Bonjour à tous ! Voici enfin le nouveau chapitre ! Je tiens à vous remercier pour vos gentils messages et commentaires, cela me fait très plaisir de voir que cette sequel vous plait. Je suis toujours étonnée de me rendre compte que j'étais partie d'un One-shot. Une fanfiction plus tard et nous revoilà plongé dans une nouvelle intrigue !
Alors sans plus attendre, bonne lecture !
Mancipium Carnis
Chapitre 13
Harry courrait à en perdre haleine, le bruit de ses pas brisant le silence de l'imposant Atrium. À cette heure-ci, la plupart des employés étaient rentrés chez eux, il ne trouva donc aucun obstacle sur son chemin. Il contourna la fontaine représentant les deux sorciers, l'Elfe et le Centaure et fonça vers les ascenseurs aux cages dorées. Il pénétra dans celui du milieu et enfonça le bouton n°9 du poing, reprenant son souffle.
La descente lui parut interminable. Était-il arrivé trop tard ? Qu'allait-il trouver en arrivant sur place ? Narcissa ne lui avait rien dit de la menace pesant sur le blond, le suppliant de se rendre au plus vite auprès de son fils. Le souvenir du regard horrifié de la blonde le fit bondir hors de l'ascenseur aussitôt celui-ci arrêté et il fonça à travers les couloirs sombres menant au Département des Mystères, sourd aux plaintes de son corps et de ses poumons.
Il traversa les différentes salles, l'adrénaline et la peur le ramenant des années en arrière, lorsqu'il avait couru dans ces mêmes pièces aux côtés de Ron, Hermione, Ginny, Luna et Neville, poursuivi pas Lucius Malfoy et ses amis Mangemorts. Il tenta de ne pas penser à ce qu'il s'était passé cette nuit-là, à l'être cher qu'il avait perdu.
Il secoua la tête pour chasser le frisson qui lui parcourut l'échine et accéléra en apercevant la dernière porte, qu'il enfonça d'un violent coup d'épaule. Le silence ambiant lui glaça le sang.
"DRACO !"
Aucune réponse ne lui parvint et il dévala les marches quatre par quatre, jetant un regard circulaire à la pièce, avant de s'attarder sur l'Arche.
Son cœur manqua un battement.
"Draco !" S'écria-t-il en apercevant le blond au sol, face contre terre.
Il courut vers lui et s'agenouilla, posant une main sur chaque épaule de l'homme inanimé. Même dans la pénombre, il pouvait voir que la peau du blond était d'une blancheur morbide. Harry le retourna, sentant ses entrailles se liquéfier.
"Non, non, non..." Murmura-t-il en dégageant le visage blême des mèches qui le recouvraient. "Ne me fais pas ça."
Il posa deux doigts tremblants sous la mâchoire du blond, juste en dessous de l'oreille et attendit un moment avant de laisser échapper un gémissement de soulagement en sentant son pouls battre faiblement.
Harry prit le bras gauche du blond et le passa derrière sa tête afin de le hisser sur son épaule. À nouveau, son corps poussa une plainte qu'il ignora et il commença à avancer vers les escaliers. Le poids lourd que représentait Draco le faisait avancer lentement et, après avoir fait quelques pas, il se rendit compte qu'il avançait avec beaucoup trop de peine. Ce n'était pas normal, il avait déjà porté quelqu'un d'inconscient et n'avait jamais connu de soucis particulier. Il avait comme la sensation qu'une force invisible le retenait, l'empêchant d'avancer.
Soudain, il entendit des chuchotements derrière lui et se figea. Il avait déjà entendu ces voix des années auparavant, mais il avait été le seul à les entendre et pensait les avoir imaginés. Cette fois-ci pourtant, il n'y avait aucun doute, les voix étaient plus fortes, plus proches. Il continua d'avancer, tentant de se défaire de cette force, lorsque soudain, il sentit quelque chose lui saisir les épaules et les jambes.
D'un geste fluide, il sortit sa baguette de sa poche et la pointa derrière lui.
"Relachio !" Cria-t-il et, aussitôt, il se sentit basculer en avant, libéré.
Il tituba avant de reprendre son équilibre et, d'un pas lourd mais plus rapide, commença l'ascension des escaliers. Quelque part derrière lui, il entendit une voix lointaine murmurer des paroles qu'il ne comprit pas. Il ne se retourna pas.
Il se sentait flotter dans un liquide chaud et confortable. Il avait l'impression d'être plongé dans un bain chaud, ses muscles se détendant sous la chaleur agréable. Où était-il ? Était-ce un rêve ? Il ne se souvenait pas s'être endormi et, ces dernières semaines, aucun de ses rêves n'avait été aussi plaisant.
À peine eut-il eu cette pensée qu'il se sentit tomber, comme si quelqu'un avait percé la bulle dans laquelle il avait nagé jusqu'à présent. Il tenta de crier mais aucun son ne sortit de sa bouche et il tendit les bras pour essayer de se rattraper à quelque chose, n'importe quoi. Mais ses doigts ne se refermèrent sur rien de solide et il continua sa descente.
Après plusieurs minutes de chute, il sentit ses pieds toucher le sol et tituba sous la force de l'impact. Normalement, il serait tombé au sol et aurait sans doute été blessé, mais il se redressa sans problème et ouvrit les yeux. Autour de lui, tout était d'un blanc lumineux et ses yeux ne discernèrent aucun horizon, aucune forme, comme si quelqu'un avait oublié de dessiner le paysage. Aucun ciel ni sol n'était visible et il ne savait pas s'il était dans un espace très petit ou très grand.
À nouveau, il jeta un regard circulaire autour de lui et, cette fois-ci, aperçut quelque chose au loin. Il commença à marcher vers cette silhouette, remarquant l'étrange bruit de ses pas. Il tenta de baisser la tête mais n'y parvint pas. Il continua donc de marcher vers sa seule source d'espoir.
"Si on décide de se mettre au niveau de la tour nord, nous n'aurons pas une bonne vue d'ensemble, je pense que l'on devrait se mettre au niveau du stade de Quidditch pour pouvoir…eh Harry, tu m'écoutes ?"
Harry était assis sur l'un des fauteuils présents dans le bureau de Minerva McGonagall, les yeux hagards. Il ne pouvait s'empêcher de repenser aux événements de la veille. Après être sorti du Département des Mystères, il avait couru vers l'infirmerie, tenant Draco dans ses bras. Les Médicomages avaient pris le relais, lui assurant que le blond devait souffrir de surmenage et qu'il était normal que son corps ne puisse plus suivre le rythme de son travail et de ses nuits de garde.
Cependant, Harry ne pouvait sortir de ses pensées ce qu'il s'était passé dans la salle de l'Arche, de ces voix qu'il avait entendu alors qu'il tentait de porter le blond. Il pouvait presque sentir encore cette force invisible qui avait freiné son avancée, comme si quelqu'un avait voulu le retenir.
À cette pensée, il sentit un frisson lui traverser l'échine et il passa une main nerveuse sur son visage. Que s'était-il passé là-bas ? La dernière fois qu'il avait entendu des voix, l'Arche lui avait arraché Sirius. À nouveau, il revit le corps inerte du blond et ferma les yeux pour bloquer ces images. Était-il arrivé trop tard ? Le blond souffrait-il de séquelles irréversibles ?
"Potter !"
Il sursauta violemment et se tourna vers la personne qui venait de crier son nom. Minerva McGonagall l'observait de son regard sévère et calculateur. Elle était assise derrière l'ancien bureau de Dumbledore et rajusta ses lunettes sur son nez avant de reprendre.
"Est-ce que vous nous écoutez ? Vous semblez ailleurs."
"Désolé." Répondit-il en se redressant.
À sa droite, Ron le regardait l'air inquiet puis, se tournant vers la directrice, il reprit.
"Nous sommes un peu en alerte car l'un de nos collègues a des soucis de santé."
McGonagall leva un sourcil interrogateur.
"Un collègue ? Je pensais que votre autre collègue était Londubat et, si ma vue ne me trompe pas, je l'ai aperçu aux côtés du professeur Chourave."
"Il s'agit de Draco Malfoy." Répondit Ron. "Il est dans notre équipe en tant que Guérisseur."
McGonagall observa longuement les deux Aurors avant de reporter son regard sur ses notes. Harry aperçut le coin de ses lèvres former un sourire indiscernable et le brun en comprit aussitôt la raison. La directrice devait penser qu'ils avaient parcouru un long chemin en acceptant le blond au point de s'inquiéter pour lui. Elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'il pouvait ressentir, de la peur atroce qui lui rongeait les entrailles. Il se demanda soudain ce qu'elle penserait de sa relation avec le blond.
"Je suis d'accord avec Ron." Reprit-il, voulant changer de sujet. "Lui et Neville seraient mieux au niveau du terrain de Quidditch. Il nous faut une bonne vue d'ensemble pour assurer la sécurité des élèves. Je resterai ici afin de surveiller l'entrée. Mais nous ne pourrons pas voir ce qu'il se passe à l'intérieur, où en est-on à ce sujet ?"
"Hagrid ainsi que plusieurs professeurs seront mobilisés." Répondit McGonagall.
Harry acquiesça et tous les trois se levèrent. Après un dernier regard vers Harry, Ron sortit de la pièce accompagné de la directrice et Harry vint prendre place à la fenêtre donnant sur l'extérieur. Il prit une profonde inspiration pour chasser tous ses doutes et ses inquiétudes. Il devait être concentré et alerte. Au bout de quelques minutes, il vit en contrebas le roux et la directrice traverser l'herbe fraîche, Ron vers le terrain de Quidditch, McGonagall vers l'estrade qui avait été installée près de la hutte d'Hagrid.
Une fois la directrice installée, une voix s'éleva, amplifiée magiquement, si bien qu'il l'entendit comme s'il était lui-même en bas.
"Bonjour à tous et bienvenu à la troisième et dernière étape du Tournoi des Trois Sorciers !"
Un tonnerre d'applaudissements accueillit cette annonce et Harry ne put s'empêcher de sourire. Lee Jordan savait vraiment s'y prendre avec la foule.
Harry avait demandé à ne pas être installé avec le jury, prétextant des mesures de sécurité accrues. En réalité, il y avait une toute autre raison à sa demande, et elle se trouvait derrière lui.
"Le jardin nord est envahi de spectateurs." Dit-il en observant la foule. "Je suis sûr que cette vue vous plairait."
Après quelques secondes de silence, il entendit un petit rire émaner du portait à sa droite. Il détacha son regard des gradins pour croiser celui d'Albus Dumbledore.
"En effet." Lui répondit l'ancien directeur. "J'aurais bien aimé participer à un tel rassemblement, mais je suis ravie que Minerva soit à ma place."
"Elle n'a pas l'air aussi ravie que vous."
À nouveau, Dumbledore se mit à rire et ses yeux, bien que peints, brillèrent d'une lueur amusée.
"Oui, Minerva et moi n'avons pas la même approche de ce genre d'événements."
Harry reporta son regard vers le bas, portant à ses yeux sa paire de Multiplettes. Il observa un groupe de jeunes Serdaigles courant vers les gradins afin de ne pas manquer le début de la tâche.
"Je suppose que tu es là pour une raison ?" Entendit-il près de lui et il détourna à nouveau son regard.
Dumbledore l'observait de son regard perçant et, pendant un instant, Harry se revit enfant, intimidé par un tel regard. Dumbledore avait ce don de le faire se sentir complètement transparent, comme un livre ouvert. Il avait toujours semblé savoir ce qu'il se passait dans l'enceinte de l'école, même lorsqu'il n'y était pas. Enfant, Harry avait été intimidé par ce regard, cette fois-ci, il ne détourna pas le sien.
"Vous semblez savoir pourquoi je suis là." Répondit-il d'un ton neutre.
Dumbledore continuait à lui sourire, mais il vit quelque chose se durcir dans son regard et il mit quelques secondes à répondre.
"J'ai une petite idée sur la question et je pense ne pas me tromper."
Harry acquiesça, son expression neutre.
"Je vous écoute."
À nouveau, Dumbledore resta silencieux un moment avant de répondre. Au dehors, Harry entendit Jordan présenter les champions. Le coup d'envoi serait bientôt donné.
"Et bien, cela me semble évident." Répondit Dumbledore. "Tu veux savoir si c'est moi qui ais enlevé Norman Petish il y a 16 ans."
Après une longue marche, il s'arrêta enfin. Combien de temps s'était écoulé depuis qu'il avait ouvert les yeux ? Il ne semblait plus avoir de notion de temps, ou peut-être était-ce lié à cet endroit. Il porta son regard sur la porte qui se tenait devant lui et dont il avait aperçut la silhouette plus tôt. Elle n'était attachée à rien et semblait tenir toute seule.
Il hésita. Qu'allait-il trouver derrière ? Était-ce un piège ? Il se retourna pour jeter un dernier regard autour de lui mais ne vit rien d'autre que la porte qui lui faisait face.
Rassemblant son courage, il voulut lever une main pour la poser sur la poignée, mais son corps ne lui répondit pas. Il tenta à nouveau de baisser la tête mais n'y parvint pas.
Soudain, sans qu'il n'ait fait le moindre geste, la porte s'ouvrit. Il entendit un long grincement alors que le bois craquait légèrement, puis le mouvement s'arrêta. Il attendit quelques instants pour s'assurer que rien n'allait sortir ou l'attaquer puis, prenant une profonde inspiration, il fit un pas en avant. Aussitôt, la porte se referma derrière lui et il fut plongé dans le noir.
"Mesdames et Messieurs, nous allons commencer la troisième et dernière tâche de ce tournoi ! Le principe de cette tâche est simple : chaque champion doit entrer dans la Forêt Interdite pour y chercher un animal portant à son cou un objet spécifique. Cet objet est décrit dans le parchemin que les champions ont récupéré dans les coffres déterrés lors de la Seconde tâche. Le premier à trouver son objet et à sortir de la forêt pour toucher la coupe se trouvant à l'entrée sera déclaré vainqueur !"
Un tonnerre d'applaudissements et de cris d'encouragement s'éleva des gradins. Mais Harry avait le regard ancré dans celui de Dumbledore.
"Alors ?" Demanda-t-il. "Est-ce que c'était vous ?"
Dumbledore l'observa un moment et Harry se demanda s'il n'allait pas refuser de répondre. Néanmoins, tout en gardant un air sérieux, Dumbledore lui adressa un léger sourire, devinant sans doute ses pensées.
"Tout d'abord, j'aimerais te poser une question." Répondit Dumbledore. " Comment en es-tu arrivé à cette conclusion ?"
Harry hésita un instant avant de répondre.
"Petish m'a dit que quelqu'un l'avait retiré à sa famille et qu'il pensait que cela avait un lien avec leur activité maléfique. De plus, son père avait clairement en tête d'élever ses enfants dans un sentiment de haine et de revanche vis-à-vis du ministère russe. Donc la personne qui a enlevé Petish l'a fait pour le protéger, mais aussi pour affaiblir son père et ses plans. Pour cela, il aurait fallu être au courant de ses intentions passées et futures. Une personne avec assez de pouvoir pour aller jusqu'en Russie et en revenir avec un petit garçon, lui trouver une famille et lui assurer une carrière au sein du gouvernement, loin de l'influence de sa famille. Qui d'autre a un tel pouvoir à part vous ?"
Le brun se tut, attendant la réaction du directeur. Dumbledore l'observa longuement avant de lui sourire chaleureusement.
"Une analyse fine et précise. Je n'en attendais pas moins de toi, Harry."
"Est-elle correcte ?" Répondit Harry.
"Oui. Elle l'est."
Posant ses Multiplettes sur le rebord de la fenêtre, Harry se rapprocha du tableau de Dumbledore.
"Vous étiez au courant de ses plans ? Quels étaient-ils ? Pourquoi n'avoir rien dit ?" Demanda-t-il d'un ton pressant.
Dumbledore secoua la tête.
"J'ai bien peur de ne pas être aussi informé que tu le penses. J'en sais très peu sur les intentions d'Alexander Novak. Mais je pense que quelqu'un d'autre pourra mieux te renseigner."
Harry fronça les sourcils, intrigué.
"Qui pourrait être mieux informé que vous ?" Demanda-t-il, toute trace de froideur perdue.
"Moi." Répondit une voix traînante dans son dos et il fit volte-face.
Il était plongé dans le noir total, incapable de voir autour de lui. Il n'était certain que d'une chose, son environnement avait changé. Il pouvait sentir la terre sous ses pieds et l'odeur de feuilles mortes vient lui titiller les narines. Était-il dehors ? Si oui, où ? Quelque chose dans son incapacité à voir lui indiqua qu'il n'était pas encore sorti d'affaire.
Il ouvrit la bouche pour tenter d'appeler à l'aide, mais à nouveau, aucun son n'en sortit. Soudain, il sentit alors quelque chose vibrer sous la plante de ses pieds et il sursauta. Il y avait quelque chose sous terre. Il attendit un moment, à l'aguets, puis, comme si quelqu'un le lui avait ordonné, il tomba à genoux et se mit à creuser ce qui lui sembla être de la terre humide.
Harry se tourna vers le tableau qui se trouvait au-dessus de la porte d'entrée, dont l'occupant le regardait avec un mélange d'aversion et d'ennui.
"Bonjour Severus." Lui lança Harry.
"Je ne vous ai pas donné la permission d'être aussi familier, Potter !" Lui répondit sèchement Severus Snape.
Harry l'ignora.
"Qu'est-ce que vous savez sur le projet Mancipium Carnis ?" Demanda-t-il sans préambule.
Snape l'observa longuement, les sourcils froncés.
"Qui vous a parlé de ça ?"
"Petish, bien qu'il ne sache pas de quoi il s'agit. Mais je sais que cela doit être quelque chose d'affreux vu la réaction de Narcissa Malfoy à l'entente de ce nom."
"Narcissa ?" S'exclama Snape. "Que vous a-t-elle dit ?"
"Rien. Elle n'en savait pas plus que Petish. Elle savait juste qu'il s'agissait d'un plan impliquant Voldemort." Répondit-il, ignorant la réaction de Snape à l'entente du nom tabou. "Elle semblait aussi craindre pour la vie de son fils mais m'a dit que son mari en savait plus. Malheureusement, Lucius Malfoy a été renvoyé à Azkaban il y a plusieurs jours. Cela nous prendrait trop de temps de demander à le voir."
Un silence tendu suivit son explication. Snape semblait choisir ses mots.
"Le projet Mancipium Carnis n'implique pas le Mage Noir." Reprit Snape.
"Vraiment ? Pourtant Narcissa…"
"J'ai dit qu'il n'impliquait pas le Mage Noir." Le coupa Snape. "Il a été crée par lui. La famille Novak n'en était pas l'origine, mais le moyen."
Ce fut à Harry de froncer les sourcils. Derrière lui, au dehors, il entendait les cris d'encouragement des spectateurs et les commentaires flous de Jordan.
"Je ne comprends pas."
"Cela ne m'étonne guère." Répondit Snape. "Ce que je veux dire, c'est que le Mage Noir avait constitué un plan visant à lui assurer une victoire totale sur le gouvernement. Il voulait le mettre en place aussitôt après vous avoir tué et confirmé son pouvoir sur Poudlard. Sa défaite ce jour-là a mis fin au projet."
"Mais, cela n'a aucun sens." Répondit Harry en s'avançant. "Voldemort avait déjà le contrôle du Ministère, pourquoi avait-il besoin d'un autre plan ?"
"Le Mage Noir avait pris le contrôle du Ministère de la magie anglais." Lui répondit Snape, comme quelqu'un tentant d'expliquer un principe complexe à un enfant. "Le connaissant, croyez-vous qu'il comptait s'arrêter là ?"
Harry se figea, les yeux écarquillés.
"Voldemort voulait prendre le contrôle d'autres ministères ?" Balbutia-t-il.
Il n'avait jamais pensé que la soif de pouvoir de Voldemort le pousserait à vouloir diriger plus d'un pays. Pourtant, maintenant que Snape en parlait, il voyait à quel point ce plan ressemblait au Mage Noir. Évidemment qu'il en aurait voulu plus ! Après tout, n'avait-il pas eu de Mangemorts venant d'autres pays ? Le Bulgare Igor Karkaroff en était la preuve.
Snape acquiesça.
"Il comptait s'approprier les ministères irlandais et écossais. Avec la puissance de trois pays derrière lui, il aurait pu traverser la Manche et, après avoir fait tomber la France, s'attaquer à l'Europe. Il comptait se servir de ses alliés Russes et Bulgares pour prendre le continent en tenailles. C'était un plan qu'il avait confectionné avant sa première…défaite lorsque vous étiez enfant, et qu'il comptait mettre au point avant de périr."
"Mais…pourquoi n'avoir rien dit ?!" S'exclama Harry.
"Parce qu'il est mort." Répondit calmement Snape. "De plus, lui seul connaissait les détails de son plan…"
"Il n'était pas seul." Le coupa Harry. "Novak senior le savait et maintenant son fils est venu terminer le travail ! Et en quoi est-ce que cela touche Draco ? Pourquoi Narcissa était-elle terrorisée ?"
"Je ne sais pas. Le Mage Noir faisait toujours attention à ne pas divulguer l'ensemble d'un plan à la même personne. Nul doute que Lucius vous fournira le reste."
Ils devaient donc voir Lucius. Il avait tout misé sur Dumbledore, mais cela devenait inévitable. Ils devaient absolument savoir ce que Novak et Zabini avaient planifié. Harry enverrait une demande d'extradition aussitôt rentré au ministère. S'il y avait le moindre risque que l'état de Draco puisse empirer, il devait résoudre le problème au plus vite. Et pour cela, il avait besoin de toutes les pièces du puzzle.
Il retourna s'asseoir sur le rebord de la fenêtre, perdu dans ses pensées. Voldemort avait voulu utiliser l'Arche pour faire tomber les ministères de trois pays. Pour cela, il s'était allié au père de Petish, la seule personne à connaître l'utilité de l'Arche. Il avait pris soin de tenir secrète une partie de son plan pour en assurer le succès. Sentant le danger, Dumbledore avait décidé de séparer Petish du reste de sa famille pour le garder en Angleterre. Pourquoi ?
"Pourquoi avez-vous emmené Petish avec vous ?" Demanda-t-il au portrait. "Ce n'était pas lui qui constituait une menace, alors pourquoi lui ?"
Dumbledore l'observa un moment avant de baisser les yeux.
"J'ai bien peur que la réponse à cette question ne te plaise pas, Harry."
"Si cela peut me permettre de sauver des vies, je m'en fiche." Répliqua-t-il.
Il savait depuis longtemps de quoi Dumbledore était capable pour mener ses plans à bien. Il en avait vécu les conséquences pendant des années.
"J'ai emmené Petish avec moi pour le garder comme otage." Répondit Dumbledore, les yeux toujours baissés.
Harry fut brusquement sorti de ses pensées et releva la tête vers le tableau de l'ancien directeur.
"Vous avez utilisé un enfant de 10 ans comme otage ?"
"Tu dois comprendre que j'avais épuisé toutes mes ressources : négociation, plainte, menace, j'avais tout essayé. Alors j'ai pensé qu'en séparant le père de son fils, il oublierait ses idées de revanche pour le bien-être de sa famille."
"Ce ne fut pas le cas." Répondit Harry.
"En effet. La famille Novak a quelque chose de plus important que la famille : l'honneur. Pour eux, utiliser leur Arche pour venger leurs ancêtres était plus fort que tout. Alors j'ai décidé de placer Norman dans une famille qui lui donnerait l'amour dont il aurait manqué s'il était resté."
"Ce n'était pas à vous de faire ce choix."
"Je sais, mais je l'ai fait. À l'époque, j'étais convaincu que c'était le bon."
Harry s'apprêtait à lui répondre lorsqu'il entendit un tonnerre d'applaudissements venant d'en bas. Il s'avança à nouveau vers la fenêtre et porta ses Multiplettes à ses yeux. Il aperçut un jeune homme sortir de la forêt, une main posée sur un Sombral. À en juger par l'étrange façon dont il marchait, le champion ne semblait pas être capable de voir l'animal.
"C'est incroyable !" Entendit-il Lee crier. "Rupert Dickens, champion de Poudlard est le premier à sortir de la Forêt Interdite !"
Bien qu'amplifiée par magie, sa voix était presque noyée dans les applaudissements et les cris venant des gradins. Le public était en furie.
"Dickens s'avance lentement vers la coupe et… ATTENDEZ ! Voilà Miyako Kazaki, championne de l'école Mahokkou qui apparaît !"
En effet, une forme venait de jaillir de la forêt. La jeune femme étaient assise sur ce qui semblait être un tigre, qui courait à pleine vitesse vers la coupe. Sentant l'odeur du prédateur, le Sombral commença à s'affoler et Dickens tenta bien que mal de le calmer sans le voir. Par deux fois, il manqua l'animal en voulant lui caresser la tête.
"Les champions s'élancent vers la coupe et Kazaki se rapproche de son rival ! Et le champion français n'est toujours pas en vue. Quel suspense ! Qui sera le vainqueur ?!"
Le tigre arriva à hauteur du Sombral et tourna la tête pour lui administrer une violente morsure. Le Sombral poussa un cri terrifiant avant de s'enfuir en courant, faisant tomber Dickens au sol.
"Oooh!" S'écria Jordan. "Quelle férocité ! Est-ce que cet acte sera pénalisé par le jury ?!"
"Est-ce une bonne idée d'avoir intégré un tigre dans l'épreuve ?" Demanda Harry en se tournant vers Dumbledore. "Cela m'étonne, même venant d'Hagrid. Ou bien je me serais attendu à ce qu'il soit près de lui pour le maîtriser si besoin."
Il vit les sourcils de l'ancien directeur se froncer.
"Il n'y a pas de tigre dans la Forêt Interdite, Harry et aucun animal n'a été importé pour cette épreuve. Es-tu sûr d'avoir bien vu ?"
Perplexe, Harry reporta son regard sur les Multiplettes. Il vit Kazaki descendre du tigre pour se rapprocher de la coupe. Il n'y avait aucun doute sur l'animal, son pelage orangé zébré de noir.
"Non, il s'agit bien d'un tigre." Répondit-t-il, les yeux toujours fixés sur l'animal. "Peut-être est-ce une idée de…"
Il se figea soudainement alors qu'un souvenir lui revenait en tête. À cette idée, il sentit ses entrailles se remplir de glace. D'un geste rapide,il plongea une main dans sa poche intérieure pour en sortir un large parchemin qu'il déplia sur le rebord de la fenêtre. Il pointa sa baguette sur la surface usée qu'il tapota légèrement.
"Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises." Murmura-t-il.
Aussitôt, le parchemin se couvrit d'encre et la Carte du Maraudeur prit vie. Harry chercha des yeux la tour où se trouvait le bureau du directeur et aperçut une paire de pieds marquée Harry Potter. Harry chercha alors les noms qui se trouvaient à côté, passant au delà de la masse noire représentant la foule de spectateur jusqu'à ce qu'il trouve ce qu'il cherchait. Le brun sentit un frisson lui parcourir l'échine alors qu'il levait brusquement sa baguette en l'air, projetant une traînée d'étincelles rouges dans le ciel. Plusieurs spectateurs se retournèrent, mais ce n'était pas leur attention que le brun voulait attirer. C'était celle de Ron.
Alors qu'il tournait à nouveau les yeux vers l'endroit où se trouvait la coupe, il crut voir le temps s'arrêter. Le tigre s'était avancée vers la championne japonaise et, alors qu'elle se penchait en avant pour saluer sa directrice avant d'empoigner la coupe, ouvrit grand la gueule et l'agrippa par le cou. D'un geste brusque, il la leva en l'air et la rejeta plusieurs mètres plus loin.
Il y eut un moment de silence, pendant lequel ni la foule, ni même la nature ne semblèrent émettre un son. Puis, comme si quelqu'un avait donné un signal, des cris de terreur s'élevèrent des gradins. Les spectateurs se levèrent et commencèrent à fuir.
Harry agrippa son balai, qu'il avait posé contre le bureau de la directrice et s'élança par la fenêtre. Il positionna le manche entre ses jambes et, d'un geste fluide, décrivit un large arc dans le ciel avant d'être rejoint à mi-chemin par Ron.
"Qu'est-ce qu'il s'est passé ?!" Lui cria le roux en arrivant à sa hauteur. "Pourquoi le tigre s'est attaqué à la championne ?"
"Ce n'est pas un tigre !" Lui répondit Harry, les yeux rivés sur l'animal. "C'est Zabini !"
Il entendit le roux pousser un juron près de lui et les deux Aurors accélérèrent avant de se poser à quelques mètres de l'estrade. Le tigre avait agrippé la Japonaise par la jambe et la traînait au sol. Harry pointa sa baguette sur le tigre et un sort violet en sortit pour s'abattre sur l'animal, qui fut projeté en arrière, s'écrasant lourdement plus loin.
Il lui lança un nouveau sort pour tenter de l'immobiliser, mais ce dernier fut dévié par un jet orange venant tout droit de la forêt.
Harry et Ron prirent une position défensive et, quelques secondes plus tard, Alexander Novak apparut entre les arbres, s'avançant vers eux d'un pas triomphant.
Il avait l'impression de creuser depuis heures et sentait une vive douleur lui engourdir les mains. Plus il s'enfonçait dans la terre humide et plus il faisait froid autour de lui. Normalement, le temps qu'il avait passé dans la pénombre aurait dû permettre à ses yeux de s'accommoder, mais rien n'y faisait. Il avait beau ouvrir grand les yeux, il était incapable d'apercevoir la moindre forme, la moindre lumière. Tout ce qu'il avait pour le guider était la terre sous ses pieds.
Soudain, alors qu'il jetait une poignée de terre par-dessus son épaule, il entendit un bruit. Il arrêta de creuser et se figea, tendant l'oreille. Après quelques secondes de calme, il l'entendit à nouveau : une voix. Quelqu'un semblait l'appeler sous la terre, mais qui ?
Il ne pouvait plus revenir en arrière, tout ce qu'il lui restait à faire était d'avancer. Il reprit donc sa tâche avec ferveur. Il pouvait sentir des gouttes de sueur perler le long de son dos, mais n'y prêta pas attention.
Soudain, il sentit ses doigts entrer en contact avec quelque chose de dur et il se figea à nouveau. Il prit une profonde inspiration et posa la paume de sa main sur la surface solide, dont il reconnut aussitôt la texture. De la pierre. Il allait reprendre sa tâche lorsque, brusquement, après avoir cligné des yeux, il aperçut ses mains devant lui. Ce fut comme si quelqu'un avait tiré un large rideau de devant ses yeux, lui rendant enfin la vue. Il cligna plusieurs fois des yeux, ébloui par la faible lumière, avant de baisser la tête.
Un cri d'horreur lui échappa.
Il avait imaginé que son corps, soumis à tant d'efforts, était couvert de sueur. Il avait tort. Il ne s'agissait pas de sueur. Il était couvert de sang.
Ses mains étaient posées sur une dalle en pierre engravée de signes qu'il ne reconnut pas. Une grande partie de la dalle étaient encore couverte de terre, néanmoins, il put apercevoir une inscription qui lui sembla être du Latin.
"Mancipium Carnis." Murmura-t-il et il fut surpris d'entendre enfin sa voix.
À peine eut-il lu cette inscription qu'il entendit à nouveau un chuchotement. Cette fois-ci, la voix venait de plus près et il baissa les yeux vers le centre de la dalle, où se trouvait une ouverture en forme de cercle. Soudain, alors qu'il s'approchait pour mieux l'examiner, la dalle se fendit en deux dans un terrible grondement et il sursauta. Une lumière éblouissante jaillit de la large fissure et il eut à peine le temps de voir quelque chose fondre sur lui. Une forme translucide ayant l'apparence d'un corps humain dépecé s'avança vers lui à grande vitesse, ses muscles à nu et ses yeux jaunes brillant dans la pénombre.
Lorsque la forme entra en contact avec sa peau, il sentit une douleur intense au niveau de son torse et se cambra, poussant un hurlement de douleur. Son cri trouva écho dans la forme qui semblait se frayer un chemin entre ses côtes, écartant chair et os. Après quelques secondes, qui lui parurent une éternité, il sentit la forme lui percer le dos et deux pieds vinrent prendre appui sur ses épaules pour se propulser en l'air, hors du trou qu'il avait creusé.
Il se sentit tomber en avant et, alors que son corps s'écrasait sur la pierre froide, une voix cruelle et rauque retentit dans sa tête.
"Ma tombe sera leur tombe. Ma souffrance sera leur souffrance. Je m'emparerai de leur chair, et leur corps sera mon corps."
Harry et Ron avaient réussi à s'interposer entre l'estrade du jury et les agresseurs. Zabini avait repris sa forme humaine et pointait sa baguette sur Ron. Novak tenait Harry en joue.
Sans laisser au blond le temps d'attaquer, Harry se jeta en avant, baguette pointée devant lui. Un jet violet en jaillit pour foncer sur le blond, qui se protégea derrière un mur de terre. Harry reprit l'attaque, ne lui laissant aucun répit et il fut satisfait de voir Ron en faire de même un peu plus loin. En gardant sur eux l'attention des deux criminels, ils permettaient aux spectateurs de s'échapper. L'absence de Neville lui indiquait qu'il s'occupait sans doute de l'évacuation en attendant de pouvoir les rejoindre.
Le brun pouvait encore entendre des cris dans son dos lui indiquant qu'il y avait encore beaucoup de spectateurs près d'eux. Il s'élança donc vers Novak, qui lui lança un jet noir en représailles. Le sort lui frôla l'oreille droite et il entendit un cri derrière lui. Il se tourna à temps pour voir le champion de Poudlard s'effondrer au sol, une fontaine de sang jaillissant de sa nuque.
"Qu'est-ce que vous faites là ?!" Lui cria Harry alors que le blond s'abritait derrière un arbre. "Que venez-vous faire à Poudlard ?"
"Tu n'as pas encore deviné ?" Demanda Novak en laissant apparaître son bras, le temps de lui lancer un second sort noir.
Harry se jeta au sol, roula sur le côté et se releva aussitôt, prenant appui sur un coin de l'estrade. Il leva la tête pour s'assurer que les jurys s'étaient sauvés, puis se tourna à nouveau vers Novak.
"Il n'y a rien pour vous ici ! L'Arche se trouve au ministère !"
Le silence qui suivit ainsi que l'absence de sorts lancés dans sa direction lui indiquèrent que le blond ne s'était pas attendu à ce qu'il soit au courant. Finalement, Novak sortit de sa cachette et Harry le vit passer une main sur sa cicatrice.
"Qu'est-ce que Nicolaï vous a dit ?" Demanda-t-il d'une voix colérique.
"Tout." Mentit Harry. "Nous savons que vous voulez utiliser l'Arche, mais elle est au sein même du ministère, comme tu le sais. Vous n'avez aucune chance de vous en approcher."
Novak leva sa baguette et visa à nouveau Harry avec un sortilège qui s'écrasa au sol. Aussitôt, un flash de lumière l'aveugla et il leva un bras pour se protéger les yeux. Par réflexe, il fit apparaître une bulle protectrice autour de lui et vit un jet noir s'y écraser, éclatant en paillettes sombres.
Lorsque sa vue fut complètement rétablie, Harry se rendit compte que Novak et Zabini étaient dos à dos, chacun faisant face à son adversaire. Il vit le blond porter une à sa poche intérieure et se prépara à se défendre. Mais ce qu'il en sortit le fit sourire.
"Inutile d'essayer de m'attaquer avec ça." Lança-t-il au blond. "Cette baguette m'appartient !"
Novak observa la Baguette de Sureau un instant avant d'adresser au brun un sourire froid.
"Qui a dit que c'est moi qui comptais l'utiliser ?" Répondit-il.
Soudain, Harry entendit des bruits de pas sourds dans son dos et fit violement volte-face. Une silhouette s'avançait vers lui d'un pas lent et assuré, sa longue cape blanche caressant l'herbe fraiche, ses cheveux légèrement ébouriffés par le vent.
"Qu'est-ce que tu fais là ?!" S'écria Harry en courant vers lui. "Draco, tu ne devrais pas être là !"
Mais qu'est-ce qu'il lui prenait ? Il aurait dû de trouver à l'infirmerie pour se reposer. Qui l'avait laissé sortir ? Se sentait-il mieux ? Assez bien pour venir les aider ? Il en doutait. Même de loin, il semblait pâle et sa démarche était trop rigide.
Il arriva à hauteur du blond et ralentit.
"Draco, est-ce que ça…"
Le reste de sa phrase se coinça dans sa gorge alors que ses yeux se posaient sur le visage du blond. La peau de son visage était fripée, comme s'il était resté trop longtemps dans un bain d'eau chaude et de larges veines bleutées zébraient ses tempes et son front. Mais ce qui choqua le brun, ce qui le fit se figer d'horreur, fut le regard de Draco, dont les yeux avaient pris une couleur jaune vif.
Le blond passa près de lui sans lui lancer le moindre regard et Harry resta immobile pendant plusieurs secondes. Néanmoins, lorsqu'il vit Draco s'avancer vers l'endroit où se trouvaient Zabini et Novak, il sentit une décharge électrique lui parcourir le corps, et il s'élança après lui.
"Draco ! Non ! Pas par…"
À nouveau, il ne put finir sa phrase, car il se sentit percuter une barrière invisible qui le propulsa en arrière. Il s'écrasa violement à terre et sentit sa tête cogner lourdement contre le sol. Une multitude de points blancs apparurent devant ses yeux alors qu'il poussait un grognement de douleur, mais il se força à se relever. Du coin de l'œil, il vit Ron en faire de même, projeté également à terre en tentant d'approcher le blond.
"Draco !" Cria-t-il au blond, que ce dernier arrivait à présent près des deux meurtriers.
Que lui arrivait-il ? Était-il sous l'emprise d'un sort ?
Il vit Novak s'approcher de Draco et sentit ses entrailles se remplir de plomb. Il était impuissant, incapable de protéger l'homme qu'il aimait. Allait-il devoir le regarder souffrir ? Mourir ?
Cependant, à sa grande surprise, Novak ne pointa pas sa baguette sur Draco. Il attendit d'être face à lui pour lui faire un signe respectueux de la tête, puis, d'un geste lent, presque religieux, il lui présenta la Baguette de Sureau.
Draco en agrippa le manche et examina le bois de la baguette avant de se tourner vers Harry, qui l'observait avec incrédulité.
"Draco ! C'est un piège ! Mets-toi à l'abri !"
Draco l'observa de ses yeux jaunes sans qu'aucune expression ne traverse son visage. Puis, toujours les yeux rivés sur lui, fit signe à Novak de s'approcher. L'immense criminel se pencha vers lui et Harry put entendre distinctement les mots que Draco prononça.
"Tue le roux, je me charge de celui-ci."
Harry sentit ses yeux s'écarquiller alors que son cerveau enregistrait la teneur de ses propos. À nouveau, Novak fit un signe révérencieux de la tête et répondit de sa voix rauque.
"Oui, Père."
Puis, avant que le brun ne puisse faire le moindre geste, Draco pointa la Baguette de Sureau, non pas sur lui, mais en l'air et prononça deux mots, une incantation qui retentit dans toute la cour du château.
"Mancipium…Carnis !"
A suivre
Voilà voilà ! Nous entrons enfin dans la dernière ligne droite ! Tous les axes déroulés dans cette histoire vont se rejoindre. Quel était le plan de Voldemort ? Quelle est le pouvoir de Mancipium Carnis ? Et surtout, qu'est-il arrivé à Draco ?
La réponse au prochain chapitre !
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