Une longue suite et pour cause lol je n'en dis pas plus...
Chapitre 14 : Nuit blanche
Les minutes, puis les heures de son réveil défilaient, mais John ne parvenait toujours pas à trouver le sommeil. Les yeux grands ouverts, allongé sur le dos, il fixait son plafond avec le désespoir de pouvoir rencontrer Morphée cette nuit. Lui qui dormait d'habitude comme une masse, peu importe le lieu, n'y arrivait pas ce soir. Comment pourrait-il en être autrement? La découverte du corps de Katie ne datant que de quelques heures, la soudaine tragédie ne faisait qu'occuper son esprit torturé. Qui sera la prochaine? Quand Atlantis perdra encore un des leurs? John se sentait incapable de protéger les siens, alors qu'il s'agissait d'une de ses attributions premières, si ce n'est exclusive. Il se sentait faillir dans son rôle de chef militaire, incapable de gérer cette situation qui le dépassait complètement.
5 heures. On dirait que je suis parti pour faire nuit blanche, songea nerveusement John en regardant son réveil. John se massa vigoureusement le visage puis jeta ses couvertures et se leva du lit. Il enfila ses vêtements délaissés quelques heures plus tôt et sortit de ses quartiers.
Qu'allait-il faire en cette heure si matinale, il n'en savait strictement rien, mais à force de tourner dans son lit il commençait à devenir chèvre. Les couloirs de la cité, déserts, lui apportaient généralement paix et sérénité dans les moment, rares, où il souffrait d'insomnies. Sauf que dans le cas précis, ces couloirs avaient tout l'effet inverse sur lui, ils lui donnaient l'effet d'une menace. Tant d'atrocités ont été commises ici.
Peut être que se défouler un peu au gymnase l'aiderait à se calmer et donc à trouver le sommeil. John hocha la tête en se souvenant que c'était dans cette pièce que Anita avait été assassinée. Mauvaise idée!
Finalement, John emprunta la direction du mess, à défaut d'exercice physique, peut être qu'un bon remontant l'aiderait à l'assommer. Un remède pas vraiment très sain mais qui aurait au moins le mérite de faire ses preuves tout comme des somnifères.
Mais contre tout attente, alors que la cité était sensée être encore endormie, John buta contre une personne dans un détour de couloir. Il voulut s'excuser mais les mots se perdirent au fond dans sa bouche lorsqu'il reconnut la personne ayant fait office de air bag.
- «Elizabeth! Mais que faites vous debout à cette heure-ci?»
La jeune femme se frotta son bras droit encore douloureux après l'altercation avec John, puis répondit sur la défensive:
- «Et vous alors?»
- «Moi...» fit-il embarrassé avant de retrouver son aplomb. «Je vous ai posé la question en premier!»
- «Je n'ai pas de compte à vous rendre colonel, mais pour répondre à votre question, j'allais me coucher»
Elizabeth échangea un regard avec John, rencontra ses yeux pendant quelques instants et surprit quelque chose de tellement éphémère qu'elle ne sut comment le nommer. Colère? Exaspération? Peur ? Elle regarda ailleurs avant qu'il ne puisse enregistrer les questions dans ses propres yeux, honteuse de sa propre incertitude.
- «Vous êtes totalement inconsciente ma parole!» tonna t-il en la voyant baisser les yeux.
- «Je vous demande pardon?» demanda, surprise de ce ton employé à son égard.
- «Il y a un tueur en série qui se ballade tranquillement ici, et madame se ballade comme si de rien n'était dans les couloirs en pleine nuit. Vous comptez être sa prochaine?»
Plus que le ton, c'était à présent son sarcasme qui mit hors d'elle la jeune femme, déjà à fleur de peau par le manque de sommeil.
- «Alors si vous avez besoin de lunettes pas de problèmes je vous paye une paire, mais aux dernières nouvelles je suis brune et donc pas la cible de prédilection de notre cher tueur!» lui rétorqua t-elle en montrant une de ses mèches du bout de l'index.
Et sans attendre la moindre réponse, elle bouscula légèrement John et continua son chemin. Sauf que ce dernier n'entendait pas en finir là, il la suivit donc.
- «Vous comptez me ramener jusqu'à mes quartiers?» demanda t-elle sans se départir de son calme, jugeant qu'il ne servait à rien de s'emporter face une tête de mule comme John.
- «Oui, je compte bien en effet.»
- «Et aussi me border?»
Elizabeth ne pensait pas qu'il était en train de considérer la justesse de la question jusqu'à ce qu'elle voit un sourire amusé se dessiner sur le visage de son subordonné.
- «Vous devriez réfléchir parfois avant de parler»
Elizabeth plissa les yeux, et sans un mot, se remit à marcher. Le chemin jusqu'aux quartiers de la jeune femme se fit dans le silence, la jeune femme fulminant d'être surveillée comme un garde chiots, et John inquiet que cette nuit blanche ne soit pas l'unique pour elle.
- «Bonne nuit, John»
- «Attendez» ordonna t-il en lui agrippant le bras fermement.
- «Quoi?»
John se racla la gorge avant de lui parler d'une voix si basse, que la jeune femme dût tendre l'oreille pour l'entendre.
- «Je m'inquiète pour vous.»
Ces mots la touchèrent plus que cela n'aurait dû. John s'inquiétait pour elle, et le montrait de la plus basique et primitive des manières.
- «Je vais bien» lui assura t-elle en tentant de sourire.
- «Vous êtes sûre?»
En tout cas, elle essayait. Elle essayait de faire comme Sarah, c'est-à dire de faire l'impasse sur son côté humain pour ne pas se laisser submerger par ses émotions, pour faire son travail avec le plus de neutralité qu'il soit. Sauf, qu'à dire vrai, Elizabeth souffrait d'être si impuissante, si démunie, dans toute cette histoire. Ce soir, un nouvel échec. Ils ne le coinceront pas. Toutes ces femmes n'obtiendront jamais justice.
Ruminant encore et encore toute la soirée et une bonne partie de la nuit, Elizabeth était restée dans son bureau avec l'espoir, utopique, de trouver un élément dans les dossiers des membres de la base. Un élément qui aurait pu, par inadvertance, passer inaperçu jusqu'à là. Rien. Tous les dossiers, déjà vérifiés, ne permettaient pas de dégager un potentiel suspect. Certains étaient des croyants avertis, mais leurs cas n'avaient pas amener la puce à l'oreille de Sarah. Mais d'autres dossiers étaient encore à passer au peigne fin. Il fallait donc s'armer de patience.
- «Absolument sûre» dit-elle en croisant son regard alors qu'elle s'endurcissait elle-même.
Elle cligna des yeux et détourna le regard vers la porte de ses quartiers. Territoire neutre.
- «Cessez un instant de porter ce masque.»
Elizabeth croisa le regard de John qui brillait d'une étrange lueur. Comment faisait-il pour la démunir par un simple regard ? Avec lui, ses bâtisses tombaient si facilement. Cette emprise que John exerçait sur elle depuis si longtemps désormais, avait le don de l'effrayer, elle, qui avait toujours mis un point d'honneur à se cloîtrer dans sa bulle pour se protéger des maux de la vie, avec lui, ses efforts se réduisaient au néant.
- «Je sais que vous avez mal, tout comme moi, de ne pouvoir aider ces femmes. Avouez le.»
John n'était plus qu'à quelques centimètres d'elle, son regard s'accrochant lourdement pour la forcer à se confesser de ses plus profondes, intimes, peurs. Celles qu'on ne dévoile à personnes et que l'on garde pudiquement en soit en pensant, naïvement, pouvoir les oublier.
- «Je... je, c'est vrai que...»
Les mots se perdirent au fond de sa gorge.
- «Oui»
Et sans qu'elle ne prédite quoi que ce soit, sans penser, sans réfléchir, Elizabeth se jeta au cou de John et pressa violemment ses lèvres contre les siennes. Une simple pulsion. Une envie incontrôlable et urgente de goûter à ces lèvres si gourmandes. Elizabeth ne s'attendit pas à la tempête qui éclata dans son corps lorsque John glissa ses bras autour de sa taille et répondit à son baiser.
Il la souleva contre lui afin de pouvoir la serrer plus étroitement encore, plonger plus profondément dans la chaleur humide de sa bouche, atteindre l'essence même de la jeune femme. Le besoin qu'il avait d'elle s'intensifia encore. Il lui aurait été si simple de la pousser dans ses quartiers pour lui faire endurer mile et une tortures dont il était expert, mais le peu de raison qui lui restait lui indiquait de s'écarter d'elle avant de perdre définitivement le contrôle de son corps. Voilà pourquoi il s'éloigna légèrement de Elizabeth, mais celle-ci s'empara de nouveau de ses lèvres. Plus aucun retour en arrière n'était possible, John se laissa guider par le désir naissant en lui. Ses mains voyagèrent sur le corps de la jeune femme, avant de se faufiler malicieusement sous son tee shirt. John devenait dingue en sentant comment le corps de sa belle réagissait à ses caresses, si dingue, qu'il en perdait la raison et toutes cohérence dans ses pensées. Seul ce corps parfait et ces lèvres insidieuses ne comptaient, seule cette femme à la double facette avait de l'importance au delà de son propre désir de la posséder.
Toujours fermement agrippée à John comme si sa vie en dépendait, Elizabeth se laissait perdre dans les limbes de la folie, de l'impulsivité; conséquences directes et immédiate du désir charnelle qui la consumait. Et c'est à l'aveugle, qu'elle activa l'ouverture de la porte de ses quartiers et tira John par le cou à l'intérieur, sans desserrer un seul moment son emprise possessive sur lui.
Comment expliquer ce qu'il éprouvait? Cette attirance qui irradiait tout son être? Il était fichu. Car si c'est cela l'amour, John en avait contracté une sacré dose. Ses mains, ses lèvres, tout son corps semblait être aimanté à celui de Elizabeth. Lorsqu'il fut attiré à l'intérieur des quartiers de la jeune femme, une pensée – furtive - l'avait conseillé de couper court à leur étreinte, mais elle partit aussi vite qu'elle l'avait effleurée. A présent, maître de sa passion débordante, John obéissait à l'impérieux besoin de sentir en elle. Sans la moindre hésitation, il lui ôta - entre deux baisers - son haut qui tomba comme un vulgaire chiffon sur le sol.
- «Tu as froid?» demanda t-il en la voyant frissonner.
Par un signe de tête, elle lui indiqua que non. John la regarda. Elle paressait si fragile, si délicate. Ce ne pouvait pas être l'affaire d'une nuit, une affaire qu'on a vite fait de classer le matin.
- «Réchauffe moi» chuchota t-elle.
Déterminé mais peu sûr de lui, le militaire s'approcha et encadra le fin visage de ses paumes pour l'attirer vers le sien. Il frôla avec réserve les lèvres de la jeune femme avant d'assouvir sa faim, encore et encore.
- «Fais moi l'amour» supplia t-elle, se sermonner sur le fait qu'elle était adulte et libre de ses choix ne servant définitivement à rien.
John ne la quitta pas des yeux tandis qu'il enlevait son tee shirt. Mon dieu quelle est belle, songea t-il. Le clair de lune ondulait sur la peau de ses épaules nues. John ajouta ses propres ombres.
A ce stade de l'amour, Elizabeth n'était jamais bien sûre d'elle, elle posa ses mains frêles sur le torse découvert de John avant de poser ses lèvres sur ses larges épaules. Elle remarqua une cicatrice, comme si ses baisers pouvaient effacer cette marque de guerre, elle posa ses lèvres; tandis que John défaisait la fermeture éclair de son pantalon.
- «C'est ancien» fit-il en remarquant les attentions de la jeune femme.
Elizabeth dessina du bout de l'index les contours de son menton qu'ombrait une barbe naissante, puis s'attarda sur sa veine palpitante à son cou. Alors que John s'avançait vers elle pour capturer sa bouche, elle le repoussa légèrement de la main. Il pencha la tête sur le côté, un sourire au coin, puis s'avança de nouveau, mais encore une fois, Elizabeth le repoussa. Malicieusement, elle fit encore un pas en arrière, sans jamais cesser de croiser le regard ampli de désir et d'impatience de John. Elle porta ses mains à la ceinture de son pantalon et, d'un geste lent, le fit glisser de ses jambes.
John avait bien du mal à se contenir, de rester inactif alors que sa belle enlever ses vêtements sachant ô pertinemment qu'il aurait préféré le faire lui même. Le summum de sa frustration fut lorsqu'elle porta ses mains dans le dos pour dégrafer sons soutien gorge en dentelle noire. N'y tenant plus, il bondit sur elle tel qu'un vautour sur sa proie et, d'une main habile, défit l'attache de ce vêtement à présent superflu. Ses mains se hâtèrent de galber la rondeur de ses seins, faisant alors naître un gémissement chez Elizabeth, un gémissement vite étouffé par un baiser de John.
John avait certes plus d'expérience, mais leur désir était équivalent. Ils se dévoraient littéralement les lèvres alors que leurs mains exploraient les sentiers de peau nouvellement mis à nu. John descendit ses mains de la taille, jusqu'aux hanches de la jeune femme, et fit glisser son dernier vêtement le long de ses fines jambes.
Lentement, il poussa la jeune femme en arrière, leurs lèvres toujours scellées avec ferveur, et lorsqu'elle buta le lit, il l'allongea délicatement.
- «Qu'est ce qu'il y a ?» s'enquit-elle, inquiete en voyant que John l'examinait sous toutes les coutures.
- «Tu es si belle.» fit-il d'une voix rauque ce qui procura des frisons dans la colonne vertébrale de la jeune femme.
Si belle, que John avait, pendant l'espace d'un instant, oublié l'urgence de son besoin de la faire sienne pour la regarder. La voir allongée sur le lit, nue et prête à se donner à lui, fit naître une douleur dans son thorax. Dans son coeur. La vérité était qu'il l'aimait. Il aimait cette femme à en mourir. Pourquoi ne l'avait-il pas remarqué avant?
- «Viens» dit-elle en l'invitant à la rejoindre sur le lit.
John ôta son boxer gris devenu trop serré, et obtempéra. Il se coucha sur le corps de sa belle, en prenant appui sur ses bras pour ne pas trop peser. Délicatement, il lui caressa la joue puis l'embrassa passionnément tandis qu'il l'a pénétré avec fougue sans pour autant être violent. Sans lui laisser le temps de s'habituer à sa présence, John débuta de ardent coups de reins alors que Elizabeth encerclait de ses jambes les hanches de son amant afin de le sentir plus loin en elle.
Des gémissements, des cris, s'élevèrent rapidement dans la pièce à mesure que la température dans la pièce grimpait par le plaisir que deux corps en fusion ressentaient. Assoiffés, affamés et désireux, les deux amants en demandaient, en réclamaient toujours plus. La peau si fine, si douce de Elizabeth rendait fou John, qui, excitait par les mordillements de sa belle sur son épaule, augmentait la cadence de ses vas et vient. Jamais il ne pourrait se lasser de sa peau humide de désir, ni de ses cris qui lui intimaient de continuer. Toujours plus. Les deux amants étaient pris dans une danse endiablée avec pour seule issue un panache de sensations purement exquis qui les conduiraient aux portes du paradis, si ce n'est de l'enfer. Oubliant les rites civilisés, ils s'adonnaient aux plus primitifs désirs de l'homme.
John roula sur le côté, allongea Elizabeth et encercla ses seins fermement, toujours plus forts, à mesure que la jeune femme se laissait glisser sur le membre de son amant douloureusement tendu. Une douleur atrocement bonne se fit ressentir dans le bas ventre de la jeune femme tandis qu'elle sautait toujours plus sur John, lui aussi, au bord de la rupture. Et c'est dans un dernier cri de plaisir, qu'elle s'abandonna dans le même temps que John libérait tout son amour en elle.
Essouffée, en sueur, Elizabeth se laissa retomber lourdement sur le corps de son amant. Alors que chacun reprenait sa respiration, John lui chuchota.
- «Je.. je crois que je t'aime Elizabeth»
Surprise par cette déclaration, la jeune femme leva son visage de son torse et chercha son regard.
- «Tu crois?»
- «Non, je suis sûr»
Que devait-elle répondre? Un je t'aime. Pourtant, elle ne put répondre ces mots que John attendait. Elizabeth se laissa retomber sur le côté, libérant ainsi son amant de son poids, et s'entortilla dans les couvertures.
- «John..»
Le militaire se tourna sur le côté pour la regarder, remettant une de ses mèches sur le côté.
- «Oui, ma princesse?»
Feignant n'avoir pas entendu ce doux surnom, Elizabeth bailla et déclara sans la moindre forme de procès.
- «J'aimerai dormir.»
- «Comme tu veux» lui répondit-il en se couvrant.
- «Seule.»
Il arqua des sourcils et ouvrit la bouche pour protester mais Elizabeth le coupa.
- «S'il te plaît.»
Camouflant comme il put sa déception, le militaire se leva et, chercha à la hate ses vêtements dispersés ici et là dans la pièce. Sans un regard pour celle qui fut son amante, il quitta ses quartiers.
