Coucou tout le monde ! :]

Comment allez vous ? Moi, ça va plutôt pas mal !

Je suis en vacances, et mon ordi a reçu une greffe d'écran ex-vivo. En gros, mon ordi est branché à un autre écran, pour que je puisse voir quelque chose :]

Avant tout, une p'tite pub, à la Miss HachikoFTW, qui écrit ' Une danse révélatrice ' qui est un Jasper/Bella. Je la corrige, ou du moins en partie, et moi j'adore, donc, allez y les filles ! ;]

Réponse aux reviews anonymes :

Ilonka : Je sais que la réaction d'Emmett n'a pas plu à tout le monde. Mais, j'ai mis un point de vue Edward pour que l'on puisse voir comment ce dernier vit cette situation :] Donc, tu verras ! Bonne lecture :]

BEA : Désolée ma Belle, malgré ce que je comptais faire, je n'ai pas pu casé un point de vue Charlie, ici. Le chapitre est déjà trop grand, alors le point de vue du Chef Swan attendra le prochain chapitre :] Haha, notre chère Irina. Détestes là encore tant que tu le peux ;] Bonne lecture, ma Belle !

Léa : Nope, on sait pas vraiment ce qu'a fait Edward les 10 jours de coma de Bella. Plus tard ! Tu verras :] Bisous, bonne lecture !

Manon : Héhé, je crois que ta review est l'une de celles qui m'ont fait le plus plaisir ! Je suis honorée de te compter parmi mes lectrices, vraiment ! Heureuse de savoir que mes textes te sont agréables à lire, et que les sentiments que j'y laisse te sont perceptibles :] Mais, je persiste à croire que tous ces compliments ne sont pas tous mérités :] Quoi qu'il en soit, je suis heureuse que le dernier chapitre te plaise, j'espère qu'il en sera de même pour cette suite. Mais ne tues pas Edward, ça pourrait chambouler mes plans ! :] Bisous Miss, et bonne lecture !

Cassy : Heureuse que le dernier chap t'ai plu ma Belle ! Vraiment ! Je te souhaite une bonne lecture ! ;]

Lysais : Très contente de savoir que ça te plaise Miss ! En espérant que la suite en fasse de même .. Bonne lecture !

Celestin : Oups, désolée de t'avoir prise pour un gars, Miss ! :/ Haha, mais arrêtes quand même de pleurer ;] Bisous, bonne lecture !

Lily : Hey ma Belle ! Tu crois que je vais te dire si facilement si sa paralysie est temporaire ou permanente ? ^^ R.ê.v.e :] N'en veux pas trop à Edward, tu comprendras en lisant son point de vue. Ce qu'il ressent n'est pas facile à gérer non plus .. Alors, sois indulgente avec lui :] Au fait, t'as vu ? Je vous ai encore répondu ! & Sans boire de café ! Décidément trop forte ! :] Bisous ma Belle, et bonne lecture ! ;]

Vanillejulie : Tu sauras que je suis très très [.. très ?] têtue ! &, De ce fait, je persiste à croire que tous ces compliments ne sont pas mérités :] Si tu rêves en me lisant, c'est parce que tu as une très grande imagination, et que ce que j'écris te permet juste d'y accéder plus vite ! Voilà tout :] .. Soit ! J'ai bien fait un point de vue Edward, pour savoir ce qu'il pense de tout ça. & Le point de vue Charlie sera dans le prochain, histoire de savoir ce que lui pense depuis le début :] Bisous très chère, et à bientôt j'espère ! Prends bien soin de toi ;] Bonne lecture ! =D

Vero : Alors alors. Il y'a un retour d'Edward, mais c'est pas le retour-retour, ça c'est pour plus tard ] Mais je suis contente que le chap te plaise, vraiment ! Bisous Miss, et bonne lecture !

Maryline : Haha, alors dans ce cas, tu diras merci de ma part à ta meilleure amie :] Ne t'en fais pas, Edward et Bella se remettront ensemble, mais pas tout de suite. Heureuse que cette fic te plaise ! Bisous Miss et bonne lecture !

Luna : Voilà ! T'as mis le doigt en plein dessus ! Faut pas oublier qu'Edward c'est un mec, et que, de ce fait, il devient compliqué ^^ Mais j'ai mis son point de vue, pour aider celles qui auraient besoin de comprendre ce qui s'passe sous tous ces cheveux ! Ecoutes, je vais essayer de me mettre d'accord avec ta livebox pour que tu puisses continuer de lire tranquille :] Bien sûr que oui, le Chef Swan ne pouvait qu'être le père de notre chère Bella ! =D Donc, j'espère que cette suite te plaira. Bisous ma Belle et bonne lecture !

Cullen : Ma Belle, tu n'es définitivement pas la seule à pleurer l'absence d'Edward au dernier chapitre. C'est ce pourquoi, il y'a son point de vue dans celui-ci ! :] Tu verras au fil du temps, si Bella remarche ou non. Pour mes poèmes, ils sont pas super tip-top, point :P Bisous, et bonne lecture ! ;]

Laeticia : Haha, heureuse que le chapitre t'ai plu ! Edward vient dans ce chapitre, ou plutôt son point de vue, ne t'en fais pas ! Pour ce qui est de Charlie, son point de vue se trouvera au prochain :] & Peut être, je dis bien peut être, un petit approfondis sur son histoire. Mais je suis pas encore sûre, alors on verra ! Bisous ma Belle, et bonne lecture !

Aussidagility : Lol ! Qu sait ! Ca s'trouve Edward il flippe d'Emmett, et c'est tout ! Mais tu verras ça dans son point de vue, qui se trouve un peu plus bas :] Bisous Miss et bonne lecture ;]

MissCullen : Miss, j'ai déjà songé aux scènes coupées. Mais sérieux, j'adhère pas. Je pense qu'il te faudra être simplement patiente pour voir le bonheur revenir dans la vie de nos persos. Pas très longtemps, ne t'en fais pas ;] Bisous et bonne lecture !

MlleCullen: Heureuse que ma fiction t'ait plu. Alors, voici ta suite :] Bisous Miss et bonne lecture !

Prissou95 : Hey Miss ! Si, en plus d'utiliser les kleenex, tu prends les dolipranes parce que t'as mal la tête de pleurer, ça craint x] Fais attention à toi quand même, hein. Bisous, et bonne lecture.

Angy : Un peu de patience, Miss. Moi aussi j'ai une vie, ma fic n'est pas toujours prioritaire ! See you !

Laurie : Coucou, nouvelle lectrice ! :] Heureuse que ma fic te plaise, en voici la suite ] En espérant que ça te plaise, bonne lecture ! ;]

Voilà ! Comme ça je crois avoir répondu à une graaaande partie d'entre vous, pour ne pas dire à vous tous :]

Un grand merci pour toutes vos reviews, vraiment ! Plus de 110, rien que pour le dernier chapitre, magnifique !

Ensuite, ce chapitre est vraiment très grand, je m'en excuse, mais c'est soit ça, soit Bella et Edward ne se revoient pas avant un bout de temps ! De plus, j'avais vraiment aucune idée d'où couper ^^'

Il y'a un point de vue Edward, faute d'avoir un point de vue Charlie, qui sera présent au prochain chapitre :]

Mais, nous n'avons pas tous les sentiments de notre cher Cullen, vous devrez attendre pour qu'on puisse connaître ses sentiments, au moment du coma de notre chère Bella :]

Sur ce, je crois avoir tout dit ..

Je remercie bien évidemment mes amies, Floriane, Ninie, Julie, Wissam, Caro ainsi que ma chère Bêta, Delph !

Aurore, pétasse, tu me manque !

Bonne lecture, on se retrouve en bas ..

Musiques sur mon profil, tout en vous rappelant que les persos ne sont pas à moi, et que seuls le contexte et le fauteuil roulant de Bella m'appartient :]

~*. HAKUNA MATATA =D


Point de vue Bella

( Trois semaines plus tard )

Je soupirai en voyant le parking du lycée. Ça ne m'avait pas manqué ..

Mais genre .. pas du tout !

J'allais être obligée de subir le regard des autres, et surtout de côtoyer Edward. Ça faisait maintenant trois semaines que je m'étais réveillée, et une semaine seulement que j'avais pu sortir de l'hôpital. Et aussi trois semaines que je n'avais eu aucune nouvelle de lui .. Rien ..

Ça me faisait mal à un point inimaginable. Je le comprenais, dans un sens, je vivais ce que je lui avais fait vivre .. Je n'avais que ce que je méritais, je n'étais pas digne de lui ..

La voiture s'arrêta et Emmett me regarda.

- Tu sais quoi, p'tit Cœur ? Si tu veux, on n'y va pas .. On se cache .. On a qu'à retourner à Seattle, tiens ! Faire je sais pas quoi .. Ou on peut passer la journée avec Benjamin et les autres.

Je souris en le voyant faire et jetai un regard dehors. Inconsciemment, mes yeux se portèrent sur Edward, adossé à sa Volvo. Il patientait, simplement.

Peut-être m'attendait-il ?

J'en doutais.

Mon frère prit ma main et je revins sur terre, le regardant.

- Désolée, lui dis-je.

Il me fit un clin d'œil avant de dire :

- S'il te faut quoi que ce soit, tu m'envoies un sms, et j'arrive dans la minute. Si quelqu'un te fait ne serait-ce qu'une remarque, tu me le dis et je te promets que je lui arrache les dents..

Je ris.

- Okay, ça marche !

- Je t'aime, Chérie.

- Je t'aime aussi, Em'.

Il me sourit, pressa ma main une dernière fois, avant de sortir de la Jeep. Il fit le tour de celle-ci et attrapa mon fauteuil qui se trouvait dans le coffre. C'était Stella qui avait payé l'intégralité de mes frais d'hôpitaux, avant tout le monde. Tia, quant à elle, avait voulu payer mon fauteuil, car il me fallait «un véhicule de qualité». J'avais ris à l'entendre parler de l'engin, comme si elle discutait d'une Porsche.

Je ne pus m'empêcher d'observer Edward, et constatai que celui-ci nous observait. Ma portière s'ouvrit et Emmett me dit :

- Le carrosse de Madame est avancé.

Je lui lançai un regard amusé, avant de poser ma main droite sur son épaule, tandis que l'autre s'appuyait sur le tableau de bord. Avec l'aide de mon frère, je m'assis sur mon fauteuil. Reculant quelque peu, Emmett ferma la portière avant de nous faire avancer. Je croisai alors les yeux d'Edward, qui, après nous avoir regardé longuement, partit. J'eus un pincement au cœur mais sentis mon frère poser sa main sur mon épaule. J'entrelaçai nos doigts et levai ma tête, pour lui faire un petit sourire. Nous entendîmes une voiture, facilement reconnaissable aux puissants vombrissements et Emmett tourna mon fauteuil de manière à ce que je puisse voir arriver mes amis. Rosalie descendit, suivie de son frère et d'Alice. Jazz vint vers nous, souriant. Mais j'avais la malheureuse impression que son sourire était figé. Il s'accroupit face à moi, appuyant son avant-bras sur mon accoudoir, son visage à la hauteur du mien.

- Bonjour ma Chérie.

- Salut, souris-je.

- Tu vas bien ?

- Ça va et toi ?

Il hocha la tête et je le vis passer sa main sur ma jambe. Jasper avait un regard soucieux. Je posai ma main sur la sienne, et il releva les yeux pour croiser mon regard.

Ses yeux gris semblaient être animés par les regrets, mais aussi par l'appréhension. Ma main libre alla caresser sa joue.

- Ça va aller, lui assurai-je.

Il hocha de nouveau la tête en embrassant ma paume.

- De toute façon, s'il y'a quelque chose, tu m'appelles, me dit-il.

J'acquiesçai et il esquissa un rapide sourire. Il se releva un peu, embrassant ma tempe. Je fermai les yeux sous la caresse.

J'avais beau rassurer Jasper, je n'étais pas réellement convaincue moi-même. Quoi qu'il puisse se passe, Tia, ainsi que mes trois frères de cœur m'avaient proposé de venir me chercher.

Alice me fit ouvrir les yeux, qui étaient toujours fermés, quand elle caressa mes cheveux d'un geste bienveillant. Je lui souris et elle me répondit par une petite moue, presque triste. Je sentis quelqu'un passer ses bras autour de mon cou alors qu'une tête se posait sur mon épaule. Je reconnus sans mal l'odeur de Rosalie, et pressai ma joue contre la sienne. Elle y déposa ensuite un baiser.

- Il faut qu'on passe au Bureau, pour notre absence, dit Emmet, toujours derrière moi, les mains sur les poignées de mon fauteuil. Carlisle et Charlie ont appelé, donc ça devrait aller, ajouta-t-il.

Rosalie opina et je me poussai quelque peu pour voir le nouvel arrivant, Alec.

- Hey Beauté ! Tu me fais faire un tour ? Demanda-t-il.

Je souris de nouveau.

- C'est quand tu veux, mais fais gaff'.. J'pourrais dépasser les limites maximales autorisées..

- Oh ! Quelle hors la loi ! Les gens en fauteuil ne sont plus c'qu'ils étaient ! Fit-il.

J'éclatai de rire et il embrassa ma joue.

- Tu sais que j'ai jamais vu une handicapé aussi craquante ? Rajouta-t-il.

- Avoue que t'as toujours eu un faible pour les filles sur roulettes de toute façon !

Il rit, avant de faire mine de me cogner le bras. Alec me faisait du bien à rire de mon handicap ainsi. Bien que celui-ci ne dérange personne, j'avais l'impression que c'était lourd parfois, et je ne voulais pas que ça devienne un tabou.

- Hey, au fait Chérie. N'oublie pas que j'ai littérature en même que toi ! Si tu veux venir t'asseoir à ma table .. Me proposa Alec.

J'hochai la tête et la sonnerie retentit à l'intérieur du bâtiment.

- Bon ! On y va ! Fit Rose. Si t'as quoi que ce soit qui va pas, tu nous préviens. Moi je suis prête à sortir de cours si il le faut !

- Moi aussi, avoua Jazz.

- On est trois ! Dit Alice.

- Non non .. On est tous okay là-dessus, reprit Alec.

Je les remerciai tous, et ils partirent en cours après de dernières salutations, nous laissant seuls, mon frère et moi. Ce fut à ce moment là que je pris pleinement conscience des gens qui nous entouraient. Tout le monde, sans exception, avait les yeux rivés sur moi.

Bande de cons ..

J'attrapai mes roues, et avançai vers Emmett. Ce dernier posa ses yeux sur moi, me souriant, voulant sûrement me donner un peu de réconfort.

- On y va ? Questionnai-je.

- Roule, ma poule ! Rigola-t-il.

Je le regardai en rigolant.

- C'était une blague pourrie, lui dis-je.

Il me fixa.

- Elle était plutôt .. commença-t-il à négocier.

- Non, Em' .. Elle était pourrie, lui assurai-je de nouveau.

- Pff ! J'suis sûr que t'aurais pas trouver mieux ..

Je ris.

- En effet .. Mais quand même ..

Il ébouriffa mes cheveux avant d'attraper les poignées de mon fauteuil et de me faire avancer.

A chaque fois que je levais les yeux, plusieurs personnes détournaient le regard, surtout à l'intérieur du bâtiment.

Doucement Bella.. T'es pas en position de force, là ..

Mon frère tourna brusquement et nous nous retrouvâmes dans un placard à balai.

- Euh .. Emmett ?

- Hm ?

- Qu'est ce qu'on fait dans un placard à balai ?

- On attend, dit-il en se laissant glisser au sol.

Okay ..

- Et .. On attend quoi au juste ?

- Que les couloirs se vident.

- Tu sais, Em' .. Je gère. Ils peuvent tous aller se faire ..

- Même, Chérie. D'une, ils me saoulent, de deux, ils me saoulent ! .. C'est vrai quoi ! Ça fait quoi si t'es en fauteuil ? T'es toujours aussi belle ! T'es exactement comme d'hab', sauf que t'es assise ..

- Oui, mais Em', toi tu sais c'qui s'est passé. Tu sais comment et pourquoi j'en suis arrivée là. C'est normal qu'ils se posent des questions.. Je pense que je ferais pareil.

- Tu vas me dire qu'ils peuvent pas se poser des questions sans te regarder ?

Je ris à sa réplique.

- Tu es têtu, mon frère ..

- Et toi trop laxiste.

- Crois moi, je suis laxiste car je suis en fauteuil. D'habitude je suis trop impulsive ..

- Coooool !

Mon frère me regarda en souriant comme un gamin de cinq ans. J'aimais Emmett pour ça, pour son côté enfantin qu'il ne rassasiait jamais, toujours d'humeur joyeuse, toujours en train de chercher un passe temps amusant.

Nous attendîmes quelques minutes ainsi, avant qu'il ne parle.

- Attends, je pense qu'ils sont partis.

- Ouais ..

Emmett se leva pour aller regarder dans l'entrebâillement de la porte, avant de sortir complètement et de revenir.

- Allez ! On y va !

Je me fis avancer jusqu'à lui.

- Laisse moi faire, lui dis-je, alors qu'il allait se mettre à me pousser.

Il opina et je me fis rouler. Nous arrivâmes au Bureau, et la secrétaire sourit à mon frère. Elle posa ensuite le regard sur moi et son sourire disparut.

- Ooh.. Miss McCarthy, j'ai appris pour votre accident .. Je suis désolée pour vous.

Ouais ouais ..

J'hochai la tête, tout en lui souriant légèrement. Elle laissa traîner son regard sur moi, avant de relever la tête et d'afficher un sourire de nouveau.

- Bien .. Que puis-je faire pour vous ? Vous venez pour votre absence ?

- Exactement, répliqua mon frère.

Elle prit deux billets de rentrée.

- Alors, Monsieur Emmett Swan et Miss Isabella McCarthy.. Vous êtes absents depuis les vacances de Noël il me semble, n'est-ce pas ?

- Voilà ..

- Et quel est le motif de cette absence ? Questionna-t-elle.

Emmett me lança un sourire éblouissant avant de répondre fièrement.

- C'est pour des raisons familiales.

Je rigolai en le voyant faire, et la secrétaire tiqua sur sa réponse, sûrement par rapport à moi. Emmett le remarqua, mais il ne se dérida pas pour autant, au contraire, il ajouta, avec un sourire éblouissant.

- D'ailleurs Jenny, j'ai l'immense honneur de vous présenter ma petite sœur.

La Jenny en question ouvrit la bouche de stupéfaction alors que j'étais à deux doigts de pleurer de joie. Si j'avais pu, j'aurais sauté dans les bras de mon frère pour le serrer contre moi.

Mais, mes jambes ne répondant plus à mes ordres, j'entrelaçai ses doigts aux miens, et lui fis un énorme sourire lorsqu'il me regarda.

- Vraiment ? S'enquit la secrétaire.

- Vraiment ..

La secrétaire nous regarda en affichant une mine enchantée. Mais pas comme quand les gens apprennent une bonne nouvelle, non .. Plutôt comme un secret qu'on leur confit, et qu'ils savaient qu'ils avaient un minimum de pouvoir à cet instant.

- Je suis heureuse pour vous les enfants. La famille est l'un des plus beaux trésors que nous offre la vie, répondit-elle simplement.

J'acquiesçai lentement, l'examinant et Emmett en fit de même, bien que celui-ci sembla moins soucieux. Une fois que nous fûmes dans le couloir, nos billets en main, mon frère me sortit de mes pensées.

- Tu vois cette femme ?

- Hm .. ?

- C'est la pire pipelette que j'ai jamais rencontrée. Même Alice aurait du mal à lutter contre elle.

- Han ! Pourquoi tu lui as dit ça alors ? Fis-je en arrêtant de me pousser. Je le savais en plus ! Ça se voit à la tête qu'elle a faite.

Emmett me lança un regard, recula quelque peu, prit les poignées de mon fauteuil pour me faire avancer de nouveau. Sa bouche au niveau de mon oreille, il me répondit.

- Vois-tu, Trésor.. Le fait est que je veux que tout le monde le sache.. T'es ma sœur, ma petite sœur, et rien que pour ça .. Si quelqu'un te touche, j'le bouffe ..

Je souris malgré moi.

- Tu n'es pas obligé de faire ça, tu sais, répliquai-je.

- J'estime que tu as été assez de fois toute seule dans ta vie pour que je ne prenne pas la peine de prendre les mesures nécessaires pour que tout le monde sache qui tu es .. Et qui je suis pour toi.

- Mais .. T'as pensé à ton père ? Peut-être qu'il ..

- Notre père, coupa Emmett. Et crois moi que s'il pouvait le marquer sur son front et donner ton numéro de téléphone pour confirmation, il le ferait.

Je soupirai, sachant que c'était peine perdue.

- Arrêtes de soupirer .. Arrêtes de penser.. de réfléchir. Je m'occupe de tout, tu t'occupes de rien ! T'écoute ton grand frère, et tu .. T'AMUSES !

Sur ces mots, il se mit à courir, me poussant à toute vitesse. J'éclatai de rire à cette attitude. Nous allions tellement vite. Emmett faisait des espèces de dérapages, avec un continuel « Vroum.. Vrouuuuum ! » Il courut, encore et encore, me faisant rire. Il prit un virage, manquant de nous faire tomber. Il fit un dernier sprint et s'arrêta brusquement, appuyant sur le bouton de l'ascenseur,. Puis il se mit à chantonner un classique, comme si de rien était. Je le regardai bizarrement lorsque je compris.

- Bonjour Madame ! Salua Emmett.

Je tournai la tête vers le proviseur adjoint et la saluai avant qu'elle ne disparaisse dans un couloir adjacent.

Je reposai les yeux sur mon frère, qui cachait tant bien que mal un sourire, et lui mis un coup

joueur, nous faisant succomber à l'hilarité qui nous guettait.

- J'suis mort, dit-il ensuite, en se laissant tomber à terre.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et il rampa dans l'habitacle.

- Et après ça, c'est moi l'handicapée ? Rigolai-je en entrant à mon tour.

- Ah nan, mais j'te l'dis tout de suite .. Maintenant qu'on se connaît bien, j'ai plu à faire semblant de savoir me tenir correctement, prévint-il, haletant.

Mon frère me fit rire à nouveau.

- T'es nul, Em' ..

- Hé oui, mais c'est pour ça que tu m'aimes !

- Plus que tu ne peux l'imaginer, avouai-je.

Nous arrivâmes à mon étage et mon frère me poussa dans le couloir, après s'être remis debout difficilement.

C'était là que ça se compliquait ..

Mon frère allait s'éloigner, lui qui était ma source de bonheur depuis des semaines. J'allais, en plus, devoir croiser le regard d'Edward, et ça m'angoissait.

Emmett s'arrêta devant la porte du cours de littérature et je poussai un soupir. Mon frère fit le tour de mon fauteuil, avant de s'agenouiller face à moi. Sa main alla caresser le haut de mon genou, mais je ne sentis rien. Comme depuis trois semaines, maintenant ..

- Trésor .. Si t'as quoi que ce soit qui va pas, appelle moi. De toute façon, il reste plus que trois quarts d'heure de cours et quand ça sonnera, je serai devant la porte. On a maths ensemble après ..

- Je sais, et je t'en remercie, lui dis-je.

Il me prit dans ses bras, et j'embrassai son épaule alors que ses lèvres se posaient sur le sommet de mon crâne.

- Je te promets que je serai toujours là pour toi, souffla-t-il.

Toujours .. C'était tout ce qu'il me fallait ..

Je fermai les yeux un instant.

- Tu préfères que je t'accompagne à l'intérieur ou .. ? Me demanda mon frère, une fois que j'étais prête.

- Non, laisse .. Ça ira. Ouvre moi simplement la porte, s'il te plait.

- C'est comme tu veux ..

Il me lança un dernier regard avant de toquer.

- Entrez !

Emmett m'ouvrit la porte, et je me poussai à l'intérieur, le billet et le sac sur les genoux. Je pris une profonde inspiration, avant de lever les yeux vers les gens de ma classe. Tout le monde me scrutait sans aucune retenue. Dans certains regards se trouvait de la pitié, d'autres encore affichaient un certain dégoût.

C'était l'histoire de ta vie, ça, l'orpheline ..

Le visage d'Irina montrait quant à lui un petit sourire horrible. Pétasse..

Mon cœur eut un raté lorsque je croisai le regard d'Edward. Celui-ci ne détourna pas les yeux, et je ne trouvai pas la force, ni même l'envie, de regarder ailleurs.

Ses yeux, d'un vert si puissant, si profond ..

- Oh, Miss McCarthy, heureux de vous revoir ! Me coupa le prof.

Je tournai la tête à regret et me forçai à lui sourire. Il descendit de son estrade et je lui tendis le billet.

- Merci, dit-il en le posant sur son bureau.

Il me regarda ensuite, m'observant. Mais pas de la manière dont on scrutait quelqu'un, ou de la façon où l'on laissait clairement voir que ce que l'on observait nous inspirait de la pitié .. Non, Monsieur Fitz me regardait en souriant, simplement. Il avait toujours été d'un naturel très enjoué, comme s'il puisait sa source de vitamine à même le soleil, tentant de faire rayonner le monde qui l'entourait. Je l'appréciais beaucoup, ce vieux bonhomme.

- Vous m'avez fait peur, avec l'accident, vous savez ! Confia-t-il.

- Désolée, M'sieur ..

- Ce n'est pas grave, l'essentiel est que vous vous portiez bien.

- Disons qu'à défaut de bien me porter, tout roule, lui dis-je, quelque peu sarcastique.

- Tu vois que ma blague elle était pas pourrie ! Entendis-je derrière moi.

Tout mon frère, ça ..

Celui-ci apparut devant moi.

- Je te retiens, me menaça-t-il faussement.

- Vas en cours, ça va aller, lui assurai-je.

- Sûre ?

- Certaine.

- Très bien ..

Il passa sa main sur ma joue en une simple caresse avant de s'en aller, nous laissant souriants, mon prof et moi. Ce prof était bizarre, y avait pas de doute.

- On peut reprendre ? Demanda Irina. Parce que si on commence à s'arrêter pour elle ..

Je lui lançai un regard méprisant et elle me fit un sourire des plus hypocrites.

- Oh ça alors ! Oui, nous allons reprendre ! Ce serait bien la première fois en deux ans que vous daigniez vouloir travailler ! Se moqua Monsieur Fitz. Miss McCarthy, je vous invite à rejoindre votre place à côté de Monsieur Cullen, et si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas à me demander. Quant à vous, Miss Dénali .. Au tableau ! J'aimerais vous écouter nous présenter votre corpus, qui, je suis sûr, doit être fabuleux !

J'esquissai un sourire, avant que celui-ci ne s'efface, rattrapé à l'idée de devoir aller m'asseoir près d'Edward. Enfin m'asseoir.

J'étais assise toute la journée, donc .. Je bougeais juste de place au final.

Je me fis donc rouler à travers les tables, et me positionnai devant la mienne, ou plutôt devant la nôtre. Je regardai partout, sauf vers lui. Tous les regards étaient tournés vers nous, et ça m'insupportait. Je souris cependant à Alec, avant d'entendre de la part d'un certain Greg.

- Putain ! Même en fauteuil elle est sexy ! Elle est juste à la bonne hauteur pour ..

Le gars en question fut interrompu par la claque réprobatrice que venait de lui assener Alec.

-Hé ! Fit Greg en se frottant l'arrière du crâne.

-Ferme-la, lui ordonna Alec.

Le gars bougonna et Alec lui lança un regard menaçant.

Ah .. les bouffons ..

Mon regard resta posé sur eux quelques secondes, avant de retomber de manière lasse sur Edward. Je décidai de croiser mes bras sur la table devant moi, avant de poser la tête dessus, réfléchissant.

Le plus dur était passé ?

Certainement pas.

Cette pouf' d'Irina n'en avait pas fini avec moi. C'était sûr ! Ça, plus le regard des autres, mais aussi le regard d'Edward, tout ça ..

Je soupirai de tristesse, ne sachant pas quoi faire.

Faire face ..

Doucement, comme assommée par un sommeil totalement inattendue, je m'endormis, bercée par l'horrible voix d'Irina.

[…]

Point de vue Edward

Je me laissai aller et jetai un regard à Bella.

Oh ..

Elle s'était endormie. La tête posée sur ses bras, elle se mit à bouger. Je détournai le regard, ne voulant pas me faire prendre au cas où elle se réveillerait. Je l'entendis pousser un petit gémissement plaintif, chuchotant quelque chose de complètement incompréhensible.

Elle dormait vraiment ..

Je ne pus m'empêcher de sourire en posant mes yeux sur elle de nouveau. J'avais toujours aimé regarder Bella dormir. C'était l'un des moments où elle était le plus sereine, calme et en paix.

Je détaillai son visage, profitant de son inconscience pour me ressourcer, et profiter de ses traits. Ses yeux clos, sa bouche parfaitement dessinée en dessous de son nez fin .. Elle était sublime.

Sans que je ne puisse m'en empêcher, ma main alla caresser sa joue, avant de remettre une mèche de cheveux derrière son oreille, me permettant ainsi de mieux observer encore son visage d'ange. Elle frissonna sous mon toucher, et je réagis pareil, inconsciemment. Elle parla un peu, et je n'eus même pas peur qu'elle se réveille.

Car si elle le ferait, j'assumerais et lui avouerais tout ..

- Edward ..

Je souris quelque peu, mon cœur se serrant à l'idée qu'elle prononçait encore mon prénom dans son sommeil. Je me mis à plat sur la table à mon tour, appuyant ma tête sur mon avant-bras, la tête tournée vers elle.

Elle me manquait tellement ..

Bien sûr, j'aurais pu profiter de ce cours que nous avions en commun pour instaurer un dialogue, de manière à ce qu'on puisse mettre les choses au clair. Mais, je restais tellement incertain. Emmett m'avait mis en garde, certes, mais sérieux .. Je m'en foutais complètement de ce qu'il voulait ou ne voulait pas. Après tout, c'était sa sœur que moi je voulais, pas lui.

Ma main se déplaça vers la sienne, alors que celle-ci était posée à plat sur la table. Doucement mes doigts se placèrent à côté des siens, jusqu'à qu'ils entrent en contact avec sa main. Tendrement, sans que je ne réfléchisse, je posai le côté droit de la mienne sur le côté gauche de la sienne, entrecroisant deux doigts. Ainsi disposés, mon annulaire, orné de mon anneau d'argent, se trouvait à côté de son annulaire gauche, autour duquel mon anneau avait longtemps reposé. J'avais tellement aimé la voir avec ma bague. Il m'était même arrivé de penser que c'était une alliance, et qu'on allait se marier.. Fonder une famille et être simplement heureux.

Comme Emmett et Rosalie.

Emmett était sûrement le gars le plus chanceux que je connaisse. Il avait une fiancée, une sœur .. Il avait Bella.

Tu aurais pu l'avoir aussi ..

Ah oui ? Et quand ? Avant ou après qu'Emmett me menace ?

Avant qu'elle ne te fuit, et qu'elle ne finisse dans ce fauteuil ..

Je baissai les yeux et vis sans mal son fauteuil.

Tout était de ma faute ..

Si je ne l'avais pas remballée de cette manière, si je ne l'avais pas froissée ainsi ..

Si je ne lui avais pas menti..

J'aurais pu être heureux, tellement heureux.

Mes yeux se posèrent sur le bracelet que je lui avais offert à Noël.

Il aurait encore signifié quelque chose ..

J'avais tout pour être heureux, une famille, des amis, et une femme heureuse.

Mais elle était partie ..

C'était vrai ça .. C'était elle qui m'avait quitté en premier.

Elle était partie sans un mot, me laissant un appartement vide et le cœur en miette. Avec cette lettre plusieurs semaines plus tard, me disant qu'elle ne voulait plus de cette vie. Cette vie qu'elle trouvait bafouée sans Emmett.

Cette vie à laquelle ma présence ne manquerait pas assez ..

Je n'avais pas été suffisant.. Pas assez pour la retenir ici, près de moi.

Je regardai Bella, et ce fut comme si mon sang se mit à bouillir, me criant d'agir, de la réveiller pour lui avouer tout ce que je ressentais, tout ce que j'avais ressenti.. Mais une autre partie de moi me soufflait de ne rien faire, de laisser couler .. De supporter cette heure en sa présence, et de ne rien faire d'autre.

Voilà, j'étais incertain.. Hésitant.

Est-ce que j'étais prêt à oublier à quel point j'avais souffert ? A quel point j'avais été malheureux ?

Je me relevai, m'éloignant d'elle, alors que mon corps réclamait déjà sa chaleur. Sans réfléchir, je sortis de ma poche mon trousseau de clés, décrochant ma préférée avant de la poser à plat sur la table. La recouvrant de ma main, je la fis lentement coulisser vers Bella. Je la gardai encore quelques instants pour moi, hésitant de nouveau.

Mes yeux se posèrent de nouveau sur Bella, elle était si belle. J'avais juste envie de rester assis là, et la regarder. La regarder. Encore et encore, jusqu'à la fin des temps.

La sonnerie retentit et dans un dernier soubresaut, je décollai ma main de la clé, abandonnant le dernier objet qui nous reliait vraiment.

La clé de son appartement ..

Je me levai et rassemblai mes affaires rapidement, Bella commençant à se réveiller. Au moment où elle ouvrit les yeux, je disparus, rejoignant le couloir. Je me précipitai, avant d'entrer dans quelqu'un. Une montagne de muscle .. Emmett.

Je levai les yeux vers ce dernier et je n'eus pas le temps d'essayer de traduire ses émotions que nous entendîmes :

- Edward !

Nous nous tournâmes machinalement vers Irina. Celle-ci s'adressa à Emmett avec un air de dégoût.

- Pas mal, Swan. Tu te tape deux meufs en même temps ..

Emmett ne lui répondit même pas, se contentant de lui lancer un regard dédaigneux, presque humiliant, avant de rejoindre la salle de littérature.

- Pff, connard.. Lui et l'handicapée craignent un max' !

L'handicapée ..

C'est d'ta faute si on peut l'appeler comme ça, maintenant.

Je lançai un regard méprisant à Irina. Elle m'énervait tellement quand elle faisait ça. J'essayai de me calmer, de me ressaisir .. J'avais envie de défendre Bella, mais .. Une partie de moi pensait que je n'étais plus en droit de le faire. J'avais l'impression de me consumer de l'intérieur, tellement la chaleur de mon sang qui bouillait se répandait vite. Je ne savais plus quoi faire.

Soudain, Irina posa une main sur mon avant-bras.

- Edward, ça va ?

Son contact me brûla, alors que dans ma tête, une voix chuchotait.

Trahison ..

Tu trahis Bella.. Irina lui a rendu la vie dure. Elle a même essayé de la faire tuer.. De tuer la femme que tu aimais .. et que tu aimes encore. Ça plus ce qu'elle a fait à Rose .. Ta meilleure amie, Rosalie.

Poussé par je ne savais quelle envie, je me détachai brusquement de cette blonde excentrique avant de me mettre à courir à travers le couloir bondé. Bousculant plusieurs personnes, j'arrivai aux escaliers, avant de les descendre à toute hâte. Je me dirigeai dehors et regardai de chaque côté, cherchant une quelconque échappatoire. Je me mis à traverser le parking en courant. Heureusement, il n'y avait quasiment personne à cette heure-ci. J'allai jusqu'au bois qui bordait le côté Est avant de dépasser la lisière de ceux-ci et de m'y enfoncer.

Je courais toujours lorsque je trébuchai, tombant. Il me fallut quelques secondes pour me relever, je le fis difficilement, la poitrine lourde de regrets et de honte. Je me traînai jusqu'à l'arbre qui se trouvait à ma droite, appuyant mon dos sur le tronc. Je me laissai glisser le long.

Qu'est-ce que je faisais ?

Qu'est-ce que j'avais fait ?

Bella aurait su me réconforter, elle. Sa simple présence saurait me réconforter.

Oui, mais les handicapés ne pouvaient pas venir dans la forêt, pas avec un fauteuil roulant ..

J'agrippai mes cheveux, voulant les arracher, oublier tout dans la douleur que me provoquerait ce geste. Oublier la douleur qui trônait dans ma poitrine.

Tirant mes cheveux, un de ces souvenirs fourbes me revint.

O~*o*~O

- Mon cœur, j'aime vraiment trop tes cheveux !

Je rigolai, regardant Bella qui tripotait une de mes mèches.

- Arrêtes de dire n'importe quoi ..

- Hé ! J'te jure ! Je suis sûre que même si t'avais été moche et tout et tout et bin .. tes cheveux auraient tout rattrapé !

Je regardai ma belle, et ses yeux enfantins rencontrèrent les miens.

- Dis que je suis pas beau ..

- Non, t'es sublime.. Genre, beaucoup beaucoup !

Je ris à l'entendre avant d'approcher d'avantage mon visage du sien et de poser mes lèvres sur les siennes, tout simplement enivré d'elle.

- Je t'aime, mon Amour, lui soufflai-je.

- Je t'aime aussi, sourit-elle, caressant toujours mes cheveux, les yeux illuminés de bonheur.

O~*o*~O

Je secouai la tête, voulant enlever tout ça de mon esprit. Mais j'avais l'impression que mes poumons étaient oppressés, comme bloqués. Je respirai difficilement, avant d'éclater en sanglot. Aucune larme. J'avais simplement la respiration saccadée, alors que ma gorge se serrait de tristesse. J'enfonçai ma main dans ma poche, cherchant désespérément mon iPod. Une fois que je l'eus enfin trouvé, je mis les écouteurs sans attendre, essayant de me soigner comme d'habitude .. A la musique.

Prenant ma tête entre mes mains, calant ma respiration sur le rythme de la mélodie qui 0s'annonçait, je tentai de me calmer.

[ ~*. Joel & Luke ; Love's to Blame ]

Time in Time I thought through it all

[ De temps en temps je pense à tout ça ]
How we loved and loved

[ Comme on a aimé et aimé ]
And how we fought each other

[ Et comme on s'est disputé l'un avec l'autre ]
Pushing one another

[ Se forçant ]
To be somebody else

[ A être quelqu'un d'autre. ]

And time in time for the rest of my thoughts

[ Et de temps en temps, pour le reste de mes pensées ]
I certain if the end was right or wrong

[ Je me demande si la fin était bien ou mal ]
And wether we so should be together to with somebody else

[ Et comme on devrait tellement être ensemble, avec quelqu'un d'autre. ]

A lost memory

[ Un souvenir perdu ]

She had water in her eyes

[ Ses yeux étaient remplis de larmes ]

She cried stay with me

[ Elle pleurait me demandant de rester avec elle ]
Say how can this be loved

[ Dis moi comment ça a pu être de l'amour ]
If you are leaving me

[ Si tu me quittes ]
But darling love's to blame

[ Mais Chérie l'amour est à blamer ]

Si je ne me remettais pas avec Bella.. Si je me l'étais interdit, c'était tout simplement à cause de l'amour. J'avais peur de l'aimer ouvertement, de nouveau, et de la voir partir encore. William Shakespeare avait dit un jour « Ces plaisirs violents ont des fins violentes. Dans leurs excès ils meurent tels la poudre et le feu, que leur baiser consume. »

J'aimais Bella si passionnément, et ce depuis le début. Elle avait été la seule dès la première fois où je lui avais parlé. Mais elle m'avait abandonné ..

And I can't see you right now

[ Et je ne peux pas te voir maintenant ]
'Cause my heart just can't take it

[ Parce que mon coeur ne peut pas le supporter ]
Can't be near you right now

[ Je ne peux plus être près de toi maintenant ]
'Cause i know you're no longer mine

[ Parce que je sais que tu n'es plus mienne ]
I can't see you

[ Je ne peux pas te voir. ]

It makes me ache that we had to break

[ Ça me fait mal qu'on ait dû casser ]
Even though i knew your heart so well

[ Même si je connaissais tellement bien ton cœur ]
We're strangers in different places

[ Nous sommes des étrangers dans des endroits différents ]
Thought we're livin mile apart

[ Étant séparés de milliers de mètres. ]

Je la connaissais tellement bien, malgré moi. Ses traits, son sourire.. Son rire ou encore sa façon de parler. Ses peurs et ses hontes, sa fierté et le respect qu'elle donnait aux autres. Sa vision des choses… J'avais appris à tout aimer d'elle. La manière dont elle retroussait son nez quand quelque chose lui compliquait la vie, comment elle tirait la langue quand elle était en pleine réflexion. La manière dont ses sourcils se rapprochaient lorsqu'on la contrariait trop. Son côté vulnérable, et ses airs de guerrières.

My best friends gone my world as being soft

[ Mon meilleur ami croyait que mon monde était doux ]
We'll never share a name of her be promed

[ Nous ne partagerons jamais le même nom ]
But I will always remember the years we've spent in love

[ Mais je me souviendrais toujours des années qu'on a passé dans l'amour. ]

Je ne pouvais pas fermer les yeux sur les derniers mois que l'on avait passés ensemble. Ils avaient été tellement forts, tellement appréciables. Je crois que je n'avais jamais été aussi heureux de toute ma vie. On avait un avenir, on était un nous ..

I still think of you

[ Mais je me souviendrais toujours des années qu'on a passé dans l'amour. ]

I pray that you were save

[ Je prie pour que tu sois sauvée ]
I'm still missing you

[ Tu me manques toujours ]
But it has to be this weakest

[ Mais ça doit être le plus faible ]
I'm not right for you

[ Je ne suis pas le bon pour toi ]
And that's why love's to blame

[ Et c'est pourquoi l'amour est à blâmer. ]And I can't see you right now

[ Et je ne peux pas te voir maintenant ]
'Cause my heart just can't take it

[ Parce que mon coeur ne peut pas le supporter ]
Can't be near you right now

[ Je ne peux pas être près de toi ]
'Cause I know you're no longer mine

[ Parce que je sais que tu n'es plus mienne ]
I can't see you right know

[ Je ne peux pas te voir maintenant ]
'Cause my heart just can't fake it

[ Parce que mon coeur ne peut pas faire semblant ]
Can't be near you right now

[ Je ne peux pas être près de toi maintenant ]
Cause I know you're no longer mine

[ Parce que je sais que tu n'es plus mienne ]

Le pire dans tout ça .. C'était que j'avais su. Depuis le début. Je la connaissais trop bien pour ne pas avoir ne serait-ce que penser à la possibilité qu'elle s'en aille. Je l'avais envisagé et longuement étudié. J'avais su qu'elle allait faire ça.

Je l'avais su, mais je m'étais convaincu qu'elle ne le ferait pas. Ou que, du moins, Emmett n'aurait jamais à savoir tout ça. J'avais même préféré cette deuxième option. Mais Renée était arrivée, toute fière de faire une surprise, gâchant tous mes projets. Tous nos projets ..

And I can't see you

[ Et je ne peux pas te voir ]
Oh I can't see you

[ Oh je ne peux pas te voir ]
I just can't see you right now

[ Je ne peux juste pas te voir maintenant ]

But maybe time will heal the hearts

[ Mais peut-être que le temps cicatrisera les cœurs ]
And maybe after time you'll understand

[ Et peut-être qu'après ça tu comprendras ]
I take the darker side of me

[ Je prends le côté le plus sombre de moi-même. ]

And I can't see you right now

[ Et je ne peux pas te voir maintenant ]
'Cause my heart just can't take it

[ Parce que mon coeur ne peut pas le supporter ]
Can't be near you right now

[ Je ne peux pas être près de toi ]
'Cause I know you're no longer mine

[ Parce que je sais que tu n'es plus mienne ]
I can't see you right know

[ Je ne peux pas te voir maintenant ]
'Cause my heart just can't fake it

[ Parce que mon coeur ne peut pas faire semblant ]
Can't be near you right now

[ Je ne peux pas être près de toi maintenant ]
Cause I know you're no longer mine

[ Parce que je sais que tu n'es plus mienne ]

Le fait était que j'avais besoin d'elle, plus que de quiconque. J'avais besoin de la voir heureuse et souriante. J'avais besoin de savoir qu'elle était sereine. J'avais besoin d'être là pour m'en assurer.

And I can't see you

[ Et je ne peux pas te voir ]
Oh I can't see you

[ Oh je ne peux pas te voir ]
I just can't see you right now

[ Je ne peux juste pas te voir maintenant ]

No I can't see you

[ Non je ne peux pas te voir ]
I just can't see you

[ Je ne peux juste pas te voir .]

I just can't see you right know
[ Je ne peux juste pas te voir maintenant ]

And love's to blame

[ Et l'amour est à blâmer. ]

Regardant la photo que j'avais sortie de ma poche, comme à mon habitude, je souris de tristesse.

Bella était dans mes bras, sa tête dans mon cou, son dos contre mon torse, alors que je respirais l'odeur de ses cheveux, comme je le faisais tout le temps. Elle souriait simplement.

C'était Emmett qui avait pris cette photo, à Noël, un peu avant qu'ils ne s'éloignent tous les deux. C'était quand tout allait encore bien ..

La vérité était là ..

Connaissant tellement Bella, j'avais deviné que si ça venait à mal se passer avec son frère, elle abandonnerait. J'avais toujours fait en sorte qu'elle aille bien. Je l'avais choyée, et aimée d'une manière que je pensais impossible avant, pour que, même si ça n'allait pas avec Emmett, elle resterait. Pour moi, pour nous ..

Mais ça n'avait pas suffit ..

Elle était tout de même partie. Et lorsqu'elle était revenue, pris au dépourvu, je n'avais pas su lui dire tout ce que je ressentais. Au lieu de ça, je l'avais directement envoyée dans ce fauteuil.

Alors, en effet, je n'étais pas prêt à la voir. Ou du moins, je le pensais.

Mais la question était : « Au-delà du fait que je ne pouvais pas la voir pour le moment, étais-je prêt à me priver d'elle éternellement ? Vivre sans la femme de ma vie ? »

Point de vue Bella

Je regardai la clé.. Encore et encore, inlassablement.

Il me l'avait rendu .. Comme ça.

C'était la dernière chose qui nous reliait, Edward et moi.

Mais il me l'avait rendu. Sans même un mot, profitant de mon assoupissement.

Et si je ne m'étais pas endormie ? Il m'aurait parlé, ou il ne me l'aurait même pas rendu ?

- Hey Chérie, ça va ?

Je relevai les yeux vers Alice et acquiesçai distraitement.

- Mange un peu, p'tit Cœur, me dit Emmett.

Je le regardai, et attrapai un bout de pain qui traînait sur mon plateau, que je n'avais pas encore touché. Je mordillai dedans, faisant sourire mon frère.

Emmett croyait que je ne le voyais pas s'inquiéter pour moi. J'avais perdu du poids, et je tombai souvent de sommeil. Il avait dit à Charlie que je le faisais flipper. A cette pensée, je pris une bouchée de plus. Je ne voulais pas qu'Emmett s'inquiète pour rien.

Soudain, Irina et sa voix raisonnant l'imbécillité se firent entendre.

- Alors comme ça, l'orpheline, tu lâches Eddy pour te faire Swan. T'es vraiment conne à ce point là ? Et toi, Rosalie ! Ça te dérange pas de savoir qu'ils couchent ensemble, normal ? Han mais attends .. Ça se trouve, vous vous faîtes des plans à trois !

Je regardai Irina, alors que celle-ci souriait comme la conne qu'elle était. J'aurais eu mes jambes, je crois qu'elle aurait mangé le plateau, au sens littéral. Emmett se leva, en même temps que Jasper et Rose.

- Alors quoi ? Vous allez me taper ? Continua l'autre pimbêche, toute fière d'elle.

Mon frère regarda les jumeaux, avant de leur répliquer.

- Laissez, je m'en occupe. Asseyez vous.

Jasper consentit mais Rosalie hésita. Jazz prit la main de sa sœur, l'apaisant par ce contact, et Rose finit par s'asseoir, continuant de fixer méchamment Irina.

- C'est bien, Rose.. T'es une bonne fi-fille, sourit cette dernière.

- Laisses, Chérie, dis-je à Rosalie, qui était prête à se relever. Les imbéciles aiment croire que leurs répliques pitoyablement inutiles les rendent supérieurs, ajoutai-je.

- C'est sûr que toi, l'handicapée dans son fauteuil, tu peux plus être supérieure à grand monde.

Sans que personne ne puisse rien faire, Alice abattit son poing dans la joue d'Irina, provoquant la surprise générale de tout le self, qui nous observait depuis le début.

Alice, qui se frottait le poing, lançait un regard haineux à Irina, qui se remettait debout difficilement, avant de lui cracher.

- Fille de ta mère, tu m'as jamais autant dégoûtée de toute ma vie. A l'avenir, essaies de fermer un peu plus ta bouche lorsqu'il s'agit de mes amis. On a déjà assez supporté ta connerie. Tu peux t'casser, maintenant !

Irina, qui était toujours au sol, se releva, une main sur la joue, comme choquée.

- Parles, ne serait-ce qu'une seule fois, et je te promets que cette fois-ci c'est moi qui t'en mets une, prévint Rose.

Frottant vivement sa joue, Irina s'en alla sans attendre, ignorant tous les regards que lui lançaient nos camarades. Jasper prit Alice par les épaules alors que celle-ci soupirait, les yeux fermés, las. Mon frère n'attendit pas, grimpant sur la chaise sur laquelle il était assis quelques instants auparavant, puis monta ensuite sur la table, faisant attention aux plateaux qui y étaient posés. Voyant que les cancaniers avaient repris leurs activités favorites, il porta deux doigts à sa bouche, et siffla brutalement. Putain, il voulait que je sois handicapée des oreilles ou quoi ?

Le silence se fit immédiatement, et Emmett prit la parole une fois assuré que tout le monde lui accordait l'attention désirée.

- Bon ! Une mise au point s'impose ! Certains p'tits malins d'entre vous se sont amusés à colporter la rumeur selon laquelle Bella et moi aurions une liaison. J'ai plusieurs choses à dire à propos de ça. La première c'est que quoi qu'il puisse se passer entre elle et moi .. Je vous emmerde ! La deuxième est tout particulièrement adressée à ceux qui ont diffusé ce, soit disant, scoop de merde ! Vous devez vraiment vous faire chier dans vos vies pour raconter autant de connerie en si peu d'temps ! Sérieux .. Vous avez pas d'amis ou quoi ? Bref, le plus important étant c'qu'il me reste à vous dire. Isabella n'est pas ma petite amie, ni même quelque chose qui s'y apparente. Elle est ma sœur, ma vraie soeur ! Donc, maintenant que tout le monde sait ça, vous êtes avertis. Celui qui la touche, l'insulte, la regarde de travers ou fait une réflexion de merde doit prendre pleinement conscience que c'est à moi qu'il s'en prend également. Ouais, elle est peut être en fauteuil, mais ça n'empêche qu'elle vaut mieux que la plupart d'entre vous !

Mon frère, du regard, passa la salle aux rayons x.

- Et soyez sûrs, mes amis, que je trouverai les gens qui se sont amusés à déblatérer sur nos dos, avertit-il. Ce traitement sera appliqué et s'appliquera également pour mes amis. Alors .. Vivez votre vie ! Et faîtes vos embrouilles à quelqu'un d'autre.

Il descendit de la table, d'un bond, avant de se rasseoir près de moi et, contre toute attente, des applaudissements retentirent, ainsi que des sifflements d'admiration. Mon frère me regarda, visiblement heureux, et je me forçai à sourire. Il fallait que je sorte d'ici .. que je m'éloigne.

J'attendis quelques secondes, avant de dire difficilement :

- Je .. Je vais à la bibliothèque.

- J'viens avec toi ! Dirent-ils tous en chœur.

Il se regardèrent tous, quelque peu surpris, mais je continuai.

- Je préfère y aller seule.

- T'es sûre ? Continua Jasper.

- Certaine, je peux encore faire ça toute seule ! M'énervai-je.

Je crus voir une certaine tristesse passer dans les yeux de Jazz, mais ce dernier baissa le regard trop vite pour que je n'identifie plus amplement cette expression. Je me sentis coupable une seconde. Il fallait vraiment que je m'éloigne.

- On se voit tout à l'heure, lançai-je en me faisant tourner sur place.

- Laisses ton plateau, je m'en ..

- C'est bon, coupai-je.

Je posai mon plateau quasi intact sur mes jambes inertes et attrapai mes roues rageusement, me poussant vers la sortie. J'arrivai devant la poubelle et vidai le plateau dans celle-ci, avant de m'en débarrasser. Je levai les yeux pour voir une dizaine de gens me lancer des regards de pitié. A cette vision, mes poumons se contractèrent douloureusement et mon cœur se comprima de chagrin. Ma gorge se serra de tristesse et j'eus envie d'éclater en sanglot.

« C'est sûr que toi, l'handicapée dans son fauteuil, tu peux plus être supérieure à grand monde.. »

Les paroles de cette pétasse m'atteignaient malgré moi.

Je roulai vers la sortie, bien déterminée à ne pas craquer ici, lorsque je croisai Edward. Celui-ci était appuyé sur l'embrasure de la grande porte. Il venait sûrement de voir ce qui venait de se passer. A sa vue, quelques larmes s'échappèrent de mes yeux. Je retins ma respiration, m'empêchant ainsi d'éclater en sanglot. Je passai près de lui, sans un mot ni un regard, et allai dans le couloir. Lorsque je m'autorisai à respirer, je sentis son odeur.

Oh putain ..

Je craquai brutalement, et bruyamment. Lâchant tout l'air que j'avais contenu, ainsi que toute la peine que j'avais accumulée. J'entendis Edward se retourner derrière moi, me regardant. J'attrapai mes roues, et me fis avancer rapidement, aussi rapidement que ma respiration me le permettait.

Je n'avais pas à lui infliger mes faiblesses ..

J'essayai d'aller un peu plus vite que d'habitude, et entrai dans la première salle qui me vint à l'esprit, les toilettes des filles. Je me stoppai violemment, vérifiant qu'il n'y avait personne et fermai la porte. J'appuyai ensuite sur mes jambes, sans aucune réaction. Je pleurai, mon corps étant agité de spasmes assez violents. A bout de nerfs, je frappai violemment mes jambes, tambourinant sur celles-ci. Mais rien ..

Frappant encore et encore, je me fis tomber. Le fauteuil tomba sur le côté, et je m'écrasai au sol.

Te laisse pas mourir, Bells..

A quoi bon vivre dans ces conditions ? Sans l'homme que j'aime ?

T'as un frère ! T'as un père aussi ! T'as tout ce dont t'as toujours rêvé !

Oui mais mes rêves ont évolué à la seconde où je suis tombée amoureuse d'Edward.

Arrêtes, on croirait une de ces bouffonnes de série télévisée gnan-gnan ! Celles qui croient qu'elles ne peuvent rien faire sans leur Jules.

Mais c'est d'Edward et moi dont on parle, là !

Je frappai mes jambes, comme pour faire taire ma conscience, avant de m'appuyer sur mes bras pour me traîner jusqu'au mur. Je m'assis contre celui-ci et attirai mes jambes à moi difficilement. Une fois que je fus le plus proche de celles-ci possible, et que ma poitrine fut comprimée par la pression qu'elles exerçaient contre moi, je laissais libre cours à ma tristesse ..

[…]

La biologie semblait beaucoup moins intéressante sans Edward.

Je tentais d'écouter, de suivre .. Mais mes pensées m'avaient rattrapé, et je n'avais pu espérer comprendre aujourd'hui.

Le prof m'avait placé devant, étant donné que seule la table du premier rang était adaptée pour les handicapés, les paillasses normales étant bien trop grandes pour mon fauteuil. J'avais donc été séparée d'Edward, et je ne savais quoi ressentir à propos de ça.

Je repensais à Jasper, aussi. Je savais pertinemment que j'avais dû le blesser en m'en prenant ainsi à lui, tout à l'heure. Je m'en voulais ..

Je n'aurais pas dû m'en prendre à lui de la sorte. J'aurais dû savoir gérer d'avantage mes nerfs et mes p'tites crises de fille en fauteuil. Je me demandais maintenant s'il allait venir me chercher, à la sonnerie, comme prévu. Peut être préférait-il m'éviter pour le restant de cette journée. Ce qui serait compréhensible.

En y réfléchissant, je n'aurais même pas dû revenir ici, dans ce lycée. Pourquoi l'avais-je fait, déjà ?

Pour Emmett.

Je n'avais pas voulu être séparée de lui, et le lycée me permettait de le garder auprès de moi durant la journée.

Pour mon frère ..

La sonnerie retentit et je sursautai presque. Rangeant mes affaires, j'appréhendai quelque peu les minutes suivantes, craignant de voir que Jazz n'était pas là, ou pire, qu'il serait froid envers moi. Une fois mon sac fait, je me dirigeai vers la sortie, non sans avoir attendu qu'Irina et Edward passent, en pleine discussion. Ça faisait mal, tout ça.

Je sortis finalement de la classe et trouvai, avec soulagement, Jasper, adossé au mur. Il regardait le plafond, la tête en l'air, ses cheveux blonds en bataille, les mains dans les poches de sa veste en cuir.

- Hey, soufflai-je, penaude.

Jasper revint sur terre, et me lança à peine un regard. Il prit la route, marchant plus lentement que d'habitude, sans un mot. Je le suivis, la gorge serrée de chagrin. Ça aussi, ça faisait mal.

Jazz était mon meilleur ami. Alors que je considérais la plupart des garçons que je côtoyais comme mes frères, Jasper était mon meilleur ami avant tout. Et de savoir que mon meilleur ami m'en voulait, je me sentais encore moins bien que précédemment.

Nous tournâmes au couloir suivant, et Jasper appuya sur le bouton qui servait à appeler l'ascenseur. Celui-ci arrivé, nous montâmes dedans, et Jasper appuya à nouveau sur le bouton, celui du rez-de-chaussée, cette fois.

- Jazz, Histoire de l'Art c'est au deuxième étage, remarquai-je.

- Je sais.

Je me tus. De toute évidence, il n'était pas disposé à me parler. Quand l'ascenseur ouvrit ses portes sur le rez-de-chaussée, Jasper attrapa les poignées de mon fauteuil et me poussa là où il voulait me conduire. Ce qui nous emmena sur le parking.

Je l'entendis sortir des clés de sa poche, et il ouvrit la Jeep de mon frère à distance.

- Jasper .. ? Où est ce qu'on va ? Quémandai-je.

Je tournai la tête, de manière à le regarder, et vis sans mal qu'un sourire malicieux avait pris possession de ses lèvres.

- Jazz.. Je connais ce sourire, lui dis-je. Il n'annonce rien de bon.

Il ne put s'empêcher de rire, avant de nous arrêter près de la Jeep d'Emmett.

- Vois tu, Chérie. Le fait est que je te connais plus que tu ne le penses. Je sais que tu vas mentir, avant même que tu n'aies pensé à le faire. Alors quand tu prétends que d'être dans ce fauteuil ne t'embête pas plus que ça.. Quand tu prétends que marcher ne te manque pas, sous prétexte que nous sommes là .. Quand tu prétends que la sensation dans tes jambes, quand tu t'étires, ne te manque pas .. Tu comprendras que je sais que tu mens, et bien plus encore. Je ne peux rien faire pour te faciliter la vie. Ni même te promettre d'arrêter d'être collant, comme tout à l'heure au self. Je ne peux pas non plus te redonner tes jambes, ni même faire apparaître les différentes sensations qui te manquent tant dans celles-ci.

Il s'arrêta, me regardant, alors que j'étais captivée par lui et par ses paroles.

- Mais c'que je peux faire, poursuivit-il en attrapant mes poignées, me poussant. Ce que je peux faire .. C'est te procurer de nouvelles sensations, avoua-t-il.

Ce fut là que je compris. A côté de la Jeep était garée la moto de Jasper. Je lançai un regard à celui-ci, et il me fit un sourire aimant.

- Je sais c'que tu penses .. Une moto, on peut pas la gérer sans ses jambes.. Mais attends ..

Il ouvrit la portière conducteur de la voiture, et s'approcha de moi. Me débarrassant de mon sac, qu'il jeta sur la banquette arrière, près du sien, il me demanda de mettre une veste supplémentaire. Il passa ensuite mes bras autour de son cou, avant de glisser son bras sous mes jambes. Attrapant ma main, qui était enroulée autour de son cou, il me souleva aisément. Il vint m'asseoir sur le siège, les jambes sur le côté, sorties de la voiture. Jasper prit ensuite mon fauteuil, le plia et le mit dans le coffre. Il ferma celui-ci à la suite, et revint vers moi. Me tendant sa main, paume ouverte, il me demanda :

- T'as confiance en moi, Bella ?

Je croisai ses yeux argentés, alors que son regard était profond et sérieux.

- J'ai confiance en toi plus qu'en quiconque, soufflai-je en posant ma main dans la sienne.

Jazz sourit, et embrassa mes doigts d'un geste doux. Il me prit dans ses bras de nouveau, et m'emmena jusqu'à la moto, cette fois-ci. Je ne savais pas ce qu'il comptait faire, mais je n'avais pas peur. C'était Jasper, mon meilleur ami.

D'un geste habile, il me fit m'asseoir sur la moto correctement, une jambe de chaque côté, comme si tout était normal.

- Poses tes mains sur le guidon, m'intima-t-il.

J'obtempérai et il fit le tour, me maintenant toujours d'une main. Il ferma la portière à l'aide d'un coup de pied et revint vers moi. Prenant ma jambe droite, il la colla à l'engin, et il en fit de même avec la gauche, me permettant de me maintenir grâce aux cales pieds arrière de la moto. Une fois que je fus installée le mieux possible, il enjamba la moto avec aisance, et se colla à mon dos. Il me poussa ainsi de quelques centimètres, nous rapprochant du réservoir. Ses jambes allèrent se refermer sur les miennes, les serrant d'avantage, alors que ses pieds à lui s'emmêlaient habilement avec les miens, de manière à aller appuyer sur les pédales tout en me maintenant contre le véhicule. Ses mains allèrent se poser de chaque côté des miennes, et sa bouche se retrouva près de mon oreille, alors qu'il était littéralement collé à moi.

- Bien .. Maintenant, c'est toi qui conduis, me chuchota-t-il.

- Quoi ? Mais j'ai jamais ..

- Chuuut, je suis là, fais moi confiance, dit-il.

Je lui lançai un regard par-dessus mon épaule, et il démarra la moto.

- Alors, l'accélérateur est ici, l'embrayage est de l'autre côté, et le frein avant se trouve là. J'ai le frein arrière sous le pied droit et les vitesses sous le gauche. Quand tu veux passer une vitesse, tu me le dis, et quand t'embrayes, j'appuie. Cette moto se conduit presque pareil qu'une voiture. Si tu crois que quoi ce soit va mal se passer, ce n'est pas possible. D'une tu conduis très bien ..

- Dis ça à mon fauteuil roulant, remarquai-je.

- Et de deux, je suis là, conclut-il, m'ignorant.

Il nous poussa un peu, enlevant la béquille, tout en conservant un pied à terre, pour nous maintenir en équilibre, avant de dire.

- C'est quand tu veux, Princesse. Si tu préfères, je nous fais rouler un peu, et après tu prends les commandes.

- C'est pas ça, Jazz.. Mais, imagine on tombe et je te fais mal ?

- On sera tous les deux en fauteuil, ce sera cool. On créera la nouvelle mode, répondit-il, en un haussement d'épaule.

J'étais trop inquiète pour sourire.

- Pas drôle, Jasper, lui répliquai-je.

- J'ai confiance en toi, vraiment. Et même si tu viens à perdre le contrôle et que je ne peux rien faire pour rattraper le truc, je ne t'en voudrais pas, d'accord ? Si on est là, c'est parce que je le veux, je veux que tu ressentes au-delà des deux roux de ton fauteuil. Je veux que tu vives sans ce fauteuil.

Je regardai Jazz, et celui-ci me fit un sourire rassurant. Sacré Jasper..

Respirant un bon coup, j'abaissai le bouton allumant la moto. Le moteur rugit sous moi et un sourire franchit mes lèvres. Mon cœur commença à s'accélérer alors que je tournais la poignée, nous faisant avancer. Grâce à une totale coordination avec mon ami, j'arrivai à passer les vitesses sans mal. Jasper serrait ses cuisses sur les miennes, me donnant ainsi un maintient parfait.

Je tournai d'abord quelque peu sur le parking, pleine d'appréhension, m'habituant à la sensation. Slalomant entre les allées de voitures garées, accélérant sur les lignes droites.

Je lançai un regard à Jasper par-dessus mon épaule et constatai que celui-ci avait le sourire aux lèvres. Comme moi.

Je remarquai que les élèves présents sur le parking nous observaient avec attention.

- Bien, me dit Jasper, la bouche près de mon oreille. Maintenant que tu gères un minimum, que dirais-tu d'aller faire un tour.. En dehors de ce parking ?

Je soupesai cette idée intérieurement, mais je n'eus pas besoin de réfléchir longtemps.

Hochant la tête, je resserrai ma prise sur l'accélérateur, m'apprêtant à passer une vitesse, je tournai l'embrayage alors que Jasper appuyait sur la pédale à l'aide de son pied.

Nous sortîmes du parking et j'avançai plus vite encore. Slalomant entre les différentes voitures obstruant les routes de Forks, passant devant tout le monde à l'unique feu rouge, j'arrivai à la lisière des bois. La route qui longeait ceux-ci était toujours déserte. Empoignant d'avantage ma poignée droite, je nous fis aller à toute vitesse. C'était comme si je revisitais le paysage. Voyant tout sous un nouvel angle, une nouvelle dimension. Ressentant avec de nouvelles sensations, de nouvelles pensées, et un nouveau cœur.

J'entendais le moteur rugir alors que mon corps vibrait sous sa puissance. Le vent frappait mon visage avec violence, faisant voler mes cheveux. Je sentais la tête de Jasper sur mon épaule.

Celui-ci embrassa ma joue, avant de me dire assez fort, de manière à ce que je l'entende.

- Alors, tu vis ?

Je tournai brièvement ma tête vers lui, juste le temps de croiser ses iris brillantes.

- Plus que ça, Jazz .. Je revis ! Criai-je, heureuse.

Il embrassa ma tempe, et pour la première fois depuis près d'un mois, je fus prise d'un fou rire.

Libérateur ..

Un rire franc, sans contrainte ou faux semblants. Un rire simple, heureux, irréfléchi, spontané et euphorique.

Pour la première fois depuis des jours, j'oubliais. Là, sur cette moto, près de ces bois et dans les bras de mon meilleur ami, je revivais. L'adrénaline courant dans mes veines, insouciante.

Oui, pour la première fois depuis des jours, j'étais moi.

[…]

J'avais finalement cédé ma place de conductrice à Jazz, qui nous ramenait chez lui. Mon cœur semblait léger, et j'étais sûre que j'avais des étoiles plein les yeux.

J'avais l'impression que nous roulions depuis des heures. Le soleil était encore haut dans le ciel. Il faisait étonnamment bon, et le vent dans mes cheveux était réellement agréable. Je me sentais si bien.

Grâce à Jasper.

A cette pensée, je resserrai un peu plus ma prise autour de sa taille et posai ma joue à plat sur son dos. Mon ami tourna légèrement la tête vers moi, et je sentis sa main caresser la mienne. Nos jambes étaient habilement emmêlées, et il m'avait collé à lui. Ainsi positionnée, je sentais son cœur battre à mon oreille, et c'était rassurant.

Nous tournions dans la rue des Hale, et Jasper se gara dans son allée, la Jeep de mon frère y étant déjà garée.

Mon meilleur ami mit la béquille, et descendit prudemment, positionnant mes mains sur le guidon, de manière à ce que je ne perde pas équilibre.

- Emmett savait ? Lui demandai-je.

- Ça me semble plutôt évident, sourit-il. Je lui ai dit que c'était pour toi. Et puis il fallait bien que quelqu'un m'emmène jusqu'ici pour chercher la moto.

- Et où est Alice ?

- Avec Tia. En train de faire les boutiques, sûrement.

J'esquissai un sourire et Jasper s'approcha de moi. D'un geste doux, il entoura ma taille alors que je crochetai déjà sa nuque, et me souleva ensuite, me portant telle une mariée. Instinctivement, je calai la tête contre son épaule.

- Merci pour tout, Jazz, soufflai-je dans son cou.

Mon ami me lança un regard serein, embrassa ma tempe.

- Ce n'est pas fini, mon Cœur, me chuchota-t-il.

Je l'observai, interrogative, tandis que ses yeux ne reflétaient que de la malice et que ses lèvres s'étiraient d'un sourire en coin. Nous montâmes les quelques marches du perron, où Stella nous attendait, ayant sûrement entendu le bruit de la moto. Jasper s'arrêta près de sa mère.

- Bonjour ma Chérie, me sourit-elle en caressant ma joue.

- Salut, répondis-je, éblouie par sa tendresse.

- Jasper, Chéri, mettez vous sur le canapé, je vais vous préparer un petit quelque chose, dit Stella.

- D'acc.

Jasper reprit notre route et nous emmena jusqu'au salon. Doucement, il me posa sur le canapé, allongeant mes jambes sur le côté, les repliant et les calant de manière à ce qu'elles restent comme telles.

- Tu veux la couverture ? Me questionna-t-il en désignant celle qui était sagement repliée sur le dos du sofa.

- Pourquoi pas.

Il me couvrit avec prudence et embrassa mon front.

- Je reviens, ne t'endors pas, on repart après, me prévint-il.

- Okay, soufflai-je.

Il fila alors jusqu'aux escaliers et gravit ceux-ci rapidement. Je laissai mes yeux chavirer sur son passage quelques secondes, et Stella apparut, un plateau en main. Elle s'approcha, souriante, et posa celui-ci sur la table basse.

- Tu veux quelque chose ? Quémanda-t-elle en me montrant les différents mets qu'elle avait préparés.

- Non, merci, pas tout de suite, lui répondis-je en un sourire poli.

- Comme tu veux.

Elle s'enfonça dans le canapé, à côté de moi et je la vis poser une main sur ma cuisse.

- Alors, comment tu vas, Trésor ?

Mes yeux s'étaient posés sur sa main. Je connaissais assez Stella pour savoir que ce contact n'était pas seulement affectif. Elle avait posé sa main ici pour pouvoir évaluer, par la même occasion, la sensibilité de mes jambes, ou, en l'occurrence, la non-sensibilité.

Je relevai vivement les yeux, me rendant compte que j'étais restée à regarder sa main.

- Ça va, repris-je. Et vous, comment allez-vous ?

- Bien, tout va bien. Dis moi Chérie..

- Hm ?

- Combien de fois t'ai-je demandé d'arrêter de me vouvoyer ? Sourit-elle.

Je répondis à son sourire, sachant très bien que les comptes étaient intenables à ce sujet.

- De plus, j'ai constaté que tu tutoyais déjà Josh, c'est du favoritisme, bouda-t-elle.

Je ris à la voir faire.

- Je sais. Je vais essayer d'arrêter de te vouvoyer, assurai-je.

- Bien.

Je l'observai une seconde. Elle était souriante, ses grands cheveux blonds derrière ses épaules, ses grands yeux gris pétillants de malice. Elle me rappelait sans mal Rosalie quand elle était ainsi. Jasper revint et je tournai la tête pour l'accueillir d'un sourire. Il avait un sac de sport en main.

- J'ai encore deux ou trois trucs à prendre, et on y va, me dit-il.

Il fila à la cuisine, et j'entendis les portes du placard s'ouvrirent.

- Où allez vous, cette fois-ci ? Me questionna Stella.

J'haussai les épaules alors que Jasper revenait déjà.

- Vous allez où ? Lui demanda-t-elle.

- Au pays des merveilles, M'man !

- Jazz ..

- T'inquiètes, où on va y a pas de terroristes, ni dealers ou de gens qui boivent, la rassura-t-il en prenant un petit pain, posé sur le plateau.

- Mouais, fit Stella, sceptique.

- Ch't'achure ! Reprit mon ami, la bouche pleine.

Stella, qui s'était levée, tapota le front de son fils d'un geste las avant de filer à la cuisine, après m'avoir embrassé la joue. Jasper, qui me regardait, toujours en train de se goinfrer, me désigna le plateau du doigt.

- Non merci, déclinai-je.

Il avala tout rond, manquant de s'étouffer, avant de reprendre.

- C'était pas une proposition, mais une obligation très chère. Tu. Manges, articula-t-il.

- Non. Merci, m'entêtai-je, l'embêtant.

- MAMAN ?

- Quoi ?

- Hé bin Bella elle veut pas manger alors qu'elle a d'jà pas touché à son plateau, c'midi !

- Bella ..

J'entendis Stella arriver, et je pris rapidement un petit pain tout en lançant un regard noir à Jasper. J'ouvris la bouche et y mis le petit pain tout entier. Stella arriva, alors que je mâchais avec difficulté.

- Bin .. ?

- Non, c'est bon, dit-il, en me souriant, tout fier de lui.

Stella repartit après avoir balayé la scène d'un geste las de la main. J'avalai seulement au bout d'une minute.

- Ja..

A peine eus-je ouvert la bouche que Jasper y fourrait un second petit pain.

- Hm.. C'est bon, dit-il.

Je le fusillai du regard et il m'envoya un baiser, moqueur. Il prit le restant des petits pains et le fourra dans ses poches avant de boire l'un des verres de lait entreposé sur le plateau. Il essuya sa bouche et attrapa son sac de sport, qu'il mit sur son épaule.

- Maman ? Appela-t-il.

- Oui ? Répondit Stella, de la cuisine.

- On peut embarquer la couverture du salon ?

- Si tu veux.

- Merci !

Il me regarda en souriant et me tendit les bras. Passant sans mal un bras sous mes jambes, il me prit de nouveau. Il remit la couverture correctement sur moi et nous sortîmes dans l'allée.

- Tiens toi bien, prévint-il en me collant contre la Jeep de mon frère.

Je resserrai ma prise sur sa nuque alors qu'il lâchait mon dos pour ouvrir la portière. Une fois que celle-ci fut ouverte, il m'assit sur le siège passager. Après s'être assuré que j'étais bien assise, la couverture sur les genoux, Jasper referma la porte, puis fit le tour de la Jeep. Il déposa son sac à l'arrière, avant de prendre place derrière le volant. Sans un mot, nous prîmes la route. J'observai le ciel à travers la vitre, si bleu et dégagé. Si .. anormal.

Depuis que j'habitais ici, je n'avais jamais vu le ciel de Forks si bleu.

Je me tournai vers Jasper.

- Jazz ?

- Hm ?

- Tu vas me prendre pour une folle mais .. Le beau temps me fait flipper, ici ! Lâchai-je.

Il rit légèrement en levant les yeux au ciel. Il me lança ensuite un sourire.

- Je comprends que ça puisse paraître bizarre, consentit-il. On a toujours du beau temps, ne serait-ce que quelques jours, courant février, ici.

- Un peu déréglé, nan ?

- Un peu, mais on va pas se plaindre ! S'il aurait fait moche, je ne serais pas en train de t'emmener là où je t'emmène, dit-il.

- C'est-à-dire ? Questionnai-je, curieuse.

Il me sourit, attrapa ma main, la porta à sa bouche pour y poser un baiser, avant de d'entrelacer nos doigts sur le levier de vitesse, gardant contact.

- Tu verras, fit-il.

Je ne pus m'empêcher de sourire. Je n'étais pas impatiente avec Jasper. Je savais pertinemment que tout viendrait à temps, et qu'il ne me restait qu'à attendre. J'observai de nouveau le paysage et, après quelques minutes, nous débouchâmes sur une route qui m'était totalement inconnue, et aussi totalement déserte. Elle était entourée d'arbres, alors que le chemin se faisait sinueux. Les arbres étaient si verts, c'était magnifique.

Le silence était tel que rien ne semblait pouvoir le troubler. J'aimais tellement ça. Le calme, la tranquillité ..

Jasper et moi échangeâmes quelques mots, sur des sujets légers, quelques banalités, ragots, ou informations. Rien n'abordant mes problèmes, ou ceux des autres. Jazz savait, sans même demander ou essayer, quels sujets étaient abordables ou non. Quand il me parlait, je n'avais pas peur de tomber sur quelque chose qui me mettrait mal à l'aise ou en colère, car c'était Jasper, et il savait toujours.

Sortant de mes pensées, je constatai que l'odeur ambiante semblait .. salée. Je tendis l'oreille, essayant de percevoir au-delà du silence environnant. Regardant sur le côté de Jasper, je compris. Il y avait là de l'eau. Une plage. De grandes falaises sur lesquelles venaient s'écraser différentes vagues, léchant la roche avant de reprendre une apparence paisible sur le plat de l'eau.

- Où est-on, Jasper ? Demandai-je.

- Nous sommes à la Push, me répondit-il.

Je n'étais encore jamais venue ici, bien qu'Edward m'en ait déjà parlé, ainsi que mon frère et mes différents amis. C'était beau, simple, et reposant. Je regardai mon ami, alors que son sourire n'avait pas quitté ses lèvres.

- Où allons nous, maintenant ? Quémandai-je.

Il me regarda, avant de pointer un endroit par delà la vitre de nos doigts entrelacés.

- Tu vois ces falaises ?

- Hm ..

- Et bien c'est là où nous allons, sourit-il.

- Sérieusement ?

- Sérieusement.

J'examinai les falaises en question, et je n'eus qu'une réaction. L'envie.

[…]

Nous arrivâmes enfin en haut. Jazz avait dû emprunter pas mal de chemins et autres raccourcis pour finalement venir sur le haut. Je comprenais maintenant pourquoi nous avions pris la Jeep, et pas un autre véhicule. Jasper roulait doucement, alors que les quelques arbres qui nous entouraient laissaient entrevoir la brillance du soleil.

Notre route nous mena sur le bord de la falaise, à quelques mètres du vide seulement. J'ouvris la bouche de stupéfaction face à la beauté à la vue que cet emplacement nous permettait d'avoir.

Devant moi s'étendait de l'eau à perte de vue, alors que la surface reflétait la magnificence du soleil.

Je me tournai vers Jazz, et constatai que celui-ci m'observait.

- Ça te plaît ? Questionna-t-il.

- Plus que ça, soufflai-je. C'est splendide.

Il consentit d'un hochement de tête avant de descendre de la voiture. Il fit le tour de celle-ci , vint m'ouvrir la portière et me prit dans ses bras, laissant derrière moi la couverture. Il nous emmena au bord de la falaise, me serra un peu et commença à parler.

- Parfois, les jeunes d'ici s'amusent à se défier, en sautant de ces falaises. Bien que généralement, ils le font d'un peu plus bas. La première fois que je suis venu ici, j'étais avec Edward et Emmett, et ton frère a proposé, comme l'abruti qu'il est, de sauter. Il l'a fait, sans mal, suivi d'Edward. Moi, j'avais un peu plus peur qu'eux, visiblement. Je suis resté là, à contempler le paysage, balisant sur ce que j'allais faire. J'entendais d'ici ton frère m'appeler comme un demeuré. En restant figé ici, j'ai pu constater à quel point c'était beau. J'avais l'impression que l'endroit en lui-même me remettait en question, et que ce saut s'imposait comme un défi de plus en plus à chaque seconde. Une simple impression, peut-être, mais le fait est que j'ai choisi de sauter. Je ne sais pas, ce jour-là, j'ai réfléchi d'une manière nouvelle, et j'ai gardé en tête l'idée que cet endroit y était pour quelque chose. Alors, je viens souvent ici, ou du moins, quand j'estime en avoir besoin. J'ai pensé que même si tu ne voulais pas en parler, tu pouvais te remettre en question ici, répondre aux questions qui restent irrésolues, et mettre de l'ordre dans tes idées. Si tu estimes que tu n'en as pas besoin, tu as juste à me le dire et on rentre de suite. Je comprendrai.

Je détachai mes yeux de l'eau qui brillait pour regarder mon meilleur ami. Il affichait cette expression qui lui appartenait si bien. Un mélange de sérieux, d'écoute, et de sérénité incroyable. Je lui souris et ses yeux s'illuminèrent d'une lueur bienveillante.

- Pose moi à terre, laisse moi m'allonger. J'ai l'impression que ça fait des années que je n'ai pas posé mes pieds nus sur l'herbe fraîche, soufflai-je.

Il hocha la tête en souriant, visiblement ravi de ma réponse. Il me déposa sur un amas d'herbe fraîche, et m'aida à retirer mes ballerines, me laissant pieds nus, les jambes calées de manière à ce qu'elles soient pliées, en appui sur mes pieds. Je le remerciai, et me laissai tomber sur le dos, totalement allongée. Je passai un bras au-dessus de ma tête, alors que l'autre se plaçait sur mon ventre. Jasper s'allongea aussi, mais dans l'autre sens, sa tête au niveau de la mienne, son corps à l'inverse du mien. Il adopta une position différente, et joignit ma main à la sienne, me prouvant par ce contact qu'il restait présent à mes côtés, alors que je mettais de l'ordre dans mes pensées.

Je regardai longuement le ciel bleu pâle, me posant des questions, regardant mes problèmes sous un autre angle, évaluant ce que j'avais gagné et perdu, depuis que mon frère savait, et comparant les inconvénients, et les avantages.

Pensant à mon frère, à mon père aussi.. Je l'aimais tellement.

Ça avait sûrement toujours été là, sans que je ne le sache. Sa manière de penser, de parler, de sourire et rougir à tout bout de champs. Je l'admirai beaucoup. Il m'aimait aussi. Je n'en doutais pas. J'avais un père, un vrai. J'avais Charlie. Je ne l'appelais peut-être pas encore « Papa », mais ça viendra. C'était une question de temps.

Je pensais aussi à mes amis, ainsi qu'à leurs parents. Ils s'étaient tous dévoués pour me soutenir.

Rosalie, notamment. Elle m'assistait au quotidien, ne me jugeait pas, ni n'essayait même pas de m'étouffer sous mille précautions. Elle m'amusait à faire l'imbécile, rendant mon malheur plus léger.

Alice, quant à elle, me trouvait toujours des occupations. Elle disait faire les boutiques à la librairie, désormais, pour me trouver de bon livre. Tout ça entre deux boutiques de fringues, bien évidemment.

Je les aimais tous tellement.

Mon bonheur serait total si je pouvais marcher, et s'il ne me manquait pas autant.

Je ne savais même pas que j'étais si dépendante de lui. Je l'aimais bien plus que je ne le pensais. Mais je m'en étais rendue compte trop tard. Une larme coula sur ma joue, alors que je sentais mon cœur battre douloureusement. Je serrai la main de Jasper, car il était le seul à me maintenir sur terre à ce moment, il était le seul qui m'empêchait de me perdre dans mes pensées. Je le sentis caresser ma main.

Le ciel s'était assombri et je commençai à avoir froid. Je voulais me réchauffer dans les bras d'Edward. Je voulais qu'il me serre sert contre lui, et qu'il m'aime. Comme moi je l'aimais.

Je le voulais lui, et pas un autre. Personne ne pouvait le remplacer. Personne ne le pourra, jamais. Et de toute façon, je ne le voulais pas.

- Jazz ?

- Oui ?

- J'ai froid.

Je le sentis se lever, et il me souleva de terre pour me caler dans ses bras, puis nous emmena jusqu'à la Jeep.

- Je ne veux pas partir, soufflai-je.

Il me lança un regard, évaluant ce que je lui avait dit et opina. Jasper me déposa sur le capot de la voiture. Je m'assis convenablement, le dos contre le pare-brise. Il alla chercher la couverture, allumant la radio au passage, et revint me couvrir avec bienveillance.

- Merci, lui dis-je.

Il embrassa ma joue, puis se décala.

- Je reviens.

J'hochai la tête et il disparut. Je regardai l'étendue d'eau, toujours aussi brillante. Au bout de quelques secondes, je sentis la voiture bouger. Je tournai la tête pour voir Jazz grimper sur la Jeep à son tour. Il me tendit quelque chose, une rose. Je souris en attrapant la fleur.

- Il y a un rosier sauvage, pas loin, dit-il.

- Ce n'est pas la saison des roses, pourtant.

- Je sais. Il y a toujours des roses, ici, pourtant, m'apprit-il.

Je souris et le remerciai. Il avait apporté tout un tas de fleurs, et il s'amusait à détacher la tige des pétales.

- Hé.. T'es en train de les tuer, là.

- Qu'est-ce que tu veux.. Tuer des fleurs, ça me détend, avoua-t-il en un haussement d'épaule.

- Serial Flower, c'est ça ?

Il rigola et je m'appuyai de nouveau contre la vitre, alors que le vent commençait à souffler. J'appréciais la sensation de celui-ci qui caressait mes cheveux, alors que j'étais toujours sous la couverture, perdue dans mes pensées.

Quel allait être mon avenir, si je restais comme ça ? Et sans lui ?

Je serais la pauvre handicapée, anciennement orpheline, roulant dans son pauvre fauteuil, vers d'autres horizons. L'ombre d'elle-même.

Il y avait tellement de choses que je n'avais pas encore faites. Tellement de choses que j'aurais voulu essayer de faire. Tellement d'autres que j'aurais voulu réussir.

- Je sais même pas faire de roller, constatai-je dans un souffle.

Je sentis le regard de Jasper se poser sur moi, alors que je continuai d'observer le reflet de l'eau.

- J'aurais voulu pouvoir jouer encore avec mon frère. J'aurais voulu aller me balader, sur des milliers de kilomètres. J'aurais voulu fonder une famille avec Edward. Avoir des enfants, une grande maison, un emploi et une tondeuse à gazon. Toi et les autres irez à la fac, tranquillement. Vous aurez des amis. Personne ne vous regardera comme un monstre. Personne ne vous lancera des regards pleins de pitié. Je serai cataloguée, jugée et mise de côté avant même de pouvoir faire quoi que ce soit. Encore et encore. J'aurais voulu être totalement disponible pour ma famille, mais au lieu de ça, c'est moi qui suis dépendante de vous. J'aurais voulu pouvoir courir après de mes neveux, et nièces, ainsi que derrière mes filleules. J'aurais voulu être normale. J'étais orpheline jusqu'à maintenant, et là je suis handicapée ! Jasper ! J'ai même plus Edward ! Je voulais des enfants, mais je ne peux pas leur imposer ça. Qui voudrait d'une mère handicapée ?

J'éclatai en sanglot, alors que ma poitrine me faisait mal. Je frappai mes jambes, encore et encore. Je voulais me faire mal, je voulais ressentir cette putain de douleur ! Jasper mit ses mains sur mes poignets. Je le sentais essayer de me freiner, mais je continuai, plus fort encore.

- Bella ! Arrête !

Il tira violemment sur mes mains, me faisant me tourner vers lui alors que ma vue était troublée par les larmes. Je me débattis, tout en continuant.

- J'ai plus rien Jazz ! Il ne me reste que vous ! J'voulais des enfants ! J'voulais des enfants avec Edward ! Je l'aimais bien plus que tout et je l'aime encore comme une folle ! Mais je suis là, dans ce putain de fauteuil, et toute ma vie est partie en fumée ! Les séances de rééducation avec Carlisle ne fonctionnent pas ! Tout le monde espère mais rien ne vient ! Je vais rester toute ma vie dépendante des autres ! Sans personne pour m'aimer, sans celui que j'aime ! Je veux pas imposer ça à mes gosses, Jazz, je veux pas..

Je sanglotais à présent. Je n'arrivais plus à parler tellement ma respiration était difficile. Jasper m'attira à lui et me serra dans ses bras de toutes ses forces, comprimant le trou dans ma poitrine. Je me laissai aller dans son cou alors qu'il tentait de me calmer à coup de baisers et paroles apaisantes.

Je ne savais plus quoi faire, ni quoi penser, je n'avais pas envie de rester comme ça. La vérité était bien là. Je me berçais d'illusions, me forçant à être heureuse parce que j'avais une famille, comme j'en avais toujours rêvé. Je ne voulais pas être ce genre de fille qui prenait tout le bras quand on leur donnait le doigt. Celles qui étaient éternellement insatiables, et capricieuses. Je ne voulais pas demander plus, au risque de tout perdre, alors que la vie m'avait déjà beaucoup donné.

Mais les faits étaient les faits. Je voulais avoir une famille, Edward, et pouvoir marcher.

Pourquoi avais-je l'impression de trop en demander ?

- Jasper ..

J'avais dis ça comme une plainte. Mon ami me regarda, ses mains de chaque côté de mon visage. Il embrassa mon front avant d'y déposer le sien, son nez contre le mien, yeux dans les yeux. Il prit mes mains dans les siennes, et commença à parler, plein de sincérité.

- Je promets de faire le maximum pour te rendre heureuse. Tout ce que je pourrai faire, je le ferai. Je vais faire en sorte que ta vie devienne comme tu le désires. Je vais y remettre de l'ordre Bella. Si tu veux des enfants, tu en auras ..

- Je ne veux pas imposer mon handicap à qui que ce soit.

- Peut être que tu seras handicapée, Princesse, ou peut-être pas. Mais tes enfants seront heureux, car ils t'auront comme mère, et que tu seras là pour eux. Tu es l'une des personnes qui peux le mieux comprendre ça. Quels que soient les défauts et inconvénients, tant que tu as une mère qui t'aime, tu es heureux. Tes enfants seront heureux, tant que tu seras là pour eux. Et je ferai en sorte d'être là pour toi, pour te rendre heureuse. J'irai parler à Edward. Je suis sûr qu'il peut ..

- Non, Jasper. S'il doit revenir, je veux que ce soit de lui-même.

Mon ami me regarda, et hocha la tête, consentant. Je me laissais me serrer contre lui, alors que ces mêmes idées me tournaient toujours en tête. Je pleurai de nouveau, fatiguée par tout ça. Je savais que Jasper l'avait fait exprès de ne pas rien dire en tuant des fleurs, tout ça avait été calculé pour me faire parler. Mais je m'en fichais, tant qu'il me gardait dans ses bras et comprimait ma poitrine douloureuse contre la sienne, étouffant mes sanglots et séchant mes larmes.

Il nous déplaça quelque peu, s'appuyant contre le pare brise derrière moi, mon dos contre son torse alors qu'il avait enroulé ses bras chauds autour de moi et qu'il m'avait placé entre ses jambes. Il avait la tête dans mon cou, me murmurant des paroles réconfortantes alors que je caressais ses avants bras, ne pouvant m'empêcher de pleurer.

Il me berçait doucement.

- Regarde, souffla-t-il en désignant le paysage.

Je posai mes yeux loin devant moi. Le soleil se couchait à l'horizon, alors qu'il se reflétait dans l'eau calme. Le ciel était un mélange d'orange, nuancé de rose et rouge. C'était magique, l'eau ayant pris cette couleur également. Le vent était doux, et la vue magnifique. Jazz embrassa ma tempe.

- Je serai toujours là pour toi. Je te le promets, chuchota-t-il.

J'embrassai la paume de sa main, et une nouvelle musique débuta, calmement.

[ ~*. Jim Brickman and Lady Antebellum ; Never Alone ]

May the angels protect you
[ Que les anges te protègent ]

Trouble neglect you

[ Les problèmes t'oublient ]
And heaven accept you when it's time to go home
[ Et que le paradis t'accepte quand c'est l'heure de rentrer à la maison ]

May you always have plenty
[ Que tu ais toujours assez ]

Your glass never empty
[ Le verre ne soit jamais vide ]

Know in your belly
[ Saches en toi ]

You're never alone
[ Tu n'es jamais seul ]

May your tears come from laughing
[ Que tes larmes viennent du rire ]

You find friends worth having
[ Tu trouves des amis qui en valent la peine ]

With every year passing
[ Avec chaque année qui passent ]

They mean more than gold
[ Ils valent plus que de l'or ]

May you win but stay humble
[ Que tu gagnes mais en restant humble ]

Smile more than grumble
[ Souris plus que tu ne grognes ]

And know when you stumble

[ Et saches que quand tu trébuches ]
You're never alone

[ Tu n'es jamais seul ]Never alone
[ Jamais seul ]

Never alone
[ Jamais seul ]

I'll be in every beat of your heart
[ Je serais dans chaque battement de ton cœur ]

When you face the unknown

[ Quand tu feras face à l'inconnu ]
Wherever you fly
[ Peu importe où tu voles ]

This isn't goodbye
[ Ce n'est pas un au revoir ]

My love will follow you stay with you
[ Mon amour te suivra, restera avec toi ]

Baby you're never alone
[ Bébé tu n'es jamais seul ]

Well, I have to be honest
[ Et bien, je dois être honnête ]

As much as I want it
[ Autant que je le veuilles ]

I'm not gonna promise the cold winds won't blow
[ Je ne vais pas te promettre que le vent froid ne soufflera pas ]

So when hard times have found you

[ Donc quand les temps durs t'auront trouver ]

And your fear surround you
[ Et tes peurs t'auront entourer ]

Wrap my love around you
[ J'enroulerais mon amour autour de toi ]

You're never alone
[ Tu n'es jamais seul ]

Never alone
[ Jamais seul ]

Never alone
[ Jamais seul ]

I'll be in every beat of your heart
[ Je serais dans chaque battement de ton cœur ]

When you face the unknown

[ Quand tu feras face à l'inconnu ]
Wherever you fly
[ Peu importe où tu voles ]

This isn't goodbye
[ Ce n'est pas un au revoir ]

My love will follow you stay with you
[ Mon amour te suivra, restera avec toi ]

Baby you're never alone
[ Bébé tu n'es jamais seul ]

May the angels protect you
[ Que les anges te protègent ]

Trouble neglect you

[ Les problèmes t'oublient ]
And heaven accept you when it's time to go home
[ Et que le paradis t'accepte quand c'est l'heure de rentrer à la maison ]
So when hard times have found you

[ Donc quand les temps durs t'auront trouver ]

And your fear surround you
[ Et tes peurs t'auront entourer ]

Wrap my love around you
[ J'enroulerais mon amour autour de toi ]

You're never alone
[ Tu n'es jamais seul ]

Never alone
[ Jamais seul ]

Never alone
[ Jamais seul ]

I'll be in every beat of your heart
[ Je serais dans chaque battement de ton cœur ]

When you face the unknown

[ Quand tu feras face à l'inconnu ]
Wherever you fly
[ Peu importe où tu voles ]

This isn't goodbye
[ Ce n'est pas un au revoir ]

My love will follow you stay with you
[ Mon amour te suivra, restera avec toi ]

Baby you're never alone
[ Bébé tu n'es jamais seul ]

Les yeux toujours fixés sur ce magnifique couché de soleil, dans les bras puissants et chauds de Jasper, je me sentais calmée, presque sereine. Handicapée ou non, je me battrais. Je ne m'étais pas battue toute ma vie pour abandonner maintenant. Je n'étais pas destinée à ça, et je ne voulais pas l'être.

Je resserrai un peu plus les bras de mon ami autour de moi, alors qu'il commençait à parler.

- La vie n'est pas simple, tout le monde le sait. Mais on s'habitue. On sourit, on rit, on survit. On résiste à tous ces problèmes, ainsi qu'aux gens qui les posent. On découvre et rencontre des gens supers, extraordinaires même. Ces gens qui deviennent tes frères et sœurs.. Ces gens qui te font oublier tes problèmes, et les autres. Car, pour toi, ils éclipseraient n'importe qui ..

Il joignit mes mains, les mettant en coupe, avant d'y déposer tous les pétales qu'il avait amassé. Il posa ses mains sur les miennes, et finit.

- Quand ça n'ira pas bien, quand tes problèmes referont surface, je serai là pour toi. Je te cacherai sous tout l'amour que je te porte. Quoi que tu puisses dire, faire ou être, Princesse.. Quand tu seras face à l'inconnu, je serai dans chaque battement de ton cœur. Mon amour te suivra partout, et tu ne seras plus jamais seule .. Et ça, peu importe où tu voles ..

Il éleva nos mains à la hauteur de nos visages, et ensemble, nous soufflâmes sur les pétales qui s'envolèrent. Emportés par le vent, ils débutèrent un long chemin, qui, j'espérais, ne se terminerait pas avant longtemps.

- Mon amour te suivra, répéta Jasper.

Comme mon espoir suivrait ces pétales, peu importe où ils volaient.


Voilà ! & Pour ceux qui se poseraient la question, on dit un pétale :]

J'espère que ça a pas été trop étouffant. Je sais que là c'est TROP grand :/

28 pages, en tout .. Mais bon, j'espère que ça vous a quand même plu !

J'attends vos avis, j'essaie de répondre à toutes vos reviews encore une fois, même avec du retard :]

Au fait ! Qui s'attendez à ce qu'Alice frappe Irina ? Haha !

Allez, bisous tout le monde et prenez soin de vous !

Lisaa..*