Disclaimer : Vous connaissez la chanson ;)

Dans le chapitre précédent... Luna a fomenté une rébellion avec succès. Dénéthor a abdiqué. Faramir aime les tapis volants. Gandalf a fait des ronds de fumée. Pippin s'est assis sur le trône. Haldîr a déclaré son amour pour Luna. Les autres sont restés sérieux et personne n'a eu à boire.

Note... J'ai ré-écrit ce chapitre quatre ou cinq fois maintenant. J'espère que cette version là, au moins, vous satisfera. C'est le chapitre le plus compliqué que j'ai jamais écrit pour cette histoire et celui qui m'a pris le plus de temps !

J'aimerai avoir votre avis sur un point qui concerne cette histoire, si vous en avez envie faites un tour sur mon profil pour me le faire savoir ! ;)

Et juste pour vous prévenir, le point de vue du récit change constamment dans ce chapitre.


Les Aventures de Luna en Terre du Milieu

chapitre XIV


OoOoDénéthorOoOo


Dénéthor vérifia allégrement que tout ce dont il avait besoin était là. La collation et le verre de lait ? Sur le guéridon. Le guéridon ? À portée de main du fauteuil. Le fauteuil ? En face de la fenêtre. L'ancien Intendant régla la coûteuse longue vue qu'il avait fait venir et s'installa confortablement. Il ajusta avec un sourire la couverture qui lui couvrait les genoux.

Il pouvait déjà sentir la tension dans l'air. Ça ne tarderait pas à commencer. Il grignota un petit four en se penchant sur la longue vue. Oui, les Orcs lançaient l'assaut. Ils s'écrasèrent comme des moustiques sur les défenses extérieures et à cette distance, c'est tout ce qu'ils étaient. Des moustiques. Les murs blancs de la ville contrastait avec les ténèbres du ciel.

Des engins de siège commencèrent à arroser la Cité. Dénéthor nota à quel point cela défigurait les bâtiments. Son fils n'avait-il pas une once de courage pour sauver Minas Tirith ? Sans compter que le sang des soldats allait marquer le marbre de la cité blanche. Il se souvint ensuite que c'était le destin de Faramir d'échouer, même perché sur un tapis volant. Dénéthor but une gorgée de lait. La fin serait bientôt là et il allait profiter du spectacle.

.

Les Ténèbres se régalent

À midi, la nuit est glaciale

Je vois déjà Minas Tirith en ruine, oubliée,

Et les cadavres refroidir sur les pavés.

.

La blancheur des corps n'a d'égale

Que celle de l'emblème royal :

L'Arbre est aussi mort

Que ceux qui, sur leur coeur, l'arborent.

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Je sais que l'ennemi triomphera,

Je sais que l'Histoire va se clore,

Qu'à jamais la nuit régnera

Car je suis le témoin de la chute du Gondor.

.

Le bélier en forme de loup des Orcs fendit la porte principale de Minas Tirith. Dénéthor admira sa gueule fumante. Tout ceci est fascinant, songea l'ancien Intendant en regardant les soldats et la milice se replier lentement vers le deuxième niveau.


OoOoPippinOoOo


C'était le chaos. C'était sanglant et violent et oh putain de merde ! Est ce qu'un pont vient juste de passer au dessus de ma tête ?!

Pour être parfaitement honnête, ce n'était que la moitié d'un pont mais Pippin n'était pas en capacité d'apprécier la différence. Deux équipes des tapis volants de Luna avaient déjà été fauchées en plein vol. Les machines de guerre orques n'ajustaient pas leurs tirs très rapidement (sans parler du temps de re-chargement) mais les nazguls et leurs cavaliers s'étaient, eux, rapidement adaptés à la menace venue du ciel. La maniabilité et la vitesse des tapis étant difficilement égalable, les Rois Maudits s'efforçaient donc de les manoeuvrer sous les jets de maçonneries qui pleuvaient sur Minas Tirith.

Les Orcs avaient envahit le premier niveau mais cela faisait partit du plan. Les habitants n'y étaient plus et la milice menait une guérilla sans merci aux Orcs qui franchissaient la porte. Leur nombre leur donnait l'avantage sur une bataille rangée, mais dans les rues, les ruelles de la ville, la tendance s'inversait. Si seulement il était possible de séparer leur force davantage !

.

La masse sombre des Orcs s'étend tout en fureur

Les soldats du Gondor à peine une étincelle dans la noirceur,

Elle serait si facilement soufflée

Par l'étouffante malveillance exsudée.

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Je me sens comme écrasé par les remblais

Qui fauchent aveuglément les mortels.

Je ne suis qu'un autre sacrifice que l'on présente à l'autel

Pour y arracher, avec violence, mon innocence, mais...

.

Je sais pourquoi je ne reculerai pas

Je sais pourquoi je me bat chaque seconde

Pourquoi je n'abandonnerai pas

Car il y a du bon en ce monde

.

Le regard de Pippin fut curieusement attiré par un mouvement. Le vent agitait une corde à linge que le départ précipité des habitants avaient laissé en l'état. La porte du jardin gisait éventrée et le linge claquant doucement au grès du vent l'avait déconcentré. Il le fut encore plus lorsqu'il remarqua la gerbe de sang qui gouttait lentement le long d'une veste trop petite pour être celle d'un adulte.

Pippin se secoua, il n'avait pas le temps de rester hébété. Il avait délivré les ordres du Commandement aux Officiers de terrain et il lui fallait maintenant regagner les niveaux supérieurs. Sans se faire éventrer. Ou écraser par une statue.


OoOoGandalfOoFaramirOoOo


Le vent sifflait aux oreilles des hommes placés sur les tapis. La jeune magicienne avait été capable d'en ensorceler une douzaine avant de devoir passer à la tâche suivante, ses dons magiques inestimables dans cette bataille. Ils l'étaient moins par leur nature magique que par le fait que l'ennemi n'en avait aucune connaissance.

Gandalf avait accompagné Faramir dans les airs pour observer les prémices de la bataille. Le vieux magicien n'était pas un chef de guerre mais tout de même un excellent tacticien. Ni l'un ni l'autre ne comptait rester sur le tapis plus de temps que nécessaire pour récolter eux-mêmes des informations sur les forces ennemies et ajuster si besoin les défenses de Minas Tirith.

Le tapis qui soutenait Faramir, Gandalf et leur chauffeur, se tenait légèrement en retrait des autres équipes qui défendaient la ville dans les airs. Les tapis étaient occupés par trois personnes chaque : un conducteur et deux archers. Les volontaires... n'avaient pas été facile à trouver et, selon l'avis de Faramir, une bonne moitié d'entre étaient fous.

Gandalf observait en silence la percée des Orcs dans le premier niveau de la ville. Les soldats avaient défendus la porte pendant deux longues heures avant d'obéir au signal leur ordonnant de se replier. Le premier jalon du piège qui était tendu aux affreuses créatures. La milice les harcelait sans merci et jouissait de tous les avantages que les méandres de ruelles de Minas Tirith pouvaient leur apporter. La plupart des miliciens n'étaient même pas dans la rue mais positionnés aux fenêtres des maisons.

Les soldats étaient obligés de reculer cependant. Et plus rapidement que prévu réalisa Gandalf.

.

Je vois l'effroi, la souffrance et la destruction,

Le Sang peint d'une incandescente passion

Les hommes que les Valars m'ont envoyé Guider.

La haine est un ennemi qui brûle sans discernement ses suppliciés.

.

Faramir quant à lui observait les tirs de maçonneries qui s'abattaient sur sa ville. Seuls les tapis les évitaient avec aise quand ils n'étaient pas volontairement déconcentrés.

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Je vois l'horreur, la mort et la destruction

Les conséquences de mes décisions

Sont sans appel et sans délai,

Je suis le dernier Intendant mais...

.

Je sais pourquoi je ne reculerai pas

Je sais pourquoi mon coeur gronde

Pourquoi je n'abandonnerai pas

Car il y a du bon en ce monde

.

L'estomac de Faramir se retrouva soudainement dans sa gorge alors que son tapis descendait en piqué. Une ombre noire déplaça l'air au dessus d'eux et le nouvel Intendant s'accrocha anxieusement à sa poignée pendant que son conducteur manoeuvrait. Gandalf tenait lui-même d'une main sa propre poignée tandis qu'il essayait désespérément de positionner correctement son bâton de magicien.

Une nouvelle secousse lui fit perdre sa prise et le vent lui envoya sa barbe blanche dans les yeux, le déconcentrant encore davantage. Faramir dégagea courageusement une de ses mains mais n'essaya pas de saisir son arc : il aurait besoin de ses deux mains pour l'utiliser et ce n'était pas une option présentement.

Gandalf coinça sa barbe récalcitrante dans son col d'un mouvement frustré et réussit enfin à amener son bâton près de la poignée que son autre main serrait. Il fit glisser sa main gauche le long de son instrument afin que ses mains soient toutes deux au niveau de la gemme à l'extrémité du bâton.

Un virage sec déconcentra le magicien qui jura vigoureusement. Ils évitèrent de justesse un morceau de clocher mais le nazgul et son cavalier ne leur laissèrent pas un moment de répit. La lumière de la gemme de Gandalf fut soufflée comme une bougie.

Faramir réalisa qu'ils n'avaient pas le choix. Ils ne pouvaient pas semer le nazgul et son maudit cavalier. « Ohtar ! Rapproche nous de la bête ! »

« Capitaine ! » protesta le conducteur en utilisant l'ancien titre de Faramir « Je ne peux pas faire ça, nous serons à portée de ses griffes ! »

« Fais ce que je te dis ! » coupa Faramir en glissant son pied gauche dans la poignée qu'il serrait d'une main. « Positionne nous sous son ventre ! »

Surpris par la manoeuvre le cavalier du nazgul les perdit de vue. Faramir déglutit nerveusement et ouvrit sa main moite pour se redresser au dernier moment. D'un geste ferme il enfonça son épée qu'il agrippait à présent de ses deux mains dans l'abdomen du reptile. La douleur le fit réagir par réflexe et sa queue battit le tapis par dessous. Le bâton de Gandalf dégringola mais le mouvement avait permis d'enfoncer l'arme encore plus profondément dans son flanc.

Le Nazgul laissa échapper un cri aigu avant de tordre son long cou. Des dents percèrent l'armure de Faramir et il grogna de douleur. Dans un ultime effort le nouvel Intendant déchira les entrailles de la bête tandis qu'elle resserrait ses machoires.

« Faramir ! »

Tout de devint noir alors qu'il basculait dans le vide.


OoOoTheodenOoOo


Le Roi du Rohan aurait préféré que ses troupes aient le temps de monter le camp et de se reposer avant d'engager le combat. Avoir des troupes fraîches était toujours préférable mais Theoden saurait s'en contenter. De toute façon, les wagons de provisions et d'équipements avaient trois jours de retard sur eux maintenant.

D'après ses éclaireurs, les Orcs avaient déjà percé une brèche dans les défenses de Minas Tirith. Tout ceci ne se présentait pas très bien. Ses éclaireurs l'avaient aussi informé d'objets volants non-identifiés. Il espérait que ses alliés avaient d'autres surprises du même genre.

Theoden garda un visage impassible, confiant, pendant que ses cavaliers se mettaient en ordre sur la colline. Un Roi devait toujours avoir l'air confiant sinon ses sujets se mettaient à douter de lui.

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Je suis usé jusqu'à la moelle

Saroumane et sa magie ont laissé des séquelles.

Je représente l'honneur du Rohan

Sa force réside ailleurs pourtant.

.

La victoire ne dépend pas de moi

Je ne peux que pointer du doigt

Et indiquer la voie, ou nous serons défait

Je suis las et fatigué mais...

.

Je sais pourquoi je ne reculerai pas

Je sais pourquoi j'entre dans la ronde

Pourquoi je n'abandonnerai pas

Car il y a du bon en ce monde

.

Levant son épée ancestrale bien haut avant de la pointer devant lui, Theoden, Roi du Rohan, lança l'assaut contre les Orcs.


OoOoEomerOoOo


Eomer esquiva une lame rouillée avant d'abattre la sienne. D'un moulinet du poignet il élimina une grande partie du sang qui s'était accumulé sur l'acier de son épée. Le sang rendait la lame moins coupante et dans une bataille cela pouvait être un désavantage dangereux.

Il para un coup qui le désarçonna et il se retrouva soudain engagé dans un combat au corps à corps avec un orc presque deux fois plus grands que lui. Il crut entendre dans son esprit la voix de sa soeur l'encourager alors que l'orc appuyait puissamment sur sa lame pour atteindre son cou nu. Il était heureux de savoir que ses pensées étaient avec lui et par dessus tout qu'elle était en sécurité. L'orc pressa son avantage et Eomer put sentir son souffle nauséabond sur son visage.

.

Je sens les relents de la horde ennemie

Qui souhaite nous exterminer jusqu'au dernier

Je tranche un corps après l'autre sans répit

Mais nous sommes submergés

.

Nous les avons déjà vaincu une fois

Il faut à présent achever ce projet

À la pointe de l'épée j'en creuserai la voie

Nous sommes trop peu nombreux mais...

.

Je sais pourquoi je ne reculerai pas

Je sais pourquoi je me bats chaque seconde

Pourquoi je n'abandonnerai pas

Car il y a du bon en ce monde

.

Eomer réussit à se dégager et intercepta un cheval sans cavalier pour l'enfourcher. D'une pression des genoux il lui fit faire un tour complet pour observer la progression de la bataille. Il écarquilla les yeux de surprise et d'horreur avant de porter la main à son cor de guerre.

Il sonna son cor avant de hurler « Cinq cents cavaliers avec moi ! »

Une fois fois que suffisamment de combattants furent rassemblés, Eomer lança la charge contre les renforts d'Occidentaux qui venaient de rejoindre le champ de bataille. Il souffla à nouveau dans cor en passant sous le ventre d'un oliphant, cherchant un point faible dont il pourrait se servir.


OoOoHaldîrOoOo


Essoufflé, Haldîr tira Luna sèchement par le bras. Elle heurta douloureusement le mur proche alors qu'il engageait le fer avec l'ennemi qui venait de mettre pied sur la muraille. La muraille de la troisième enceinte.

Le nombre impressionnant d'ennemis avaient permis aux orcs de gagner du terrain beaucoup plus facilement que ce qu'ils avaient prévu. Les orcs avaient essuyé des pertes immenses dans le dédale des rues de Minas Tirith mais les avaient guère ralentit.

L'étape suivante du Plan ne pouvait être complétée que par Luna et la jeune sorcière n'avait pas eu le temps de finir ses préparations. Il fallait donc que cette muraille tienne le plus longtemps possible. Cela consistait principalement à défendre les six entrées menant à ce niveau et à protéger Luna dans son entreprise le long des défenses (en trucidant de temps en temps un orc plus aventureux que les autres et qui avaient entrepris de grimper le mur au lieu de forcer les portes).

Haldîr laissaient aux civils, des femmes et des personnes âgées, le soin de protéger ces entrées. Ils étaient épaulés par des gardes, évidemment, mais leurs armes consistaient en de gros chaudrons empruntés à la guilde des tisserands. Les grosses cuves servaient habituellement à teindre les tissus mais avaient été réquisitionnés pour l'occasion. Ils contenaient à présent de l'huile employé en cuisine ou tout autre produit toxique ou inflammable.

Les habitants de Minas Tirith pouvaient se montrer très créatifs.

Luna se pencha pour dessiner quelque chose au charbon. Dès qu'elle eut fini, Haldîr la traîna vers le point suivant. Ils dépassèrent un poste de garde où les défendeurs se montraient particulièrement inventifs. Ils traitaient apparemment les orcs comme ils traitaient les nuisibles. Ils avaient décidé de les enfumer comme ils enfumaient les rats, avec un gaz toxique. Ils avaient installés derrière eux les souffleries de la rue des forgerons.

Cela semblait fonctionner. Et bien.

Il se baissa pour esquiver un coup, lâchant la main de Luna.

.

Soudainement les épées s'entrechoquent et s'affrontent

Intensément et irrémédiablement

Seuls les plus chanceux survivront primitivement à la lutte

Irrévocablement... Inexorablement

.

Je lève les yeux

Mais les étoiles ont disparues des cieux

La guerre est une purulente plaie

Qui jamais ne se soigne, mais...

.

Je sais pourquoi je ne reculerai pas

Je sais pourquoi j'entre dans la ronde

Pourquoi je n'abandonnerai pas

Car il y a du bon en ce monde

.

Luna trébucha sur un objet qui traînait au sol dans sa course pour atteindre la dernier lieu à couvrir de runes. À genoux, elle le saisit et s'en servit pour se redresser, hors d'haleine. Elle appliqua enfin le dernier signe d'une longue série et le couvrit de sa main.

« Tous nos soldats se sont repliés ? » demanda t-elle entre deux halètements.

Haldîr ne souhaitait pas lui mentir aussi lui répondit-il ainsi : « Si ce n'est pas le cas, ils leurs faudraient un miracle pour survivre dans le contexte présent. »

« Mais... »

« Luna tu ne peux pas endosser la responsabilité de toutes les vies de cette ville, et nous en avons une envers tous ceux qui sont derrière ses murs. »

Luna ferma les yeux. Les runes commencèrent à luire d'une lumière bleue. Luna se mit à trembler, clairement épuisée. Les runes s'éteignirent et Luna laissa échapper un grognement de frustration en serrant de l'autre main un peu plus la branche qu'elle avait ramassée.

Un son sourd se fit entendre près de leur position. « Luna... » exigea Haldîr nerveusement. L'elfe se tourna vers le son pour faire face à la menace qui se rapprochait.

Soudainement une lumière aveuglante s'échappa d'une roche. Une roche empêtrée dans la branche que tenait Luna. La lumière sembla prendre vie et se transmit de rune en rune, illuminant chaque lieu où Luna et Haldîr s'étaient attardés.

Après une éternité, la lumière atteignit enfin l'autre extrémité de la muraille et la tour de garde dans la montagne au dessus du palais s'illumina comme un phare. Un dôme de lumière changeante s'érigea dans un déplacement d'air.

« C'est fantastique. » murmura Haldîr hypnotisé par la lumière. « Quelle est sa solidité ? »

« Modéré. » répondit Luna en essayant de contrôler sa respiration. « Les Orcs ne pourront pas le traverser mais il ne pourra essuyer qu'un nombre limité de tirs de maçonnerie. Ces choses ne sont pas faites pour repousser les grosses attaques physiques. » Elle renonça à se mettre debout, même avec l'aide du bâton de bois. « Et puis des runes dessinées au charbon de bois ne sont pas destinées à durer. Pour avoir du vrai bon travail, il faut prendre le temps de les graver. Mon professeur à Poudlard ne serait pas très impressionné par mon travail... »

Ils furent interrompu par un orc malpoli qui avait réussit à entrer avant l'érection du mur magique.


OoOoMerryOoEowynOoOo


Merry regarda brièvement les rênes du cheval que Eowyn venait de lui fourrer dans les mains. Au cours de la chevauchée jusqu'à Minas Tirith la princesse du Rohan l'avait instruit dans les arts liés au cheval.

Ils étaient entourés d'ennemis. Eowyn lui avait emprunté son épée et en tenait à présent, une dans chaque main. Merry fit claquer les rênes pour se lancer en direction de l'oliphant le plus proche.

.

Je sens la peur devenir ma complice

Face à cette masse hargneuse

Je me suis engagé dans une aventure vertigineuse

Et je me tiens au bord du précipice

.

Eowyn laissa échapper un cri sauvage.

.

Je sens s'ouvrir la porte de cette cage dorée

Qui si longtemps me retenait

J'endosse ainsi de nouvelles responsabilités

Qui autrement me conduiront à ma perte, mais...

.

Je sais pourquoi je ne reculerai pas

Je sais pourquoi je suis furibonde

Pourquoi je n'abandonnerai pas

Car il y a du bon en ce monde

.

Merry toussa pour tenter d'échapper au nuage de poussière que la chute de l'Oliphant avait provoquée tandis que Eowyn fermait les yeux dans le même but. Elle lui avait tranché les tendons et à présent les occidentaux qui avaient survécu à la chute de leur monture se dirigeaient vers eux pour se venger.

Ils furent interceptés par une dizaine de cavaliers qui tua leur désir de vengeance à tout jamais. Eowyn n'eut pas le temps de s'en réjouir puisqu'au même moment elle et Merry étaient percutés par une hyène géante montée par un orc.

Ses épées lui échappèrent des mains et elle resta un instant sonnée. Ses muscles la brûlaient et elle était certaine qu'elle serait incapable de compter le nombre de bleus qu'elle récolterait avant la fin. Son frère avait raison, un champ de bataille était un endroit maudit.

Elle ne put s'empêcher de sourire. Elle avait choisit d'être là. Elle était libre.

Son sourire s'effaça devant la scène à laquelle elle faisait à présent face. Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur et elle se précipita sans réfléchir en abandonnant armes et bouclier. Merry faisant preuve, pour une fois, du bon sens accordés aux hobbits, dégaina son poignard avant de se lancer à sa poursuite. C'était le poignard offert par Galadriel.

Eowyn se planta fermement entre son oncle et le nazgul, décapitant la bête rageusement avec l'épée du Roi. Un cercle se forma autour d'eux alors que le Spectre de l'Anneau mettait pied à terre en ignorant le monstre volant agité de soubresauts.

Eowyn vaincrait cette abomination si c'était la dernière chose qu'elle ferait. Et Merry serait là pour l'épauler.


OoOoGimliOoLegolasOoOo


Les compagnons avaient assistés à l'illumination de Minas Tirith dans un silence médusé depuis le pont de leur navire. Les évènements s'enchaînèrent après ça et ils débarquèrent rapidement. Une nuée de fantômes translucides verts débarrassèrent le quai des quelques orcs qui y grouillaient encore.

Gimli et Legolas se lancèrent à leur suite, déviant légèrement de la course des fantômes pour trouver des ennemis respirant encore. Très efficace ces fantômes. Aragorn s'attarda sur les quai pour superviser le débarquement des Dunedains qu'ils avaient croisés sur le chemin vers Minas Tirith. Les deux amis reprirent le fil de leur compétition avec aise.

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Je fais voir trente-six chandelles à cet orc malodorant,

Qui tombe sans grâce les quatre fers en l'air.

Le prochain ira directement six pieds sous terre.

Je dormirai ainsi sur mes deux oreilles paisiblement.

.

« Ça compte quand même que pour un ! » lança Gimli à l'Elfe qui glissait victorieusement le long de la trompe de l'oliphant qu'il venait de tuer. Legolas lui lança un sourire carnassier.

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Je compte le nombre d'ennemis fauchés par mes coups de taille,

Pour oublier celui grandissant de mes alliés.

Pour oublier que sur le champs de bataille

Chacun est vulnérablement mortel, mais...

.

Je sais pourquoi je ne reculerai pas

Je sais pourquoi je me bats chaque seconde

Pourquoi je n'abandonnerai pas

Car il y a du bon en ce monde

.

Le dôme de lumière disparu au moment où les fantômes submergeaient la ville. Des cris de victoire commencèrent à retentir.


OoOoAragornOoOo


Aragorn trouva le commandant des fantômes en pleine discussion avec Luna.

« Je ne comprend pas. » disait-elle, visiblement pas pour la première fois. « Vous êtes des fantômes. Oui ? »

« Oui. » confirma le commandant.

« Vous passez à travers les murs, non ? »

« Aucune construction ne peux nous retenir. »

« Mais vous pouvez tuer vos ennemis. Vous êtes intangibles et soudainement vous ne l'êtes plus. » constata curieusement Luna. « Comment ça marche ? »

Au lieu de répondre, le chef des fantômes se tourna vers Aragorn avec un air presque suppliant. Aragorn s'empressa de libérer l'armée fantôme de son serment envers lui avant que tous ses membres décident que Luna était une ennemie.

Haldîr détourna l'attention de la jeune femme qui semblait prête à objecter en lui proposant de trouver Bran.

Aragorn souffla un instant avant de regarder autour de lui. Ces gens avaient soufferts et il avait souffert avec eux.

.

Je passe dans les décombres

Je vois des familles, des amis, des amants

À la recherche de survivants

Qui ne sont plus que des ombres

.

Ceux-là ont trouvés la paix

Dans le silence, j'entends mon Peuple et sa souffrance

Qui ne s'est pas arrêtée à la défaite des maléfiques forces

C'est loin d'être terminé, mais...

.

Je sais pourquoi je ne reculerai pas

Je sais pourquoi j'entre dans la ronde

Pourquoi je n'abandonnerai pas

Car il y a du bon en ce monde

.

C'est à cet instant qu'Aragorn se sentit pour la première fois faire parti du Peuple du Gondor.

Aragorn prit sur lui d'organiser le triage des blessés. Il fallait en effet mettre de l'ordre dans la recherche des survivants et assurer le transport des blessés si nécessaire. Une fois que cela fut fait, il se rendit dans l'infirmerie qui accueillait les patients les plus atteint et mis à profit ses années d'enseignement sous la tutelle d'Elrond le Guérisseur. Il pouvait faire quelque chose pour la souffrance de ces gens. Il pouvait aider Faramir qui avait le sang contaminé par la bave du nazgul.

Il se reprit rapidement quand il découvrit que ses prochains patients était Merry et Eowyn. Il murmura rapidement en elfique tout en broyant des feuilles d'atélas.

Il pouvait aider.


OoOoLunaOoOo


Luna avait été guidée jusqu'à ses appartements par Haldîr. Il avait pris soin d'elle, allant lui chercher une bassine d'eau pour nettoyer le sang, les coupures et la saleté qu'elle avait récoltés au cours de ces dernières heures. Il lui avait ensuite conseillé de se reposer mais Luna était incapable de simplement s'allonger sur son lit. Il semblait... trop doux. Comme un piège.

Comme un mensonge.

Alors elle était allée sur son balcon et quand elle avait été trop fatiguée pour rester debout, elle avait simplement glissé le long du mur pour s'asseoir sur le marbre.

Il restait encore beaucoup à faire et ce n'était qu'une étape dans la guerre qui se livrait en Terre du Milieu mais en attendant la prochaine épreuve, elle veillerait sur le sommeil de Bran qu'elle avait traîné derrière elle et qu'ils avaient installé dans la chambre qu'il partagerait avec Haldîr.

Étonnamment quand elle songeait à toutes ses leçons d'étiquette, Haldîr n'avait pas rejoint sa propre chambre mais avait pris place à ses côtés sur le balcon. Luna posa sa tête sur son épaule.

.

Je sens la pierre froide du mur m'accorder sa protection

Venir en soutien de mon corps, engourdir mes émotions.

Je profite de ce temps qui n'est qu'une accalmie :

Les survivants devront-ils toujours reconstruire ce qui a été détruit ?

.

J'ai envie de fermer les yeux pour ne plus voir la peine et la panique

Mais, comme à Poudlard, je sais que cela ne me rendra pas amnésique

Je sais aussi que la lumière sera toujours plus brillante dans l'obscurité

Parce que je l'ai déjà vécu et...

.

Je sais pourquoi je ne reculerai pas

Je sais pourquoi je me bats chaque seconde

Pourquoi je n'abandonnerai pas

Car il y a du bon en ce monde

.

Et que cela mérite qu'on se batte pour lui

.


OoFinDuChapitreOo


Dans le film, Frodon demande à Sam à quoi se raccrocher alors qu'il perd pied/espoir et notre jardinier préféré lui répond : « Il y a du bon en ce monde, monsieur Frodon, et il faut se battre pour cela. » La réplique originale (en anglais donc) est celle-ci : « That there's some good in this world, Mr Frodo, and that it's worth fighting for. » J'admets que je suis partisane des VO, et je ne suis pas traductrice, néanmoins j'ai trouvé que la traduction officielle française ne lui rendait pas justice. Je l'ai plus ou moins traduit mot à mot. Je pense que les traducteurs pour un film ont des contraintes que je n'ai pas qui pourraient (ou pas) expliquer ce choix de traduction qui perd un peu en nuance (mais gagne en clarté ?). La différence n'est pas énorme entre ''il faut'' et ''cela mérite'' mais la nuance m'importe. Pour le premier, Sam l'informe d'une obligation, un devoir; dans le deuxième Sam l'invite à faire un choix né d'une conviction (et pour moi, c'est en cela qu'ils deviennent des héros, parce qu'ils ont fait un choix). N'hésitez pas à me dire si vous êtes d'accord ou pas ^^

Ok, une dernière chose sur laquelle je veux être très claire : J'ai eu des difficultés à écrire ce chapitre. Bien que j'ai prévu les évènements qui doivent s'y produire pour faire avancer l'histoire... Le chapitre manquait d'originalité, de quelque chose qui le rende spécial, d'une étincelle. J'ai passé deux mois à écrire et à effacer mon travail. J'aime lire (je pense que c'est ma passion n°1) et j'aime écrire mais je n'ai jamais fait d'études littéraire au delà de ce qui est exigé pour un bac S. La poésie et moi... On s'aime et on se déteste. J'ai du mal à la comprendre, de manière générale. Il y a des textes qui m'émeuvent à un point auquel je n'aurait jamais pensé et il y en a d'autres qui me font lever les yeux au ciel par leur prétention d'être meilleurs que ce qu'ils sont en réalité.(c'est mon opinion... En réfléchissant, je réalise que c'est valable pour tout type de texte...).

Je suis... adéquate pour raconter une histoire mais je ne suis pas un génie. La poésie, c'était mon idée originale pour ce chapitre, pour mettre en lumière les personnages de l'histoire. Pour en faire plus que le récit d'une bataille, surprenant uniquement grâce à la magie de Luna. En l'occurrence, ici, c'est sous le format d'une chanson ou d'une ballade parce que je me suis souvenu que Tolkien en a parsemé ses écrits. C'est donc un hommage pour lui, et les scénaristes. Et pour Sam. C'est ma citation préférée du film et Sam mérite qu'on lui fasse honneur.

Je me suis amusée à chercher des rimes qui exprimaient les sentiments des personnages, je ne regrette donc pas ce que j'ai écrit. J'espère que la lecture vous aura été agréable et surtout que vous n'avez pas trop levé les yeux au ciel en lisant mes rimes. ;)

Je me demande si ce chapitre compte comme le numéro musical de l'histoire... ?

Et Mirty ? Joyeux Anniversaire ! :D