Le temps continua de filer et la vie à se dérouler. Contrairement à ce qu'Etaine avait craint ses condisciples ne réagirent pas tous mal : Luna lui fit un véritable exposé du conseil de Purbold pour être sûre qu'elle n'y avait vraiment jamais assisté. Swan était aussi intenable qu'à l'habitude. Zane lui adressait de temps en temps un sourire. Anne par contre parlait un peu moins à la jeune fille. Scott feignait de l'ignorer. Emma n'avait jamais été particulièrement bavarde et ne se préoccupait pas plus qu'à l'habitude de la sorcière. Il n'y avait plus eut d'autres agressions depuis plusieurs mois ce qui apaisa les tensions entre les élèves. Lockhart se vantait haut et fort d'être le responsable de cette accalmie ainsi qu'il le répétait à l'envie à tous les membres du corps enseignant. Ce qui ressemblait davantage à une bonne nouvelle s'était que les plants de mandragores murissaient bien et qu'il serait possible d'administrer le Philtre Régénérateur avant la fin de l'année scolaire. Etaine avait continué ses leçons avec Rogue qui s'était contenté d'ôter vingt points à Serdaigle. Ils n'avaient plus abordé le sujet et s'étaient concentré exclusivement sur les potions : du veritaserum ils étaient passés au polynectar puis au Philtre d'Embrouille. Apparemment Rogue passait tout son temps libre à élaborer des raccourcis dans ses préparations. La jeune fille notait soigneusement toutes ces astuces qu'elle comptait bien réutiliser et prélevait quelques flacons de chaque mixture qu'elle jugeait intéressante. Ses recherches à la bibliothèque ne lui avaient rien appris de plus que ce qu'elle savait déjà et elle recommençait à se concentrer sur les sortilèges et les potions, se donnant bonne conscience en se disant qu'il ne servait à rien d'affronter quelque chose si on ne pouvait rien faire contre. Il semblait qu'on ait oublié le monstre de Serpentard et la Chambre des Secrets mais Etaine voyait bien les traits encore tendu des enseignants à l'exception de Lockhart qui leur avait annoncé « une surprise ». Etaine n'était pas sûr de l'apprécier. Vu les idées de celui-ci en matière d'enseignement elle doutait que ce soit judicieux. Elle avait revu Blaise et s'était excusé avant de filer sans lui laisser le temps de prononcer le moindre mot. La saison de Quidditch avait continuée et Scott s'était indigné qu'elle manque le match opposant Serdaigle à Serpentard. Il en était revenu complétement démoralisé en murmurant « dix points » à intervalle régulier. La jeune fille avait appris de Swan que s'était de ça qu'ils avaient perdus. Irwin Montgomery avait réussi à attraper le vif d'or sous le nez de l'attrapeur de Serpentard quand il s'était aperçu que son équipe n'avait aucune chance de gagner. Anne avait salué son coup, plus réaliste que Scott, et avait essayé de lui remonter le moral en lui disant que Montgomery, en septième année, serait parti l'an prochain et qu'il aurait alors toutes ses chances de devenir attrapeur. Bref, la vie continuait.

Pourtant Etaine n'avait pas l'esprit en paix même si elle ignorait la cause de son malaise. La « surprise » de Lockhart eut de positif de lui changer les idées. Lorsqu'elle entra dans la Grande Salle le 14 février elle crut d'abord s'être trompée de salle. Seule la présence de la majorité de ses condisciples et des professeurs au bout de la pièce la convainquit qu'elle était bien au bon endroit. Des confettis roses et blancs tombaient doucement du plafond dans les assiettes des étudiants. Les murs étaient entièrement tapissés du même rose criard.

-Qu'est-ce que c'est que ce truc ? s'exclama Swan, retransmettant le sentiment général des premières années de Serdaigle.

A côté de lui Scott fit mine de vomir.

-Oh, un Enormus à Babille ! s'écria Luna, faisant tourner les têtes.

Du doigt elle montra la table des enseignants. Emma, d'ordinaire si charitable, éclata de rire.

-Lockhart, regardez Lockhart, dit-elle entre deux hoquets.

Zane dû la soutenir pour qu'elle ne tombe pas à terre. Les autres se tournèrent à leur tour et virent le professeur de défense contre les forces du Mal essayer d'entretenir la conversation avec Chourave qui échangeait des regards consternés avec le professeur de métamorphose. D'ailleurs Chourave ne semblait pas être la seule à désapprouver : les lèvres de McGonagall n'avaient jamais été aussi pincés et Rogue avait l'air d'avoir avalé un de ses flacons de poisons. En regardant la table elle s'aperçut que tous les professeurs avaient le même air de consternation sauf le professeur Dumbledore qui discutait paisiblement avec un Flitwick affligé. Mais celui qu'on remarquait en premier c'était Lockhart : vêtu d'un costume rose et de deux ailes dans le dos de même couleur, il était tout bonnement ridicule.

-C'est plutôt joli, déclara Anne.

Zane tourna la tête dans sa direction, les yeux ronds. Scott parut scandalisé. Swan la regarda comme s'il la voyait pour la première fois et Etaine se doutait qu'elle devait afficher la même expression. Mais elle ne dit rien, se quereller avec Anne ne lui aurait servi à rien.

-Mais si, il a fait tout ça pour la Saint-Valentin, c'est mieux que Rogue qui est toujours à critiquer, protesta-t-elle.

-Il a plutôt dû demander aux elfes de maison, suggéra Zane.

-Il sait à peine utiliser sa baguette, il aurait été incapable de monter tout ça seul, trancha Etaine d'un ton sec.

-Et franchement on s'en fiche de la Saint-Valentin, ajouta Scott.

Anne parut offensée et s'installa à côté des troisièmes années de Serdaigle à la table de leur maison.

-Bin quoi, c'est vrai, protesta le fan de Quidditch, un peu gêné.

-Le Lockhart des livres est le prince charmant dont rêvent les filles qui croient aux contes de fées, Anne n'intègre pas que c'est un imposteur imparfait, dit Etaine avec sagesse.

-C'est peut-être un peu fort comme jugement, non ? demanda Emma.

Etaine haussa ses épaules.

-Je n'ai pas d'illusions, mon conte de fée à moi s'est brisé à la mort de mon père. Je vois le monde tel qu'il est, voire pire qu'il n'est. Et je suis prête à manger Saernel si ce clown a fait ne serait-ce que le huitième de ce qu'il a écrit.

Un sifflement furieux parvint de sa chevelure.

-Je plaisante, Saernel. Je ne te ferais jamais de mal.

-J'espère bien !

Etaine soupira et alla s'asseoir au bout de la table, elle n'avait pas envie de parler.

-Joyeuse Saint-Valentin ! s'écria Lockhart alors qu'elle plantait sa cuillère dans des œufs brouillés. Je voudrais commencer par remercier les quarante-six personnes qui m'ont envoyées une carte à cette occasion.

-Les quarante-six idiotes du château, ricana la jeune fille. Pauvre Anne, elle a de la concurrence.

-Comme vous le voyez, j'ai pris la liberté de vous faire cette petite surprise, mais ce n'est pas fini !

Elle se demandait ce qu'il avait imaginé de pire elle ne fut pas déçue. Il tapa dans les mains est une douzaine de petits hommes qu'Etaine reconnut comme étant des nains entrèrent dans la Grande Salle, apparemment encore plus mécontents que les professeurs. Ils avaient chacun une paire d'aile dorées dans le dos et portaient une harpe.

-Voici les cupidons porteurs de messages, annonça le professeur de défense contre les forces du Mal, ravi de son effet. C'est eux qui seront chargés tout au long de cette journée de vous transmettre les messages de la Saint-Valentin.

La jeune fille leur trouva un air grincheux, elle plaignait ceux qui recevraient un message par leur intermédiaire.

-Et ce n'est pas tout ! continuait Lockhart d'un ton joyeux. Je suis convaincu que mes collègues auront à cœur de contribuer à l'esprit de la fête ! Pourquoi ne pas demander au professeur Rogue de nous montrer comment préparer un philtre d'amour ! Et le professeur Flitwick en sait plus que n'importe quel sorcier sur les sortilèges de Séduction, le rusé renard !

La jeune fille souhaitait bonne chance à celui qui demanderait à Rogue un philtre d'amour. Flitwick, de toute évidence dans les abysses du désespoir, plongea son visage dans ses mains quand son nom fut prononcé.

-Je plains les profs qui doivent le supporter à longueur de journée, siffla la vipère en subtilisant un bout de bacon.

-Les pauvres, compatit la sorcière, parfaitement sincère.

-On se demande où ils vont trouver des profs comme ça, déclara Blaise en se laissant tomber sur le banc d'en face.

-C'est la table des Serdaigles, répondit Etaine.

-Je n'ai pas l'intention de rester longtemps, dit-il en fouillant dans son sac.

-Il faut bien qu'ils maintiennent le cours de défense contre les forces du Mal, c'est une des matières principales. Mais avec Lockhart ils devraient la rendre facultative.

-Je ne comprends pas qu'il y ait des personnes qui trouvent ses cours intéressants, franchement qu'est-ce qu'on y apprend ?

-A faire la sieste.

-Ouais, je crois que tout le monde a le même réflexe, qu'est-ce qu'il fait pour les premières années ?

-Rejouer les scènes qui le mettent en valeur, et vous ?

-Même chose, espérons que le prochain sera mieux.

-Le choix diminue d'année en année, il y a plus de chance que cela se dégrade que le contraire.

-Je m'en doute. Le précédent était bègue, qu'est-ce qu'ils vont nous servir l'an prochain ? Hagrid ?

-Aucune idée. Espérons qu'il n'y est qu'un exemplaire de Lockhart. Il ne serait pas né-moldu par hasard ? demanda la jeune fille avec espoir.

-Non, j'ai déjà vérifié, le monstre ne l'attaquera pas.

-Il peut être considéré comme Cracmol alors, Rusard doit mieux s'y connaître en magie que lui.

-Ce n'est pas impossible, sourit Blaise. Ils finiront par donner le poste à Rogue et alors on aura de véritables cours.

-Pour une année. Et encore faut-il trouver un bon remplaçant en potion.

-Ils remettront peut-être Slugorn, c'était le prédécesseur de Rogue.

-Il était bon ?

-Il avait des chouchous par dizaine à ce qu'on dit. Mais ils sont tous allés loin, il leur organisait des rendez-vous avec d'anciens élèves au placés.

-Un bon plan de carrière, il serait pas mal.

-Spéculatrice, hein ?

-Opportuniste, je dirais.

-Je ne comprends pas que tu ne sois pas allée à Serpentard, dit-il en secouant la tête.

-Je suis heureuse de ne pas y être allée, sinon se serait moi le suspect numéro un, pas Potter. Vous avez une idée de qui c'est, à Serpentard ?

-Non, et pour nous ça n'a pas tellement d'importance il n'y a pas de Sang de Bourbe dans notre maison. Si on découvrait son identité on chercherait plutôt à l'aider qu'autre chose. Et toi ?

-Je suis resté sur Voldemort – arrête de trembler, c'est ridicule –, mais si je le trouve je chercherais davantage à l'arrêter.

-Pourquoi ?

-Parce que si les agressions continuent à avoir lieu l'école fermera et pour moi ça signifie retourner dans ce bouge infâme. Ce n'est pas une option envisageable.

-Donc pour toi la fin justifie les moyens ?

La jeune fille se contenta de sourire.

-Etaine ? l'interpella alors Saernel.

-Oui ?

-Qu'est-ce que tu as ?

-Comment ça ?

-Tu n'es pas comme d'habitude.

-Mais si.

-Non, tu n'as pas le ton si froid et glacial.

-Peut-être, je n'ai pas remarqué de différences.

Blaise se leva alors de table, la salua, et quitta la Grande Salle, comprenant sans doute que la conversation était terminée. La jeune fille termina son repas et sortit à son tour.

-C'était qui ? l'interrogea Swan, surgissant à l'improviste de derrière les portes de la Grande Salle.

-Blaise Zabini, il est en deuxième année à Serpentard.

-Tu as un petit copain ?

-Mais non, c'est juste une connaissance, rit-elle. Ça ne m'intéresse pas tout ça, pas encore du moins. Cela dit je le plains il va devoir passer la journée à fuir les nains.

-Comment est-ce qu'il a pu croire qu'on aimerait ça ? demanda, surtout pour lui-même, le Serdaigle.

Etaine haussa les épaules mais ce manque de réponse ne parut pas l'offenser. Swan continua de vitupérer jusqu'à l'entrée des cachots. Là, obéissant à la prudente habitude que prenaient les élèves au contact de Rogue, il se tut et se tint à peu près calme durant tout le cours.

La jeune fille recroisa Blaise au déjeuner, courant dans le hall, deux nains criant qu'ils avaient des chansons pour lui à ses trousses. Anne éclata de rire.

-Qui est-ce ? demanda-t-elle.

-Blaise Zabini, une connaissance d'Etaine, répondit Swan avec un sourire espiègle.

-Ah, dit la fille blonde d'un ton intéressé, tu aimes les Serpentard ?

-Ça n'a strictement rien à voir, soupira la sorcière en foudroyant l'hyperactif du regard.

Swan eut la décence de paraître gêné. Ou était-ce le sifflement de Saernel ?

-Tu ne t'en sortira pas, s'amusa celui-ci.

-Bien sûr que si.

-Pas avant un certain temps.

-C'est vrai qu'il est beau, admit Anne observant Blaise qui s'était finalement fait attraper et écoutait, horriblement gêné d'après ce qu'ils pouvaient voir, les nains se disputer pour savoir lequel chanterait en premier.

Scott parut se renfrogner.

-Moi aussi je suis beau ! s'exclama Swan.

-Non, dit la fille blonde d'un ton catégorique. Tu es amusant, c'est différent.

Et elle s'éloigna à grand pas vers Blaise qui supportait désormais la première chanson sous les rires du petit attroupement qui s'était formé autour de lui.

-Vous pensez qu'elle a combien de chances ? questionna Emma, un léger sourire aux lèvres.

-Peu, répondit Zane. Les Serpentard sont arrogants, c'est connu et je doute qu'il apprécie de se faire voir ainsi.

Cette fois encore Etaine n'intervint pas. Elle s'en sentait vaguement coupable mais savait que c'était plus prudent. C'était comme s'il y avait deux personnes en elle l'une qui préférait l'ombre et la dissimulation, l'autre qui voulait le courage de ses opinions. C'était cette dernière part qui s'était déjà exprimée pour prendre la défense des Fourchelang. Et vu les résultats obtenus Etaine ne voulait plus lui laisser les commandes.

La jeune fille quitta le hall, son sac sur l'épaule, laissant les autres rire et s'amuser. Elle n'avait pas le cœur à ça. Malgré l'interruption des attaques elle se doutait bien qu'elles allaient recommencer et alors l'école risquerait de fermer… Ses pieds avançaient inconsciemment, elle n'avait pas la moindre idée de l'endroit où elle se rendait, elle ne le découvrit que lorsqu'elle arriva aux portes de bois, plus petites et moins décorées que celles de la Grande Salle, mais plus majestueuses que les autres. Poussant un battant de la main, elle entra dans la bibliothèque vide. Même Mme Pince était absente. Cette pièce reflétait bien son état d'esprit : pleine de connaissance mais sans personne pour en profiter. Solitaire. Etaine s'était personnifiée en ce mot durant les années à l'orphelinat. Il y avait Saernel mais si la vipère la comprenait parfaitement il n'était pas humain. Et la sorcière n'était pas normale. Même pour le monde de la sorcellerie. Il n'était pas commun d'arriver à informuler en première année, de comprendre les serpents, d'être à ce point avide de connaissance. Anormale. Elle avait toujours pensé avoir des dons identiques à ceux des autres sorciers mais avait rapidement découvert que non. « Les Fourchelang sont assez mal vus » avait dit Rogue le jour de leur rencontre. Il suffisait d'observer les réactions des autres pour s'en apercevoir.

Elle caressait du bout des doigts les reliures des vieux ouvrages d'un geste machinal, comme elle le faisait chaque fois qu'elle se rendait à la bibliothèque. Sa main s'arrêta sur un livre apparemment de cuir vert sombre mais dont la texture rappelait une peau de serpent. Etaine regarda autour d'elle elle était dans la plus ancienne partie de la Réserve où elle ne s'était pas encore aventurée. Mme Pince était toujours portée absente. La sorcière attrapa l'ouvrage et le transporta jusqu'à l'un des bureaux qui étaient dispersés un peu partout dans la pièce. L'ouvrage n'était pas très lourd pour sa taille. Cela dit il n'était pas très grand par rapport aux vieilles encyclopédies. La jeune fille lui donnait vingt centimètres sur quinze avec quatre de largeur. Un livre de poche. Il n'avait aucun titre, pas même quelques runes indéchiffrable, juste cette peau de serpent qui ressemblait à s'y méprendre à du cuir. Elle posa l'ouvrage sur la tablette qu'un rayon de soleil éclairait. Aussitôt la couverture de terne devint étincelante : on voyait clairement les écailles qui semblaient séparées les unes des autres par des fils d'argent. Des ornements complexes se dessinaient sur la première et la quatrième de couverture. Un « S » ouvragé en forme de serpent avait été placé sur chacune. Un fermoir d'argent fait de ce qui semblait des lianes refermait le livre. Mais en regardant plus attentivement Etaine vit qu'il s'agissait de petits serpents si bien imités qu'ils semblaient vous regarder de leurs yeux émeraude. Jetant un coup d'œil à la tranche la sorcière vit que des mots s'étaient également gravés sur toute la longueur : Salazar Serpentard.

La jeune fille sentit son cœur faire un bon. Cet ouvrage traitait du fondateur de la maison de Serpentard. Elle posa la main sur le fermoir.

-Ne devriez-vous pas être en cours, miss Knightley ? demanda la voix de Mme Pince au-dessus d'elle.

Cette fois son cœur s'arrêta. Elle n'avait pas entendu approcher la bibliothécaire. Que ferait celle-ci quand elle l'apercevrait avec à la main un livre sur celui qui avait créé la Chambre des Secrets ?

-Que lisez-vous ? Ah, déchiffra-elle par-dessus l'épaule de la jeune fille, Sortilèges les plus courants et leurs contre-maléfices. Vous ne trouverez pas meilleur manuel si vous voulez apprendre des sortilèges supplémentaires, approuva-t-elle avec un hochement de tête appréciateur.

Etaine acquiesça, stupéfaite. Elle reporta son regard vers l'ouvrage puis masqua sa confusion pour jeter un coup d'œil à la bibliothécaire. Le livre devant elle affichait désormais une innocente couleur beige et une écriture fine et élégante avait tracé le titre lu par Mme Pince. Celle-ci ne semblait se douter de rien. Ce faisant elle aperçut l'horloge derrière la femme et se rendit compte qu'il ne lui restait que sept minutes pour se rendre à sa salle de cours.

-Oh, vous avez raison, je vais être en retard, je me suis laissé absorber, mentit la jeune fille. Est-ce que je peux l'emprunter ? ajouta-t-elle avant d'avoir pu se retenir.

-Bien sûr, acquiesça la bibliothécaire, il est admirable que des gens s'intéressent tant aux livres.

Mme Pince inscrivit le titre du livre et son nom de famille sur le registre des entrées et sorties avant de la laisser filer vers son cours de vol.