Hello tout le monde !

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Un nouveau chapitre pour démarrer la semaine entre action et émotion !

Bonne lecture et à très vite !

Chapitre 14

Le briefing a été encore plus long que dans nos pires cauchemars… La Présidente Coin a voulu revoir en détails, avec nous et Boggs, le moindre événement de la journée, de sorte que nous n'avons pu échapper à cet interrogatoire avant minuit passé.

Mon estomac crie famine et je me vois mal rentrer me coucher le ventre vide.

— Prim et Maman doivent dormir depuis des heures… Je n'aurai même pas pu les embrasser ! Franchement, elle exagère ! Toutes ces discussions stériles auraient très bien pu attendre demain matin, tu ne crois pas ?

Un grondement ponctue ma tirade ce qui amuse beaucoup Finnick.

— Bon, moi, je rentre ! Annie doit m'attendre. Bonne nuit vous deux !

Il s'éclipse en courant et je ne peux lui en vouloir. L'amour lui donne des ailes…

Le mien ne semble pas satisfaire mon appétit…

Peeta m'attire par la main et me guide par un escalier de secours jusqu'aux cuisines désertes.

— Assieds-toi. Je vais nous préparer un truc vite fait.

Il s'empare d'un pain qui reste dans la corbeille et en coupe deux tranches bien larges. Il y dispose du fromage et glisse le tout dans le grand four encore chaud. Quelques minutes plus tard, il attrape sur une pelle en bois nos deux tartines délicieusement grillées.

— Tiens, ça ne vaut pas les petits pains au fromage que je fabriquais au 13, mais, c'est mieux que rien, pas vrai ?

Je hoche la tête, ravie, et croque goulûment dans ma part. La croûte craque sous mes dents tandis que la mie et le fromage apportent du moelleux à l'ensemble.

Quel régal ! En fermant les yeux, je pourrais presque me croire à nouveau chez nous… L'odeur du fournil des parents de Peeta ne revient comme si j'y entrais… Et brusquement les souvenirs affluent en masse dans mon esprit ils envahissement la moindre parcelle de mon âme, m'obligeant à me rappeler de visages et de voix aujourd'hui disparues… Mon père qui chante pour moi la complainte de l'arbre au pendu, Darius, le Pacificateur avec qui je plaisantais toujours, l'émotion de Madge lorsqu'elle m'a offert ma broche…

Madge ! Ma seule amie…

Les larmes brouillent ma vue et s'échappent de mes paupières malgré mes efforts pour les endiguer.

Inquiet, Peeta abandonne son pain entamé sur le comptoir et vient m'enlacer doucement.

— Katniss, qu'est-ce que tu as ? Qu'est-ce qu'y ne va pas ? Parle-moi…

Mais les sanglots bloquent ma voix et m'emprisonnent dans un monde de douleur dont je ne parviens pas à m'extraire.

— Pleure, Katniss, je suis là… me murmure-t-il encore, voyant ma détresse même s'il n'en comprend pas vraiment la cause.

Il me berce contre lui un long moment, jusqu'à ce que les sanglots s'espacent.

— Tu n'as pas à être toujours si courageuse, tu sais… Tu as le droit de lâcher prise de temps en temps.

Je parviens à retrouver un semblant de voix, encore tremblotante, pour lui expliquer :

— Je repensais à mon père et à mon amie, Madge… Elle n'a pas survécu, je crois… quand ils ont largué leurs bombes sur nos maisons. Gale m'a dit qu'il ne l'a pas retrouvée après ça… Et puis, quand Finnick et moi avons traversé le village, pour venir vous chercher…

Ma voix se brise encore une fois en un gémissement déchirant. Il me faut plusieurs minutes pour parvenir à terminer ma phrase. Peeta attend. Je sais qu'il a besoin de savoir ce qui est arrivé chez nous. Mais comment le lui décrire sans le blesser l'horreur de ce spectacle ?

— Il ne reste rien de ce que nous avons connu. La maison de Madge, la boulangerie de tes parents, la Plaque, tout a disparu… Il ne reste que le village des Vainqueurs !

Je crache presque les derniers mots tant mon amertume est grande.

Peeta soupire profondément. A présent, il peut imaginer une parcelle de ce qui l'attend, si un jour, nous retournons enfin chez nous.

—J'aimerais y aller… Juste pour me recueillir un moment… Pour accepter tout ça… Tu comprends ? me répond-il d'une voix grave.

— Oui, moi aussi… Mais, Snow a laissé des créatures là-bas, pour tuer quiconque pénètre dans le 12e district. Tant que nous ne les aurons pas exterminées jusqu'à la dernière, ce sera trop dangereux. Mais, je te promets qu'on y retournera. On mettra nos morts en terre dignement et on essaiera de reconstruire sur les ruines !

L'élan et la ferveur de ma voix nous redonne à tous deux de l'espoir.

— Ensemble ? me demande-t-il encore, presque timidement.

Je glisse mes doigts entre les siens dans un geste de communion sincère.

— Oui, ensemble, Peeta.

Il jette alors un coup d'œil furtif à la pendule et déclare :

— Bientôt une heure du matin. Finis ta tartine, il est temps d'aller nous reposer un peu.

J'avale mes dernières bouchées en essuyant mes yeux encore humides. Puis, je le suis, dans ces méandres d'escaliers que lui seul connait.

— Comment diable as-tu déniché ce passage ?

Peeta a un léger haussement d'épaules.

— C'est un des commis de cuisine qui me l'a montré. Et comme je suis un peu claustrophobe dans les ascenseurs depuis les jeux, je passe par-là maintenant. Il y en a tout un réseau. Les gens du 13 sont assez peu nombreux à les emprunter alors, c'est tranquille. Et ça permet de passer inaperçu…

Il m'adresse un clin d'œil et complète :

— Très pratique pour éviter Haymitch par exemple !

Il pousse finalement une porte grise et nous débouchons dans un couloir sans issue.

— Où sommes-nous ?

— C'est là que se trouve ma nouvelle chambre, m'explique-t-il. J'ai demandé à en changer avant de partir en mission. C'est celle de Finnick. Lui et Annie ont emménagé ensemble à présent. Coin leur a attribué un studio deux étages plus bas.

Je fais la moue alors il ajoute :

— Ce sera plus commode. Ici, il n'y a pas de voisins, la chambre donne au bout du couloir et de l'autre côté, c'est la lingerie. Comme ça, je ne réveillerai plus personne avec mes cauchemars…

— Mais, tu vas être loin de moi désormais…

Peeta passe sa main sur sa nuque et rougit. Je crois que c'est la première fois que je le vois ainsi. Je pique un fard à mon tour, sans trop savoir pourquoi.

— En fait, je me suis dit que tu pourrais rester avec moi… enfin, de temps en temps… si tu as envie bien sûr !

Il ouvre la porte et me désigne la pièce plus spacieuse que son précédent logement. Il appuie sur un interrupteur et le plafond s'illumine lentement, laissant apparaître l'image d'un ciel rougeoyant.

Emerveillée, je fais un pas dans la pièce.

— C'est magnifique ! On se croirait en salle de détente ! Il y a le même genre d'écran là-bas ! Finnick était gâté, dis donc !

Peeta rit doucement et réplique :

— Je pense que c'est le hasard ! C'était la nurserie avant, à ce qu'il m'a dit.

— La nurserie ? A part les enfants du 12, je n'ai vu aucun bébé depuis mon arrivée ici, pourtant !

— Oui, un autre problème du 13, apparemment. La plupart des habitants seraient devenus stériles suite aux retombées radioactives, après les bombardements il y a 75 ans. Je crois que ce n'est pas pour rien s'ils nous ont accueillis si facilement. Leur population s'éteint petit à petit !

— Incroyable ! Comment se fait-il que tu saches tout ça ? Personne ne me dit jamais rien à moi !

Peeta éclate de rire cette fois avant de s'excuser en voyant le regard noir que je lui jette :

— Hum… Désolé Katniss mais, tu sais, tu es assez… comment dire ? Intimidante ?

— Oui, bon d'accord, ce n'est pas faux…

— Alors… Tu restes ou tu préfères que je te raccompagne ? Finit-il pas oser demander, la main toujours sur la poignée de la porte ouverte.

Pour toute réponse, je m'avance dans la pièce et commence à inspecter les lieux plus en détails. J'entends Peeta qui referme doucement derrière nous, comme si un bruit trop fort pouvait me faire m'envoler.

Des toiles sont entassées dans un angle de la chambre, à côté d'une petite table remplie de tubes de peinture. Certaines sont vierges mais d'autres non.

— Tu peins ?

— Oui, les médecins m'ont conseillé d'essayer d'extérioriser mes peurs et mes angoisses pour éviter qu'elles sortent durant mon sommeil…

— Cela semble être une bonne idée en effet. Je peux voir ?

— Je t'en prie. Je n'ai pas encore eu le temps d'en peindre beaucoup mais…

Je m'empare de la première toile qui me tombe sous la main. Elle représente les singes mutants de l'arène-horloge. Ils foncent vers le centre de la toile, toutes dents dehors, comme s'ils espéraient jaillir hors du tableau. La représentation est si parfaite que j'en frissonne. Je peux presque entendre leurs hurlements terrifiants.

— C'est tellement réaliste… C'est vraiment prodigieux ce que tu arrives à faire avec un pinceau….

Je pose le tableau et en saisis un autre. Cette fois l'image m'est inconnue. Il s'agit d'une pièce obscure, remplie d'objets en métal dont je préfère ignorer l'usage. Il n'y a pas de personnages, seulement une ombre menaçante dans un coin de la salle. Il ressort de l'ensemble de l'œuvre une sensation de malaise et de terreur presque palpable.

— C'est là qu'ils me retenaient prisonnier… murmure Peeta.

Je hoche la tête. Je sais, oui. Maintenant, je peux mettre une image sur mes propres cauchemars.

Alors que je tends la main vers la dernière toile, posée sur le chevalet et recouverte d'un fin chiffon, Peeta retient ma main et m'en empêche :

— Non, celle-ci n'est pas terminée…

Son refus aiguise mon intérêt et j'insiste :

— Ce n'est pas grave, laisse-moi voir quand même ! Je te promets de ne pas critiquer !

Peeta finit par céder et j'écarte le tissu qui dissimule le tableau.

Mon visage apparaît, doux, serein.

Je sursaute.

Peeta m'a représentée, endormie dans ses bras. On aperçoit un pan de sa chemise sous ma tête mais c'est moi qui occupe toute la toile. Une lumière rayonne doucement dans le fond, comme une main de paix posée sur moi.

— Peeta… C'est…

— J'avais envie de peindre quelque chose de beau, pour changer… et tu es la plus belle chose qui me soit arrivée en ce monde, dit-il, en s'excusant presque.

— C'est vraiment magnifique. Merci, Peeta…

Je tourne la tête vers lui et dépose un baiser léger sur ses lèvres. Peeta m'enlace aussitôt et m'attire contre lui. Mes hanches épousent les siennes, mes bras s'enroulent autour de son cou. Le baiser s'enflamme et s'éternise. Mais, au bout d'un trop court moment, Peeta rompt notre étreinte et s'écarte très doucement de moi. Je me sens presque frustrée tout à coup par cette distance entre nous.

— Je vais te prêter des affaires pour dormir, me dit-il simplement en allant fouiller dans son placard.

Il en sort un tee-shirt et un bas de survêtement.

— Est-ce que ça ira, tu crois ?

— Ce sera parfait, merci. Je peux utiliser ta salle de bain ?

Il acquiesce et je me faufile dans la pièce attenante pour me rafraîchir et me changer. Lorsque je ressors, les cheveux encore humides, Peeta est déjà couché, torse nu.

Le plafond de la chambre s'est modifié et le ciel crépusculaire a laissé place à l'éther scintillant d'une nuit étoilée.

Peeta s'amuse de mon air ébahi et m'ouvre la couverture pour que je vienne me blottir près de lui.

Dès que ses bras m'entourent, j'oublie tout et je m'abandonne. La fatigue de cette trop longue journée me tombe dessus, alourdissant mes paupières. Ma respiration se fait lente et profonde, régulière. Je suis presque endormie lorsque je l'entends susurrer :

— Je t'aime, Katniss…

Il croit que je dors.

Bouleversée par cet aveu, j'hésite un instant.

Je suis sur le point de lui répondre lorsqu'une sirène hurlante nous fait bondir tous les deux. Le cœur battant de peur, je crie pour me faire entendre par-dessus ce son assourdissant :

— Qu'est-ce que c'est encore ?

— Je ne sais pas ! On dirait une alerte !

Au-dessus de nous, des vibrations sur le béton nous indiquent que des gens courent dans les couloirs. Peeta bondit hors du lit et me hurle :

— Habille-toi ! Il faut sortir !

Déjà, il enfile un tee-shirt, un pull et saute dans ses chaussures. Il me faut quelques minutes de plus que lui pour me glisser dans ma tenue de combat, seul vêtement à ma taille à ma disposition.

Le couloir est désert mais, partout dans les étages, nous percevons des cris et des cavalcades précipitées. Peeta m'attire vers les escaliers. Nous descendons jusqu'à l'étage inférieur où une cohue incroyable nous attend. Les gens courent pieds nus tandis que les enfants, à moitié réveillés, pleurent et gémissent, cramponnés dans les bras de leurs parents affolés.

Une voix s'élève par le haut-parleur entre deux sonneries de l'alerte :

— Ceci n'est pas un exercice. Merci de vous rendre à la zone de cantonnement la plus proche. Je répète, ceci n'est pas un exercice.

Nous nous mêlons à la foule et suivons le mouvement sans savoir où nous allons. Des militaires du 13 nous orientent enfin au bout du couloir et nous font descendre par un autre escalier, en nous indiquant que les ascenseurs sont condamnés pour le moment.

Je serre la main de Peeta j'ai peur. Je n'aime pas me sentir ainsi, ballotée par les événements, sans contrôle sur ma vie. Sans arme, je me sens trop vulnérable.

— Je suis là, il ne va rien nous arriver de mal. Ne t'inquiète pas, m'assure-t-il.

Nous pénétrons enfin dans une vaste salle au toit voûté. Les soldats nous demandent de nous asseoir tranquillement, à même le sol, et commence à nous compter. Les gens affluent en masse, long serpent bruyant qui se déverse dans cette pièce sans fenêtre. Tout à coup, je me relève et agite la main :

— Prim ! Maman !

Je viens d'apercevoir ma famille qui pénètre à son tour dans la salle.

— Katniss ! s'exclame Prim en se courant se jeter dans mes bras.

— Nous étions inquiètes ! Où étais-tu passée ? Lorsque l'alarme nous a réveillées, tu n'étais plus là ! Me gronde ma mère.

Comment lui dire ?

Prim me sauve la mise en déclarant :

— Je lui ai dit et répété que tu n'étais pas encore rentrée mais, elle n'a rien voulu savoir !

— Oui, la réunion a été interminable. J'allais venir me coucher quand ça a sonné…

Maman semble avaler mon mensonge et Prim me glisse un clin d'œil complice.

Ma petite sœur sort Buttercup de son sac. Le félin miaule et se débat mais Prim le garde farouchement serré contre elle. Au bout de quelques instants, le chat se calme, réalisant qu'il est plus en sûreté dans les bras de sa jeune maîtresse que par terre au milieu du va-et-vient.

— Au fait, est-ce que quelqu'un sait ce qu'il se passe ? demande-je.

— Il y a un incendie dans le bâtiment, nous explique Maman. Lorsque Gale est venu s'assurer que nous avions bien évacué le studio, il m'a dit qu'il y avait eu un court-circuit dans un local à fournitures. Ils ont un peu de mal à contenir les flammes, à ce qu'il paraît.

— Il ne manquait plus que ça…

L'adrénaline qui court dans mes veines a fait refluer le sommeil pour quelques heures mais la fatigue de mes muscles est toujours là. Je retiens avec peine un bâillement.

Les grandes portes ont été refermées derrière nous. Entassés les uns contre les autres, il ne nous reste qu'à attendre car aucune information ne filtre de l'extérieur.

Le silence se fait peu à peu dans la salle bondée. Les enfants cessent de pleurer et seuls quelques reniflements discrets se font encore entendre. Une fois le décompte réalisé, les soldats ont baissé les lumières, ne laissant que des veilleuses de sécurité, pour permettre aux gens de se reposer un peu.

Prim s'est finalement endormie, la tête posée sur les genoux de ma mère. Moi, je n'arrive pas à me reposer. Je guette le moindre mouvement, le moindre bruit, craignant qu'on nous laisse brûler vif dans ce mouroir.

Mais, les heures s'égrènent, lentes et monotones et je finis par céder à l'épuisement.

La fumée âcre me pique la gorge et m'éveille brutalement. L'espace de quelques secondes, je ne sais plus où je suis. La panique s'empare de moi jusqu'à ce que j'entende Peeta déclarer :

— Ce n'est pas trop tôt ! On va enfin pouvoir sortir d'ici !

Sa voix réjouie me tranquillise. J'ai sommeillé sur son épaule et il me montre du doigt les portes que les militaires sont en train de rouvrir. L'odeur vient de là. La fumée a rempli tous les couloirs et s'est infiltrée par le moindre interstice.

Gale fait partie du groupe qui arrive pour nous libérer. Il s'avance vers nous. Son visage est noir de suie. Sa tenue, couverte de poussière et de cendres.

— Tout va bien. Vous pouvez regagner vos logements maintenant. L'incendie a été maîtrisé.

— Est-ce qu'il y a beaucoup de dégâts ? S'enquiert ma mère.

— Par chance, le feu n'a pas atteint les appartements et les provisions ont été épargnées. Par contre, du matériel et des armes ont été détruits. Beetee essaie de remettre le courant mais, ça prend du temps. Il y a encore des couloirs qui sont plongés dans le noir. Soyez prudents en les traversant, nous recommande-t-il.

Je le remercie. Gale est devenu un soldat accompli, à tel point que je ne le reconnais plus.

Il jette un regard noir à Peeta, assis près de moi puis s'éloigne sans mot dire. Je le vois qui aide d'autres gens dans la foule. Il les rassure, aide les personnes âgées à se relever et les oriente vers la sortie.

— Katniss, tu viens ? M'appelle ma mère tandis que je rêvasse, mélancolique.

Je tombe de fatigue et j'ai désespérément besoin de dormir mais, je ne veux pas rentrer avec elle. Je veux être avec Peeta. Le problème, c'est qu'elle ne va sûrement pas l'entendre de cette oreille.

Prim vient me serrer contre elle et murmure :

— Si tu dois être avec lui à partir de maintenant, tu devrais le dire à Maman. Pour qu'elle arrête de s'inquiéter pour toi sans arrêt…

Surprise, je hoche la tête.

Je réalise que la main de Peeta est enfermée dans la mienne. J'ai dû m'en saisir dans le chaos qui nous entoure.

— Je dois parler à ma mère… lui dis-je simplement.

Il hoche la tête mais, ne me lâche pas pour autant.

— Parlons-lui ensemble, si tu veux, me répond-il, calmement.

Sa confiance m'enveloppe et me rassérène. Je souris et, ensemble, nous franchissons les quelques pas qui nous séparent de ma mère. Elle est en train de ramasser la couverture qu'elle avait apportée avec elle pour protéger Prim de l'humidité et du froid de la nuit.

— Maman…

Elle se redresse et nous scrute, l'air renfrogné. Elle fixe nos mains jointes, comme si elles étaient liées par un fil invisible.

— Je vais rentrer avec Peeta maintenant.

— Katniss, qu'est-ce que tu racontes ? Je croyais que c'était pour la télévision tout ça ! C'est ce que tu m'as dit, n'est-ce pas ?

— Oui, c'était le cas avant. Mais, les choses changent, Maman. Nous avons traversé des événements qui nous ont rapprochés depuis…

— Mais enfin, vous avez tout juste 17 ans ! Tu es trop jeune, Katniss ! Je ne le permettrais pas !

Je me sépare un instant de la paume de Peeta pour saisir les mains de ma mère qui s'agite.

— Maman… Snow nous a envoyé dans l'arène… Deux fois ! Tu sais parfaitement que je ne serai plus jamais la même. Avec Peeta, nous sommes pareils. Nous faisons les mêmes cauchemars, nous avons besoin l'un de l'autre. Est-ce que tu peux au moins essayer de comprendre ça ? S'il te plaît…

Des larmes roulent sur les joues de ma mère. Je la serre dans mes bras en ajoutant :

— Tu ne vas pas me perdre pour autant ! Je serai toujours là avec vous ! Mais, j'ai aussi besoin de temps avec lui.

Ma tirade doit être convaincante car Maman prend mon visage dans ses mains en coupe. Elle plonge longuement son regard dans le mien avant de me sourire malgré ses larmes.

A suivre...