Bonjour bonjour ^^ (vous sentez venir l'intro baclée, parce que j'ai encore attendu les dernières secondes pour l'écrire à la va-vite ? ^^' Ben votre intuition est juste ! Car, vous ne le savez peut-être pas encore, mais ceci est l'intro la plus baclée que vous verrez dans toute votre vie… même celle de mon dernier devoir d'histoire est mieux construite, c'est vous dire xD)
Little-Merle Chan:Hum... Oui, c'est vrai, c'est une forme de cliffhanger je suppose ^^ Mouais, Léo est parti :'(
Et oui le Vegan déguste (qui aime bien châtie bien et j'ADORE le Vegan, autant sinon plus que le Hippie de MP, pour te dire !), je ne suis pas membre du CFAFSPP pour rien (et... oui, le Carniste à appris qu'il aurait pu être papa le jour où c'est devenu impossible (comme l'a dit une magnifique review que je ne nommerais pas (Coucou namour !) (J'AIME LES PARANTHÈSES)) :S) x)
Ma fic, réaliste ? J'essaie, je fais de mon mieux, merci :3
Et bien... Je ne voulais pas aller voir avant de finir CN13 et CN14 pour ne pas m'inspirer inconsciemment du travail de quelqu'un d'autre. Une fois que j'ai fini ce chapitre, je suis allée vérifier et... Apparemment, je suis la seule O.O En tout cas, je ne suis pas tombée sur d'autre fausse couche Mpreg.
Oh, c'est pas si glauque, c'est normal d'avoir cette réaction, mais... Je ne dirais pas la fin. Na ! :P
Bon, oki, je meurs pas :) Merki :3
Alors… ne perdons pas de temps !
Trigger Warning : Comme pour le chapitre précédent : hémoglobine, pleurs et mentions de fausse couche, cette dernière indication allant apparaître encore un bon moment tout au long de la fic. Ptit mouchoir encore pour les plus sensibles, please :S
Je remercie encore plus que d'habitude Kalincka qui, non seulement a corrigé avec brio, mais vous sauve en plus de l'OOC pour un certain personnage très apprécié du fandom qui est décidément mon pire cauchemar d'auteur de fanfic O.O'
Jaff', tu vas reconnaître certains de tes mots quelque part (je t'avais dis que j'avais trouvé cette vision excellente, je le pensais XD)
Bonne lecture ;)
Chapitre 14:
Le Hippie était introuvable depuis près d'un mois.
Qu'espérait leur créateur en leur demandant encore de fouiller le jardin et au grand complet ?
... Enfin, non.
Pas vraiment au grand complet...
Mais ça, les autres semblaient bien s'en ficher. Tout le monde agissait comme si le Vegan n'avait pas la moindre importance. Comme si il n'avait jamais existé.
Et lui était... En colère.
En colère contre Kriss qui refusait de lui donner la moindre nouvelle, en colère contre ses doubles qui l'ignoraient comme s'il n'était digne de rien.
Il leur en voulait tous. Parce que lui ne devait pas reprendre contact avec lui. Pour la frontière, pour l'équilibre. Et eux le laissait seul.
Malade depuis trois mois, délaissé, abandonné. Et lui ne pouvait rien y faire.
Combien de fois avait-il rêvé d'enfoncer cette porte ? De serrer cet ermite dans ses bras et de lui avouer dans un murmure larmoyant que son absence le tuait ? Qu'il devenait fou, rongé par le manque et la culpabilité ?
Que le souvenir de ce gémissement qui meurt, de ce corps qui s'effondre contre le sien, de cette respiration haletante, de ces deux yeux bruns, le hanterait toute son existence ?
Il se sentit rougir.
Ne prêtant aucune attention aux branches qui craquaient sous les semelles de ses chaussures, il secoua la tête.
Non.
Le Vegan lui donnait des frissons, certes, mais il ne devait pas s'en approcher. Il s'accrochait désespérément aux agréables souvenirs qu'il lui restait de lui, se remémorant tout de même de temps en temps avec le sourire une petite crise de colère pour une pomme à acheter ou pour un arbre d'Amazonie à sauver.
Cela n'avait rien de nouveau. Le Vegan avait toujours été le centre du monde du Carniste. Comment cela aurait-il pu être différent ? Ils passaient leur existence l'un contre l'autre, à se fixer chacun de leur côté de la frontière. Pas vraiment de bien et de mal entre eux, même si le végétarien lui semblait à de nombreux égards bien plus pur que lui.
Partant pour un dernier tour de jardin inutile mais rassurant, il jeta un œil à ses fenêtres. Fermées et aux rideaux tirés. Il haïssait ces rideaux. Presque autant que la porte.
Les voir chaque fois faire obstacle à sa vue lui semblait être un terrible rejet. Un coup dans le cœur, puisque c'était bien là que ça faisait mal.
Un coup comme il le ressentit justement aussitôt, emplissant ses pensées de nostalgie.
Une bière. Cinq minutes de pause et une bière. Il en avait besoin.
Il avait dit qu'il arrêterait. Mais cette situation le pesait tellement... Juste une canette. Juste une.
Demi-tour jusqu'à la maison, il indiqua maladroitement à ceux qu'il croisait qu'il ne serait pas long à revenir.
Il pénétra dans la cuisine avec un soupir mais, avant même qu'il n'ait eu le temps de jeter un œil au frigo, il se figea.
Un cri.
Immobile, il n'osa plus bouger d'un pouce, la main encore derrière lui crispée sur la clenche.
Il était certain d'avoir entendu un cri.
À l'instant.
Un cri de douleur.
Il attendit.
Et un second transperça l'air.
C'était un cri abominable, qui faisait mal même si on n'en connaissait ni la cause ni l'auteur.
Bien que pour ce dernier cas, une idée bien précise se forma aussitôt dans son esprit. Toute aussi abominable.
A peine l'eu-t-elle traversé qu'il se précipita sur le téléphone qui trainait encore avant de grimper l'escalier quatre à quatre.
Kriss.
Il composa le numéro, fut aussitôt coupé. Sans réfléchir, il balança négligemment l'inutile appareil sans même se soucier de son sort, déjà concentré sur tout autre chose.
Se prenant le pied dans une marche, il manqua de tomber dans le couloir mais réussi à se relever à force de moulinets.
Un nouveau cri, si près, le fit trembler. Plus aucun doute possible.
Il se jeta sur la porte des toilettes, la frappa du plat de la main dans un élan de panique la plus totale.
— Je suis là ! Tu vas voir, ça va bien se passer ! Ouvre la porte, je vais t'aider !
Une suite de halètements lui répondit, des pleurs et des gémissements. Ça lui fit si mal.
Il distingua quelques tentatives de réponses, quelques bégaiements interrompus par un nouveau cri.
Le Carniste attendit que le hurlement passe, une main contre son oreille. Ses yeux commencèrent à le piquer à son tour.
— Je... Je sais pas ce que tu as... Mais souffle ! Souffle fort ! Respire !
Que pouvait-il faire de plus ?
Il entendit avec un certain soulagement que le Vegan l'écoutait, semblait lui faire confiance. Une suite d'inspirations et d'expirations se fit entendre. Longtemps. Accompagnés de gémissements. Et puis, un bruit, un nouveau cri de douleur.
Et le silence.
Paniqué, le Carniste s'apprêtait à se manifester lorsqu'il entendit le verrou pivoter et la porte des toilettes s'entrouvrirent.
Son cœur cogna fort dans sa poitrine, gonflé par l'adrénaline et tout un tas de sentiments mêlés tels que la peur, l'incompréhension... Cette sensation de ne rien maîtriser.
Du bout des doigts, il poussa la porte.
Les gémissements lui sautèrent au cœur, l'assaillir, lui firent si mal, mais il fit un pas pour poser une main sur l'épaule tremblante de son alter ego. Ce qu'il supposa être son alter-ego.
Car lorsque celui-ci, sans même un sursaut, se redressa pour le regarder, il eut l'impression d'être percuté de plein fouet.
Mort. Son regard était mort. Il avait perdu l'étincelle dans ses yeux.
Un teint si pâle, des cernes énormes et... Il était maigre, encore plus qu'avant.
...
Il ne comprit pas, resta immobile.
...
Plutôt mourir que de l'abandonner.
...
À mort la frontière.
Il s'agenouilla près de lui, remonta rapidement son pantalon et passa un bras autour de ses épaules pour le hisser.
Tout léger.
Le Vegan se laissa faire, le visage toujours aussi inexpressif, le regard toujours aussi vide.
Il voulut le sortir de la pièce exiguë.
Et ses yeux se posèrent sur la cuvette.
...
Il ne sut pas exactement combien de temps il resta figé face à...
Ce qu'il sut, c'est que dès que son état de torpeur fut passé, il se rua pour tirer la chasse.
Le Vegan se réveilla, poussa un cri strident.
Il le laissa hurler, encore sonné mais se sachant désormais le seul capable d'agir.
Le faire sortir d'ici. Tout de suite.
Il retint ses propres larmes, traîna presque son alter ego qui s'était mis à pleurer silencieusement. Un peu de sang tacha le parquet. Il emporta le végétarien vers sa chambre, plaquant violemment son poing contre l'interrupteur au passage.
Bordel.
Il assit comme il put le corps du Vegan sur le lit. Le corps qui refusait de bouger, qui refusait de vivre.
Il le secoua par les épaules, appela son nom. D'abords en hurlant fermement, en exigeant une réponse, puis en baissant sa voix jusqu'à la changer en un supplice.
— Parle-moi... S'il te plaît... Parle-moi...
Le regard du mort se tourna vers lui. Ils se fixèrent un moment. Durant ce qui lui sembla être des heures.
Et puis, le Vegan craqua.
Son visage se décomposa dans une explosion de larmes et, sans prévenir, il jeta ses bras autour de son cou.
Le Carniste se figea avant d'oser déposer avec maladresse une main contre le dos de cet homme qui pleurait contre son épaule, qui s'accrochait à lui comme une bouée de sauvetage au milieu de l'océan.
- Mon bébé...
La voix qui couina contre son oreille lui parut méconnaissable. Il voulut ravaler ses larmes, paraître courageux, mais au fur et à mesure que la force échappa à son alter, lui-même perdit toute faculté de défense.
Alors une première larme coula sur sa joue, il l'ignora.
Pleurer serait si égoïste, surtout maintenant qu'il avait compris.
Trois mois enfermé, gardant le contact avec Kriss, qui lui peinait à s'occuper de cette histoire de bouteille et d'hommes enceints datant de la fête. La fête au cours de laquelle ils avaient...
Quel idiot, il avait été si aveugle. Il eut envie de se frapper la tête contre un mur. Fort. Pour à la fois se punir d'avoir été si stupide et étouffer les pleurs lui rappelant chaque fois un peu plus sa monumentale erreur.
Il déplaça sa main dans le dos du Vegan, le frottant un peu pour lui rappeler sa présence. Et que, maintenant, il serait toujours là.
La silhouette dans ses bras se blottit contre lui, sans doute à la recherche d'un peu de chaleur. Une branche des lunettes de son vis-à-vis se planta dans son épaule, il l'ignora également.
Le Carniste souffla, s'interdit formellement de verser la moindre larme.
Ce n'est pas comme ça qu'il aurait voulu pour la première fois lui prouver sa pleine affection. Une première fois dont il de souvenait, puisque...
Il se figea.
Ses émotions se diluant lentement au profit de son analyse de la situation, il réalisa.
...
Son bébé.
Leur bébé.
Était mort.
...
— Léo...
Il se figea, ouvrit la bouche, terrassé.
Bordel.
Le petit avait déjà un nom. Il avait déjà une identité, peut-être même un visage, pour le Vegan.
Et il était mort.
Aussi étrange que cela puisse paraître, le mangeur de viande comprit.
Léo.
Le lion.
Le carnivore.
Le fils du Carniste.
... Dans la cuvette des toilettes...
— ... Non...
Kriss hocha lourdement la tête.
À l'autre bout du fil, son collègue laissa planer un long silence.
— Kriss... Pourquoi est-ce que tu ne m'as rien dit pour le Vegan ? Il aurait pu voir le Prof, il aurait pu...
— Je sais, le coupa Kriss.
Il appréciait Mathieu, c'était un bon pote... Mais s'il commençait à en rajouter à sa culpabilité déjà immense, il raccrocherait.
Il avait déjà bien entaillé son moral en lui racontant toute l'histoire de son double végétarien.
Et ça, Mathieu sembla le comprendre.
— Faut pas que tu restes seul avec tous ces problèmes. Tu pourrais venir t'installer temporairement sur Paris, je peux t'héberger.
— Impossible. D'abord parce que le Hippie est tous les jours en cavale de quatre à une heure du matin, et ensuite parce que mes personnalités sont de vrais gosses.
Retrouver le Hippie, le tirer par le bout du joint jusqu'à chez Mathieu.
C'est tout ce qu'il pouvait encore faire.
Un silence se fit entendre dans l'appareil.
— Tu n'as pas à t'en vouloir, Kriss. Les fausses couches sont fréquentes, même chez les femmes.
— Va raconter ça au Vegan qui est persuadé de l'avoir tué.
— ...
— Il a refusé de manger de la viande alors que l'organisme du béb... De l'embryon en avait besoin. C'est tout con, mais il est certain d'être responsable.
Alors qu'un nouveau silence de la part du second schizophrène en disait long sur sa peine, Kriss soupira.
— Et le Carniste, comment est-ce qu'il l'a pris ?
— Il soutient le Vegan. Au sens figuré comme propre, puisqu'il ne tient plus debout.
Kriss éradiqua impitoyablement d'un geste de la main une larme qui s'était échappée de l'un de ses yeux. Et ça ne faisait que trois jours. Trois jours que le Vegan passait des heures assis sur le canapé, tantôt à fixer l'horizon sans un mot, tantôt à se ruer dans les bras du Carniste, se traitant d'assassin et pleurant toutes les larmes de son corps, jusqu'à s'endormir dans les bras du carnivore qui le remontait dans sa propre chambre. Puisque celle du végétarien rappelait des souvenirs bien trop pénibles à celui-ci.
Le Carniste avait d'ailleurs impressionné Kriss par sa patience et sa maturité.
Le mangeur de viande n'en voulait même pas au reste de ses doubles de lui avoir caché la vérité et, lorsqu'il avait appris que le Syndicaliste était le seul encore ignorant dans cette affaire, il avait pris les choses en main.
Dans un autre contexte, la façon dont il l'avait mis au courant aurait pu être comique : le soir, alors que son alter-ego dormait, une canette de bière à la main. Tranquillement, ayant demandé lui-même la présence de leur créateur. Le gréviste aurait sans doute raillé "la fiotte", si son ami ne s'était pas totalement impliqué, lui ayant demandé d'être respectueux avec le Vegan qui devait faire son deuil.
Pendant que lui faisait le sien en silence.
Car, malgré le fait que l'enfant soit déjà mort avant qu'il n'ait pu le connaître, la simple idée qu'il soit le petit bout de lui qu'ait protégé le Vegan pendant tout ce temps l'avait fait l'aimer fort. Très fort.
Kriss le voyait bien, que le Carniste tentait tant bien que mal de tenir le coup pour deux.
Et lui était fatigué d'avoir tenu le coup pour tout le monde si longtemps.
Son pathétique égoïsme lui criait plus que jamais de se tapir dans un coin et de pleurer.
Une larme coula sur sa joue. Il ne voulait pas, ne pouvait pas pleurer avec Mathieu à l'autre bout du fil. Il voulait rassurer tout le monde.
Il raccrocha.
Mathieu soupira, les 'bip' réguliers du téléphones encore tout contre son oreille.
— Gros ?
Le schizophrène posa l'appareil sur la table basse et se tourna vers son double pacifiste recroquevillé sur le canapé.
— Je...
— Non. On va tout faire pour qu'il n'arrive rien à... Au fait, tu lui as trouvé un nom ?
Le Hippie ouvrit lentement la bouche, l'air totalement surpris par l'éventualité même qu'il puisse nommer l'enfant.
— Gros, le Prof a dit qu'on pouvait pas savoir tout de suite.
— Ça ne t'empêche pas d'y réfléchir un peu, de faire une liste. Tu veux que je t'achète un livre de prénoms ?
Le drogué qui ne l'était plus tant secoua la tête.
— Non non, gros. J'ai... Déjà pas mal de lectures...
Soudain, avant que Mathieu n'ait pu ajouter quoi que ce soit, la porte d'entrée s'ouvrit sans même qu'on y ait frappé, allant cogner contre le mur sans retenue.
Une série de pas retentit dans l'entrée, le schizophrène se leva sous le regard perdu du Hippie.
...
Un prénom pour le petit bonhomme aux yeux bruns ?
— C'EST MAINTENANT QUE TU RENTRES ?!
— Holà, doucement gamin.
— ÇA FAIT TROIS MOIS QUE JE T'APPELLE !
— Et tu vas pouvoir encore attendre, je repars.
— TU... REPARS ?! ET TU REPARS OÙ ?!
— Fistinière. Tester mes achats. À moins que tu ne préférerais que je fasse ça ici avec le premier venu.
La voix du youtuber s'éteignit, le Hippie l'écoutait sans vraiment l'écouter, toujours perdu dans ses pensées qui lui semblèrent si alarmantes.
Choisir le prénom.
Ça approchait.
L'accouchement. Il y allait étape par étape.
Et il n'était toujours pas là.
Le Patron apparut dans le salon, se figeant brièvement au passage devant le ventre rond du Hippie avant… De hausser les épaules et de lui passer devant, quittant le salon pour atteindre le placard où était rangé certaines… Parties de son matériel.
— Ça a pas l'air de te choquer plus que ça, fit remarquer Mathieu en se rasseyant sur le canapé près de sa personnalité pacifiste.
— Tu sais à qui tu parles, gamin ? Tu parles au boss de trente-sept bordels, vingt-deux boîtes d'échangistes et douze boîtes de nuit à travers le monde. J'ai tout vu.
— Ça m'étonnerait que tu aies déjà vu ça quelque part, mais bon. Je ne vais pas m'en plaindre, ça m'épargne du stress supplémentaire.
Quelques bruits se firent entendre et le criminel réapparut, sa mallette à la main, que le Hippie n'ouvrirait pour rien au monde.
— Rien à branler de vos histoires. L'écolo au chapeau à la con n'a qu'à le garder, hors de question d'être dérangé au pieu.
A l'évocation de son hippie, le camé de Salut les Geeks se replia sur lui-même, laissant à Mathieu le soin de jeter un regard noir à celui qui en était tout vêtu. Le Patron le regarda un moment avant de faire demi-tour, la main rapidement sur la clenche.
— NON, ATTENDS ! hurla brusquement Mathieu en se jetant du canapé. Avant que tu ne repartes, j'ai besoin que tu me racontes ta version de la dernière soirée avec tout le monde...
Visiblement intéressé, le Patron se retourna, affichant son plus inquiétant sourire.
— Je peux te faire l'intégrale, gamin, et même une reconstitution !
— Sois sérieux, s'il te plaît, c'est important...
L'heure qui le faisait tanguer, la lumière qui l'aveuglait, la musique qui l'obligeait à crier. Quoi qu'il n'y avait pas que l'heure qui l'empêchait de marcher droit…
Et ce n'était pas fini. Il ne faisait qu'une pause, le temps de boire un coup, pourquoi pas de trouver une victime suffisamment éméchée pour se joindre à eux.
Avec un sourire carnassier dont il avait le secret, il traversa la foule qui s'écarta comme elle put sur son passage. Privilège de Patron.
Sa route ne fut coupée que par le pelleteur fan de cinéma que l'enfant de Juron, aidé du Grand Sage torché ricanant comme toujours devant les snapchats de ses jeunes disciples, poussaient dans la cave en beuglant qu'il leur fallait se débarrasser des sept nains de Minecraft pour sauver le monde.
Il parvint jusqu'au bar, cherchant quelque chose de rafraîchissant qui ne le fera pas perdre autant la tête.
Parce qu'une soirée ça se profite.
Son regard se posa alors sur une bouteille, posée sur la table. Certains aurait d'abord remarqué la croix bleue qui ornait son étiquette, lui remarqua en premier lieu sa... Forme phallique.
Oui, c'était exactement ce qu'il lui fallait, ce qu'il leur fallait à l'étage depuis des heures. Le créateur du criminel comme celui du Démon ne les ayant pas laissés avec suffisamment de matériel qui auraient rendus les choses plus... Exotiques, il saisit ce qu'il considérait déjà comme une verge de verre et se hâta de faire demi-tour.
Les gamins ne comprenaient pas. Ils ne comprenaient pas qu'ils ne pouvaient rien leur interdire. Parce qu'en matière de sexe, lorsque l'on est proche, on est prêt à n'importe quoi. Et à moins de donner ses coups de butoir ou de les recevoir au milieu d'un désert, on trouvait toujours quelque chose.
Quoi que... Tout ce sable...
Le criminel monta à l'étage, son butin à la main, les gémissements dans sa chambre le faisant sourire au fur et à mesure de ses pas. Apparemment, Croc'homo prenait cher.
Au milieu du couloir, la porte de la dite chambre s'entrouvrit et la forme du chien en peluche dont il avait bourré le trou un instant plus tôt apparu.
— Eh, Patron, y'a le Démon qui fait un de ces trucs, faut pas que tu loupes ça !
Le criminel leva un sourcil. Ce n'était sûrement pas quelque chose qu'il ne comptait pas déjà parmi son répertoire de pratiques exotiques, mais...
Avec un sourire suggestif, il déposa la bouteille au milieu du couloir et se précipita sur la porte qu'il referma derrière lui.
Les yeux de Mathieu se tournèrent inexorablement vers le plafond.
La bouteille ? Là-haut ? Impossible, depuis le temps qu'il passait par ce couloir.
— Et alors ? questionna-t-il tout en sentant l'angoisse le prendre au cœur.
— Et alors c'est un peu comme l'anulingus, sauf qu'avec les aiguilles...
Mathieu poussa une exclamation pleine d'agacement et d'un brin de dégoût alors que son esprit lui envoya une image à en faire grimacer Jimmy le Sicilien.
Sans chercher à en savoir davantage de l'histoire du criminel qui reprenait (contraignant le Hippie à se boucher une oreille d'une main et à plaquer l'autre contre son ventre comme pour faire de même à son enfant), le schizophrène grimpa l'escalier et se posta devant la chambre du Patron, passant devant celles du Geek qui entendit s'exciter devant Mario Galaxie en compagnie d'un Démon bien moins démonstratif.
Comme il l'avait prévu, aucune trace de la bouteille. Pas le moindre indice.
Bon sang, combien de temps devrait-il encore lui courir après ?
C'est avec fierté que je vous annonce que vous avez maintenant tous les éléments pour retrouver vous-même la bouteille… ou du moins pour savoir ce qu'elle est devenue ^^
A bientôt ;)
