Helloo !
Comment ça va ? Comment s'est passé le bac (si certains parmi vous le passaient) ? J'espère que vous savourez votre liberté maintenant :D
Alors, juste plusieurs petites choses à dire :
- Avec ma bêta, vous le savez déjà, mais on a créé une page Facebook, et cet été, on organise la Coupe des 4 Maisons. Ca a déjà commencé, mais vous pouvez prendre en cours de route sans problème si ça vous intéresse :) Il y a des rounds chaque semaine, commençant le dimanche, et cette semaine, il s'agit d'un quizz sur Harry Potter. Ce sera principalement des épreuves en rapport avec le Drarry mais aussi sur HP en général :) Voilà, si vous voulez aller y faire un tour, je vous rappelle le nom de notre page "Drarry Shippers - "il devenait de plus en plus obsédé par Malefoy" ".
- Je recherche toujours quelqu'un qui pourrait faire une illustration pour cette histoire, si jamais vous connaissez du monde ou que vous êtes intéressés, n'hésitez pas :)
- Concernant les OS que je vous avais promis toutes les 10 reviews, je vais ralentir quand on aura passé la 100ème, genre pour la 150 et cie, parce que j'en ai quoi, quatre à écrire, plus les chapitres de l'histoire qui tourne à chaque fois à plus de 25 pages, et ouais, ça prend du temps xD Donc a ceux à qui j'ai promis ces OS, ils seront écrits aussi vite que possible, si je me bouge les fesses pour avancer le plus rapidement possible dans le reste haha
- En ce moment, je passe trop de temps à chanter comme une casserole dans ma chambre grâce au site KaraokeParty. Si vous voulez rire et vous amusez, venez venez ! Mon pseudo c'est Clapou, et même ma bêta y est. Ouais je t'affiche AJ ! HAHAHAHA
- Juste une question, vu que j'écris énormément avec de la musique (bon ça vous le savez déjà), est-ce que ça vous intéresserait si je crée une playlist sur youtube avec toutes ces chansons, comme ça vous pourriez les écouter en lisant ? :)
- Et enfin, promis après c'est fini : Concernant ce chapitre, vous en apprenez beaucouuuuup plus et j'espère que ça va vous satisfaire héhé ! Je m'excuse d'avance parce que cette fin est encore en queue de poisson, et promet une suite triste, maiiiis, promis, ça durera pas longtemps !
Voilà, c'est à peu près tout pour le blabla chiant :p
Sinon, on en est maintenant à 97 reviews (on touche du doigt les 100, yeeeeep), 23 favoris et toujours 50 followers. Merci à Egwene Al' Vere qui a ajouté cette histoire dans ses favoris :)
Un petit mot de ma bêta qui aime trop faire du karaoke (héhé) : "Vous allez être étonnés par ce chapitre et ce qu'on y apprend. J'ai tellement été prise par la lecture des dernières pages que j'ai dû laisser quelques fautes, pardon !"
RAR :
Daidaiiro30 : Drago et Harry, c'est genre 1 pas en avant, et trois pas en arrière. Des vrais boulets (dis l'auteur qui pourrait juste les jeter dans les bras l'un de l'autre, mais non haha). Exactement, beaucoup plus de détails dans ce chapitre, et j'espère que ça éclairera vos lanternes :) Haha, tes messages sur Facebook m'ont bien fait rire :D Allez, je te souhaite une bonne lecture, j'espère que ça va te plaire ! Des bisous, et je réfléchis comme il se doit à ton OS ;)
Aventurine-san : Hellooo ! Ca m'étonnerait pas qu'un jour, je me réveille et que Drago et Harry soient genre au dessus de moi, prêts à me faire souffrir. Dure vengeance :'( . Haha, j'étais sûre que Dumbledore s'attirerait des ennemis, mais ça part d'une bonne intention (oui oui j'y crois), et il veut juste trouver un moyen de sauver le monde sorcier. Je pense qu'il a peur qu'ils soient aveuglés par leurs sentiments comme lui l'a été avec Grindelwald (Ouais, je suis shippe trop le Gellert/Albus :D . Le câlinage Malfoyen, j'adore ! Marque déposée par Aventurine-san :D Oh mon dieu, qu'est-ce que tu m'as fait rire avec ton Duncan Gollum xD J'en peux plus, je vais pas pouvoir m'empêcher de penser à Gollum quand je vais écrire des passages avec lui xD Héhé, je me demandais qui remarquerais l'ambiguité entre eux deux. Je sais pas encore exactement si je vais aller au bout de ce que je veux mais je crois que je vais craquer xD Enfin, peut-être que je vous demanderais à vous tous ce que vous voulez pour eux ! :p Héééé non, pas les chevaliers de la table ronde ! Mais tu en sauras plus dans ce chapitre ;) Espère très puissamment alors xD Je veux pas te dégoûter, mais sacré Ginny :') Oh non, je vais avoir peur que tu me houspilles maintenant, surtout que pour le coup, ce chapitre est un peu sadique ... Paix à mon âme ... M'enfin, j'espère que t'as passé une bonne semaine ! Des bisous ! :D (Oh et si tu veux discuter, hésites pas à envoyer un message sur la page fb :) )A très vite !
Yukino : Coucouuuu ! Mais oui ! Je rêve d'y aller ! Un jour, on y arrivera :D On aura ces foutus places et ce sera amazing ! J'ai vu ça ! Bon je vais pas souvent sur Twitter mais hésites pas à me harceler si jamais haha ! Oh merci pour ces compliments ! Je suis trop contente que tu ai autant aimé ce chapitre ! Vraiment ! C'est vrai que leur situation est triste (je me déprime moi même quand j'écris) mais ils sont plus ou moins "obligés" de passer par là. M'enfin, ça va pas s'arranger tout de suite, mais ça viendra ;) Oh je ferais un peu plus de Hermione alors, c'était prévu de toute façon :D On est d'accord, ils ne sont pas faits pour être ensemble ! J'irais pas jusqu'à cracher sur eux parce que si on réfléchit bien, je pense que Harry trouve chez elle à la fois un rappel de Lily et d'un autre côté elle le voit vraiment comme juste Harry. Bref, je suis quand même plus pour Drago et Harry hein :D Sur ce, j'espère que ce chapitre va te plaire ! Bisous :D et à très vite !
Bonne Lecture !
Musique :
Trevor Morris
Anne Dreams of her Childhood
Audiomachine
The Truth
Chapitre 13
Lord Voldemort ouvrit la porte sans s'inquiéter un seul instant de savoir s'il avait le droit d'entrerdans la pièce. Il baissa sa capuche sitôt qu'il l'eut refermée et s'approcha du fauteuil dans lequel dormait un homme aux cheveux aussi sombres que les siens. S'arrêtant de telle façon qu'il se trouvait juste au dessus de son visage, le Seigneur des ténèbres passa sa main dans les cheveux de l'homme pour le réveiller.
- Hum, j'aime quand tu fais ça, marmonna l'inconnu avec un sourire, ses yeux papillonnant pour finalement se poser sur le visage du Lord.
Voldemort retira sa main et se recula jusqu'à tomber dans un fauteuil, s'installant avec légèreté tandis que l'homme se redressait, étirant son corps souple encore empli de sommeil.
- Quel bon vent t'amène Tom ? ajouta l'homme en posant ses yeux argentés sur Jedusor.
- Le Maître a demandé à nous voir, abruti.
- Oh, se contenta de répondre l'homme.
Tom Jedusor ne répondit pas, promenant son regard sur le feu qui crépitait dans la cheminée. Il passa sa main dans ses propres cheveux, pas assez habitué à cette sensation trop rare. Il avait l'habitude de voir ce visage qu'on qualifiait de « serpentesque » mais chaque visite dans le manoir d'Outre-Tombe le ramenait à sa véritable apparence, au jour où il avait découvert qu'il faisait partie des Chevaliers de la Mort.
- J'admets, tu avais raison, Potter est un putain d'emmerdeur.
- J'ai toujours raison Duncan, répondit Tom en lui jetant un regard supérieur.
Duncan lui offrit un sourire rayonnant et se leva pour s'approcher de lui, se laissant tomber sans grâce sur les genoux du Seigneur des Ténèbres.
- Est-ce que tu le sens Tom ? Demanda Duncan à son oreille. Il est en colère parce que l'un des Quatre s'est rendu là-bas.
Tom lui jeta un regard dénué de sympathie. Il avait beau avoir plus de respect pour lui qu'il n'en avait jamais eu pour n'importe quel autre homme, il gardait tout de même cette froideur caractéristique de son caractère. Il avait mis énormément de temps à accepter qu'il devait se lier à eux pour gagner en puissance, préférant faire cavalier seul mais « l'accident Potter », comme il l'appelait, lui avait fait reconsidérer les choses. Il avait finalement accepté, refusant cependant de s'installer avec eux dans le Manoir d'Outre-tombe, préférant garder le peu de liberté qu'il lui restaitet continuer à croire qu'il pouvait encore choisir.
En réalité, il avait compris depuis longtemps qu'il avait gagné plus de puissance dès le moment où il avait accepté de céder une partie de son âme à son Maître, mais sa fierté lui rappelait sans cesse qu'il avait cherché toute sa vie à se démarquer des autres. Soit, il pouvait arguer qu'il était loin d'être un simple sorcier, mais pour cela, il devait partager la victoire avec trois autres psychopathes et obéir aux ordres d'un dieu éternel.
Après tout, il était Voldemort, il décidait de ce qui était bien pour lui ou pas. Et puis, il appréciait ces psychopathes, ce qui était plutôt rare de sa part, puisqu'il n'aimait que lui-même.
Duncan avait un caractère bien trempé et était complètement lunatique. Pourtant, il leur était d'une loyauté sans faille et Tom savait qu'il pouvait compter sur lui. C'était différent de la relation qu'il avait envers ses mangemorts. Alors qu'il ne jurait que par la peur et la souffrance, Duncan lui vouait un culte sans nom simplement pour l'enfoiré qu'il était. Tom n'avait jamais eu d'amis, ni de famille, mais il touchait du doigt ce qui y ressemblait avec eux.
Alénior parlait rarement, si ce n'était pour prononcer des mots qui exprimaient en leur essence même tout ce qu'il pensait. Chaque parole, chaque émotion passait dans ses yeux. Deux jades qui brûlaient d'un feu flamboyant de haine pour quiconque, hormis eux trois, s'approchait de lui.
Darius était perpétuellement en colère, la rage glissait dans ses veines comme le sang qui alimentait son cœur. Tom s'y était habitué, puisant en lui quand sa propre haine devenait trop forte à supporter seule et qu'il n'avait aucun mangemort sous la main pour se défouler.
A eux quatre, ils étaient les pires fléaux de l'humanité, mais Tom n'aurait jamais imaginé porter ce genre de sentiments, si tant était qu'il en avait, pour personne d'autre qu'eux. Les Chevaliers de la Mort.
Depuis tout petit, il avait rejeté avec véhémence toute supériorité, crachant au visage de ceux qui se croyaient assez forts pour s'élever au dessus de lui et le considérer comme un esclave. Il avait étéson seul maître, jusqu'à ce qu'il rencontre La Mort.
Drago se sentait comme une merde.
Il avait mal dormi, un mal de crâne lui vrillait le cerveau depuis qu'il avait osé poser un pied sur le sol froid du dortoir des Serpentard, et le pompom, il était assis en face de la vision la plus agaçante qui lui ait été donné de voir depuis très longtemps.
Comme ses cauchemars n'avaient pas été assez peuplés par le visage de Potter, il fallait encore qu'il se retrouve face à lui dans la Grande Salle. Blaise l'avait tiré de force jusqu'ici pour qu'il avale quelque chose avant d'aller en cours, et en homme complètement détruit, il s'était laissé faire, comme un con.
Même d'un endroit aussi éloigné, il pouvait distinguer chaque émotion qui passait sur les visages de Potter et de la Belette femelle, qu'il avait très envie d'assassiner. Il aurait pu lui crever les yeux, si ça pouvait l'empêcher de poser des regards énamourés sur son Potter, qu'il avait envie de frapper jusqu'à ce qu'il le supplie. Mais non, il était assis à cette foutue table, entouré de tous les Serpentard et ne pouvait qu'observer la discussion complètement inutile des deux Gryffondor.
Il avait envie de mourir.
Une partie de lui avait vraiment envie de frapper Potter jusqu'à ce qu'il admette qu'il ne pouvait pas vivre sans lui, alors que l'autre préférait s'enfermer dans les toilettes des filles jusqu'à ce qu'il n'ait plus assez de larmes pour pleurer. Pitoyable.
Rubis – cet enfoiré – lui avait fait promettre de ne pas s'éloigner de Potter, mais il pouvait clairement se mettre sa parole là où il pensait. Potter ne le regardait pas, Potter ne s'intéressait même plus à lui et il n'allait certainement pas faire le premier pas vers lui.
En réalité, il ne savait pas quoi faire. Il se rappelait vaguement de ce que Rubis lui avait dit, et plus il essayait d'y penser, plus il angoissait à l'idée que quelque chose de pire que Voldemort était à ses trousses. Ce qui en soit ne l'aidait absolument pas, puisqu'il devait à tout prix éviter que l'Angoisse – Duncan – se rapproche de lui.
Mais il ne pouvait rien faire. Il était coincé, et s'il ne sortait pas bientôt de cette salle où il avait Potter face à lui sans qu'il ne puisse s'approcher ni même le toucher, et encore moins frapper Weaslette pour oser toucher son Gryffondor, il allait faire une crise.
Maintenant.
Il se leva et ne put louper les regards inquiets de ses amis. Comme si ça allait l'aider. Il se dépêcha d'attraper son sac et s'enfuit de la Grande Salle sans un regard en arrière, évitant avec difficulté de tourner la tête vers Potter au moment où il passait à côté de leur table.
Il atteignit avec soulagement le hall, se permettant enfin de respirer librement. Des bruits de pas se firent soudainement entendre derrière lui et il pria pour que ce ne soit pas Potter, auquel cas il était sûr qu'il craquerait et se jetterait sur lui, à nouveau. Il en pleurerait tellement il avait besoin de le sentir contre lui.
Il se retourna au moment où l'inconnu attrapa son bras et il reconnut immédiatement Blaise, qui le fixait d'un air si inquiet qu'il regretta un instant de l'avoir éloigné pendant si longtemps.
Zabini le tira derrière lui et Drago se laissa faire, abandonnant pour un instant toutes les barrières qu'il avait levées autour de lui. Il ouvrit une porte et l'entraîna dans une salle de classe vide.
Drago eut un pincement au cœur quand il réalisa que c'était justement la salle dans laquelle il avait juré à Potter qu'il le tuerait, à la fin de leur cinquième année.
- Bon, on a un peu de temps avant que les cours commencent, alors tu vas m'expliquer ce qui ne va pas.
La voix calme de Blaise le tira de sa torpeur et quand il posa les yeux sur lui, il hésita un moment. L'envie de tout lui dévoiler fit son chemin dans son esprit, mais la peur de perdre son ami lui vrillait l'estomac et l'empêchait de prononcer le moindre mot. Parce qu'il ne donnait pas cher de son amitié avec le noir s'il venait à découvrir qu'il était devenu complètement dépendant d'un Gryffondor, et pire encore d'un Potter.
- Drago ?
Le blond ne répondit pas, tourna la tête pour échapper au regard de Blaise.
- C'est à cause de Potter, n'est-ce pas ?
Cette fois-ci, il ne put éviter ses yeux interrogateurs. Blaise avait compris. Par Merlin, il était dans la merde.
Harry écoutait Ginny d'une seule oreille. Ce n'était pas qu'il ne s'intéressait pas à ce qu'elle disait, il adorait discuter avec elle, mais voilà, Malefoy était assis en face de lui, et il avait l'air tellement mal en point qu'il ne pouvait s'empêcher de lui jeter des coups d'œil discrets.
- Oh j'y étais presque Tom ! S'exclama Duncan. Mais à chaque fois, à chaque petit moment où il est sur le point de sombrer, Potter prend la place dans son esprit ! C'est infernal !
- Tu ne parviendras à rien tant que tu ne l'auras pas vu en chair et en os, lui répondit Voldemort en le repoussant pour se lever du fauteuil.
- Fais le venir à ton manoir, et alors je pourrai l'approcher, susurra l'Angoisse.
- Impossible, le vieux fou le surveille de trop près, et il a une mission à remplir. Tu sais comme moi combien c'est important pour la suite.
Duncan grommela et finit par se lever, libérant le Seigneur des Ténèbres qui lui jeta un regard noir quand il se permit de lui tendre la main pour l'aider à se lever. L'ignorant royalement, il se glissa jusqu'à la porte, suivi de l'Angoisse et traversa les couloirs sombres du Manoir jusqu'à une immense porte en chêne sombre. Devant elle se dressait deux silhouettes qu'il n'eut aucun mal à reconnaître.
Alénior se retourna quand il sentit le fourmillement habituel qui les tiraillait lorsqu'ils se retrouvaient tous les quatre, et lui offrit un sourire dénué de joie. Darius, quant à lui, gardait le visage tourné vers la porte, les ignorant superbement, son corps vibrant comme d'habitude, d'une colère qu'il avait du mal à contenir.
La porte s'ouvrit seule devant eux et ils s'engouffrèrent comme un même homme dans la salle obscure.
Blaise le fixa intensément. Il ne laisserait pas passer cette occasion, il devait savoir ce qui arrivait à Drago.
- Alors ? Demanda-t-il avec impatience.
Le blond évitait son regard et se triturait les mains. Tel qu'il le connaissait, il aurait dû l'envoyer chier depuis longtemps, mais Drago n'avait rien fait. Ce qui l'inquiétait encore plus et le poussait à savoir. Il voyait bien que son ami avait besoin de parler et d'être réconforté mais il restait aussi muet qu'une carpe.
- Drago ! s'exclama Blaise d'une voix énervée.
Le blond lui jeta un regard complètement apeuré, qui surprit autant qu'il effraya son ami. Blaise n'avait jamais vu Drago Malefoy dans un tel état. Perdu, renfermé et aussi affolé. Il avait l'impression d'avoir une autre personne devant lui, quelqu'un qui avait pété un câble et qui se laissait doucement sombrer dans toute cette merde qui semblait le bouffer.
Il s'approcha de Drago, posa une main douce sur son bras.
- Je suis pas là pour te juger Drago, souffla Blaise d'une voix triste.
Le blond tourna la tête et croisa son regard.
- Je, commença-t-il, merde Blaise, jure-moi que tu n'en parleras à personne !
Le noir écarquilla les yeux de stupeur, mais acquiesça avec force, jurant qu'il ne répéterait pas un seul mot de ce qu'il lui dirait. Drago se laissa tomber sur une chaise, cachant son visage dans ses mains fines en soupirant lourdement.
- Je sais pas par où commencer, murmura le blond en relevant la tête pour regarder son ami.
Blaise s'assit face à lui, et le fixa avec un sourire encourageant.
- Commence par le début, répondit-il.
Alors, Drago commença.
Aucune lumière n'éclairait la salle, l'obscurité ayant pris son droit dans la demeure. Ils s'avancèrent de front, comme ils avaient l'habitude de le faire à chaque fois qu'Il les appelait.
Tom ne pouvait s'empêcher de sentir cette pointe de peur lui tordre l'estomac dès lors qu'il entrait dans la pièce. La Mort réussissait à elle seule à terroriser les plus valeureux d'entre eux. La colère de Darius semblait disparaître à chaque fois, Duncan se la fermait et Alénior se renfermait encore plus si c'était possible. Quant à lui, il attendait, se soumettait avec humiliation – chose qu'il regrettait toujours ensuite – et attendait.
Attendait que La Mort s'avance et leur parle.
Les pas lourds de leur Maître retentirent dans le noir absolu qui les entourait, partout. Il s'approcha d'eux, laissant son souffle ardent brûler leurs visages obéissants.
- Alors ? siffla une voix sortie d'outre-tombe, aussi sombre et grave que possible.
La voix du Diable en personne. Même dans l'obscurité, ils avaient la faculté de voir tout ce que La Mort acceptait de leur montrer. Ils étaient des Chevaliers de l'ombre, aussi pervertis que leur Maître. Leur âme était aussi noire que les ailes d'un corbeau et leurs yeux capables de voir au delà des ténèbres qui les engloutissaient.
La Mort semblait être irréel. Sa peau était aussi sombre que le charbon, ses yeux complètement blancs et vides de toute humanité. Deux pupilles claires traversées de noir, qui pouvaient les clouer au sol d'un simple regard. Il était grand, inhumain, respirait un souffle venant du plus profond des entrailles de la terre.
Terrifiant était le premier mot qui venait à l'esprit de Lord Voldemort. Fascinant était le second. Dégoût venait en troisième position. Tom Jedusor, l'homme qui rejetait toute supériorité autre que la sienne, écrasait ceux qu'il considérait comme inférieurs, maître de son monde, ployait sous le démon qui s'élevait face à lui et qui lui offrait encore plus de pouvoir que ce qu'il avait pu imaginer plus jeune.
- Mon armée se rassemble, siffla le Seigneur des Ténèbres. Et bientôt le jeune Malefoy sera à nous.
La Mort s'approcha de lui et passa sa main sur son visage d'albâtre.
- Bien, souffla-t-il à son oreille d'une voix lourde.
Voldemort tressaillit mais ne bougea pas. Du coin de l'œil, il vit Duncan lui jeter un regard bourré de sous-entendu, mais Tom l'ignora.
Leur Maître se recula, prenant place sur le trône qui siégeait au centre de la pièce, aussi noir que lui l'était.
- J'ai vu, La Mort marqua un temps d'arrêt, cette vermine l'approcher.
Les quatre Chevaliers déglutirent, sentirent avec angoisse les prémices de la colère de leur Maître.
- Maître, commença Duncan, je peux vous assurer que ça n'arrivera plus.
La Mort pencha la tête sur le côté, posant ses yeux translucides sur son soldat. Un frisson de terreur traversa tout le corps de l'Angoisse et son Maître tirailla le lien qui les liait tous, lui rappelant qu'il pouvait faire de lui un simple pantin s'il le souhaitait.
- Comment ? lui demanda La Mort alors qu'il connaissait parfaitement la réponse.
- Il sera amené au Manoir Malefoy juste après avoir tué Dumbledore, répondit Duncan en jetant un coup d'œil à Tom qui se contentait de regarder droit devant lui.
- Tu iras, claqua la voix de La Mort dans l'obscurité.
- Maître ? demanda Tom en fronçant les sourcils.
- Duncan t'accompagnera.
La réponse ne laissa aucun soupçon de contestation. C'était un ordre pur et simple et si Tom était passablement énervé de voir son territoire envahi par l'Angoisse, il ne protesta pas, préférant encore se défouler plus tard sur un de ses mangemorts plutôt que de souffrir des tortures de son Maître.
La Mort sourit d'un air mauvais, suivant tout le cheminement de pensées de ses Chevaliers.
- Alénior, apporte-le moi.
La Solitude fit un pas en avant, se détachant de ses pairs pour s'approcher de son Maître. Il déposa un parchemin dans la paume de La Mort, retenant sa main de frôler la peau ardente du monstre.
Il déroula le vélin et parcourut dans un silence mortel les quelques mots qui recouvraient le papier. Il sourit d'un air cruel, ses yeux se plissant en une lueur malsaine.
La joie morbide jaillit du lien et les envahit soudainement, partageant l'une des premières victoires de leur guerre contre La Magie.
D'un simple geste de la main, il fit disparaître le parchemin et renvoya Alénior à sa place.
Les êtres de la nuit rugiraient à leurs côtés.
Blaise le fixa pendant quelques secondes sans rien dire. Drago avait l'air au bord du gouffre même si ça lui avait clairement fait du bien de se confier. En réalité, il avait encore du mal à croire que le blond se soit autant attaché au Gryffondor, même si au fond, ça ne l'étonnait pas. Les deux ennemis s'étaient cherchés dès leur première année et ça n'avait été qu'une question de temps avant que leur relation évolue. Blaise s'imaginait qu'ils auraient plutôt opté pour une haine viscérale, mais visiblement, ils en avaient fait autrement.
Il devait avouer que savoir que Drago n'arrivait plus à se passer de Potter était assez perturbant. Malefoy n'avait jamais eu besoin de personne et ne s'était encore moins attaché à quelqu'un avant maintenant. Pas au point qu'il révèle au Gryffondor qu'il était bel et bien un mangemort.
- Tu crois qu'il gardera le secret ? Ne put s'empêcher de demander Blaise.
Il vit dans le regard torturé de Drago qu'il ne savait pas, qu'il n'était même pas certain de savoir si le Gryffondor jouait avec lui depuis le début ou si tout ça était sincère. Alors le blond haussa les épaules avec une grimace. Blaise voyait bien que ça le touchait vraiment.
- C'est pas si horrible que ça y paraît, ajouta le noir avec une moue réconfortante.
- Pas si horrible ?! s'exclama Drago en se levant de sa chaise. C'est Potter Blaise, Potter !
- Et alors ? rétorqua Blaise. Ça aurait pu être Weasley.
Drago eut une moue dégoûtée et se laissa finalement retomber sur sa chaise avec un soupir à fendre l'âme.
- Qu'est-ce que tu vas faire ? ne put s'empêcher de demander le noir.
Le blond haussa les épaules.
- Rien, répondit-il. Potter m'a clairement fait comprendre qu'il ne voulait plus me voir.
- Qu'est-ce que t'en sais ?
Drago le fusilla du regard.
- Putain Drago, on parle de Potter, Saint Potter, tu penses sérieusement qu'il t'enverrait chier comme ça ?
- Justement Blaise, on parle de Harry Potter, mon ennemi juré, tu te rappelles ?
Le noir haussa un sourcil circonspect.
- J'ai pas l'impression qu'on peut encore vous appeler des ennemis …
Il vit le corps de Drago se tendre et Blaise n'osa pas en dire plus de peur de braquer le blond.
Drago se sentait honteux. Il n'avait pas osé lui parler de Rubis et de la mission que Voldemort lui avait donnée. Parler de Harry était déjà bien assez éreintant et il préférait éviter de mêler Blaise aux histoires merdiques dans lesquelles il s'était mis.
Dans un sens, ça lui faisait du bien d'en avoir parlé et d'avoir pu mettre des mots sur tous ses problèmes. Et surtout, fait non négligeable, Blaise ne l'avait pas envoyé chier quand il avait compris que ça allait beaucoup plus loin que ce qu'il y avait toujours eu entre Potter et lui. Drago n'arrivait toujours pas à comprendre exactement ce qu'il se passait entre eux, mais une chose était sûre, il ne pouvait plus faire semblant de croire qu'il considérait toujours Harry comme son ennemi, parce que c'était entièrement faux.
- Tu devrais aller le voir, suggéra Blaise en lui souriant d'une manière qu'il n'arriva pas à interpréter.
La première chose qui vint à l'esprit de Drago à cette phrase fut qu'il n'était pas le premier à lui dire qu'il devait aller voir Potter. Mais il n'irait pas, pas cette fois-ci.
- Il va m'envoyer chier, et j'ai encore trop de fierté pour accepter de le supplier, merci, répondit le blond avec amertume et une pointe de sarcasme qui énerva son ami.
- Alors quoi, tu vas rester là à te morfondre ? répliqua Blaise en haussant la voix.
- Exactement.
Blaise rugit et se leva d'un seul coup.
- Non mais tu t'es vu ?! Attaqua le noir. Tu ressembles à rien, tu manges plus, tu dors pas, tu nous parles plus, on dirait un zombie et alors que Potter, putain si on m'avait dit ça il y a quelques années, Potter est le seul enfoiré qui arrive à te redonner un peu le sourire, tu vas l'effacer de ta vie, comme ça ?
Drago le fixa d'un air éberlué, estomaqué de voir que Blaise s'inquiétait autant pour lui et qu'il ait remarqué qu'il se sentait comme une merde. Il ne se sentait pas capable d'aller voir Harry, il avait l'impression que son monde pourrait s'écrouler autour de lui sans qu'il ne parvienne à faire quelque chose pour l'empêcher. Attendre, alors qu'il n'y croyait plus, que Potter revienne vers lui, lui permettait de tenir encore un peu debout. Parce que si le Gryffondor l'envoyait définitivement chier, il ne savait pas s'il arriverait à s'en relever.
Il était pitoyable.
- Putain Drago, c'est pas un drame. Toi et Potter, ça a toujours été particulier, vous avez jamais été capable de vivre l'un sans l'autre.
- Il faut croire que si, répondit le blond avec aigreur.
Blaise soupira, passa sa main sur son visage pour s'empêcher de hurler de frustration devant l'imbécillité de son ami. Il avait assez bien cerné Potter pour savoir qu'il n'était pas du genre à abandonner les gens comme ça et qu'il se sentait probablement tout aussi mal que lui en ce moment même. Il suffisait de voir les regards que jetait le Gryffondor au blond, qui ne s'en rendait même pas compte.
- Si mes parents savaient … gémit Drago en se prenant la tête dans les mains. Mon père me tuera s'il apprend ce que j'ai fait.
- Je crois qu'il est mal placé pour t'engueuler alors que c'est de sa faute si tu te retrouves embarqué dans tout ça.
Blaise était une grande gueule et ne rechignait jamais à dire ce qu'il pensait, Drago le savait, pourtant, entendre son ami traiter son père de cette manière ne l'aida pas à moins culpabiliser. Il savait que Voldemort lui avait donné cette mission parce que son patriarche avait échoué à lui ramener quelque chose, mais ça ne l'empêchait pas de garder ce respect et cet amour qu'il avait pour son aîné. Et surtout, il se demandait bien de quoi pouvait parler Blaise.
- Je vois pas de quoi tu parles, marmonna le blond en tournant la tête pour éviter le regard inquisiteur du noir.
- Oh je ne suis pas assez con pour ne pas comprendre qu'il n'y a pas juste Potter qui te déprime autant. Évidemment qu'Il t'a donné quelque chose à faire n'est-ce pas ?
Drago grimaça.
- Je ne veux pas en parler, siffla Drago.
- Et je ne veux pas savoir ce que tu dois faire, mais sache juste que si tu as besoin d'aide, je suis là.
Drago lui jeta un regard incertain. Une partie de lui trépignait à l'idée qu'il pourrait avoir de l'aide alors que l'autre s'évertuait à lui rappeler qu'il ne pouvait pas le mêler à ça.
- Je peux me débrouiller seul ! répondit le blond plus violemment qu'il ne le voulait.
Il ne put louper le regard blessé dans les yeux de Blaise, mais il préférait le repousser de cette manière plutôt que de le forcer à faire parti du cercle des mangemorts.
Drago se leva, incertain quant à ce qu'il devait dire ou faire.
- Je dirais rien, promit Blaise en se levant à son tour.
- Je sais, se sentit obligé de répondre Drago avec un léger sourire, rassuré.
Blaise se rapprocha de lui et le prit maladroitement dans ses bras, serrant contre lui le corps tendu de Drago.
- Je sais que tu préférerais que ce soit Potter, mais l'étreinte d'un ami, ça fait pas de mal parfois, dit Blaise avec un rire.
Drago sourit et se laissa finalement faire, oubliant un instant tous les problèmes qui l'engloutissaient, admettant tout de même qu'il aurait préféré que ce soit Harry qui le serre contre lui.
Harry ne s'attendait pas réellement à ce que Malefoy soit là. En réalité, il ne savait même pas quel jour il était né, ce qui expliquait pourquoi il n'escomptait pas qu'il se trouverait avec lui en cours de potion alors que quasiment tous les autres sixième année étaient à Pré-au-Lard pour s'entraîner au transplanage.
Oh, ça l'angoissait, il n'osait pas regarder le Serpentard de peur qu'il surprenne ses yeux sur lui. Heureusement, Ernie parlait assez pour rompre le silence pesant qui régnait dans la salle de classe.
Harry aurait voulu rire. Faire une potion d'allégresse alors qu'il se sentait plus mal qu'un veracrasse relevait du comble. Et il fallait croire que Malefoy l'était encore plus que lui. Même s'il s'efforçait de ne pas le regarder, il ne pouvait s'empêcher de jeter des coups d'œil vers lui toutes les deux minutes pour observer son visage.
Il avait la peau si pâle et ses cernes lui dévoraient les yeux. Il semblait épuisé, éreinté, trop loin de lui. Harry regrettait amèrement de s'être éloigné du Serpentard, et si seulement Ernie et Slughorn ne se trouvaient pas dans la même pièce que lui, il aurait osé s'approcher de Malefoy.
Il ne savait pas ce qu'il aurait fait. Peut-être qu'il se serait approché de lui et qu'il l'aurait pris dans ses bras en lui disant combien il regrettait de l'avoir rejeté l'autre jour, ou alors il se serait contenté de le regarder, de le laisser venir jusqu'à lui et de s'abandonner dans ses bras.
Mais il ne pouvait pas, il avait fait une promesse à Dumbledore et il s'était promis d'essayer de récupérer le souvenir de Slughorn avant d'utiliser le Felix Felicis en dernier recours.
Drago, quant à lui, comptait les minutes. Sa potion ne ressemblait à rien et la seule chose à laquelle il pouvait penser était qu'il ne s'était pas tenu aussi proche de Potter depuis longtemps. C'était une vraie torture.
Les mots de Blaise tournaient en boucle dans sa tête, ceux de Rubis lui vrillaient le crâne et s'il les écoutait, il se serait probablement jeté sur le Gryffondor pour le serrer contre lui. Il avait terriblement besoin de sentir son corps contre le sien et de savoir qu'il ne l'avait pas abandonné.
Mais sa fierté l'empêchait de quitter sa place et de s'approcher de Potter. Il avait des choses à faire et n'en pouvait plus de ne penser qu'au brun. Il n'avait pas avancé sur l'armoire, était incapable d'écrire un devoir potable parce qu'il n'avait que le Gryffondor en tête. Tout le temps.
Ils étaient foutus.
- Hermione, tu sais ce qu'il se passe avec Harry n'est-ce pas ? demanda Ron en coulant un regard vers elle.
La jeune femme se mordit la lèvre. Elle ne savait pas réellement quoi dire. Elle comprenait pourquoi Harry n'avait rien dit à Ron, et même si le rouquin ne semblait pas lui en tenir rigueur, Hermione se dit que le brun ne voudrait certainement pas que son meilleur ami sache qu'il avait le béguin pour sa sœur.
Ron piquerait à coup sûr une crise et elle ne voulait pas de ça maintenant. Pas alors qu'ils s'étaient réconciliés et qu'ils s'étaient enfin retrouvés tous les trois comme avant.
- Il est épuisé, et il a peur d'avoir déçu Dumbledore, répondit-elle en choisissant soigneusement ses mots.
- Y a pas que ça hein ? demanda Ron en lui jetant un regard inquiet.
Hermione tiqua. Est-ce qu'il savait ?
- Je sais qu'il a la pression avec tout ce qu'il se passe depuis le retour de Tu-Sais-Qui, ajouta le rouquin d'un air triste. Mais il peut m'en parler hein Hermione ?
La brune ne sut quoi répondre. Elle savait que Ron souffrait lui aussi des silences de leur meilleur ami, mais Harry semblait se renfermer sur lui-même. Il leur cachait quelque chose, elle le sentait mais n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Elle l'avait compris ce soir-là quand il s'était effondré contre elle mais elle pensait qu'il finirait par lui dire ce qu'il avait.
En vain. Harry était resté muet et semblait encore plus abattu qu'avant, si c'était possible. Elle ne comprenait pas pourquoi, ne voyait pas ce qui avait pu arriver pour que son meilleur ami soit aussi triste et se sente obligé de tout garder pour lui. Ce n'était pas que à cause de Dumbledore ou de Voldemort. Harry ne se serait pas mis dans un tel état pour ça. Dès qu'il s'agissait de son combat contre le Seigneur des Ténèbres, le brun adoptait cette aura guerrière qu'elle lui avait parfois vu et qui l'impressionnait à chaque fois.
En réalité, depuis la mort de Sirius, Harry semblait avoir entamé une descente en Enfer, et rien de ce qu'elle pouvait faire ne semblait l'aider. Peut-être que Ginny parviendrait à le sortit de ce cauchemar, pourtant elle voyait bien que les quelques fois où ils parlaient tous les deux de la rouquine, il en revenait rapidement à cet air torturé qu'il arborait de plus en plus souvent.
- On devrait lui parler ? Proposa Ron avec une moue interrogatrice.
Hermione haussa les épaules, resserrant sa veste autour d'elle alors que le vent se levait sur le parc de Poudlard.
- Je pense qu'on devrait le laisser venir vers nous quand il aura envie de parler. Tu connais Harry, il doit probablement penser qu'il va nous déranger avec ses problèmes mais tant qu'il n'aura pas décidé seul que ce n'est pas le cas, on ne tirera rien de lui.
Ron maugréa mais accepta finalement les mots de la brune. Il ne savait pas par quoi passait son meilleur ami mais il était sincère quand il disait vouloir l'aider. Il avait toujours été sincère. Harry était son ami, son frère, une des personnes à laquelle il tenait le plus et il jurait de ne jamais le laisser tomber.
Harry s'appuya précipitamment contre le mur dès que la gargouille qui menait au bureau de Dumbledore l'avait descendu dans le couloir. Sa respiration devint erratique et pour la première fois depuis longtemps, il sentit les prémices d'une crise d'angoisse le submerger.
Il aurait aimé que quelqu'un soit là avec lui, Ron, Hermione, Drago, peu importe tant qu'on lui disait que tout irait bien et qu'il s'en sortirait.
Il ne voulait pas mourir. Pas à cause d'un monstre qui avait déchiré son âme en sept morceaux. Sept morceaux qu'il devait retrouver et détruire. Certes, il avait anéanti le journal de Jedusor et Dumbledore la bague de Gaunt, mais il n'empêchait qu'il en restait quand même cinq et qu'il n'était encore qu'un gosse.
Il ne savait pas comment il avait pu réussir à garder son sang-froid dans le bureau de Dumbledore. Il fallait croire que la présence de son professeur parvenait à le calmer ou tout du moins à l'empêcher de s'effondrer comme un enfant pour pleurer. Mais maintenant qu'il se retrouvait seul, il sombrait tout doucement vers l'horreur. Il fallait qu'il se raccroche à quelque chose, qu'il oublie que Voldemort était un malade et qu'il allait sûrement mourir de sa main.
Il pensa à Ron et Hermione qui l'attendaient dans la salle commune, probablement inquiets pour lui. A Ginny et sa chevelure de feu, son sourire chaleureux. Et enfin, il pensa à Drago qui avait vécu ça, et qu'il avait rejeté, comme un sale enfoiré.
Il se serait frappé la tête contre le mur s'il n'avait pas peur de se fracasser encore une fois le crâne. Il se sentait vraiment comme un con. D'accord, il avait regagné l'estime de Dumbledore en ayant enfin récupéré le souvenir de Slughorn, mais son professeur lui avait bien fait comprendre qu'il ne devait pas pour autant se perdre encore une fois dans son obsession pour Malefoy.
Il en aurait gerbé, de se dire qu'il ne pouvait pas s'approcher de Drago alors que tout ce qu'il voulait était de courir jusqu'à lui et de ne plus jamais le quitter. Il devenait probablement dingue, ne comprenait toujours pas comment il pouvait avoir autant besoin du Serpentard, mais c'était là, bien ancré en lui, cette envie permanente de voir le visage de Drago, de le regarder sourire, d'entendre le son de sa voix et de sentir son souffle contre son visage.
Il ferma les yeux, rappela à son cerveau le souvenir du visage de Malefoy, quand il s'abandonnait contre lui, ses yeux fermés, ses lèvres ourlées d'un sourire. Il le voulait tellement.
- On ne peut vraiment rien faire ? Demanda Jade pour la énième fois.
Rubis ferma les yeux, soupira, se leva et s'approcha de la fenêtre.
- Non, répondit-il, comme à chaque fois.
- Mais, commença son ami.
- J'ai dit non ! claqua la voix de Rubis.
Il se tourna vers Jade, croisa son regard résigné et ne put s'empêcher de laisser son corps se détendre quand il réalisa qu'il ne cherchait pas à l'énerver mais à plutôt à comprendre comment ils pouvaient laisser deux enfants subir les frasques du destin.
- Jade, tu sais comme moi qu'on ne peut aller à l'encontre de la prophétie. Harry a été choisi pour détruire Les Ténèbres et on ne doit pas intervenir.
L'homme aux yeux dorés soupira, replongea avec douleur son regard dans les grands miroirs face à lui, observant Drago Malefoy et Harry Potter, tous les deux submergés par l'Angoisse.
- Sauf … ajouta Rubis avec un soupir.
Jade tourna la tête vers lui si rapidement qu'une douleur pointa dans sa nuque.
- Sauf ? Répéta-t-il, impatient.
- Sauf s'il nous le demande, finit William en évitant son regard.
- Alors, il suffit qu'on aille le voir et …
- Non.
Jade fronça les sourcils et se leva de son fauteuil, s'avançant avec grâce jusqu'à Rubis qui regardait à nouveau par la fenêtre.
- Je n'avais pas le droit d'y aller, marmonna-t-il. Il va être furieux.
- Il te pardonne toujours tout, répondit Jade en posant sa main sur l'épaule de son aîné.
Rubis avait toujours été bien plus mature et réfléchi que lui, alors qu'il était au contraire trop bourré de sentiments et enclin à s'emporter plus facilement. Il lui avait toujours tout pardonné, comme leur Maître leur pardonnait leurs erreurs. Jade avait eu de la chance, le jour où il s'était retrouvé face à William. Il n'était qu'un petit vendeur de pacotille quand il l'avait rencontré pour la première fois.
Il avait immédiatement senti un courant de chaleur le traverser de part en part quand il avait touché la main tendue de l'homme et il avait su alors que quoi qu'il fasse ou qu'il veuille, il serait lié à lui. Il avait été effrayé, lui qui ne croyait en rien d'autre qu'en lui-même. Il était persuadé que Dieu était responsable de tous les événements étranges qui l'entouraient.
Il avait 20 ans à l'époque, et ce fut la première fois qu'il entendit parler de la magie.
Le lendemain, Harry allait mieux, ou en tout cas prétendait que ce n'était pas aussi terribleque ce à quoi il s'attendait. Il raconta tout à Ron et Hermione, et leurs mines horrifiées à propos des Horcruxes lui tordirent le cœur, lui rappelant l'horreur qui l'attendait.
La seule chose qui parvint à l'en extirper fut d'apprendre que Dean et Ginny avaient rompu. Il avait immédiatement intercepté le regard de Hermione, celui qui voulait dire qu'elle était heureuse pour lui, et pendant un moment, il oublia qu'il devait combattre l'un des mages les plus puissants et redevint un adolescent.
Il passa plus de temps avec elle, appréciant chaque petit instant passé à ses côtés. Ginny était toujours joyeuse, lui souriait avec tendresse et Harry se sentait alors revivre, oubliait pendant un instant Malefoy, et même ce que pourrait penser Ron de son rapprochement avec sa sœur.
La jeune femme ne semblait pas aussi triste de sa rupture avec Dean que ce à quoi il s'attendait, mais ça ne le dérangeait pas. La petite lueur d'espoir qui s'était éteinte en lui se ranimait doucement et tendrement.
Katie était revenue, et bien qu'il ne lui restait aucun souvenir de ce qui avait pu arriver avant son accident, Harry fut sincèrement heureux de la revoir.
Il se mit à attendre les entraînements de quidditch avec impatience, maintenant que Ron et Katie était de retour, et il renvoya avec une joie non feinte McLaggen. Il allait bien, mieux, oubliait tout ce pourquoi il avait sombré quelques jours auparavant.
Ne restait que Ginny.
Ginny qu'il ne pouvait s'empêcher de regarder à longueur de journée, qui l'écoutait, le regardait avec des yeux aussi beaux qu'un ciel d'automne. Il se surprenait à penser à elle différemment, s'imaginait la rouquine dans ses bras, son visage niché dans son cou, ses rires claironnant à ses oreilles, pour lui seul.
Et il voyait du coin de l'œil Ron le surveiller. Pourtant, même ça ne parvenait à entacher l'apparent bonheur qui le submergeait à chaque fois que Ginny apparaissait face à lui. Il cherchait chaque occasion de passer du temps seul avec elle, évitant Ron, laissant leurs rires se mêler quand ils arrivaient à échapper au rouquin.
Harry s'amusait, Harry revivait, mais le fait que Ron n'apprécierait sûrement pas qu'il sorte avec sa sœur l'empêchait d'en faire plus tant la peur de perdre à la fois son meilleur ami et la jeune femme l'angoissait. Pourtant, plus les jours avançaient, et plus il remarquait avec quelle merveille Ginny attirait les regards.
Elle n'en jouait pas, se contentait d'être elle-même, et Harry se demanda un jour si elle se rendait seulement compte de la force de son charme. Bientôt l'idée qu'un autre puisse lui demander de sortir avec elle fit son chemin jusqu'à son cerveau, et il se surprenait à être encore plus protecteur envers la jeune femme qu'il ne l'était déjà.
Ces jours-là, avec Ron, il s'accordait à dire que tout ce succès était mauvais pour elle. Hermione les regardait avec une moue amusée que le brun ignorait, fier d'être celui de qui Ginny était la plus proche.
Leur prochain match contre Serdaigle lui laissa un peu de répit et il put enfin profiter pleinement des quelques moments qu'il pouvait partager seul avec Ginny pendant que Ron parlait tactique avec les autres membres de l'équipe et les élèves de Poudlard.
Tous étaient euphoriques, parlant sans cesse du match, mais Harry, lui avait autre chose en tête, et Ginny lui souriait, attrapait sa main, caressait sa paume. Son cœur se mettait à battre la chamade, et il était sûr de rougir. Mais la rouquine lui souriait, relevant le coin de ses adorables lèvres en une moue qui le fascinait. Il se sentait bien, lui-même. Il se sentait normal.
Quinze jours passèrent ainsi, pendant lesquels Harry eut l'impression de vivre dans un rêve. Drago s'effaçait doucement de son esprit, mais gardant quand même cette présence constante au fond de lui qu'il s'efforçait d'oublier tant il avait mal lorsqu'il revoyait son visage pâle et son air épuisé. Il culpabilisait, s'énervait de voir qu'il ne contrôlait plus rien dans ces moments-là, et il lui suffisait alors de penser à Ginny pour se rappeler qu'il pouvait avoir aussi une vie normale, que s'il tendait la main, il pourrait la toucher du doigt.
Il évita de le regarder quand il le croisait, les regrets l'étouffant jusqu'à ce qu'il se retrouve assez loin du Serpentard pour respirer librement. Il se sentait si mal, se torturait l'esprit, et accourait vers Ginny pour oublier le salopard qu'il était.
Il continuait pourtant de regarder la carte du maraudeur tous les jours, surveillant le point de Malefoy, l'observant disparaître dans la Salle sur Demande ou stagner dans la salle commune des Serpentards. Puis il la refermait aussi sec après avoir prononcé « Méfaits accomplis » quand la promesse qu'il avait faite à Dumbledore lui comprimait l'estomac.
Jusqu'à ce qu'il découvre Malefoy en compagnie de Mimi Geignarde. Son souffle se bloqua dans sa gorge, et pendant un instant, il imagina que Drago l'avait remplacé par le fantôme, qu'elle était désormais celle qui le réconfortait quand il sombrait. Bien que pathétique, cette idée le terrifia, le marqua au plus profond et sans qu'il puisse s'en empêcher, il se saisit de sa baguette et se précipita jusqu'aux toilettes des filles du deuxième étage.
Il dévala les escaliers, traversa les couloirs en courant, son cœur battant la chamade et s'attendant à tout sauf à ce qu'il découvrit quand il arriva sur les lieux. Il entra en silence.
Drago se tenait dos à lui, face aux miroirs sales des toilettes. Ses mains accrochaient désespérément les rebords du lavabo, sa tête penchée vers l'avant, ses cheveux blonds disséminés dans sa nuque.
Harry ne pouvait pas s'empêcher de le fixer, ayant l'impression de ne pas l'avoir vu depuis trop longtemps. Dans un coin des toilettes, Mimi Geignarde parlait, consolait Drago, mais le brun n'entendait rien, ne supportait pas cette vision. Seuls cinq petits mots lourds de sens flottèrent jusqu'à ses oreilles, portés par la voix détruite de Drago.
- Il a dit qu'il me tuerait …
Et alors il les entendit, les sanglots.
Il eut un haut le cœur en comprenant que Malefoy pleurait. Pleurait vraiment, laissait les larmes dévaler son visage et tomber maladroitement dans le lavabo. C'était horrible, et Harry n'osait pas s'approcher. Parce qu'il l'avait laissé tomber au pire moment, quand Drago avait eu le plus besoin de lui. Il se demanda si tout ça serait arrivé s'il était resté, dans la bibliothèque, si Malefoy aurait craqué au point de pleurer.
Soudain, le Serpentard releva la tête et ses yeux glissèrent sur le miroir. Il le vit, et se retourna violemment, sortant sa baguette et la pointant sur lui.
Harry sentit son cœur se briser quand il rencontra les yeux remplis de haine de Drago.
Allez-y, je vous autorise à me lancer des tomates pourries au visage. Je sais que c'est super cruel de couper à cet endroit précis, surtout que TOUT LE MONDE sait bien évidemment ce qu'il va se passer. Ou pas. Je ne dirais absolument rien :p
Bon, ne rejetez pas la faute sur nos pauvres petits poulains comme les appelles Levi Valentois (;p) parce qu'on sait qu'ils sont tous les deux des handicapés sentimentaux et qu'ils ont que comme habitude de se taper sur la tronche comme des mongoles. Bref, désolééééééééée !
Sinon, j'espère que ces aperçus des deux camps vous ont plus, que ça a satisfait votre curiosité et que vous avez envie d'en apprendre plus ;)
Et pour la semaine prochaine, sans surprise : Sectumsempra, la vérité selon Blaise et petit problème en vue.
Sur ce, je vous fais pleins de bisous, j'ai hâte d'avoir vos avis et je vous dis à mercredi prochain :D
