Titre : Psychanalyse de la vie courante.
Auteur : Damoiselle A.
Correctrice : Lily
Résumé : Bella a vingt huit ans. Galeriste, sa vie personnelle est une succession d'échecs quand sa vie professionnelle est en plein essor. Constatant un problème, elle décide de tout faire pour y remédier… JW/BS AH
NDA : Bonjour à tous !
Bienvenue dans le chapitre 14 de cette histoire ! Merci encore à toutes pour votre soutien - vos commentaires sont vraiment une récompense ! J'espère que ce chapitre vous plaira !
RAR :
Alex16 : Rester inoffensive ? Charlotte ? Est-ce que ce serait drôle si je disais oui ? xD
Anne : Désolée pour la taille des chapitres Pour ma défense c'est ce qui me permet de poster plusieurs fois par semaine, relativement régulièrement. Pour moi c'est très agréable car 1500 mots, je peux les écrire d'une traite, en une journée. Ma correctrice relit dans des délais exceptionnels et de fait je peux publier. Faire plus long est plus compliqué sur cette histoire mais j'ai réussi à le faire sur une autre : Jazz et moi. Les chapitres sont plus longs (mais du coup les posts sont plus longs aussi).
« Lorsque je me laisse aller à être ce que je suis, je deviens ce que je pourrais être. »
Lao Tzu
Lundi 19 octobre 2015 – New York City
Je soufflai sur une mèche de cheveux pour qu'elle s'éloigne de mon champ de vision. Entièrement concentrée sur mes découpages, je voulais terminer la toile d'Edward. Sa robe était un patchwork de tissus, cousus ou collés à même la toile.
La sonnerie de mon téléphone me fit sursauter. Je posai les ciseaux et décrochai en souriant.
- Jasper ?
- Oui, ma belle, répondit-il avec un sourire. Comment vas-tu ?
- Bien, merci et toi ?
- J'irais mieux si tu acceptais de manger avec moi ce soir, me proposa-t-il joueur.
Je pris une demi-seconde de réflexion en observant mon atelier en pagaille.
- C'est d'accord, acceptai-je avec un grand sourire. Quelle heure ?
- Je passe te chercher à la galerie, ça te va ?
- Oui, bien sûr, je ferme vers 19h30. Tu as une idée précise ?
- En effet, miss Swan. Toi, moi, un poulet marsala, un canapé et un délicieux massage…
Je gémis au téléphone.
- Ca a l'air parfait.
- J'en suis content. À ce soir alors ?
- À ce soir.
Je raccrochai tandis que mon sourire faisait plusieurs fois le tour de mon visage. Je mis une musique, pris un marqueur et commençai à écrire sur mon mur-journal éphémère. Dans quelques temps il faudrait repeindre les murs pour pouvoir continuer. J'y notai deux phrases anodines, une espèce de chanson d'amour qui me tournait dans la tête.
Je finis par me relever et nettoyer mon atelier, conservant précieusement mes bouts de tissu dans une enveloppe. J'optai pour une douche rapide avant de partir travailler. Je mis une musique de fond et en chantant je me souvins du merveilleux weekend passé avec Jasper.
Après ses confidences sur l'oreiller, nous avions dormi une bonne partie de la nuit. Je m'étais réveillée à cinq heures du matin et m'étais faufilée le plus discrètement possible hors du lit pour aller travailler. Je savais pertinemment que je ne me rendormirais pas. C'était sans compter l'ouïe extrêmement fine de Jasper. Il m'avait attrapée dans ses bras avant que j'ai pu mettre un orteil hors des draps. J'avais éclaté de rire et on s'était bagarrés pendant quelques minutes. Il réussit à me coincer sous lui et commença à déposer de minuscules baisers sur mon visage. Son geste aurait pu me faire mourir de frustration mais au moment où j'allais protester, il m'avait embrassée.
Je n'avais rien connu de mieux que les baisers de Jasper. Doux, tendre, passionné, pressant, gentil, taquin… Il réussissait le tour de force de me faire passer son sentiment du moment en appliquant ses lèvres sur les miennes. Je n'aimais rien tant que me lover contre lui, dans sa chaleur, dans son cou.
On ne s'était encore rien avoué de vraiment clair. Je n'aurais su dire ce qu'il était vraiment pour moi. On dormait ensemble mais on ne faisait pas encore l'amour – sur ma demande, j'en avais conscience mais je commençais à me demander s'il était normal que Jasper soit si respectueux de ma requête. Un peu de séduction n'aurait pas été mal vu.
La seule chose certaine, c'était cette complicité qui émergeait entre nous. À cinq heures du matin, parfaitement réveillés, nous avions choisi de régresser vers notre adolescence et de jouer au jeu des vingt questions.
- Ton premier baiser ?
- Jane Fater, j'avais dix ans. Je m'étais juré de ne plus recommencer. Ta couleur préférée ?
- Bleu-gris. Un moment gênant dans ta vie ?
- Quand Rose m'a surpris en train d'embrasser ma nouvelle petite amie à quinze ans et qu'elle a décidé de me faire payer mes cachotteries en m'expliquant pendant des heures comment il fallait embrasser une fille.
Sa grimace de dégoût me fit rire.
- L'un des meilleurs moments que tu as vécu ?
- Maintenant, soufflai-je en cherchant son contact.
Son sourire illumina toute la chambre.
Je passai la porte de la galerie en milieu de matinée, souriant à quelques visiteurs intéressés. Je me dirigeai vers le bureau laissant Angela diriger la vente comme elle savait si bien le faire. Depuis que je préparais l'exposition des jeunes talents, j'avais dû alléger mes heures de travail à la galerie. Heureusement Angela avait accepté d'en faire un peu plus pour me décharger pendant les quelques mois que durerait ma production.
En entrant dans le bureau, je me dirigeai vers la machine à fax. Un papier d'Eleazar m'attendait dans la corbeille. Lapidaire, il m'indiquait juste qu'il passerait avant déjeuner pour discuter du titre de mon exposition avec moi.
Je soufflai, allumai l'ordinateur et commençai à gérer le courant : les commandes en souffrance, les bons de livraison, les certificats d'authenticité à obtenir, la dernière comptabilité qu'on nous avait envoyée. Plongée dans les papiers, il me sembla que cela ne faisait que quelques minutes que j'étais installée lorsqu'Angela revint tout sourire.
- Alors comment vas-tu ? Me demanda-t-elle en me sondant.
- Bien, je te remercie. Et toi ?
- Ca va, j'ai réussi à vendre une toile à un couple japonais. Ils passeront la prendre d'ici la fin de la semaine pour l'emmener.
- Super Angie, beau travail, souris-je en détachant mon regard de l'ordinateur. Un café pour fêter ça ?
- Volontiers ! Accepta-t-elle en tendant la main vers un gobelet près de la machine. Comment se passe l'organisation de l'expo Sherman ?
- C'est une vraie galère, soupirai-je en ajoutant un sucre. On essaie d'élaborer un parcours pour que le visiteur puisse se repérer mais il y a tellement de choses différentes qu'à part un parcours chronologique je ne vois pas ce qui pourrait marcher.
- Vous en avez parlé avec elle ?
- Oui, et elle cherche de son côté. Le problème c'est qu'il va falloir bientôt commander les cimaises et les accessoires pour la scéno et qu'on a rien pour le moment.
- Tu vas trouver, me rassura Angie en souriant, tu trouves toujours. Et tu en es où pour ton expo ?
- Ca avance, doucement mais sûrement. J'ai quelques toiles terminées et j'envisage de réaliser une installation.
- Quelqu'un de spécial à mettre en valeur ? S'enquit-elle taquine.
- Le premier homme de ma vie, souris-je, mon père. Enfin j'ai également commencé à établir un scéno, pas vraiment chronologique pour le moment… Mais je me demande…
- Si ce ne serait pas plus pertinent de la faire chronologiquement ? Me coupa la voix chaleureuse d'Eleazar. Nous avons le même questionnement.
Je souris à mon mécène. Il m'embrassa, un sourire dans les yeux avant de saluer Angela.
- Je t'emmène déjeuner, il faut que nous parlions.
Le mal de tête avait vaincu. La journée avait été chargée et j'étais heureuse de pouvoir faire les dernières vérifications d'usage avant de fermer la galerie. Il était près de 19h30, Angie et Mike étaient partis, Jasper m'avait appelée pour me dire qu'il arrivait.
En abaissant le rideau de la devanture, je soupirai sous l'effort. Le déjeuner d'Éléazar était un piège en deux temps : voir si je me nourrissais correctement de ses propres yeux et me mitonner sur mon exposition et ma façon de la voir. J'avais dû argumenter chaque décision sous son regard critique. Il avait finalement validé la plupart de mes hypothèses de travail mais en avait mis une en ballotage : mon titre. Je m'interrogeais depuis sur sa pertinence, me faisant des nœuds au cerveau.
Jasper me sortit de mes pensées en me rejoignant dans le bureau. Il tapa deux fois contre le montant de la porte avant de me sourire.
- Ton massage est la seule chose qui m'ait fait tenir tout le long de cette journée, avouai-je en me pelotonnant dans ses bras.
- Tu as fini ?
- Oui, l'alarme à mettre et nous pouvons y aller.
Je me glissai sous son bras tandis qu'il embrassait mon front. Je pianotai sur le tableau de l'entrée pour placer l'alarme et nous nous retrouvâmes dans la rue. Nous allions partir quand j'entendis :
- Bella !
Je me retournai et vis une forme dans l'ombre. La forme se précisa. Une silhouette menue et en larmes apparut.
- Alice ?
... Je sais... Parfois je suis méchante et en ce moment c'est souvent. Mais en m'en voulez pas, le chapitre s'y prêtait... Et puis le chap 15 est à la correction =°3
Alors qu'en avez vous pensé ? Tout semblait se mettre en place dans ce chapitre... Jasper... Bella... Leur relation... A votre avis que veut Alice ?
Pleins de bisous et à bientôt !
Petit instant pub
En plus là je fais de la pub pour moi même c'est terrible Juste pour vous dire que j'ai publié une nouvelle histoire, Jazz et moi, que vous pourrez trouver sur mon profil. La Colocation, une autre de mes histoires, a déjà gagné deux bonus et Vers la douceur n'a jamais été aussi proche d'être terminé...
J'en profite pour remercier mes correctrices qui sont vraiment des personnes formidables et qui malgré des absences longues restent toujours présentes et actives dans les moments d'écriture comme ceux ci. Merci à vous aussi, lectrices, d'être au rendez vous malgré des temps de publication parfois longs. Je vous aime 3
