Note de la traductrice : Bonjour à toutes et à tous ! Je suis désolée de publier avec une semaine de retard, mais ce chapitre n'avait pas été relu et je ne voulais pas vous imposer la vision de mes fautes ignobles ! Merci encore une fois à la lumineuse Rose Atsamy pour la correction. Et merci à vous toutes pour les délicieuses reviews que vous m'avez envoyées.

Pour me faire pardonner mon retard, voici un chapitre plein d'émotion… Bonne lecture !

Résumé du chapitre : Deux jours avant le mariage de John Watson. Explicite.

...


...

...

Chapitre 14

...

Deux jours avant mon mariage avec Mary Morstan, je m'arrêtai tard le soir au 221B pour déposer son costume à Sherlock, mais trouvai l'immeuble entièrement déserté.

« Mrs Hudson ? »

Le rez-de-chaussée était vide, et ses clés ne se trouvaient pas dans la coupe sur le comptoir de la cuisine où elle les déposait habituellement. Je supposai qu'elle était sortie jouer aux cartes ou qu'elle était descendue au café Speedy pour tourmenter son galant.

« Sherlock ? »

Je montai en courant l'escalier menant à notre appartement. Les rideaux étaient tirés, la cheminée éteinte et l'âtre froide, et seule une petite lampe au-dessus du canapé éclairait la pièce.

« Où diable es-tu encore parti ? »

Je lui avais envoyé un message plus tôt dans la journée. Il savait donc que je devais passer, mais ça ne garantissait en rien qu'il s'en rappellerait. Je jetai un coup d'œil à sa chambre. Le lit était défait, abandonné. Je suspendis le costume dans son armoire.

La pièce portait l'odeur de Sherlock. Mon estomac se serra en réponse à ce parfum. J'errai à travers la chambre et posai ma main sur le lit. Les draps étaient froids. Je ne pus m'en empêcher : je soulevai son oreiller jusqu'à mon visage et inhalai profondément. Puis je me repris, et laissai l'oreiller retomber sur le matelas.

« Bordel de Dieu, John. Calme-toi ! »

Je quittai sa chambre et battis en retraite dans le salon obscur.

« C'est le stress du mariage. » Je fis les cent pas avant de m'effondrer dans mon fauteuil. La dernière fois que je m'y étais assis, c'était pour mon enterrement de vie de célibataire, et toute la soirée était plutôt floue dans ma mémoire. Dieu merci.

La tête en arrière, je fixais le plafond.

« Le stress du mariage. »

...


...

J'étais toujours assis là, dans la pénombre, quand j'entendis les pas de mon ami dans l'escalier.

Il s'immobilisa sur le seuil de la porte.

« John ?

- Où étais-tu, Sherlock ? Il est plus d'une heure du matin. Mrs Hudson est rentrée il y a des heures !

- J'ai bien peur de ne pas voir le rapport. » Il entra dans la pièce à pas de loup.

« Aucun rapport. » Je pouvais voir son ombre, longue, agile et élancée. « Juste une observation.

- Pourquoi es-tu assis dans le noir ? »

Je me penchai en avant. « Je t'avais dit que je passerai pour t'apporter ton costume. Bordel, qu'est-ce que c'est que ce truc sur ta tête ? » Dans l'obscurité, on aurait dit une assiette géante. Il alluma une deuxième lampe et se tint debout dans la flaque de lumière.

J'en restai bouchée bée.

« Est-ce que c'est…

- Un sombrero ? Oui, John. Quelle déduction remarquable. »

J'étais un peu sur les nerfs. Je commençai à glousser, et impossible de m'arrêter. Sherlock arracha le sombrero de ses boucles brunes, le lança à travers la pièce comme un frisbee puis lissa l'ourlet de son pantalon d'un air hautain.

Je rattrapai le sombrero. Il me fallut plusieurs minutes pour réussir à maîtriser mes gloussements. Le temps que je recouvre mes esprits, les étonnants yeux de Sherlock pétillaient d'amusement. Il souriait doucement, le premier vrai sourire que je lui voyais depuis des mois.

« Je ne vais pas chercher à comprendre, décidai-je. Ton costard est dans ta chambre.

- Merci. » Il inclina la tête. « Je suppose. »

Nous attendîmes dans un silence confortable que quelque chose se produise, quelque chose que ni lui ni moi n'oserions exprimer.

« Je ferais mieux d'y aller, annonçai-je finalement.

- Oui, fit Sherlock.

- Plus que deux jours. Je devrais probablement être dehors en train de faire des folies. Profiter de ma vie de célibataire avant qu'il ne soit trop tard.

- Un jour et seize heures, corrigea Sherlock. Et j'ai promis à Mary de t'éviter les ennuis.

- C'est pour ça que tu ne m'as pas invité à… ta soirée ? » demandai-je en désignant le sombrero.

Son sourire s'élargit : « C'est parfois dangereux, les bals costumés. »

Il s'était rapproché. Il portait une chemise grise sous un costume noir, et dans la lumière diffuse, il ressemblait à une silhouette ombrée. Mon cœur se mit à cogner, un rythme lent et régulier. Ma gorge était serrée.

Oh, bon Dieu, j'avais envie de lui. J'avais besoin de lui. Une dernière fois. Juste une dernière fois. Sûrement que Mary me pardonnerait. Je l'avais cru mort pendant si longtemps, parti, et une partie de moi s'en était allée avec lui, et maintenant j'avais une nouvelle vie, que j'aimais, mais j'étais sur le point de m'engager auprès d'une femme et…

« Sherlock. »

Il s'immobilisa.

« Sherlock. » Je me raclai la gorge et repris : « Couche avec moi. »

- John. » Je l'entendis déglutir. « Mary…

- Une dernière fois. » Je me rendis compte que j'étais prêt à le supplier s'il le fallait. Et j'aurais voulu me détester pour ça, mais je ne pouvais pas.

« D'accord. » Sa main sur mon coude. Je me levai de mon fauteuil. Nous étions tous les deux un peu instables. « D'accord, John. Si tu es sûr ?

- Tout à fait sûr. »

Il m'enlaça, se pressant contre moi jusqu'à ce que son menton repose au creux de mon épaule. Ce n'était pas comme avec Mary. C'était Sherlock, dont le corps paraissait entièrement constitué d'os et de muscles. Ses lèvres, cependant, ses lèvres étaient douces alors qu'elles caressaient mon cou et le coin de ma bouche.

Presque trente six mois que je ne l'avais pas touché ainsi, comme un amant, et pourtant nos corps se comprenaient parfaitement.

« Espèce de salaud. » Je le serrai jusqu'à ce qu'il grogne de douleur ou de frustration. « Je croyais que tu étais mort. Je croyais que tu étais parti. Je vais me marier, Sherlock, me marier ! »

Il planta ses dents dans ma lèvre inférieure en réponse. Je le repoussai avec force, l'envoyant valser en arrière. Il revint à la charge, mais cette fois le baiser qu'il déposa sur mes lèvres était tendre, doux comme la caresse d'un papillon, plein de promesses.

« Je te déteste de m'avoir fait ça, soufflai-je contre sa bouche.

- Hmm… » Il approfondit le baiser. Nos langues se mêlèrent. Nous n'avions pas oublié. Nous n'avions pas oublié comment être avec l'autre. Mes mains remontèrent le long de son dos, et je m'étirai, caressant sa colonne vertébrale jusqu'à ce qu'il soupire de contentement.

« Viens John. » Il prit ma main et me guida vers le couloir. « Retournons dans la chambre. »

Comme si nous n'étions jamais partis.

Nous nous laissâmes tomber sur les draps défaits. J'attrapai ses vêtements et tirai, mais il m'arrêta :

« Si ça doit être notre dernière fois ensemble, John Watson… » commença-t-il, si bas que je parvenais à peine à saisir ses paroles. « … alors je crois que nous allons prendre le temps de la savourer. »

Ce n'était pas ce que je voulais. Je voulais le baiser. Fort. Une partie de moi voulait encore lui faire mal. La colère et la trahison étaient toujours là, rodant sous la surface. Je le griffai de mes ongles, mordillai son cou sur toute sa longueur jusqu'à ce qu'il grogne et me force à rester allongé sur le dos en me bloquant contre le matelas.

« John, murmura-t-il contre mon torse. Je suis désolé. Mon John. Mon John. Je suis désolé.

- Tu peux le dire un million de fois. » Je passai ma main dans ses boucles brunes. « C'est quand même trop tard.

- Je ne te demanderai pas de la quitter. »

Ses mains s'étaient glissées sous ma chemise et me caressaient. Bien qu'il ait affirmé vouloir prendre son temps, il défit mes boutons avec des doigts tremblants.

« Tant mieux. » dis-je en arquant mes hanches contre sa taille. Trente six mois, et mon sexe le ressentait. Il était plus dur que la pierre et drôlement insistant. « Parce que je ne suis pas ce genre de mec. »

Il émit un son qui était à moitié un rire et à moitié un sanglot. Il se tortilla pour ôter sa chemise et son pantalon, tandis que je me dépouillais des miens. Nous retombâmes l'un contre l'autre, peau contre peau, frémissant de soulagement ou de désir.

« John. Reste tranquille. Je veux te sentir. »

Je fermai les yeux. Ses doigts parcoururent mon visage à la recherche de je-ne-savais-quoi, mais je savais qu'il pouvait sentir mes larmes. Il suivit leur trace humide jusqu'à ma joue, puis posa ses deux mains à plat sur mon torse. Je devinai qu'il essayait de mémoriser la sensation de me toucher.

« As-tu oublié, Sherlock ? demandai-je. As-tu oublié ce que nous sommes ?

- Non, répondit-il d'une voix rauque. Jamais John, jamais. »

Il posa ses mains sur ma taille, sa bouche frôla l'intérieur de ma cuisse et remonta vers ma hanche, dans un ballet exquis. Il s'arrêta finalement entre mes jambes et mordilla ma cuisse jusqu'à ce que je grogne et que mes hanches se soulèvent convulsivement.

« Le diras-tu, John ? » Ce n'était pas tout à fait une supplication, mais cette nuit lointaine à l'hôtel, le jour de la Saint Valentin, me revint en mémoire.

« Je t'aime, dis-je, parce que c'était vrai et que ce serait toujours vrai. Je t'aime, Sherlock Holmes. »

Il prit mon érection dans sa bouche avec une infinie douceur – et pourtant les choses entre nous avaient si souvent été brutales. Une caresse d'amant, une adoration. Je refermai mes poings dans ses cheveux. Mon plaisir grimpait. Sa bouche était chaude, humide, exigeante. Je soulevai mes hanches du lit pour rencontrer sa langue.

« Oh. OH. Sherlock…

- Pas encore. » dit-il, et il entreprit de lécher l'extrémité de mon membre jusqu'à ce que je gémisse. Puis il avança en rampant pour que nous soyons nez à nez. Je sentais son érection contre ma hanche. Son cœur battait contre le mien, et il haletait tout en léchant mes larmes qui continuaient de couler, déposant de doux baisers le long de mon nez et de ma mâchoire.

« Je peux ? Pour cette fois ?

- Oui, répondis-je simplement. S'il te plait. »

Les préservatifs et le lubrifiant se trouvaient dans sa table de chevet. Il me retourna sur le ventre, ses merveilleuses mains de violoniste frôlant ma chair comme la caresse d'une plume d'oiseau. J'avais été au dessus et lui au-dessous plus souvent que le contraire, mais il était adroit et attentionné, et les trois ans d'attente ne rendaient la douleur que plus exquise. Je criai quand il écarta mes jambes et me pénétra, et je sais qu'il essaya d'être doux, mais ça faisait mal, c'était déchirant, tout comme mon cœur.

Tout ce qu'il a jamais fait m'a réduit en pièce jusqu'à ce que je sois à nu, puis m'a reconstruit en faisant de moi un homme meilleur.

« Tu es à moi, murmura-t-il contre ma nuque tout en s'enfonçant plus profondément. John. »

Ses hanches commencèrent à bouger en rythme. La douleur se transforma en plaisir, et le plaisir se transforma en un besoin grisant. Ma queue frottait contre les draps en une friction délicieuse. Comme s'il avait lu mes pensées, il passa la main sous mon corps, l'attrapa et la caressa jusqu'à m'aveugler de cette sensation profonde et enivrante.

« Je suis à toi, approuvai-je bruyamment. Sherlock, je suis à toi. Oh, bordel, je crois que je vais…

- Pas encore ! » Dans un effort presque surhumain, il s'immobilisa. Je le sentais palpiter en moi. Mon sexe était couvert de pré-sperme, impatient, et mes muscles étaient si contractés que j'avais l'impression que j'étais sur le point de me briser en deux.

« Pas encore, répéta-t-il en haletant. Nous n'avons pas… encore… fini.

- Sherlock… » Je respirais comme si je venais de courir un marathon. « Tu vas me tuer. » Il tressaillit, déclenchant un mouvement convulsif de mes hanches. « PUTAIN. Sherlock. »

Il cria, et entra en moi avec tant de force que je vis des étoiles. Puis il resta silencieux, allant et venant avec le désespoir fou d'un cœur brisé. Je le reconnus immédiatement dans ses gestes, car je le voyais derrière mes propres paupières closes.

« NOM DE DIEU ! » L'orgasme me frappa d'un coup, une explosion d'émotions et de sperme, et j'éjaculai dans sa main. « Nom de Dieu, Sherlock ! »

Il mordit mon épaule si fort qu'une fois encore je vis des éclairs. Il jouit sans un bruit, giclée après giclée, me remplissant de son essence jusqu'à ce qu'elle déborde.

La cicatrice de cette morsure orne encore mon épaule aujourd'hui, jumelle miniature de la blessure par balle qui a changé ma vie. La marque de Sherlock, dans ma chair pour toujours.

...


...

Note de la traductrice : Pfiou ! Je ne sais pas pour vous, mais ce chapitre m'a vraiment émue, j'en avais les larmes aux yeux pendant que je le traduisais ! C'est bien la première fois qu'un lemon me fait pleurer… J'espère que vous avez vous aussi apprécié. Rendez-vous la semaine prochaine pour la conclusion de la première partie de cette histoire !