Les fêtes et la magie de Noël, la rediffusion de La Reine des Neiges à la télévision et un séjour à Disneyland...
Le tout a créé une ambiance idéale pour replonger dans l'écriture et me revoilà à mes histoires.
Au cas où il y aurait encore des irréductibles ou bien de petits nouveaux, voici le chapitre 14.
Bonne lecture à tous :)
BRÛLANTE DE DÉSIR
Chapitre 14 | Bain, verre de vin et...
Les deux lycéennes sortaient ensemble depuis maintenant sept jours et Anna aurait voulu marquer l'événement. Après en avoir discuté avec sa moitié, la rouquine s'était finalement abstenue de fêter l'anniversaire de leur première semaine. Lors d'une discussion pleine d'émotion, Elsa lui avait expliqué pourquoi elle ne tenait pas à fêter les anniversaires inférieurs à moins d'un an. Ce n'était pas là une lubie d'enfant capricieuse, bien au contraire. Ce refus d'organiser une soirée ou un dîner lui venait des trop nombreuses fêtes célébrées par son père après une semaine ou deux de sobriété. La confession avait été difficile pour Elsa, qui avait pourtant prit soin d'éluder certaines parties de l'histoire. Elle n'avait pas raconté les ravages qu'avaient provoqué l'alcoolisme de son père sur sa famille et dans sa vie sentimentale. Son père n'avait jamais compris sa sexualité. Sobre, il ne l'avait jamais brimée pour ça. En revanche, l'alcoolisme avait rapidement exacerbé son incompréhension qui s'était transformée en méchanceté et en cruauté.
Le récit d'Elsa avait peiné Anna, qui s'était sentie pathétique en repensant à la soirée chez Eugène. Elle y avait bu à outrance. Elle s'était littéralement saoulée. Ses craintes de passer pour une alcoolique auprès de sa petite-amie furent vite effacées car Elsa lui assura qu'il y avait une différence de taille entre trop profiter des soirées et boire jusqu'à ne plus être en mesure de tenir des propos cohérents et ce, chaque jour. Les soirées un peu trop arrosées faisaient parties des expériences de la vie et l'insouciance d'Anna n'était un signe d'alcoolisme. Elsa apprécierait tout de même qu'elle réduise sa consommation d'alcool lors des prochaines soirées. Anna n'y voyait aucune objection.
Elles n'avaient pas besoin de faux prétextes pour leurs rendez-vous. La mère d'Elsa avait compris ce qui se tramait entre Anna et sa fille. Toujours accaparée par son travail, elle leur laissait souvent la maison. Elle leur avait un jour laissé un petit mot qui disait « Contente que vous vous soyez trouvées toutes les deux :) Activité de la journée : vieux papier peint du couloir à retirer. Bisous ». Elle riait de constater que les deux jeunes filles continuaient, pendant son absence, les travaux dans la maison. Maintenant qu'elles avaient fini de poncer les murs du salon, le vieux papier peint décrépi n'attendait plus qu'elles.
Quant aux parents d'Anna, ils acceptaient volontiers d'héberger Elsa sous leur toit, surtout depuis qu'Anna travaillait ses leçons avec sa copine et se faisait plus studieuse. Ed évitait de s'aventurer trop près de la chambre de sa fille, par crainte de les surprendre encore en train de "jouer au Tetris humain".
Idunn et Elsa avait un secret bien gardé. La jeune fille était devenue dealer et son unique cliente était la mère de sa petite-amie, qu'elle approvisionnait en nouvelles érotiques. Bien que cela soit un peu gênant pour les deux parties liées par ce contrat, chacune profitait de cet arrangement. Idunn repérait les quelques fautes d'orthographes qui traînaient et elle soumettait des idées nouvelles à l'auteur – attention, jamais des idées concernant les domaines sexuels –, au grand Dieu, non. Ces conseils avaient pour objets la description des lieux et des personnages. L'auteur profitait des conseils et de la discrétion de sa correctrice.
Comment un contrat de cette nature avait-il vu le jour?
.
.
.
Tout avait commencé un soir, lorsque Madame Andersen, seule à la maison, avait succombé à son pêché mignon. La veille, Elsa lui avait donné un exemplaire de sa nouvelle et elle ne pouvait pas patienter plus longtemps pour la lire.
Un bain chaud agrémenté de quelques pétales de roses l'attendait. Une bombe de bain, dissoute dans l'eau, lui avait donné des reflets multicolore...un véritable arc-en-ciel flottant. Des bougies étaient disposées ça et là sur les rebords de la baignoire et sur le lavabo. Un verre de vin rouge à la main, délassée par les bienfaits de l'eau chaude, elle entama sa lecture dans une ambiance propice à la rêverie et aux scènes osées.
Brûlante de désir
La salle baignait dans la chaleur tiède de l'été. La lumière du soleil avantageait les courbes parfaites de Julie, point d'accroche pour le regard d'Amélia beaucoup plus racoleur que les numéros inscrit sur le tableau à l'ancienne. Subjuguée par la beauté naturelle de son professeur, par sa chevelure qu'on devinait volumineuse, domptée miraculeusement dans un chignon complexe, Amélia ne parvenait pas à prendre de note. Elle s'imaginait, acculée, dos pressé contre le tableau noir. Ses poignets, maintenus au dessus de sa tête, effaceraient les équations impossibles et laisseraient place vierge pour ses ébats avec son professeur. Le crissement de la craie sur le tableau noir l'extirpa brusquement de ses doux fantasmes. Julie s'approcha de son élève, sa démarche chaloupée accentuée par sa jupe cintrée, laissant ses fermes mollets à vue. Amélia suivait des cours particuliers, car, depuis son arrivée, Julie avait constaté la dégringolade de ses notes dans sa matière. C'est sous la chaleur envoûtante d'un soleil d'été qu'enfin elle comprit. Arrivée devant Amélia, elle se pencha, et lui susurra une phrase qui marquerait le début d'un fantasme devenu réalité : "Mademoiselle Gastov, la théorie ne marche pas, passons à la pratique!"
Le professeur autoritaire et à la démarche féline regagna son bureau saisie d'un trouble. Elle rêvait d'user de sa règle en bois pour laisser des marques sur ces fesses dont la vue lui était toujours privée. En s'asseyant, elle réfléchissait aux conséquences qu'auraient ses actes si elle laisser libre cours à ses envies. Pouvait-elle vraiment s'autoriser cet écart de conduite et succomber à la tentation?
(- Oui ! s'écria Idunn. Succombe, bon sang ! Succombe !)
Alors qu'elle était en proie avec ses démons intérieurs, Amélia prit les devants et vint s'asseoir sur le bureau de son professeur. Sa chaussure droite ôtée, son pied vient réveiller les désirs de Julie en glissant sous sa jupe et en effleurant ses cuisses. Tout en se livrant à ce petit jeu, elle dit d'une voix suave, que son professeur ne lui connaissait pas : "Vous êtes trop stressée, passons à la détente!". Amélia était plus que consentante et son audace finit de convaincre son professeur, qui se leva telle une prédatrice prête à bondir sur sa proie. Ses iris se teintèrent d'un gris métallique éclatant, presque inquiétant. On pouvait y lire sa détermination et le désir qui la submergeait.
Sans attendre, elle planta ses lèvres pulpeuses sur celles de son élève et un baiser sauvage vint sceller ce qui deviendrait par la suite des interludes sexuels exténuants mais incroyablement jouissifs. Les mains expertes du professeur ne perdirent pas de temps. Amélia, déflorée depuis déjà quelques années, ne s'offusqua nullement du manque de préliminaires lorsque l'une d'elle alla directement déboutonner son jean pour se faufiler rageusement sous la fine lingerie en dentelles. Le contact des doigts de son professeur sur son intimité la fit geindre de plaisir et, devenue totalement malléable, elle s'abandonna toute entière à Julie. Elle ne pouvait que se cambrer et se tordre de plaisir au rythme parfait des doigts de son professeur sur son clitoris. Julie la fit languir et patienta quelques minutes avant de s'introduire en elle. Son index et son majeur entamèrent leur va-et-vient à un rythme soutenu et le pouce qui continuait de jouer avec son clitoris firent jouir Amélia sans plus tarder.
Elles furent toutes deux prisent de court par la rapidité avec laquelle elle avait atteint la jouissance. Amélia craignait qu'à cause de cela son professeur en ait fini avec elle. Mais Julie lui souffla, entre deux baisers :
" Deuxième leçon : le contrôle. Qui a le contrôle Mademoiselle Gastov?
- Vous!
- Vous, qui?
- Vous...professeur"
La nouvelle ne comprenait que neuf pages mais quelle intensité, quelle audace, quel toupet ! Le texte regorgeait de cas de figure inédits pour Idunn alors même qu'elle était une lectrice avide de livres érotiques. L'histoire l'avait captivée dès le premier paragraphe et elle avait plongée corps et âme dans l'intrigue. Déçue d'être déjà arrivée à la fin, elle s'était exclamée : "Encore!". Retrouver le verre de vin encore à moitié plein sur le rebord de la baignoire l'étonna beaucoup. D'habitude, elle le savourait jusqu'à ce que sa lecture prenne fin. Découvrir que sa main libre caressait l'intérieur de ses cuisses fut une surprise encore plus étonnante. Ces quelques pages lui avaient-elles fait autant d'effet ? Stupéfaite, elle s'était redressée vivement. L'eau du bain déborda, le verre de vin se brisa en mille morceaux et les bougies posées sur le rebord de la baignoire vacillèrent. La plupart tombèrent à l'eau et s'éteignirent instantanément, mais l'une d'elle vint malencontreusement lécher son bras droit et Idunn se brûla. Elle lâcha ce qu'elle avait dans les mains pour se débarrasser de la bougie et c'est ainsi qu'elle remit à Elsa sa nouvelle en piteux état. Tombées à l'eau, elle avait séché les feuilles comme elle avait pu – avec le sèche cheveux.
« Brûlante de désir, pensa Idunn, le titre n'est pas mensonger ! »
Elle s'excusa auprès d'Elsa de lui remettre son ouvrage sous cette forme. En revanche, elle ne lui expliqua pas comment cela s'était produit. Elles passèrent un accord qui promettait à l'une des moments sensuels mais potentiellement dangereux et qui offrait à l'autre une lectrice appliquée et une critique avisée. Elsa lui soumettrait dorénavant ses écrits, « si, du moins, tu en as d'autres ? » avait innocemment questionnée Idunn. La blonde incendiaire comprit l'effet de sa nouvelle sur la mère de sa copine et, ne voulant pas que des images déplacées s'installent dans son esprit, elle lui promit de lui livrer des histoires du même acabit que Brûlante de Désir.
.
.
.
Le contrat liant Idunn et Elsa était ainsi né.
Un soir, elles profitèrent de l'absence d'Ed, en poste à la caserne et de celle momentanée d'Anna, en train de prendre sa douche, pour aborder la situation précaire dans laquelle se trouvait cette dernière.
« Donc, si je récapitule : Monsieur Harold Destope, ce cher proviseur, dit-elle d'un ton ironique, pense qu'Anna est l'auteur?
- Oui, mais si vous l'exigez ou bien si vous estimez que c'est plus juste, je peux dire la vérité!
- Non, ma fille tient à toi et ce qu'elle veut, c'est te protéger. Elle aime tenir le rôle du preux chevalier, ajouta-t-elle avec un clin d'œil, tu l'auras sans doute remarqué. Elle a eu raison, parce que se mettre Hadès à dos alors que tu viens d'arriver serait mauvais. C'est couru d'avance, il n'en restera pas là! Viendra le jour où il nous convoquera, Ed et moi. Tu me confirmes que peu de personnes connaissent l'existence de ta nouvelle et que ce sont toutes des personnes de confiance...excepté le proviseur.
- Oui.
- Très bien, si d'autres de tes amis veulent lire la nouvelle, refuse. Au risque de paraître caractérielle, refuse. Mieux vaut attendre que l'affaire se tasse et que ta couverture soit opérationnelle.
- Pardon mais...j'ai du mal à suivre là.
- Si convocation il y a, et convocation il y aura, j'irai seule au rendez-vous et je soutiendrai ma fille, en disant que via l'exercice de l'écriture, elle fait preuve d'imagination et de créativité. Personne n'envisagera que c'est toi l'auteur et ta couverture sera assurée.
- D'accord, mais si les choses s'enveniment...
- Ce guignole, excuse-moi du terme, cherchera certainement à nuire à ma fille mais je ferai obstacle. Ne t'en fais pas, Hadès, j'en fais mon affaire! Je vais lui ôter l'envie de s'en prendre à ma fille. Il n'est pas au courant de votre relation, n'est-ce pas?
- Si, tout le monde sait qu'on est ensemble! Vous pensez que ça peut lui mettre la puce à l'oreille ou poser problème?
- Non, avec moi vous ne risquez rien...sans vouloir fanfaronner. Il croit être le seul à avoir des dossiers croustillants, mais il se trompe! J'en connais de belles sur lui".
Même pleinement impliquée dans sa relation amoureuse, Anna ne délaissait pas ses amis. Après une attente qui lui avait paru interminable, Kristoff avait reçu ses portraits. La surprise avait été totale parce qu'il ne s'attendait à recevoir qu'un seul portrait et qu'il en reçu deux à la place. Il serra si fort Anna dans ses bras qu'elle faillit s'étouffer. Les portraits étaient flatteurs mais Anna ajouta qu'elle n'avait pas eu besoin de modifier trop la réalité pour obtenir ce résultat. Le premier portrait représentait le blondinet en train de réaliser un dunk et le second l'avait immortalisé alors qu'il tentait un panier à trois points.
Anna, avec l'aide d'Elsa, avait réalisé une carte en scrapbooking. En relief, fait de papier crépon et de feuilles à dessin teintées, on pouvait suivre la courbe d'un ballon de basketball en plein rebond. Anna avait écrit un petit mot à grand renfort de crayons de couleurs, de lettres découpées dans les articles de journaux et de paillettes : "Tu conquières le cœur de jeunes prétendantes en propulsant un référentiel bondissant dans un panier, mais tu n'as point besoin de frimer et de suer pour m'avoir accroché dans tes filets. Ta meilleure amie. Anna ;)". Les larmes étaient montées aux yeux de Kristoff. Pour fêter ce cadeau qui lui allait droit au cœur, ils allèrent tous déjeuner à La Taverne des Trolls, fidèles à leur habitude du mercredi midi.
Lors de ce repas, joyeux comme ils l'étaient, ils essayèrent d'arracher Rapunzel à son expédition lunaire pour lui arracher les verres du nez. La date de son deuxième rencard avec Eugène approchait. Elle en avait appris beaucoup à son sujet. Afin de l'assagir un peu – car les femmes tendent toujours à vouloir assagir leur partenaire – Rapunzel lui avait demandée d'utiliser ses talents de coureur autrement que pour échapper aux gérants des magasins qu'ils venaient de voler. Il s'inscrit ainsi à l'UNSS, activité extra-scolaire sous la supervision du coach Philippe Xavier. Rapunzel lui promit de ne pas révéler qu'hélas il avait été pris déjà deux fois en plein vol à l'étalage. Sa réputation d'intouchable resterait intacte.
Ils n'en finissaient pas de rigoler et Anna en avait les larmes aux yeux. Tout allait bien !
La prophétie d'Idunn se réalisa quand, un matin, elle intercepta une convocation d'Hadès. Il exigeait au moins la présence d'un parent. Le rendez-vous était fixé au lendemain après-midi, une fois les cours d'Anna terminés.
« Ça va pas être une partie de plaisir, pensa Idunn, contrairement aux histoires qu'Elsa me fournies ».
Bain, verre de vin et accident...
Bonnes fêtes de fin d'année à tous ;)
Elmerlelephant
