Voici le dernier chapitre avant l'épilogue ! Et oui, cette fiction se termine ! J'espère que ce chapitre vous plaira, et que cette histoire vous aura plu jusqu'au bout ! (comme quoi tout est dans le titre !)
Dites moi ce que vous en pensez ! Si vous voulez la suite, je peux toujours continuer après le dénouement. Mais j'ai d'autres idées d'histoire en tête, alors vous vous imaginez bien que je ne vais pas m'arrêter sur celle-ci, d'autant plus que j'écris plein de choses en même temps.
DrWeaver : Ne t'en fais pas, reste plus grand monde pour s'en prendre à elle ! xD
tigreen : j'aurais dû penser au char d'assaut tiens ! haha J'ai bien peur qu'un flingue ne soit pas si compliqué à obtenir aux Etats-Unis. Nia a piqué celui de son père qui aurait mieux fait de mieux surveiller sa fille. Je ne l'ai pas dit dans la fiction car Clarke ne l'a pas appris, mais je devais moi-même trouver ça cohérent. Et puis le couteau, on en a tous. Heureusement on n'essaie pas tous de tuer les autres avec (a). Sinon je suis d'accord, ce campus est vraiment dingue à cause d'un groupe d'étudiants en particulier. Heureusement qu'il a été démantelé !
Ansolo : si je t'ai fait peur, alors j'ai réussi :p je compte écrire d'autres fanfics, bientôt une courte ff que je vais écrire en entier ou bien avancer avant de commencer à poster, puis j'en écrirai une plus sympa. Sans le harcèlement et les tentatives de meurtre xD
Il était temps pour Lexa de se faire retirer ses fils. Je proposai de m'en occuper. Ma mère m'avait montré comment faire quand je m'étais ouvert le bras à l'école primaire. Rien de bien méchant, j'avais eu trois points. Sa cicatrice était nette, malgré le fait que ma mère avait dû refaire quelques points. Lexa regardait avec attention.
- Y a-t-il quelque chose que tu ne sais pas faire ? me demanda-t-elle en remettant son t-shirt.
- Me défendre, répliquai-je aussitôt en posant ma main sur mon abdomen.
Contrairement à Lexa, je ne savais pas me battre. A chaque fois que j'essayais de me débattre, la situation empirait pour moi. Même avec un pistolet dans la main, je doutais pouvoir être assez efficace. On me désarmerait sûrement en quelques secondes. Certes, je ne m'étais pas beaucoup battue dans ma vie, mais je savais que le corps à corps n'était pas mon point fort.
- Tu ne t'es pas si mal débrouillée, me fit-elle remarquer en énumérant tous les coups fourrés que je lui avais fait.
Je décidai de renchérir.
- Je me demande, car je n'ai pas vérifié depuis, si tu n'aurais pas pris autre chose dans ma chambre en volant ma montre. Comme un vêtement, ou ma seconde bouteille de parfum. Vu ton obsession pour moi, je ne serais pas étonnée.
Elle rit, ses joues rougissant peu à peu. Alors c'était vrai ? Je me levai pour venir la scruter de plus près et la pousser à me dire la vérité. Mes yeux à trois centimètres des siens, elle finit par avouer.
- J'ai copié la photo où tu étais à la plage.
D'accord, je ne m'attendais pas à ça.
- J'avais cinq ans, soufflai-je, et un seau de sable renversé sur la tête.
Devant mes yeux ronds, elle éclata de rire.
- Je sais, t'es tellement mignonne !
Elle avait reculé d'un pas, une main sur le ventre, de peur peut-être que je ne la fusille sur place. Je finis par sourire, parce que la voir rire ainsi paraissait irréel.
J'avais hâte que mes plaies cicatrisent. Je voulais retrouver une vie normale. J'étais souvent fatiguée à cause des antidouleurs et je devais m'asseoir régulièrement pour ne pas risquer de rouvrir l'une des trois plaies de mon abdomen. Chaque jour était assez long, mais au moins j'étais en vie. Pour cette raison, je ne me plaignais pas.
Une nouvelle réunion devait avoir lieu. Le directeur – aussi père de Nia – avait été arrêté pour avoir couvert les méfaits de sa fille. Il en allait de même pour le directeur adjoint. Un nouveau directeur allait être assigné à l'Université, mais pour l'instant le campus devait se reposer sur le Bureau des Elèves. Les cours continueront comme si de rien n'était. Je traversai la cour, Lexa devant moi. Elle se retournait régulièrement pour voir si je suivais bien. Elle observait aussi les étudiants autour de nous. Peu étaient ceux qui me détestaient. Mon discours avait convaincu la plupart sur mon innocence face à la mort de Nia. Ils avaient aussi eu la confirmation que je ne voulais pas de mal à Lexa. Pourtant il y avait encore quelques personnes qui ne m'appréciaient guère. Pour preuve, je reçus un ballon de football américain dans le flanc. Pliée en deux, je me laissai tomber sur les genoux. Lexa s'accroupit, me demandant si j'allai bien. Le souffle coupé, je ne pouvais pas répondre. Folle de rage et coupable d'avoir laissé cela se produire en sa présence, elle ramassa le ballon et se tourna vers le lanceur. Il était à une vingtaine de mètres de nous. Facile à repérer, car tout le monde le regardait. A part lui, personne ne trouvait ça drôle. Je levai la tête pour l'identifier, mais je ne le connaissais pas. Je me concentrai sur ma respiration, qui revenait peu à peu à la normale. La cour semblait figée. On attendait tous la réaction de Lexa, qui ne se fit pas prier. Elle envoya le ballon dans les airs. Il s'envola haut, passant par-dessus le clocher du bâtiment principal. Il disparut avant même qu'on puisse le voir commencer sa descente. Il avait semblé disparaître derrière un nuage.
Ses yeux se posèrent un instant sur l'étudiant, puis scrutèrent la foule. Il n'y avait plus un bruit.
- Prenez-vous en à Clarke et vous vous en prenez à moi, trancha-t-elle.
Elle lança un dernier regard à l'étudiant et se tourna vers moi, relâchant la foule jusqu'ici figée. Elle m'attrapa par la taille pour m'aider à me relever.
- Je crois que je vais m'en prendre à moi-même, ne pus-je m'empêcher de glisser.
Elle sourit, rassurée de voir que je n'avais rien de grave. Mais une douleur lancinante s'était éveillée dans mon abdomen et elle m'aida à rejoindre sa chambre pour vérifier mes plaies. La plaie la plus à droite avait été touchée. Quatre points de suture avaient sauté.
- Je t'emmène à l'hôpital, dit-elle.
- Ce n'est pas la peine.
Je lui demandai si elle avait encore le matériel que ma mère avait utilisé pour refaire ses points et elle me le ramena, sceptique.
- Tu ne vas quand même pas refaire tes points toi-même ?
- Je ne vais pas aller à l'hôpital pour si peu, ils ont plus important à traiter. Je peux me débrouiller toute seule.
J'avais vu ma mère faire il n'y avait pas si longtemps, et j'avais acquis suffisamment de connaissances pour ne pas infecter ma plaie. Je préparai le matériel, et commençai, les mâchoires crispées. Lexa ne semblait pas très confortable avec la situation. Elle me tendit des antidouleurs que je refusai. Je devais garder l'esprit clair pour finir mes points. Mon abdomen était en feu, j'essayai de ne pas penser à la douleur. Quand j'eus fini, je pris les médicaments et avalai le verre d'eau que Lexa m'avait tendu d'une traite. Plaie nettoyée et pansement refait, je commençai à remettre mon bandage. Je fis un premier tour, mais j'étais déjà fatiguée et je savais que je n'aurais pas la force de le serrer. Lexa me le prit doucement des mains.
- Tu es vraiment dingue, me glissa-t-elle.
Tête baissée, je lui offris un petit sourire, le seul geste que je pouvais faire. Je n'avais vraiment plus de force, assommée par la douleur qui elle-même se faisait peu à peu terrasser par les médicaments. Une main glissa contre ma joue, coinçant mes cheveux derrière mon oreille. Un bras soutenait mon dos alors que j'étais lentement repoussée en arrière. J'entendis des murmures, sans les discerner. Mes yeux étaient déjà clos. Mon esprit envolé.
Une sensation de froid se répandit en flaque sur mon visage. J'y portai la main, essuyant l'eau qui y avait été renversée.
- Raven... soufflai-je sans même ouvrir les yeux.
Quand je le fis, je la découvris debout à côté du lit.
- Lexa m'a prêté son pass pour que je puisse venir te réveiller. Elle s'occupe d'un des nouveaux membres du Bureau, elle reviendra plus tard. Tu viens dîner avec nous ?
J'acquiesçai et me levai. J'avais des sensations étranges dans l'abdomen, mais pas de douleur. Elle était encore endormie.
- Tu aurais dû voir ça, lança Octavia tandis que je m'installai à la table.
C'était une petite table de pique-nique dans l'arrière cour, là où très peu d'étudiants venaient car le coin était sombre et l'ambiance digne d'un film d'épouvante.
- Lexa a rappelé les règles du campus en menaçant de conseil de discipline le premier à les enfreindre, reprit-elle.
- Elle avait plutôt l'air de les menacer de mort, rit Jasper.
- C'est pour ça que plus personne n'a osé dire un mot avant de quitter la salle.
Je souris. Je n'étais pas étonnée. Lexa pouvait être assez impressionnante.
- Quand on sait que le directeur, son adjoint, et une bonne partie des membres du Bureau ont été retirés de leurs postes, on a tendance à penser que l'Université va s'écrouler. Mais non, Lexa a pris les rennes, et je ne pense pas que quelqu'un va tenter de la défier, souleva Bellamy qui avait rejoint sa sœur au début de la réunion.
Les autres se tournèrent tous vers moi. Le sourire de Raven trahit leurs pensées. Celle-ci lança :
- Il y aura toujours quelqu'un pour la défier !
Je lui offris un clin d'oeil en guise de réponse, car l'idée de tenir tête à Lexa me plaisait toujours. Surtout la façon dont les scènes finissaient.
Le jeudi suivant je fus réveillée à six heures par un appel de mon patron. Il demanda des nouvelles et me proposa de venir déjeuner au restaurant pour un repas de célébration, à la seule condition que je leur amène Lexa. Celle-ci accepta et nous nous y rendîmes pour midi.
- C'est pratique, tu m'as tellement harcelée que tu sais déjà où se trouve le restaurant, la taquinai-je alors qu'elle garait la voiture.
- Tu veux rentrer à pieds ? Répondit-elle en retirant la clé du contact.
- Ce n'est pas moi que ça dérangeait i peine trois mois.
Elle secoua la tête, vaincue, et sortit du véhicule. Je fis de même. A l'intérieur du restaurant, une table assez grande pour accueillir tout le personnel était présentée au centre. Ils étaient tous déjà attablés et n'attendaient plus que nous. L'ambiance était bon enfant.
- Clarke !
Carrie, serveuse, vint me prendre dans ses bras avec précaution. Elle et Natasha avaient dû enchaîner les services depuis le début de mon arrêt de travail, qui n'était pas le premier. Néanmoins, elles n'avaient pas l'air de m'en vouloir et étaient même plutôt contente de me voir tenir debout. Mon patron, Mick, nous invita à nous asseoir. Je m'assis sur l'une des deux chaises libres, l'une à côté de l'autre. Lexa m'imita.
- Je suppose que vous la connaissez déjà, dis-je à mes collègues.
Evidemment, ils savaient qui elle était. Elle, en revanche, ne les connaissait pas. Du moins, pas tous. Je lui présentai donc Mick, Natasha, Andrew – le commis, et Jack – le barman. Elle leur sourit, et déclara un « enchanté » sympathique très mignon. J'eus envie de lui envoyer une moquerie gentille, mais renonçai. Elle serait capable de gagner l'affrontement, et j'avais envie de garder le peu de pouvoir que j'avais sur elle face à mes collègues.
- Tu sais Lexa, commença Kyle, j'avais voté pour toi.
Kyle avait fait ses études ici, des études de biochimie, et avait été commis dans ce restaurant pour apprendre le métier qui lui tenait déjà à cœur : cuisinier. En dernière année lors de la première élection de Lexa, il avait été promu cuisinier dès l'obtention de son diplôme. C'était notamment grâce à lui que le restaurant pouvait proposer une carte spéciale cuisine moléculaire, donnant ainsi au restaurant un caractère polyvalent entre plats simples et plats de haute gastronomie.
- Menteur, rit Carrie qui n'était autre que sa sœur jumelle.
Elle s'était lancée dans la photographie mais avait besoin d'un travail stable en attendant de percer.
- Bon d'accord, je n'avais pas voté, mais au moins je n'avais pas voté pour l'autre !
Il parlait bien entendu de Nia.
- Si j'avais su, ajouta-t-il, je n'aurais jamais laissé arriver ce qui est arrivé à cette fille. Mais je me concentrais surtout sur la cuisine à l'époque, pas sur la vie au campus. Tout ce que je me souviens d'elle c'est qu'elle était mignonne. Tu les choisis bien, Lexa.
J'espérais que la remarque de Kyle sur Costia n'ait pas heurté Lexa, mais celle-ci sourit. Un petit sourire. Je le considérai et sus que Lexa n'était pas très à l'aise. Il n'était jamais facile d'aborder un sujet douloureux. Je ne le savais que trop bien. Carrie dut voir l'expression concernée sur mon visage car elle lança :
- Excusez mon frère, il est maladroit, voire un peu con.
Celui-ci lui lança une boulette de mie de pain au visage et je vis un sourire plus franc sur le visage de Lexa.
- Vous n'allez quand même pas me dire que j'ai tort, renchérit-il. Avoir Clarke pour soi, ce n'est pas si simple !
- On est jaloux ? me moquai-je.
- Absolument ! La dernière fois que j'ai essayé de te retenir dans la cuisine pour faire la plonge, tu es aussitôt retournée en salle. Je crois que Lexa aura plus de chances que moi de te faire faire la vaisselle.
Nous éclatâmes de rire.
- Clarke est plus douée pour casser la vaisselle que pour la nettoyer, lâcha Lexa avec un sourire amusé.
Les rires fusèrent, me prouvant que tout le monde à cette table trouvait la remarque de Lexa juste. Mick enfonça le clou :
- Tu ne comptes pas monter sur cette table, j'espère ?
Un Kyle ne suffisait pas, il ne manquait plus que Mick s'ajoute.
- Continuez comme ça et je ne m'en priverais pas.
Mon regard déterminé les calma. Les plats s'enchaînaient et l'ambiance se détendait de plus en plus. Nous passions un bon moment. Au dessert, n'utilisant plus qu'une seule main pour tenir la cuillère, Lexa glissa sa main libre dans la mienne, sous la table.
- J'ai quelque chose à vous dire, lança Kyle alors que je prenais une bouchée de mousse au chocolat.
Natasha réagit aussitôt.
- Tu vas enfin te mettre à l'humour drôle ?
Il éclata de rire, et reprit :
- Non, je suis sérieux. Je vais me marier, annonça-t-il.
Silence. Lui, se marier ? Quelle femme avait pu se jeter dans ce piège ?
- Avec moi, ajouta Mick.
Ah. Il allait se marier avec le patron. Ni Carrie, ni Natasha, ni moi ne l'avions vu venir. Devant nos expressions damnées, Lexa éclata de rire.
- Bon, le repas est fini, joignons nos mains pour remercier le merveilleux cuisinier ayant confectionné ce repas, lança Kyle pour détendre l'atmosphère. Oh, mais attendez, certains n'ont pas attendu mon appel pour ça.
Il venait d'attirer l'attention sur Lexa et moi, et tout le monde fixa nos bras proches, ceux à côté de nous jetant un œil à nos mains jointes.
- Vous êtes mignonnes, se moqua Kyle.
- Tu n'as pas pu t'empêcher de voir les vidéos, lui dis-je, tu nous as vu faire bien plus que nous tenir les mains.
- C'est vrai. D'ailleurs, je n'aurais pas cru ça de toi, Clarke. Se jeter sur la présidente de cette façon... il mima l'agression avec deux pommes, une verte et une rouge.
Il plaisantait, évidemment. Il connaissait la vérité. Pour faire taire Kyle et ses blagues de bas niveau, Lexa m'attira à elle et m'embrassa fougueusement, se justifiant ensuite :
- Ne vous en faites pas, je me venge chaque jour.
Nous rentrâmes au campus peu de temps après. Le repas nous avait changé les idées.
Vint mon tour de retirer mes fils, je procédai de la même façon que pour ceux de Lexa. Mes cicatrices n'étaient pas très belles à voir, mais elles s'arrangeraient un peu avec le temps. Elles ne disparaîtraient jamais totalement, mais il aurait fallu que je meure pour qu'elles disparaissent, alors j'étais assez contente de les avoir. Elles étaient un symbole de survie.
Peu de temps après, le procès avait lieu. Nous nous y rendîmes tous. Le tribunal le plus proche était à une heure de route du campus. Assise dans le salle, j'essayais de cacher mon anxiété du mieux que je le pouvais. Au premier rang se trouvaient les accusés. L'audience commença, et mon cœur se mit à battre plus vite. Les accusations furent rappelées. La plus lourde allait à Titus, accusé de tentative de meurtre. Quand vint le tour d'appeler les témoins à la barre, mon sang fit un tour puis se figea. Je fus la première à être appelée, car même si Lexa était au centre de la globalité de cette histoire, j'étais au centre des événements de ces derniers mois. Ceux ayant mené au suicide de Nia et à la tentative de meurtre de Titus sur nul autre que moi-même.
Je jurai de ne dire que la stricte vérité et les questions commencèrent. Des questions simples, sur ce que je faisais à l'université, comment j'avais rencontré Lexa, quel était le premier acte déclencheur du harcèlement. On me demanda de raconter le suicide de Nia. Je me sentais mal à l'aise, mon ventre brûlait alors que je racontais la façon dont Titus m'avait poignardée à plusieurs reprises.
- Vous dites qu'il vous a plaquée contre le mur et maintenue par la gorge alors qu'il plantait un couteau dans votre abdomen, résuma la juge.
- Oui, affirmai-je.
- Vous ne vous êtes pas défendu ?
Elle était culottée, cette juge ! Comme si j'avais eu le temps ou même la force de me libérer de l'emprise de Titus !
- Avant que je ne réalise ce qu'il se passait, répondis-je calmement, un couteau s'était planté dans mon ventre.
L'avocat de Titus reprit les rennes de cet interrogatoire et profita de la remarque de la juge pour souligner :
- Pourquoi mon client vous aurait-il poignardée trois fois si peu de temps après le suicide de l'une de vos camarades ?
On savait pourquoi. Et alors que je me lançais dans une réponse, je savais que la défense nierait.
- Il a exprimé sa jalousie par rapport à ma relation avec Lexa Heda.
- En quoi vous tuez aurait-il apaisé sa jalousie ? En quoi se faire votre meurtrier l'aurait-il aidé à gagner le cœur de cette jeune femme ?
J'avais raison. Calme, je me levai, droite devant l'audience. Avant qu'on ne m'ordonne de me rasseoir, je soulevai mon chemisier et déclarai :
- Je ne me suis pas faite ces cicatrices toute seule. J'ai juré de dire la vérité devant vous, et je l'ai dite. Je ne peux pas exprimer les motivations de l'accusé. Je ne peux que raconter les faits tels que je les ai vécus.
Je rabaissai mon haut après avoir exposé mes cicatrices à l'audience. Ils étaient tous surpris, et je pus capter un petit sourire sur le visage de Lexa. La juge ne me rappela pas à l'ordre. Ce fut la fin de mon témoignage.
Lexa fut appelée à son tour. Elle résuma les faits depuis son élection. L'avocat de la défense lui posa des questions banales, avant de commencer avec des questions pleines de soupçons.
- Mon client affirme avoir constaté chez vous une attitude violente à plusieurs reprises au cours de ces deux dernières années.
Lexa, violente ? Celui qui m'avait poignardé osait affirmer cela ?
- Je n'ai jamais attaqué Titus physiquement.
- Pourtant, vous lui avez brisé le poignet deux mois après la mort de Costia Mills.
- Il a tenté de me violer après m'avoir droguée, je me suis défendue.
- Et bien entendu, vous n'avez pas pensé à porter plainte ?
- Si le système n'avait pas été corrompu, j'aurais déjà porté plainte pour le meurtre de Costia.
Titus avait été loin dans son idylle. Il avait essayé de droguer Lexa pour faire ce qu'il voulait d'elle, mais même sous l'effet de la drogue elle avait encore su se défendre. Cela ne m'étonnait pas. Lexa était coriace.
- Votre témoignage me force à soulever un fait. Vous avez vous-même tenté d'abuser sexuellement de mon client peu de temps avant la mort de votre petite-amie de l'époque. Pourquoi aurait-il essayé d'abuser de vous par la suite ?
Les yeux écarquillés, je sentais la colère monter sur le visage de Lexa. Elle parvenait à garder son calme malgré tout. L'accusation qui lui était faite était totalement incohérente.
- Je n'ai jamais tenté aucune action de type sexuelle envers Titus. Par ailleurs, je n'ai pas eu de relation sexuelle avec un homme depuis le début du lycée, peu de temps avant que je ne découvre mon attraction pour les femmes. Si j'avais essayé de violer quelqu'un, ça n'aurait clairement pas été un homme.
Le silence suivit. Quelqu'un veut ajouter quelque chose ? Non ? Rien ? Il n'y avait rien à ajouter, Lexa avait fait taire tous les sceptiques. Pourtant l'avocat continua.
- Alors vous allez peut-être pouvoir nous éclairer sur cette vidéo.
Des images apparurent sur l'écran central, contre le pupitre du juge. On pouvait voir une fille brune, de dos à la caméra, défaire la chemise de Titus alors qu'il essayait de se débattre. Titus semblait être sous l'effet de la drogue. La fille n'était vêtue que de sous-vêtements. La vidéo était sombre, a priori prise dans une grande maison. S'il y avait eu du son, j'étais certaine qu'on aurait pu entendre de la musique très forte. Il n'était pas rare que les soirées étudiantes dégénèrent.
- Cette jeune femme a la même silhouette que vous. La même longueur de cheveux de l'époque, selon des photos. Tout porte à croire que mon client a raison.
- Ce n'est pas elle !
Je m'étais levée et avait lancé ma voix le plus fort possible. La juge me fusilla du regard, mais je justifiai mon interruption.
- Lexa a une marque dans le dos, une tâche de naissance descendant le long de sa colonne vertébrale. La fille sur cette vidéo a la peau uniforme.
Je crus que j'allais me faire jeter dehors, mais ils furent obligés de constater le fait que j'avais raison. En me rasseyant, Octavia, assise à ma droite, me glissa dans un petit rire :
- Tu connais son corps par cœur à ce que je vois...
Je lui envoyai un petit coup de coude discret.
- Tu me décrirais le corps de Lincoln avec encore plus de précision.
Elle rit et admit sa défaite pour cette fois. A l'avant de la salle, le juge déclara la non-importance de l'accusation faite à Lexa un instant plus tôt car elle ne changeait pas les actes dont était accusé Titus. En effet, même si Lexa avait vraiment tenté de violer Titus, cela n'aurait pas excusé sa tentative d'homicide.
Nous fûmes tous soulagés quand la séance fut levée. Notre part dans ce procès avait été faite. Le reste se fera sans nous. Nous n'avions plus qu'à attendre les résultats.
Les vacances de Noël arrivèrent enfin et, comme je l'avais promis à ma mère, je rentrai chez moi. Lexa accepta de venir, avouant qu'elle n'avait pas de famille avec qui passer les fêtes. Ses parents étaient morts quand elle avait douze ans et elle avait habité avec sa tante, jusqu'à la mort de celle-ci deux ans auparavant. Je compris ainsi que Lexa avait dû supporter la mort de sa tante et celle de Costia dans la même période de temps. Finalement, elle était encore plus forte que je ne le pensais. Et je la trouvais déjà très forte avant.
Marcus, le copain de ma mère, était venu nous chercher à l'aéroport. A peine arrivé, il déchargea les deux sacs de courses qu'il avait faite avant de passer nous prendre, refusant notre aide. Il entra tandis que Lexa détaillait la maison des yeux. La maison était assez grande. Elle pouvait accueillir une famille de cinq voire six personnes. Elle avait donc toujours été vaste pour mes parents et moi, et immense à la mort de mon père, quand ce grand endroit n'était plus occupé que par ma mère et moi. Devant le perron se trouvait un rectangle d'herbe suivant la longueur du terrain. Nous avions un jardin derrière la maison.
- C'est une belle maison, me dit Lexa.
Je souris, car son commentaire me fit réaliser le fait que cette maison m'avait tout de même manquée. Ma maison.
- Clarke !
Je me retournai. Je fus surprise de découvrir Wells, mon ami de toujours. Son père et le mien avaient été collègues et bons amis, alors Wells et moi passions beaucoup de temps ensemble étions enfants. Surtout que nous étions tous les deux enfants uniques. En grandissant, nous sommes restés proches.
- J'ai croisé Abby l'autre jour, elle m'a dit que tu rentrais pour les vacances ! Je me suis dit que tu devais être arrivée à cette heure-là.
- Je viens d'arriver, répondis-je, lui offrant un sourire.
Les mains dans les poches, il hésita un instant. Quelque chose semblait le déranger.
- Je suis désolé de ne pas t'avoir appelée depuis la rentrée. Entre les études, le travail, et mon père, les choses n'ont pas été simples.
Son père était malade. Je me doutais bien que sa vie devait être assez compliquée en ce moment. Il ne m'avait pas demandé si j'allais mieux, je compris ainsi qu'il ne devait pas savoir tout ce qui m'était arrivé à l'autre bout du pays.
- Dis-moi Clarke, reprit-il, ça te dirait d'aller te promener en ville tout à l'heure ? Tu sais, rattraper le temps perdu !
Sa façon de parler et de se tenir, je ne les connaissais que trop bien. J'aurais dit oui s'il avait aussi inclus Lexa, mais il ne portait pas attention à elle.
- Je ne peux pas. Je viens à peine d'arriver. Je vais passer un peu de temps avec ma mère et Marcus, et j'irai sûrement faire visiter la ville à Lexa demain, ajoutai-je en désignant celle-ci.
Elle lui sourit poliment.
- Oh, je vois. J'espère qu'on pourra se voir cette semaine, avant que tu ne repartes !
Il vint me prendre dans ses bras. Quand il se redressa, il dit :
- Tu m'as beaucoup manquée, tu sais.
Il passa une main sur ma joue et approcha son visage du mien. La main de Lexa vint se poser sur son torse, le repoussant doucement, le faisant ainsi reculer d'un pas. Elle avait réagi plus vite que moi. Frustré, Wells s'écria :
- Tu permets ? Clarke n'a pas besoin d'une amie pot de colle !
Le fixant, Lexa lui répondit avec le tact calme que je lui connaissais bien :
- Non, je ne te permets pas. Clarke n'a clairement pas envie de t'embrasser vu son attitude à ton égard. Et je me permets d'autant plus que tu viens d'essayer d'embrasser ma copine devant mes yeux.
Wells ne répondit pas. Pas tout de suite. Son regard passa de Lexa à moi plusieurs fois. Son visage passa du choc à l'incompréhension.
- Alors c'est pour ça, finit-il par dire, que tu n'as jamais voulu sortir avec moi !
J'étais déjà sorti avec des gars, mais pas Wells. S'il pensait que ce n'était qu'une question de temps, il se trompait lourdement.
- Non, Wells. Je n'ai jamais voulu sortir avec toi car je ne t'aime pas.
Je n'ajoutai pas que je l'avais toujours vu comme un ami car je savais qu'il chercherait toujours à m'avoir. S'il ne pouvait pas être mon ami, alors autant arrêter de me voir. Dégoûté et blessé, il tourna les talons et partit. Nous le regardâmes s'éloigner en silence. Je tirai ensuite Lexa par le bras vers la porte de la maison. Dans le hall d'entrée, je la remerciai d'un baiser.
- Wells n'est pas près de réessayer, murmurai-je.
Entendant du bruit dans la cuisine, je m'y dirigeai. Ma mère préparait le dîner. Quand elle me vit, elle fit signe à Marcus de surveiller la casserole et vint me prendre dans ses bras. Elle m'embrassa à plusieurs reprises sur la joue et je dus lui dire d'arrêter pour qu'elle me lâche. Cela ne l'empêcha pas de piéger Lexa dans ses bras. Heureusement, elle se passa des bisous baveux. Moment gênant si votre mère se mettait à embrasser votre copine comme on embrasse un enfant de deux ans.
Nous nous mîmes bientôt à table. Je racontai à ma mère ce qu'il s'était passé depuis son séjour au campus. Je ne lui laissai pas le temps de s'exprimer sur l'acte de Titus et racontai la séance au tribunal. Je sentais sa colère. Si elle le pouvait, elle tuerait Titus de ses mains nues. Nous passâmes à des sujets plus légers et, à la fin du repas, Marcus dit qu'il avait une annonce à nous faire. Prenant la main de ma mère, il annonça :
- Nous allons nous marier.
D'abord surprise, je finis par les féliciter, sourire aux lèvres. Il était temps pour ma mère de refaire sa vie. Elle s'était trop longtemps accrochée à moi suite à la mort de mon père. Et même si le mari de ma mère ne sera pas mon père, au moins ma mère sera heureuse. Je savais qu'elle aimait et aimera toujours mon père. Mais elle aimait aussi Marcus, qui prenait soin d'elle en mon absence.
Après le repas, je fis visiter l'étage à Lexa, et elle sourit en découvrant ma chambre. Sur le mur du fond, contre lequel se trouvait mon lit, était peint une grande forêt un jour nuageux. La fenêtre faisait office de porte d'entrée d'une grotte virtuelle. Lexa n'en crut pas ses yeux quand je lui dis que je l'avais peint moi-même. Revoir ce paysage familier me fit le plus grand bien. Je m'assis sur mon lit et, tandis que Lexa consultait l'un des livres de croquis de mon adolescence, je claquai des doigts. Elle ne s'en rendit pas compte. Quand elle essaya d'ouvrir la porte quinze minutes plus tard en pensant aller faire un tour dans le jardin, je me retins d'éclater de rire. Après plusieurs tentatives, elle arriva à la conclusion que la porte était fermée à clé. Se tournant vers moi, elle me dit sur un ton lourd de soupçons :
- Il n'y pas de serrure à ta porte.
- C'est vrai, répondis-je avec un grand sourire.
- Je ne vois pas comment tu aurais pu la bloquer.
Mon sourire m'avait trahi et je m'en fichais complètement. Me levant, j'expliquai brièvement :
- Verrou interne. Ma mère a fait installer un système de sécurité très efficace il y a deux ans.
- Je vois. Je suppose que je n'ai qu'à appeler ta mère pour qu'elle me dise comment déverrouiller la porte alors, puisque sa fille m'a enfermée dans sa chambre.
Bien essayé, Lexa, mais raté.
- La pièce est insonorisée. Ma mère se reposait souvent la journée à cause de ses gardes de nuit et m'entendre jouer de la guitare l'empêchait de dormir la plupart du temps.
Ses yeux se plissèrent légèrement. Elle avait compris qu'elle s'était faite piéger. Postée devant elle, je déboutonnai son chemisier alors qu'elle cherchait sûrement un moyen de dévier le piège, par fierté.
- Tu n'avais pas besoin de m'enfermer dans ta chambre, tu sais, déclara-t-elle alors que son chemisier glissait sur le sol.
- J'étais coincée sous l'effet des médicaments, et toi tu es coincée dans ma chambre.
Elle comprit la référence, et le fait que c'était ma petite vengeance personnelle.
- En général, quand les gens se vengent, ils ne vont pas déshabiller la personne.
Je ris en la tirant vers moi avec le bouton de son pantalon, que je ne tardai pas à défaire.
- C'est pourtant ce genre de vengeance que tu as choisi à la fête d'Halloween. M'attirer à toi, me serrer contre toi.
Je reculai de quelques pas, m'assurant qu'elle avançait. Quand je m'arrêtai à deux mètres de mon lit, j'essayai de lui faire une prise pour la faire tomber sur celui-ci sans lui faire mal, mais elle était bien plus douée que moi en arts martiaux et les deux seules prises qu'Octavia m'avait apprises ne suffisaient pas à faire de moi un maître dans l'art du combat au corps à corps. Je me retrouvai immobilisée sur mon lit, Lexa au-dessus de moi. Elle affichait un sourire moqueur.
- Il faudrait vraiment qu'on revoit ton autodéfense. J'aurais pu te tuer mille fois.
- C'est quand tu veux, lui envoyai-je avec un clin d'œil.
- Avec plaisir, souffla-t-elle en se baissant pour attraper mes lèvres des siennes.
Mais elle n'y parvint pas, car je la renversai aussitôt, et parvins à l'immobiliser.
- Celle-là, je ne la connais que trop bien, lui dis-je en référence à la prise en question.
Surprise, elle finit par admettre :
- Pas mal. Tout ça pour me mettre dans ton lit, tu fais beaucoup trop d'efforts Clarke.
Elle se moquait, aussi je me baissai sans relâcher ma prise et déposai un baiser sous son oreille avant d'y souffler :
- Tout ça pour te faire ravaler ta fierté.
Je relâchai ma prise pour l'embrasser, et je sentis son sourire contre mes lèvres. Elle aussi devait le penser : il n'y avait vraiment que moi pour me risquer à la défier. Elle passa une main dans mon cou, laissant tomber le défi que j'avais lancé pour me rendre la passion que je lui offrais. Elle fit glisser mes vêtements, et je ne pus arrêter un frissonnement quand nos torses nus se touchèrent, car à la différence de la dernière fois, nous avions chacune des cicatrices. Et ces cicatrices se mêlaient l'une aux autres. Nos corps avaient peut-être été affaiblis un moment, voire dans un état critique, mais pas nous. Nous étions plus fortes.
Noël arriva. Lexa et moi nous étions promenées en ville toute la journée. Je lui avais montré les endroits qui m'importaient le plus, et nous avions été acheter les cadeaux de Noël. Après un succulent repas, nous nous installâmes tous dans le salon. La pièce était joliment décorée pour l'occasion, avec un sapin dans le coin à gauche.
Lexa me tendit mon cadeau. Nous nous étions séparées pour l'achat de nos cadeaux respectifs. Je découvris une dague noire, aux bordures argentées remontant jusqu'au manche. Ce dernier s'arrondissait au bout, les bordures optant pour une couleur dorée. Au centre d'un cadran, les initiales CG dont la couleur mélangeait or et argent. Je fixais la dague, ébahie. La stupeur passée, je serrai Lexa dans mes bras et la remercia. Le couteau symbolisait beaucoup pour nous. Il symbolisait la lutte, d'abord l'une contre l'autre, puis les autres contre nous, et enfin nous contre ceux qui avaient essayé de nous écraser.
Je lui offris ensuite son cadeau. Une montre, aux couleurs sombres, et au cadran doré. Au dos était la date du jour ainsi que les initiales LH. Nos idées de cadeau étaient similaires en fin de compte. Je voulais lui offrir une montre pour lui montrer à quel point elle comptait pour moi. Une montre bien à elle, comme en avait mon père, un objet qui symbolisait beaucoup pour moi. J'avais fait graver sous les initiales la date du jour car elle était plus importe que celle de notre rencontre – particulière, accordons-le – ou celle de notre premier « vrai » baiser car, aujourd'hui, nous étions libres. Nous étions ensemble, personne ne pouvait nous en empêcher, pas même en attentant à notre vie. Cet épisode était fini.
Lexa m'attira à elle et déposa un baiser sur mes joues. Un flash nous illumina. Ma mère venait de prendre une photo. Je ris, car elle était irrécupérable, et que j'aimais les gens irrécupérables plus que tout.
Je tendis une enveloppe à ma mère, qui posa son verre de champagne.
- De notre part à toutes les deux.
Elle l'ouvrit avec curiosité, et découvrit des billets. Avion, hôtel, tout y était. Un séjour complet en Australie pour leur lune de miel. Ma mère et son fiancé engagèrent un câlin collectif. Ce soir-là, on ne pouvait pas être plus proches.
Les vacances de Noël se terminèrent trop vite à mon goût. J'aurais voulu rester un peu plus longtemps, pouvoir enfermer Lexa dans ma chambre chaque soir. Elle n'avait toujours pas trouvé comment déverrouiller la porte.
De retour au campus, nous fêtâmes le Nouvel An avec le reste du groupe. Les vacances se terminaient et il fallait déjà songer à retourner en cours. La vie normale reprenait.
