Salut tout le monde ! Eh bien, nous voilà déjà au quatorzième chapitre de cette histoire. Le temps passe vite...Nous ne sommes pas encore à la fin, mais j'aimerais vous poser une question : vous préférez l'histoire en un bloc, ou je coupe en plusieurs fanfictions ? Les deux solutions me vont, mais j'hésite.
J'attendrais vos avis là-dessus !
Pour ce chapitre, on passe du point de vue d'Alexis, un personnage qui va être très...intéressant. Enfin, je l'espère.
Bonne lecture !
J'ouvris les yeux. Pour les refermer aussitôt. Je devais être en train de faire un cauchemar, ou quelque chose de ce genre. La seule vision que j'avais était celle d'un hérisson blond, dont les yeux bleu-vert me fixaient avec méfiance, la main posée sur une épée d'une impressionnante longueur.
« Ne fais pas semblant, je sais parfaitement que tu es conscient. Siffla le blond. »
Raté. N'ayant d'autre choix, je rouvris les yeux, pour le voir sortir de la pièce par une porte en chêne.
Avec difficulté, je me redressai, étirant mes muscles endoloris. Apparemment, cela ne devait pas être un rêve. La douleur ne transparaissait jamais de cette façon dans un rêve. Et puis, je n'avais pas tellement envie de vérifier si l'épée de ce blondinet était réelle ou pas. J'avais toutes les chances de crever pour de bon avec un truc de cette taille planté dans mon corps...
La porte s'ouvrit à la volée. Et, avant même que je n'eus le temps de respirer, j'avais été saisi au col et plaqué contre un des murs de la chambre.
« Petit frère...Qu'est-ce que tu as fait de Petit frère ? Gronda le colosse qui m'avait plaqué au mur.
-Petit frère ? Connais pas de petit frère...Bredouillai-je, étouffant à moitié. »
Mauvaise réponse. Le grand argenté me plaqua avec plus de force dans le mur, si bien que celui-ci s'effrita. Minute...Ce n'étaient pas mes os qui avaient fait ce bruit de craquement ?
« Ne te fous pas de moi ! Petite sœur et petit frère ont disparu alors que tu apparaissais à leur place ! Qu'est-ce que tu leur as fait ?
-Je n'ai rien fait ! Je le jure ! Protestai-je avec véhémence.
-Relâche-le, Loz. »
Le dénommé Loz obéit. Je m'effondrais au sol, toussant et crachant. Il avait une sacrée poigne, le gars !
« Tifa va nous le faire payer si nous venions à abîmer son logement. Continua l'argenté aux cheveux longs qui m'avait sauvé la vie.
-Euh...Désolé, mais...J'étais peut-être un peu entre Loz et le mur...On devrait plutôt s'inquiéter pour moi, non ? »
L'argenté s'approcha. Je remarquai alors la finesse de son visage, son air hautain, et me demandai, un bref instant, si la voix masculine que j'avais entendu précédemment était bien la sienne. L'argenté confirma mon impression en s'approchant de moi, un sourire narquois aux lèvres :
« Jusqu'à preuve de contraire, tu restes celui qui a enlevé notre frère et notre sœur. Pardonne-nous si l'on manque quelque peu de délicatesse à ton égard... »
Je grognai. La bouffée de colère qui montait en moi m'indiqua une chose : je haïssais ce type.
« Je ne vois pas de qui vous voulez parler, l'Asperge. Je suis juste arrivé ici, sans vraiment le vouloir. Si tu crois que j'avais tellement envie que ça de me trouver face à ta tête de fillette... »
La baffe que m'asséna l'Asperge me projeta une nouvelle fois contre le mur. Le craquement qui se produisit me rassura. Mes os n'étaient pas cassés. Seulement le mur de la chambre...
« Yazoo, ne le brutalise pas. On ne pourra plus le faire parler. »
Je tournais la tête vers la source de cette voix féminine. Puis je laissai échapper un sifflement. Définitivement féminine.
De longs cheveux noirs, une peau de porcelaine sans doute d'une douceur inégalable au toucher, de grands yeux noirs qui me fixaient, indécis, et une...une poitrine à se damner. Diable, comment une jouvencelle pouvait-elle rassembler autant d'atouts sous sa manche ?
J'aperçus un bref sourire sur son visage, sans doute dû à mon sifflement, avant que le blond ne prenne la parole :
« Qui es-tu ? »
J'hésitai un instant. Devais-je révéler mon identité ? Avec un sourire aux lèvres, je décidai de repousser cet événement à plus tard :
« Je n'ai pas de nom, puisque je n'existe qu'aux yeux des femmes qui ont accepté de me partager leur cœur. »
Puis j'adressai un clin d'œil appuyé à la demoiselle, qui éclata de rire.
« Ce n'est pas le moment de plaisanter. Déclara-t-elle d'une voix mélodieuse. Je ne pense pas que tu sois réellement menaçant...
-Tifa ! Gronda le blond.
-...mais nous aimerions tout de même savoir si tu sais ce qui est arrivé à nos amis. Une lumière blanche a enveloppé leurs cinq corps, à l'instant même où toi, tu apparaissais sur le sol de mon bar. Il y a de quoi se poser des questions, non ? »
A l'interrogatoire musclé, je préférais la discussion charmeuse. A la grande surprise du blond et des deux argentés présents dans la pièce, je déclarai :
« Je m'appelle Alexis. Alexis Nemrod. J'ai 17 ans. »
Malgré leur discrétion, je remarquai les regards appuyés que mes interlocuteurs s'échangeaient. Décidant d'y faire abstraction, du moins un court moment, je continuai :
« La dernière chose que je me souviens, c'est d'avoir vu un ordinateur portable briller étrangement dans la chambre de ma sœur. Puis de m'en être approché en me disant : "Tiens, c'est quoi ce tr...?" avant d'être plongé dans les ténèbres. »"
Je me mis à rire :
« Je suis heureux de ne pas être mort, c'aurait été stupide de finir sa vie sur la phrase : "Tiens, c'est quoi ce tr...?". Pas très glorieux... »
Tifa se joignit à mon rire, tandis que le blondinet la foudroyait du regard. Jaloux, le hérisson ? Ou peut-être juste méfiant.
« Et tu n'as vu aucun de nos amis ? Demanda-t-il d'un ton suspicieux.
-Non, je ne crois pas. Dites toujours leurs noms, on verra.
-J'imagine que tu en connais au moins une, déclara l'Asperge. »
Un sourire perça son masque froid. Vraiment déplaisant, ce type.
« Ambre Nemrod. Ta sœur, non ? Vous aviez les mêmes yeux... »
Je sursautai à ce nom :
« Ambre ? Ambre est ici ? Elle va bien ?
-C'est ce qu'on aimerait savoir. Jusqu'à ce que tu arrives, il y a quatre heures, elle allait bien. A présent... »
Loz laissa échapper un sanglot. Je me mordis les lèvres pour ne pas rire, malgré le tragique de la situation.
« Elle a dû retourner dans notre monde au moment où j'arrivais. Supposai-je, perplexe. C'est mieux pour elle...Elle ne se débrouille pas toujours très bien, toute seule.
-Elle s'en est pourtant bien sortie, sans toi, durant les quatre jours où nous nous sommes côtoyés. Persifla Yazoo.
-Parce que tu as côtoyé ma sœur, l'Asperge ? J'espère que tu ne l'as pas tou...Attends, tu as dit combien de jours ?
-Quatre. Tu ne sais même pas compter ? »
Je ravalai ma réplique cynique.
« Elle était pourtant là pour le dîner. Seules trois heures se sont écoulées entre ce dernier moment où je l'ai vu et l'instant où je me suis approché de cet ordinateur.
-C'est louche, tout ça...Siffla l'hérisson blond.
-Cloud, ça suffit ! Il est aussi perdu que nous, tu vois bien !
-Merci, Tifa. Heu...juste par curiosité, qui étaient les quatre autres qui ont disparus ?
-Notre frère, Kadaj, répondit Loz, des sanglots dans la voix, un Turk, Reno, et les amies de notre petite sœur, Audrey et Lucile. »
J'eus une grimace à ces deux noms. Ambre avait dû réellement galérer avec ces deux filles pour l'aider...J'aurais dû être à leur place.
« Au fait, on est où ? Je n'arrive pas à me situer...
-Tu es à Edge, sur la planète Gaïa. Me répondit Tifa. Dans mon bar, le 7th Heaven. »
Un bar...Intéressant.
« Cloud va te donner des vêtements propres. Vous faites la même taille.
-J'aimerais quand même qu'on me demande mon avis, Tifa.
-Cloud, je t'en prie, ne joue pas les égoïstes ! Tu ne comptes pas le laisser dans ces vêtements ? Ils sont trempés de sueur ! Il a dû avoir un sommeil agité. »
Ah bon ? Je ne m'en étais pas rendu compte...A cette réflexion, je me pinçai le nez. Effectivement, je ne sentais pas la rose. La honte...
Cloud soupira, puis sortit en claquant la porte. Tifa soupira.
« Désolée pour ça, il n'est pas très...sociable.
-J'ai remarqué. »
Tifa m'adressa un nouveau sourire. Puis elle saisit les bras de l'Asperge et de Loz :
« Sortons. On va le laisser tranquille. »
Puis, malgré les protestations de Loz et les soupirs de Yazoo qui rechignaient à me laisser seul, tous trois sortirent, à mon plus grand regret. Je ne désirais pas vraiment la solitude. Je soupirai. On toqua la porte. J'allais ouvrir, pensant que Tifa voulait être seule avec moi. Perdu. Deux enfants, une fillette avec une tresse et un garçon aux cheveux mi-longs décoiffés, m'observaient, intrigués. Je les laissais entrer.
« Tu viens vraiment d'un autre monde, comme cette fille ? Cloud m'a dit qu'elle ne venait pas d'ici. Ajouta le garçon, émerveillé par cette idée. »
J'eus un sourire. Contrairement à ma sœur, j'adorais les enfants. J'avais toujours eu un bon contact avec eux...Sans doute parce que j'avais réussi à garder une part d'enfance en moi.
« Ouaip. Un monde gigantesque. Là où j'habite, il y a des montagnes à perte de vue, des lacs, des centaines de fleurs... »
Je ne précisai pas qu'il y avait également la ville. Etant donné la vue que j'avais de la fenêtre de la chambre, c'était sans doute la dernière chose qu'ils auraient voulu entendre. A ma description, la petite fille poussa un cri de joie :
« Des fleurs ? Des centaines de fleurs ? »
J'hochais la tête :
« Ouais, de toutes les couleurs et de toutes les variétés !
-C'est génial ! Chez nous, les seules fleurs qui avaient réussies à pousser ont été englouties par la pluie ! Déclara la petite.
-Bah, cela finira bien par repousser. La rassurai-je en ébouriffant ses cheveux. »
Elle laissa échapper un rire, avant de dire :
« La fille qui avait réussi à la faire pousser avaient de grands pouvoirs. Maintenant... »
Ses yeux s'assombrirent.
« Maintenant, elle n'est plus là, et les fleurs, qui nous rappelaient son souvenir, sont mortes. Comme elle.
-Je suis désolé...Mais tu sais, petite, il n'y a pas besoin de grand pouvoir pour faire pousser des fleurs.
-C'est vrai ? S'extasia-t-elle tandis que le garçon tournait la tête vers moi, intéressé.
-Il suffit juste d'y prendre soin...Et d'y ajouter un peu d'amour. Enfin, c'est ce qu'on m'a dit. On essayera d'en faire repousser ?
-Tu le promets ? »
J'acquiesçai, et les deux enfants m'offrirent un lumineux sourire.
« Parlez-moi de vous et de votre monde, maintenant. Je veux tout savoir !
-Notre monde n'a rien de joli. Déclara le garçon. Là où nous habitons, on ne voit pas les montagnes, il n'y a pas de lacs. Juste de la pollution, des voitures...et la Shinra. »
Ce nom tilta à mon oreille...Shinra ? Ce n'était pas l'entreprise dans Final Fantasy VII ? Ambre m'en avait parlé brièvement pour me persuader de regarder le film. J'avais refusé. Pas mon truc, les films 3D.
« C'est une entreprise méchante. Continua la fille. Elle pompait l'énergie de la planète. Même si on vivait mieux comme ça, ça tuait la planète. Heureusement, elle a arrêté. Mais elle est de retour, et j'ai peur qu'elle recommence.
-Il ne faut pas avoir peur. Qui sait, elle a peut-être compris la leçon, cette méchante entreprise ?
-Ce serait bien...Au fait, moi c'est Marlène. Et lui c'est Denzel. Et toi ?
-Alexis. Enfin, Alex. »
La porte s'ouvrit de nouveau. Cloud. Il me regarda, un air mauvais affiché sur son visage. Puis il me lança les vêtements qu'il m'avait pris à la figure.
« Trop aimable…Grinçai-je. »
Cloud ne prit même pas la peine de répondre. Sale hérisson. Il prit la main de Marlène et Denzel :
« Ne t'avise même pas de les toucher ou de t'approcher d'eux, c'est clair ?
-Cloud ! Protesta Marlène. Il est gentil ! Il ne nous a rien fait !
-Ce type est dangereux. Répliqua Cloud. On ne sait pas de quoi il est capable.
-Ouah, c'est toi qui porte une épée de deux mètres de long, et c'est moi qui suis dangereux ! Je ne crois pas qu'on ait la même notion du danger, Hérisson. »
Marlène pouffa. Cloud resserra sa main sur la sienne. Sans un commentaire, il sortit de la chambre. Je refermai la porte, las. Ce type était pire qu'énervant ! Et il n'avait visiblement pas le sens des réalités.
Je jetai un coup d'œil à la tenue qu'il m'avait passé. Tifa avait dû passer par là, ou il ne m'aurait sans doute jamais refilé un truc aussi classe. Une veste de cuir qui s'arrêtait au niveau de mes chevilles, un t-shirt rouge sang, simple mais seyant, un baggy noir et des baskets noires. Tout était à mon goût.
Je pris lesdits vêtements sous le bras, avant d'ouvrir la porte.
« Aïe ! »
Tifa se tenait le nez, une expression de douleur affichée sur son visage.
« Désolé ! Paniquai-je. Je ne pensais pas que tu étais derrière la porte…Tu vas bien ? Je ne t'ai pas fait trop de mal ?
-Du calme ! Ce n'était qu'une porte, j'ai affronté bien pire. Je venais te faire visiter un peu la maison.
-Ce serait avec plaisir, mais… »
Je reniflai, mimant un air dégoûté sur mon visage.
« Je crois qu'une bonne douche s'impose, avant cela. »
Tifa se mit à rire.
« Tu as sans doute raison. La salle de bain est par-là.
-Merci beaucoup.
-Je t'attendrais en bas, n'hésite pas à descendre. J'aimerais bien discuter un peu avec toi.
-Pas de problème ! Je te rejoins dès que j'ai fini. »
Je lui adressai un sourire, avant d'entrer dans la salle de bain. Je retirai mes vêtements, avant d'hausser un sourcil. Je ne savais pas que mon pyjama était une combinaison de moto en cuir…Je grimaçai. Cette tenue ressemblait trop à celle de l'Asperge pour que j'accepte de la porter une minute de plus. Je la retirai, dégoûté. Puis je jetai un coup d'œil au miroir, avant de sourire. Je n'étais pas si mal que ça, si l'on exceptait les deux-trois boutons qui venaient faire leur apparition, de temps en temps. Je passai une main dans mes cheveux bruns, mi-longs. Je la retirai aussitôt. Ils étaient trempés de sueur ! Beurk !
Un bref instant, je me rappelai des fins de cours d'EPS, où mes cheveux finissaient toujours par ressembler à ça, avant d'entrer dans la cabine de douche. J'actionnai le jet, laissant l'eau tiède couler sur mon corps. Je me détendis. Il n'y avait rien de mieux qu'une douche pour se remettre de ses émotions…
Mes pensées vagabondèrent, arrivant jusqu'à Ambre. J'espérais qu'elle allait bien…La phrase de Yazoo me revint alors à l'esprit :
« "Vous aviez les mêmes yeux"…Qu'est-ce qu'il voulait dire par là ? »
Je soupirai :
« Il doit se piquer…Ou il a juste une défaillance mentale. Ca ne m'étonnerait pas de sa part.
-Qui a une défaillance mentale ? »
Je faillis hurler, mais réussis à me retenir. Bon dieu, mais qu'est-ce que l'Asperge foutait là ? Il m'avait fait une de ces peurs…
« Ca va pas, non ? J'ai failli avoir une crise cardiaque…
-Cette mort ne dépareillerait pas avec ta pathétique existence.
-Comment es-tu entré ?
-Les verrous, ça existe, crétin. Qu'est-ce que tu aurais dit si Tifa était entrée ? La pauvre aurait dû supporter cette vision d'horreur.
-Parle pour toi, la fillette. Je suis sûre qu'elle aurait du mal à supporter la vision d'une Asperge nue. Le choc pourrait la tuer. »
Yazoo grimaça.
« Qu'est-ce que tu viens foutre là ? Je ne suis pas adepte des douches à plusieurs, tu vois…
-Je venais t'apporter un truc. »
Je laissai échapper un "Aïe" de douleur, alors qu'il me lançait au visage le truc en question.
« Vous ne savez pas donner les objets normalement ?
-T'avais ça à la main quand t'es apparu. »
Je regardais l'objet en question. Des mitaines de cuir.
« Tu te fiches de moi, je n'ai jamais vu un truc pareil !
-Ca n'a pas l'air d'être de leur avis, regarde. »
J'eus une exclamation de surprise, alors que les mitaines en cuir s'enroulaient autour de moi.
« Hé, lâchez-moi ! Sangsues ! »
A ces mots, les mitaines s'accrochèrent furieusement, avant de s'enfiler sur mes mains. Je poussai un soupir, en levant les yeux au ciel :
« On aura tout vu…des mitaines sangsues. »
Yazoo se mit à rire. Un rire sarcastique.
« Affectueuses, ces petites bêtes…
-La ferme. »
Je fermai les poings, avant de les rouvrir, étonné. Je fixai la paume de ma main droite. Il y avait un bouton dessus. Petit et rouge. Curieux, j'appuyai dessus.
Des pointes de métal en sortirent, manquant d'éborgner Yazoo, qui se baissa de justesse. Il me saisit au cou, furieux.
« Tu vas regretter de m'avoir fait un truc pareil !
-Je n'ai rien fait ! J'ai juste appuyé sur ce bouton, reg…
-Ne rappuie dessus, sombre crétin ! »
Yazoo me lâcha, les mains tremblantes. Puis il me tourna le dos, avant de sortir de la salle de bain, sans un mot.
Je fixai mes mains, un air suspicieux affiché sur mon visage.
« Je peux savoir ce que vous êtes exactement ? »
Je ne m'attendais même pas à une réponse…Alors, les entendre ronronner, comme deux gros chats, me fit sauter au plafond. Je n'avais jamais vu un truc aussi bizarre de ma vie…
Prudent, je décidai de les enlever. Mais celles-ci s'agrippèrent à mes mains, provoquant douleur et consternation.
« Tu vas t'enlever, oui ? Saletés ! »
Les mitaines ronronnèrent de nouveau. Un ronronnement moqueur. J'abandonnai la partie.
« Ok, vous restez ! Mais dès que j'ai trouvé le moyen de vous enlever, je vous réduis en bouillie ! »
Pas de ronronnement. Je soupirai. Je suis bien le seul à devoir me coltiner des mitaines ronronnantes en guise d'armes ! Pas très viril, comme truc…
Je terminai de prendre ma douche, avant d'enfiler les vêtements. Ils semblaient imprégnés de l'odeur de Tifa. Peut-être mon imagination…
Non, définitivement pas…Songeai-je, grimaçant, alors que l'odeur de Cloud m'arrivait aux narines.
Je me décidai enfin à sortir. Ma douche avait duré plus longtemps que prévu…En espérant que Tifa ne m'en voudrait pas, je me décidais à descendre.
Le bar devait être fermé, puisqu'il n'y avait pas un chat. Enfin, excepté Tifa, Cloud, les enfants et les Argentés.
« Euh…Salut ? »
Cloud ne daigna même pas me répondre. Il sortit du bar, sans m'accorder un regard. Pas commode, le type…
L'Asperge, lui, me fixait, ses yeux me lançant des éclairs. Puis il sortit également, entraînant Loz à sa suite. Je déglutis. J'avais un mauvais pressentiment, d'un coup…
« J'étais sûre que ces vêtements t'iraient bien ! Me complimenta Tifa, un sourire aux lèvres.
-Merci. Pour les fringues aussi.
-C'est normal. Et puis, je n'allais pas te laisser embaumer le bar de ta sueur.
-C'est gentil. Grimaçai-je.
-Dis, tu vas rester ? Me demanda Denzel, un sourire aux lèvres.
-Jusqu'à ce que je trouve un moyen de rentrer chez moi. Répondis-je avec franchise.
-J'espère que tu ne trouveras pas. C'est cool d'avoir un peu de monde à la maison ! C'est un peu lugubre depuis que les filles et Kadaj sont parties… »
J'adressai un sourire crispé à la petite fille. Moi, j'espérais sincèrement pouvoir rentrer vite. Ce monde me faisait flipper. Et côtoyer l'Asperge pour toujours…Impossible. On se sera entretués avant.
« Tu veux boire quelque chose ? Jus de fruit, limonade ?
-Je pensais plutôt à une bière, en fait. »
Tifa acquiesça :
« Tu n'es pas majeur…Mais je peux bien faire une exception. Ajouta-t-elle en me tendant le verre.
-Merci. Combien je te dois ?
-Rien. Le bar est fermé, ce n'est pas la barmaid qui te propose une boisson, mais l'amie.
-C'est cool. »
Je bus d'une traite. Plutôt bonne. Pas assez forte, peut-être…
Un élément, alors, attira mon attention :
« Vous avez un piano ?
-Oui. C'était fourni avec le bar. Mais le dernier pianiste qu'on avait engagé a démissionné pour s'installer à Costa Del Sol.
-Je peux l'essayer ? Demandai-je, surexcité. »
Surprise, Tifa acquiesça. Un sourire gourmand aux lèvres, je m'installai face au piano. Enfin un élément rassurant ! Quelque chose que je connaissais…
« Je vous joue quoi ? Une musique entraînante, triste, joyeuse ?
-A ta guise. Je te laisse le choix. »
Je réfléchis quelques instants. Puis je laissai mes doigts parcourir le clavier. Un son parfait. Il n'était même pas désaccordé.
« Qu'est-ce que c'est ? Demanda Tifa, charmée.
-Requiem for a dream. Ca vient de chez moi. »
J'adorais jouer cette mélodie…Je prenais toujours un tel pied à improviser dessus. Je fermais les yeux, avant de me laisser entraîner par la musique. Les notes vives et dramatiques retentirent dans tout le bar. Ce piano avait un son d'enfer !
Un claquement de porte se fit entendre, mais je ne réagis même pas, laissant la musique m'habiter. Des images diverses traversèrent mon esprit, jusqu'à ce que mon regard croise celui de Tifa. Elle était ravie. Ses yeux brillaient. Elle paraissait véritablement émue. Mes pensées uniquement tournées vers elle, je laissai mes doigts continuer à jouer cette mélodie que je connaissais par cœur. Une musique qu'Ambre adorait, elle aussi…
Enfin, mes mains jouèrent la note finale, et le silence retomba dans le bar. Essoufflé, je me tournai vers Tifa :
« Alors ? »
Celle-ci applaudit. Les enfants également. Même Cloud, qui était là, bien qu'avec mollesse. Seuls Loz et Yazoo refusèrent de s'y mêler.
« Tu es vraiment doué ! Je n'ai jamais entendu une chose aussi pareille !
-Pas tant que ça, Tifa…Il y a beaucoup de travail, derrière tout ça.
-Montre-moi tes mains. »
Tifa s'approcha, et je m'exécutai, priant qu'elle n'appuie pas sur le maudit bouton de cette mitaine en cuir.
« Tu as les doigts longs et fins…Des doigts de pianiste. Je ne pense pas que cela soit seulement le travail derrière tout ça. Tu as un don. »
Je rougis, gêné par tant de compliments. Même Ambre, pourtant volubile à mon sujet, ne m'en avait jamais dit autant.
« Merci.
-Ouais. Tu ne te débrouilles pas mal. »
Cloud. Bon, de sa part, je ne pouvais pas m'attendre à une avalanche d'éloges, mais ça tranchait quand même un peu avec l'enthousiasme de Tifa, et celui des enfants, qui s'approchèrent de moi.
« C'était génial…Tu en connais d'autres ?
-Bien sûr. Quelque chose de joyeux, cette fois-ci ?
-Ouais ! »
Mes doigts parcoururent à nouveau le clavier, entamant un jazz rythmé. Je n'avais plus peur, maintenant. J'avais trouvé ma place.
Après le morceau, Tifa me demanda si j'accepterais de jouer du piano pour les clients, en échange d'un salaire, avait-elle précisé. Quand bien même m'aurait-elle proposé de travailler bénévolément, de récurer les toilettes ou quelque autre genre de boulot peu ragoûtant, je l'aurais fait. Pour ses beaux yeux, j'aurais fait absolument n'importe quoi.
J'étais remonté dans la chambre, prétextant un mal de crâne.
« Rends-toi à l'évidence, vieux. Cette fille t'a rendue complètement dingue. »
Cette constation ne faisait que m'attrister. J'allais devoir la quitter, retourner dans mon monde avec Ambre et les autres. Pourtant, plus je pensais à ses grands yeux noirs et son adorable sourire, moins je désirais rentrer. Au fur et à mesure que mes pensées se tournaient vers elle, la petite voix raisonnable qui résonnait dans ma tête, me priant de rentrer au plus vite, se taisait, peu à peu. Mais il suffisait que le visage d'Ambre refasse son apparition pour que la petite voix soit de retour. Je n'avais pas assumé mon rôle de Grand frère durant les quatre jours qu'elle avait passé dans ce monde. Il était temps pour moi de retourner à ses côtés, même si cela devait m'éloigner de cette chère Tifa. Sans oublier que je ne faisais pas partie de ce monde et que celui-ci allait sans doute me rejeter, un jour ou l'autre...
*
Deux jours passèrent ainsi, sans encombres. Tifa avait rouvert le bar, et j'en avais profité pour mettre à profit mes "talents" de pianiste. D'après elle, le bar était bien plus fréquenté depuis que j'étais là. Je voulais bien le croire, il était sans cesse bourré de monde. Mais quant à savoir s'il était empli grâce aux notes joyeuses du piano ou grâce à la plastique irréprochable de la barmaid...
J'étais heureux. Denzel et Marlène étaient à croquer, et j'adorais m'occuper d'eux. Marlène commençait même à m'appeler Grand Frère, après si peu de temps. C'était vraiment touchant.
Cloud ne changeait pas. Du moins, pas beaucoup. Il était toujours aussi froid, même s'il acceptait à présent de s'adresser à moi autrement que par des reproches ou des menaces. C'était déjà quelque chose...
Quant aux deux frères, nous ne nous sommes pas réellement revus. A peine croisés. Yazoo m'évite. Loz aussi, par la même occasion. Et je ne m'en porte pas plus mal, je dois l'avouer. Du moins m'évitaient-ils jusqu'à cet instant précis.
Yazoo avait saisi mon bras, alors que je partais faire des courses pour Tifa, avec une force que j'avais toujours du mal à lui imaginer.
« Viens, m'avait-il seulement dit. »
Je m'apprêtais à protester, quand la silhouette de Loz, ô combien trop musclé, fit son apparition. Je me contentais d'acquiescer. Tifa risquerait de se poser des questions si je revenais amoché, et je n'avais guère envie de me foutre la honte devant elle.
Je les suivis donc. Nous arrivâmes devant une ruelle. Yazoo me plaqua alors contre le mur, un air menaçant affiché sur son visage :
« Euh...l'Asperge ? Qu'est-ce qui te prend ? Je croyais qu'on s'était mis d'accord pour ne plus se battre...
-Tu n'as pas idée... »
Sa main saisit alors mon menton, alors qu'il me disait, un sourire profond aux lèvres :
« Je n'ai cessé de penser à ta gueule d'ange, crétin. »
Je déglutis. Qu'est-ce qu'il voulait dire par "gueule d'ange" ? Il n'était quand même pas...Ses lèvres s'approchèrent des miennes.
« Je veux te goûter. Savoir si tu es salé ou sucré. Apprécier tes saveurs. »
Je me débattis. Un nouveau sourire apparut sur son visage. Un sourire pervers.
« J'aime qu'on me résiste. Rares sont les gens capables d'une telle chose.
-Ecoute, je ne suis pas adepte de la chose, Yazoo. Je suis totalement hétéro, alors si tu voulais bien...
-Ce n'est pas comme si je te demandais ton avis, crétin. J'ai envie de toi, je te prends. C'est clair ? »
Limpide. Trop limpide. Je me mis à frissonner. Je devais être aussi blanc qu'un cachet d'aspirine...
J'avais déjà eu ce genre de soucis, l'année dernière. Un gay qui était amoureux de moi. Qui plus est, dans ma classe, où j'étais le seul garçon. Mais jamais je ne m'étais retrouvé confronté à de telles extrêmités...
Déjà, son visage s'approchait du mien, ses lèvres pulpant généreusement. Il avait de la poigne, cette fillette, je n'arrivais même pas à bouger...Je fermais les yeux, épouvanté.
« Bouh ! »
Je sursautai, manquant de faire une crise cardiaque. Je rouvris les yeux. Yazoo s'était détaché de moi, mort de rire. J'haussai un sourcil, encore tremblant.
Loz, lui aussi, riait, à mes dépens.
« Il m'a pris au sérieux ! HA HA HA HA !
-Tu as vu comme il était blanc ? Demanda Loz, la voix entrecoupée de rires.
-Ca va, vous m'avez eu, bandes d'idiots ! Grognai-je. Et à part ça ? »
Il me fallut cinq longues minutes avant de voir enfin ces deux attardés cesser de rire. Je n'aurais jamais imaginé l'Asperge faire un truc de ce genre...ni rire aussi hystériquement. Comme quoi, il ne fallait vraiment pas se fier aux apparences.
« En fait, on avait une autre raison de t'amener ici. J'ai eu l'idée de ce plan en chemin. Me répondit Yazoo, les yeux pétillants.
-Ouais, cause toujours. Alors ?
-On s'est demandés quelle force tu possédais...
-Hein ?
-Ta soeur était vraiment forte. Continua Loz. Elle avait battu Cloud et avait même failli le tuer. On se demandait si t'étais de la même trempe...»
Ambre, brutaliser quelqu'un ? Première nouvelle ! Bien que le hérisson ne soit effectivement pas des plus fréquentables...
Je me mis en position de combat, avant de leur demander :
« Et vous comptez faire quoi ? M'attaquer ? A deux, ce serait vraiment lâche...et ça ne m'étonnerait pas de vous. »
Loz serra les poings, mais l'Asperge posa une main sur son épaule, l'incitant à se calmer.
« T'attaquer, toi ? Tu ne mérites même pas cet honneur. Non, nous pensions plutôt à... »
Yazoo leva la main, face à moi. Et je poussai un hurlement de détresse.
«...Ca. »
Le "Ca" en question était une horrible bestiole, sortie tout droit d'un film d'horreur américain.
« C'est une chimère, Alex. Répondit Loz à ma question silencieuse.
-On se demandait combien de temps tu tiendrais avant de te faire réduire en charpie, en fait. Ajouta Yazoo. »
Je jetai un coup d'oeil à mes mitaines. Elles ronronnaient furieusement. Ou grognaient, plutôt. Les jambes tremblantes, je me mis en garde contre la créature, avec le sentiment qu'une mort certaine m'attendait dans quelques minutes...
Fin de ce chapitre ! J'espère qu'il vous a plu...Surtout l'idée des mitaines sangsues, j'avoue que j'étais morte de rire en songeant à cette idée. "Les mitaines sangsues, le retour !" Trop effrayant...Sans oublier Yazoo. Pour tout vous dire, j'hésitai à finir le chapitre sur la déclaration de celui-ci, mais je suis dit que ce serait vraiment cruel...et que ça décevrait peut-être certains de mes lecteurs...ou certaines de mes lectrices.
J'espère que la nouvelle personnalité d'Alex vous plaît, elle est plus près du vrai que la première que je vous avais présenté.
Bon, réponse aux reviewers...enfin, à la revieweuse :
Melior : Si son coeur rebattra un jour...Hum, c'est une question à méditer. Quant à Sephiroth, j'ai déjà prévu quelque chose pour lui, j'espère que ce dénouement te plaira. Al était sympa, aussi, je crois qu'il est devenu un de mes personnages préférés ! Je pense que j'essaierais de le faire intervenir, un jour ou l'autre.
Merci pour ton commentaire, j'espère que d'autres suivront.
N'oubliez pas de répondre à la question : en un tome ou plusieurs ?
Merci, bonne journée !
