UN SECRET DE FAMILLE
Chapitre 14
Quand on a que l'amour
Merci d'être toujours là, semaine après semaine, à suivre cette histoire pas toujours simple, dans un contexte difficile… merci d'être toujours là, cette histoire je l'ai écrite pour vous, même si je sais qu'elle ne correspond pas aux attendus du genre ^^
"Quand on que l'amour" est bien sûr une chanson de Jacques Brel, sur mon FB vous en trouverez deux versions, choisissez votre préférée...
Harry se laissa lourdement tomber sur sa chaise, livide :
- Tu me menaces ? Tu vas tout raconter à la Police ? Mais tu te rends compte que ma vie est finie, si tu racontes tout ? Tu ne vas pas faire ça, hein ?
Draco baissa les yeux et touilla le reste de son café d'une main un peu malhabile :
- Et moi, ma vie ? Elle n'a pas d'importance, hein ? Je suis un salaud, donc tout le monde s'en fiche, c'est ça ? Je parie même que toi et ta chère famille vous seriez heureux que je me retrouve en prison, hein ? Bon débarras…
- Non, non, mais enfin… si ça se sait pour toi et moi, c'est la fin de tout, et je ne reverrai plus jamais mon fils. Tu te rends compte du scandale ?
Une esquisse de sourire amer se dessina sur les lèvres de son vis-à-vis :
- Et moi, ma fille ? Tu crois que je la reverrai si je suis derrière les barreaux ? Tu crois que tu es le seul à avoir une famille ?
Les derniers mots résonnèrent dans un silence lourd, entrecoupé du bruit des rafales de pluie sur la fenêtre. Plus que jamais la famille était leur lien et leur frein, et tous deux savaient qu'il ne fallait espérer aucun soutien de ce côté-là. Harry hésitait entre la fureur et le désespoir, il crispa ses poings pour résister à l'envie de déformer le visage trop lisse en face de lui, faire saigner la bouche qui lui avait sûrement menti. D'abord le chantage pour avoir de l'argent puis celui-là, il se demanda ce qu'il avait fait pour mériter cela, pourquoi le destin s'acharnait contre lui de la sorte.
Un instant il se dit qu'il lui suffirait de sortir un grand couteau du tiroir sous la table pour le faire taire, voire même s'en débarrasser définitivement. Le cerveau en ébullition il caressa cette idée quelques secondes, voir la longue lame transpercer la poitrine maigre et s'enfoncer jusqu'au cœur, entre les côtes. Si Draco avait un cœur, ce qui était loin d'être sûr. Il lui apparaissait en cet instant comme un suppôt du Diable, un monstre malfaisant, à éliminer par tous les moyens. Il se vit en train de traîner le corps dans les escaliers avant de réaliser qu'un meurtre ne serait qu'un scandale supplémentaire dans cette pénible histoire, et qu'il faisait fausse route.
« C'est pas possible, c'est un cauchemar, je vais me réveiller », se répéta-t-il plusieurs fois, plein d'espoir.
Mais Draco était bien là, face à lui, le rictus amer à la bouche, les yeux cernés, fiévreux. Harry se rendit compte qu'il ne parvenait pas à soulever sa tasse sans trembler, dépassé par les évènements, puis dans un sursaut il se dit qu'il ne pouvait pas se laisser avoir comme ça, sans combattre. Il secoua la tête et déclara :
- Si tu racontes quoi que ce soit, je nierai. Personne ne sait que tu venais me voir. Personne ne t'a vu ce soir-là, à l'hôtel. Je nierai.
- Bravo, belle mentalité. Quand je pense que tu te crois supérieur à moi, meilleur que moi ! En fait tu es prêt à mentir pour sauver ta réputation, hein ? Finalement tu as choisi la bonne famille, tu leur ressembles bien, Harry, lâcha Draco avec amertume.
- Arrête avec ça ! Je ne sais pas ce que tu as fait le reste de la nuit, si tu l'as passé avec Franck ou un autre, alors tu veux que je me sacrifie pour toi ? Après le chantage que tu m'as fait ? Non, je ne me laisserai pas faire, Draco, pas question. Je ne gâcherai pas tout pour toi. Pas pour un menteur comme toi.
- Le mensonge. La vérité. Tu n'as que ces mots là à la bouche, hein ? Qu'est ce que tu sais du mensonge ? Crois moi, toute vérité n'est pas bonne à dire, et tu le sais très bien. Quand on a fait ce que tu as fait, avec moi, on s'abstient de faire la morale, Harry. Tu es aussi perverti que moi, voire plus, parce que je ne me cache pas, moi. Je n'ai pas un fils et une gentille femme qui ne se doutent de rien, moi. Tu es pire que moi, en fait.
- Quoi ?
- Oui, et tu as tellement honte que tu es prêt à me voir pendu pour sauver les apparences. Pas pour sauver ta peau, non, juste pour sauver les apparences. Mais tu crois que même si tu nies il n'y aura pas un doute ? Toutes ces soirées seul dans ta chambre, loin de ta famille, et les draps qu'on a souillés, ce soir là ? Combien tu crois que ça peut durer, ce petit jeu ?
- Il n'y a pas de petit jeu. J'ai eu un moment d'égarement mais c'est fini. Je suis rentré dans le rang, il ne se passera plus rien. C'est fini. Tout est rentré dans l'ordre, fit Harry d'une voix un peu plus ferme.
Draco hocha la tête puis alluma une cigarette à moitié écrasée, d'un geste habile :
- Ben voyons. C'est tellement pratique. Tes remords t'achètent une nouvelle virginité, c'est ça ? Mais quand tu seras face aux juges, tu crois que ça suffira ? Quand les policiers t'interrogeront toute une matinée, comme moi, tu crois que tu tiendras le coup ?
- Arrête. Tais-toi. Fous le camp. Fous le camp ! cria Harry en se levant et en ouvrant la porte toute grande.
Pendant quelques instants Draco ne bougea pas, puis les doigts qui tenaient la cigarette se mirent à trembler et il murmura :
- Ne mets pas dehors, s'il te plait. Ne me laisse pas tomber ou je serai obligé de tout dire à la Police, parce que je serai si seul que plus rien n'aura d'importance.
- Mais tu veux quoi, exactement ?
- Je voudrais commencer par me reposer. Une nuit. Tout ça est trop lourd pour moi, Harry, je n'y arrive plus.
- Mais… et la Police ? fit Harry avec méfiance.
- Pour l'instant ils n'ont aucune preuve contre moi, que des présomptions. Si tu me soutiens, si tu peux me trouver un endroit pour dormir je ne dirai rien, promis. Je garderai notre secret jusqu'au bout, si tu es avec moi. Je n'ai pas plus envie d'un scandale que toi, tu sais. Je veux juste sauver ma peau, tu comprends ? Même si elle ne vaut pas grand-chose.
Harry fronça les sourcils puis reprit lentement, sceptique :
- Si je t'aide à te trouver un endroit tu ne diras rien ?
- Non, je ne dirai rien. Pas si je n'y suis pas obligé. Je n'ai aucune envie d'alimenter les gazettes avec notre histoire, je veux juste un endroit pour me poser et préparer ma défense calmement, avec mon avocat. Je n'utiliserai l'alibi de notre nuit ensemble que si je n'ai pas le choix, je te le jure. Il ne faut pas qu'on se batte l'un contre l'autre, il faut qu'on fasse front ensemble. Je ne te veux pas de mal, Harry. Je te le jure. Aide-moi, et je disparaîtrai dès que je le pourrai.
- Comment tu as fait pour me trouver ici, d'abord ?
- Je connaissais l'adresse de tes beaux parents, je t'ai suivi jusqu'à ton bureau puis ici.
- Vraiment ? Mais je ne m'en suis pas rendu compte…
- Je sais être discret, et je n'avais nulle part où aller, de toute façon. Tu es mon seul soutien, mon seul… ami. Tu veux bien m'aider ? dit-il plus doucement.
Pendant un instant Harry hésita, perplexe. Draco paraissait sincère et l'angoisse venait de retomber d'un coup sur ses épaules nouées, il ressentit une immense fatigue.
- C'est un cauchemar, n'est ce pas ? Je vais me réveiller, hein ? Dis moi que tout cela n'est pas vrai, Draco. Comment on en est arrivés là ? Qu'est ce qui s'est passé ?
Il tendit la main et alluma le plafonnier, qui les aveugla d'un coup. Réalisant qu'on les verrait de l'immeuble en face Harry l'éteignit à nouveau et alluma la petite lampe basse, près de son lit, avant de fermer les volets. Il se retourna ensuite et fit face à Draco, qui n'avait pas répondu.
- Raconte moi toute l'histoire avec Franck, au moins. Qui l'a assassiné ? Pourquoi ? Je n'y comprends rien, pour l'instant, ajouta-t-il en s'asseyant sur le bord de son lit.
- Oui, tu as raison, j'aurais dû commencer par le commencement, je crois, fit Draco à mi-voix. Drôle d'histoire. Je ne sais même pas quand elle commence, en fait. C'est idiot, hein ? Et pourtant ça ne me ressemble pas, de me fourrer dans des histoires sentimentales inextricables. C'est tout ce que je déteste, en fait. Il reste encore du café ? demanda-t-il au bout de quelques instants.
- Oui, dans la cafetière. Sers-toi, répondit Harry sans bouger.
- Ca fait du bien de boire quelque chose de chaud et sucré, reprit Draco en entourant la tasse de ses longs doigts, pour les réchauffer. En fait tout a commencé vraiment quand Franck s'est douté que je voyais quelqu'un, alors que j'habitais chez lui. Je n'y prêtais pas attention mais il était très jaloux, il posait des questions tout le temps.
- Mais pourquoi tu habitais chez lui, alors ?
- Je te l'ai déjà dit, non ? Pour ne pas m'éloigner de l'hôtel dont on m'avait foutu à la porte. Je n'avais pas les moyens de me payer quelque chose ailleurs, tout était si cher, là bas.
- Pour ne pas t'éloigner de ta fille, ou de moi ?
- Bonne question. Tu veux quoi ? Un joli mensonge, ou la vérité ? Tu ne réponds pas ? Oui, c'était pour Isabelle, mais c'était surtout pour toi. Je t'avais dans la peau, je n'arrivais pas à partir. Amusant, hein ? Moi qui ai toujours joué avec les sentiments des autres, je me suis trouvé pris comme un collégien, presque malgré toi. Je ne comprends même pas pourquoi. Tu m'as toujours pris pour un salaud et un menteur, ce que je suis en général, et pourtant là j'étais sincère. Et amoureux, pour ce que ça peut recouvrir. Tu m'as fait payer tout ce que j'ai fait aux autres je crois, et je ne sais toujours pas comment.
En sentant ses joues et ses oreilles chauffer Harry fixa le tapis au sol, comme s'il essayait d'en apprendre les motifs. Ces aveux le mettaient mal à l'aise, lui non plus ne comprenait pas bien ses sentiments et aurait préféré que tout cela reste sur le plan physique.
Il déglutit et attendit la suite, le regard rivé au plancher. Draco reprit à voix basse :
- La suite, tu la connais. Franck était moins sot que je ne l'aurais cru, un jour il m'a suivi et il nous a vus en forêt, toi et moi. Cet imbécile a vu rouge et quand je suis rentré il m'a fait une scène –une scène de jalousie, tu imagines ?- et m'a demandé de choisir entre lui et toi. Je lui ai ri au nez, j'avoue. C'était peut être pas la meilleure réaction à avoir, il tenait vraiment à moi je crois, mais c'était tellement grotesque ! Je n'avais vraiment pas envie de faire semblant, pas pour lui. Je le considérais comme un gentil garçon un peu niais, que j'avais bien entortillé, comme les autres. C'est pourtant là qu'il a commencé à être menaçant, à me demander de l'argent pour garder le silence. Au début je ne l'ai pas trop pris au sérieux puis j'ai compris qu'il était prêt à tout pour se venger de nous, alors j'ai payé. Des petites sommes d'abord, puis de plus grosses, empruntées ça et là. C'est là que je suis venu te voir, rappelle-toi. Et quand je n'ai plus eu d'argent je lui ai donné ma voiture, mais il devenait de plus en plus gourmand. Et je ne voulais surtout pas que ça se sache, pour toi et moi, conclut-il les yeux dans le vague. Tu sais pourquoi ?
Harry resta muet quelques instants, indécis, mais ne répondit pas. L'histoire paraissait crédible pourtant quelque chose le gênait, sans qu'il pût dire pourquoi. Imaginer Franck en voyou et Draco amoureux était largement improbable, bien plus que l'inverse.
- Mais… pourquoi a-t-il été assassiné, alors ? interrogea Harry avec difficulté.
- Bonne question. Cet idiot avait pris goût au jeu, aux casinos clandestins. C'est moi qui l'avais emmené là-bas, au départ, pour me distraire. Les soirées avec lui étaient si ennuyeuses, si tu savais… Au moins là bas je m'amusais un peu, même en sa présence. Et puis tout ça lui est monté à la tête, les jetons, les belles toilettes, l'argent facile, le champagne. Il s'est laissé prendre dans l'engrenage, avec mon argent. Cet idiot qui n'avait jamais joué s'est fait plumer et a perdu tout ce que je lui ai filé, jusqu'à ma voiture.
- Et tu n'as rien fait pour l'aider ?
- Non, je le détestais. Je te jure à la fin je n'avais plus que mépris pour lui, qui me rackettait sans remords. Ah, il avait bien changé le petit guide timide des débuts, qui était puceau –d'après ce qu'il disait ! Je ne le reconnaissais plus, et il n'écoutait rien. Et je ne voulais pas que le scandale t'éclabousse, alors j'en ai accepté tant et plus. Ca t'étonne, hein ? Oui, je suis un imbécile, faut croire. Peut être que moi aussi je voulais me protéger par rapport à ma fille, à notre famille. Garder un semblant de dignité.
- Et alors ?
- Alors un soir qu'il essayait encore de me soutirer de l'argent parce que ses créanciers étaient après lui je lui ai dit que cette fois c'était terminé, je n'avais plus rien à lui filer. Je n'en pouvais plus, c'était trop. J'étais sec, laminé. Et je suis passé te voir, souviens-toi. C'est la dernière fois que je l'ai vu, le lendemain je suis parti en train et je suppose qu'ils l'ont rattrapé.
Harry resta interdit quelques instants, tentant de démêler le faux du vrai, puis il souffla :
- Et tu l'as dit à la Police ?
- Oui. Ca, je leur ai dit. Qu'il avait des dettes de jeu et qu'il ne s'en sortait pas. Mais je n'ai pas parlé du chantage. Et je n'ai pas parlé de toi et moi.
Toi et moi. Les mots résonnèrent dans la tête d'Harry, lui donnant le tournis. Toi et moi. Il détestait Draco de tout son cœur mais il y avait eu ces moments intenses entre eux, les plus intenses qu'il ait vécus. Il y avait eu leurs peaux moites et les gestes interdits, la souffrance et le plaisir, inoubliables. Et les mots d'amour, illusoires.
Ils se regardèrent longuement et Harry sentit des fourmillements dans son ventre, une tension qu'il n'avait plus ressentie depuis longtemps. Il s'efforça de se calmer et d'oublier le passé, les images trop précises qui lui venaient en tête pour garder la tête froide, le cœur sec. La température semblait avoir grimpé de plusieurs degrés et en même temps des frissons le parcouraient, irrépressibles.
Comme mû par une force invisible Draco se leva et s'approcha du lit d'un pas un peu mécanique, la nuque raide, les yeux rivés sur Harry qui recula sur le lit, apeuré.
- Non. Reste où tu es, Draco. Ne me touche pas, surtout pas. Tu crois que c'est le moment de penser à ça ? croassa-t-il d'une voix éraillée. Avec tous les ennuis qu'on a et …?
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que déjà la bouche affamée de Draco se pressait sur ses lèvres, et des bras nerveux l'enserrèrent presque convulsivement, sans tendresse. Harry tenta faiblement de se dégager mais Draco pesait de tout son poids sur lui, le coinçant entre le lit et le mur.
- Mais… non, non, je ne veux pas… lâcha-t-il dans un souffle peu convaincant, en essayant de se dégager.
C'était le pire moment pour ce genre de choses et pourtant il avait accumulé tant de tensions ces derniers temps que son corps semblait attendre, voire espérer ce type d'affrontement. Il se mit à se débattre plus fermement, lançant bras et jambes pour se libérer, donnant des coups de rein au hasard mais les mains de Draco le tenaient comme des pinces et son corps maigre le bloquait contre le matelas. Après quelques ruades malhabiles il parvint presque à se redresser et s'échapper, quand Draco l'attrapa par le cou et l'embrassa à nouveau sans ménagement, enfonçant sa langue dans sa bouche sans hésitation. Il en profita pour se placer à califourchon sur lui et se mit à se frotter sans retenue contre son bas ventre comprimé.
- Tu vas voir, ça va nous faire du bien à tous les deux, souffla-t-il dans l'oreille d'Harry et ce dernier ferma brièvement les yeux, immobile.
- Non…
- De toute façon la messe est dite pour nous, alors pourquoi ne pas en profiter, une dernière fois ? Juste toi et moi, une dernière fois…
En secouant la tête de droite à gauche Harry passa sa langue sur ses lèvres meurtries, sentit le goût métallique de son propre sang dans sa bouche et cessa de résister, étendu sur le couvre-lit. Tout cela finirait mal, la rage qui les habitait était telle qu'ils auraient pu aller très loin, par folie ou désespoir, s'entretuer peut être. La lueur dans le regard de Draco lui parut démente et un flux d'adrénaline le traversa de la tête aux pieds, il se cambra et se laissa submerger par les émotions violentes, haine et désir mêlés.
En soufflant bruyamment ils se déshabillèrent maladroitement, retrouvant les gestes un peu chaotiques de leurs étreintes en forêt, souvent hagardes. Mais cette fois la bestialité était accrue par la désespérance de leur situation, ce danger qui rôdait autour d'eux, la famille, la police et le sceptre de Franck. En se mettant à genoux Harry s'agrippa aux hanches de Draco, qu'il griffa de ses doigts trop crispés et pénétra brusquement, le faisant gémir.
Plus rien n'avait d'importance, ni morale ni famille, que cette chair rougie et maltraitée, sous lui, que cette haine qu'il ressentait pour lui, ardente comme le désir. Chaque coup de rein les amenait un peu plus près du gouffre, entre plaisir et douleur, honte et jouissance. C'était leur revanche sur la vie et le monde, cette perversité assumée pleinement, explosant par tous les pores de leurs peaux moites.
L'excitation retombée ils se rhabillèrent sans se regarder, trop fatigués pour se jouer la comédie de l'amour. Le sexe les avait brièvement unis mais ils restaient une menace l'un pour l'autre et Harry refit le lit avec dégoût, après.
- Tu veux que je dorme où ? demanda Draco en ré-enfilant ses vêtements sales et en jetant un coup d'œil à la petite pièce.
- Il n'y a qu'un lit ici, tu ne vas pas dormir sur une chaise, si ? Tu peux aller te laver, si tu veux, il y a un lavabo là-bas, fit-il en montrant la porte des toilettes.
L'appartement était sommaire et ne comportait pas de douche, comme souvent à l'époque. Harry le vit s'enfermer sans les toilettes avec lassitude, regrettant déjà d'avoir accepté de l'aider. Mais avait-il vraiment accepté, et avait-il eu le choix ?
Il était tard, il décida de se coucher, les membres engourdis par la fatigue et l'esprit brumeux.
oOo oOo oOo
Les jours qui suivirent furent source d'angoisse intense pour Harry, qui craignait à chaque instant voir débarquer la police chez lui mais ne trouvait pas d'alternative pour loger Draco. Ce dernier reprenait peu à peu des couleurs mais se plaignait de devoir rester enfermé toute la journée, pour échapper au regard curieux de la voisine qui n'aurait pas manqué de les interroger. Harry avait beau faire et refaire ses comptes, il n'avait pas suffisamment d'argent pour lui payer un autre appartement ou une chambre d'hôtel, ayant tout juste assez pour financer avec son salaire le sien et les restaus avec ses collègues.
Il disparaissait chaque matin pour aller travailler et retrouvait Draco chaque soir, parfois avec déplaisir. S'il parvenait à l'oublier au journal grâce à son travail sa présence constante le soir l'agaçait, d'autant plus qu'il ne faisait aucun effort pour participer à l'entretien ou au ménage de l'appartement et paressait toute la journée sur le lit, à lire ou écouter la radio. Harry devait également lui rapporter à manger, en général du pain et du jambon que Draco mâchonnait sans entrain, seul à table.
Mais certains soirs ils se lovaient l'un contre l'autre avec tendresse, avides d'amour et de caresses, et Harry ne regrettait plus sa présence. Il retrouvait avec plaisir sa bouche tiède et son corps mince, son agacement disparaissait avec les baisers ardents du blond, toujours empressé auprès de lui.
- Je t'ai manqué à ce point-là ? lui demandait-il quand Draco l'attirait à lui, en fin de journée.
- Oui. Et je n'ai rien fait de la journée que de penser à toi…
- Menteur ! murmurait alors Harry en faisant mine de se dégager, sans beaucoup de force.
- Si, je t'assure… Viens par là, viens…
Si les gestes de l'amour étaient devenus un rituel bien rôdé, jusque dans leurs dérobades parfois, le fait de dormir l'un contre l'autre les réconfortait plus qu'ils ne se l'avouaient, la nuit. Ils restaient souvent à se regarder, après, sans mot dire. Parfois ils partageaient une cigarette, et Harry sentait le corps frêle trembler contre le sien, malgré la tiédeur de septembre. Les mots étaient inutiles à cet instant là, ils partageaient juste leur mélancolie commune, et la certitude des regrets à venir.
- C'est bon que tu sois là, soupirait parfois l'un ou l'autre, en ultime confidence.
Pour quelques heures ils tentaient d'oublier les doutes et les soupçons, et Harry, qui avait toujours préféré dormir seul aimait mêler ses jambes à celle de Draco, et l'écouter respirer. Un besoin de protection de réveillait parfois en lui, alors il remontait le drap sur eux et il fermait les yeux, imaginant un cocon moelleux au lit de son lit trop petit. Plusieurs fois il avait eu envie de lui demander de partir mais sa présence lui était devenue salutaire, malgré lui. Un rayon de lune passait parfois dans ses cheveux clairs, un soupir le réveillait et il restait longtemps à regarder au plafond, solidement ancré à son corps, presque rassuré.
- Et si on partait tous les deux ? souffla Draco un soir, la tête posée contre son épaule, nu contre lui.
- Partir ? Partir où ?
- Je ne sais pas. En Allemagne, chez ma sœur. On trouvera bien un lieu pas trop cher, un petit boulot…
- Un petit boulot ? Mais je croyais que tu ne voulais pas travailler…
- Ici, non. Mais pour qu'on vive ensemble, pourquoi pas.
Harry ne répondit pas tout de suite, perplexe. Il jeta un coup d'œil à Draco malgré la pénombre, pour voir s'il plaisantait, mais ne sut rien lire sur les traits émaciés de son compagnon. Il se raidit imperceptiblement et murmura :
- Et nos enfants ? Laurent, Isabelle ? Tu te rends compte du scandale si on part ensemble ? On ne les reverra jamais…
Il se rendit compte que sa voix déraillait alors il se tut, mal à l'aise. Draco redressa un peu la tête et le fixa dans le noir, de ses prunelles sombres :
- Pour moi de toute façon la paternité c'est fichu. Et si je reste en France je finirai en prison, c'est inévitable. Il ne me reste que la fuite…
Un silence s'installa entre eux, pendant lequel ils ne perçurent que le battement de leurs cœurs, et le bruit d'une voiture qui passait.
- Tu ne m'accompagnerais pas, donc ? reprit Draco sans le regarder.
- Je… je voudrais bien, je te jure. J'aimerais tellement… s'il n'y avait que nous. Mais il y a la famille, ma femme, mon fils. Je ne peux pas les laisser, tu comprends ? C'est impossible. Je ne peux pas leur faire ça. Tu imagines ce que ce serait pour mon fils, de subir une honte pareille ?
- La famille. Ta sacro-sainte famille ! ricana l'autre avec amertume. Il fallait bien qu'ils me privent de ça, aussi…
En secouant la tête Harry se pencha sur lui, passant doucement la main dans ses cheveux :
- Ce n'est pas que de leur faute, cette fois. Rends toi compte de ce que Laurent risque d'affronter, à l'école, dans sa famille même, si on part ensemble… si tu savais ce que Pierre et mes beaux parents pensent des gens comme nous…
- Oh, j'imagine bien, rassure-toi. Très très bien. Et je sais très bien ce que c'est d'être mis au banc de la société, Harry. J'ai vécu ça presque toute ma vie. C'est pour ça qu'avec toi, je me disais… Donc, c'est non ? fit-il en relevant un peu la tête, pour le fixer tristement.
Harry remarqua le léger tremblement qui l'agitait et il sentit son coeur se serrer, mais il n'y avait pas de solution. Aucune. Comment choisir entre son fils et son amant ? Le choix était impossible, exclu.
- Tu sais, Draco, je n'ai jamais connu mes parents, reprit-il à voix basse. Alors quand Laurent est né, je me suis juré de ne jamais l'abandonner, jamais. J'avais tellement rêvé d'avoir une famille, petit… tu comprends ?
Draco acquiesça doucement, sans relever la tête, et Harry sentit des larmes humecter son buste, alors il le serra un peu plus fort contre lui :
- On ne peut rien contre eux. Rien. Ne me demande pas te choisir, s'il te plait. Si tu… si tu tiens à moi, ne me demandes pas de choisir. Mon fils, ma femme, c'est toute ma vie…
- Je comprends, répondit le blond d'une voix sourde. D'un côté, il y a ta famille, la société, ton boulot, tes projets et de l'autre… rien. Rien que moi. Rien que notre amour…
- Chuuut… ne dis pas ça. Je t'en prie, ne dis pas ça. Je n'ai jamais aimé personne comme toi, mais ça ne suffit pas. Ca ne suffit pas, répéta-t-il plus fermement. Je ne pourrai jamais quitter mon fils, ou je ne pourrais plus jamais me regarder en face, dans la glace. Ca me minerait, tu sais, et je finirais par te détester. Je suis désolé…
Le sujet ne fut plus jamais abordé entre eux et peu à peu une sorte de rancœur s'installa, soir après soir, alimentée par les craintes d'Harry et la déception de Draco, insidieusement.
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- Tu ne devais pas voir ton avocat cette semaine ? demanda Harry un soir en faisant la vaisselle.
- Si, mais comment je fais pour sortir ? rétorqua Draco, en train de lire le journal ramené par Harry, en haussant les épaules.
- Tu regardes par le judas pour la voir sortir, en général elle descend à midi ou le soir pour manger avec ses parents en bas, et tu te glisses dehors. Au moins elle ne te verra pas sortir d'ici. Pour revenir, tu montes les escaliers sans allumer la lumière. C'est pas trop compliqué, non ?
- Que tu dis ! Je ne vais pas passer toute la journée derrière le judas de la porte, moi.
- Il n'y a pas d'autre moyen. Tu veux voir débarquer les flics ?
- Bien sûr que non, mais pour l'instant on est bien ici, non ?
- Oui, mais c'est trop dangereux, ici. Tu comprends ? C'est trop dangereux. J'y pense tout le temps, je dors pas la nuit, ça m'obsède.
- Sans blague ? Pourtant tu ronfles souvent, la nuit… Tu n'es pas satisfait du petit couple qu'on forme, tous les deux ? Tu n'es pas heureux, avec moi ? grimaça-t-il derrière son journal.
- Idiot !
- Au pire, tu diras que tu m'héberges pour me dépanner, parce que je suis de la famille. Ca se fait, entre cousins. Enfin je veux dire… entre cousins normaux.
Agacé, Harry serra fortement dans sa serviette le verre qu'il essuyait, qui se brisa en plusieurs morceaux dans le tissu. Après la douleur aiguë une tache de sang apparut sur le torchon et Harry jura.
- Ca va ? Tu veux que je te mette un pansement ? demanda Draco en se levant.
- Non, c'est bon, je vais y arriver tout seul, grommela Harry avant de s'enfermer dans la salle de bain.
La tension était telle désormais qu'il supportait de moins en moins Draco, sa nonchalance et ses caresses nocturnes empressées. Le plaisir le satisfaisait à peine, il était uniquement physique et ne faisait que relâcher un peu la pression, pour quelques instants. La crainte de voir débarquer la police commençait à l'obséder, sans qu'il le dise clairement. Il se demandait même si Draco tenait vraiment à lui ou le considérait simplement comme un compagnon docile et accueillant, à l'instar de Franck. Chaque soir il rentrait de plus en plus tard, gêné par la présence de Draco, inquiet des conséquences.
Lorsque le week-end arriva il retourna à Choisy, chez ses beaux parents, comme chaque semaine, et partit presque avec soulagement. Un comble, pensa-t-il en montant dans sa 404 après avoir fait ses recommandations d'usage à son colocataire forcé.
- N'écoute pas tout ce qu'ils te diront à mon sujet, ils me détestent, lui avait répété Draco plusieurs fois avant son départ.
- Je le sais bien, mais nous ne parlerons même pas de toi, rassure-toi. Tu n'es pas un sujet de préoccupations pour eux, tout juste de moquerie.
- Merci. Mais méfie toi, ce sont de vraies langues de vipères.
- Je les connais. Je connais toutes leurs histoires, rassure-toi.
Le regard de Draco lui avait déplu mais il était déjà presque 11 heures, et il était attendu pour midi. Au bout de quelques kilomètres la pluie commença à tomber et il se dit que c'était décidément un été pourri, en soupirant.
Il se gara devant le pavillon et vit brièvement apparaître le visage de sa belle-mère derrière les rideaux du salon, mais elle disparut et il dut sonner et patienter, comme s'il n'était pas attendu. Elle prit son imperméable avec une petite grimace et le conduisit dans la salle à manger où l'attendait son mari, qui préparait l'apéritif. Il fut surpris de voir une bouteille de champagne sur la table et s'interrogea sur la raison de cet extra, sans la trouver.
- Alors mon gendre, vous avez une petite mine ! Ca ne vous réussit pas, Paris, lança son beau père dès qu'il s'assit. Ou alors vous travaillez trop…
- Oui, j'ai pas mal de travail, en ce moment. Et je ne dors pas très bien, avec la chaleur, improvisa Harry en se redressant.
- De la chaleur ? Vous avez vu ça où ? Il ne fait pas le même temps qu'ici, alors, il n'a pas arrêté de pleuvoir de la semaine, s'étonna sa belle-mère en sortant les cacahuètes.
- Je vis sous les toits, à Paris, il fait toujours chaud. Humide, mais chaud.
Ses beaux parents échangèrent un regard sceptique, et son beau père reprit :
- Vous avez eu des nouvelles de Ginny, dernièrement ?
- Pas depuis dimanche dernier, non. On l'a appelée d'ici, rappelez-vous. Je n'ai pas le téléphone, dans ma petite chambre.
- Donc, vous n'êtes pas au courant, hein ? Il n'est même pas au courant !
- Au courant de quoi, il y a du neuf ? demanda Harry en sentant une sourde angoisse lui serrer l'estomac.
- Ah oui ! Il y a du nouveau ! Vous pouvez le dire… se rengorgea sa belle-mère en tripotant son collier de perles. On lui dit ? Ou on attend que Ginny lui dise ?
- Qu'est ce qui se passe ? Elle est malade ? Laurent est malade ?
- Malade, non. C'est pas une maladie, hein, chérie ?
- Oui, enfin, bon, dans certains cas, si.
- Mais quoi, enfin ? interrogea Harry, de plus en plus nerveux.
- Je vais être grand père pour la seconde fois !
Tout d'abord Harry ne comprit pas et fronça les sourcils, perplexe. Puis l'explication émergea enfin et il demanda, abasourdi :
- Ginny est enceinte ?
- Oui !
- Vraiment ?
- Mais oui ! Pourquoi ? C'est si surprenant ? Il n'a pas l'air d'y croire, glissa son vis-à-vis à son épouse. C'est bien vous le père, non ?
- Comment ? Oui, oui, bien sûr. Je ne sais pas, je m'y attendais si peu…
- Ca arrive, quand on est mariés, vous savez. Vous êtes tout pâle, allez on va s'ouvrir cette bouteille à la santé de mes petits-enfants. Simone, tu me tiens le verre ?
Harry resta les yeux dans le vide, envahi de frissons. Un second enfant. Une merveilleuse nouvelle, mais qu'il eut du mal à apprécier, l'esprit encore occupé par Draco et le meurtre de Franck. Comment deux évènements si éloignés pouvaient-ils se produire en même temps et faire irruption dans sa vie si brutalement ? Encore étourdi par la nouvelle il n'eut même pas l'idée de téléphoner à Ginny pour la féliciter, c'était trop d'émotions d'un coup, et ses craintes concernant leur cousin assombrissait sa joie, la gâchant presque. Le scandale ne serait-il pas encore pire si on apprenait sa double vie ? Il serait d'autant inexcusable, forcément. Et que dirait-on au journal ?
Il leva néanmoins sa coupe avec un sourire forcé et une main tremblante, trinquant à la santé du bébé. Son beau père lui offrit un cigare, le félicita chaudement et à la troisième coupe l'épisode Draco lui parut beaucoup moins grave. Ses beaux parents commençaient à parler du réaménagement de l'étage, de la peinture et de la moquette –si confortable et chaude- à installer, il réalisa que c'était ça, sa vie, et que toutes ses péripéties actuelles n'avaient pas de réelle importance. Oui, il redeviendrait un bon père de famille, cette fois il serait installé dans la vie, fini le temps des gaudrioles.
Après un coup de fil ému à Ginny il s'installa à table et mangea de bon appétit le gigot dominical, plaisantant même avec son beau père. Il s'imaginait avec sa petite famille autour de lui, poussant le landau fièrement dans la rue, au bras d'une Ginny épanouie. Ce serait une petite fille cette fois, une petite merveille aux yeux verts comme lui, à la petite bouche charnue et il serait si fier, si heureux.
Au dessert la belle-mère commença à évoquer le baptême et il se rembrunit, malgré lui.
- Au moins, on ne verra pas débarquer Draco, cette fois, dit-elle en lui servant un café. Comme c'est parti, il sera en prison.
- Ah oui ? Pourquoi ?
- Vous n'êtes pas au courant de ça non plus ?
- De quoi ? fit Harry du ton le plus dégagé possible.
- Il a assassiné son petit ami, le guide. Vous vous souvenez de lui, non ?
- Co… comment ? Non, je ne suis pas au courant. Ca s'est passé comment ? fit Harry en sentant ses oreilles rougir.
- On n'a pas les détails, mais on a retrouvé le corps du pauvre malheureux dans un lac, ou une rivière, je ne sais plus. Vous vous rendez compte ? Un homme si jeune, presque un enfant encore. Je ne sais pas ce qui lui a pris d'aller fricoter avec ce pervers ! Ca c'est une chose que je ne peux pas comprendre, fit-elle en secouant la tête d'un air désolé. Quelle misère…
- Au moins on en est débarrassés. Il ne viendra plus nous embêter, renchérit le beau père avec satisfaction.
- Quand je pense à ce qu'il nous a fait… au moins, ce sera réparé, fit son épouse à mi-voix.
- Oui, cette fois, ce sera réparé. Bien fait.
Harry les regarda tour à tour, et demanda :
- Il a fait quoi ? Qu'est ce qui est réparé ?
- Rien, mon gendre. C'est sans importance, conclut la belle mère d'un ton sec.
- J'aimerais bien savoir, pourtant. Ca concerne Sophie ?
- Sophie ? Pourquoi Sophie ?
- Mais qui alors ? Ginny ?
- Mais non, qu'est ce que vous allez imaginer ! Bon, je crois que c'est l'heure de mon émission de télé. Vous voulez voir ? dit-elle en se levant.
- La télé ? Vous l'avez achetée ?
- Oui, hier. Il était temps, reprit-elle d'un satisfait. Toutes mes amies l'avaient déjà… Vous allez voir, elle est belle.
Harry la suivit docilement, l'esprit préoccupé par la conversation sur Draco. Il était certain qu'on lui cachait quelque chose, aussi décida-t-il de remettre le sujet sur le tapis, alors qu'il s'asseyait sur le canapé avec elle :
- Mais vous avez eu des nouvelles de Draco, dernièrement ?
- Des nouvelles ? Manquerait plus que ça. Nous ne le fréquentons pas, vous le savez. Un vaurien pareil… chut, taisez-vous c'est Dim Dam Dom, il parait que c'est très bien.
- Et comment vous savez que c'est lui qui a tué Franck ?
- Parce qu'il est en fuite ! Il parait qu'il ne s'est pas présenté aux dernières convocations de la Police, c'est Jérémie qui m'a dit ça. Quelle honte pour notre famille, vous vous rendez compte ? Enfin, il n'y a plus qu'à espérer qu'il ne revienne jamais, cette fois. Regardez moi celle–ci, elle n'a presque pas de voix. Elle n'ira pas loin, cette Françoise Hardy, moi je vous le dis.
- Mais…
- Chuuuutttt… firent ses beaux parents de concert, et il se leva d'un bond, le cœur battant, foudroyé par la nouvelle de la fuite de Draco.
Etait-il possible qu'il se soit dérobé aux convocations de la Police ? Avait-il au moins gardé contact avec son avocat ? Un précipice s'ouvrait sous les pieds d'Harry, si immense qu'il n'en imaginait même pas le fond. Un bruit de porte de prison qu'on referme résonna à ses oreilles, et il frissonna. Aimer Draco était une chose, risquer la prison comme complice en était une autre.
- Je crois que j'ai oublié de fermer une fenêtre… je vais rentrer en vitesse, avant qu'il pleuve, bafouilla-t-il en cherchant ses clés de voiture dans sa poche.
- Hé oui, quand on n'a pas de tête, faut avoir des jambes ! Hé bien bon retour, fit-elle sans se lever. Rappelez-vous que Ginny rentre jeudi, ce serait bien que vous soyez là.
- Bien sûr, je serai là. Pas de souci. Merci pour le repas !
Ils agitèrent une main et Harry se précipita dans sa voiture, fou d'angoisse. Pendant tout le trajet il tâcha de se convaincre qu'il s'agissait d'une information erronée, due à la mauvaise foi familiale, mais le doute subsistait et même la perspective d'avoir un autre bébé ne le rassura pas, au contraire. Il se gara devant chez lui, à Paris, et ne trouva pas le courage de sortir tout de suite. Une lumière brillait dans son appartement, et il se demanda comment aborder le sujet avec son hôte.
A suivre…
Oui, je sais, vous me détestez de plus en plus car l'histoire se complique, et je n'ai même pas d'alibi... en tout cas merci à ceux qui lisent et qui reviewent !
Excellentes vacances aux veinards, et bon courage aux autres ^^ Bonne semaine à ceux qui adorent Noêl et bon courage à celles qui détestent, pour plein de raisons... RDV la semaine prochaine ?
Je réponds ici aux non inscrits :
Kaylee : Merci d'avoir aimé ce chapitre, c'est clair que ça prend une autre tournure, et ce n'est pas terminé ! Tu soupçonnes tout le monde ? tu as peut être raison… Merci pour toutes tes reviews !
Shin : un écrivain lâche, ça te dit quelque chose ? De toute façon les écrivains sont lâches, sinon ils seraient entrain de se battre dans la rue, pas d'écrire ! T'as raison, mon perso d'Harry est totalement OOC par rapport à l'original, toutes mes excuses aux fans, j'ai honte (si, si). Draco coupable, pas coupable ? A voir… Merci pour ta review !
Jessica : merci d'avoir été « captée » par ce chapitre, ça me fait plaisir ! Tu as raison, Draco fait un coupable idéal, peut être trop idéal… On ne sait pas encore tout sur lui (Ginny et Sophie en savent plus que nous, c'est vrai que c'est énervant), mais patience, patience… Je suis d'accord avec toi : Harry ne se comporte pas bien avec Draco mais je suis sûre qu'il ressent encore beaucoup de choses pour lui (même s'il lutte contre lui-même), et on ne sait pas soi même ce qu'on serait capable ou pas de faire pour ceux qu'on aime, en cas de crise grave. Merci pour cette sagesse... à bientôt ?
Sly : gloup, je ne veux quand même pas que tu sois chauve par ma faute, même si je suis sûre que ça t'irait à ravir ^^ Désolée pour ton petit fragile… Merci de ta fidélité !
Pichenlit : Merci de trouver que j'écris bien et que je sais faire monter la pression par de petits détails « fortuits », désolée pour le comportement d'Harry qui est viscéralement pleutre, je sais que c'est insupportable mais il a beaucoup à perdre et à l'époque ce genre de choses ne pardonnait pas… Je suis heureuse que tu apprécies les persos de Ginny et Sophie, tu es bien une des seules ! Merci pour ça…
Matou : merci d'apprécier ma maîtrise de la langue, je suis d'accord avec toi, ça fait du bien de lire des textes sans fautes…Merci pour tes compliments sur la crédibilité et la cohérence de mon histoire, ça me fait super plaisir ^^ t'as raison : y a qu'avec Draco qu'Harry montre les dents (si j'ose dire), il a du respect pour sa belle famille ). Quant à la fin, je ne parlerai pas, même sous la torture, lol… Merci pour ta review !
GROS BISOUS A TOUS
