Un très grand merci pour vos retours sur le précédent chapitre ! Je craignais qu'en entrant concrètement dans le vif du sujet, concernant l'opération, cela vous déplaise. Mais je vois que j'avais tort. Faut juste comprendre qu'une partie de tout ce qui suit a été écrite depuis juin. Alors à force de lire et relire les mêmes passages, je trouve l'ensemble terriblement trop « simple ». Mais peut-être que je me creuse aussi trop la tête lol ^_^''
En tout cas, mille mercis pour vos derniers retours qui m'ont vraiment permis de prendre un peu plus confiance en moi, pour cette seconde moitié de l'histoire qui n'a rien de simple à écrire, vu le nombre de protagonistes à gérer en même temps ^-^''
Là, je vous propose le début de mon second passage préféré dans cette fanfic, quant à la scène mettant en avant un pur travail d'équipe, comme j'aspirais depuis longtemps en écrire une. En priant pour que mon opération IMF (l'acronyme de la « Force Mission Impossible » en anglais, si vous vous demandez de quoi je parle) n'apparaisse pas à l'ouest. Enfin… même si c'était le cas, il est maintenant trop tard pour changer de scénario. Aussi, verdict à la fin de ces 9 prochaines pages ^-^
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BROKEN ARROW
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19H35 - San Gabriel Canyon Road
L'agent Sam Hanna au volant du SUV appartenant jusqu'alors à Mikhail Andros était sortit pied au planché de la propriété de ce dernier. Sauf que la réalité du terrain l'avait très vite rattrapé. Le contraignant, une fois le portail franchi, à se soucier de la direction à prendre. Aussi avait-il dû s'arrêter dès le premier tournant pour paramétrer le GPS du véhicule.
Tachant de se concentrer sur cette simple tâche, c'est non sans difficulté que l'ex-navy seal aux muscles tétanisés par l'électricité, pianota sur l'appareil pour obtenir l'écho d'une voix féminine lui tapant dès lors sur les nerfs. Que les paroles prononcées ne soient pas celles attendues l'enragea plus encore.
« Putain de Russes ! »
Perdant un peu plus de temps pour re-paramétrer la machine et obtenir des consignes en anglais et non en russe. C'est enfin toute gomme dehors qu'il se lança à cœur perdu en direction du lieu où il aurait toutes les chances de retrouver Isaak Sidorov. Aujourd'hui son pire ennemi. À cet instant, surtout : un homme qu'ils pouvaient aussi bien qualifier de mort ! Tant sa détermination à le traquer pour l'éliminer une bonne fois pour toutes était forte et inéluctable.
Si les premiers kilomètres ainsi avalés à toute vitesse lui permirent d'être confiant quant à sa capacité à reprendre en marche le cours de l'opération. L'impatience et la frustration n'en avaient pas moins atteint leur paroxysme, après que la voix nasillarde lui ait signifié un temps moyen de 45 minutes pour se rendre à destination. Pour en ajouter, la circulation dense de cette fin de journée l'empêchant d'aller aussi vite que désiré, la colère et l'agacement prirent définitivement le pas sur sa personne.
Dans son empressement à quitter Deeks, il avait clairement oublié d'emporter avec lui le portable trouvé par le flic. Une erreur dont il se mordait les doigts. Car en absence de tout téléphone embarqué, il n'avait pas la capacité d'atteindre le MTAC pour y contraindre Éric à jouer sur la signalisation et ainsi lui faciliter le passage. Une option dont ils profitaient parfois avec Callen, au cours de leurs courses-poursuites, l'informaticien ayant toujours eu l'art et la manière de faire répondre les feux tricolores à leurs souhaits.
En absence de tout support de ce type, c'est donc en toute inconscience que l'agent du NCIS se mit à zigzaguer de voiture en voiture, prenant des risques insensés sur une route connue pour ses nombreux virages.
Son cœur battant toujours à tout rompre depuis sa fuite en solitaire ; quand un léger malaise le frappa de nouveau, c'est au pire moment que Sam sentit la maîtrise du véhicule lui échapper. Évitant de justesse une camionnette de fleuriste fonçant sur lui, tandis qu'il roulait en sens inverse dans un énième dépassement. Sous l'écho de nombreux klaxons, le SUV ne réagit plus à aucune manœuvre. Faisant alors une embardée à travers la route sinueuse, le véhicule termina finalement, brutalement sa course, en prenant de plein fouet un arbre sur le bas-côté. La violence de cet arrêt soudain déclencha aussitôt les airbags, qui par leur seule présence sonna brièvement le conducteur.
NCIS - LA
20H05 – Villa de Mikhail Andros dans les hauteurs du Mt San Gabriel
Les tirs reprenant autour d'eux, Nell se positionna dans le but affiché de protéger son ami blessé. Mais pour toute menace, le vainqueur de l'échange venant d'avoir lieu - et les rejoignant non sans s'annoncer - n'était autre que le commandant Bates.
S'agenouillant aussitôt auprès des deux jeunes gens, l'homme afficha tout autant d'inquiétude que l'analyste peu avant. Même en observant un très bref instant son lieutenant. Il comprenait maintenant, pourquoi il leur avait fallu venir jusqu'ici le chercher. Impossible dans un tel état, que Deeks ait pu s'extraire des lieux par lui-même.
Cible de toutes leurs préoccupations, observant tantôt Nell, tantôt Bates – Marty Deeks présenta finalement bien moins d'étonnements à voir son boss de la police les rejoindre. Pour autant, comme un peu plus tôt avec Kensi, cela frôlait trop le rêve éveillé… Si bien qu'il se frotta brièvement les yeux pour s'assurer que ses paupières étaient toujours ouvertes.
- Hé, gamin. offrit Bates pour toute entrée en matière.
- Salut…
Ils n'eurent pas le temps d'échanger un mot de plus qu'ils furent aussitôt interrompus par la sonnerie d'un téléphone située près d'eux.
- C'est celui de Zhrov. réalisa Nell.
- Merde. Apporte-le-moi, vite. lui commanda aussitôt Deeks.
Bien qu'il n'ait plus d'énergie pour bouger plus que quelques doigts, il voulait croire avoir encore toute sa tête. Et ce qui se concluait de la prise d'assaut des lieux par Zhrov et une poignée d'hommes de main était que Sidorov avait eu des doutes légitimes quant au silence persistant d'Andros. L'évidence voulait donc que s'il n'avait pas très vite un retour cohérent de son second associé, toute l'affaire serait irrémédiablement compromise. Or il n'était pas question qu'il ait du supporter autant de tortures en vain ! Quoi qu'il lui en coûte, ce foutu échange avec les Iraniens aurait lieu ! Deeks se l'était juré. L'unique raison pour laquelle il avait d'ailleurs sciemment choisi de rester sur place. Aussi décida-t-il d'agir de nouveau comme G. Callen le lui avait demandé. Rester lui-même en toute circonstance pour cette mission de haut vol !
Ne boudant pas pour autant l'aide inespérée venue jusqu'à lui, le jeune lieutenant de police choisit même d'exploiter au maximum toutes ces nouvelles cartes qu'on lui glissait miraculeusement entre ses mains.
- Bates. Demande aux hommes du SWAT de rester dispersés dans toute la demeure. Ils doivent donner l'image de chercher un dernier survivant. Il faut aussi… hummmm…. gémit-il subitement de douleur à devoir parler aussi vite et distinctement.
- Il faut aussi… tenta-t-il de nouveau.
Respirant doucement pour retrouver maîtrise de son corps, Deeks reprit pour la troisième fois.
- Il faut aussi que l'un d'eux retourne dans la salle située à l'extrémité du couloir gauche. Murs blancs, deux chaises en son centre. Il y reste trois caméras que je n'avais pas repérées, dédiées aux seuls gros plans. On y voit, via l'une d'elles, un bout de bras d'Andros. Pas vraiment assez pour l'identifier avec exactitude, comme les deux autres ne retournent aucune image compromettante. Mais si on veut simuler une coupure d'électricité sur cette zone, il faut que toutes celles du lieu soient mises hors service.
- Ce ne serait pas plus sûr de demander à Éric de couper tout le système ? l'interrompit Nell.
- Surtout pas. Il nous sera plus utile de conserver toutes les autres caméras surveillant les lieux.
- Mais si Sidorov a la possibilité de se connecter lui aussi à distance…
- Ce qu'il fera ! Il suivra nos actions.
Refusant d'abord la communication sur le téléphone, Deeks avait pianoté durant tout cet échange avec une facilité du à l'habitude sur l'appareil. En premier lieu, il avait pu dénicher l'application vouée à observer les caméras vidéo visant les lieux. La même que celle trouvée dans le portable d'Andros, peu avant. Nul doute, pour lui, que Sidorov en était donc lui-même équipé. Un point central pour le plan qu'il composait au fur et à mesure, en pure improvisation. Alors, très vite, il chercha traces des SMS échangés entre les trois associés.
- Chier ! Ils communiquent en russe.
S'il s'était amusé un temps à apprendre quelques mots courants et insultes en russe et farsi, en écoutant Callen et Sam les parler. Il était loin de pouvoir écrire une phrase complète. Et a priori, sauf nouveauté, Nell n'en était pas plus capable que lui.
- T'es en contact avec Éric ? lui demanda-t-il tout en fermant brièvement les yeux, encore pris d'un vertige, bien qu'il ne bougeait pas.
- Éric à ma droite, le SWATT à ma gauche. lui répondit-elle, en désignant chacune de ses oreilles, à l'évidence munies de deux oreillettes bien distinctes.
Comprenant ce que cela impliquait, Deeks dû lui admettre que cela ne devait pas être une partie de plaisir que de suivre trois conversations différentes en simultané. Mais connaissant leur petit génie, cela ne devait pas même la perturber.
De son coté, si Bates n'avait ajouté mot depuis qu'il avait transmis ses ordres au SWAT. Deeks sentait distinctement son toucher sur son poignet gauche. Très clairement, l'homme vérifiait sa tension sanguine, l'incitant à se pousser à afficher un peu plus de vie.
- Il peut m'entendre ? Parce que j'ai peur qu'on ne puisse rien faire sans lui, dans les prochaines minutes.
Nell désignant le micro caméra positionné sur son gilet, la réponse était donc oui.
- Éric ! Deeks a besoin de toi. ajouta-t-elle pour s'assurer que l'homme était effectivement à leur écoute.
Bien que sa situation n'ait pas été la plus aisée à cet instant, l'informaticien se rendit aussitôt disponible pour eux.
- Ok… Que puis-je pour lui ? demanda-t-il, à l'oreille de sa partenaire.
- Vas-y. Il t'écoute, relaya Nell.
- Il faut qu'il nous trouve ASAP de quoi traduire en russe ce que je vais dire, pour qu'on l'envoi du téléphone.
L'avantage avec ces Smartphones, c'est que comme pour le chinois et japonais, on pouvait toujours choisir de taper en alphabet latin avant qu'ils transcodent tout aussitôt chaque mot, ici en cyrillique. Le téléphone sonnant de nouveau, il y avait urgence à agir. Coupant encore la communication, Deeks se prépara donc à envoyer un premier message à l'appelant.
- Alors, on y va : « Doit conserver silence. Flics partout. »
- Deeks ! Qu'est-ce que tu fais ? réagit aussitôt Nell.
- J'informe Sidorov de ce qui se passe.
- Mais tu ne peux pas lui dire ça !
- Oh que si. Crois-moi, quand tu te trouves coincé dans les pires situations, la vérité est toujours ta meilleure alliée pour y glisser un petit mensonge. Éric est prêt ?
- Oui. soupira-t-elle. Cela donne…
Frappant à l'instant où il l'entendait le premier mot retourné phonétiquement par Nell, suite à la traduction mise en œuvre par l'informaticien. Deeks dut finalement admettre avoir du mal. Sa vue se troublant au point de tout voir en double et ses doigts envahis par les tremblements, le poussaient à cumuler les fautes de frappe dès les premières syllabes.
- Merde…
Ce n'était pourtant pas le moment que son corps le lâche… Alors qu'il pliait douloureusement ses doigts aux phalanges cassées, il assista impuissant à la disparition du portable.
Sachant qu'ils n'avaient pas le temps de prendre le leur, Nell voyant bien ses difficultés, venait de s'en emparer pour finir la saisie à sa place avec une dextérité qu'il lui envia. Mais loin de lui signifier ses limites physiques, elle rétorqua plus simplement leur besoin de limiter les intermédiaires pour gagner du temps.
Moins d'une demi-minute plus tard, ils obtenaient déjà une réponse qu'ils firent traduire aussitôt.
- « Statut d'Andros ? » leur lut Nell
- Bates, les caméras ? demanda Deeks
- Le SWAT nous confirme avoir mis HS toutes celles présentes au sous-sol.
- Parfait. Qu'ils ne touchent surtout pas à toutes les autres.
Il savait son mini plan, à la « Mission Impossible », peu jouable. Pour ne pas dire ridicule. Mais au pays d'Hollywood, le jeune flic qui avait passé toute son existence dans la ville des Anges à emprunter des rôles dans son travail - comme trop souvent, au sein de sa vie privée - voulu y croire. Il était trop déterminé à prouver à Callen qu'il avait raison de lui faire confiance. Qu'il pouvait, lui aussi, en situation de crise, réussir à les aider à sauver ce qui pouvait encore l'être. Plus encore, il aspirait à prouver à tous et à Sam en particulier, qu'il avait toute sa place parmi cette équipe d'élite. Et ce, même s'il employait ses méthodes personnelles, en lieu et place de simplement suivre des ordres aveuglement.
Voyant bien que Deeks avait une idée très claire derrière la tête, Nell comme Bates restèrent à son écoute. L'observant de nouveau fermer les yeux, s'ils craignirent un bref instant, qu'il se soit subitement endormi. Il n'en fut rien. Sachant dorénavant que Bates assurait efficacement leur sécurité et que Nell saisissait respectueusement ses paroles. L'homme venait juste de relâcher toute sa tension, dans l'espoir de mieux maîtriser sa douleur et fatigue et ainsi poursuivre sa dictée.
- Bien. On répond : « Statut Ok. Téléphone HS. Mais le flic s'est libéré pour appeler renforts. »
Laissant à Nell le soin de retranscrire ce nouveau message, se sachant toujours hors champ des caméras extérieures, Deeks réalisa qu'il devait absolument reprendre sa position d'origine. Soit en l'occurrence, faire bouger tout le monde dans la demi-minute.
- Bates ! Déplace-moi contre ce mur.
- Il renvoie : « Statut de l'agent ? ». indiqua Nell en le suivant à sa nouvelle position.
Gémissant piteusement au mouvement imposé à son corps désarticulé, Deeks n'en perdit pas de vue l'essentiel.
- Écrit : « Tué par Andros. Toujours dans salle blanche ». Bates, emporte maintenant, le corps de Zhrov pour le placer où je me trouvais. Puis éloigne-toi de nous, de vingt pas vers la gauche.
- Il demande : « On interrompt l'échange ? ». poursuivit Nell.
Deeks l'observant un instant avec toute son attention, Nell chercha ce qui pouvait bien se passer dans sa tête. Parce qu'à cet instant, elle n'avait vraiment aucune idée de ce qu'il était en train de leur faire faire. Loin de cette préoccupation, Marty Deeks avait plus simplement remarqué seulement à cet instant que la jeune femme lui facilitait vraiment la vie.
- Gilet par balle de la police de LA ?
- Heu… Oui.
Elle ne l'avouerait jamais, mais dans sa précipitation à partir, elle avait oublié le sien. Or semble-t-il habitué à travailler avec des novices, il s'était avéré que le commandant Bates avait eu la délicate attention de lui en prévoir un, avant de décoller du poste de police, ayant même eu la galanterie d'emporter un gilet parfaitement adapté à sa morphologie.
- Tu n'imagines pas à quel point, il va nous sauver d'affaire.
N'y comprenant vraiment rien, Nell le laissa poursuivre.
- Réponds : « Risques minimes. Boucle d'or et sa partenaire en vue caméra 26. Une fois les 2 éliminés. Plus aucune trace, ni témoin. »
Laissant la jeune femme cliquer la traduction, Deeks lui subtilisa aussitôt le portable pour le glisser sous sa veste, avant de lui saisir le visage de ses deux mains tremblantes pour mieux l'attirer jusqu'à lui. Encore un peu et Nell crut qu'il allait l'embrasser. Alors que très clairement, il n'y avait jamais eu ce type de sentiments entre eux deux.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Par avance, pardon. Mais il va falloir qu'on te tire dessus. chuchota-t-il
- Quoi ?
Ne saisissant pas où il voulait en venir, Nell l'observa décontenancée. Alors, Deeks s'expliqua plus fortement pour Bates - rouvrant dans l'instant, ses coupes faciales, au point de faire écouler un nouveau flot de sang par le ton employé.
- À mon top, Bates !
N'ayant guère besoin de plus d'explications, nettement plus habitué que l'agent du NCIS aux plans tordus de son homme, le commandant de police, la mis en joue. Si bien que quand Deeks sentit la vibration du portable, synonyme de réponse de Sidorov, il compta jusqu'à dix, avant de pousser Nell à se redresser juste à l'instant où Bates tira sur elle sans sommation.
Véritablement prise par surprise, la jeune analyste resta une seconde encore debout, littéralement choquée de ce qui venait de lui arriver. Observant alors Deeks avec horreur, elle ne feint pas de s'écrouler dans ses bras. Tandis qu'un second coup tiré au plus proche de son visage incita le flic à simuler à son tour la mort.
Alors, Bates tira de nouveau plusieurs coups, pour simuler une riposte, avant de finir par viser la caméra extérieure par laquelle leur position était retransmise.
Chuchotant aussitôt à l'oreille de Nell, Deeks s'inquiéta de savoir s'ils étaient toujours filmés.
- Éric a-t-il toujours un retour vidéo de nous trois ?
- Aucun. Et je peux te dire qu'il hurle à mon oreille, vu que ma propre caméra ne lui retourne plus rien.
Effectivement allongée de tout son long sur Deeks, la caméra-espionne obstruée de leur corps ne devait remonter qu'un écran noir. Sachant pouvoir de nouveau agir normalement, Bates les rejoint aussi vite pour aider son éphémère partenaire du NCIS à se redresser. Dans le même temps, Deeks lu les deux SMS envoyés coup sur coup.
- « Statut du flic ? » et « Bien joué !»
Comme espéré, Sidorov avait pris l'infime temps nécessaire à se brancher au relais vidéo, après qu'ils aient évoqué leur positionnement exact par le biais du numéro de la caméra braquée sur eux. Comme quoi, jouer avec le portable d'Andros quand il en avait eu l'occasion pour découvrir la richesse de son contenu et les applications à disposition n'avait pas été inutile.
- Fais traduire un dernier message à Éric : « Menace éliminée. Mais le temps de te rejoindre sans se faire repérer, on ne pourra pas se charger de déplacer les bombes d'ici à l'échange. On te rejoint pour récupérer l'or. »
Ce long échange de nouveau pianoté par Nell, Bates comme Deeks s'enquirent enfin du confort de la jeune femme. Si elle ne le montrait pas, recevoir une balle dans le dos n'avait rien de confortable.
- Tout va bien, agent Jones ?
- Ça fait un mal de chien, mais oui.
Deeks allait lui répondre, quand elle le stoppa d'un geste de la main - leur imposant sans cérémonial le silence
- Je suis en ligne… indiqua-t-elle à la personne lui parlant à l'oreillette la reliant au NCIS. Pause pipi ? ajouta-t-elle de sa petite voix.
Aux yeux interrogateurs des deux hommes, Nell eut la décence de paraître gênée. Une nouvelle pause et le contact semblant interrompu, elle reprit plus naturellement leur échange.
- Laissez tomber, les gars.
L'arrivée d'un énième mail coupa court à toutes questions qu'ils souhaitaient lui poser. Loin d'en finir, Sidorov exprimait, à présent, une requête tout simplement impossible pour eux à satisfaire.
- « Appel pour confirmer » leur lut Nell, d'une voix glaciale.
« Merde ! » pensa aussitôt Deeks.
Une question à double tranchant. Sidorov avait-il soupçonné leur petite improvisation, faute de tout retour vidéo sur ses associés ? En avait-il trop fait, en imaginant Zhrov si directif quant à leur rôle dans l'échange à venir ? Souhaitait-il seulement s'assurer de vive voix que l'échange des bombes était toujours sûr ?
Décidant que tout bluff ne valait la peine d'être joué que lorsque vous alliez au bout de votre tripe. Mettant de côté toutes ces questions, Deeks ne se départit pas de sa ligne directrice, imposant de nouveau la réponse à apporter
- « Trop de flics sur nos talons. On doit s'extraire en silence. Soit déjà content qu'il me reste de la batterie pour te répondre… au contraire de certains ! ».
- Heu… Il veut vraiment envoyer ça ? questionna, Éric.
À la question retransmise par Nell, ce dernier n'en laissa aucun doute.
- Qu'il se magne, surtout. Ça urge, là !
- Ok…
Le SMS transmit, une minute de silence s'imposa à tous. L'angoisse et l'inquiétude s'emparèrent dès lors de cinq personnes. [2] Cinq personnes sachant douloureusement que tout se jouait à cet instant précis. Jusqu'à ce qu'enfin, le portable se mette de nouveau à vibrer, indiquant l'arrivée d'une ultime réponse.
Les nerfs à vif, Deeks eut aussitôt un hoquet de rire au dernier retour reçu, que Nell lui fit voir en lui présentant le portable devant ses yeux.
Un smiley !
Ils venaient de recevoir un putain de smiley de la part du plus gros trafiquant d'armes du moment ! Jamais il n'aurait cru que cette remarque - qu'il espérait faire l'écho d'une mauvaise habitude du troisième associé du groupe - permettrait à Sidorov de lever tout doute quant à l'identité de celui communiquant avec lui. Et pourtant, qui d'autre aurait pu deviner que l'un de ces trois-là oubliait toujours de charger son portable… ?
Si Deeks savait avoir pris un risque énorme en supposant que ce n'était pas juste un pur hasard que le téléphone d'Andros le lâche si vite après son extraction. Il n'en bouda pas moins la joie que son coup de bluff ait si bien fonctionné.
NCIS - LA
20H15 - Multiple Threat Alert Center du NCIS de Los Angeles
Alors qu'Éric attendait comme les autres, une réponse à leur dernière traduction. Un bref coup d'œil jeté sur son ordinateur, l'informa qu'il avait obtenu des retours à ses requêtes lancées avant que Nell ne l'interrompe. Un rapport d'urgentistes agressés, associé à une alerte de la police qui lui offrirent une information de taille ! De quoi lancer aussitôt le Kaléidoscope sur une nouvelle plaque d'immatriculation. Mais déjà le relais d'un tout autre mouchard, lui confirma que le coup de poker imposé par leur flic surfeur avait bel et bien fonctionné. Le cœur battant de joie, à la limite de l'hystérie, il prévient aussitôt Nell de l'évolution de la situation.
- Ça a marché ! Sidorov vient de donner ses ordres aux filles pour aller chercher les camions et les amener au point de rendez-vous donné par Vaziri, en lieu et place de Zhrov et Andros !
Autant dire que les bombes étaient enfin entre leurs mains, puisque très prochainement dans celles de l'agent Kensi Blye du NCIS et du lieutenant Veronica Pisconov de la police de St Petersburg agissant pour le compte du FSB. Bien qu'incrédule qu'ils aient réussi cet exploit, Éric n'en perdit pas moins sa seconde conversation téléphonique qu'il tenait jusqu'alors via son portable privé.
- Bien joué Éric. lui confia Callen, qui avait lui-même suivi la conclusion de tous ces échanges de SMS, par le biais du relais vidéo porté par Michelle.
- Je… Je n'ai rien fait.
- Non… Juste eut le courage de m'appeler.
Touché et gêné de l'affection et fierté ressortant distinctement du ton employé par Callen, qui clairement n'était pas dupe de ce qui s'était véritablement passé - Éric se permit à cet instant de reposer son dos sur le dossier de sa chaise pour s'étirer brièvement. Même s'il leur restait encore à stopper acheteur et vendeur, sauf imprévu de dernière minute, le cœur de leur mission était accompli ! De quoi s'autoriser cette seconde de bonheur.
- Bien. conclut un Callen très zen, au vu de la situation. Hetty et Granger partent récupérer les bombes. Moi, je me rapproche du lieu définitif de l'échange pour seconder Michelle. Préviens-moi dès que tu en sais plus sur Sam.
Un coup d'œil, cette fois-ci dirigé sur l'écran géant du MTAC, lui confirma que son programme de recherche de véhicule avait déjà marqué sa nouvelle cible.
- Puisque tu en parles, je l'ai justement retrouvé. Il n'est plus qu'à quelques rues du secteur. Si tu restes en position, tu pourrais l'intercepter dans moins de cinq minutes.
- Ce qui m'obligerait à lâcher la couverture de Michelle.
- J'ai toujours un lien privilégié avec son micro-camera porté via l'un de ses boutons.
Sachant qu'Éric était effectivement à même de l'informer si quoi que ce soit se passait mal. Et que Michelle était une grande fille apte à se défendre seule… Connaissant bien l'épouse de Sam, il savait tout autant qu'elle préférerait qu'il aille à son approche… Aussi, Callen concéda-t-il à attendre. D'autant qu'il craignait que son partenaire ne leur facilite pas la tâche, s'il surgissait sur zone tel un taureau chargeant une cape rouge. Très clairement, malgré la bonne direction que prenait l'opération, cette dernière n'était pas encore terminée. Et ils ne pouvaient risquer de le laisser déambuler en ville à la vue de tous, alors que Sidorov le croyait mort.
- Ok. Je repasse sur l'oreillette pour que tu me guides jusqu'à lui.
Raccrochant tous deux leur portable, l'informaticien concentra son attention sur l'avancée du véhicule volé par Sam. La Honda arrivée en ville, il avait dorénavant la capacité de le suivre en temps réel.
Bien qu'il doive encore assurer de nombreuses taches en simultané, Éric ne manqua pas d'enfin s'amuser du fait que Deeks ait vraiment cru qu'il puisse dénicher et paramétrer un traducteur Anglo-Russe en moins d'une demi-minute… quand G. Callen parlait couramment la langue, au point d'en maîtriser toutes ses subtilités…
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À suivre.
[1] ASAP signifie « As Soon As Possible ». Terme fréquemment employé au taffe pour dire que le besoin est pour « maintenant » voire « pour hier ». Comme je ne sais pas, s'il est très employé en dehors du monde de l'informatique, j'ai préféré vous le traduire ^-^
[2] Une cinquième personne est dans la place, du côté d'Éric.
J'imagine sans mal que vous avez beaucoup de questions suite à ce chapitre. Aussi sachez que vous en saurez de suite beaucoup plus dans le prochain consacré à Éric et Callen (trop mes chouchou dans cette partie de l'histoire). Mais qu'il faudra encore attendre le suivant du suivant, pour retrouver Michelle, Kensi et Veronica. (que de femmes…) Je préfère, en effet, d'abord en « terminer » avec Deeks, avant de passer aux autres. Simplement, car c'est grâce à lui que débute réellement l'échange. Tandis que c'est avec le reste de l'équipe que cela se conclura tout naturellement.
Sinon, j'ai conscience que parfois les actes et réflexions de certains ne sont pas en adéquation avec la réalité vécue par les autres. Mais c'est normal. Estimant qu'il faut bien que certaines de leurs suppositions soient erronées (comme Nell qui pense que Deeks va mourir, car soufrant d'hémorragie interne au précédent chapitre), ou que certaines de leurs actions soient inutiles (comme la demande de Deeks à détruire les caméras du sous-sol, si Sidorov tentait d'en faire de gros plans, ce qui n'est finalement pas le cas). Bref, tout cela a juste pour but qu'aucun personnage n'apparaisse comme trop omniscient, voire devin (déjà qu'ils ont beaucoup, beaucoup de chances). Il ne s'agit donc pas d'erreurs ou d'incohérences que j'aurais pu oublier de corriger. Mais bien de passages présents volontairement.
Sur ce blabla sans intérêt, j'espère à demain ! ^-^
mimi yuy
