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Les deux jeunes femmes laissèrent le capitaine et le vice-capitaine les dépasser pour se retrouver toutes les deux seules plus loin derrière. Elle devait avouer que cela l'intriguait de savoir pourquoi Jeanne était encore scotchée à Abuto puisqu'il lui semblait qu'ils étaient dans l'optique d'un plan d'un soir. Pas qu'elle s'en plaignait, elle appréciait la fraîcheur de la jeune femme, mais la situation était bizarre.
« Tu te demandes pour Abuto et moi, n'est ce pas ?
- Oui. Qu'est ce qu'il s'est passé ?
- Oh, on s'est juste trouvé une bonne alchimie, du coup on ne voyait pas l'intérêt de la briser.
- Même si à la fin des vacances vous ne vous verrez peut-être plus jamais ?
- Bien sûr. On passe de bons moments ensemble, on ne va pas tomber amoureux en une semaine. Autant profiter l'un de l'autre pour garder de superbes souvenirs, non ?
- Hm... j'ai du mal à comprendre, mais vous avez l'air de savoir ce que vous faites et vous avez l'air heureux, alors ça me va. »
Jeanne lui offrit un sourire radieux. Elle sourit également en réponse. C'était fou comme elle lui semblait mature quand elle n'avait pas bu, et qu'elle redevenait une gamine sous alcool. Même dans ce cas là, elle ne leur créait aucun problème, ce qui la laissait penser que la jeune femme était toujours maître d'elle-même, mais qu'elle savait lâcher prise.
« Tiens au fait, ton capitaine a perdu hier.
- Hein ? Je croyais qu'il gagnait toujours dans ce genre de truc ?
- Il a perdu par forfait au troisième tour. Un des concurrents était une femme. Il a refusé de la combattre en disant qu'il ne se battait pas contre les femmes.
- Ça lui ressemble bien.
- Le pire c'est qu'elle a remporté le tournoi. » s'esclaffa-t-elle en repensant aux derniers rounds.
Elle se surprit à plaindre la femme. Au final, on pouvait presque dire qu'elle avait remporté le tournoi parce que c'était une femme. Elle n'aurait probablement pas gagné contre Kamui s'il s'était battu. Il a abandonné parce que c'était une femme et les concurrents avaient donc perdu le combattant le plus redoutable, ce qui leur avait donné une chance de gagner le premier rang. Elle ne doutait pas également que les hommes avaient du la sous-estimer et qu'elle en avait tiré profit. Une femme dans un monde d'hommes... Cela lui rappelait un peu sa situation, même si personne ne cherchait à la piétiner dans la sienne. On la considérait autrement parce que c'était une femme, et qu'en plus de ça elle n'était pas très forte. Pire, elle avait l'impression qu'on excusait son manque de force par sa condition féminine plus que par son humanité ce qui, selon elle, n'avait rien à voir. C'était normal qu'elle ne serait jamais aussi forte qu'un Yato, mais, si elle le voulait bien, elle pourrait s'élever à des standards raisonnables humains. Seul problème, c'est qu'elle ne cherchait pas à être la plus forte, contrairement au capitaine qui semblait obsédé par l'idée.
« Ce soir, c'est moi qui ai pu choisir le programme. J'ai bataillé avec Abuto, mais je sais me montrer persuasive quand je le veux. »
Yuna pouffa de rire en voyant les grimaces suggestives que la jeune femme lui envoyait pour lui faire comprendre ce qu'elle sous-entendait. Elle était définitivement le genre de femme qui s'assumait et qui savait transformer ce qu'on jugeait être ses faiblesses en atouts. Pas par la force, mais tout dans la finesse et la ruse. Décidément, elle commençait à avoir du sacré respect pour la blonde.
« On va se faire un karaoké !
- C'est pas compliqué de faire un karaoké quand personne ne vient de la même planète ?
- La musique voyage autant que les gens, Yuna. Ils ont une base de données incroyable sur toutes les chansons populaires de beaucoup de planètes, sans parler des hits universels.
- Je sais pas... on écoute pas beaucoup de musique, nous. Je suis pas sûre qu'on va s'amuser.
- Vous n'êtes pas obligés de chanter, écouter les autres est tout aussi divertissant, crois-moi. A partir d'une certaine heure, tu peux entendre de sacrées boucheries. »
En gros, ils y allaient pour se moquer des gens. Bon, elle ne pouvait pas culpabiliser sur ce point, puisque les personnes qui se lançaient savaient généralement à quoi s'attendre. Après tout, ça pouvait être drôle. Et puis, ça ne changeait pas tellement des bars et clubs habituels puisqu'ils allaient de toute façon passer la soirée à picoler. Néanmoins, elle se promit cette fois-ci de ne pas abuser de l'alcool pour ne pas se gâcher encore une journée supplémentaire le lendemain.
Ils flânèrent le restant de l'après-midi entre restaurants, boutiques et parcs pour ravir tout le groupe. Vers vingt heures, il se posèrent à la plage pour regarder le coucher du soleil et savourer un premier verre. Elle pouvait déjà sentir l'ambiance changer dans la ville. Les gens avaient revêtu leurs plus beaux vêtements, la musique calme sur la plage avait été remplacée par une musique plus festive et l'alcool commençait à couler à flot. Ils finirent par passer dans un dernier restaurant pour se remplir l'estomac convenablement avant la soirée. Kamui avait mangé toute la journée, mais les trois autres s'étaient retenu pour pouvoir manger un vrai repas le soir.
Enfin, ils arrivèrent au karaoké déjà bondé. Il y avait une grande salle commune avec une estrade pour les plus courageux, mais également des petites salles VIP pour les personnes souhaitant passer une soirée plus privée. Ils se décidèrent à rester dans la salle commune pour commencer, puisqu'ils étaient encore trop sobres pour se lancer dans l'ambiance et commander une salle privée. Ils se placèrent à une table au fond de la salle, mais avec une belle vue sur l'estrade, et commandèrent à boire en discutant.
Au fil de la soirée, écouter les casseroles et se marrer sur leurs compétences vocales devenait lassant. Ils décidèrent donc de se diriger vers une salle privée afin d'être tranquilles. Ils continuèrent à boire et à discuter. Parfois, Jeanne allait chanter quelques chansons et ils l'encourageaient en sifflant et en tapant dans leurs mains. Les deux amants étaient clairement bourrés, ce qui semblait réveiller leur côté tactile. Bien vite, les discussions s'essoufflèrent et Kamui et Yuna, légèrement éméchés, se retrouvaient à regarder les deux autres se tripoter sans aucune gêne.
« Vous allez faire ça le restant de la soirée ? ronchonna Yuna.
- Oh, excusez-nous. Tu as raison, c'est pas cool. On va s'absenter un petit moment et euh on vous retrouvera plus tard ? Amusez-vous bien. »
La blonde leur lança un clin d'œil et ils s'en allèrent hâtivement. Son regard se posa sur celui de Kamui qui sirotait son verre d'une façon totalement neutre. Avec l'alcool qui lui détendait l'esprit, elle ne se sentait pas particulièrement à l'aise seule en compagnie du rouquin.
« On fait quoi maintenant ? On va se coucher ? De toute façon, on ne les reverra pas avant un moment. » proposa-t-elle.
Il acquiesça et ils se levèrent pour aller payer, puisque, comme prévu, les deux amants étaient partis sans se soucier de la note. Arrivés à l'hôtel, elle angoissa d'avance en constatant qu'ils devraient partager la même chambre. Dès la première nuit, ils avaient réservé deux chambres : une pour Yuna, l'autre pour les deux hommes, et ce pour le restant des vacances afin d'être tranquilles. C'était sans dire qu'ils se doutaient forcément que la deuxième chambre était occupée par les deux amants.
Ils se posèrent sur le canapé, là où il dormirait, pour attendre la nourriture que Kamui avait commandé en arrivant à l'hôtel. Ils servaient à toute heure puisque les fêtards avaient faim à toute heure. Dans cette ville , tout était prévu pour passer un merveilleux moment. Il avait posé son coude sur l'accoudoir et sa tête dans sa paume, les yeux fermés et les joues rougies par l'alcool. Elle l'observa avec attention, n'ayant de toute façon aucune autre occupation en attendant leur assiette.
Le souvenir de leur confrontation quelques jours plus tôt lui embruma l'esprit. Elle se souvenait comme si c'était hier du contact de leur peau, et de l'avoir à quelques centimètres d'elle lui fit tourner la tête. Elle crevait d'envie de prendre ses mains et de les poser sur son corps, qu'il la touche comme il l'avait fait autrefois. L'alcool ne l'aida pas à garder son calme, puisque ses effets semblaient lui dicter d'assouvir son désir. Elle s'imagina une dizaine de scénarios tous les plus torrides les uns que les autres, mais elle n'arrivait pas à se résigner à faire le premier pas et à risquer de se faire rejeter. Elle savait qu'il en avait envie autant qu'elle, ou du moins c'était le cas il y a quelques jours.
Quand il ouvrit les yeux et les planta dans les siens, son souffle se coupa. Il sonda son regard et sa gestuelle avec intensité. Son corps parlait pour elle : ses pupilles étaient dilatées, son souffle court, ses lèvres entrouvertes et ses cuisses se crispaient l'une contre l'autre. Son corps se faisait brûlant à mesure qu'elle voyait son désir se refléter petit à petit dans le regard du rouquin.
« Tu le regretteras demain matin. »
Elle bondit et s'assit à califourchon sur lui, prenant sa phrase comme un feu vert. Collant leurs deux corps, ne laissant aucun espace entre les deux, elle planta ses lèvres sur les siennes et les dévora avec fougue. Ne souhaitant pas perdre de temps, elle déboutonna sa tunique tandis qu'il lui soulevait son t-shirt et le fit passer au dessus de ses épaules. Il la saisit d'un bras au niveau de la taille et la fit basculer pour la coucher en dessous de lui sous le canapé. Elle enroula ses jambes autour de sa taille, pressant leurs bassins, et balada ses mains sur son torse musclé alors qu'il déposait des baisers le long de sa nuque pour descendre jusqu'à ses seins. Son soutien-gorge se trouvant dans le chemin, il le déchira et le jeta au pied de la table, pour avoir un accès libre à ses seins qu'il s'empressa de dévorer. Elle rejeta la tête en arrière et releva son corps, cherchant à sentir plus intensément le contact de sa langue contre ses tétons.
« Qu'est ce que je devrais regretter ? » demanda-t-elle à bout de souffle.
Il la décrocha de son bassin et la retourna sur le ventre, bloquant ses deux poignets avec une de ses mains. Il approcha ses lèvres de son oreille et lui murmura :
« Je ne vais pas être tendre. »
Il lui donna des frissons jusqu'au bout des orteils en disant cela. En voyant qu'elle ne l'arrêtait pas, il lui retira son short et sa culotte et passa son bras en dessous d'elle pour agripper sa poitrine et la mettre à genoux devant lui, tenant toujours ses poignets de son autre main. Elle gémit quand il lui serra le sein à lui en faire mal et laissa tomber sa tête contre son épaule en arrière.
« Je ne m'attends pas à ce que tu le sois. »
Elle sentit ses doigts la frôler en descendant toujours plus bas jusqu'à arriver à son intimité. Elle haleta quand il la caressa, ses cuisses s'écartant pour laisser passer sa main. Ses hanches se mouvaient contre son érection à travers son pantalon et elle gémit de plaisir quand il lui glissa un doigt puis un deuxième. Elle avait l'impression de se consumer sur place, mais, surtout, elle en voulait plus. Elle le regarda retirer ses doigts et les lécher pour la goûter. Son souffle se coupa tant elle trouvait l'acte érotique. Il la poussa en avant pour la mettre à quatre pattes, ses poignets toujours emprisonnés par sa poigne de fer. Elle l'entendit retirer son pantalon et son caleçon, et enfouit son gémissement contre le tissu du canapé quand il la pénétra. Elle sentait qu'il cherchait à la bousculer pour la faire regretter son désir. Ses poignets lui faisaient mal, et, de sa main libre, il lui saisit les cheveux pour lui faire reculer la tête afin qu'elle ne puisse plus étouffer ses gémissements. Il cherchait à la dominer pour l'humilier, mais elle s'en foutait. Ses va-et-vient la rendaient ivre de plaisir et seul ses mouvements entre ses cuisses importaient. La douleur qu'il lui infligeait n'était qu'un détail qui, au final, rendait la chose encore plus irréelle. Il explosa en elle dans un mouvement si brusque qu'elle cria de plaisir et il se retira aussitôt, la laissant pantelante sur le canapé.
Il la relâcha et se leva pour s'habiller et quitter la pièce. Elle resta allongée quelques secondes, reprenant son souffle. En effet, il n'y était pas allé de main morte. Elle eut beaucoup de difficultés à se mettre en position assise sans que ses muscles ne protestent. Son corps ne cessait pas de trembler sous l'excitation qu'elle avait vécue. Malgré la douleur, elle n'avait jamais expérimenté un rapport aussi intense et aussi trépidant. Il pouvait cependant être sûr d'une chose, elle n'allait pas le regretter, même si son corps protestait de douleur aux endroits où il l'avait serrée et marquée.
Elle se rhabilla également et scruta la chambre à sa recherche. Plus aucun signe de lui. Elle savait que ce qu'ils avaient fait ne les engageait en rien, mais ne partait-il pas un peu rapidement ? Sans rien dire, en plus ? Elle bloqua ses réflexions négatives, ne souhaitant pas gâcher le reste de la soirée. Elle se doucha rapidement histoire de s'endormir propre et de laver la transpiration de l'acte et, quand elle rejoint le salon, Kamui était assis sur le canapé avec de la nourriture sur la table basse.
« J'avais peur de ne pas les avoir entendus toquer, mais ça vient à peine d'être prêt. »
Elle sourit en se disant qu'elle ferait mieux d'arrêter de toujours imaginer le pire quand il s'agissait du rouquin. Il était resté fidèle à lui-même : il était allé chercher à manger. Elle s'assit à ses côtés, cette fois-ci sans malaise, et ils mangèrent en discutant des jours de vacances passés et ceux à venir. Ils ne mentionnèrent plus leur rapport, agissant comme d'habitude l'un envers l'autre, mais sans cette tension qui les dévorait quand ils étaient dans la même pièce. Elle était soulagée dans un sens que rien n'ait changé puisqu'elle n'aurait pas souhaité que les choses deviennent bizarres entre eux. Elle n'avait surtout pas envie d'entendre les deux autres amants jaser à leur propos pendant des heures. Elle savait également que s'il avait craqué ce soir là, c'était probablement dû à l'alcool. Cela ne voulait pas dire que l'acte allait se reproduire dans le futur.
Ils se quittèrent sur un bonne nuit, la jeune femme rejoignant le lit et le capitaine prenant ses quartiers sur le canapé. Elle lui avait proposé de dormir avec elle pour le confort, puisqu'ils avaient de toute façon dépassé ce stade, mais il avait refusé en disant qu'ils dormiraient mieux chacun de leur côté, ce qui n'était pas foncièrement faux. Elle s'étira et se positionna confortablement dans les couvertures fraîches, s'endormant sur le souvenir de leurs ébats, le sourire aux lèvres.
Quand elle se réveilla le lendemain, Kamui et Abuto étaient dans le petit salon en train de discuter. Elle se frotta les yeux puis se leva pour les rejoindre, et constata avec joie que le petit-déjeuner était déjà disposé sur la table.
« Jeanne n'est pas avec toi ? demanda-t-elle à Abuto.
- Elle dort encore, on devait parler affaires et je ne voulais pas qu'elle soit dans les parages.
- Pourquoi ?
- Parce qu'elle fait partie d'un autre équipage et qu'on n'est jamais trop méfiants. Je ne l'accuse pas, mais elle pourrait lâcher un mot sans faire exprès.
- Hm, c'est pas faux. Et de quoi s'agit-il ? »
Elle n'était pas convaincue qu'ils allaient lui répondre, mais elle faisait partie de l'équipage maintenant, après tout. Surtout qu'avec son rôle de médecin, c'était parfois mieux de savoir à quoi elle devait s'attendre si quelqu'un se retrouvait blessé. Elle était aussi curieuse, bien évidemment, mais ce n'était pas forcément quelque chose qu'elle devait laisser transparaître.
« L'amiral Abo nous a demandé de nous occuper d'une affaire précise. On va devoir écourter les vacances, expliqua Kamui.
- Écourter, c'est à dire ? s'enquit-elle, déçue.
- Il veut qu'on parte après demain matin pour s'occuper rapidement de l'affaire, puis il m'a convoqué dans les jours à venir pour je ne sais quelle ridicule idée il peut avoir dans la tête.
- Et... l'affaire, c'est quoi ?
- Ça ne va pas te plaire, coupa Abuto.
- Escorter des prostituées de cette planète jusqu'à la planète No. »
Elle ne laissa rien paraître, mais elle n'était pas vraiment à l'aise avec ce genre d'affaires. Elle n'avait jamais eu à faire à la prostitution et en avait une image qu'on pouvait qualifier de négative. Pour elle, les prostituées étaient soit des filles de petite vertu, soit des filles qu'on avait forcé, donc de l'esclavagisme.
« Ah et au fait... comme médecin de bord, tu devras leur faire passer un examen de santé. »
Sérieusement ? Elle soupira lourdement, ne s'attendant pas à être impliquée à ce point. Bon, c'était son rôle, et elle devait le jouer, donc elle ne comptait pas se plaindre, mais l'idée la stressait un peu. Elle essayerait de ne pas y penser pendant la dernière journée de vacances qu'il le restait...
