a compris que c'était des installations militaires, conclu-t-il sans quitter le regard de Duo.
Le jeune sauvage ne montra aucun signe prouvant qu'il savait de quoi parlait le journaliste. Il le jaugea du regard, lisant en lui avec la sagesse et la maturité qu'un jeune homme de dix-neuf ans ne devrait effectivement pas avoir. Le journaliste tressaillit mais ne faiblit pas. Il n'était pas dit qu'un homme chevronné comme lui qui menait des infiltrations et des investigations depuis plus de vingt ans se laisserait avoir par un gosse de l'âge de son fils.
_ Si mes équipiers apprennent un jour ce que je vais vous dire, ils ne me le pardonneront pas, débuta Duo. Malgré tout, je pense pouvoir vous faire confiance et … s'interrompit-il. Nous sommes les pilotes des Gundams, asséna-t-il brusquement. Ceux que vous voyez dans tous les médias. Nous combattons les armées de Oz qui menacent les colonies et l'humanité entière. La base que vous avez visité plusieurs fois n'a en effet rien de scientifique à l'exception des bombes nucléaires qu'ils y fabriquent. Nous devons les neutraliser avant que Kushrénada ne les utilisent contre les colonies. Nous allons encore une fois passer pour des terroristes sans cœur et c'est dans l'espoir que vous compreniez notre combat et que vous fassiez bon usage des ces informations que je prends le risque de vous les donner, termina-t-il en détournant le regard vers la cheminée puis par la fenêtre.
Les journalistes semblaient en pleine réflexion, se demandant si Duo disait vrai, pourquoi il mentirait si ce n'était pas le cas, ce qu'ils allaient faire de tout ça, de la confiance de ce jeune homme en eux …
_ Il se fait tard, il faut que j'y aille, dit-il ne se relevant. Mes amis ont besoin de moi.
_ Comment en êtes-vous arrivés là tous ? Demanda le plus vieux des journalistes d'une voix presque triste. Vous êtes si jeunes …
_ Nous avons dix-neuf ou vingt ans, nous ne sommes pas des enfants, répondit Duo sans se retourner. Et la façon dont nous sommes devenus pilotes est propre à chacun de nous mais en aucun cas nous n'y sommes contraints, nous nous battons pour nos idéaux, pour l'humanité, par vengeance, par amour … Si nous nous recroisons un jour, je vous raconterai mon histoire … Au revoir …
Sur ces mots, la porte se referma et les journalistes n'eurent plus qu'à prendre leur mal en patience en repensant à ce que leur avait dit Duo.
_ Déchargez les produits surgelés dans ce bâtiment là-bas, leur indiqua un garde sans faire plus attention à eux.
_ On y va, répondit Trowa d'un ton neutre.
Il remonta la vitre du camion et l'engagea dans l'allée indiquée. Il fallait qu'il fasse vite maintenant, pas de temps à perdre. D'une marche arrière bien menée, il colla l'arrière du camion à la porte du bâtiment et Heero et lui descendirent.
Ils déchargèrent les deux caissons frigorifiques qui contenaient Wufei et Quatre, les installant sur des diables pour les emmener à l'intérieur. Là, d'autres soldats leur indiquèrent les frigos et au détour d'un couloir désert, ils firent sortir les deux pilotes qui s'empressèrent de se défroisser avant de se mettre en position de patrouille.
Les deux caissons une fois dans les frigos, Trowa et Heero n'eurent d'autre choix que d'abandonner leurs amis à leur mission , ils partirent décharger le reste des marchandises pour ne pas avoir l'air suspect. Vingt minutes plus tard, ils ressortaient de la base pour abandonner le camion plus loin dans la forêt et récupérer Duo et les Gundams.
Chacun dans leur armure, ils attendaient des nouvelles de leurs équipiers. Ils ne devaient rien tenter tant que les bombes ne seraient pas désarmées ou ce serait le chaos. Et si c'était ce que Treize voulait pour les colonies, ce n'était pas ce que les pilotes souhaitaient ni pour la Terre ni pour personne. Les Gundams restaient donc cachés dans la forêt, chacun à un point bien précis de façon à entourer la base à flanc de montagnes.
Wufei et Quatre avaient réussi à sortir des bâtiments de réserves et de restauration. Il fallait maintenant parvenir à déterminer dans quel bâtiment se trouvaient les bombes et en réalité ce ne fut pas bien dur. Le bâtiment central était le plus surveillé et celui qui possédait le moins de fenêtres. Cependant, y accéder ne serait pas aussi aisé que d'entrer dans la base. Il leur fallait un plan et pour cela ils devaient déjà se renseigner sur la façon d'approcher ce bâtiment. De nombreux soldats s'affairaient autour d'eux, certains faisaient leur ronde, d'autres transportaient du matériel impossible à identifier, il y en avait dans les hangars un peu à l'écart qui s'activaient sur les armures ou autres véhicules et les derniers enfin semblaient juste se promener, comme en pause.
Ces derniers étaient les plus intéressants pour les deux pilotes, choisissant de les imiter, ils s'installèrent nonchalamment contre un mur et écoutèrent les conversations autour d'eux en jetant de fréquents coups d'œil à l'entrée du bâtiment convoité. Le temps jouait contre eux, ils devaient faire vite.
Ils se rendirent vite compte qu'ils passeraient plus facilement la garde avec des blouses blanches, toutefois le nombre de scientifiques ne devait pas être bien élevé et donc leur tête bien connues, alors qu'en simples soldats, ils seraient plus facilement méconnaissables.
Ils convinrent donc de garder les uniformes de soldats et se concentrèrent sur la façon dont ces derniers accédaient au bâtiment.
_ A priori, ils se contentent de passer leur carte, regarde, murmura Wufei au blond.
_ En effet … confirma Quatre en se tournant légèrement. Maintenant, reste à savoir comment nous allons nous procurer ces passes …
A peine avait-il fini sa phrase qu'un groupe de trois soldats sortirent de leur objet d'analyse. Un seul regard à Wufei et ils s'étaient compris. Ils suivirent discrètement les trois hommes jusqu'à l'arrière d'un hangar où ils jetèrent ce qu'ils avaient dans les bras sur un tas de déchets en tout genres et sans même se concerter les deux pilotes leur sautèrent dessus.
Avant même qu'ils aient le temps de pousser un cri, les soldats furent assommés et tirés derrière le tas de déchets qui les cacheraient un long moment. Alors que Wufei les ligotait et les bâillonnait, Quatre leur prenait leur badge.
_ Cette fois, plus de temps à perdre, il faut y aller, décida Wufei.
Quatre inspira profondément, ils allaient passer devant les gardes dans quelques mètres. Ils devaient avoir l'air habitués, comme si il faisait ça tout le temps. Détendu, détendu, détendu … C'était le nouveau dogme du blond.
Côte à côté, marchant au pas cadencé, ils passèrent les gardes, les saluant d'un mouvement de tête, ceux-ci leur jetèrent à peine un regard. Chacun leur tour ils badgèrent et les portes s'ouvrirent devant eux sur un couloir immense et peu éclairé.
Même si le premier réflexe du blond fut de ralentir pour laisser retomber le stress, il ne pouvait pas se le permettre et il suivit le chinois, se demandant bien comment il faisait pour avoir l'air si naturel.
Comme si il savait parfaitement où il allait, Wufei avançait d'un pas sûr et déterminé dans le couloir. Ignorant les portes qui s'offraient à lui de chaque côté, il continuait tout droit, suivit de près par Quatre. Le couloir bifurquait sur la gauche et ils croisèrent des blouses blanches à l'angle qui les saluèrent à peine d'un mouvement de tête rapide. Ils firent de même et tentèrent de voir d'où ils venaient. Peine perdue.
Cependant, leur témérité, voir leur folie, fut récompensée quant au bout du couloir, il s virent une porte vitrée qui leur révéla la présence d'un groupe entier de scientifiques et de soldats, s'affairant dans tous les sens autour de ce qui semblait être les cinq missiles nucléaires.
De toute évidence, ils étaient intervenus à temps, Treize n'en avait apparemment plus pour très longtemps.
_ Ils sont moins une douzaine Quatre, marmonna Wufei.
_ J'ai vu, mais on a pas le choix. Ce qui me gêne le plus c'est la paroi vitrée, vive la discrétion ! Ironisa-t-il.
_ On a pas le choix. Tu as entendu les soldats tout à l'heure, Kushrénada et Merquize sont dans la base, lui rappela-t-il pour la forme. On a pas le droit à l'erreur. Il faut les neutraliser avant qu'ils donnent l'alerte, les enfermer dans un coin et s'occuper des bombes.
Sans même répondre, Quatre s'engouffra dans les derniers mètres de couloir et, Wufei sur ses talons, franchit la porte vitrée. Les scientifiques, habitués qu'ils étaient aux mouvements autour d'eux, ne levèrent même pas la tête de leurs travaux. Les soldats les dévisagèrent brièvement avant de leur faire signe.
Complètement interloqués, eux qui pensaient essuyer un interrogatoire sur leur présence dans la pièce, les pilotes se regardèrent un moment et sur un mouvement de Wufei qui actionna l'alarme de son transmetteur pour prévenir les autres qu'ils pouvaient commencer leur diversion, Quatre dégaina son arme aussitôt imité par le chinois.
Dans son cockpit, Trowa se rongeait les sang. Pas de nouvelle de Quatre, était-ce bien ou au contraire signe d'ennuis ? Merde ! Il allait devenir fou à attendre comme ça en silence ! Savoir Quatre en danger était de plus en plus intolérable à chaque mission. Si au moins il avait pu l'accompagner … Il savait que Wufei était le meilleur choix mais … Si il arrivait quelque chose au petit ange blond, il ne s'en remettrait pas.
Un bip strident manqua de lui causer un arrêt cardiaque. Il avait tellement attendu ce son que maintenant qu'il arrivait, il mit bien dix secondes à comprendre ce que c'était. Immédiatement, il lança les propulseurs du Heavyarms et décolla en direction de la base. Sur son radar, il vit que Duo et Heero avaient fait de même.
La base était là, juste devant lui. Quatre était à l'intérieur avec Wufei. Ils devaient attirés l'ennemi un peu plus loin, en rase campagne. Tant qu'ils n'auraient pas reçu le deuxième signal indiquant que l'uranium était en sécurité, hors de question de se battre sur la base. Trop risqué.
Duo sentait l'adrénaline envahir son corps. Il reconnaissait les symptômes maintenant. Inconsciemment, son visage se ferma et il coupa court à toutes pensées. Il se concentra sur les Aries qui arrivaient sur lui à toute allure, armant le bras de son armure. Le massacre commença. Du coin de l'œil, il voyait ses coéquipiers en faire autant. A ce rythme, il n'y en aurait bientôt plus. A n'en pas douter, ils verraient bientôt l'Epyon de Merquize.
Ascension de l'élu
L'iconoclaste obscur
Ce serait lui forcément, il avait été choisi par Treize, manipulé, crée de toute pièce. L'armure rouge sang jaillirait de nulle part, entourée de ses serviteurs mécanisés, toujours plus nombreux, endoctrinés et craignant leur maître.
Forgeant un culte de crainte
Avec des légions sans égal
_ On nous attaque, entendit-il hurler dans les haut-parleurs de la base. A vos armures !
Criant le mot
Et elles surgirent, encore plus nombreuses que la première vague et Deathscythe tranchait encore et encore, les déchirant, les éventrant sans se soucier de la petite partie d'humanité qui se trouvait à l'intérieure, poupées de chair et de sang qui finissaient emportées dans les flammes lorsque l'armure scindée en deux par la faux aveugle explosait dans une gerbe de feu.
Avec de vicieuses langues de feu
Ne pas penser. Surtout ne pas penser. Ne pas se dire que ces soldats étaient pour la plupart de braves hommes avec une famille, qu'ils s'étaient simplement retrouvés pris dans un conflit qui les dépassaient de loin, que tout ce qu'ils croyaient n'étaient que mensonges, que si ils avaient su, beaucoup auraient refusé le combat … Non ne pas penser, ne pas penser ...
Né d'illusion et de duperie
Âme diabolique d'un menteur
Treize était la vraie cible. Celui qu'il voulait abattre du plus profond de son être pour trouver la paix de la vengeance, de la en avait besoin pour réparer sa vie, mais cela justifiait-il le spectacle qui s'étalait sous ses yeux ?
Le chaos, déchirures invisibles
Comme si la nature elle-même ne voulait rien voir, le ciel s'était assombri, d'immenses nuages noirs s'étaient étalés et le jour semblait être devenu la nuit.
Le ciel de minuit
Et des Léos maintenant, par centaines, comment était-ce possible que cette base possède autant d'armures ? La seule explication que Heero trouva c'était que Treize se préparait effectivement à la dernière bataille, que les bombes devaient être prêtes et qu'il avait réunis presque toutes ses troupes pour la conclusion de cette guerre dont il était la cause.
Des machines infernales surgissent
La chair et l'acier entrent en collision
Il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour Duo. Il gardait toujours un œil tourné vers Deathscythe, se refusant à brancher l'écran de leur communicateur. Si il voyait son visage maintenant, il craquerait, parce qu'il savait ce qu'il verrait. Il verrait Shinigami, le même que dans la jungle et ce n'était pas cette image là qu'il voulait garder de Duo au cas où …
Non ! Ne pas finir cette pensée. Se concentrer. Épée. Épée encore, encore et fusil maintenant, il tira, presque à bout portant. Wing se jeta sur le côté et évita une attaque de deux armures en même temps. Il ressortit son épée et trancha, elles disparurent. Fusil à présent, encore et encore … Oublier l'odeur de sang, de chair calcinée, de feu … Il fallait oublier...
Nous sommes forts
Nous supporterons et nous battrons
Nous sommes forts
Nous supporterons et nous battrons
Trowa tourna son regard vers ses amis. Ils s'en sortaient. Les armures étaient moins nombreuses mais il savait que c'était un leurre. Les voir près de lui le rassura. Il se sentait plus puissant que jamais avec eux à ses côtés. Ils formaient une famille maintenant, tous ensemble.
A nouveau, le son strident du transmetteur. Il ferma les yeux un dixième de seconde, emporté par le soulagement. Ils avaient réussi ! Les bombes étaient désarmées et l'uranium en sécurité.
Il sentit son cœur se remettre à battre, le soulagement lui donna des ailes et il repartit à l'assaut avec plus d'ardeur encore.
Avec rage nous nous hissons dans les flammes
Frappant avec des lances de haine
Quatre et Wufei roulaient à travers bois. Ils n'étaient pas suivi et c'était grâce à leurs amis qui avaient provoqués une distraction fort à propos. Les cargaisons d'uranium les ralentissaient, vu l'état de la route, ils n'osaient pas aller trop vite non plus.
Arrivés au point de rendez-vous, ils saluèrent rapidement les rebelles qui montaient la garde près de leurs armures et leur confièrent le véhicule avant de prendre les commandes et de rejoindre les autres.
Au cœur, là où le mal règne
Ils furent très vite à la base et branchant la radio, ils firent un comte-rendu de la situation à l'équipe. Les scientifiques avaient été très utiles. La plupart étaient là contraints et forcés. Quand ils avaient su qui ils étaient, ils avaient eux-mêmes démantelé les bombes et avaient aidé les pilotes à sortir dès que les soldats présents dans le labo avaient été mis hors d'état de nuire.
Treize ne tarderait pas à l'apprendre. Il serait furieux.
Et il l'était. Treize était dans une rage folle, Zech ne l'avait jamais vu comme ça. Il avait l'impression de découvrir un nouvel homme. Pourtant, il était déjà celui qui le connaissait le mieux, même si il ne le comprenait pas toujours, il était fidèle par-dessus tout, persuadé qu'il n'avait plus que lui. Aussi quand Treize lui ordonna de prendre l'Epyon, il ne fit aucun commentaire mais quand il lui fit part de son intention de prendre lui-même le Tallgeese, Zech tiqua. Il craignait que la haine qui aveuglait Treize lui fasse commettre des erreurs, il ne voulait pas qu'il meurt.
Une fois dans leur armure respective, ils s'élancèrent à la rencontre des terroristes qui réduisaient à néant leurs armées.
Ils étaient magnifiques. Tous les cinq alignés, semblant les attendre.
Tenant la ligne de front
De coursiers blindés
Rassemblés autour de cette terre morte
Duo sentit une rage comme jamais il n'en avait connu quand il les vit, ombre blanche et ombre rouge, arriver sur eux à toute vitesse. Il ne sentait même plus la douleur de son bras qui le lançait pourtant depuis le début. Treize était à lui... il le détruirait comme il avait détruit sa vie en tuant sa famille par deux fois. Treize se prenait pour un maître de guerre mais il était un homme, et un homme ça meurt …
Venez voir le Dieu de la guerre saigner
_ 02 ! Qu'est-ce que tu fais ? Cria Heero dans la radio.
Le japonais avait senti une boule serrer sa gorge en voyant Deathscythe rompre les rangs pour s'élancer aux devants du Tallgeese. Il manquait cruellement d'expérience même si il était doué. Comme si Merquize allait le laisser passer ! Pourquoi n'avait-il pas attendu comme convenu ? Même si il balayait les armures comme des fétus de paille, le rouge ne le laisserait pas passer comme ça. Et Merquize était un combattant expérimenté.
_ Je fais ce que je dois, répondit le sauvage d'une voix plate. Je t'aime …
_ Non ! Hurla le japonais. Reviens !
Le chaos, déchirures invisibles
Le ciel de minuit
Des machines infernales surgissent
La chair et l'acier entrent en collision
Le choc entre le Deathscythe et l'Epyon fut si violent qu'il ébranla la montagne et résonna au loin. Les quatre pilotes se dépêtraient des armures qui ne cessaient de les assaillir. Heero voulait rejoindre Duo coûte que coûte et il parvint enfin à se dégager.
Ses membres le brûlaient tant il avait l'impression d'être prisonnier de son propre corps et de ne pouvoir rien faire pour sauver Duo. Il devait les séparer, se battre contre Merquize ne lui faisait pas peur. Et tant pis si c'était déloyal, si ils se battaient à deux contre un, son honneur ne lui importait pas autant que la vie de Duo.
Nous sommes forts
Nous supporterons et nous battrons
Enfin, il y était. Il vit au loin que Quatre s'était fait encerclé par des Léos mais Trowa arrivait, quant à Wufei, il avait pris Treize en chasse.
Il tira sur Zech avant même que celui-ci ait eu le temps de réaliser qu'il était là. Il fut percuté de plein fouet et Heero eut la satisfaction de voir de la fumée et des étincelles jaillirent de l'épaule de l'Epyon.
_ Qu'est-ce que tu fais ? Hurla Duo par la radio. Il faut attraper Kushrénada !
Heero reporta une fraction de seconde son attention sur son écran. Le visage de Duo, ses yeux surtout, lui firent peur, il voyait Shinigami, mais aucune trace de l'homme qu'il aimait. Il se reprit vite et fit face à Merquize qui revenait à la charge.
_ 05 s'en charge, répondit-il froidement en détournant un coup d'épée à l'aide de son bouclier. Concentre-toi maintenant.
Sur ce, il coupa la transmission pour ne plus voir ce visage qui, il le savait, le hanterait probablement toute sa vie. Son Duo n'était pas fait pour arborer un tel visage, et il sentait que les affres de la culpabilité ne le lâcherait pas de si tôt.
En attendant, ils firent front tous deux face à l'Epyon, oublieux l'un comme l'autre de tout ce qui n'était pas le combat présent. S'alliant pour affronter la pire menace qui n'avait jamais pesé sur l'humanité, Heero qui n'était pourtant pas un débutant ne s'était jamais senti aussi puissant.
Nous sommes forts
Nous supporterons et nous battrons
_ Rendez-vous pilotes, vous êtes encerclés et nous sommes beaucoup plus nombreux ! Cria Zech.
_ Jamais ! Répondit Duo avant de se jeter en avant, faux en l'air, prêt à frapper.
Le bras du Gundam fendit l'air et l'Epyon recula vivement, pas assez cependant pour éviter un nouveau coup du Wing. Déstabilisé, il tomba à genoux et Duo en profita pour fondre sur lui. Sa faux fendit l'air à nouveau et trancha dans le bras que Merquize avait levé au dernier moment pour se protéger. Il l'ouvrit de part en part et Duo comme Heero surent que cette partie de l'armure serait désormais inutilisable.
L'Epyon se releva vite et chargea à nouveau. Zech avait l'énergie du condamné qui sait qu'il a perdu mais qui continue par fierté, pour dire qu'il s'est battu jusqu'au bout. Son fouet claqua d'un seul coup en direction du Gundam noir et Duo ne put l'éviter. Le coup fut violent mais sous la colère et l'adrénaline, il sentit à peine le choc.
Le japonais en revanche devint comme fou en voyant Duo en mauvaise posture et sortit son épée avec laquelle il priva l'Epyon de son arme. Ce dernier n'avait plus que son épée et son bouclier, une épaule et un bras en mauvais état de fonctionnement … C'était la fin, Zech le savait mais il ne fuirait pas.
Lorsqu'il s'effondra sous les coups répétitifs des deux pilotes, Duo sentit comme un vide en lui.
Deathscythe ne bougeait plus depuis une bonne minute alors Heero se décida à reprendre le contact. Le visiophone grésilla une seconde avant de laisser apparaître le visage sans expression du jeune sauvage.
_ 02 ? L'appela-t-il anxieusement.
_ Il est mort ? Fut la seule réponse de Duo.
Il releva des yeux brillants de larmes vers l'image du japonais et celui-ci sentit son cœur se serrer.
_ Non, je ne pense pas, son armure est solide, répondit le brun. Que voudrais-tu ? Qu'il soit vivant ou mort ? Ne put-il s'empêcher de demander.
_ Je ne sais pas … Où en sont les autres ? Demanda-t-il en reprenant un peu ses esprits.
Heero se rendit compte que Quatre et Trowa mettaient le point final à leur combat et que si aucune armure ne les avaient dérangé pendant leur face à face avec Merquize, c'était bien grâce à eux. Quant à Wufei, il était plongé dans un duel acharné contre le Tallgeese. Ils s'étaient éloignés de la base, se battant maintenant à flanc de montagne et l'écho des coups qu'ils échangeaient résonnaient dans toute la vallée.
Les quatre pilotes ne purent rester que spectateurs. Il était parfaitement inconcevable pour eux de se mêler de ce combat, ils savaient que le chinois ne leur pardonnerait jamais. Ils avaient beau se sentir impuissants, voir inutiles, ils ne pouvaient qu'admirer la beauté de ce duel qui ressemblait presque à une danse, eut égard à l'imposante carrure des armures.
Ils durent s'éloigner en traînant derrière eux la carcasse de l'Epyon lorsqu'ils virent que les deux combattants revenaient vers la base. Heero en profita pour ouvrir le cockpit et sortir Merquize. Il fut soulagé de le voir vivant sans vraiment pouvoir se l'expliquer. Quelque part au fond de lui, une petite voix lui disait qu'il était important pour Duo que Merquize s'en sorte. Comme si le Shinigami n'aurait pas supporté d'avoir un mort de plus sur la conscience. Délicatement la main de gundanium du Wing souleva le blond masqué et il referma son poing de façon à ne pas l'écraser sans pour autant le lâcher.
_ Il est vivant, fit-il savoir à Duo.
Ce dernier se contenta de hocher la tête, trop absorbé par le combat qui se jouait devant eux. Même Trowa et Quatre étaient subjugués au point d'oublier de rallumer leur radio. Ils purent voir Shenlong vaciller sous un coup particulièrement violent. Pour reprendre un peu d'équilibre, Wufei n'eut pas le choix et dû reculer rapidement, percutant sur son passage des bâtiments de la base. Ceux-ci s'effondrèrent en partie, les hommes restant fuirent au plus vite parmi les décombres.
Le combat dura encore de longues minutes pendant lesquelles aucun des pilotes n'auraient su dire lequel vaincrait tant la détermination de chacun était palpable.
Wufei savait qu'il ne suffirait pas de le mettre hors course comme ses amis l'avaient fait pour le blond. Il faudrait le tuer. C'était une question d'honneur pour l'un comme pour l'autre. Wufei n'aurait pas supporté d'être fait prisonnier, il préférait mourir pour sa cause et il savait que malgré leur idéologie opposée, il en était de même pour Treize. Dans un autre contexte, ils auraient pu s'entendre … ce fut sa dernière pensée au moment où le dragon de son bras droit traversa le Tallgeese, provoquant son explosion qui se répercuta dans de nombreux bâtiments de la base.
Victoire de la mort, seul le temps nous dira
Dans un silence glacial, les cinq pilotes regardaient les flammes, les étincelles, les explosions, se répandre dans un bruit si assourdissant qu'il en devenait presque inaudible.
C'était la fin. Ils avaient vaincu les armées d'Oz en mettant un terme à la vie de leur général. Pourtant, aucune joie, aucune paix, aucun soulagement … Que des cadavres, des décombres, du sang, de l'acier. Était-ce vraiment une victoire ?
Résurrection artificiel
Du cœur de l'enfer
Lentement ils chutent, comme nous voyons
La lumière du jour mourir
Nous crachons et maudissons cette terre sanctifiée
Avec notre cri de bataille final
Comment réagir ? Y avait-il une règle ? Quelque chose à faire ? A dire ? Et ces hommes qui marchaient, titubaient, complètement désorientés, en sang, défigurés, blessés … Ces hommes qui n'avaient rien demandé pour la plupart et qui se battaient sans vraiment savoir contre quoi … contre qui …
Que devaient-ils faire ? Les aider alors que moins d'une heure avant, ils combattaient les uns contre les autres ? Les laisser là alors que beaucoup étaient blessés ? Rester là à écouter leurs cris d'agonie sous les décombres qui continuaient de s'effondrer dans cette base maintenant épurée ?
Aucune solution ne semblait être la bonne. Wufei était littéralement hagard et si il n'avait pas été assis dans son cockpit, il se serait probablement effondré. Il venait de vaincre son ennemi juré, sa Némésis, c'était le but qu'il avait poursuivi toute sa vie ou presque et maintenant ? Quel serait son but désormais ? Et celui de ses amis ?
Trowa et Quatre s'étaient battus côte à côte, ils s'étaient soutenus et couverts, se protégeant l'un l'autre et quelque part dans la désolation qui régnait alors dans la base, ce simple fait réussissait à les réchauffer, à les épargner quelque peu. Trowa ne voyait qu'une chose, son ange blond était vivant et ses amis aussi.
Quatre ressentait vivement les émotions de ses amis et de certains soldats et la seule personne qui lui procurait un tant soit peu de réconfort, c'était Trowa. Son aura chaude et apaisante, pleine d'amour pour lui et qu'il sentait vraiment pour la première fois, c'était un baume pour son cœur meurtri par les vagues de lamentations qui balayaient son esprit sans relâche. Mais plus que tout, le sentiment qui l'emportait était une profonde tristesse émanant de Duo.
Ce dernier contemplait, sans y croire vraiment, la carcasse fumante du Tallgeese. Il imaginait sans mal le corps sans vie de Kushrénada à l'intérieur et cela ne le soulageait pas une seule seconde de la perte de sa famille.
Ce n'était pas eux qui avaient gagné … Personne n'avait gagné. Il venait de comprendre une vérité profonde. Dans une guerre, quelque soit les enjeux, quelque soit les raisons, il n'y avait jamais que des perdants sur un champs de bataille. Et même si ils étaient saufs physiquement, eux comme les soldats rescapés, les séquelles psychologiques les accompagneraient toute leur vie et ils devraient apprendre à faire avec …
Le jeune sauvage tourna la tête pour ne plus voir le Gundam blanc à terre et son regard se posa sur le Wing. Un souffle d'espoir lui étreignit le cœur et sa main trouva naturellement le chemin de la croix qu'il portait en permanence autour du cou. Cette croix qui appartenait à sa mère et que Heero lui avait permis de retrouver. Comme il lui avait permis de se retrouver lui-même …
Heero qui l'aimait et qu'il aimait. Heero qui était son futur désormais.
Comme sentant son regard à travers les couches de gundanium, le japonais su que Duo pensait à lui. Il brancha son visiophone sur le Deathscythe, juste pour le voir, vérifier qu'il allait bien. Enfin ... Aussi bien que possible dans cette situation.
Duo se tourna vers son propre écran et sourit à l'image du brun. Un sourire un peu triste, un peu perdu mais qui voulait dire tant de choses pour Heero.
Il savait que son avenir serait près de Duo, n'importe où et dans n'importe quelle condition mais il avait encore trop de choses à lui faire découvrir et il voulait par-dessus tout le rendre heureux, réellement heureux.
_ Duo, souffla-t-il, es-tu blessé ?
_ Non, répondit Duo sur le même ton, et toi ? Et les autres ? S'enquit-il sincèrement.
Le japonais secoua lentement la tête pour lui dire qu'aucun n'était sérieusement blessé.
_ Que fait-on Heero ? Je ne sais pas, je ne sais plus quoi faire … sanglota-t-il soudainement.
Le brun fut pris au dépourvu, il ne s'attendait pas du tout à ça. Il crevait d'envie de le serrer contre lui et de le rassurer. Mais pas là … pas ici …
_ A tous les pilotes, commença-t-il d'une voix neutre, on rentre à la base, mission accomplie.
Aucun des pilotes ne fut dupe du ton emprunté par leur leader, ils savaient que ce n'était qu'une protection comme une autre. En silence, ils décollèrent, laissant derrière eux les vestiges de ce qui fut la dernière base de Treize Kushrénada.
Arrivés à la base, ils furent accueillis par des cris d'allégresse saluant les pilotes et la fin de la guerre. Les professeurs eux-mêmes vinrent les féliciter, leur apprenant au passage que les rebelles avaient apporté l'uranium pour le mettre en sécurité jusqu'à ce qu'il soit détruit ou en tout cas mis hors de portée d'un être humain.
Sans dire un mot, Heero prit la main du jeune sauvage et l'entraîna à sa suite jusqu'à sa chambre où il le fit s'allonger sur le lit avant de s'étendre à ses côtés et de l'emprisonner dans ses bras. Duo, comprenant le désarroi de son ami, se laissa faire sans rechigner, bien trop heureux de le sentir enfin contre lui, le trajet du retour lui avait semblé une éternité.
_ Je t'aime, murmura enfin Heero. Je suis tellement désolé que tu ais dû vivre tout ça. Si tu me l'accordes, je passerai le reste de ma vie à tenter de te faire oublier ces événements et à te rendre le plus heureux possible, lui promit-il d'une voix tremblante.
Duo sentit les larmes revenir inonder ses yeux, toutefois, il n'était plus sûr de leur signification, étaient-ce ses nerfs qui lâchaient ? La fatigue ? La déclaration d'Heero ? Tout ça à la fois ?
Probablement.
_ Je t'aime aussi, répondit-il la gorge nouée par l'émotion, et je t'accorde tout ce que tu veux tant qu'il s'agit de rester avec moi car moi je ne veux pas te quitter et je veux aussi te rendre heureux, termina-t-il en posant ses lèvres sur les siennes en gage de sincérité.
Heero poussa un gémissement presque animal et pressa à son tour sa bouche sur celle de Duo. Ils entrouvrirent les lèvres instinctivement et leurs langues se trouvèrent. Leurs mains se posaient en douceur sur le corps aimé, cherchant juste contact et chaleur et bientôt ils ne poussèrent plus que des soupirs de plaisir, prémices d'une vie future enivrante d'amour.
…. ….. ….
Ça me fait bizarre …. C'est terminé. Il ne reste que l'épilogue. Je n'avais jamais passé tant de temps sur une fic, non pas qu'elle soit plus longue que les autres, mais ma situation a bien changé depuis le début et j'ai donc moins de temps pour écrire …
Et surtout, c'est la première fic que j'écris sans lemon (bon il sera dans l'épilogue) ! Ça fait vraiment pervers ! Non, sérieusement, vu le contexte et l'innocence enfantine de Duo sur certains points, je me voyais mal caser ça dans ce chapitre.
L'épilogue vous expliquera un peu plus leur vie après guerre, du quotidien et de la tendresse quoi ! ;)
J'espère que vous m'avez suivi jusque là et que je ne vous ai pas perdu en route … Je sais que j'ai mis du temps pour la fin mais je ne voulais pas la bâcler, j'ai passé trop de temps dessus ...
