De l'autre côté de la nuit

Wahou ! Je n'ai jamais reçu autant de reviews pour cette histoire, et pourtant, je suis une horrible fille puisque je vous ai donné de faux espoirs… Et oui, encore un chapitre en retard pour cause de départ en vacance intempestif sans ordi ni net. Désolée, désolée, désolée… Mais enfin, le chapitre 14 est là, avec tout plein de Draymione et de bisous baveux. Entre autre.

Réponses aux reviews :

Athéna : Et ben… Merci beaucoup pour tous ces compliments, c'est vraiment génial de recevoir des reviews comme ça ! J'espère que la suite sera à la hauteur de tes espérances, en tout cas, elle est déjà là, ce qui est un exploit quand on connaît la fréquence de mes updates… Gros bisous !

Louve26 : Tiens, tiens, une lectrice clandestine ? Ravie de voir que tu ais choisi de sortir de ta réserve ! En tout cas merci beaucoup pour ta review, j'espère que mes histoires continueront à te plaire et toi à m'envoyer des reviews (je te promets que je ne mors pas…) Gros bisous !

Me : C'est vrai que comme j'utilise pas mal de changement de temps, mes chapitres sont parfois un peu difficiles à suivre… Donc en résumé : Draco et Hermione s'étant disputés la veille au soir (dans le chapitre précédent), ils passent leur journée à se lancer des piques et à s'ignorer jusqu'au moment de leur leçon de Magie Elémentaire. Comme leurs chacras sont bloqués l'un envers l'autre (en tout cas c'est un peu l'idée), ils n'arrivent pas à travailler ensembles au point que McGonagall leur conseille de s'arrêter jusqu'à ce qu'ils aient réglé leur problème et s'ensuit une petite leçon théorique. Hermione décide d'y consacrer la soirée, et doit pour cela reprendre sa parole à Ron qui lui avait demandé de rester avec lui la veille au soir (dans le chapitre 12). Le trio Griffondor a une petite discussion au sujet de l'Institut Lorenz dont Hermione vient de découvrir l'existence : c'est un lieu mythique où les familles de Sang Pur enferment les Cracmols nés en leur sein. Puis Mione rejoint Draco, ils se disputent, se réconcilient, et finissent dans le même lit. Juste pour dormir… Bien sûr ! J'espère que tu as compris ? N'hésite pas à me demander des précisions si il y a quelque chose que tu ne comprends pas. Gros bisous !

Milenaz : C'est bien connu que je suis une grande sadique ! Je ne peux me permettre de manquer à ma réputation… Mais l'important reste quand même que mon histoire te plaise, puisque c'est ma seule excuse. Quand à la suite… La voilà, déjà ! Gros bisous !

Dragonchups : Je m'efforce tant que je peux de faire des longs chapitres, d'autant plus que je n'update pas très souvent depuis que mon ordi a rendu l'âme. Ca me fait très plaisir que tu aimes bien cette histoire passablement tordue, alors n'hésite pas à m'envoyer d'autres reviews ! Gros bisous !

Cilou O'Neill : Non, effectivement, pas de reviews, c'est pas bien du tout ! Heureusement qu'il y a des gens comme toi ! Quand à la suite… Ben, la voilà ! Ce n'est pas très régulier depuis que je n'ai plus d'ordi, mais un rythme décent devrait reprendre à la rentrée. Je suis certes une auteur sadique, mais tu peux compter sur moi pour finir toutes mes histoires, alors ne t'inquiète pas pour ça… Gros bisous !

Elaviel : Et ben dis donc, quelle aventure ! Tu parles d'un coup de stress… J'espère qu'il y aura pas de répercussions, mais en tout cas ça me fait super plaisir qu'après réflexion et relecture, mon histoire continue toujours à te plaire. Surtout que, vu qu'elle a largement dépassé les 100 pages word, ça prend quand même un certain temps. Fais attention quand même de pas te faire attraper avec ce genre d'histoire (même si moi, les fics, je les lis quand je suis en cours, ce qui n'est pas beaucoup mieux quand on y réfléchit…), ça serait vraiment dommage ! En tout cas, promis, je vais dire à tout le monde qu'il faut tout relire. Et je vais moi-même faire la même chose, histoire de vérifier que je n'ai rien oublié, vu comme c'est en train de se compliquer pire que le canon… Lol ! Gros bisous !

Mary : Coucou Miss ! Avant de commencer une nouvelle fic, j'aimerai d'abord terminer Juste une Ombre, histoire de ne pas en avoir 46000 commencées en même temps et aucune de finies. C'est le genre de truc qui m'énerve chez les autres, et je n'ai pas l'intention de faire la même erreur. Au départ, Juste une ombre devait être une fic assez courte, mais devant le succès assez inattendu, elle traîne un peu en longueur. Mais j'espère que les chapitres à venir te plairont tout autant… Gros bisous !

Bloody The Slytherin : P'tite perverse va! Mais bon, cette fic est classée en M, faut bien qu'elle mérite son rating de temps en temps, même sans tomber dans le porno de bas étage ! D'autant plus quand on dispose d'un terrain d'étude aussi intéressant que Draco, lol ! Gros bisous !

Lolaboop: Et du Draco/Hermione, dans ce chapitre, tu vas être servie ! Ils vont quand même trop bien ensembles, tous les deux, non ? Les cours de Magie Elémentaire auront leur importance plus tard, mais pourquoi ? Cela, tu ne le sauras pas avant un bon moment… Gros bisous !

Red-hair1990: Ca, c'était un des plus beaux compliments que tu pouvais me faire...

Laure : Oui, la suite arrive bientôt puisqu'elle est déjà là ! Je trouve que je fais des progrès lol… C'est vrai qu'Hermione a bien de la chance, et tu n'as encore rien vu ! Gros bisous et à bientôt !

Lili-rose : Merci beaucoup pour ta review, ça m'a vraiment fait très plaisir ! Gros bisous !

Kat4katou : Merci pour tous tes compliments et tes suggestions. Je les utiliserai quand je réécrirai le début, ce qui arrivera certainement car, plus je les relie, plus je découvre de maladresses de ce genre. Gros bisous !

Clochette : Hum, je n'avais pas pensé à prendre des paris, mais je pense bien qu'il n'y aurait pas eu grand monde pour penser que Dray et Mione dans le même lit pouvaient rester chastes bien longtemps… En tout cas, je te remercie beaucoup d'être venue au bout de toutes mes histoires, et pour les reviews que tu m'as envoyées à chacune d'entre elles. J'espère qua la suite des évènements ne te décevra pas. Gros bisous !

Zade : La suite ? Et bien, elle est là, enfin… Désolée d'avoir mis autant de temps avant de poster, mais j'espère qu'elle te plaira ! Merci beaucoup pour ta review et gros bisous !

Taz : Merci beaucoup, beaucoup, beaucoup pour tes compliments, ça me fait vraiment trop plaisir ce que tu me dis là ! J'espère que tu continueras à dévorer les chapitres suivants avec tout autant d'enthousiasme ! Gros bisous !

Petite suggestion d'Elaviel : relisez cette histoire depuis le début, pour ceux qui suivent depuis un moment. Il y a sans doute plein de choses que vous avez oublié, depuis le temps… Et finissez par ce chapitre 14 !

« J'ai vu ton fils, cet été… », dit calmement Bellatrix en se resservant de vin et en faisant lentement tournoyer le liquide doré dans le verre de cristal taillé. « Ce n'est plus un enfant, ma chérie, et ce n'est pas encore un homme. Ce n'est rien de plus qu'une bête féroce qui n'a pas encore trouvé de maître. Il n'obéit qu'à lui-même, à ses pulsions imbéciles. On ne peut pas lui faire confiance. Il n'a pas finit ses études, mais à ta place, j'aurai déjà peur de lui. »

« Il ne me ferait aucun mal. Il fera ce que je lui dirai de faire, et d'autant plus volontiers si je le lui demande au nom de son père », répondit Narcissa Malefoy avec une tranquille certitude.

Rien ne semblait pouvoir troubler ce visage radieux, ces traits lisses et gracieux d'une perfection aussi glaciale que s'ils avaient été taillé par le meilleur sculpteur dans le marbre le plus pur. Elle avait trente-sept ans, mais en paraissait dix de moins. Les longues boucles d'or si pâles qu'elles en paraissaient blanches à la lumière des bougies avaient été relevées en chignon et retenues par des peignes ouvragés, seules quelques mèches caressaient la peau fine de sa nuque fragile. Sa sœur la trouvait tout aussi belle que le jour où, fraîchement émoulue de Poudlard, elle avait épousé Lucius dans la plus grande pompe. Peut-être, pensa t'elle, parce que Cissy n'avait jamais connu la prison ni les privations. Elle avait toujours été couvée, protégée, adulée. Et elle n'avait jamais vraiment vécu.

« Tu te trompes, il ne t'écoutes que parce que tes ordres vont dans son sens. Tu l'as trop gâté, et l'éducation que lui a donné Lucius n'était peut-être pas celle qui convenait le mieux à son caractère. J'aurai aimé pouvoir te donner des conseils, comme se doit de le faire une sœur aînée, mais… »

« Tu n'as jamais eu d'enfant, Bella. Tu ne te nourris que de haine et de vengeance. Draco adore son père, et Lucius l'a formé pour devenir son héritier en tous points. Il ne nous décevra pas, il est fort, brillant, et très mûr pour son âge. »

« La maturité n'est pas une des qualités que nous recherchons parmi les nôtres. Je l'aurai préféré docile et suffisamment pénétré des idées de notre maître pour obéir sans poser de questions. Au lieu de ça, il est comme Lucius, il ne recherche que le pouvoir, à n'importe quel prix. Il nous trahira, si l'opportunité lui en est présentée sous le bon jour. Non, vraiment, je n'ai pas confiance en lui. Pas encore du moins. »

« Tu m'insultes en disant cela, ma sœur », lui répondit Narcissa sans perdre un instant son calme olympien, « Si notre maître le juge capable, alors, il le sera ! Qui es-tu pour remettre ainsi son jugement en doute ? »

« Je suis celle qui l'a suivi au détriment de ma carrière, contrairement à ta famille, je suis celle qui l'a aimé plus que tout, qui aurait pu mourir pour lui, et cela, nul ne peut me l'enlever ! », rétorqua Bellatrix d'un ton venimeux où perçait sa folie.

Sa sœur eut un sourire indulgent mais sans trace de gentillesse : « Draco est ce que Lucius a voulu qu'il soit. Je le connais mieux que toi, je connais mon fils. Il me dit tout ! »

« Que tu crois… », persifla la femme dont s'était terni l'éclat de la jeunesse. « Ton amour de mère t'aveugle, chérie ! »

Sur ces mots, elle avala le contenu ambré de son verre d'un seul coup, renversant sa tête aux traits lourds en arrière tandis que sa sœur lui jetait un regard amusé. Ses années de captivité avaient à jamais fait s'enfuir les quelques bonnes manières de Bellatrix. Elle avait été belle jadis, mais avait eu le tort de croire que cette beauté durerait toujours. Elle avait vécu comme on dévore, comme on s'enivre, et plus rien ne pouvait la sauver. Elle était sortie folle d'Azkhaban, et l'épouse de Lucius avait découvert avec une surprise mêlée d'amusement qu'elle n'avait en fait jamais vraiment aimé sa sœur. Au contraire, cet instinct de domination et de grossièreté qui vivait dans chacun de ses actes la répugnait plus qu'autre chose. Elle croyait tout savoir sur tout, et pouvoir tout diriger dans la maisonnée de sa sœur sous prétexte qu'elle s'était laissée enfermer par amour pour celui qu'elle appelait « notre maître » avec des tremblements dans la voix.

Or, Narcissa ne vivait pas pour ce maître. Elle n'aspirait qu'au calme, à la beauté, à la tranquillité. Elle aimait le luxe, son époux et ce fils unique qu'on lui avait trop tôt arraché. Elle aimait les fleurs exotiques, les grandes réceptions, le bruissements des capes de soie et les murmures feutrés des discussions policées entre personnes bien élevées. Elle aimait aussi ces hommes plus jeunes qu'elle qui lui tournaient autours en lui écrivant des lettres d'amour éperdues tandis que les petites greluches qui leur servaient d'épouses soupiraient de rage contenue derrière leurs éventails d'ivoire ciselé. Elle aimait cela d'autant plus qu'elle savait que Lucius lui était infidèle malgré la tendresse qu'il lui portait, et que ces flirts sans importance servaient bien leurs intérêts dans le monde. Narcissa Malefoy se plaisait à se dire qu'elle était une femme à la mode, une mère épanouie et une épouse accomplie selon ses propres critères, et la seule épine dans son pied était la présence de ce « maître », sombre et omniprésent, qui pesait sur son petit univers. Elle n'avait jamais aimé qu'il se serve de Lucius, et elle refusait qu'il se serve de Draco.

A sa façon discrète et insidieuse, elle avait empoisonné l'esprit de son propre enfant de façon à le rendre égoïste et totalement centré sur lui-même. Elle avait modelé un être unique et fort, subtil, intelligent, et totalement incontrôlable. Cela, c'était son secret. Contrairement à ce que pouvait penser son père, Draco était avant tout son œuvre. Il était libre, et personne ne pourrait jamais lui enlever cet amour de la liberté qu'elle lui avait patiemment inculqué. Parfois, lorsqu'elle se retrouvait seule dans son lit trop grand pour elle, au milieu de ce manoir désert et glacial, elle se disait avec un rien de culpabilité qu'elle avait éduqué son fils comme elle aurait aimé que ses parents l'éduquent pour survivre dans ce monde de faux-semblants où elle avait toujours évolué. Lucius avait apprit à Draco ce qu'on attendait de lui, elle, elle lui avait montré ce qu'il avait au fond de lui-même.

Lorsqu'elle avait reçu Lucius comme époux, vingt ans auparavant, elle se disait que le monde était divisé en deux parties. D'un côté, il y avait les bons, les forts, les courageux, les puissants, les sorciers. De l'autre côté coexistaient ceux dont on ne parlait qu'avec une teinte polie de dégoût dans la voix : les mauvais, les faibles, les lâches, à égalité avec les Moldus qui parasitaient la société et dont il fallait se garder à tout prix. Les sorciers étaient des êtres parfaits, et ceux qu'elle fréquentait étaient les meilleurs d'entre eux. Mais elle avait apprit petit à petit à connaître leurs faiblesses, ces petites bassesses pour lesquelles elle les méprisait sans le dire. Extérieurement, elle cautionnait ces attitudes indignes avec un sourire à droite, à gauche, cuirassée d'une hypocrisie qui lui faisait horreur. Intérieurement, elle bouillait de rage et de honte, de cette douleur qu'éprouvent les adolescents en découvrant que leur père n'est pas le plus fort et que leur mère est aussi décrépite que les femmes qu'elle côtoie. Sa révolte à elle avait était de faire de son fils un esprit libre qui s'ignorait. Quand à Lucius… Lucius avait un jour définitivement perdu toute la confiance qu'elle lui portait.

Si aujourd'hui elle avait accepté de présenter Draco au Seigneur des Ténèbres, ce n'était que parce qu'elle savait que, si le jeune homme se figurait que c'était là son destin, ce pour quoi il était né, ce n'était en réalité que la porte qui s'ouvrirait pour lui vers un monde meilleur. Lucius lui avait parlé de son initiation. Narcissa savait donc ce qui attendait son fils, et elle savait surtout, avec une force et une confiance inébranlable, que jamais Draco n'accepterait de faire quelque chose de contraire à sa volonté, et encore moins sous la contrainte. Il était bien trop orgueilleux pour ça. L'orgueil, bien plus que toutes ces fariboles qu'affectionnait Dumbledore comme la loyauté, l'abnégation, l'amour, toutes ces vertus de faibles, cela le sauverait. Draco n'était pas fait de chair, mais du métal le plus dur et le plus impénétrable, il était sans faille, et cela, il ne le devait qu'à elle.

« Je lui écrirais demain que notre maître souhaite le rencontrer », dit-elle avec un sourire charmant. « Il sera ravi, j'en suis sûre, et je suis sûre également que le Seigneur des Ténèbres acceptera son allégeance avec la plus grande joie. Tu verras bien qu'il me donnera toutes les raisons du monde d'être fière de lui ! A ta santé, ma sœur… »

Avec un sourire éthéré, Narcissa leva son verre en direction de Bellatrix et en avala le contenu doucereux qui lui brûla la gorge sans qu'elle bâtit d'un cil.

oOo

Enfin, elle avait fermé les yeux. Depuis l'instant où elle était venue se glisser à côté de lui entre ses draps dans la pénombre, Draco avait attendu ce moment. La respiration de sa compagne s'était faite lente et régulière, très légère, si légère qu'il se demandait par instant si elle respirait encore, et il retenait la sienne pour vérifier que c'était bien le cas. D'un seul mouvement, elle se retourna vers lui dans son sommeil et il put la regarder tout à son aise.

La lune n'était pas visible, cette nuit-là. La seule source de lumière qui filtrait derrière les rideaux mal tirés de la chambre de Draco était celle qui provenait des étoiles si pâles. Elle nimbait pourtant le visage d'Hermione d'une aura très douce qui rendait chacun de ses traits plus clair encore. La jeune fille avait glissé un de ses bras sous son oreiller, et ses lèvres pulpeuses à l'aspect de bouton de rose formaient une petite moue boudeuse à être ainsi écrasées contre le polochon moelleux. Il la trouva adorable. D'un doigt aussi léger que possible, il s'essaya à écarter de son visage une mèche sombre qui, venant chatouiller le bout de son nez, se soulevait à chacun de ses souffles. Elle sourit d'un air rêveur, et Draco sentit son cœur chavirer. Il sentit également qu'il avait été stupide de croire qu'il pourrait rester sagement étendu à ses côtés toute la nuit durant sans même l'effleurer.

Rageur de s'être ainsi laissé submerger par ses sens qui échappaient à tout contrôle, il se retourna de l'autre côté de façon à ne plus voir ce visage d'ange qui reposait à quelques centimètres du sien. Même les yeux fermés, il ne pouvait s'empêcher de voir en esprit les traits délicats de sa compagne de chambre, si calmes, si tranquilles, que rien ne semblait pouvoir les troubler. Ce visage, ces traits, il aurait aimé pouvoir passer tout le temps qui lui restait à vivre à le contempler. Il se sentait rasséréné, et pourtant tout son corps bouillait d'un désir tel qu'il en avait rarement éprouvé. Et qu'il n'avait jamais pensé pouvoir sentir pour une petite fille trop sérieuse, trop intelligente et trop sage pour son propre bien, la chouchoute des professeurs et ses fréquentations d'imbécile, et surtout ses origines infâmes qu'il méprisait par dessus tout. Il s'éloigna d'elle autant que le permettait le grand lit qui aurait pu contenir sans mal cinq personnes, à conditions qu'elles soient bien serrées les unes contre les autres.

Malheureusement pour lui, il avait oublié la règle d'or des fabricants de couvertures et autres couettes : deux personnes se trouvant dans le même lit doivent obligatoirement se retrouver dans les bras l'une de l'autre, qu'elles le veuillent ou non. D'où le fait que toutes les couvertures soient toujours trop petites pour deux… Ainsi le démontra Hermione qui, toujours paisiblement endormie, se détourna une nouvelle fois de l'autre côté, emportant au passage la totalité de leur principale source de chaleur. Draco poussa un cri de protestation en se redressant, ce qui se révéla être sans effets. Il tenta stoïquement de camper sur ses positions en dépit des souffles glacés qui rodaient sournoisement dans le château, mais le froid eut rapidement raison de ses bonnes résolutions. Timidement, il tenta un rapprochement. Le corps de la jeune fille l'appelait aussi clairement que si elle avait crié : « Viens ! Viens me rejoindre ! Je prendrai soin de toi… ».

Abandonnant toutes ses inhibitions, il répondit avec enthousiasme à cet appel, venant se lover contre cette chair chaude et douce, si douce. Il s'emboîta parfaitement contre elle, de façon à ce que leurs deux corps ne forment plus qu'une seule colline sous la couverture qu'elle lui avait si bassement dérobée. Ce n'était vraiment pas de sa faute, après tout… Il devait penser à sa santé, et rien n'était moins attrayant qu'un nez qui coule ! Avec un soupir, il la sentit qui venait se serrer encore plus contre lui. Il avait le nez perdu dans la masse soyeuse de ses cheveux, et sa main était irrésistiblement attirée par le vallon que formait ses hanches pleines. Hermione avait un vrai corps de femme, souple et rebondit, tout en courbes, un corps tel qu'on n'en voyait guère que sur ces statues de marbre qui avaient aiguisé son imagination pendant des années durant…

Il n'était pas un voleur. Il la secoua légèrement pour la réveiller. Elle grogna légèrement en signe de protestation, mais finit par ouvrir ses yeux lourds de sommeil. Elle ne put réprimer un mouvement de recul en voyant les deux grands yeux bleus de son ennemi se pencher sur elle avant de se souvenir où elle était.

« Chut… », murmura Draco contre son oreille en posant une main sur les yeux de la jeune fille, « J'ai bien peur de ne pas être un homme de parole, Hermione, et je ne suis pas sûr de vouloir être un Malefoy. Je suis désolé, mais je voulais te dire que j'allais t'embrasser. Si tu ne veux pas, je vais enlever ma main, et par pitié, retourne dans ta chambre. Sinon, ferme les yeux, et dis toi que ce n'est qu'un rêve… Au matin, tout sera pareil, si tu le veux bien. »

Le souffle court, il se recoucha à côté d'elle et attendit. Une, deux, trois, quatre, cinq… jusqu'à dix secondes qui lui parurent être une éternité. La jeune fille avait d'abord fait un mouvement pour se lever mais, en fin de compte, s'était recouchée sans un mot. Il la sentait tendue, sur les nerfs. Avec toute la douceur dont il était capable, il se pencha vers elle et prit possession de ses lèvres. Elles étaient douces et humides, appétissantes comme un fruit mûr. Mais il n'y avait rien, dans ce baiser, de la férocité propre aux précédents. Il les mordit légèrement, attentif à ne pas lui faire mal et à ne pas trop l'effaroucher. Il sentait son cœur battre follement dans sa poitrine, ses seins fermes contre son torse, mais il se garda bien de la toucher. Il était uniquement concentré sur ce travail de leurs lèvres jointes, et découvrait avec émerveillement qu'un simple baiser pouvait le mettre tout autant en émoi que la plus folle étreinte.

Quand il l'avait réveillée pour lui dire qu'il allait l'embrasser, elle avait eu envie de fuir. Elle se sentait prise au piège par ce corps trop proche du sien. A être ainsi couchée contre lui, elle se sentait offerte comme la victime d'un sacrifice. Mais d'un autre côté, elle savait bien qu'elle ne pourrait pas retrouver le sommeil, il l'attirait trop… Si elle partait, si elle cédait à la panique, elle s'en voudrait toute sa vie. Au fond d'elle même, n'aurait-elle pas été déçue si il avait respecté sa promesse ? Toutes ces pensées la poussèrent à se recoucher, dans l'attente fébrile de ce qui allait suivre. Soudain, il fut contre elle, pesant de tout son poids sur son corps ; mais c'était plus agréable qu'autre chose. Elle sentit avec une acuité extrême qu'elle ne s'appartenait plus. Elle était à lui, il pouvait faire d'elle ce qu'il voulait, et cela lui fit peur. Il était doux, pourtant, tellement plus doux que ce à quoi elle s'était attendu. Toute entière tendue vers lui, à sa rencontre, elle le laissa malmener sa bouche de la sienne, comme si ses lèvres étaient prises d'une vie propre, indépendante de sa volonté. Il était si habile à la faire vibrer à sa guise…

La danse de leurs bouches s'étaient faite plus rapide, plus intense. Il la sentit haleter sous lui alors qu'elle entrouvrait les lèvres pour s'offrir plus à lui. Enfin… Elle accueilli sa langue avec avidité, avec impatience même, et vint enrouler la sienne autours d'elle, lui arrachant un gémissement. Non, pas encore… Il recula, mordant encore dans ses lèvres rendues brûlantes, la laissant insatisfaite. Mais il voulait prendre son temps, la nuit entière leur appartenait, lui appartenait. Il ne voulait pas d'une étreinte à la sauvette entre deux cours, coincé entre une armure et une tapisserie. Il voulait qu'elle voit, qu'elle sente, il ne voulait pas la prendre, il voulait qu'elle se donne, qu'elle s'offre, qu'elle s'abandonne plus qu'elle ne l'avait jamais fait. Il voulait qu'elle se fasse sienne, à jamais. Il sentait ses mains se crisper sur les draps de soie tandis qu'il l'empêchait de l'attirer à elle. Il était le maître du jeu, il était le maître de son corps à elle.

Pourquoi, pourquoi se dérobait-il ainsi ? Pourtant, un instant, elle avait cru… Mais non. Elle tenta d'inverser les rôles, levant les bras vers lui. Mais d'un geste, ainsi qu'il l'aurait fait d'un enfant, il attrapa ses poignets et l'obligea à reposer ses mains, sans cesser un instant de la caresser de ses lèvres. Elle enfonça ses ongles dans ses paumes de rage, mais cela n'eut guère d'effet sur lui. Elle finit par se détendre sous lui, le laissant faire ce qu'il voulait, tremblante malgré elle. Tout au fond d'elle, une petite partie de son âme refusait de se soumettre, honteuse de cet abandon. Pourtant, rien ne semblait pouvoir l'arrêter. Elle frissonna en sentant la bouche du garçon abandonner ses lèvres pour venir glisser le long de son cou, sans cesser de déposer de petits baisers aussi légers que le battement d'elle d'un papillon. Les battements de son cœur ralentirent, mais elle était plus tendue que jamais.

Qu'elle était fine, la peau de son cou, à l'endroit où battait la veine qui drainait toute sa vie. Il sentait qu'elle s'était un peu calmée, mais restait sur le qui-vive. Malgré les apparences, elle n'était pas encore tout à fait à lui. Une femme était comme une forteresse : les premières murailles abattues, il s'en dressait toujours des nouvelles, plus petites et plus discrètes, certes, mais toujours plus impénétrables. Sans cesser un instant de l'embrasser, gardant toujours le contact entre leurs deux corps unis, il lui lâcha les mains et vint entremêler ses doigts à la longue chevelure répandue sur l'oreiller. Elle renversa la tête en arrière, les lèvres entrouvertes, tandis que la bouche du garçon descendait plus bas, encore plus bas, effleurant l'os fragile de la clavicule, juste au dessus de l'ourlet de la nuisette de coton gris. Draco eut un sourire carnassier.

Elle manqua une respiration lorsque les mains du jeune homme lâchèrent ses poignets pour venir se poser sur ses épaules. Elles étaient si fortes, ces mains, tellement plus grandes que les siennes. Elle avait l'impression dérangeante qu'il pouvait, s'il le voulait, l'étrangler d'un seul mouvement. Pourtant, elle ne se débattit pas. Elle mit un moment avant de réaliser qu'il était en train de la déshabiller, toute perdue qu'elle était sous ses caresses… Ses mains avaient défait les liens qui attachaient sa nuisette sur ses épaules sans qu'elle s'en rende compte, et doucement, insensiblement, faisait glisser le bout de tissu le long de son corps. Déstabilisée, elle ouvrit les yeux tout grand, le souffle court, tentant de retenir le léger vêtement sur sa poitrine. « Draco ! », protesta t'elle dans un souffle.

Il lui sourit d'un air curieusement tendre et taquin, ses yeux d'un gris changeant brillant dans l'obscurité au-dessus d'elle. Jamais il n'avait pensé qu'elle le laisserait aller aussi loin, mais maintenant qu'il y était, il ne comptait pas le moins du monde s'arrêter en si bon chemin. « Chut », murmura t'il d'une voix douce en ôtant les mains de la jeune fille pour les reposer de chaque côté de son corps, « Laisse moi faire, je ne te ferai aucun mal… ». Il attendit qu'elle se calme et se relâche, sans la quitter des yeux une seconde. Elle lui rendait son regard avec une intensité qui lui faisait mal, ses yeux qui semblaient noirs démesurément ouverts. Puis il recommença à ôter la dernière barrière qui subsistait entre lui et elle. Docile, elle le laissa faire, comme fascinée, et s'offrit enfin à sa vue dans toute sa beauté et sa féminité.

« Tu es magnifique… » Sa voix rauque lui parvenait à peine dans les vapeurs qui embrumaient toute sa pensée. Elle savait qu'elle était nue devant lui, mais n'était pas sûre de le réaliser vraiment. Elle le vit se débarrasser du t-shirt qu'il avait mit par décence, et vit également la bosse révélatrice qui formait son caleçon. « Draco… », murmura t'elle de nouveau, un peu effrayée malgré tout, les joues brûlantes, « Je ne… »

Encore une fois, il lui sourit, puis, se couchant sur le côté, il l'attira contre lui. Le souffle court, il ferma les yeux quelques secondes pour reprendre ses esprits. Il allait avoir besoin de toute sa maîtrise de soi pour en venir là où il voulait sans craquer. Elle était si belle. A ses yeux, elle avait un corps parfait. Ses seins épanouis, marqués seulement par l'auréole d'un rose à peine plus foncé mettaient en valeur une taille si fine qu'elle paraissait prête à se briser malgré un petit ventre rond. Elle avait des hanches larges, faites pour porter des enfants, des fesses bien rondes, et de longues jambes fuselées. Parfaite…

Elle était serrée contre lui, plus proche qu'elle ne l'avait jamais été. Il avait niché sa tête contre son épaule, mais ses mains s'égaraient un peu partout sur son corps. Son odeur à lui qui envahissait ses narines était presque plus troublant pour ses sens que le contact de leurs peaux nues se frottant l'une à l'autre. Elle l'avait déjà vu torse nu, mais c'était autre chose que de le sentir là, tout contre elle, ses muscles durs se serrant contre sa douceur à elle, comme si son corps n'avait jamais attendu que cet instant et que, d'étranger, il prenne soudain tout son sens. Même ce petit ventre rond qui l'avait toujours excédée, toujours là en dépit des tentatives avortées de régime et des séances d'abdominaux, ne paraissait plus superflu. Elle avait une impression étrange, l'impression d'être… entière. Ce n'était pas vraiment le mot le plus adapté, sans doute, mais c'était ce qui lui venait à l'esprit. Elle retint un soupir d'aise et fit glisser ses mains dans les cheveux lisses du garçon, un peu surprise par leur douceur.

Il la laissa le caresser, tellement attendrissante dans sa timidité bien qu'il ne pouvait la voir, son front lové dans les vagues parfumées de ses cheveux défaits. Ces tendresses l'apaisèrent assez pour qu'il reprenne tous ses esprits. Sans s'inquiéter des conséquences que ses attentions ne manqueraient pas de laisser sur la peau d'Hermione, il suça le petit bout de chair qui se trouvait juste sous ses lèvres tandis que ses mains reprenaient leur exploration. Plus d'effleurements si légers qu'elle les ressentait à peine, non. Au contraire, ses paumes pesaient lourdement contre sa chair, se repaissant de sa douceur et de sa chaleur. Un coup d'œil discret lui permit de voir qu'elle avait fermé les yeux et respirait avec difficulté, les lèvres entrouvertes. L'une de ses mains prit possession d'un sein, rapidement rejoint par sa bouche qui vint torturer le mamelon érigé, tour à tour le léchant, le mordant, le suçant avec habileté.

Elle avala une goulée d'air en réprimant un gémissement, les yeux démesurément ouverts dans le noir, incapable même de ciller, totalement liquéfiée par la présence de ce corps au-dessus du sien. Elle avait toujours ses mains dans ses cheveux, mais n'en avait pas vraiment conscience, fascinée par cette tête blonde penchée sur sa poitrine. Elle avait l'impression de ne plus avoir d'emprise sur rien, comme emportée par un torrent impétueux vers une cascade tombant à pic, sans rien pour se raccrocher. Son esprit joua quelques secondes avec cette image d'elle-même ballottée de part et d'autre, le corps meurtri par les rochers et les courants tandis qu'autour d'elle jaillissait de l'écume mousseuse, la submergeant tandis qu'elle recherchait son souffle. Une morsure plus sauvage sur la peau fragile la ramena à la réalité sans que cette impression de folie la quitte pour autant. « L'autre, maintenant… », osa t'elle murmurer d'une voix qu'elle eut du mal à reconnaître comme étant la sienne.

« L'autre, maintenant… », l'entendit-il dire, et son cœur se mit à battre plus rapidement tandis qu'il la sentait perdre pied sous sa bouche et ses mains. Il se mit à l'ouvrage avec enthousiasme, malaxant cette chair à la fois ferme et douce qui se soulevait de plus en plus rapidement à mesure qu'elle perdait la conscience du temps, son corps venant onduler contre celui de son tortionnaire comme celui d'une sirène. Il réprima un gémissement tandis que le bassin de la jeune fille haletante venait se frotter contre une partie particulièrement sensible de son anatomie. Elle avait fermé les yeux, sa respiration était lourde et précipitée. Comme un enfant curieux, il laissa sa main descendre plus bas, encore plus bas, effleurant la toison brune de son bas-ventre. Elle geignit doucement, achevant de lui faire perdre la tête tandis qu'il glissait un doigt en elle avec un sentiment de triomphe. Elle eut un léger mouvement de repli sur elle-même et détourna la tête. Il se redressa au-dessus d'elle, articulant avec difficulté : « Regarde moi. S'il te plaît… ».

Ce n'est que lorsque les grands yeux sombres de la jeune fille rencontrèrent les siens et vinrent se fixer sur lui qu'il initia un léger mouvement de va-et-vient, une partie de lui-même attentive à son plaisir à elle tandis que l'autre se perdait dans les méandres du plaisir. Il trouva sans difficulté le petit bouton de chair qui acheva de la perdre, la faisant se tordre alors que ses frottements se faisaient de plus en plus rapide. Le sang lui battait dans les tempes et dans tous son corps, plus rien n'existait pour lui que leurs deux corps et leurs respirations oppressés, et ces yeux fixaient sur les siens, à la fois si sombres et si lumineux dans la pénombre de la chambre, semblables à deux gouffres inexplorés dans lesquels il sombrait petit à petit. Enfin, elle poussa un cri inarticulé en lui enfonçant ses ongles dans les épaules. Il la rejoignit quelques secondes après, se répandant sur ses cuisses et se laissant tomber contre elle.

Les yeux fermés, elle s'efforçait de reprendre sa respiration, les joues brûlantes et le cœur battant à la chamarade à l'unisson du sien. Elle le sentait contre elle, pesant de tout son poids, mais c'était un poids délicieux. Elle sentait son odeur qui se mêlait à la sienne, et pour le moment, c'était tout se qui comptait. Ses membres lui paraissaient plus pesants qu'il ne l'avait jamais été tandis que des vagues de plaisir la traversait par intermittences régulières, comme la mer flue et reflue. Si seulement cet instant avait pu durer toujours… Mais une petite partie de son cerveau veniat de se réveiller, lui criant de se méfier, de partir tant qu'il en était encore temps. Mais son corps, ce traître, refusait de lui obéir, se pressant plus encore contre l'autre, l'ennemi, l'étranger. Les yeux fermés, elle le sentit qui se redressait sur son coude, allégeant ainsi son fardeau, et qui la regardait, la regardait sans répit, en silence. Après quelques profondes inspirations, elle réunit en elle le courage nécessaire pour le regarder à son tour. Avec sa peau pâle et ses cheveux clairs, son visage ressortait dans l'ombre avec une netteté troublante, lui donnant une sorte de beauté primaire de jeune dieu païen de la fertilité ou de la jeunesse, qui contrastait avec sa sophistication habituelle. Il lui sourit doucement, ses yeux de chat à peine entrouverts luisants à la clarté des étoiles.

Elle ne put résister à l'envie de tendre la main pour venir effleurer ce visage parfait, repoussant quelques fils d'un or presque blanc qui étaient venus s'égarer devant ses yeux, tandis que lui la contemplait, comme fasciné, sans mot dire. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, n'importe quoi, mais il fut plus rapide qu'elle. D'un geste, il posa ses lèvres sur les siennes, l'embrassant doucement, un baiser d'une chasteté exemplaire. « Chut… », souffla t'il doucement à son oreille, « tout ça n'est qu'un rêve, Hermione, un rêve, et rien de plus », avant de l'attirer contre lui au milieu des draps dévastés, dans une étreinte qui avait quelque chose de désespéré. Ecrasé contre lui et heureuse de l'être, elle réussit à hocher la tête avant de pousser la témérité jusqu'à enrouler une jambe autours de la taille de celui dont elle se demandait si, désormais, on ne pourrait pas l'appeler son amant. Sensiblement en même temps, épuisés par leurs exploits et la journée qu'ils avaient passé, ils sombrèrent dans un sommeil lourd et sans rêve tandis qu'à l'horizon apparaissaient déjà les premières lueurs de l'aube.

OoO

Lorsque Draco se réveilla, elle était déjà sortie, et il aurait pu croire que tout ce qui s'était passé cette nuit là n'était effectivement qu'un rêve, s'il n'avait découvert dans un coin du lit une nuisette de coton froissée abandonnée tandis que les draps avaient disparu. Elle n'était pas non plus dans la salle de bain, bien qu'une épaisse couche de buée sur le grand miroir témoigna de son passage récent, si dans sa chambre à laquelle il jeta un coup d'œil discret par l'entrebâillement du tableau à la bergère. Il s'abaissa même à demander, aussi aimablement que possible, à l'elfe de maison qui s'était dévouée au service de sa colocataire où cette dernière pouvait bien être. La créature, toute intimidée et les yeux baissés, lui désigna la porte de leurs appartements en bégayant quelques mots indistincts avant de lui montrer la pendule qui lui indiquait qu'il ne restait plus qu'un quart d'heure avant le début des court. Réprimant un juron sonore, il la laissa là pour aller prendre une douche, froide, avant d'enfiler son uniforme et de manquer de se rompre le cou dans les escaliers.

Il la remarqua immédiatement en entrant dans la Grande Salle. Ses grands yeux lumineux étaient anormalement marqués par des cernes violettes, et, surtout, elle semblait ne pas voir le manuel de Runes Anciennes ouvert à la leçon du jour contre le pupitre que formait le verre de jus de citrouille et la bouteille de lait. Le balafré semblait lui parler, ou plutôt monologuer, comme à son habitude, mais elle n'écoutait pas. Alors que la lourde porte de la Grande Salle s'ouvrait sur son colocataire, elle tourna machinalement la tête et croisa son regard, ce qui la fit rougir en baissant les yeux tandis que le jeune homme se passait la main dans les cheveux en esquissant un sourire gêné, mais spontané. Perdu qu'il était dans ses pensées, il eut un peu de mal à repérer sa place, du moins jusqu'à ce que Pansy, agitant les bras comme un sémaphore en pleine tempête, lui montre qu'elle lui avait gardé un emplacement près d'elle. Réprimant un soupir, il se glissa sur le banc aux côtés de la Serpentard qui l'embrassa bruyamment à la commissure des lèvres. Il vit avec un plaisir dissimulé les sourcils d'Hermione se froncer à la vue de cette scène, alors qu'elle laissait ses yeux ambrés traîner dans le secteur de la table des verts et argent, mais le tonnerre de bruissement d'ailes qui annonçait l'arrivée des hiboux lui fit lever la tête, juste avant que le grand-duc de sa mère ne lui laisse tomber dans les mains une épaisse missive qu'il se hâta d'ouvrir.

Non mais qu'avait-elle, cette traînée, à se coller à lui et à l'embrasser sans retenue en plein milieu de la Grande Salle , pensa Hermione en réprimant un mouvement d'humeur qui n'était pas dans ses habitudes. Elle en fut d'ailleurs la première surprise : tout le monde savait bien que Pansy Parkinson nourrissait une passion sans faille pour le blond jeune homme, et qu'elle partageait même sa couche à l'occasion (« Quel gâchis ! », glissait généralement Lavande d'un air dégoûté lorsque le sujet arrivait sur le tapis). Cette pensée lui fit monter le rouge aux joues lorsqu'elle se souvint de ce qui s'était passé la nuit même : valait-elle mieux que la préfète des Serpentard ? Elle n'en était plus si sûre… Son regard se tourné une fois de plus vers son alter ego, qui venait de briser le cachet d'une lettre. Même à cette distance, Hermione pouvait voir le serpent couronné qui formait les armes des Malefoy. Avec un haussement d'épaule, elle donna une pièce à la chouette qui lui livrait quotidiennement La Gazette du Sorcier, et parcouru les titres des yeux, mais rien d'inhabituel ne transparaissait : toujours les habituels témoignages hystériques de sorcières affolées pour leurs enfants que le ministre s'efforçait de rassurer. Elle releva le regard qui, comme par hasard, tomba sur l'élégante silhouette du Préfet-en-Chef.

Elle manqua de bondir sur ses pieds en voyant la lividité qui avait envahit les joues habituellement pâles du Serpentard. Elle tenta d'intercepter son attention pour lire dans ses prunelles couleurs d'ardoise ce qui le tracassait, mais elle dut se contenter de le voir quitter la pièce à grands pas précipités, renversant sa chaise au passage et ignorant le cri de protestation aigu de Pansy. Perdue, Hermione se tourna vers la table des professeurs, attendant un signe, un geste… Mais elle ne vit que le professeur Dumbledore qui observait cette sortie par dessus son bol de chocolat fumant, ses yeux d'un bleu vif brillants comme deux escarboucles derrière ses lunettes en demi-lune. Le cœur battant à tout rompre, en proie à un pressentiment terrible, la jeune fille se leva à demi de sa chaise, ignorant les interrogations de Harry. Mais la cloche, sonnant aussi sinistrement qu'un glas à ses oreilles, vint l'interrompre en signalant le premier cours de la journée. Potions…

Mais il ne paru pas, ni durant la première heure, ni durant l'heure suivante, et Hermione dut affronter le professeur Rogue seule à sa table, et ses étourderies lui valurent bien des sarcasmes qu'elle n'écouta que d'une oreille. Où pouvait bien être passé Draco ?

Fini pour aujourd'hui ! J'espère que ce petit bout d'histoire vous aura apporté un peu de plaisir au retour d'une longue journée de cours. Si c'est le cas, faites le moi savoir… Reviews please !