Saroura : Tu as tout à fait raison; la jalousie est un vilain défaut.
Oui, parfois ça l'est^^
Shima : C'est pas bien de tenir ses promesses sur les mises à jour lol. J'espère que tu aimeras ce chapitre.
J'ai trouvé que Merlin pouponnant Arthur était mignon... et drôle. XD
Caella : Bienvenue ! J'espère que tu aimeras la suite^^
Contente que tu aies apprécié.
Dame Angelique Malfoy: Le prénom, c'est celui de la Marquise des Anges, je me trompe ?
La tirade d'Arthur était drôle à écrire. Il était temps qu'il prenne la parole.
Sat1 : Roh, c'est pas gentil... Je plaisante. Moi aussi j'ai bien aimé les voir souffrir *evil laugh*
Hehe, j'étais désolée pour notre pauvre prince XD
Je signale à tous mes aimables reviewers que je traduis vos reviews à Alaia chaque semaine. Merci de ne pas me compliquer la tâche en employant des mots compliqués ou des mots d'argots, mon dictionnaire ne connaît pas l'argot ! Lol (Aiedail, ça vaut aussi pour ta référence à la chanson de Gainsbourg il y a quelques reviews, comment je fais comprendre ça à Alaia moi ? lol)
Disclaimer: Pas plus qu'il y a une semaine.
~(-)~
Chapitre 13: Pas de Remède Contre la Grippe ~Partie 3~
Des voix et des doutes s'étaient élevés tout autour de la longue table, les diverses personnes assises là cherchant toutes à faire valoir leur point de vue au roi.
Uther faisait de son mieux pour avoir l'air digne, en dépit de ses éternuements réguliers et du fait qu'il devait constamment garder à la main un des mouchoirs que Gaius lui avait donnés. Au moins il n'était pas le seul présent à la réunion à souffrir du virus. Tous les autres l'avaient également, ou bien s'en remettaient, tout le monde sauf Morgane qui faisait partie des rares à ne pas l'avoir du tout.
Ses yeux étaient sombres alors qu'elle le regardait, maussade et frustrée. Elle n'avait rien dit durant la réunion, mais par sa présence et son expression elle montrait clairement qu'elle était d'accord avec les autres notables assemblés.
Uther retint un soupir, tandis que les mêmes arguments contre les nouveaux privilèges de Merlin étaient élevés pour la troisième fois. Cette réunion durait depuis déjà presque une heure, et bien qu'il reste encore beaucoup de temps avant que Gaius ne vienne, il était las des faibles et insupportables raisons imaginées par les nobles.
Sa voix ferme résonna dans la pièce, tous les autres se taisant tandis que les yeux se tournaient vers lui.
« J'ai écouté vos doutes pendant une heure, et je vais maintenant vous dire en quoi ils sont infondés. Bien qu'il soit vrai que Merlin a été accusé de magie plusieurs fois, ainsi que d'autres choses, à chaque fois il s'est ensuite avéré qu'il était finalement innocent. Il a sauvé la vie de mon fils à plusieurs reprises, et a failli mourir pour lui plusieurs fois également, en plus du fait que j'ai réalisé que sa position en tant que serviteur d'Arthur lui permet souvent de remarquer des détails qui échappent aux autres. »
L'un des nobles prit la parole, bien que manifestement nerveux à l'idée d'interrompre le roi.
« Mais, Sire...
- Assez ! »
Chacun broncha sous le ton d'Uther et devant le coup de poing qu'il donna sur la table.
« Bien que nous soyons restés aveugles aux conspirations de nos ennemis, il n'a jamais cessé de voir chaque nouvel arrivant avec suspicion, qu'ils soient supposés être ou non nos alliés. Pour cette raison, il a souvent vu ce qui nous échappait, et en retour a été accusé à plusieurs reprises par les ennemis de Camelot cherchant à se débarrasser de lui pour cette même raison. Gaius, qui a également été accusé dans le passé par ces mêmes personnes, a bien instruit le garçon et instillé en lui les valeurs qui font du Médecin de la Cour l'un de mes alliés les plus fidèles. Pour cette raison, et pour toutes les autres, j'ai décidé qu'ayant risqué sa vie pour Camelot et pour mon fils, Merlin méritait le droit de faire entendre sa voix avec le poids qu'elle mérite. Il peut être maladroit par moments, mais ce n'est pas une raison pour ignorer son potentiel. Il est maintenant nos yeux parmi les serviteurs, quelqu'un qui cherchera des signes de trahison dans des endroits où ceux de notre rang ne s'aventurent que rarement. À présent, je ne veux plus rien entendre à ce sujet, vous êtes tous congédiés. »
Il était clair que sa décision était prise, et qu'il n'admettrait plus d'arguments de leur part. Qu'il ait accepté de les écouter si longtemps avait prouvé qu'il était raisonnable, et sa conclusion ferme avait rendu clair que son avis était fixé, et cette conviction avait convaincu la majorité des personnes quittant la pièce. Tout le monde, à l'exception de deux ou trois personnes, semblait accepter l'idée; et parmi les autres, se trouvait Morgane.
Elle s'était tenue à l'entrée de la pièce un moment avant de partir, fixant l'homme qu'elle haïssait tant. La magie de Merlin devait sûrement être puissante pour avoir tant changé le roi, même de cette modeste façon. Quelques semaines plus tôt il aurait jeté le magicien dans le caniveau sans hésitation, et maintenant il plaçait le même jeune homme dans une position de grande confiance. Des yeux parmi les serviteurs en effet... Merlin ne serait que ses propres yeux.
Elle se rua hors de la pièce, l'envie de hurler sa frustration bouillant dans ses veines.
~(-)~
Le magicien sifflottait gaiement en portant une couverture dans les appartements d'Arthur. Il supposait que ça aurait pu paraître efféminé, mais il aimait bien faire le lit d'Arthur... C'était nettement plus simple que de nettoyer son armure ou frotter le sol.
Merlin sourit à lui-même. Grâce à la grippe faisant son chemin dans la ville et la citadelle, Arthur avait annulé la plupart des séances d'entraînement au lieu d'exposer les malades à l'humidité. Il préférait les laisser rester au chaud aussi longtemps que nécessaire, plutôt que de faire en sorte qu'ils mettent plus de temps à guérir. Seuls ceux qui étaient de patrouille devaient sortir.
Bien sûr, cela signifiait qu'il avait moins de travail. Si Arthur ne portait pas son armure et n'utilisait pas ses armes pour s'entraîner, alors lui n'avait pas à les nettoyer. À la place, Arthur lui avait dit de faire le nécessaire dans ses appartements et de s'assurer que ses repas étaient livrés, mais le reste du temps il pouvait aider Gaius dans ses rondes. Cependant, Gaius ayant déjà fini sa journée, ça signifiait en fait qu'il avait du temps pour lui... Il avait décidé de l'employer à réviser son livre de sorts. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas eu le temps de l'étudier attentivement.
Il passait maintenant près des escaliers menant à l'aile du château où se trouvaient les appartements de Morgane, et dans sa rêverie il faillit bousculer Gwen quand elle surgit sur son chemin.
Elle faillit laisser tomber sa lessive, la rougeur sur ses joues seulement due partiellement à la maladie qui la faisait légèrement renifler. Au moins elle n'était pas aussi malade que certains... comme Arthur.
« Désolée, Merlin, je ne t'avais pas vu. »
Il haussa les épaules, souriant.
« C'est bon, ce n'est pas comme si j'avais fait tomber quelque chose. J'allais juste faire le lit d'Arthur. »
Il montra la couverture qu'il portait.
« Je suis allé en chercher une de plus, parce qu'il ne cesse de se plaindre de n'avoir pas assez chaud. »
Gwen commença à sourire, amusée.
« Est-ce qu'il t'a donné du fil à retordre ? Il avait une mine affreuse quand il est revenu du terrain d'entraînement ce matin. »
Merlin haussa de nouveau les épaules, innocemment.
« Tu connais Arthur... Il a grommelé et s'est plaint et est allé au lit, avant d'en avoir assez de tourner et se retourner sous les couvertures. Là il a déclaré qu'il allait se promener. J'ai pensé que j'en profiterais pour rendre le lit de l'invalide plus confortable avant qu'il revienne. »
Au ton badin de Merlin, Gwen éclata de rire.
« Tu as intérêt à ce qu'il ne t'entende pas, ou il te fera encore récurer les écuries. »
Merlin fit une fausse grimace avant de ricaner.
« Nan, il ne fera pas ça... Je lui ai dit quelque chose du même genre ce matin et il est juste allé bouder dans son lit. Il ne me l'a jamais dit en face, mais je pense qu'il apprécie le mal que je me suis donné aujourd'hui.
- Le mal ? »
Gwen le regarda avec curiosité, tandis que Merlin répondait en souriant :
« Je lui ai amené son petit déjeuner... deux fois... J'ai demandé à Gaius un thé spécial pour lui. Monté une pleine marmite d'eau des cuisines, après avoir convaincu les cuisiniers de m'en donner une, afin de pouvoir lui faire le thé dans sa chambre. Je lui ai trouvé de la soupe que j'ai suspendue près de la cheminée pour la garder chaude afin qu'il puisse se servir s'il a faim, me suis assuré qu'il y avait une profusion de bois pour le feu afin qu'il puisse rester au chaud, et j'ai aussi rapproché sa table du feu sans faire de bruit pour qu'il puisse dormir. Tu vois, j'ai été gentil aujourd'hui. »
Gwen secoua la tête.
« Tu es vraiment impossible, Merlin. »
Elle réaffirma sa prise sur son panier, avant de contourner Merlin.
« Je ferais mieux d'y aller... Oh, et félicitations. J'ai appris pour l'anneau, mais que ça ne te monte pas à la tête. »
Merlin renifla.
« Il y a peu de risques, étant donné qu'une fausse accusation pourrait me faire perdre la tête. À plus tard. »
Elle lui sourit avant de partir dans un sens tandis qu'il allait dans l'autre, le magicien se dépêchant de rejoindre les appartements d'Arthur et de faire le lit. Joliment fait, la couverture supplémentaire cachée sous le dessus de lit brodé, il alla vérifier que la soupe n'était pas assez proche du feu pour brûler. Voyant qu'il n'y avait pas de problème, il se dirigea vers les cuisines avec la vaisselle sale dans les mains, et l'intention d'obtenir d'autre pain pour le prince.
Il était sur le chemin du retour, utilisant son raccourci habituel, quand Morgane sortit d'une alcôve et se planta devant lui. Bien sûr il ne fut pas surpris qu'elle ait remarqué qu'il aimait prendre cette route, bien qu'il se demande pourquoi elle voulait manifestement lui parler. Il doutait que ce soit agréable.
Sa supposition fut confirmée lorsqu'elle le fusilla du regard. Jetant un regard dans le couloir pour s'assurer que personne n'était en vue, elle déclara avec une haine à peine voilée :
« Tu dois être contente d'avoir enfoncé tes griffes encore plus profondément dans Camelot. Combien de sorts a-t-il fallu pour manipuler Uther, pour qu'il te fasse suffisamment confiance pour te donner cet anneau ? »
Elle désigna l'endroit où ledit anneau était caché sous son foulard, tandis qu'il souriait très légèrement et répliquait avec une touche de sarcasme :
« Mes griffes, Morgane ? Je ne suis pas un monstre, vous savez. Une bonne façon de me décrire serait... humm... Comment les Druides formuleraient-ils ça ? »
Il inclina la tête, songeur, ne montrant aucune trace de la peur que lui inspirait la situation. Elle ne devait pas le voir vaciller, qu'il montre une faiblesse et tout son bluff serait fichu.
« Je suis comme l'arbre qui envoie ses racines le plus profondément possible, afin de pouvoir étendre ses branches tout aussi loin pour abriter ceux qu'il veut protéger. »
Il lui adressa un sourire.
« Quant à pousser Uther à me donner l'anneau, ça, c'était son idée. »
Elle se renfrogna davantage.
« Et qu'est-ce que tu entends par là ? »
Merlin, souriant toujours gentiment, répondit :
« Uther commence à changer, Morgane, parce qu'Arthur, avec son coeur pur, a commencé à se demander si les choses sont telles qu'il le dit. Cette volonté de remise en question l'a poussé à se dresser contre Uther pour moi, le serviteur dont il dit qu'il l'agace mais qu'il considère, sans vouloir l'admettre, comme un ami. Arthur était en colère après lui quand j'ai été arrêté puis prouvé innocent des farces du gobelin, et l'a défié à ce sujet... Et Uther a écouté. »
Morgane fut stupéfaite un moment, puis son froncement de sourcils revint avec l'amertume de sa voix.
« Et alors ? En quoi cela aide-t-il quiconque à part toi ? Les gens possédant la magie continueront à être persécutés tant que ce monstre règnera sur Camelot. Penses-tu vraiment qu'Arthur sera mieux ? »
Merlin secoua la tête comme un adulte devant la sottise d'un enfant.
« Comme je l'ai dit à votre soeur... Je sais qu'il le sera, mais je dois attendre que le moment soit venu. Le destin ne peut être accéléré, Kilgharrah a essayé à plusieurs reprises et s'en est mordu les 'doigts', je continuerai donc à protéger Arhtur et Camelot aussi longtemps que nécessaire. Si cela signifie que je dois aussi protéger Uther, ainsi soit-il... On ne sait jamais, les paroles de Kilgharrah pourraient s'avérer justes... Il se pourrait que le coeur d'Arthur conduise Uther à réaliser ses erreurs, avant que son heure ne vienne. Je vais juste devoir attendre. »
Il la contourna et commença à s'éloigner, profitant de ce qu'elle était trop perplexe pour l'arrêter. Quelques instants plus tard, cependant, elle retrouva sa voix et l'appela :
« Et qui est Kilgharrah, au juste ? »
Merlin se retourna.
« Je suppose qu'on peut dire que j'ai un ou deux amis haut placés. À une époque c'était lui qui me disait ce que je devais faire, mais ces derniers temps c'est moi qui prends les décisions. Il a des liens puissants avec l'Ancienne Magie, et moi avec lui, et je n'hésiterai pas à m'en servir si vous essayez de me forcer la main... A présent je vous souhaite une bonne journée, Dame Morgane. »
Il s'éloigna, la laissant plantée là avec un regard d'incertitude. Il avait encore réussi à la secouer, et avec un peu de chance ça durerait un peu plus longtemps cette fois. Une fois hors de sa vue, cependant, son regard se teinta de regret... Il n'aimait pas lui parler ainsi, à la femme qu'il avait un jour considérée comme son amie, mais il savait qu'elle avait sans doute passé le point de non-retour à présent. Le destin n'aime pas changer, même si vous essayez. Si elle était vraiment destinée à être l'obscurité de sa lumière, destinée à être piégée par sa propre colère et sa haine, alors il ne pouvait rien y faire à moins qu'elle ne surmonte cette obscurité et ne cherche elle-même la rédemption... Si elle en était incapable, alors tout ce qu'il pourrait dire tomberait dans l'oreille d'une sourde, peu importe à quel point il aurait aimé qu'il en soit autrement. Le mieux qu'il avait à faire, à présent, c'était de la pousser à remettre les choses en question, à se demander si affronter Emrys était vraiment la bonne chose à faire.
~(-)~
Arthur, inconscient de la petite confrontation entre Merlin et Morgane, se hâta dans le couloir vers les appartements du médecin, essyant de ne pas trébucher à chaque éternuement. Il en avait assez ; il était hors de question qu'il continue à tolérer cela. Le thé aux herbes de Gaius l'avait aidé, un peu, mais pas assez pour qu'il puisse se concentrer convenablement sur quoi que ce soit. Là où les remèdes normaux échouaient, peut-être la magie pourrait-elle réussir ; pour être honnête il doutait que la sorcellerie ne puisse le débarrasser d'une simple grippe.
Atteignant la porte en bois de Gaius, Arthur l'ouvrit et jeta un oeil. Le médecin était là, bien qu'il n'y ait aucun signe de Merlin. Cela dit, étant donné l'heure, il était sans doute en train de récupérer son dîner en cuisine.
Il entra dans la chambre, retenant un nouvel éternuement tandis qu'il se dirigeait vers Gaius, le médecin le regardant avec intérêt.
« Puis-je faire quelque chose pour vous, Altesse ? »
Arthur lui rendit son regard, brusquement conscient que venir le voir ainsi pourrait lui donner l'air d'une lavette. Il soupira. Il était là à présent, alors autant aller jusqu'au bout.
« Ce virus qui se promène, ça affecte la productivité de tout le monde et m'empêche aussi de faire quoi que ce soit... Y a-t-il quoi que ce soit de non-standard que vous puissiez prescrire pour accélérer la guérision ? »
Gaius haussa le sourcil.
« Vous êtes venu me demander si la magie pouvait guérir votre grippe... »
Arthur rougit légèrement, et Gaius gloussa.
« Ne vous en faites pas, je n'ai pas l'intention de vous taquiner. À vrai dire, j'y pensais déjà. Il y a quelques personnes âgées en ville pour qui même une simple grippe pourrait s'avérer fatale, j'ai donc pensé à glisser un petit extra dans les sachets d'herbe que je prépare pour la distribution. J'enverrai Merlin les donner dans la matinée, si vous n'avez pas besoin de lui bien sûr. »
Le prince sourit légèrement.
« Faisons un marché. Je vous laisse Merlin après qu'il m'ait apporté mon petit déjeuner, et vous me débarrassez de ma grippe. Entendu ? »
Gaius sembla y réfléchir un moment, avant de soupirer et, récupérant un de ses sachets, marmonna :
« Ahluttre pa seocnes. »
Il versa ensuite le contenu dans une tasse, et y versa de l'eau chaude. Après l'avoir touillé vigoureusement, il ajouta de l'eau froide pour ramener le mélange à une température buvable et la tendit au prince.
« Je l'ai mis à pleine puissance pour vous, afin que votre grippe soit partie quand vous irez vous coucher. Je le mettrai à puissance modérée pour les autres, ou les gens pourraient se demander pourquoi mes remèdes marchent si vite. Ça prendra un ou deux jours pour guérir leurs grippes, au lieu d'une heure ou deux pour vous. »
Arthur avala le contenu de la tasse, grimaçant à l'arrière-goût amer mais reconnaissant.
« Merci, Gaius, j'apprécie. »
Gaius reprit la tasse, un léger sourire sur son visage.
« Je vous en prie, Altesse, mais n'oubliez pas... Même si je ne vais pas vous taquiner, Merlin le fera. »
Il tourna le dos à Arthur, reprenant ses préparations. Pendant ce temps le prince laissa échapper un long soupir et se dirigea vers la sortie. Est-ce que supporter les taquineries de Merlin serait pire que de supporter son grand sourire tandis qu'il le voyait souffrir ? Etrangement, il en doutait.
~(-)~
Dans la lumière diffuse du matin, Merlin passa les portes du château et se rendit en ville. Sous son bras se trouvait un paquet de sachets, tous remplis d'herbes que Gaius avait enchantés à différents degrés. Il avait laissé un plateau couvert dans la chambre d'Arthur, un petit déjeuner froid de pain et de fromage accompagné d'une note joyeuse lui disant de le faire rôtir sur la cheminée si nécessaire. Il savait qu'Arthur serait agacé, mais aussi qu'il comprendrait la plaisanterie. Il avait promis à Gaius que le médecin aurait l'assistance de Merlin une fois que ledit magicien aurait amené son petit déjeuner au prince. Merlin l'avait fait, il s'était contenté de ne pas le réveiller... C'était une autre taquinerie à ajouter à la pile de celles qu'il avait employées sur Arthur la nuit précédente, pour avoir demandé à Gaius de faire partir sa grippe par magie.
Cette même magie allait être utilisée pour guérir la maladie de la plupart des citadins, mais Gaius ne voulait pas que ça en ait l'air. Merlin dirait à tous ceux à qui il donnerait le remède, que c'était pour soulager les symptômes et améliorer le confort des gens, tandis que la puissance modérée du sort s'assurerait que la maladie disparaîtrait dans un délai raisonnable.
Merlin soupira. Gaius avait été grognon ce matin, non pare que les enchantements l'avaient épuisés, mais à cause de l'effort supplémentaire pour doser la puissance du sort. S'il n'avait pas dû cacher cette pitié illégale pour les malades, il les aurait tous faits de la même façon et pris moitié moins de temps, mais à la place il avait dû les faire par poignées. Merlin l'avait laissé grommeler dans le château, distribuant ses remèdes aux nobles et aux serviteurs y résidant. Il n'en avait pas fait assez pour tout le monde, mais assez pour en donner à ceux dont les symptômes étaient plus prononcés. Quant à Merlin, il allait contourner ses instructions. Les symptômes de Gwen étaient légers, mais il allait quand même lui donner l'un des sachets.
Il frappa à la porte, la jeune femme lui ouvrant quelques instants plus tard.
« Merlin ? Qu'est-ce qui t'amène de si bonne heure ? J'allais juste me rendre au château. »
Le magicien sortit l'un des sachets de papier de son sac, l'agitant devant sa figure.
« Cadeau de Gaius. Ce thé te mettra plus à l'aise, jusqu'à ce que tu puisses te débarrasser de ta grippe. L'effet ne dure qu'un jour ou deux, mais d'ici là tu ne devrais plus en avoir besoin. Il m'a dit de les donner à ceux dont les symptômes sont les plus prononcés, certainement les anciens. Mais s'il y en a en trop je peux les donner à qui je veux, donc j'ai pensé que je t'en donnerais un avant que tu partes au travail. »
Gwen secoua la tête devant son audace mais accepta le paquet.
« Je vais m'en occuper avant de partir. Merci. »
Merlin sourit et agita la main en descendant la rue. Si Gaius s'apercevait qu'il avait fait preuve de favoritisme, il doutait que ça l'ennuie particulièrement. Après tout, Gwen était leur amie à tous les deux.
~(-)~
Arthur se tenait sur les remparts, sa grippe partie à l'exception du fait que son nez était toujours irrité à force d'éternuer. La pluie avait fini par s'arrêter, et le ciel commençait à s'éclaircir, laissant apparaître du bleu ici et là. C'est à ça que ressemblaient les choses pour Merlin et lui, dans leur voyage vers le futur où la magie serait de retour dans le pays. Maintenant qu'il savait pour Merlin, et avait placé sa confiance en lui, c'était comme si le ciel bleu commençait à se montrer derrière les nuages. La tempête n'était pas encore passée, mais la promesse était là qu'un jour meilleur viendrait.
Il soupira, sentant le poids de ce futur sur ses épaules. Tant de choses dépendaient de lui, mais ce n'était pas différent pour Merlin. Au moins à présent ils portaient leur fardeau ensemble, et pouvaient se soutenir mutuellement si l'un commençait à vaciller sous son poids.
Il entendit des bruits de pas derrière lui, mais des bottes mais plutôt les chaussures en cuir que préféraient les dames de la cour. Il ne connaissait qu'une personne de ce genre qui puisse l'approcher là-haut, et il savait que c'était elle avant qu'elle ait prononcé un mot.
Morgane se tint à ses côtés, remarquant en même temps que lui la silhouette familère de Merlin passant les portes du château avec un sac vide à la main. Elle renifla avec dérision, sa voix pleine d'antipathie.
« Je ne sais pas pourquoi vous lui faites tellement confiance, Arthur. Il vous ment, il vous ment à tous. »
Ah, c'était donc pour ça qu'elle était venue le voir. Arthur resta silencieux un moment, réfléchissant à ce que son ami lui avait rapporté de leur conversation la veille, avant de rouler des yeux et de parler d'un ton faussement amusé. Il pouvait bien jouer un peu avec les mots, et elle ne se douterait jamais que c'était autre chose qu'une coïncidence.
« Est-ce que c'est à propos de votre accusation de sorcellerie ? Morgane, il a sans doute autant de pouvoir magique que vous, et il ne pourrait pas mentir si sa vie en dépendait. Vous devriez entendre les excuses qu'il invente lorsqu'il arrive en retard... Elles sont pathétiques. »
Elle se raidit, puis son expression vira à l'inquiétude tandis qu'elle tentait une autre approche. Elle se résigna à faire appel à sa conscience, et à sa volonté de protéger Uther.
« C'est ce qu'il veut vous faire croire. C'est une façade, Arthur ! Il a déjà votre père sous sa coupe, et bientôt tout Camelot sera son terrain de jeu ! »
Arthur la fixa, jouant parfaitement le rôle d'un homme absolument pas convaincu.
« Merlin a la capacité de concentration d'un papillon, et apprendre la magie requiert de sérieuses études... Il ne serait pas capable de se concentrer dessus plus de dix secondes, ne parlons pas de renverser un royaume. Vous êtes ridicule, Morgane, sérieusement. »
Elle perdit son sang-froid en réalisant qu'elle menait une bataille perdue d'avance, mais elle refusait de renoncer à le faire douter du magicien. Pas encore !
« Il vous a tous dupés ! Vous ne voyez donc pas ? Nous parlons de l'homme qui m'a empoisonnée ! »
Elle mit ses mains sur sa bouche avec horreur, en réalisant ce qu'elle venait de dire. Cependant, Arthur ne broncha pas. Son expression devint solennelle.
Il la regarda tandis qu'elle le fixait avec de grands yeux, sachant qu'elle n'avait pas fait exprès de révéler cette histoire si tôt. Sachant qu'il s'agissait d'une bonne opportunité, car elle n'avait aucune idée qu'il savait que Merlin était un sorcier, il décida ensuite que Merlin n'était pas le seul à pouvoir se servir des mots pour lui donner l'impression que son emprise sur Camelot fondait comme neige au soleil.
« Je sais... »
Elle se figea sous le choc, les mains tombant sur ses côtés tandis qu'elle le fixait avec incrédulité.
« Qu-quoi ? »
Arthur la prit par les épaules, parlant calmement et gentiment comme s'il ne voulait pas la bouleverser.
« Il me l'a avoué peu après que nous vous ayons retrouvée, et a expliqué pourquoi il l'avait fait. Il avait réalisé que nos ennemis avaient liés le sort pour faire dormir tout le monde, à vous, et qu'il avait lutté aussi longtemps que possible avant de vous donner le poison. »
Il prit un air attristé.
« Je voulais lui en vouloir, au début, mais j'ai réalisé que dans les mêmes circonstances, aussi difficile que cela puisse être pour moi, j'aurais fait la même chose. Je suis désolé, Morgane, mais je l'aurais fait. S'il s'agissait de choisir entre vous et des centaines d'autres vies innocentes, ce ne serait pas bien de les abandonner. »
Le choc laissa place à la colère, et elle se dégagea de sa prise sur ses épaules.
« Alors vous m'abandonneriez moi à la place ? »
Il soupira, résigné et solennel.
« Je suis le Prince Héritier de Camelot, Morgane, et le royaume et son peuple doivent toujours passer en premier pour moi. Si ce n'est pas le cas, alors je les laisse tomber de toutes les façons possibles. Quand le jour viendra où ce sera mon tour d'être roi, comment puis-je attendre de mon peuple qu'il me fasse confiance s'ils savent que je sacrifierais leurs vies parce que des sentiments personnels brouillent mon jugement ? Vous n'avez aucune idée d'à quel point c'est dur, Morgane, vous n'avez jamais été soumise à cette pression. Merlin si, il comprend maintenant ce que j'affronte chaque jour de ma vie, et c'est pourquoi je sais que je peux compter sur lui. »
Il pouvait le voir dans ses yeux tandis que son emprise vacillait. La réalisation que, quoi qu'elle ait essayé d'obtenir avec cette conversation, c'était une impossibilité. Cette réalisation sembla peser sur elle, sa détermination s'émiettant.
« Vous avez confiance en lui à ce point-là... »
Arthur sut qu'il avait gagné cette manche, mais il n'avait pas encore fini. Il était temps de lui enlever l'une de ses armes les plus dangereuses.
« Il a placé sa vie entre mes mains, Morgane, et m'a dit de répéter au roi ce qu'il avait fait, et je l'ai fait lorsque nous avons mangé ensemble hier. »
Elle leva les yeux vers lui avec stupeur, sans voix bien que sa bouche semble vouloir former des mots. Arthur continua de tisser son mensonge.
« Il comprend à présent pourquoi vous détestez Merlin, parce que Merlin a fait le choix difficile de placer la survie de Camelot avant la vôtre. Père ne soulèvera pas cette affaire devant le conseil, pour votre bien. Car il sait que si tout le monde apprenait que vous étiez le vaisseau de ce sort, alors cela rendrait les choses difficiles pour vous. Il veut vous protéger de cela, et il s'est dit qu'en taisant ce que Merlin vous avait fait, vous compreniez aussi bien que lui qu'il l'avait fait car il n'avait pas le choix. »
Il attira une Morgane stupéfaite dans une étreinte, mais elle ne remarqua pas sa raideur.
« Ne laissez pas votre ressentiment pour avoir été empoisonnée vous pousser à le haïr. Ce sont ceux qui ont jeté ce sort qui sont les vrais criminels, nous forçant à choisir entre ceux qui nous sont chers, et la survie de notre foyer. Ne laissez pas cette colère vous souiller, ou vous les laisserez gagner. »
Il la relâcha. Morgane semblait perdue et incertaine pendant un moment lorsqu'elle le regarda. Uther savait déjà que Merlin l'avait empoisonnée ? Et il avait quand même donné l'anneau au magicien ?
« Je... je suis désolée de l'avoir accusé. Vous avez raison, il a fait ce qu'il devait faire... Je... je n'en parlerai plus à qui que ce soit. »
Elle tourna les talons et s'enfuit; incapable d'affronter le tourment dans lequel les paroles d'Arthur venaient de la jeter. La regardant partir, il conserva son expression attristée, jusqu'à ce qu'elle soit hors de vue et qu'il la remplace par un froncement de sourcils sinistre.
Elle venait d'essayer de le retourner contre Merlin, avec l'intention de priver Camelot de son protcteur le plus précieux... Dommage pour elle qu'il soit déjà du côté de Merlin, et qu'il vienne de la manipuler afin qu'elle n'aille pas parler du poison au roi.
Ses réflexions perturbées par elle, il quitta les remparts et retourna dans ses appartements. Peut-être qu'il parlerait à Merlin de cette discussion, ou peut-être pas. Dans les deux cas il venait de faire une faveur au magicien, en dépit du goût amer que cela laissait dans sa bouche.
~(-)~
C'est un Arthur solennel qui se tint à sa fenêtre ce soir-là, regardant le ciel s'assombrir tandis que Merlin déposait les assiettes du dîner sur un plateau. Finalement il avait décidé de ne rien dire de sa discussion avec Morgane. Il n'avait pas hésité à prendre avantage de son ignorance, et l'avait délibérément et systématiquement utilisée pour assaillir sa confiance et ses émotions.
… Il se dégoûtait, même si cela avait été la meilleure chose à faire pour Camelot.
Il jeta un regard à son ami, observant tandis que le dernier couvert était déposé sur le plateau et que Merlin allait retourner les couvertures pour qu'il puisse aller se coucher. Était-ce ce qu'il ressentait chaque fois que Morgane le confrontait, et qu'il se servait de ses paroles pour la rendre trop hésitante pour faire un geste contre lui ? Si c'était le cas alors il avait toute sa compassion, car ni l'un ni l'autre n'était du genre à aimer manipuler les gens ainsi.
Il soupira avant de se relever. Il n'y avait aucun intérêt à ruminer, alors autant aller au lit.
« C'est assez pour ce soir, Merlin, va te reposer. »
Merlin le regarda, commençant à sourire tandis qu'Arthur poursuivait :
« Gaius a-t-il donné son 'remède' à mon père ? »
Merlin gloussa, et acquiesça.
« Il lui a emmené ce matin, et est allé le voir il y a environ une heure... Le roi allait beaucoup mieux, bien qu'il renifle encore un peu. Mais il a remercié Gaius d'avoir trouvé un 'remède si remarquable'. »
Arthur renifla, secouant la tête.
« Il ne le remercierait pas s'il savait ce qu'il y a dedans. Personne à Camelot à part nous trois ne devine qu'il a été amélioré avec un sort... Après tout, on dit bien qu'il n'y a pas de remède contre la grippe. »
Merlin sourit, l'amusement dansant dans ses yeux.
« Rien sauf la magie, en tout cas. »
~(-)~
Avez-vous remarqué ? Ce chapitre couvre un 'plothole', un trou dans le scénario de la saison 3... Un point pour la personne qui le repère^^
