Playlist

« Maybe » Birdy

« Follow your arrow » Kacey Musgraves

« Song of a dream » Indochine

« Next to me » Imagine Dragon

« Zombie » The Cranberries

« Something » Marina Kaye

Chapitre n°13

Point de vue d'Aurore

« Je suis Aurore » dis-je en première.

Matthéo est plus grand que moi, en même temps ce n'est pas difficile je suis à peine plus grande que ma sœur, on fait la même taille à trois centimètres près. Il a des yeux ambres qui je suppose doivent changer de couleur en fonction de la lumière. Ses cheveux blonds bouclés sont magnifiques. Il a un visage doux et rassurant, je ne parle pas de son beau sourire. Je sens mon cœur palpité. Déjà ? C'est assez intriguant dans le sens où je ne me souviens pas de ma première histoire d'amour. Je ne connais pas ce sentiment. Je ne connais pas les sensations que cela procure ni les démarches. Il n'y en a peut être pas ? Matt me trouble un peu, dans le bon sens du terme. Il a l'air attentionné et j'ai finis par apprendre à me fier aux vision d'Alice pour le « connaitre » un peu. C'est très étrange. En tout cas, je veux apprendre à le déchiffrer.

Déjà, je le laisse passer à côté de moi pour qu'il rentre chez lui. Je n'ai pas quitté l'entre de la maison. Il entre et serre sa famille dans ses bras. Je ne cesse de le regarder et Alice attire mon attention. Évidemment, elle a deviné et me sourit. Elle me tend la main et m'amène dans la cuisine. Son sourire en dit long. Je ne sais pas si j'ai envie de connaitre les détails.

« Alors ? » demande t-elle. « Tu n'as pas arrêté de le regarder depuis qu'il est rentré ».

« Je ne sais pas comment m'y prendre » dis-je timidement.

« Cesse de lui mettre la pression Alice » dit Rosalie. « Tu vas lui faire peur et arrête de regarder le futur, laisse les choses se faire naturellement pour une fois ».

Alice lui lance un regard noir vexé. Lorsque Alice lit l'avenir, personne ne doit la contredire. Ses visions sont subjectives. Tout le monde le dit. Sauf que ses visions se réalisent à chaque fois et plus les années passent plus elles deviennent précises, comme inévitables. On ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve. Je me souviens de cette réflexion parce que c'est Edward qui m'en a parlé. Il est quand même persuadé que le fait de voir le futur est utile et de toute façon, le destin se charge de beaucoup de choses. J'ai eu un peu de mal à suivre son raisonnement sur le moment mais je pense comprendre plus tard.

« Alice a tendance a être trop impatiente, ne l'écoute pas pour tout » me conseille Rosalie.

Matthéo est partie à l'étage, sûrement en train de ranger ses affaires avant de redescendre plus tard. Jasper me regarde en souriant et s'approche de moi.

« Alice m'a dit que tu es arrivée récemment ».

« Oui, j'espère que tu n'y vois pas d'inconvénient ».

« Pourquoi ? ».

« Je... ».

« Nous savions que tu allais pointer le bout de ton nez » dit-il rassurant. « Ce n'était qu'une question de temps et te voir ici est une belle surprise ».

« Vraiment ? J'espère qu'Alice a parlé de moi en bien ».

« Bien sûr » dit-il en me prenant dans ses bras.

Je reçois une onde d'apaisement. Un sentiment de bien-être envahit mon corps, mes angoisses, mon anxiété sont mises de côtés, balayées. C'est une drôle de sensation. Un mince sourire se dessine sur mes lèvres. Un sourire confus et bizarrement spontané. Je suis surprise. Alice me regarde avec bienveillance. Elle sait que c'est Jasper qui fait en sorte que les choses changent chez moi. Jasper met fin à son étreinte et me regarde satisfait avant de lâcher un rire. Un rire spontané lui aussi. Je suis un peu surprise. Je me demande comment c'est possible.

« Tu n'es pas la seule à avoir un don dans la famille » me sourit-il.

Je regarde Jasper en le questionnant. D'autres ont des dons dans cette famille ? Edward, Alice, Jasper, moi et qui est l'autre personne ? Il ne me semble pas que Carlisle, Esmée ou Emmet m'en ai parlé. Rosalie non plus d'ailleurs. Et il ne reste qu'un prénom, Matthéo. Ce serait la dernière personne a avoir un don. D'ailleurs je ne sais pas si on peut l'appeler ainsi. Chacun de nous a des aptitudes vampiriques particulières et assez incroyables. On peut courir aussi rapidement que n'importe quel animal. On a une force surhumaine, une vision globale infaillible, une mémoire incroyable, des égratignures sont visibles sur nos corps là où nous avons été mordus, un teint pâle tel un fantôme. D'autres ont une spécificités en plus. Un don de plus que les autres vampires. Mes flashbacks ne me servent pas beaucoup. Ils me font revoir des images, souvent difficiles à longueur de temps et ce n'est pas ce que j'appelle un don. C'est un poison parfois, surtout lorsque j'étais à l'hôpital avec ma sœur. Les images me hantaient l'esprit et Alice ne savait pas quoi faire. Sachant qu'en plus, ses visions étaient de plus en plus précises. Elle ne savait pas comment faire pour les contrôler ni comment m'aider à gérer les miennes. Elles n'étaient pas contrôlables. Le personnel hospitalier a quand même jugé bon de nous rajouter des médicaments à la longue liste qu'on avait déjà à avaler chaque jour à l'époque. Et aussi mettre un terme à ce passé qui nous collé à la peau. Je reporte mon regard sur Jasper.

« Je suis empathe » précise t-il.

Oh alors je comprends mieux les choses. Ressentir les choses multipliées par je ne sais pas combien doit être horrible.

« Et je peux changer les humeurs des gens, comme je viens de le faire avec toi ».

« Ton don est incroyable » murmurais-je.

« Merci » répond t-il.

Alice se replace à mes côtés et me donne un bisous sur la joue avant de rejoindre Jasper. Elle sautille. Jamais je ne l'ai vu aussi heureuse. Je ne sais ce que c'est que d'avoir des papillons dans le ventre, de sourire quand on regarde une personne, sourire amoureusement j'entends. C'est quelque chose qui m'intrigue et qui doit être indescriptible. Je me sens bien. Merci à Jasper d'avoir pris la peine d'avoir utilisé son don sur moi.

Je me sens mieux, apaisée. Mes angoissent semblent avoir pris des vacances et c'est une sensation agréable.

Matthéo arrive dans la cuisine et me voit au milieu de celle-ci. Il a l'air attentionné car il semble poser de nombreuses questions à mon sujet aux autres, du moins d'après les bribes que je perçois. Je le regarde étonnée de sa présence dans la pièce. C'est comme si je m'excuse d'être là.

« Tu vas bien ? ».

« Bien merci et toi ? Comment était le voyage en Italie ? ».

« Enrichissant ».

« Vous êtes allés où ? ».

« Rome » répond t-il. « J'y ai vécu quelques temps avec mon frère, il me semble que toi aussi ».

« Oui un an puis nous avons déménagé à Florence ».

« C'est une ville incroyable ».

« Matt » appelle Emmet. « Ma voiture est au garage, tu peux me prêter la tienne ? ».

Emmet ne s'excuse pas du fait de nous couper en pleine conversation. Matt est habitué vu son regard amusé envers son frère.

« Tu veux que je t'amènes au lycée demain ? ».

« Il me semble que je commence plus tard que toi ».

« Les clés sont à l'entrée ».

« Merci ».

Emmet quitte la cuisine en affichant un sourire satisfait, me laissant encore seule dans la même pièce que son frère. Je continue de discuter un peu avec Matthéo quelques minutes. Il m'explique un peu comment le lycée fonctionne et je l'écoute parler. Non que son regard me déstabilise mais je l'admets et l'entendre parler est assez agréable, il a une voix rauque. En fait, plus le temps passe et plus je me rends compte que je suis captivée. Je n'ai jamais ressenti cela auparavant et cela m'effraie un peu. Oui, la confiance en moi me manque. Je doute toujours et je me fais beaucoup de films, souvent de façon involontaires. Mais je me raccroche aux visions de ma sœur qui disent que notre relation va progresser rapidement dans le temps. Je suis intriguée mais tout de même prête à tenter d'en apprendre davantage à son sujet.

Le lendemain, alors que mon matériel de couture est sur mes genoux, une porte s'ouvre en grand. Je suis installée sur le canapé du salon depuis deux heures à coudre. Mon regard est rivé sur ce que je fais. J'évite de me piquer une nouvelle fois le doigt. Mais le bruit que fait la porte me fait sursauter et mon matériel, c'est-à-dire, la boite contenant mes fils de différentes couleurs, mes aiguilles et d'autres choses s'étalent sur le canapé et sur le sol. J'ai envie de me recroqueviller entre les coussins et ne plus bouger. Je n'ose pas regarder autour de moi de peur de voir la personne qui a ouvert la porte. J'ai terminé la journée plus tôt. En arrivant au lycée ce matin, je me suis sentie un peu impressionnée par le lieu. Anodin pour pleins de gens mais avoir une scolarité fait partie de mes objectifs, avoir une vie classique, voir du monde et envisager de passer des diplômes. J'étais avec Bella. Elle m'a fait visiter le lycée, m'a montré le réfectoire où les élèves se rejoignent à l'heure de midi. J'étais étonnée qu'elle ne soit pas effrayée par un énième vampires qui débarque dans la famille Cullen. Résultat, j'ai vu Bella qui rentrait aussi alors je me suis dis que cuisiner pour elle était une bonne idée. J'ai alors regardé dans les placards et dans le réfrigérateur. Au menu, du poulet coupé en petits morceaux, revenus dans des légumes coupés en morceaux eux-aussi et saupoudrés avec du curry que j'ai trouvé. Le regard amusé de Bella m'a fait sourire. Elle a été un peu surprise mais a eu plaisir à m'aider un peu en cuisine. Me rendre utile est ce que je préfère. Rendre les gens heureux aussi et Bella m'a remercié dès que sa fourchette s'est trouvée dans l'assiette.

« Merci » m'a dit Bella après avoir terminé son assiette et une bise sur la joue.

Je me concentre à nouveau sur ce qu'il se passe dans cette maison et une tornade blonde bouclée arrive dans le salon et se dirige vers les escaliers qui mènent à l'étage. Edward suit la personne en question et d'après son visage, il est désemparé. Il est aussitôt suivit de Jasper qui affiche un visage triste de voir son frère dans un tel état. Moi qui était contente de ma journée et qui voulais la raconter aux autres. Loupé pour cette fois. Je vois le visage de Jasper vide. Si hier, il a eu le sourire, aujourd'hui c'est une autre histoire et le voir dans cet état me fait de la peine idem pour Edward. Résultat, je n'ose pas bouger de là où je suis. J'ai envie de disparaitre. Edward me voit depuis le canapé. Autant dire que ma discrétion est mauvaise. Il me regarde en tentant un mince sourire sur le visage mais je vois bien qu'il n'en a pas envie. Aujourd'hui a dû être une mauvaise journée. Si personne ne veut en parler, je conçois. La tension doit s'apaiser avant. Et je ne veux pas paraitre impolie, si Matt veut en discuter il n'y a aucun soucis de mon côté. Jasper se plante à côté d'Edward en soufflant. Il ne sait pas quoi faire non plus. Je me relève, rassemble mes affaires rapidement mais une main vient se poser sur la mienne et en levant les yeux, je remarque qu'il s'agit de Jasper. Un peu gênée et troublée par la situation, je reste assise sur le canapé.

« Que se passe t-il ? » osais-je demander.

« Je ne sais pas si c'est à moi de te le raconter » dit-il en regardant Edward comme pour lui demander une autorisation.

« Tu peux » répond t-il. « Il vaut mieux que tu ailles le voir tout à l'heure ».

« Je ne sais pas s'il voudra en discuter, le connaissant non ».

Il hoche la tête et semble de se contenter de la réponse silencieuse d'Edward qui lui hausse les épaules.

« Ce sont des rumeurs au lycée » murmure Jasper.

Je lève les yeux vers lui et fronce légèrement les sourcils ne sachant pas quoi dire ni faire de plus. Je n'ai entendu aucune rumeurs aujourd'hui. J'ai envie de me donner une claque, c'est mon premier jour dans un établissement scolaire. Il est évident que je n'ai aucune idée dont la vie sociale là-bas fonctionne et par conséquent, je me sens inutile face au mal être de tout le monde. Si Matt est monté dans sa chambre, c'est bien pour se cacher et ne pas montrer sa colère, sa culpabilité ou autre devant les autres.

« Des rumeurs cours sur lui et ça devient de plus en plus compliqué pour Matt. Voir mon frère comme ça me rend malade » dit-il en croisant ses bras.

Je devine l'émotion dans la voix de Jasper. Il est vulnérable. Je me souviens de la manière dont il m'a rassuré hier grâce à son don et j'ai envie de lui rendre la pareille mais j'en suis incapable.

« Il a demandé à Carlisle de le changer de lycée. Au début, j'ai pensé que l'idée était pas mal sauf qu'en y réfléchissant cela donnerait raison aux gens qui diffusent les rumeurs. Pourquoi ce serait à mon frère de fuir ? Ce n'est pas juste. Le voyage scolaire à Rome qu'on a fait lui a fait changer les idées. C'était sur la bonne voie ».

Il me regarde les yeux tristes et sa voix ne tremble pas trop. Il tente de se maitriser mais je devine les sanglots qui menacent de franchir la barrière de sa bouche et les larmes qui perlent ses yeux. Voir son frère dans un tel état le rend malade. Pas besoin de dessins pour le deviner. Jasper baisse son regard du mien. Je ne me doutais pas du tout qu'il allait me raconter cette histoire aujourd'hui. Et je me sens mal de ne pas savoir quoi répondre. Alors je fais un geste simple, prendre Jasper dans mes bras pour le rassurer un peu. Je lui frotte le dos. Histoire de le calmer un peu. Mes gestes sont timides mais je suis sincère. Je déteste voir les gens souffrir. Encore mois celui que je considère comme un frère, après Edward parce que je l'ai connu avant. Jasper me fend le cœur. Il est attaché à sa famille et je le comprends. J'ai envie de murmurer des paroles rassurantes envers Jasper mais je ne sais pas quoi dire. Et je me rappelle de la sensation que j'ai eu en quittant Alice. Cette sensation de vide, de se sentir seule sans la personne à qui je tiens le plus à mes côtés. Lorsque je me suis retrouvée sans elle, c'était horrible. Si on lui avait fait du mal, je ne m'en serais pas remise.

« Je suis désolée » dis-je doucement.

Ce sont les seuls mots que j'arrive à prononcer. Je n'ai aucune idée des répercutions sur Jasper. Elles sont minimes à mon avis. Je tiens à montrer mon soutien. Il a eu l'audace de me parler de cette histoire alors qu'il n'était pas obligé. C'est compliqué. Je ressers mon étreinte doucement pour ne pas le brusquer et je suis surprise de le voir y répondre. Cela prouve sans doute qu'il a confiance en moi. Au moins, je me sens utile. Jasper m'envoie une onde d'apaisement. J'ai presque envie de rire alors que c'est lui qui en a le plus besoin. C'est lui qui souffre. Pas moi. Enfin, pas directement. Je ne connais pas encore la personnalité de Matthéo. Edward s'approche du canapé sur lequel je suis assise avec Jasper. Il doit avoir une horrible sensation au fond de son cœur. Son regard se porte directement sur son frère et je devine toute l'importance que la bienveillance a dans la famille. Chacun a besoin de se sentir soutenu. Cela me fait sourire un peu. Je veux me montrer compatissante. Mon regard n'ose pas se porter sur l'escalier qui mène aux chambres car je sais que Matt se trouve dans l'une d'elle.

« Est-ce que tu veux venir chasser avec moi ? » me demande Edward.

Ne voyant pas d'autres personnes qui lèvent la tête, je suppose que c'est à moi qu'il s'adresse. Je mets quelques secondes à comprendre et hoche la tête pour dire oui. Je me lève doucement du canapé, donne un dernier sourire à Jasper et suit mon frère dehors. L'air frais sur mon visage, la forêt à perte de vue devant nos yeux et la présence d'Edward qui me fait signe qu'il est temps. Nous courons chacun de notre côté avant de nous retrouver assis à une branche. Son regard dérive vers moi et me sourit. Il le reporte ensuite sur une proie. Il en a déjà repéré une. Déjà ? Je la cherche du regard et finit par la trouver. Il faut que j'en cherche une aussi. Une fois cela fait, un sourire de satisfaction se dessine sur mes lèvres. Je l'attrape facilement. Elle n'échappe pas à mes crocs. Pas de chance pour elle. Edward ne manque pas sa cible non plus. Le sang de la proie coule dans ma gorge. J'ai eu besoin de prendre l'air, la proposition de chasse était justement la bienvenue. Merci Edward. Il boit l'hémoglobine de sa proie avant de s'attaquer à une autre. Après quelques minutes, j'en repère une aussi où je plante vite mes crocs afin qu'elle ne souffre pas. Elle n'a même pas eu le temps de s'apercevoir de ma présence dans son environnement. Cela me rappelle mes parties de chasse seule dans les forêts de la frontière française. Cette époque de solitude ne me manque pas. Je suis maintenant au sein d'une famille. La présence de Céleste et d'Élise manquent à l'appel. Je pense que c'est ce que je regrette le plus dans l'histoire. Elles me manquent mais j'espère qu'elles pensent un peu à moi, Céleste je ne sais pas elle est trop jeune.

« Depuis combien de temps cela dure ? » dis-je d'un coup.

Edward me regarde intrigué par ma question. J'ai envie d'avoir des réponses à mes nombreuses questions. Bien sûr, demander l'avis du principal intéressé est toujours mieux. Je n'ose pas aller lui parler. En vérité, je crois que Matthéo m'intimide un peu. Il m'intrigue aussi. Si Alice nous a vu ensemble, je suppose que c'est le destin qui va s'en charger. Et j'ai envie de lui faire confiance. C'est niais. Edward me sourit timidement. Je suppose qu'il sait ce que je pense. Il me regarde comme si la réponse était évidente.

« Pourquoi ai-je besoin de poser la question si tu connais la réponse ? ».

Évidemment ce ne serait pas drôle et je pense qu'il évite de me répondre une phrase futile. Edward reporte son regard sur ses pieds puis sur moi. Il cherche ses mots sans doute ou alors il ne veut pas passer par quatre chemins.

« Deux ans ».

« Deux ans ? ».

« Au début, c'était une sorte de mauvaise blague puis ça a pris de l'ampleur. Il demande à Carlisle la permission de changer de lycée depuis un mois parce qu'il n'en peut plus ».

Si Carlisle accepte de le faire changer de lycée, on ne sera verra plus. On se verra uniquement le soir en rentrant des cours. Il faut que la situation change et j'ai envie de l'aider. Je me vois mal le laisser souffrir dans ces conditions. De plus, cela atteint toute la famille. Je vais mener mon enquête et tenter d'y voir plus clair dans cette histoire. Connaitre ces rumeurs qui courent sur lui depuis deux ans devrait m'aider dans mon enquête. Pourtant, j'ai aimé me fondre dans un nouvel environnement. J'appréhendais parce que je n'ai jamais mis les pieds dans un établissement scolaire. Des regards d'interrogations se sont posés sur moi. Je n'ai pas beaucoup de confiance en moi alors j'ai eu un peu peur mais une fille, Anna m'a rassuré. Bella m'a accompagné dans le réfectoire à l'heure de midi alors je me suis sentie mieux. C'est une humaine vraiment cool.

« J'aimerai l'aider » dis-je doucement.

« Matt a besoin de temps ».

Parler un peu avec lui m'a fait comprendre un peu plus ce que vivait son frère depuis deux ans. Je me doute que recevoir des critiques est horrible, surtout quand ça dure depuis autant de temps. Elles se propagent aussi rapidement qu'elles ne sont crées. Je n'ai jamais compris l'intérêt. Il n'y en a pas on est d'accord. Mais j'ai envie d'en savoir plus, j'ai envie de me rendre utile en aidant Matt à aller mieux. Je ne peux pas le laisser dans cet état alors que je le vois tous les jours. Jasper est désemparé. Le voir aussi triste n'est pas habituel je suppose et le fait qu'il se confie un peu m'a fait plaisir dans le sens où il me fait confiance.

Edward se lève et on commence à rentrer à la maison.

Dans le salon, je le vois assis devant la télé aux côtés de Carlisle et Emmet en train de regarder un match de baseball. J'espérais le revoir. Je ne voulais pas le savoir dans sa chambre, à se morfondre tout seul. Au moins, il est entouré. Et je ne sais pas si ma présence est désirée. Je me pose beaucoup trop de questions.

Je monte tout de même dans ma chambre pour être un peu seule et laisser le reste de la famille tranquille. Matt souffre et je me sens mal pour lui. À peine arrivée au sein d'une famille, il faut que l'un d'eux soit victime de harcèlement depuis deux ans. Je ne peux me résoudre à le laisser souffrir encore. Je me demande comment il va, Matt est dans sa chambre depuis deux heures. J'entends de la musique depuis sa chambre mais si je toque à la porte, j'ai peur qu'il le prenne mal. C'est tout ce que je veux éviter. Il doit se sentir tellement mal. Et ça me fend le cœur. D'habitude, je ne m'attache pas aussi vite aux gens. Je me suis attachée rapidement aux Cullen et je ressens une connexion avec Matthéo. Alice a vu de nombreuses visions nous concernant et j'ai eu du mal à me faire à l'idée de passer le reste de mon existence auprès d'une personne présente dans les visions de ma sœur. C'est étrange. Jusqu'au jour où nous l'avions vu de dos dans une ruelle romaine avec Jasper. Ma sœur m'a avoué avoir déjà vu ce Jasper dans ses visions et j'étais contrariée qu'elle ne me l'ai pas dit avant ce soir là. Avec le recul, je présume qu'Alice attendait de voir l'évolution de ses visions car comme elle le dit, ses visions sont subjectives. La personnalité de ce garçon est un mélange de Jasper car il semble timide et je trouve ça très mignon chez un garçon.

Je branche ma playlist dans mes oreilles et commence à faire les cent pas dans ma chambre. Je me laisse porter par le rythme des paroles de la chanson qui passe. La musique est un exutoire et permet de me changer rapidement les idées. Je vais me sentir bien dans cette maison. Demain, je commence une nouvelle journée de cours au lycée et je compte inviter Matthéo à boire un café dans la semaine. Sur Internet, j'ai trouvé un joli café vintage non loin du centre ville et le lieu n'est pas encore connu. Je pense que cet endroit sera discret et parfait pour discuter un peu. De plus, je songe à y aller pour travailler des projets et mes cours pendant l'année. Mon regard se porte sur la baie vitrée qui donne sur la forêt, un endroit que je connais bien et qui m'intrigue toujours. Dans cet environnement, je me sens bien, à ma place. Des créatures nocturnes vivent très bien auprès des créatures diurnes. Alors pourquoi pas moi ? Je suis une créature nocturne maintenant. Je ne dois sortir que la nuit, d'après les légendes que l'on raconte aux gens pour les effrayer.

De plus, le ciel est incroyable ce soir. Il est tapissé d'étoiles scintillantes et la pleine lune est de sortie, ce qui fait que la forêt est éclairée. Cela me fait penser à Céleste car c'est sous un si beau ciel que son prénom m'est parvenue comme un flash. En trois minutes. Je lui ai donné une identité et c'est la seule chose qui ne me fait pas culpabiliser. Elle me manque. J'aurai aimé être prêt d'elle. Maintenant, je n'ai aucun moyen d'avoir de ses nouvelles. Tout ce que je souhaite est qu'elle aille bien, qu'elle ait été adoptée. Ses yeux verts incroyables, ses petits cheveux fins blonds et son visage adorable. Il ne me reste plus rien d'elle. À ce moment là, je me demande ce que je fais au sein d'une famille. Les Cullen m'ont accueilli comme une enfant, une sœur mais je ne le mérite pas. J'ai quand même abandonné une enfant. Même si c'était pour son bien, je ne pouvais pas me procurer le traitement nécessaire à sa pneumonie au risque de mettre sa vie en péril. Céleste vaut tout l'or du monde. Sans elle dans ma vie, j'aurais été différente. Je pense à elle tous les jours. Au fond, je me demande parfois si ma place n'est pas dans la forêt qui est en face de moi, dans un lieu sombre et isolé à me renfermer sur moi-même. Non. Ce n'est certainement pas ce que ma sœur veut pour moi et l'idée de l'abandonner une seconde fois me rend malade. Nous avons assez souffert pur tout gâcher par ma faute et pourtant, j'y songe. C'est une erreur de ma part. L'encre gravée sur mon poignet me le prouve, mon numéro est encore dans ma peau. Nous avons un tatouage avec ma sœur et il est une trace de mon passé.

Ce passé que je veux oublier, du moins laissé de côté pour vivre une vie de jeune fille de mon âge. Faire des études, rire, pleurer, sortir à l'air libre sans avoir peu du regard et du jugement des autres, m'habiller comme je veux, continuer à coudre, regarder des films, cuisiner pour Bella, chasser avec mes frères et sœurs, travailler mes cours, lire des livres, apprendre. Je veux penser à moi. Penser aussi aux autres quand même. Et j'ai vraiment envie de faire des démarches pour retrouver Céleste. J'ai envie de connaitre où elle vit. Je ne demande pas forcément la permission de la rencontrer car pour elle je suis une inconnue. Elle n'a aucun souvenir de sa vie de bébé et encore moins de ma présence. Mes souvenirs avec elle sont intacts. Alors j'ai envie demander à Carlisle et Edward de me donner un coup de main. S'ils acceptent, je pourrais me sentir soulagée et aussi maintenir la promesse d'Élise.

Un de mes ancien carnet est posé sur le bureau qui est au milieu de la baie vitrée. Je l'attrape et ouvre les pages. Il est vieux et jaunit par le temps, la moitié est remplie de mon écriture. J'y ai noté beaucoup de choses lors de mon temps libre. Lorsque ma sœur n'était pas à mes côtés, écrire est venue une thérapie et j'aime la papeterie. J'échangerai le papier pour rien au monde. La sensation du papier entre les doigts est unique et symbolique. Je ne peux pas m'en passer. Les écrits laissent une trace, on peut les retrouver des années ou des siècles plus tard. Ils gardent tout. Grâce à eux, on apprend beaucoup et l'Histoire devient de plus en plus complète. Alors je tiens à mes carnets comme la chose la plus importante à mes yeux. L'une des chose en tout cas et ils sont gradés dans un tiroir, en espérant que personne ne puisse les lire.

J'éteins la lumière de la pièce et m'installe sur le lit, la musique dans les oreilles et je regarde encore la vue que m'offre la baie vitrée, me perdant encore dans la contemplation des arbres.