C'est en imaginant cette scène que j'ai eu l'idée d'écrire cette fiction. J'avais hâte d'y arriver, eh bien voila, nous y sommes! Une scène qui me tient particulièrement à cœur donc.

Bonne lecture et merci pour vos reviews


Depuis leur premier rendez-vous et leur premier baiser, William ne faisait que penser à elle. Il tentait de se concentrer sur son travail mais malheureusement, ou heureusement, le poste de police était calme ces derniers temps. Il n'avait qu'une envie, se rendre à la morgue et l'embrasser, encore et encore, comme ce soir là dans le parc, ce soir là, où pour la toute première fois ses lèvres effleurèrent les siennes, où son corps se pressa contre le sien, où il sentit le délicieux gout sucré de sa peau. William avait besoin de ressentir ce qu'il avait ressenti à cet instant, il avait besoin d'elle, tout simplement, et lorsqu'elle n'était pas là, elle ne quittait pas ses pensées.

Il avait enfin pu se concentrer un peu sur son travail lorsqu'elle surgit dans son bureau tel un boulet de canon. Il n'eut pas le temps de réagir alors qu'elle se jeta dans ses bras et l'embrassa, enfin. Il revivait à ce contact, à la délicieuse sensation de laisser sa langue danser avec la sienne, à sa poitrine pressée contre son torse, au parfum qui se dégageait de ses cheveux. Elle se reculait déjà mais il n'en entendait pas de cette façon et l'attira à lui une fois encore, pour prolonger ce moment, ce moment qu'il ne voulait pas oublier, pour rien au monde. Eh puis, elle se recula et lui avoua qu'elle était venue lui apporter un cadeau. William avait été heureux ce jour là, car le plus beau cadeau qu'elle avait pu lui faire était son amour, ses baisers, ses sourires, son étreinte, sa présence. Il souhaitait connaitre ce bonheur pour toujours, auprès d'elle, à laisser ses doigts caresser son dos, à jouer avec les boucles blondes qui s'échappaient de son chignon, à glisser sa langue sur ses lèvres comme ultime torture avant de partager une autre danse sensuelle. William savait que le plus beau cadeau qu'elle puisse lui offrir était une telle étreinte, il n'en demandait pas davantage, il ne voulait qu'elle.


La jeune femme mit quelques courtes minutes à ranger ses affaires, faisant plusieurs allés et retours à sa voiture afin de vider son casier. Elle retira son nom et soupira profondément. Puis, elle jeta sa blouse dans un coin et quitta la pièce, une simple enveloppe à la main, son stéthoscope et le bouquet de roses qu'elle avait eu.

Elle croisa Emily devant les portes des Urgences et lui sourit timidement.

-Je suis désolée Julia, murmura son amie, j'ai appris la nouvelle de ta démission, si c'était bien une démission.

-S'en était une, mentit à moitié la jeune femme, tiens, ajouta-t-elle en lui tendant son stéthoscope, avec celui-là tu n'auras plus aucun souci.

-Tu pourrais en avoir encore besoin.

-Je ne crois pas, non, soupira Julia, c'est terminé.

-Que vas-tu faire?

-J'ai ma maison a restaurer et peut être que je vais partir en vacances, enfin cela dépendra de deux ou trois petites choses avant et de Darcy. Je verrai.

-Es-tu passée voir le Détective Murdoch ?

-Non, et d'ailleurs je souhaiterais que tu lui donne quelque chose de ma part, lança Julia en lui tendant l'enveloppe.

-Non, va lui donner toi-même, lança Emily en lui désignant d'un bref mouvement de la tête le jeune homme qui se trouvait plus loin dans le parc, je crois qu'il t'attend.

Lorsque Julia le vit, son cœur fit un bond dans sa poitrine. Elle croisa son regard et William s'éclipsa aussitôt vers le coin calme où ils avaient eu l'habitude de se retrouver.

-Vas le voir, murmura Emily, vas-y ou tu le regretteras. Tu ne peux pas partir sans lui dire au-revoir.

Julia acquiesça timidement et salua son amie avant de se diriger vers l'endroit qu'elle connaissait bien, là où William se tenait, debout, à peine supporté par des béquilles. Elle avança timidement vers lui alors qu'il ne bougeait pas.

Ce ne fut que lorsqu'elle se tenait tout près de lui, qu'elle prit la parole en souriant timidement.

-Vous êtes debout Détective.

-Et vous, vous êtes blessée, répondit simplement William en remarquant la rougeur sur son visage, que vous est-il arrivé?

-Oh, ce n'est rien, soupira Julia en posant sa main sur sa pommette encore douloureuse, je me trouvais au mauvais endroit au mauvais moment.

-J'ai appris que vous partiez Docteur.

Julia baissa les yeux et sentit la tristesse gagner son cœur.

-Il le faut bien, j'avais déposé ma démission le jour où je vous ai rencontré. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle soit effective.

-Ne suis-je pas la raison de votre départ ? J'ai entendu toutes ces rumeurs et je m'en excuse. Je ne voulais pas que les choses tournent de cette façon. C'est de ma faute et je ferai tout pour arranger la situation.

-Ne vous en faites pas pour moi, murmura Julia, j'en ai vu d'autres.

-Vous ne pouvez pas les laisser parler derrière votre dos. Et partir serait leur prouver qu'ils ont raison. Vous êtes un merveilleux médecin et cette histoire risque de briser votre carrière. Je vais leur dire qu'ils se trompent, que…

-Ils n'ont pas totalement tord, vous savez? Vous êtes la raison pour laquelle je suis restée jusqu'à maintenant, avoua Julia en souriant, mais il me faut m'en aller, quitter cet endroit, quitter votre vie.

William fit un pas de plus vers elle pour venir se tenir à quelques centimètres d'elle, si proche qu'il pouvait sentir son souffle sur ses lèvres.

-Ne me laissez pas, je vous en prie.

Julia lui sourit et ne put s'empêcher de caresser sa joue quelques secondes.

-Je vous ai sauvé la vie Détective, vous allez bientôt quitter cet hôpital, alors maintenant il vous faut vivre.

-Pas sans vous.

Julia ne répondit pas et ancra son regard dans le sien. Elle avait sa main posée sur la sienne et l'autre toujours sur sa joue. Elle aurait voulu l'embrasser, elle en mourrait d'envie. Il était si proche qu'elle sentait ce désir si particulier les unir. Son cœur battait la chamade, son souffle se coupait, ses jambes tremblaient. Tout son corps réagissait à la proximité de cet homme. Tout comme son corps à lui réagissait à son parfum, son sourire, son regard. William fit encore les quelques centimètres qui le séparaient d'elle. Il glissa une main dans ses cheveux et l'autre dans le creux de ses reins pour l'attirer contre lui, très doucement. Julia devait le soutenir pour ne pas qu'ils s'écroulent sur le sol. Mais elle ne s'en souciait guère. Elle ferma les yeux. Ses lèvres entrèrent en contact avec celles de William. Son rythme cardiaque s'affola, son souffle devint saccadé. Rapidement mais avec délicatesse, le jeune homme brisa la barrière de ses lèvres pour venir gouter sa langue. Ils menaient une lente lutte acharnée et sensuelle. Ils laissaient leurs langues s'entremêler encore et encore, ne se souciant pas du souffle qui commençait à leur manquer.

Julia se sentait en paix. Elle revoyait sans cesse son visage, elle avait de délicieux frissons en l'imaginant prolonger sa douce torture. Elle s'imagina sentir ses doigts sur sa peau, sa langue sur chaque parcelle de son corps. Elle connaissait ce qu'elle ressentait à cet instant, elle ne savait pas d'où cela venait, mais tout était clair. C'était lui, ça l'avait toujours été et ça le serait toujours. Lorsqu'ils durent se séparer pour reprendre leur souffle, n'ayant même pas prêté attention aux soupirs de plaisirs qui s'étaient échappés de leur gorge, Julia garda les yeux fermés. Elle avait le sentiment de se souvenir de tels baisers, comme si elle l'avait rêvé tant de fois.

-William, soupira-t-elle de désir.

Elle ouvrit les yeux, prenant conscience de ce qu'elle avait toujours su.

-Nous nous sommes retrouvés, murmura-t-elle en souriant sur ses lèvres.

-J'ai toujours su que nous le ferions, répondit William en caressant ses lèvres avec son pouce.

Elle plongea son regard dans le sien et l'embrassa à son tour avec beaucoup plus de délicatesse, veillant pourtant à laisser danser sa langue avec la sienne. Et doucement, elle quitta sa bouche. Sa main glissa sur sa joue pour venir se perdre dans sa nuque et il apprécia la caresse en fermant les yeux. Il laissa voyager sa main dans le dos de la jeune femme et celle-ci effleura son nez avec le sien.

-William, dit-elle tendrement avant de croiser son regard à nouveau, je ne peux pas. Je suis mariée et vous êtes fiancé…je suis désolée, dit-elle sur ses lèvres avant d'y déposer un dernier et long baiser, pardonnez moi, souffla-t-elle en posant son front contre le sien une seconde.

-Non, non ne me laissez pas, murmura le jeune homme, pas maintenant, ne m'abandonnez pas une fois encore.

Puis, sans ajouter un mot, elle s'éloigna de lui, sentant les larmes bruler sa peau. Elle lui adressa un dernier regard.

-Ne m'oubliez pas, dit-elle timidement.

William vacilla l'espace d'un instant et la regarda partir avec une totale incompréhension.

-Julia, JULIA.

Mais la jeune femme ne se retourna pas et partit presque en courant. A bout de forces, William tenta de faire un pas dans sa direction pour la rattraper. Mais il tomba sur le sol dans un cri de douleur. Il regarda le bouquet de fleurs qui se trouvait au sol, ce bouquet qu'elle avait laissé tomber pendant leur étreinte, ces roses rouges, ses fleurs préférés. Il ignorait comment il le savait mais il le savait, c'est tout. Le jeune homme rejoignit le banc tant bien que mal et s'y assit. Il resta là, de nombreuses minutes, le cœur en lambeaux, le regard perdu dans le vide. Il l'avait retrouvé, mais il avait ce sentiment étrange de l'avoir aussitôt perdu, et ce, pour toujours.


à suivre...(mais il est possible qu' faudra attendre mon retour, j' ignores si j'aurais du temps d'ici mon départ pour vous faire une suite!)