Patience, il faut bien finir l'enquête !
(et celles qui espèrent un retour joyeux ne devrait pas trop se réjouir : )
Petit avertissement : le prochain chapitre est prévu dimanche mais je ne sais pas à quelle heure il paraîtra (probablement le soir)
(Précision : le nom de l'inspecteur n'est pas une allusion à un pseudo de John mais une référence à une auteure que j'aime beaucoup )
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Spéciale dédicace aux irremplaçables mousquetaires
Petit coucou Capitaine tu nous manques !
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Bonne lecture !
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Reese regagna sa chambre vers 2H. Il perçu dès l'entrée une subtile différence et soupçonna immédiatement que quelqu'un s'était introduit dans les lieux et il devina sans peine pourquoi. Il se dirigea vers le mini bar et examina les bouteilles repérant facilement, grâce à son expérience, les petites marques, pourtant infimes, sur les deux bouteilles d'eau et deux des flacons d'alcool. « Elle ne perd pas de temps pour exécuter les ordres » songea t-il. Il emballa soigneusement les preuves et jugeant que les coupables ne douteraient pas de la réussite de leur plan, et donc ne tenteraient rien d'autre dans les prochaines heures, il s'accorda un peu de repos.
Au matin il reprit son poste le plus naturellement du monde. Il venait d'y arriver lorsqu'il reçu le sms « Tout va bien ? » lut-il. Le connaissant Finch n'avait pas du beaucoup dormir. S'il n'y avait pas eu tout cela, s'ils n'étaient pas séparés, il aurait pu communiquer davantage, il aurait pu l'appeler cette nuit pour lui parler, le réconforter, attendre sa voix et y puiser sa force… « J'aurais du lui apprendre à dormir sur commande » songea t-il avec un soupir, cela lui aurait permit de se reposer, d'effacer un peu sa fatigue. Celle-ci ne risquait-elle pas de fausser ses résultats ? Ses fameux examens qui semblaient tellement le stresser. Il aurait tant voulu en avoir connaissance d'une autre manière. En d'autres circonstances il l'aurait aidé, partageant ses craintes. Il aurait tout fait pour les alléger, pour être son rempart, et, bien sur, il l'aurait soutenu quel que soit les résultats. Il avait l'étrange sensation d'avoir été dépossédé de son rôle mais il n'avait pas l'intention de renoncer à veiller sur lui. Toutefois leur séparation n'allait pas lui faciliter la tache. Dans le pire des cas, si Finch devait subir des soins ou même une nouvelle intervention, il retournerait s'installer chez lui pour l'assister, qu'il le veuille ou non. Puisque Finch ne tenait pas compte de son opinion il ferait comme lui. Et ensuite il continuerait de veiller. L'éloignement serait son principal problème. Il lui faudrait le gérer à son retour, peut être bientôt vu les progrès de leur enquête. Il répondit par quelques mots rassurant et remit son téléphone dans sa poche. La porte s'ouvrit et Erno sortit de sa chambre. Quel que soit sa maitrise de lui-même il ne put retenir un sursaut d'étonnement en l'apercevant à son poste. Cela ne dura qu'un instant mais c'était suffisant pour renseigner l'ex agent.
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A midi Pete apporta le déjeuner. Reese n'était pas présent mais revint à temps pour guetter le moment où il remportait le plateau et comme la veille il le suivit, s'empara de la canette, photographia le message et le remit à sa place. Cette fois Finch le rappela presque aussitôt sachant à quoi il avait affaire « Fait ton travail : il doit mourir » avait-il déchiffré. Il ferma les yeux, son cœur battait trop vite, il devait se calmer. Il aurait aimé être près de lui, pour un peu il aurait refait le trajet.
-« Finch vous êtes là ? » l'interpella John
L'informaticien réalisa que son agent avait décroché mais qu'il ne lui avait pas répondu
-« Oui M Reese »
-« Que dit le message ? »
Finch le récita machinalement
-« "Fait ton travail" Il s'adresse à elle comme à une employée pas comme à une maitresse »
-« M Wastersen n'est pas vraiment des plus diplomate de toute façon »
-« C'est vrai. Je suppose qu'elle va tenter une autre approche. Reste à savoir si elle utilisera la même arme ou une autre plus radicale »
-« Quel est votre opinion ? »
-« Qu'elle va continuer de la même façon. Les empoisonneurs ne changent pas facilement de technique et cette méthode est plus accessible pour certaines personnes »
-« Que voulez vous dire ? »
-« Le poison permet une certaine distance avec la victime. Il n'y a pas de contact physique. Le geste peut rester abstrait ca le rend plus facile à admettre. L'assassin peut aller jusqu'à se dédouaner en se disant que si la victime n'avait pas bu ou consommer l'aliment contaminé il ne lui serait rien arrivé. Une façon de s'alléger la conscience »
-« C'est un raisonnement particulier » émit l'informaticien perplexe
-« Je connais chaque technique et chaque raisonnement Finch, j'ai été formé pour cela »
-« Ce ne sont pas là vos seul compétences John ! » protesta aussitôt celui-ci
-« Si vous le dites »
-« Il n'y a pas à en douter »
Reese eut un sourire triste
-« Pourquoi me défendre encore ? » murmura t-il sans pouvoir s'en empêcher
-« Parce que je connais votre valeur, vos valeurs » rétorqua Finch « Notre situation ne changera rien à mon jugement »
Il y eu un silence puis John murmura simplement :
-« Merci Harold » puis il enchaina «Est-ce que Lionel a réussi à contacter un collègue sur place ? »
-« Il s'y efforce mais la collaborations inter district semble assez épineuse. Je vais lui demander d'insister »
-« Oui le temps presse. Erno et sa complice ne sont pas du genre à tergiverser donc nous devrions bientôt pouvoir les arrêter »
« S'ils ne parviennent pas à leur fin avant » songea Finch inquiet
-« Je vais le rappeler, j'espère qu'il trouvera »
-« Lionel n'est pas du genre à renoncer » constata Reese
-« Non. Mais je crois que le véritable problème, outre les relations inter service, c'est surtout de ne pas pouvoir être totalement transparent avec son collègue. Il ne peut pas trop en dire sur nous »
-« Je lui fais confiance sur le sujet »
-« Moi aussi M Reese » répondit l'informaticien et il songea qu'il était bien placé pour témoigner de la ténacité de l'inspecteur.
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Vers 16H Erno ouvrit la porte et passa la tête à l'extérieur. Scrutant le couloir, il avisa l'ex agent
-« Hey vous ! » l'interpella t-il. Reese approcha sur ses gardes
-« Oui M Wastersen ? »
-« Allez prévenir Pete que je veux mon dîner un quart d'heure plus tôt ce soir. Cet imbécile ne répond pas au téléphone »
-« Bien Monsieur » répondit John méfiant. Le chanteur referma aussitôt la porte sans un mot. Reese réfléchit quelques secondes puis décida de se rendre aux cuisines tout en restant attentif. Il fut accueillit joyeusement par Pete qui discutait avec un technicien
-« Salut John ! Je ne t'ai pas vu à midi ? »
-« Salut Pete. J'étais avec Harvey. Une fausse alerte »
-« Encore un fan trop nerveux ? Pas de quoi s'exciter là-dessus » jugea le cuisinier
-« Je suis venu te prévenir qu'Erno veut son dîner un quart d'heure plus tôt ce soir »
-« C'est quoi cette lubie ?
Reese haussa les épaules dans un geste d'incompréhension
-« Il dit qu'il a essayé de t'appeler mais que tu ne réponds pas »
-« Je n'ai pas entendu » murmura Pete en se tournant pour prendre son portable dans sa poche « Pas étonnant il est en silencieux ! » s'exclama t-il « mais c'est bizarre je ne le coupe jamais ! Qu'est ce qui se passe avec cet appareil ? » Grogna le cuisinier en le manipulant « Erno va être de charmante humeur pour le coup » ajouta t-il avec une grimace
John fronça les sourcils en fixant le téléphone. Son instinct l'avertissait que cette situation était anormale mais il ne comprenait pas pourquoi
-« En tout cas t'arrive pile pour la pause café John » affirma Pete en reposant l'appareil sur la table « D'ailleurs c'est souvent, tu serais pas un détecteur de café ? » se moqua le jeune homme
-« Pas vraiment Pete ou alors sans le savoir » répliqua l'ex agent sur le même ton
-« Allez je te sers ! »
John ne dit rien mais réfléchit un instant. Pete n'était pas dans le coup donc il ne risquait sans doute pas grand-chose. De plus il avait visiblement l'intention de boire lui aussi. Il le vit tendre un mug au technicien avant de lui en donner un, puis de saisir le troisième. Malgré tout la méfiance dominait, il gardait à l'esprit la relation présumée entre le cuisinier et leur principale suspecte.
-« Santé ! » s'amusa le cuisinier « Et s'il est pas bon c'est pas à moi qu'il faudra se plaindre ! »
-« Pourquoi cela ? » demanda le technicien
-« Ben je l'ai pas préparé celui là. Disons que c'est une amie qui l'a fait pour moi » précisa t-il avec un clin d'œil complice. John sentit aussitôt le danger
-« Pete non ! » le stoppa t-il « Ne buvez pas ! » ordonna t-il
Les deux hommes sursautèrent et lui lancèrent un regard interloqué
-« Pourquoi ? Qu'est ce qu'il y a ? » Demanda Pete
Le technicien qui avait déjà bu voulu répondre mais fut pris d'un violent haut le corps
-« Barry qu'est ce que tu as ? » s'affola Pete
-« C'est un empoisonnement ! Appelle les secours ! » Lui lança Reese en se précipitant vers le technicien pour le soutenir. Il l'allongea sur le sol, s'efforça de l'aider mais ne put rien faire. Lorsque les secours firent irruption dans les cuisines seulement quelques minutes plus tard l'homme était mort. Pete, atterré, les fixait figé dans un coin, au bord de la crise de nerf. Un infirmier le prit en charge pendant que le second prévenait la police.
Reese s'isola pour appeler son associé
-« Finch, il y a du nouveau »
-« Oui pour moi aussi j'allais vous appeler »
-« Que ce passe t-il ? »
-« L'inspecteur Fusco a trouvé du renfort »
-« Ca tombe à point. J'en ai justement besoin »
-« Pourquoi ? Qu'est-il arrivé ? » Interrogea l'informaticien et Reese sentit le stress dans sa voix. Il lui relata succinctement l'événement qui venait de se produire
-« C'était un coup monté » jugea t-il « Erno m'a envoyé aux cuisines au bon moment »
Finch eut un hoquet horrifié
-« Vous voulez dire que Miss Swanson a sciemment empoisonné le café tout en sachant que M Landry en boirait aussi ? »
-« Je le pense »
-« Elle était donc prête à tuer plusieurs personnes pour vous atteindre ! »
-« Pour obéir Finch. Si elle est conditionnée cela n'a rien de surprenant. Son "dévouement " sera sans limite »
-« Il est à craindre que son état mental laisse à désirer » murmura l'informaticien « Mais si M Landry n'avait rien dit… » Réalisa t-il
-« Je n'avais pas l'intention de boire de toute façon » trancha Reese qui lisait dans ses pensées
-« Je n'aime vraiment pas vous savoir là bas »
-« A ce rythme je n'y serais plus très longtemps. Il faut les stopper. Même si à part moi ils ne devraient plus avoir d'autre cible pour le moment. Leur place est en prison »
-« Certainement. J'ai hâte que tout cela finisse et que vous soyez de retour »
-« Est-ce que Lionel vous a dit comment je vais pouvoir joindre son contact ? »
-« L'inspecteur Warren doit se rendre à l'hôtel pour vous rencontrer vers 17H »
-« D'accord. J'irais l'attendre dans le hall. Je suppose que vous avez déjà commencé quelques recherches sur lui »
-« Bien sur. Et je n'ai rien trouvé de particulier. Mais, même intègre et même ami avec l'inspecteur Fusco il reste officier de police M Reese. Je ne doute pas du jugement de notre bon ami mais ils ne se sont pas vus depuis plusieurs années »
-« Ne vous inquiétez pas je serais prudent dans mes propos Finch. Je ne veux pas attirer l'attention sur nous et encore moins attirer des ennuis à Lionel »
-« Je vous fais confiance. Et je serais rassuré que vous ayez un peu de soutien » soupira l'informaticien. John sentait son inquiétude, ce stress latent en lui, il chercha instinctivement à le réconforter :
-« J'avais déjà le votre pour la logistique. Sans vous je ne risquais pas de deviner le mobile d'Erno »
-« Cela vous aurez seulement pris un peu plus de temps » estima l'informaticien
-« C'est notre complémentarité qui nous rend si efficace Finch ne l'oubliez pas » le contra son agent
-« Non vous avez raison M Reese, a chacun son rôle »Admit finalement son partenaire devinant l'intention sous les mots
-« Exactement. Bien, je retourne à mon poste, je crois que notre numéro va être désagréablement surpris de me voir, Pete n'aura peut être même pas besoin de préparer le dîner ma vue risque de lui couper l'appétit » ironisa John
-« C'est fort probable » jugea Finch « soyez prudent » ajouta t-il tout de même par reflexe
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Reese vit un employé de l'hôtel le désigner du doigt à un grand type maigre à l'allure dégingandée dans un costume fatigué. Des cheveux en bataille et une cigarette éteinte entre les lèvres complétaient le personnage. « Façon détournée de contourner l'interdiction de fumer » songea Reese
L'homme s'avança vers lui. John remarqua que sous son air débonnaire il avait un regard vif, des yeux qui vous examinaient avec plus de perspicacité qu'on ne pouvait s'y attendre, d'instinct il se méfia.
-« M John Randall ? »
-« Lui-même »
-« Inspecteur Gordon Warren. Je suis un ami de l'inspecteur Fusco »
-« C'est lui qui vous envoi ? »
-« Ouais. Il m'a appelé ce matin. Il voulait un coup de main pour des amis embarqués dans une drôle d'histoire »
-« C'est sympa de nous envoyer du renfort » ironisa Reese
-« On s'est connu à l'académie de police. On était plutôt pote. Je suis content qu'il se soit souvenu de moi. Enfin la standardiste m'a dit qu'elle lui avait énuméré les noms des inspecteurs de la brigade et qu'il avait tilté sur le mien »
-« Lionel a toujours une excellente mémoire. Vous aussi inspecteur visiblement »
-« Ah moi c'est plus facile ! L'inspecteur Fusco, celui qui a vaincu le super trafiquant Gabriel Cortez, c'était dans tous les journaux ! Il est connu dans tout l'état ! »
-« Je vois »
-« Je crois qu'il n'a pas changé. Il est toujours avec ses sandwiches là ? C'était quoi déjà… »
-« Des falafels »
-« Ouais. C'était son truc »
-« Ca l'est toujours » confirma Reese
-« Moi c'était les cigares. Ce qu'il me tannait avec ça ! » Ricana l'inspecteur « Au moins avec mes cigares j'ai gardé mon tour de taille ! »
-« Au moins avec ses falafels il a gardé des poumons sains » rétorqua John sur le même ton
L'officier plissa les yeux. Il lui adressa un regard entendu et un sourire en coin
-« Vous êtes vraiment potes hein ? Vous allez me plaire vous je le sens ! » Affirma t-il « On peut discuter autour d'un café ? Je vous avoue que ses explications étaient un peu confuses il me faudrait une petite mise au point »
-« D'accord. Mais pas ici. Le café dans ces lieux est un peu chargé »
L'inspecteur leva un sourcil perplexe mais le suivit sans rien dire. Ils s'installèrent à la cafétéria de l'hôtel
-« Bon. Lionel m'a donné trois consignes à respecter si je voulais bosser avec lui » annonça Warren « Un : Vous aider vous et votre compagnon »
-« Associé » corrigea Reese
-« Il a dit compagnon. Ca me dérange pas vous savez ? »
-« Ok » murmura Reese renonçant à s'expliquer, persuadé que Lionel l'avait fait exprès
-« En deux je dois vous faire confiance quoi que j'en pense, sans poser de question. Fusco m'a dit que vous êtes ses amis et qu'il vous confierait sa vie sans hésiter. Pas le genre de truc qu'on dit à la légère »
John ne put s'empêcher de sourire
-« C'est réciproque » précisa t-il « Et en trois ? »
-« Si j'ai des doutes ou des questions je me réfère au point deux »
-« C'est malin »
-« Bon. Alors j'écoute. C'est quoi l'histoire ? »
Reese lui fit un résumé complet de l'enquête qu'il ponctua de quelques remarques
-« Ouais. C'est une drôle d'histoire tout ça » affirma finalement l'officier « Mais comment vous avez su que ce Erno devait être surveillé ? »
-« Nous avons nos sources »
-« Vos sources ? Je serais curieux de les connaitre»
-« Vous vous rappelez de la troisième consigne inspecteur ? »
-« Ok » marmonna celui-ci « En tout cas ce type est coupable c'est clair »
-« Le problème ce sont les preuves »
-« On peut toujours le coincer pour le détournement des textes mais ça n'ira pas loin »
-« Je sais. Mais pour les meurtres nous n'avons rien de concret »
-« Il y aura peut être des empreintes sur les bouteilles qui étaient dans votre chambre ? »
-« C'est possible mais ce sera seulement celles de sa complice »
-« Si on fouille la chambre de cette bonne femme on retrouvera peut être le flacon de poison ? Mais le résultat sera le même, l'autre n'y aura surement jamais posé les doigts ! »
-« Il faudrait imaginer une rencontre et les prendre en flagrant délit »
-« L'idée est bonne mais il faut encore qu'il se bouge ! Il va plutôt employer sa copine. Et en admettant qu'on la boucle et qu'elle parle, ce sera sa parole contre celle de l'autre. Au pire on retient l'usurpation et ça nous donne le temps de creuser. Mais si on ne trouve rien… »
-« Je sais. Il faut le provoquer. Il a un caractère assez emporté. On peut jouer là dessus »
-« Si vous n'avez pas peur de prendre des coups »
-« Ca me connait » jugea Reese avec un sourire ironique
-« Bon alors on fait quoi ? »
-« Je vais lui déposer une autre lettre »
-« Si vous lui donniez un rendez vous ? »
-« Il ne viendrait pas »
-« Alors faut un truc qui l'attirera sur place » suggéra l'inspecteur
-« Ou réunir les complices sans qu'ils le sachent ? »
-« Ouais mais comment ? »
-« Nous pouvons y réfléchir. En attendant j'appelle mon compagnon pour qu'il m'envoi une nouvelle lettre »
-« Ok »
Reese lança l'appel
-« Harold ? »
L'informaticien sursauta en l'entendant employer son prénom
-« Oui ? »
-« Je suis avec l'inspecteur Warren, c'est l'ami de Lionel
-« Est-ce que ça se passe bien ? Est-il fiable ? » S'inquiéta Finch
-« Je le pense. Je fais confiance à l'instinct de Fusco. Il me faudrait une nouvelle lettre »
-« J'avais peur que vous ne disiez cela »
-« Nous devons les obliger à réagir »
-« Je sais. Et j'ai peut être une idée mais… » Finch s'interrompit perturbé
-« Quel genre d'idée ? »
-« Pour les réunir et pouvoir les confronter »
-« Je branche le haut parleur » Reese leva les yeux vers son vis-à-vis et posa son portable entre eux « Mon associé a une idée à nous suggérer » l'inspecteur approuva d'un hochement de tête
-« Bonjour. M Wren je crois ? »
-« Bonjour inspecteur »
-« Fusco dit que vous êtes un génie »
-« C'est très gentil de sa part. Lui est un homme bon » répondit Finch fermement
-« Alors c'est quoi votre idée ? »
-« Et bien si John commandait un plat spécial ou un dessert à M Landry en faisant courir le bruit qu'il fête quelque chose. Je pense que Miss Swanson y verrais une opportunité. Et si nous passons par M Landry cela l'attirera davantage »
-« C'est clair »
-« Donc elle essayerait d'empoisonner le plat »
-« On peut même oublier de le surveiller » souligna Reese
-« Mais au moment de servir John pourrait déclarer que c'est un présent pour M Wastersen et le lui apporter. Si Miss Swanson entends cela elle sera obligée d'intervenir pour sauver son complice »
-« Pas faux » approuva Gordon
-« Je peux m'assurer que Pete passe le message. Je sais même exactement quand agir. Mais quel prétexte invoquer ? »
-« Et bien demain soir ce sera le cinquantième concert de cette tournée »
-« Bonne excuse ! » jubila l'inspecteur « Lionel avait raison » gloussa t-il « Vous êtes malin »
-« Je vais donc demander à Pete d'user de ses talents de pâtissier. Je lui dirais que c'est mon anniversaire dans un premier temps. Vu le contexte il me faut une bonne excuse »
-« Ouais parce que l'ambiance doit pas être au top »
-« Bien. Le plan est en route » jugea Reese
-« Je serais là demain soir en renfort ! » affirma l'inspecteur enthousiaste
-« Mais pour la lettre ? Si Miss Swanson intervient aussi rapidement que la première fois il vaudrait mieux attendre demain pour la donner ? » Interrogea Finch
-« C'est peut être préférable. Même si je pense que Kate ne devrait pas tarder à retenter sa chance »
-« Sauf si elle apprend qu'elle aura une bonne occasion demain. Dans ce cas faut faire courir la rumeur très vite » jugea l'inspecteur
-« Je vais allé voir Pete pendant le déjeuner »
-« On se tient au courant. Voilà mon numéro » affirma l'inspecteur en tendant sa carte à l'ex agent « N'hésitez pas à me donner un coup de bigot ! »
-« Entendu »
-« J'ai pas le votre ? »
-« Je vous appellerais »
Warren n'insista pas
-« Je retourne au poste préparer le terrain. Il me faudra des documents pour l'usurpation »
-« Harold va tout vous envoyer sur votre mail »
-« Je dois lui filer une adresse ? Je me rappelle jamais… »
-« Ne vous inquiétez pas pour cela » affirma Reese avec un sourire en coin
-« Ca marche » l'inspecteur se leva et lui tendit la main. Reese la serra « Au pire à demain ! »
-« A demain inspecteur » Reese le laissa s'éloigner, coupant le haut parleur « Finch, je vous envoi la copie de sa carte »
-« D'accord » approuva Finch
-« Ce plan a de bonne chance de réussir, l'occasion va paraitre trop belle à notre empoisonneuse »
-« Certainement. Mais je n'aime pas vous savoir aussi exposé »
-« C'est notre meilleure option »
-« Je sais bien mais… »
-« Je serais prudent » trancha Reese « Et c'est notre plan, je sais donc à quoi m'attendre »
-« Sans doute » concéda Finch
-« Comment allez vous aujourd'hui ? Pas de migraine ? » Interrogea brusquement John
-« Heu non » répondit l'informaticien surpris « Pas pour l'instant »
-« Alors faite moi plaisir et cessez de stresser autant pour éviter une nouvelle crise »
-« Je ne peux pas John. Rien ne m'empêchera jamais de m'inquiéter pour vous » répondit spontanément l'informaticien
-« Finch » soupira son partenaire « J'ai besoin de votre aide alors vous devez vous ménager » insista t-il
-«Je peux … faire un effort mais… » Hésita l'informaticien sans oser en dire plus
-« Je sais Harold » murmura John « Je vous promets que tout ira bien »
Finch savait qu'il n'était pas réellement en mesure de pouvoir faire une telle promesse, il ne maîtrisait pas l'avenir, mais comme d'habitude il se contenterait de l'intention
-« Merci » murmura t-il simplement
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Reese guetta le cuisinier lorsqu'il vint apporter le repas
-« Salut Pete »
-« Salut John »
-« Est-ce que ça va ? Tu as repris le dessus ? »
-« Bof. Après ce qui s'est passé c'est dur ! Je crois que je vais démissionner, j'en ai marre ! D'abord Jenna ensuite Barry. Je ne sais pas bien ce qui se passe mais j'ai pas envie d'être le prochain ! »
-« Je te comprends » affirma l'ex agent
-« Franchement je me demande ce qui se passe. C'est complètement fou ! Et puis cette ambiance ! ». Je me dis que j'aurais du rester au resto à cuisiner mes plats bio »
-« En parlant de cuisine, j'aurais un service à te demander »
-« Ah ouais ? » demanda Pete curieux
-« Tu devrais livrer Erno d'abord » remarqua Reese en désignant le plateau
-« T'as raison. Si je suis en retard ce sera la guerre »
Le cuisinier toqua à la porte et tendit la main vers la poignée mais elle s'ouvrit brusquement. John acquis la certitude qu'Erno était derrière à les écouter
-« Salut Erno » bredouilla Pete surprit. Il entra et déposa le plateau. L'autre ne décrocha pas un mot et il ne s'attarda pas, craignant sa mauvaise humeur
-« Il est pas joyeux aujourd'hui » souffla Pete lorsqu'il eut refermé la porte derrière lui Reese prit bien soin de rester devant. « Alors c'était quoi le service ? » demanda t-il.
-« J'ai un anniversaire à fêter demain. Sachant que tu es pâtissier j'ai pensé que tu pourrais me préparer quelque chose ? »
-« Tu veux un gâteau ? »
-« Par exemple »
Le jeune homme eut un large sourire
-« Chouette idée ! Je vais te préparer un truc comme t'as jamais connu ! »
-« Je ne doute pas de tes talents »
-« Merci John ! Au moins ca me fera penser à autre chose ! »
Reese suivit des yeux le jeune homme qui s'éloignait de meilleure humeur « Le piège est tendu » songea t-il, persuadé qu'Erno avait tout entendu. Lorsque Pete revint chercher le plateau il lui parla avec enthousiasme de saveur et de parfum et John l'incita pour conforter son projet. Lorsqu'il retourna en cuisine il le suivit discrètement. Comme précédemment il récupéra la canette et son précieux contenu. Il envoya les photos à son associé et attendit qu'il le rappelle, ce qui ne tarda pas
-« On dirait que votre plan fonctionne M Reese. Le billet indique « Demain soir. Gâteau. Ne rate pas ton coup » »
-« Toujours aussi impérieux » estima John
-« Sa complice va lui obéir. Vous devriez être tranquille jusqu'à demain. Mais restez méfiant »
-« Kate pourrait avoir envie d'être plus rapide mais je l'imagine plutôt obéir aux ordres »
-« J'aimerais savoir ce qui la conditionne autant » remarqua Finch
-« Je n'ai pas beaucoup eu l'opportunité de la côtoyer mais elle me semble un peu étrange. Un peu ailleurs »
-« Je n'ai pas trouvé d'antécédent dans son passé mais peut être cette jeune femme est-elle fragile psychologiquement ? »
-« Influençable ça c'est certain. Mais jusqu'à quel point cela reste à établir »
-« Que voulez vous dire ? » interrogea Finch
-« Elle obéit à Erno. Mais qu'en est-il de sa relation avec Pete ? Volontaire ou suggérée ? »
-« Difficile à dire. Je pense qu'elle agit plutôt par intérêt. La question peut aussi se poser pour sa relation avec M Wastersen. S'agit-il d'amour ou lui a-t-il proposé quelque chose ? »
-« Si c'est pour intégrer le groupe il la tient plutôt à l'écart pour l'instant je trouve, mais c'est peut être pour ne pas attirer l'attention »
-« Que peut-il lui promettre avec un groupe en mal de réussite et qui ne risque pas de retrouver le succès sachant ce qu'il en est de la composition des chansons ? » constata l'informaticien
-« Elle n'est certainement pas au courant pour cela, donc il peut tout de même lui faire miroiter un bel avenir »
-« Mais cette jeune femme devrait bien se rendre compte qu'il existe d'autre solutions que le meurtre ! »
-« Sauf s'il sait la persuader du contraire. On en revient à la motivation. Kate est peut être réellement amoureuse d'Erno »
-« Et on peut faire beaucoup par amour. Même des choses totalement inconsidérées » murmura Finch qui savait de quoi il parlait
-« Je sais » approuva Reese « Mais là j'ai un peu de mal à imaginer. Erno est tellement glacial avec son entourage »
-« Cela peut arriver » jugea l'informaticien
-« Il y a une différence entre l'être de façade et l'être par nature. Et lui je pense que c'est réellement dans sa personnalité. D'ailleurs ses agissements le démontrent, il n'a pas hésité à s'approprier les textes de son meilleur ami, il aurait plutôt du collaborer avec lui s'il le respectait »
-« Vous avez raison M Reese » commenta machinalement l'informaticien tout en réfléchissant au double sens des paroles de son agent « volontaire ou pas ? » songea t-il
-« Nous l'apprendrons peut être lorsqu'ils seront interrogés » trancha Reese « En attendant je continue la surveillance. Vous allez transmettre les dossiers à Warren ? »
-« Oui je termine de les compiler »
-« Ok. Alors à plus tard Finch »
L'informaticien raccrocha sans rien ajouter et reprit son travail tout en réfléchissant. Il en avait souvent l'occasion ces derniers jours…
