Hello !

Voici le nouveau chapitre, qui je l'espère, vous ravira ! :-D

Encore mille merci pour vos messages de soutient ! cela m'aide vraiment à tenir le rythme que je me suis imposée de sortir tout les deux jours un chapitre !

Bonne lecture !


Alec se sentait comme un parchemin, vieux, asséché et racorni. Tout son corps lui faisait mal, mais il l'avait choisi, il avait voulu cette condition, cette mort, lente et solitaire. Il vivait reclus dans sa mémoire, jouant à l'infini ces instants parfait passé avec Magnus, cherchant l'oubli le plus absolu. Il avait assez vécu pour savoir que de cette perte-ci, il ne s'en remettrait jamais. Non, comment se remettre de la perte de son Amour ?

La vie en lui s'amenuisait d'heure en heure et il priait les Démons pour que cela aille vite, qu'il cesse de souffrir, que les ténèbres l'emportent et l'annihile à jamais.

Pourtant… Alors qu'Isabelle c'était assoupit à son chevet, il entendit, dans ce calme de l'appartement maternelle, des cris et des bruits qui n'y avaient pas leur place… et puis… cette voix. Alec sentit son cœur palpiter bien malgré lui. Il ne pouvait pas rêver : Magnus parlait… il était là ! Magnus… Rien que de songer à lui, il sentait la mort s'éloigner, mais non, c'était impossible, que viendrait faire ici Magnus Bane ? Comment pouvait-il savoir où le trouver et pourquoi… pourquoi criait-il de douleur ?! Alec tendit l'oreille et ses yeux s'ouvrirent.

Magnus était en danger !

Réunissant toute sa force et sa volonté, Alec s'extirpa du lit et chancelant il marcha hors de sa chambre. Se tenant au mur pour ne pas s'effondrer. Il avançait à tâtons, suivant le flot de parole de sa mère, pour s'orienter dans l'appartement labyrinthique, il trouva rapidement l'endroit.

D'un coup d'œil il comprit ce qui se passait, mais il était déjà trop tard car sa mère s'apprêtait à arracher le cœur de Magnus de sa main griffue. Et comble de l'horreur, Magnus ne s'y opposait pas, il acceptait même, offrant sa poitrine en offrande à la folie maternelle !

Alec réunit alors dans la panique et la peur, tout ce qui lui restait de force et d'amour et jeta une immense boule de feu sur Lilith. La démone déstabilisée fut projetée en arrière par la taille incroyable de l'assaut. Alec marcha à vive allure sur Magnus et tomba presque sur lui en l'atteignant.

Magnus en découvrant son sauveur, resta incapable de formuler le moindre son.

Alec n'était qu'une ombre, un fantoche de papier. Il avait l'air d'avoir cent ans de plus, ses cheveux yeux bleus étaient passés, et semblaient gris ternes, sa crinière noire était blanche, sa peau ferme, ridés, tachés et veinées de bleu, et sa force de Sorcier dissipée, remplacée par celle d'un vieillard moribond.

— Alexander, finit-il par dire avec une peine si puissante dans sa voix que cela brisa un peu plus Alec.

— Magnus, dit Alec en se servant de ce qui lui restait pour libérer Magnus de ses chaînes. Fuis, je vais la retenir…

— Non, je ne t'abandonne pas, dit Magnus en tombant à genoux devant Alec pour le prendre contre lui. Il n'est plus question pour moi de te laisser. Alexander, mon Alexander, murmura Magnus en le pressant contre son cœur.

Car pour lui peu importait l'image qu'il avait, il savait qui il était à l'intérieur et il savait la profondeur de son amour pour lui.

Les deux hommes, blottit l'un contre l'autre, tout à leur joie et soulagement de se retrouver n'entendirent pas Lilith se redresser de toute son impériale présence, mais lorsque sa voix millénaire retendit autour d'eux, ils tournèrent leur visage vers elle :

— COMMENT OSES-TU ME FAIRE CELA, A MOI TA MÈRE ?!

Alec, se plaça devant Magnus, même affaiblit, il refusait de laisser la rage de sa mère s'abattre sur l'homme qu'il aimait, dusse-t-il y laisser sa vie.

— Mère, non, Magnus n'y est pour rien…

— Alexander, souffla Magnus dans son cou déclenchant une série de décharge électrique dans l'épine dorsal d'Alec. Laisse-la faire, si c'est le seul moyen pour que tu…

— Non, c'est moi qui me laisse mourir, volontairement et te sacrifier ne servira à rien, assura Alec d'une voix fatiguée et pâle, si éloignée de sa voix d'ordinaire que Magnus en eut mal au ventre.

Lilith contempla la scène avec mépris. Comment son enfant, pouvait-il s'abaisser à protéger cette vermine ?! Comment acceptait-il de se laisser décrépir par sa faute ?!

— Je ne veux pas que tu meures, susurra Magnus qui tenait Alec contre lui, ses yeux plongés dans les siens. Je refuse de te perdre. Ni maintenant, ni jamais.

— Magnus…

Alec sentait sous ses doigts flétrit la chaleur et la vie qui brûlait chez Magnus.

— Assez, parlez ! De toute manière je ne te demande pas ton avis mon fils ! grimaça Lilith dont les deux mains étaient devenues des griffes acérées capable d'éviscérer n'importe quoi. Je t'ai mise au monde et je refuse que tu le quittes ! Tu es ma chair et je sais ce qui est bon pour toi ! Alors, pousse-toi ! Relâche ce mortel et laisse-moi te soigner !

Alec, bien que vieillard et moribond, s'imposa face à sa mère et se redressa de toute sa faible stature.

— Je préfère vivre mille morts que tu touches seulement à Magnus.

Magnus sentit Alec faiblir sur ses jambes et lui pris la main pour le stabiliser sous le regard onyx effrayant de sa mère.

— Tu ne pense pas ce que tu dis. Dans cent ans, tu ne sauras même plus qui il était ! Dans mille ans tu auras oublié cette époque !

— Jamais je ne pourrais effacer de ma mémoire ce qui fait partie de moi ! assura Alec d'une voix forte et décidé.

Lilith poussa un cri de rage et leva sa main prête à l'abattre et dépecer Magnus au passage, mais Isabelle qui avait été alerté par les cris surgit et retient le bras de sa mère.

— Fuyez ! cria-t-elle aux deux hommes.

Isabelle tenta de contenir du mieux qu'elle put la rage de sa mère, tandis que Magnus soutenant Alec, quittaient à grande vitesse la pièce et cherchait à fuir l'appartement de la démone en colère. Alec étant trop faible pour le guider, ils se retrouvèrent rapidement bloqué sur le toit du gratte-ciel, en proie aux vent terrible et à la hauteur vertigineuse de la tour de verre. Magnus fit s'asseoir Alec au sol avant de bloquer la porte d'accès au toit. Il était mal en point, il saignait et souffrait, mais, le pire était de voir dans quel état se trouvait Alec. En revenant vers lui, il l'appuya contre sa poitrine et lui caressa les cheveux, les joues, les mains.

— Pourquoi tu as fait ça ? gémit doucement Magnus en contemplant les dégâts que c'était infligé corporellement Alec.

— Je refuse d'affronter un monde, dans lequel tu n'es pas avec moi, souffla Alec qui se sentait si bien, si justement à sa place contre le cœur de Magnus.

— Tu n'es qu'un idiot ! s'exclama Magnus qui sentait sa gorge se serrer sous l'émotion car entre ses bras son amour commençait à peiner pour respirer. Nous, aurions pu être si heureux, si…

— Si je n'avais pas été le Fantôme ? acheva Alec avec une certaine tranquillité.

— Je m'en fiche ! Je m'en fiche de tout ça ! Parce que, ce qui compte, c'est que…

Le cœur d'Alec s'éveilla comme après un long sommeil et se mit à pulser devant l'expression absolument bouleversée et sincère de Magnus.

— Parce que je t'aime, dit Magnus en embrassant les lèvres usées et molles d'Alec. Je t'aime !

Le désir de vivre d'Alec s'était éteinte lorsque Magnus l'avait laissé seul au cœur de cet entrepôt de la mort. Quand il avait compris qu'il avait perdu à tout jamais Magnus, il n'avait plus éprouvé quoi que ce soit si ce n'est un désert monumental à la place de son cœur et de ses émotions. Il était devenu le néant et la souffrance de cette perte était devenue intolérable, la mort s'était alors imposée d'elle-même. Mais, à présent, Magnus le serrait contre lui comme la chose la plus précieuse au monde et il lui disait qu'il l'aimait !

— Donne-moi ta force, soupira Alec qui se sentait faiblir de secondes en seconde tandis qu'une fine larme glissait de son œil gauche.

Magnus, qui grâce à sa nature de Chasseur d'Ombres entendait gronder la rage de Lilith qui grimpait à leur rencontre, n'hésita pas une seule seconde et tendit sa main à Alec. Le Sorcier, à la peau parcheminée serra la paume chaude et calleuse de Magnus. Il connecta sa force vitale à celle de Magnus et puisa dedans.

— Tu vas avoir l'impression d'un vertige, avertit Alec qui commença immédiatement l'extraction.

Magnus eut plus l'impression d'être un verre de soda que l'on vidait à grand trait par une paille plantée dans son nombril. Mais lui il sentait sa force être transmise à Alec, plus il voyait le changement spectaculaire qui s'opérait sous ses yeux. En moins de dix secondes, Alec avait perdu ses rides. En vingt secondes, il avait rajeuni de plusieurs dizaines d'année et en trente seconde, Magnus cru que c'était hier qu'il l'avait vu pour la dernière fois. Alec relâcha la main de Magnus, le lien rompu, fut comme un manque pour Magnus.

— Moi aussi je t'aime, Magnus, dit Alec qui avait retrouvé son beau regard de chat. Je t'aime au point de tout perdre.

Alors qu'ils allaient s'embrasser à pleine bouche, ému, heureux, soulagés et enfin ensemble, la porte du toit explosa en milliard d'éclat et la forme démoniaque de Lilith se dressa dans l'encadrement. Longue écailleuse, poilue, avec de multiples pattes noires et crochues, des yeux noirs, et une bouche digne d'une mante religieuse, elle s'avança vers eux. Sans plus attendre, Alec se dressa debout, sur ses jambes redevenues fortes et infaillibles. D'un mouvement des mains, souple, sensuelle et efficace il ouvrit un portail à travers un pentagramme, puis jeta des sorts à sa mère devenue démone, pour la pousser dans sa configuration démoniaque. Magnus qui avait comprit ce que s'évertuait à faire Alec, bondit sur ses jambes, rapide et agile, il bondit et poussa de toute ses forces pour obliger la bête devenue incontrôlable pour la faire basculer vers Edom. Mais Lilith se débattait comme une folle, et crachait des jets acides vers eux. Dans sa rage, elle ne faisait plus la distinction entre son fils ou Magnus, tout ce qu'elle voulait c'était détruire : tuer, annihiler !

Magnus, rusé incita Lilith à la poursuivre et en passant devant Alec, dans une manœuvre terriblement dangereuse pour sa vie, le Sorcier tendit un fils d'or magique entre les pattes de sa mère. Lilith bascula en hurlant. Sous les yeux, la créature qui reprenait forme humaine dans sa chute, tomba vers Edom. Le pentagramme s'enflamma au passage de la Reine des enfers et puis, plus rien. Alec referma la faille. Le calme était revenu. Il n'y avait plus signe de la créature nulle part.

Dans un même élan les deux hommes se prirent dans les bras enfin soulagés de se retrouver pleinement. Sans plus attendre ils s'embrassèrent à pleine bouche, retrouvant le gout de l'autre, les caresses impatientes de leurs langues et leurs souffles s'entrecroisant. Ils avaient tant craint de se perdre l'un l'autre qu'à présent leur retrouvaille semblait miraculeuse. Magnus palpait ce corps redevenu ferme et puissant, tandis qu'Alec pressait le sien contre celui du Chasseur d'Ombre, cherchant à ne faire plus qu'un.

— Et moi qui croyais que j'avais le pire parent…j'avais tort, sourit Magnus en collant son front à celui d'Alec tout en le serrant contre lui.

Alec se mit à rire doucement. Il riait, alors qu'il venait de bannir sa mère dans une dimension démoniaque, loin de ses enfants qu'elle chérissait tant. Mais il n'avait pas eu le choix. C'est elle ou eux. Et Alec avait sans doute pris la décision la moins définitive. Mais soudain le rire d'Alec se figea.

— Où est Izzy ?

Une peur glaciale lui serra le ventre et il s'arracha de Magnus pour rebrousser chemin et retourner à l'appartement. Magnus le suivait, soudain terriblement inquiet pour la très jeune sœur d'Alec.

En arrivant dans la pièce où il avait été retenu captif, ils trouvèrent Isabelle, inconsciente, baignant dans une petite flaque de sang et la tête renversée sur le côté. Alec l'emporta aussitôt et après l'avoir brièvement ausculté, parut soulagé.

— C'est superficiel, assura-t-il à Magnus tandis qu'il couchait sa sœur sur un lit dans une chambre au décor très girly. Une fois que je l'aurais soigné, elle se remettra vite et son métabolisme de louve fera le reste… veux-tu que je te soigne également ? s'inquiéta Alec en regardant l'état assez préoccupant de Magnus.

— Si je retrouve ma stèle je pourrais peut-être m'en sortir seul…

Magnus laissa sa phrase en suspens, car il sentit dans la poche arrière de son pantalon sa stèle brisée en trois morceaux. Alec ne fit pas de commentaire et fit apparaître entre ses doigts ses belles flammes grises qu'il dirigea vers le corps de Magnus. En quelques instants le Chasseur d'Ombres se sentit redevenir pleinement lui-même et la fracture de sa pommette, ne fut qu'un souvenir.

— Tu devrais peut-être te reconvertir en médecin, sourit Magnus en tâtant son visage redevenu intacte.

— Oui, ça serait moins dangereux, souffla Isabelle qui revenait peu à peu à elle.

— Izzy ! s'exclama Alec en se penchant vers elle pour lui remettre ses belles boucles brunes en arrière. Comment tu te sens ?

— Comme si un rouleau compresseur avait éclaté sur moi… Mais toi, tu vas mieux ?

— Regarde-toi, sourit doucement Alec, tu as failli mourir et tu t'inquiètes pour moi.

— Parce que toi aussi tu as failli mourir ! répliqua Isabelle en reprenant du poil de la bête.

— Personne ne va mourir, aujourd'hui, assura Magnus en posant une main sur l'épaule d'Alec assit au chevet de sa sœur.

— Magnus, tu n'as rien, dit Isabelle avec soulagement. Et… mère ?

— Elle va profiter d'un séjour prolongé à Edom, dit doucement Alec en prenant conscience qu'il avait bannit sa mère pour un long moment.

Isabelle, acquiesça, elle savait que c'était un mal pour un bien. Isabelle était bien consciente que sa mère n'avait pas sa place sur terre et qu'elle était assez néfaste, en règle générale, ce faisant elle demeurait sa mère… Isabelle éprouva un pincement au cœur, et ferma les paupières pour masque les larmes qui commencèrent à grimper à ses yeux. Alec, comprit la détresse de sa sœur, car lui aussi se sentait fautif de cette situation. Il n'y avait pas de juste milieu, pourtant il avait choisi Magnus en place et lieu de sa mère… C'était sans doute cela : grandir ?

Il ne se demandait pas s'il avait bien fait, car il le savait : oui, il avait choisi la lumière à la noirceur. Ce faisant, tout n'était pas encore dit entre eux. Alors une fois assuré que sa sœur s'en sortirait, Alec entraînant Magnus dans le bureau de sa mère pour discuter.


... Je coupe ici car je suis sadique :-P

Dites-moi ce que vous avez pensé de ce chapitre! :-D

A très vite !