Nouveau chapitre, nouvelles situations, nouvelle fin tordue (attendez d'avoir lu pour me taper, hein ?)

Merci à toutes pour vos commentaires !! C'est difficile d'avoir des retours sur une fic spoiler, donc j'apprécie vraiment que vous me lisiez, et vous remercie du fond du coeur encore une fois.


Castiel se réveilla aux premières lueurs de l'aurore. Il bailla, s'étira un peu, et vit soudain son ami qui reposait juste à côté de lui.
Emu, il resta un moment immobile, à le contempler. Son devoir lui disait de se lever, de partir en quête d'autres traîtres. Mais après toutes ses absences, tous ces moments où il s'était passé tant de choses pour Dean, il hésitait à repartir pour le laisser à nouveau seul. Et il se rendit compte que malgré tout ce qu'on en disait de merveilleux, l'amour était aussi un sacré fil à la patte.
Ils étaient en guerre !
Oui, mais il avait tant besoin de lui.
Et pour la première fois de sa vie, Castiel connut le déchirement si bien décrit par Racine, entre son devoir et son vouloir. Comment faisaient les humains pour choisir, mon Dieu ? C'était un sentiment si douloureux, si terrible... Encore une fois, l'ange admira les enfants de son Père et leur courage face au cortège de souffrances qui accompagnait leur vie sur Terre.
Il finit par essayer de bouger pour se rendre compte que sa main était prisonnière de celle de Dean. C'était émouvant. Mais lorsqu'il essaya de la retirer doucement, sa manoeuvre échoua, et il vit deux yeux verts qui s'ouvrirent pour le contempler. Puis une voix ensommeillée se fit entendre.
« Salut.
- Bonjour Dean. Est-ce que ça va ?
- Ca va, répondit-il en hochant la tête.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je...
Et Dean se retrouva comme un con, à devoir essayer de trouver une explication décente à sa position. Il regarda l'ange, toujours couché sur son canapé, la tête encore enfoncée dans l'oreiller, et qui l'observait sans bouger, presque souriant, les yeux brillants.
- Je te regardais dormir, finit-il par dire simplement.
- Drôle d'idée.
Le chasseur ne répliqua pas, se contentant de contempler leurs mains toujours soudées. Au bout d'un long silence, il demanda:
- Ca te dit de sortir regarder l'aube ?
Bon Dieu, ce qu'il pouvait être gnangnan quand il s'y mettait !
- D'accord. »

C'était magnifique.
Dean n'était pas fan des grandes contemplations placides, mais il fallait reconnaître que l'aube était belle avec ses couleurs rougeoyantes et pastel. L'air était frais, piquant, et la chaleur du café qu'il tenait entre ses doigts était plus que bienvenue.
A côté de lui, l'ange se gorgeait de cette lumière. Les yeux fermés, ce dernier avait l'impression que ses poumons allaient exploser tant il se sentait vivant et céleste. Et malgré ses lèvres closes, il parlait à toute la Création, lui chantant l'Histoire et tout l'amour que son Père lui vouait.
« Cas' ? Je vais te poser une question, et tu dois me jurer de me dire l'entière vérité.
- Tu sais bien que je ne jure jamais.
- Cas'...
- D'accord, très bien mon ami. Je t'en fais la promesse.
- Est-ce que tu m'aimes ?
L'ange expérimenta une toute nouvelle réaction humaine à ces mots. Il hoqueta littéralement et retrouva son souffle avec difficulté.
- Est-ce que tu es...?
Puis il regarda le jeune homme. Toute cette candeur sur son visage ne trompait pas, et il baissa la tête.
- Oui, bien sûr que tu es sérieux.
- Tu as promis.
- Oui bien sûr. Oui. Je suis désolé.
- Faut pas.
Il releva le chef à ces mots. Son ami avait posé son gobelet vide et regardait à présent l'horizon avec le même regard que Michael avait parfois. Le regard de quelqu'un qui voit des choses...
- Je t'aime aussi, Castiel.
Sa grâce se rassembla sur elle-même et explosa. Sa poitrine, son ventre, sa tête... C'était le grand boom ! Ses ailes claquèrent brutalement dans l'air et s'ouvrirent dans toute leur immensité. Il brûlait de l'intérieur...
- Tu es magnifique, fit une voix à côté de lui.
L'archange rouvrit les yeux et vit un homme qui le contemplait avec un nouveau regard.
- Pourquoi ?
- Parce c'est ce qui doit être, je crois.
Et Dean posa une main sur son épaule pour la faire glisser jusqu'à son cou puis son visage. Castiel ferma les yeux sous la caresse, cherchant de lui-même le contact de cette peau chaude, lovant sa joue contre elle.
- Par contre, tu devrais ranger tes ailes. C'est pas très discret, tu as raison.
- Désolé, répondit-il en s'exécutant. Mais...
- Oui ?
- Qu'est-ce que nous faisons, maintenant ?
- Qu'est-ce que tu voudrais qu'on fasse ?
Il n'avait pas l'habitude de ce genre de question. Jamais il n'avait fait passer ses volontés avant celles des autres, et surtout pas avant celles de Dean.
- Oh, c'mon Cas' ! C'est pas si difficile.
L'archange soupçonna soudain son ami de le faire un peu exprès. Il prit alors sur lui, se força, et finit par articuler faiblement :
- Je voudrais que tu m'embrasses.
Il se serait senti ridicule s'il n'avait vu le plus beau des sourires naître sur le visage du jeune homme. Dean prit doucement un pan de sa chemise entre ses doigts pour tirer son corps vers le sien. L'ange se laissa faire, hésitant, et finit par se retrouver entre les bras de son compagnon.
- Très bien. Alors je vais t'embrasser. »
Castiel pencha la tête, étonné, comme à son habitude. Dean en profita alors et vint poser ses lèvres gelées par le froid sur celles, encore incandescentes, de l'archange.
Il resta un instant immobile, laissant sa bouche se réchauffer à ce contact. Puis il s'écarta à peine, ouvrit les lèvres, et revint pour un nouveau baiser, court, léger, mais bientôt suivit par une dizaine d'autres tout aussi tendres. Il laissa Castiel apprendre de lui, et finit par le sentir répondre à ces caresses.
L'ange se serra contre lui, une main sur sa hanche. Il sentit la main de son homme se glisser dans ses cheveux et rejeta la tête en arrière pour le laisser embrasser son cou. Un soupir s'échappa de sa bouche mi-close alors que Dean remontait le long de sa mâchoire et sur sa joue mal rasée. Un baiser, un dernier, et ils s'écartèrent.
« Un premier baiser devant un lever de soleil, ça fait très série B, tu ne trouves pas ?
- Dean.
- Oui, pardon. Tu ne sais pas ce que...
- Dean !
- Oui ?
- Tais-toi et profites. »
Le chasseur ferma sa grande gueule et se tourna vers le soleil qui venait les saluer. Il commença alors à réaliser ce qu'il venait de faire. Ils avaient ouvert une immense porte sur l'inconnu. Plus rien ne serait jamais pareil, jamais. Dean venait de faire une croix sur une partie de son passé et de commencer une nouvelle vie. Peu de gens avaient cette chance, pensa-t-il soudain.
Alors cette fois il essayerait de ne pas tout gâcher.

o0o0o0o0o0o

Lorsque Sam descendit de sa chambre, ce matin-là, il entendit un son étrange venant de la cuisine. Un rire, un rire qui n'était ni celui de Dean, ni celui de Bobby. Un rire aussi léger que le vent.
Arrivé près de la porte, il s'appuya contre son chambranle et croisa les bras. Devant lui, Dean et Castiel petit-déjeunaient. Leurs bols de café étaient encore fumants, et une bonne odeur de pain grillé et de bacon emplissait l'air.
« A vous voir tous les deux, on a du mal à croire que c'est la fin du monde, dit-il gentiment.
- Salut, mec ! Bien dormi ?
- Tu relèves même pas ce que je viens de dire ?
- Je sais pas vous, mais moi je trouve que c'est une trop belle vie pour mourir, que ce soit aujourd'hui ou demain. Alors on va botter le cul de cet empaffé de Lucifer, sauver la planète et vivre tranquillement pour le restant de nos jours.
Ses deux compagnons le regardèrent avec des yeux ronds.
- Quoi ? C'est pas le plan ?
- Dean, t'as pris un truc, c'est ça ? Fit son frère en s'asseyant.
- Non, je suis juste super motivé !
- Faudra voir à arrêter la caféine.
Il laissa l'ange lui verser sa dose à lui, puis regarda successivement Cas' et son aîné.
- Ca va, j'ai compris, murmura-t-il.
- T'as compris quoi ?
- Que je suis parti pour tenir... »
Mais un grondement l'interrompit, et toute la maison se mit à trembler pendant quelques secondes. Dean et Sam retinrent la vaisselle comme ils purent, par réflexe. Dès que ce fut fini, ils se regardèrent entre eux.
- Heu, dis-moi... Bobby est pas censé habiter dans un coin à tremblements de terre.
- Pas vraiment, non.
Castiel se leva brusquement et saisit sa veste. Son visage était si sérieux que Dean prit peur.
- Cas' ?
- Je dois y aller.
Et il contourna son ami pour sortir de la cuisine. Une voix l'interpella.
- Cas' !
- Quoi ?
L'archange comprit en voyant le regard triste et inquiet que le chasseur lui envoya. Il revint rapidement sur ses pas et se pencha vers le jeune homme pour recueillir un baiser presque furieux.
- Fais gaffe, angelot.
- Toujours. »
Il fit volte-face et sortit en courant de la maison, avant de se volatiliser au milieu des rayons du soleil. Son dernier regard avait été pour Dean, debout devant la fenêtre.

Sam regarda la silhouette de son frère, toujours debout, le front posé contre la vitre froide. Il n'avait pas bougé depuis le départ de l'ange. Soucieux, il se leva alors et vint serrer affectueusement l'épaule de l'aîné qui lui répondit en posant sa main sur la sienne.
« Ca va, vieux ?
- Comme je disais, c'est une trop belle vie pour mourir.
Jamais il n'avait entendu une telle tristesse dans sa voix grave.
- Quand ? Fit-il simplement.
- Cette nuit.
- Tu as réussi à passer par-dessus tes idées à la con. Bravo, frangin.
Dean le regarda d'un air étonné.
- Je te connais.
- Ca te dérange pas, toi ?
- Dean, fourre-toi dans le crâne que t'es pas amoureux d'un homme. T'es amoureux d'un ange.
- Un ange dans un corps d'homme.
- Mouais. Apparemment t'es pas encore complètement guéri.
- Banane !
- Dugland ! Bon, allez viens. On va dégommer quelques canettes, ça te fera du bien.
- J'ai pas envie.
- Bouge ton cul de là sinon tu vas te transformer en lavette. »
Au moins, l'orgueil continuait de marcher avec cette tête de mule-là.

o0o0o0o0o0o

Cas' chuta lourdement sur le sol de pierre. Autour de lui, c'était une tempête d'éclairs et d'explosions sans fin. Il se releva et entendit hurler son nom au milieu du vacarme.
« Castiel !!! Fais attention !
- Qui est là ?
- Michael. Baisse-toi, merde !
Et soudain une jambe le faucha pour l'envoyer à terre. Il vit Gabrielle à côté de lui, qui se relevait déjà.
- Gare aux boules de feu, l'avertit-elle.
- C'est qui ?
- Le cavalier noir. »
Castiel se remit debout et dégaina son sabre. C'était un pur réflexe – merci Samuel ! – qui lui permit de pourfendre le démon qui s'était glissé derrière lui dans la confusion. Il y en avait plusieurs comme lui dans la salle, mais ses frères ne s'occupaient absolument pas d'eux et encaissaient leurs coups sans broncher.
Et ce fut alors qu'il le vit.
Même s'il chevauchait bien un cheval fait d'ossements, il n'avait de noir que le nom. Ni démon ni angé déchu, il était autre chose, personne n'avait jamais su quoi. La famine, le manque, l'inéquité le constituaient entièrement. Et pourtant il ressemblait déjà à n'importe quel humain, avec un corps élancé et des cheveux bruns et courts. En fait, à bien y penser, il ressemblait à un ado.
Un adolescent ?
Les salauds ! Le mot lui échappa.
Ils avaient pris un enfant pour servir d'hôte !
Furieux, l'archange marcha droit sur un premier démon et lui tordit littéralement le cou avant de plonger sa lame dans le corps étendu. L'adrénaline, cette déesse de la force, revint couler dans ses veines, et il ressentit le danger comme jamais. Mais ses sens humains étaient également décuplés et rendus plus puissants que ceux d'un simple ange. Averti par un frémissement, il se retourna et décapita un deuxième attaquant, puis un troisième, avant d'être assailli par leurs semblables et de crouler sous le nombre.
« Je ne vois plus Castiel ! Fit le premier des anges en hurlant pour couvrir le vacarme des éclairs.
- Si le cavalier noir passe, tu verras plus grand-chose.
- Et merde ! »

Écrasé par ses ennemis, Castiel cherchait son souffle. Son corps d'humain souffrait et l'empêchait de réfléchir. Déjà il entendait les voix des démons qui cherchaient à l'exorciser.
Oui, sauf qu'il n'y avait rien à exorciser. L'ange et l'homme avaient bel et bien fusionné ! Il était archange !
Fais gaffe, angelot.
Il avait promis de revenir.
Et Castiel se débattit enfin. Sa grâce explosa hors de son corps, monstrueux nuage de glace qui projeta les démons contre les murs de pierre ancestraux contre lesquels ils retombèrent, percés de milliers d'éclats gelés. Puis elle se rétracta, et l'ange, l'arme à la main, releva lentement les yeux vers le petit groupe des combattants qui l'observaient avec stupéfaction.
Le cavalier de la Famine fut le premier à réagir. Saisissant sa chance, il balaya les soldats de Dieu d'un geste et fit faire volte-face à son hideuse monture pour la précipiter sur Cas'.
L'archange écarta les jambes pour parer le choc, et leva son épée de laquelle des gouttes de sang perlèrent. Ses yeux froids étaient déjà plongés dans ceux de l'ennemi galopant vers lui...

o0o0o0o0o0o

Bobby prenait son café lorsque le premier coup de feu retentit dans la campagne. Surpris, il tressauta sur sa chaise, et une partie du liquide brûlant lui tomba sur les jambes. Un juron résonna, qui le traitait de vieux schnock parkinsonien ou quelque chose dans ce goût-là, et son pantalon autrefois nickel rejoignit ses frères dans un panier à linge sur le point de déborder. Une fois changé, il passa la tête par la fenêtre et hurla:
« Eh, les mômes ! Faites moins de bruit.
- Pas de problème. T'as un silencieux pour fusil à pompe ? Ironisa le cadet, les mains en porte-voix autour de la bouche.
- Crétin. »
Il retourna dans le salon, une nouvelle tasse à la main, et se replongea dans sa lecture de la veille. Une idée avait germé dans son esprit pendant l'une de ses conversations solitaires avec Sam; une idée qui, si elle fonctionnait, serait du jamais vu. Puisque la chasse avait maintenant lieu à grande échelle, lui aussi se mettait à voir grand. Ca pouvait marcher. Oui, ça le pouvait.

Sam observa, goguenard, leur ami qui disparaissait de sa vue. Bobby était toujours grognon au réveil, faisant payer à toute la Création le fait de devoir commencer une nouvelle journée dans ce monde de merde. Ca lui passerait dans quelques heures... ou pas. Il finit par se retourner vers son frère qui rechargeait le calibre .12 sans dire un mot.
« Qu'est-ce qu'on va faire en attendant Cas' ?
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- On sait pas quand il va revenir. Ce serait pas mal de bouger, faire quelque chose, se trouver quelques cibles. J'ai pas envie de rester passif.
Dean regarda le jeune homme en haussant un sourcil, étonné par son esprit guerrier. Ce ton lui rappelait de mauvais souvenirs, lorsque lui et Ruby partaient à la chasse seuls. Il finit par soupirer et remit une autre cartouche en place.
- T'en as jamais assez, pas vrai ?
- De quoi ?
- De verser du sang de démon.
- C'est pas ça. Tu sais bien que je regrette...
- Je sais. Je parlais pas de ça. Mais regarde-toi. Avant tu ne supportais plus la chasse, et maintenant... Maintenant...
- J'ai pas eu le choix, tu le sais très bien.
L'aîné le regarda dans les yeux, l'air grave.
- Toi tu as autre chose maintenant. Tu voyages à travers le monde, tu mènes la guerre avec les anges. Tu vois tout. Tu as Castiel... Moi j'ai rien, rien du tout.
Il regarda ses mains ouvertes, comme perdu.
- Qu'est-ce que je suis là-dedans ? Je veux trouver ma place.
- C'est pas en te jetant dans la première chasse venue que tu la trouveras.
- Parfois tu me fais chier à jouer les consciences.
- Nom de... Merde ! Dean ! Sam ! Ici ! »
Le cri leur fit tourner la tête en direction de la maison. Dean se mit à courir tout en armant son flingue, suivi par son petit frère. Ils déboulèrent dans l'entrée, puis dans le salon, et se retrouvèrent face à Bobby qui saisit le canon du fusil et l'abaissa vers le sol en jurant.
« Tu vas tuer quelqu'un, imbécile.
- Vu comment t'as hurlé...
- C'est pas des démons. T'as un problème plus grave. »
Et il s'écarta. Derrière lui, un homme et une femme étaient assis au sol. Il fallut quelques secondes à Dean pour reconnaître les deux premiers archanges tellement leur état était pitoyable. Les mains et les bras couverts de sang séché, les visages noircis par endroits, ils semblaient essayer de retrouver leurs forces.
Le coeur de l'aîné des Winchester se cogna contre ses côtes. Le compte n'était pas bon.
« Où est Castiel ? »
Incapable de parler, Gabrielle leva les yeux en direction de la table.


Bon, moi je file avant de finir comme Castiel...

J'espère que vous avez aimé. Fini le pré-slash, maintenant on attaque les choses sérieuses !

Bisous