NdT : Et voici enfin le dernier chapitre de cette fic. Merci à tous ceux qui l'ont suivie, et encore une fois, n'hésitez pas à laisser un commentaire. Bonne lecture!
Chapitre 14 : Satisfaction
Gaara et Naruto coururent jusqu'à l'incendie et aperçurent tout d'abord une voiture de police, puis une ambulance, et enfin quelques pompiers qui s'affairaient à garder les gigantesques flammes sous contrôle. Leurs efforts semblaient vains, cependant, car la maison était déjà en si piteux état que plus rien ne pourrait la sauver à présent.
La seule chose que Gaara avait en tête était de retrouver son frère. Une foule de curieux s'était agglutinée autour du sinistre, mais à aucun moment Gaara ne repéra celui qu'il cherchait. Craignant le pire, que Kankuro se trouve encore dans la maison en flammes, il courut jusqu'à l'ambulance. Peut-être savaient-ils quelque chose. Il fallait qu'il sache !
Les portes de la camionnette étaient entrouvertes et en effet, il reconnut la silhouette familière du brun, à l'écart de l'agitation. Voyant que son frère était sauf, un sentiment de soulagement le submergea, vite remplacé par une colère noire.
« Tu es complètement cinglé ! » Cria-t-il d'une voix aigüe à son frère, qui ne quittait pas la maison des yeux.
« C'est de famille. » Répondit Kankuro avec un léger sourire.
« Mais qu'est-ce qui t'est passé par la tête ! » Hurla Gaara. Parmi toutes les choses dont son frère était capable, il ne l'aurait jamais imaginé aller jusqu'à de telles extrémités. « Et l'argent qu'on devait récupérer en vendant la maison ? Que va dire Temari ? »
« Ils brûlent, les souvenirs. » La voix de Kankuro avait un écho de folie, mais également une pointe de fierté.
« Ecoutez, il vaudrait mieux que vous le laissiez tranquille pour le moment. Nous allons le prendre en charge. » Déclara un officier de police en entraînant Gaara et Naruto un peu plus loin. « A présent, puis-je vous demander qui vous êtes ? »
« Je suis son frère. » Répondit Gaara. « Et voici Naruto, mon... ami. »
« Je vois. A en juger par les informations que j'ai pu lui soutirer, il a dû avoir une sorte de crise de démence. Avez-vous déjà constaté ce genre de crise auparavant ? » Questionna l'officier en sortant de sa veste un carnet de notes et un stylo.
« Oui, c'est déjà arrivé. Mais pas au point de menacer de faire brûler la maison. » Répondit honnêtement Gaara. Il n'avait pas très envie que l'officier approfondisse son interrogatoire, cela ne ferait que causer de sérieux ennuis à Kankuro.
« Okay. » Déclara l'officier en griffonnant sur son carnet. « Y a-t-il quoi que ce soit d'autre dont je devrais être au courant ? » Ajouta-t-il en levant les yeux sur les deux garçons.
« Oui. » Dit Naruto.
« Non. » Démentit Gaara.
« De quoi s'agit-il ? » S'enquit le policier en dirigeant son attention sur le blond.
« Gaara… » Commença Naruto en jetant un regard suppliant au rouquin. A son humble avis, il valait mieux pour tout le monde que l'officier soit au courant des agissements de Kankuro. Ainsi, le brun recevrait la sentence qu'il méritait et disparaitrait enfin de leurs vies.
« Non ! » Siffla Gaara. Parler des abus à la police était la dernière chose qu'il souhaitait. Il ne voulait pas voir Kankuro finir en prison.
« Mais Gaara, arrête de vivre dans ton monde féérique. Tu n'as plus à le couvrir. » Plaida Naruto, se demandant s'il devrait tout raconter lui-même tant qu'il en avait l'occasion.
« La ferme ! » Cracha Gaara, effrayé par cette dangereuse conversation.
L'officier suivit l'échange avec attention, se demandant ce qui pouvait bien se cacher là-dessous. « Ecoutez, y a-t-il quelque chose que vous souhaitez me dire ? » Insista-t-il, les yeux posés sur le blond.
« Kankuro l'a abusé sexuellement. » Déclara Naruto d'une voix calme et triste. Il craignait réellement la réaction de son compagnon mais il fallait qu'il le dise, c'était la meilleure solution à ses yeux.
« C'est faux ! » Cracha Gaara en donnant un violent coup de coude au blond. Comment pouvait-il lui faire ça !
L'officier se remit à griffonner, puis il se tourna vers le rouquin. « C'est vrai ? »
« Non ! » Se défendit Gaara en fusillant Naruto du regard. Il n'arrivait pas à croire qu'il venait de révéler leur secret à la police.
« Ne vous en faites pas. » Déclara l'officier, les yeux posés sur Gaara. « Nous ferons une enquête approfondie. Dans les jours qui viennent, nous écouterons attentivement votre version des faits ainsi que celle de Kankuro. »
« Non… » Protesta Gaaa. Il était à présent convaincu que Kankuro serait mit en prison.
« Nous interrogerons chacun d'entre vous individuellement. » Expliqua le policier. « Pour le moment, si vous avez des questions à poser, les ambulanciers pourront vous répondre. Surtout n'hésitez pas. » Conclut-il en s'éloignant interroger quelques badauds.
Toujours furieux et confus, Gaara retourna auprès de Kankuro en laissant Naruto derrière lui. Il lui ferait passer un sale quart d'heure plus tard pour avoir fait de telles révélations à la police. Le brun était assis sur le bord de la camionnette, une couverture sur les épaules. Quelques ambulanciers étaient en train de lui parler, mais il ne semblait pas écouter. A l'instant même où il aperçut son petit frère, son regard s'anima.
Lorsque Gaara s'approcha, les ambulanciers s'écartèrent afin de leur laisser un peu d'intimité.
« Pourquoi tu as mis le feu à la maison ? » Demanda calmement Gaara, ne comprenant pas les motivations de son frère.
« Pour tuer les souvenirs. Et pour me venger. » Répondit Kankuro sur le même ton.
« Te venger de quoi ? » Demanda Gaara, conscient que les souvenirs ne se consumeraient pas par les flammes. Non, ils resteraient à jamais gravés dans leurs esprits.
« … Que tu m'aies quitté. Je voulais tellement réduire ton monde en cendres, comme tu l'avais fait pour le mien. » Murmura Kankuro d'un air accablé.
« Je suis désolé. » Dit faiblement Gaara. « Mais c'était la seule option qui me restait vu ce qui s'est passé hier. »
« Je sais. » Répondit Kankuro. Ca avait été un véritable sacrifice de protéger leur secret. « Tant que le blondinet ne dit rien à personne. »
« Kankuro… » Commença Gaara, ne sachant trop comment annoncer que son compagnon à la langue trop bien pendue avait déjà tout balancé à la police. « Naruto vient de leur dire à l'instant. »
« Il a QUOI ! » Cria soudain Kankuro, se levant d'un bond en rejetant la couverture. « Tu m'avais promis qu'il tiendrait sa langue. » Siffla-t-il. Des flammes dansaient dans ses prunelles comme si l'incendie s'était propagé dans ses yeux.
« Mais… » Commença Gaara, incapable d'ajouter quoi que ce soit. Sa bouche resta entrouverte, sans pouvoir trouver ses mots.
« Stupide blondinet. » Marmonna Kankuro en commençant à courir en direction du blond, qui s'était tenu à distance afin de ne pas interférer entre les deux frères.
« Kankuro, non ! » Hurla Gaara en tentant de le rattraper.
Naruto était plongé dans ses propres réflexions en contemplant la maison en ruine. Le cri de Gaara le tira cependant de ses pensées, et juste au moment où il se retournait en direction de la voix, il sentit un poing s'écraser violemment contre sa mâchoire.
« Ouch ! » Cria-t-il.
« Kankuro ! » Hurla furieusement Gaara en s'interposant entre son frère et Naruto.
« Petit fumier. » Siffla Kankuro au blond en préparant de nouveau son poing.
« Kankuro, imbécile ! » Cracha Gaara en s'approchant de lui. « Tu m'avais promis de ne pas lui faire de mal! »
« Et tu m'avais promis qu'il ne dirait rien à personne ! » Rétorqua Kankuro, près à frapper.
Un éclat rougeoyant traversa les prunelles bleues lorsqu'elles se posèrent sur le brun. C'était l'homme qui avait manipulé Gaara ! L'homme qui lui avait fait subir tant d'horreurs! A cause de lui, Gaara ne serait peut-être plus jamais capable de retrouver une vie normale.
« Connard ! » Hurla-t-il en le frappant en plein visage.
Le brun n'avait absolument pas vu le coup venir et laissa échapper un cri de surprise. Portant la main à son nez ensanglanté, Kankuro jeta un regard furieux à Naruto, prêt à lui rendre la pareille.
« ARRETEZ tous les deux! » Cria Gaara, hors de lui, en se plaçant entre les deux garçons.
Pas besoin de préciser qu'ils s'étaient attirés l'attention de toute la foule. Tout le monde –les pompiers mis à part, toujours occupés à maitriser l'incendie- les fixaient avec curiosité.
« Que se passe-t-il ici ? » Demanda l'officier de tout à l'heure en s'approchant.
« Une crise de jalousie. » Siffla Naruto sans détourner les yeux du brun. La simple idée de tout ce que ce monstre avait pu faire à son pauvre Gaara le rendait fou de rage !
« C'est à cause de cette histoire d'abus présumés ? » Demanda l'officier avec prudence.
« NON ! » S'écrièrent Gaara et Kankuro à l'unisson.
« Si, c'est exactement ça ! » Protesta Naruto.
« Fais attention à ce que tu dis, blondinet. » Menaça Kankuro. « As-tu la moindre preuve que j'ai ne serait-ce que touché mon petit frère ? »
« Gaara me l'a dit! » Hurla Naruto, les yeux brûlants de rage.
« Est-ce vrai, Gaara ? » L'officier posa un regard compréhensif sur Gaara. Nom de Dieu, il avait vu tant de choses au court de sa carrière. Les abus sexuels n'en étaient qu'un exemple parmi tant d'autres.
« Non… » Répondit Gaara, mal à l'aise.
« Arrête de vivre dans ton conte de fée, Gaara. Tu peux leur dire la vérité. » L'encouragea Naruto en posant une main sur son épaule.
« Cesse de le toucher comme ça. » Siffla Kankuro en dégageant la main d'un geste brusque, ses yeux lançant des éclairs.
« Et toi, garde tes mains pour toi, sale monstre manipulateur ! » Cria Naruto en se jetant sur lui.
Kankuro et Naruto se jetèrent à la gorge l'un de l'autre, et bientôt tous deux se mirent à lutter à même le sol.
« Calmez-vous, tous les deux ! » Ordonna l'officier en tirant Naruto qui se trouvait au-dessus et l'éloignant de Kankuro. Gaara, de son côté, empêcha son frère de se jeter à nouveau sur le blond.
« Si vous ne vous calmez pas tout de suite, je vous emmène directement au poste ! » Menaça le policier en relâchant Naruto.
« A présent, Kankuro. » Poursuivit l'officier d'une voix grave en se tournant vers le brun. « Je veux que tu retournes dans l'ambulance afin qu'ils puissent t'emmener à l'hôpital ou tu resteras sous surveillance. »
« Naruto et Gaara. » Il se tourna de nouveau vers les deux garçons. « Donnez-moi vos coordonnées. Et Gaara, s'il y a une chose dont tu aurais besoin de me parler soudainement, voici mon numéro. » Déclara-t-il en tendant une carte au rouquin. « Je vous donne ma parole que cette affaire sera étudiée en profondeur. »
Gaara hocha la tête et nota sa nouvelle adresse et son numéro de téléphone sur le carnet de l'officier. Il les lui rendit ensuite, et le policier lui fit un signe de tête. Gaara jeta un dernier coup d'œil en direction de son frère, avant de sentir qu'on le tirait par le bras. Naruto l'entraînait doucement en direction de leur maison.
Lançant un regard froid à Kankuro, Naruto lui tourna finalement le dos et s'en alla avec son compagnon.
Une tasse de thé froid était posée sur la table devant Gaara. Un thé vert, cette fois-ci.
« Tu ne vas pas le boire ? » Demanda Naruto, sa propre tasse déjà vide depuis un moment.
Ils étaient rentrés depuis une bonne demi-heure et Gaara n'avait pas encore décroché un mot. Supposant qu'il avait besoin de se remettre de ses émotions, Naruto était resté silencieux et avait pris la liberté de leur préparer une boisson chaude à tous les deux.
« Pourquoi tu leur as dit ? » Cracha brusquement Gaara, le regard aussi froid que son propre thé.
« Heu… Mais je me suis dit que c'était la meilleure chose à faire. » Répondit Naruto, choqué par cette agressivité soudaine. « Il n'est pas un adulte responsable, après tout. Il vaut mieux pour lui –et pour nous- qu'il soit gardé sous surveillance. »
« Ce n'était pas la meilleure chose à faire ! » Siffla Gaara d'une voix glaciale. « Et je ne veux pas qu'il finisse en prison. »
« Eh bien je pense qu'ils devaient être mis au courant. » Déclara Naruto. Il savait que Kankuro devait être placé sous surveillance mais il ne voulait pas que Gaara lui en veuille. Quant à ce qu'il adviendrait du brun, il se fichait bien de savoir s'il finirait en prison ou en hôpital psychiatrique : dans les deux cas, le monstre ne serait plus une menace.
« Encore heureux que tu ne leur aies pas balancé qu'il avait essayé de me tuer, parce qu'une tentative de meurtre est un acte d'autant plus répréhensible. » Continua sombrement Gaara en lorgnant son compagnon.
Naruto eut un mouvement de recul, conscient que Gaara était plus sérieux que jamais, cette fois. « Je sais. Je suis désolé de leur avoir parlé de tout ça. » Marmonna-t-il faiblement, bien qu'il n'ait pas l'air aussi désolé qu'il le prétendait. Il n'avait qu'une envie, c'était que les autorités découvrent toute la vérité, afin que Kankuro reçoive enfin la punition qu'il méritait.
« Tes excuses ne changeront rien. » Cracha Gaara. « S'il va en prison, ce sera uniquement ta… »
« C'est faux ! Ce sera sa faute à lui et à lui seul. C'est tout ce qu'il mérite ! » Répliqua Naruto avec défi, défendant la vérité. Il n'allait pas encore laisser Gaara se faire avoir par ses illusions concernant la vertu de Kankuro.
Gaara ouvrit la bouche, manifestement à court de répliques.
Naruto en profita pour défendre son point de vue. « Tu ne vois donc pas que tu n'as plus à le protéger ? Il a fait ses propres choix et ce n'est pas à toi de laver son linge sale. »
Gaara resta silencieux un moment. Il avait conscience que Naruto avait raison, mais la vérité était difficile à admettre. « … Mais et s'il finissait en prison ? » Demanda-t-il doucement, car c'était la seule chose qui l'angoissait en cet instant.
« Il a décidé de prendre ce risque à la seconde même où il t'a touché pour la première fois. » Dit simplement Naruto. « Tu n'as plus besoin de le couvrir. »
Gaara resta de nouveau silencieux, méditant sur ces paroles. D'un côté, il se sentait soulagé à l'idée de ne plus avoir à cacher tout ça. Il se rendait compte à présent de l'énergie qu'il avait dépensée pour afficher son masque en toute circonstance, pour faire comme si lui et Kankuro menaient une vie ordinaire. A présent qu'il n'avait plus à faire toutes ces choses, il sentait qu'un gigantesque poids venait de lui être retiré des épaules.
« Tu es une victime, Gaara, tu t'en rappelles? » Dit gentiment Naruto. « Tu n'as rien fait de mal. Le seul à blâmer dans cette histoire, c'est ton frère. »
« Mais Kankuro aussi est une victime. » Lui fit remarquer Gaara. Il ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir.
Naruto se frotta l'arrête du nez. Essayer de raisonner Gaara pouvait être réellement frustrant des fois. « S'il est vraiment une victime, ils s'en rendront compte et il recevra l'aide nécessaire. Mais il faut que tu comprennes que tu n'as plus à le protéger. Tu n'as pas à te sentir responsable de ses actes. »
« Okay. » Fut tout ce que Gaara trouva à répondre.
Naruto avait la désagréable impression que Gaara ne voyait pas réellement les choses telles qu'elles l'étaient. Mais il n'avait pas l'intention d'abandonner.
« Il faut que j'appelle Temari. » Se souvint soudainement Gaara, bien qu'il n'ait pas vraiment l'air d'en être ravi.
« Oh… Bien sûr. » Répondit le blond. Mieux valait éviter de reporter l'appel. Il ne faudrait certainement pas longtemps pour que des rumeurs évoquant un incendie provoqué par un élan de folie de Kankuro arrive jusqu'aux oreilles de leur sœur. Naruto était d'ailleurs convaincu que tout le voisinage était déjà en train de répandre la nouvelle à propos du brun psychopathe.
Gaara se leva du canapé pour aller chercher son téléphone. Une fois qu'il l'eut retrouvé dans la cuisine, il sélectionna le numéro de Temari et lança l'appel.
Il attendit un moment avant que sa grande sœur ne se décide à décrocher.
« Gaara ? » Demanda Temari d'une voix ensommeillée. « Tu te rends compte de l'heure qu'il est? »
Le rouquin jeta un œil à l'horloge pour réaliser qu'il était déjà minuit passé.
Prenant une profonde inspiration, Gaara rassembla tout son courage avant d'annoncer, « Kankuro a fait brûler la maison. »
Il n'obtint pas la moindre réponse pendant quelques secondes, avant que la voix de Temari n'explose. « Il a QUOI ! »
« Il… »
« Oui, j'ai très bien entendu ce que tu as dit. Mais POURQUOI ? Vous allez bien ? » Demanda Temari, toute trace de fatigue disparue.
« On va bien. Mais je ne sais pas non plus pourquoi il a fait ça… » Marmonna Gaara, baissant les yeux sur ses orteils. A vrai dire, il n'était pas sûr de pouvoir dire la vérité à sa sœur.
« Vous vivez ensembles depuis longtemps, tu dois bien avoir une idée ! » Hurla presque Temari, pas dupe. « Je viens tout juste de vous rendre visite, et tout allait bien ! Dis-moi ce qui s'est passé. » Ajouta-t-elle d'une voix plus douce.
« Je… J'ai décidé de déménager pour aller vivre chez mon petit ami après ton départ, et Kankuro s'est mis en colère. » Commença Gaara.
« …Et ? » Le pressa Temari. « Personne ne met le feu à une maison pour une telle raison. Je veux dire, je sais à quel point Kankuro peut-être protecteur envers toi, mais il n'est pas fou. »
« Heu… A vrai dire, il a quelques désordres psychologiques. » Corrigea prudemment Gaara, avec une voix calme, comme si cela pouvait aider à faire passer la pilule.
« Quel genre de désordre psychologique ? » Demanda Temari. Voilà qui était nouveau.
« Il… Il lui arriver de perdre la tête de temps à autres. » Répondit Gaara. « Et il ne peut pas contrôler ses actes pendant ces crises. »
« Et pourquoi je ne suis au courant de ça que maintenant ? » S'écria Temari. « Est-ce qu'il t'a déjà… fait du mal, pendant ces crises ? » Reprit-elle, inquiète.
« O... Oui, c'est arrivé... » Admit Gaara. Il n'en revenait pas de se confier à sa sœur, à présent. D'une certaine manière, il se sentait influencé par le speech de Naruto, et commençait à prendre conscience qu'il n'avait plus à couvrir Kankuro. Puis il se souvint que sa sœur lui avait posé une autre question. « Il voulait garder ses problèmes secrets. »
« Typique de Kankuro : tellement borné qu'il est incapable de se rendre compte de ce qu'il y a de mieux pour lui. Et crois-moi, sachant qu'il t'a blessé, il va m'entendre ! Il ne peut pas laisser passer ça, problèmes ou non. Qu'est-ce qu'il t'a fait ? » Demanda enfin Temari, qui ne réalisait pas encore l'ampleur des dégâts.
« Il… Il m'a donné des coups de poings, des coups de pieds, il m'a mordu… et… » Commença Gaara, essayant de conserver son calme. Il préféra éviter de mentionner les coups de couteaux et la tentative de meurtre.
« Quoi ?! C'est horrible ! » S'écria Temari. « Excuse-moi, je t'ai interrompu? »
Gaara resta un moment silencieux. Il était maintenant temps de lui parler des abus. Qu'est-ce qu'il avait à perdre ? Naruto et la police étaient déjà au courant. Et si Kankuro devait aller en prison? Il ne faudrait pas longtemps pour que Temari apprenne le fin mot de l'histoire.
« Tu es toujours là, Gaara ? » Demanda Temari, faisant prendre conscience à Gaara de la longueur de son silence.
« Ouais. » Répondit-il en ravalant sa salive. Des émotions contenues commençaient à remonter à la surface, et il lui était difficile de contrôler sa voix. Sa vue commença à se brouiller. Ce devait être dû à tout le stress qu'il venait de supporter.
« Il a aussi… en quelques sortes… abusé de moi, pendant longtemps. » Avoua-t-il doucement, incapable de parler plus fort. Ca y est, il l'avait dit.
Il y eut un long silence, puis Gaara entendit le souffle que Temari avait manifestement retenu tout ce temps. « Ce salaud ! Il va voir ce qu'il va prendre quand la prochaine fois que je le vois ! » Promit-elle avec fureur. « Pourquoi tu ne m'as pas dit ça plus tôt ? » Demanda-t-elle ensuite, d'une voix teintée de désespoir.
« Je ne p-pouvais pas ! » Il se retint de pleurer en plaquant sa main sur sa bouche. Il ne pouvait pas pleurer devant sa sœur ! Ce serait trop embarrassant. Par ailleurs, Kankuro lui avait toujours dit que les hommes ne pleuraient pas.
« Je crois que je comprends. » Répondit Temari d'une voix tendre, comme pour le réconforter. « C'est important que tu me l'aies enfin avoué, que tu aies eu le courage de le dire. »
« Mmh. » Marmonna seulement Gaara.
« Par ailleurs… Je veux voir ses fesses derrière les barreaux pour tout ça ! Et tu ne devrais pas ressentir de compassion pour lui non plus. C'est un monstre qui… »
Gaara se dépêcha de couper la conversation. Il n'en pouvait plus, plus aujourd'hui ! Tant de choses s'étaient passées en l'espace de quelques heures qu'il sentait que son cerveau allait exploser. Il laissa le portable glisser entre ses doigts, mais ne l'entendit pas s'écraser au sol. Puis il s'effondra à son tour et se recroquevilla sur lui-même.
Il commença à sangloter, incapable de contenir davantage ses émotions. Il avait fait en sorte de garder le contrôle pendant longtemps, mais ce soir, ce n'était plus une option. Il entendit vaguement la sonnerie de son téléphone, un appel de Temari, sans aucun doute, mais il s'en fichait, pour le moment.
Naruto, surpris par le soudain silence provenant de la cuisine, alla vérifier que tout allait bien. Lorsqu'il vit Gaara à même le sol, étouffant ses sanglots et retenant ses larmes, il vint immédiatement s'asseoir à ses côtés pour l'enlacer.
« Hey, Gaara, tout va bien. Je suis là. » Tenta Naruto pour le calmer.
« N-Non, tout ne va pas bien ! » Renifla furieusement Gaara. « R-Rien de ce qui m-m'est arrivé n'est bien ! C'est mal... » Ajouta-t-il d'une voix triste. Il réalisait enfin qu'il n'avait plus besoin de protéger Kankuro. Il réalisait également que rien de ce qui s'était passé n'était de sa faute. C'était rassurant, mais pas facile à admettre. Il se voyait enfin réellement comme une victime, pour la première fois de sa vie, et il se mit à regretter le fait d'avoir été privé de son adolescence.
« Bien sûr que ce n'est pas bien. » Dit doucement Naruto en lui caressant les épaules. « Tu as tout à fait le droit d'être en colère. »
« Oui. » Reconnut Gaara, se calmant un peu. « Merci d'être là pour moi. »
« Pas la peine de me remercier, je serai toujours là pour t'épauler. » Répondit gentiment Naruto, les yeux pleins de tendresse.
Le téléphone sonna de nouveau, annonçant un appel de Temari.
« Laisse-le sonner. Je n'ai pas envie de lui parler maintenant. » Marmonna Gaara en jetant un regard agacé à l'engin vibrant sur le carrelage.
« Ce n'est pas un peu rude de ne pas répondre ? » Demanda Naruto. A sa place, il aurait décroché sans attendre.
« Je m'en fiche! » S'écria Gaara. « ... Pas ce soir. » Ajouta-t-il plus calmement.
« Oh, je vois. » Répondit gentiment Naruto. « Tu pourras toujours la rappeler plus tard, quand tu en sauras plus sur la situation. »
« Et puis, je viens juste de tout lui avouer, et je n'ai vraiment pas envie d'en reparler pour le moment. » Fit remarquer Gaara. Il savait à quoi s'attendre avec sa sœur. Temari pouvait également se montrer un peu trop protectrice envers lui, même s'il elle ne le reconnaitrait jamais.
Gaara et Naruto continuèrent leur conversation muette jusque tard dans la nuit. Aucun des deux ne s'était préoccupé d'allumer la lumière, ils étaient restés assis dans la pénombre. L'obscurité qui emplissait la maison de Naruto au coucher du soleil avait quelque chose de confortable. Ou du moins, Gaara aurait plutôt décrit cela comme une absence de lumière. Il ne se sentait pas effrayé ici, comme c'était le cas lorsqu'il se trouvait dans le noir en compagnie de Kankuro. La maison de Naruto était chaude et agréable, et rien de mal de lui était encore arrivé ici.
Si les maisons possédaient une âme, songea Gaara, celle de Naruto en possédait une des plus magnifiques. En comparaison, la demeure que Kankuro venait de détruire ne faisait qu'aspirer celle de ses occupants. Il n'était pas le moins du monde désolé du fait que son ancienne maison ne soit plus qu'un énorme tas de cendres et de ruines. La seule chose qui l'ennuyait, c'était qu'ils ne pourraient plus la vendre, et qu'à présent, Kankuro n'avait plus nulle part où aller.
Les lampes étaient restées allumées dans le salon, et un mince filet de lumière parvenait jusqu'à la cuisine. Gaara y vit comme un rayon de soleil, à l'image de Naruto, puis il pensa à l'aube, au matin, et soudain, il écarquilla les yeux. On était Lundi, demain matin ! Il leva les yeux vers l'horloge qui indiquait déjà trois heures passées.
Naruto avait posé sa tête sur son épaule, et à en juger par sa respiration régulière, il était déjà dans un état de somnolence avancé.
« Naruto. » Murmura Gaara en remuant un peu l'épaule.
« Mmh. » Marmonna le blond en papillonnant des yeux. Il redressa le coup et regarda l'horloge à son tour. Ses yeux s'agrandirent. « Oh ! »
« On ferait mieux d'aller se coucher maintenant. » Déclara Gaara en ramassant son téléphone toujours par terre. Apparemment, Temari avait essayé de l'appeler sept fois.
Les deux garçons allèrent dans la chambre en prenant soin d'éteindre les lumières du salon. Naruto enfila un pyjama orange pétant, et Gaara savait qu'avant d'apprendre à connaitre la personnalité rayonnante de Naruto, il l'aurait trouvé affreux. Lui-même portait un pyjama noir –sans surprise.
Naruto fut le premier à s'installer dans le lit. Gaara suivit, et ils furent bientôt enlacés l'un contre l'autre sous les couvertures.
« Bonne nuit. » Murmura Gaara en regardant les yeux bleus se refermer.
« Bonne nuit. » Répondit Naruto en s'endormant aussitôt.
Gaara garda les yeux ouverts, pas encore prêt à s'endormir. Il s'était passé tant de choses aujourd'hui. Sa vie entière s'était transformée. Il restait quelque peu effrayé par ce que l'avenir lui réservait. Mais avec Naruto à ses côtés, il ne se sentait plus faible, plus seul.
Sur cette conclusion, le rouquin laissa ses paupières se fermer lentement, et le sommeil l'emporta au bout de quelques minutes.
Le lendemain matin, Gaara et Naruto allèrent au lycée comme d'habitude. Ils se séparèrent dans la cour de l'école –sans s'embrasser, n'ayant pas envie de s'attirer davantage d'ennuis en affichant leur homosexualité en publique.
Ils n'avaient pas beaucoup de cours en commun le Lundi, mis à part celui d'Histoire après le déjeuner.
La matinée passa plutôt vite, aux yeux de Gaara du moins. Une fois n'est pas coutume, il ne chercha pas vraiment à s'intéresser à la leçon, car il avait encore bien d'autres choses à penser que, par exemple, la géographie.
Arriva la pause avant le cours de mathématiques, qui précédait celle du déjeuner. Gaara traversa les couloirs, à la recherche d'un certain brun aux joues tatouées. Il n'avait pas eu beaucoup de chance, pour le moment…
…Jusqu'à ce qu'il aperçoive Kiba adossé à un mur, en compagnie d'autres élèves.
Plissant les yeux, Gaara se dirigea vers sa future victime, repensant à ce qu'il avait osé faire à son pauvre Naruto à la soirée. Kiba avait essayé de profiter de Naruto, et Gaara savait à quel point cette expérience pouvait être dégradante.
« Il faut que je te parle. » Dit-il simplement une fois à la hauteur du brun.
« A propos de quoi ? » Demanda prudemment Kiba. Gaara ne savait pas si c'était juste le fruit de son imagination, mais il lui semblait que le visage du brun avait pâli.
« A propos de Naruto. »
« Qu'est-ce qu'il a ? » Demanda Kiba, sa voix partant légèrement dans les aigus sur la fin. Le rouquin ne pouvait quand même pas être au courant de ce qui s'était passé à la soirée, si ?
« C'est sérieux. » Annonça Gaara en se retournant, espérant que le brun le suivrait.
« Hey, attends ! » Kiba emboîta le pas de l'intimidant rouquin, un peu inquiet. Et s'il était arrivé quelque chose à Naruto? Quelque chose qu'il devait savoir?
Une fois arrivés dans un couloir désert, Gaara s'arrêta net et Kiba manqua de le percuter.
« Alors qu'est-ce… » Commença Kiba, qui fut interrompu par un poing s'écrasant sur sa joue. Il bascula dangereusement en arrière, mais parvint à garder son équilibre. Il eut à peine le temps de se remettre du premier coup qu'un second vint le frapper à l'estomac, puis un autre, puis un autre…
« Arrête ! » Réussit-il à articuler entre deux coups, mais Gaara n'entendit que le gémissement d'un chien apeuré.
« Pourquoi je devrais arrêter, alors que tu ne l'as pas fait quand Naruto te l'a demandé ? » Demanda finalement Gaara en se reculant légèrement. L'expression de son visage était des plus sinistres. Il plaqua Kiba contre le mur, et ce fut la seule chose qui empêcha le brun de s'écrouler au sol.
« Comment as-tu osé t'en prendre à mon Naruto ! » Gronda furieusement Gaara, reculant le poing afin de frapper à nouveau sa victime.
Mais cette fois-ci, Kiba fut plus rapide et lui envoya un coup en plein visage, le faisant reculer avec un grognement de douleur.
« Il n'est pas à toi ! Les gens ne peuvent pas t'appartenir, pauvre taré ! » Hurla Kiba, rasséréné de voir le rouquin se frotter le visage.
« Il m'a choisi, alors il est à moi ! » Cracha Gaara en se rapprochant du brun, toujours adossé au mur.
« Ne t'approche pas de moi, sale… »Siffla Kiba en s'élançant. Mais Gaara l'esquiva cette fois –il était habitué à se battre- et le plaqua de nouveau contre le mur, avant de lui envoyer un violent coup à l'estomac.
« Oof ! » Laissa échapper Kiba entre ses dents.
« Ca te va bien. » Dit Gaara, puis il le frappa une dernière fois au visage.
Serrant les dents, Kiba tomba à terre et fit de son mieux pour retenir des larmes de douleur.
Sans un mot de plus, Gaara s'en alla rapidement avant de se faire surprendre. C'était toujours un risque de se battre au lycée, mais c'était son combat. Pour Naruto, il ferait n'importe quoi.
« Gaara! Oi, Gaara! » Cria Naruto dans la cour de l'école. C'était à présent la pause déjeuner et ils s'étaient donné rendez-vous dehors afin d'aller manger ensembles.
Gaara se dirigea vers les cris et repéra le blond qui braillait.
« Hey, Gaara, tu as vu Kiba ? Je l'ai vu quitter le lycée précipitamment, le visage couvert de bleus. Qu'est-ce qui lui est arrivé ? » Demanda Naruto d'un air contrarié. « Et pourquoi tu as l'œil gauche aussi rouge ! » Ajouta-t-il enfin, un peu plus inquiet.
« Ne t'en fais pas pour ça. » Dit Gaara, avec un petit sourire fourbe.
« Je sais que tu as quelque chose à voir avec ça ! Je t'ai dit de ne pas aller le voir ! Ce n'était pas ce que je voulais ! » Soupira Naruto.
« Mais je ne pouvais pas le laisser s'en sortir sans une petite leçon. » Répondit simplement Gaara. « Il t'a fait du mal. »
« Mais regarde-toi, tu as un coquard, ça n'arrange rien. » Fit remarquer Naruto en touchant légèrement la blessure. « Je devrais être en colère contre toi… »
« J'ai fait ça pour toi, je devais lui montrer que tu étais à moi. » Murmura Gaara à l'oreille du blond d'une voix qui lui donna des frissons.
« U-hu… » Fut tout ce que Naruto put répondre. Ses joues étaient devenues rouges, contrastant avec le bleu de ses yeux.
« Et si on allait manger maintenant, avant qu'il ne soit trop tard ? » Proposa Gaara avec un petit sourire satisfait, amusé par la réaction de Naruto.
« O… Ouais. » Répondit Naruto, toujours aussi rouge.
Tous deux se dirigèrent vers la cafétéria. Leur proximité leur valut quelques regards en biais. Quelques élèves leurs lancèrent des insultes, afin de montrer à Naruto que traîner avec un reclus était loin d'être cool. Mais le blond et le rouquin ne s'en préoccupèrent pas, ils étaient déjà habitués à être considérés comme le 'couple' le plus impopulaire du lycée.
Alors qu'ils entraient dans la cafétéria, un élève bouscula volontairement Gaara en lançant tout haut, « Ton frère aussi, c'est un taré. » Il semblait que la rumeur à propos de l'incendie provoqué par Kankuro s'était déjà répandue dans tout le lycée. Gaara aurait bien voulu à montrer à ce crétin ce qu'il en coûtait d'insulter son frère, mais Naruto le retint par le bras, lui signifiant clairement qu'il s'était déjà suffisamment battu pour aujourd'hui.
De tous les amis de Naruto, seul Shikamaru était vraiment resté le même. Tous les autres s'étaient progressivement éloignés de lui, puisqu'il avait choisi d'être l'ami de Gaara. Mais même aujourd'hui, Shikamaru vint manger à leur table. Lui et le rouquin n'échangeaient toujours pas beaucoup de paroles, mais il y avait du progrès. En général, c'était Naruto qui alimentait la conversation. Les trois garçons prirent donc leur repas tranquillement, sans se soucier des regards mauvais que leur lançaient les autres élèves. Le plat du jour était une soupe à la viande, le préféré de Shikamaru. Naruto préférait les ramen ou les salades, et Gaara aurait aimé n'importe quoi qui ne contienne pas de viande.
Après avoir fini son repas, le garçon à queue de cheval prit congé et laissa Naruto et Gaara seuls à table.
« On a Histoire ensembles, après. » Déclara Naruto en jetant un œil à son emploi du temps.
« Je n'ai pas envie d'y aller. » Dit Gaara. « On devrait sécher. »
« Quoi? On ne peut pas faire ça! » S'écria Naruto.
« Bah, qui est-ce qu'ils vont appeler? Tu es orphelin et mon frère est à l'hôpital. Et de toutes façons, je suis sûr que son portable a brûlé avec la maison, donc les professeurs n'auront aucun moyen de le contacter. » Répliqua Gaara. Pour être honnête, il sentait qu'il avait eu assez de cours pour la journée.
« Mais Gaara ! » Protesta Naruto. « Tu ne peux pas sécher les cours quand ça te chante, même si les profs n'ont personne à contacter. »
« J'ai l'impression d'entendre mon frère. » Bougonna Gaara, n'appréciant pas le sermon.
« On restera jusqu'à la fin des cours. » Annonça Naruto.
« … Même si on pourrait être en ce moment même emmitouflés sous tes draps ? » Demanda sournoisement Gaara en plantant ses yeux dans ceux du blond. Il devrait bien finir par réussir à convaincre son compagnon.
« Ne me tente pas ! » S'exclama Naruto en rougissant. Son esprit était clairement en train d'imaginer où cette idée pouvait les mener. Mais il ne devait pas céder à ce chantage, il devait résister à la tentation et agir de façon responsable.
« Bon, très bien. » Répondit Gaara en attrapant son plateau et en se levant.
Naruto le suivit et ils furent rapidement dehors. Ils avaient encore trois heures de cours devant eux avant d'être libres.
Après les cours, Gaara partit pour le seul hôpital de Konoha, où il savait que son frère se trouvait . Il avait mis un peu de fond de teint sur son coquard, afin de ne pas recevoir de sermon concernant le fait que se battre au lycée était inacceptable.
Il était venu seul, car Naruto n'avait aucune envie de revoir le 'monstre manipulateur' comme il l'avait si bien dit. Et Gaara était certain que Kankuro ne serait pas offusqué par l'absence du blond.
Gaara passa enfin les portes principales. La réceptionniste lui indiqua que son frère se trouvait dans la chambre 309 au troisième étage. Il monta dans l'ascenseur. Il détestait l'odeur des produits stérilisants qui flottaient dans l'air. Il n'aimait pas l'idée que Kankuro se trouve ici, mais pour le moment, il n'y avait pas d'autres options.
Gaara sortit enfin de l'ascenseur et longea le couloir à la recherche de la bonne porte.
Une fois devant elle, il leva la main pour frapper, puis se figea. Avait-il vraiment… envie de revoir Kankuro, après tout ça ? Après les abus –oui, Gaara avait enfin finit par admettre qu'il s'agissait d'abus- après que Kankuro ait essayé de le tuer, après que Kankuro ait fait brûler la maison, après que Kankuro ait frappé Naruto…
Avait-il vraiment envie de voir la personne qui avait commis toutes ces choses ?
Il baissa la main, prêt à faire demi-tour, quand il entendit quelqu'un tousser à l'intérieur de la chambre. Gaara tendit l'oreille, mais n'entendit plus rien. Il en conclut que le brun se trouvait bien là, seul.
Il hésita, puis commença à s'en aller. Au bout de quelques pas, sa frustration fut telle qu'il frappa le mur de son poing.
« Gaara ? » Entendit-il depuis l'autre côté du mur.
Gaara soupira, maintenant certain d'avoir révélé sa présence à son frère. Le fait que Kankuro ait deviné que c'était lui le mit mal à l'aise. Il se força à retourner devant porte, et l'ouvrit.
« Salut Gaara. » L'accueillit Kankuro presque joyeusement à la seconde même où le rouquin était apparu. Il était assis sur le lit, dans la tenue de l'hôpital, les cheveux en bataille et de larges cernes noires sous les yeux. Son regard s'assombrit légèrement lorsqu'il le posa sur Gaara. Alors comme ça, son petit frère lui rendait visite. Il savait bien que, tôt ou tard, il se serait sentit obligé de venir le voir encore une fois. Peut-être que son départ ne l'avait pas totalement libéré de ses chaînes invisibles, finalement. Cela fit plaisir à Kankuro, qui se contenta de lui adresser un sourire mystérieux.
« Salut… » Marmonna Gaara, mal à l'aise. Il n'était pas encore prêt à pardonner son frère. Les actes de Kankuro et les paroles sincères de Naruto s'entremêlaient dans sa tête.
« Assieds-toi. » Proposa Kankuro, en se décalant pour lui donner plus de place. Il voulait que son petit frère s'approche de lui, afin qu'il puisse sentir de nouveau son parfum d'innocence. Il en avait besoin, au milieu de tous ces relents de produits chimiques.
Silencieusement, Gaara vint s'assoir auprès de Kankuro. Plus près qu'il ne l'aurait souhaité. Mais il n'y avait aucune chaise dans la pièce.
« Je suis content que tu sois venu. » Dit sincèrement Kankuro. Il était réellement heureux que Gaara soit à côté de lui, comme au bon vieux temps. Il posa sa main sur celle du rouquin, et fut encouragé par le fait qu'il ne le repousse pas.
« S'il te plait… Allonge-toi un peu avec moi, juste un moment. » Plaida Kankuro en serrant sa main, le couvant d'un regard tendre.
Les yeux de jade s'écarquillèrent une seconde. « Je ne pense pas qu'on devrait. Et si quelqu'un entrait dans la chambre ? » Hésita Gaara. En vérité, il n'avait aucune envie de se rapprocher davantage de son frère. C'était une mauvaise idée. Il aurait l'impression de tromper Naruto.
« Je t'en prie… C'est le dernier souhait d'un homme mourant. » Supplia poétiquement Kankuro en serrant sa main un peu plus.
« Tu n'es pas mourant. » Répondit Gaara d'un air impassible.
« Je le suis, sans toi. » Déclara Kankuro d'un air triste. Il avait besoin de se sentir proche de son petit frère, juste une dernière fois. Il s'allongea, de manière à inciter Gaara à en faire de même.
Embarrassé, Gaara s'allongea lentement sans retirer ses chaussures ni son manteau, se sentant un peu coupable que son frère soit retenu dans cette institut, bien qu'une petite voix –qui lui rappela celle de Naruto- au fond de sa tête lui signala qu'il n'en était pas vraiment responsable.
L'instant était parfait pour Kankuro, qui caressa doucement le bras habillé de Gaara. Ressentir à nouveau cette proximité lui donnait l'impression d'être au paradis. Cela lui rappelait le temps où son petit frère était encore sous son charme, soumis et obéissant. Si seulement leur petite bulle n'avait pas explosé.
Gaara resta silencieux, tendu, et baissa les yeux sur la poitrine de Kankuro. Il n'aimait pas être dans cette position, pas si proche de lui. Mais si son frère allait en prison, n'était-ce pas le moins qu'il puisse faire pour le réconforter ?
Un désir familier s'insinua en Kankuro et ses yeux devinrent un peu plus sombres, tandis qu'il contemplait son innocent petit frère. Il caressa son visage si pâle, sa peau douce, lui rappelant que le corps tout entier de Gaara était tout aussi doux. Cette pensée le rendit de plus en plus affamé. Puis, le fait de rester simplement allongé aux côté de son petit frère ne lui suffit plus. « Tu veux bien m'embrasser ? » Demanda-t-il soudainement, bien conscient de ses chances très minces de recevoir une telle preuve d'amour.
« Quoi ! » Explosa Gaara. Il se sentait à présent dix fois plus mal à l'aise. Il se redressa et tenta de sortir du lit mais le brun le retint par le bras, lui rappelant qu'il ne pouvait pas s'échapper si facilement.
« Je t'en prie, ne pars pas. » Supplia Kankuro, ses yeux trahissant son désespoir. « Juste un baiser. »
« Non. » Dit fermement Gaara. Ne lui avait-il pas prouvé pas plus tard qu'hier que tout ça était terminé ?
« S'il te plait, et je ne te demanderai plus rien. » Assura Kankuro en se redressant à son tour.
« Non ! » Cracha Gaara, irrité. « C'était déjà trop d'être resté aussi près de toi. »
« Quoi ? » Kankuro était surpris, et ses sourcils se froncèrent légèrement. Il n'appréciait pas du tout la nouvelle attitude rebelle de Gaara. Et il voulait tout faire pour détruire le peu de confiance en lui que le rouquin semblait avoir réussi à gagner. « Tu ne te souviens pas ce qu'il y avait de si spécial entre nous ? »
« Naruto a dit que c'était… anormal ! » Répliqua Gaara. Il tenta à nouveau de se lever, mais la prise de Kankuro l'en empêcha de plus belle.
« Naruto a dit ça parce qu'il est jaloux ! » Siffla Kankuro. « Parce qu'il ne voit pas la beauté de ce que nous partageons. »
« Il n'y a rien de beau dans les abus sexuels. » Rétorqua Gaara, plantant ses yeux dans les prunelles noires.
« Je n'ai fait que te prouver mon amour ! Et tu as toujours fini par aimer, non ! » Gronda Kankuro, conscient que le fait de réveiller la honte et la culpabilité du rouquin l'aiderait à atteindre son but.
« Tu as profité de moi ! » S'écria Gaara. « Et c'était mal ! »
« Je n'arrive pas à croire que tu sois toujours aussi naïf. » Répondit Kankuro, ses yeux luisants d'un air menaçant. « Des bonnes et des mauvaises choses arrivent à n'importe qui, et c'est ce qu'on appelle la vie. Comporte-toi un peu comme un homme. » S'il parvenait à ramener le rouquin de son côté, il en serait ravi.
Gaara ouvrit grand la bouche. Il n'arrivait pas à croire ce qu'il venait d'entendre. Et le fait que Kankuro lui dise de supporter les abus 'comme un homme' lui semblait être une offense personnelle. Comment osait-il dire une chose pareille ! D'un geste rageur, il parvint à se dégager et à se lever du lit. Il nota d'abord la surprise dans les yeux charbon, vite remplacée par la colère.
Kankuro était furieux. Il était plus que contrarié de ne pas réussir à reprendre le contrôle de Gaara. Il avait clairement sous-estimé l'impact que Naruto avait eu sur le rouquin. Si seulement son petit frère pouvait voir le monde comme lui, tout serait bien plus simple.
« Toi. » Siffla Gaara, les yeux plissés. « Tu as profité de moi depuis trop longtemps déjà. Et tu as essayé de te débarrasser de Naruto. Et quand j'ai voulu partir, tu as essayé de me tuer. Et pour couronner le tout, tu as fait brûler le dernier héritage qu'il nous restait. »
Comme Kankuro ne disait rien et se contentait de le fixer d'un œil mauvais, Gaara demanda, « Tu n'es même pas désolé ? »
« Désolé de quoi ! De t'aimer ? De te protéger? D'avoir tué les souvenirs au lieu de me tuer moi? » Répliqua Kankuro avec défi. Il n'était pas prêt à endosser toutes ses responsabilités. S'il lui restait une petite chance de pouvoir récupérer Gaara, il n'allait pas la laisser passer.
« Quoi ? Je n'arrive pas à croire que tu dises ça ! » S'exclama Gaara. « Est-ce que tu t'es éloigné à ce point de la réalité que tu ne peux plus voir les choses telles qu'elles sont? »
« Ce n'est pas moi qui suis irréaliste, mais toi. D'abord tu te débrouilles pour convaincre Naruto que je t'ai maltraité, que j'ai abusé de toi, et ensuite tu le laisses raconter tout ça à la police. Et maintenant, comme la police me soupçonne d'un crime que je n'ai pas vraiment commis, je risque de me retrouver en prison. » Dit Kankuro. « Alors si quelqu'un devrait être désolé, c'est plutôt toi ! » Cracha-t-il froidement. « Tout est de ta faute ! »
« Quoi ? Qu'est-ce que tu… Je n'arrive pas à croire que tu oses dire ça ! » Gaara éleva la voix. « Tu es en plein délire ! »
« Si je vais en prison, ce sera de ta faute ! » S'exclama Kankuro. Il fallait qu'il parvienne à planter les graines de la culpabilité en Gaara. Ainsi, il lui resterait fidèle.
« Non, c'est entièrement ta faute ! » S'écria Gaara. Les paroles de Naruto tourbillonnaient dans son esprit. Il n'avait plus à protéger son frère. Il était une victime, et il n'avait plus à succomber à Kankuro.
« C'est ta propre opinion ou celle de Naruto ? » Demanda sournoisement Kankuro, les yeux brillants. Il savait que le blond avait réussi à présenter à Gaara certaines choses sous un angle nouveau. Et il n'aimait pas ça, pas du tout.
« C'est la vérité. » Répondit Gaara en plantant un regard glacial dans les prunelles insondables de son frère.
« La vérité est que je me suis montré trop bon avec toi. » Siffla Kankuro en se levant. Gaara éclata d'un rire amer, mais le brun poursuivit. « Tu n'as jamais respecté les sacrifices que j'ai fait pour ton confort, tu pensais que tout t'était dû. Et ça t'a transformé en un petit con arrogant. »
Gaara recula jusqu'à ce que son dos heurte le mur.
« Et je vais t'apprendre un peu le respect. » Murmura furieusement Kankuro en saisissant les bras de Gaara et le plaquant contre le mur. Il avait toujours utilisé cette méthode pour intimider son petit frère, et ça avait toujours fonctionné.
« Lâche-moi. » Siffla Gaara d'un air mauvais.
Kankuro, cependant, ne s'en préoccupa même pas. Il était convaincu que le petit rouquin n'aurait jamais le courage de le repousser.
« Gaara. » Commença-t-il avec un sourire en coin. « Puisqu'on est tous les deux, j'ai une petite idée. Personne ne va venir nous chercher dans la salle de bain… et ça va te donner une petite leçon. » Acheva-t-il en entrainant Gaara. S'il devait en venir à le forcer, il le ferait. Les chaînes devaient être remises en place, d'une manière ou d'une autre.
« Arrête ça ! » Cracha Gaara, refusant d'abandonner. « Lâche-moi! MAINTENANT! » Cria-t-il si fort qu'on avait certainement dû l'entendre depuis le couloir, prenant Kankuro par surprise. Avec force, Gaara se libéra de l'emprise du brun et le poussa.
« Tu es complètement lunatique ! » Siffla Gaara, plissant les yeux en voyant son frère s'approcher de nouveau.
Kankuro n'arrivait pas à croire ce qui venait tout juste de se passer. Son délicat petit frère, qui avait toujours été si facile à contrôler, si facile à manipuler, le regardait à présent avec un air de défi. Kankuro fronça les sourcils, et ses yeux se durcirent un peu plus. « Tu penses vraiment pouvoir… »
« Que se passe-t-il ici ? » Dit une voix provenant du couloir. Un infirmier entra dans la chambre.
« Il est hors de contrôle. » Répondit Gaara en se rapprochant de la porte.
L'homme hocha la tête d'un air sérieux et tint la porte ouverte afin de permettre à Gaara de sortir. « Vous feriez mieux de le laisser. On va prendre le relai. »
« Merci. » Marmonna Gaara. Il jeta un dernier coup d'œil à son frère, qui lui répondit par un regard sinistre.
Une fois Gaara hors de la chambre, l'infirmier le suivit et ferma la porte à clé. Le rouquin n'aurait jamais cru tout cela possible. Mais à présent que lui et Kankuro étaient séparés par une porte verrouillée, il se sentait curieusement soulagé.
« Comment avez-vous… »
« Je vous ai entendu depuis le couloir. » Répondit l'homme avant même qu'il n'ait pu achever sa question.
Gaara ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit.
« Il est sous médicaments depuis hier. » Dit l'homme. « Nous n'en sommes pas encore sûr, mais il semble souffrir d'une sorte de psychose. »
« Vraiment ? » Demanda Gaara.
« Oui. Mais il n'est pas à sa place, ici. Je pense qu'il serait mieux pris en charge dans un institut spécialisé. Il a grand besoin d'un psychiatre. »
« Je vois. » Ce fut tout ce que Gaara trouva à dire.
Lentement, il se tourna et se dirigea vers la sortie.
Devant les portes du bâtiment, sa tête était toujours encombrée par les derniers événements. Quel était ce sentiment qui l'assaillait ? Une sorte de tristesse, voir de colère : tristesse, car il lui était impossible d'aider son frère, et colère, parce que Kankuro était manifestement empêtré dans une sorte de délire qui l'empêchait de raisonner de façon logique. Car c'était forcément dû à un désordre psychologique que son frère se comportait ainsi, il n'y avait pas d'autre explication, aux yeux de Gaara. Il savait qu'au fond de lui, Kankuro était gentil et avenant, n'est-ce pas ? Oui, ça ne pouvait qu'être à cause de ça, conclut Gaara.
Mais plus il repensait à ce qu'il s'était passé, plus il se renfrognait. Kankuro l'avait blâmé lui et Naruto pour toutes ses fautes. Une chose qu'il n'était pas encore prêt de lui pardonner.
Pendant ce temps, Naruto s'ennuyait en attendant le retour de son compagnon.
Il attrapa son portable et la carte que l'officier de police avait donnée à Gaara la nuit dernière. Il composa le numéro, mais ne lança pas l'appel.
Devait-il vraiment le faire ?
Devait-il avouer à la police que Kankuro avait menacé la vie de Gaara ?
Comment le prendrait Gaara ?
Mal, songea Naruto.
Il effaça le numéro et reposa son téléphone. Fâcher Gaara plus qu'il ne l'était déjà en ce moment n'était pas très avisé. Et s'il décidait de le quitter pour de bon ? Non, je ferais mieux de ne rien dire, pensa-t-il.
Il entendit la poignée de la porte d'entrée s'actionner, lui indiquant que le rouquin était de retour. Gaara entra prestement dans le salon après avoir retiré son manteau et ses chaussures. Il s'assit sur le canapé à côté de son compagnon et remarqua immédiatement la carte et le téléphone posés sur la table.
« Qu'est-ce que tu fabriquais avec ça ? » Demanda-t-il en plissant les yeux. Ca ne lui plaisait pas du tout…
« Je… Rien. » Mentit faiblement Naruto. Il n'avait aucune envie de mettre son précieux Gaara en colère.
« Tu as appelé l'officier ? » Insista Gaara, soudain plus froid.
« Non ! » S'exclama immédiatement Naruto. « Je veux dire, j'ai bien pensé à leur dire à quel point ton frère pouvait être dangereux, mais j'ai changé d'avis. »
« Bien. Tu as pris la bonne décision. » Répondit Gaara d'un air irrité, mais soulagé. « Personne n'a besoin de de savoir ce que Kankuro a essayé de faire hier. »
« Mais pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien ! » Cria presque Naruto, exaspéré.
« D'où tu sors ça ? » Demanda Gaara. Il savait que Naruto était loin d'être stupide, mais il savait également qu'il n'avait pas pu trouver ça tout seul.
« D'un livre de citations. » Marmonna Naruto. Il aimait bien celle-là en l'occurrence, et la trouvait plutôt appropriée à la situation.
« Mais tu ne comprends pas que Kankuro ira forcément en prison s'ils l'apprennent ! Je ne peux pas laisser faire ça ! C'est mon frère ! » Se défendit Gaara.
« Je vois. » Se contenta de répondre Naruto en détournant les yeux. Il se leva du canapé et partit dans la cuisine. Il avait besoin de faire quelque chose avec ses mains pour se changer les idées : il décida donc de faire la vaisselle.
Gaara, lui, ne bougea pas. Il n'aimait pas se disputer avec Naruto. A vrai dire, il n'aimait se disputer avec personne. Mais il était impératif que la police ne soit pas au courant de tout, et Naruto allait bien devoir l'accepter. C'était ses affaires après tout, pas celles du blond.
Tandis qu'il lavait les assiettes, Naruto réalisa soudain qu'il ne lui avait même pas demandé comment s'était passé sa visite avec Kankuro. Les mains trempées, il revint dans le salon et, leur précédente querelle déjà oubliée, il demanda, «Kankuro allait bien, au fait ? »
Gaara fut amusé par cette question soudaine. Il aurait dû se douter que le blond ne resterait pas énervé longtemps. Il regarda l'eau et la mousse dégouliner de ses mains et tomber sur le sol du salon.
« On ne peut pas vraiment dire ça. » Admit-il, avant de reprendre. « Apparemment, il souffrirait d'une sorte de psychose, et c'est ce qui l'empêcherait de voir la réalité comme toi ou moi, par exemple. »
« Oh, je vois. » Dit Naruto d'un air affligé. Il ne ressentait pas vraiment de compassion pour Kankuro, mais il n'aimait la façon dont cette histoire affectait le rouquin. Il se sentait mal pour Gaara.
« Ils m'ont dit qu'il devrait être placé dans un centre psychiatrique. » Ajouta-t-il, ses yeux trahissant sa peine. Ce n'était pas le destin qu'il aurait voulu pour son frère, mais il n'avait pas le choix. Il prit soin de ne pas révéler à Naruto que Kankuro avait voulu l'embrasser ou qu'il avait tenté de s'en prendre à lui de nouveau. Il préférait garder cela pour lui, pour le moment du moins. Il se sentait encore blessé, et la dernière chose dont il avait besoin en ce moment était que Naruto se remette à dire du mal de Kankuro.
« Oh… » Répondit Naruto, pas certain qu'il soit sage de faire un commentaire à ce sujet.
« Retourne à ta vaisselle, je vais passer un coup d'aspirateur dans la maison. » Déclara enfin Gaara. Tout comme Naruto, il aimait se vider l'esprit en s'occupant.
Tous deux s'affairèrent un moment à nettoyer la maison. Naruto n'était pas un grand adepte de l'aspirateur, de la machine à laver, ou d'une quelconque activité ménagère, mais il se sentit inspiré par la motivation de Gaara. Ils en profitèrent même pour aérer les tapis. Après ça, Gaara prit la liberté d'utiliser le lave-linge, et Naruto passa un coup d'eau sur le sol. Ils firent également un grand coup de ménage dans la cuisine, sans oublier les placards et le micro-onde.
Au bout d'une bonne heure à bouger dans tous les sens, les deux garçons étaient épuisés. Naruto se jeta sur le lit et tapota la place à côté de lui. « Viens. »
Gaara s'exécuta, heureux de pouvoir prendre un peu de repos. Il était fatigué et il transpirait.
Ils étaient tous deux tournés sur le côté, afin de pouvoir se regarder dans les yeux. Ils restèrent un moment silencieux, puis Naruto se décida à parler.
« Argh, il faut que j'enlève mon T-shirt, je suis en nage ! » Soupira-t-il en se débarrassant de son haut et le jetant par terre.
Les yeux de Gaara se posèrent sur le torse bronzé, luisant de sueur. Lui-même transpirait à grosses gouttes, mais il n'avait pas le courage de se dénuder aussi nonchalamment devant Naruto.
Et l'odeur de Naruto, un agréable parfum typiquement masculin, commençait à lui faire tourner la tête. Elle semblait venir d'un autre monde !
« Tu n'as pas chaud, toi ? » Demanda Naruto, inconscient des pensées qu'il remuait dans le cerveau du rouquin.
« Si... » Répondit Gaara. Il commençait effectivement à avoir un peu trop chaud en présence du blond.
« Enlève ton T-shirt alors. Tu n'as pas à te sentir gêné. » Dit Naruto, ne comprenant pas pourquoi Gaara restait dans son T-shirt trempé. « Ou alors on pourrait peut-être prendre une douche. »
« Non! » Répondit précipitamment Gaara. Il n'avait pas envie que l'agréable odeur du blond ne soit si vite couverte par celle du savon. « Enfin, c'est juste que… j'aime ton odeur. » Ajouta-t-il, les yeux mi-clos.
« C'est vrai ? Mais je suis en sueur. » Répondit Naruto, surpris.
« C'est encore mieux. » Avoua Gaara, se sentant un peu stupide. Il espérait qu'il ne s'était pas mis à rougir.
« Approche-toi alors… » Dit tendrement Naruto passant ses bras autour de Gaara.
Le rouquin se laissa faire avec joie. Alors que leurs lèvres se touchaient presque, Gaara franchit les derniers centimètres et l'embrassa. Le baiser se fit tout d'abord tendre, puis se fit plus passionné.
« Ah ! » Soupira Naruto lorsqu'ils se séparèrent.
Mais Gaara n'était pas encore rassasié. Il adorait le goût de Naruto, il en voulait plus. Dévorant le cou du blond, il commença à descendre en passant sa langue sur le torse hâlé. Il s'arrêta au niveau d'un téton et le lécha gentiment, avant d'y mettre un peu plus d'ardeur.
« Oh bon dieu Gaara ! » Geignit Naruto, ses doigts s'emmêlant dans les mèches rouges. Ce que Gaara arrivait à faire avec sa langue était tout bonnement délicieux.
« J'en veux plus. » Marmonna Gaara sans s'arrêter. Il descendit encore un peu, incitant Naruto à rouler sur le dos. Le rouquin promena sa langue au niveau de son nombril, savourant le goût salé de sa peau.
« Haa… » Soupira Naruto, tandis que ses doigts se crispaient légèrement sur les mèches rouges.
Mais il sembla se réveiller lorsqu'il sentit Gaara déboutonner son jean.
« Hey, je veux que tu prennes du plaisir toi aussi. Je ne veux pas que ce soit toujours moi qui reçoive. » Fit remarquer Naruto en se redressant.
« Mais j'aime te voir prendre du plaisir. » Répondit simplement Gaara en le poussant gentiment afin de l'obliger à se rallonger. En réalité, Il craignait d'agir bêtement si quelqu'un d'autre que Kankuro se mettait à le toucher. Mais il devenait tellement affamé en présence de Naruto qu'il ressentait le besoin écrasant de faire au moins ça.
« Mais ce n'est pas juste. » Répliqua Naruto en se rallongeant.
Gaara ne répondit rien. Il était trop fatigué pour argumenter, mais trop excité pour s'arrêter. Il baissa un peu le jean de son compagnon, révélant un sous-vêtement orange et noir. Déterminé, il s'affaira à le débarrasser de ses vêtements inutiles. Le blond l'aida et en profita pour retirer également ses chaussettes. Etre nu en gardant ses chaussette avait quelque chose de particulièrement ridicule, à son humble avis.
Satisfait du spectacle, Gaara commença à déboutonner son propre jean.
Naruto s'alarma alors et l'arrêta en posant une main sur la sienne.
« Qu'est-ce que tu fais ? » Demanda Naruto.
« Je fais ce que n'importe quel homme ferait dans une telle situation. » Répondit nonchalamment Gaara, en haussant presque les épaules.
« Mais tu n'es pas n'importe qui ! » S'exclama Naruto. « On ne peut pas faire ça! »
« Pourquoi pas ? » Demanda Gaara, avec un regard froid. Il se sentait si affamé qu'il le ressentait presque dans ses veines, dans son sang. Et puis, il voulait savoir ce que ça faisait d'être le dominant.
« Tu sais très bien pourquoi ! On n'a pas laissé passer assez de temps. » Affirma Naruto, rapprochant ses genoux de sa poitrine.
« Laisse-moi te prendre. » Dit Gaara en posant ses mains sur les genoux du blond afin de les écarter.
« Ce n'est pas une bonne idée. » Hésita Naruto. Lui aussi voulait sentir Gaara entrer en lui et lui faire l'amour, mais il était certain que ce n'était pas encore le bon moment. « Et puis, comment je peux être sûr que tu es sérieux, et que tu ne te laisses pas emporter par tes hormones ? » Ajouta-t-il en détournant ses yeux tristes.
« J'étais parfaitement sérieux avec toi depuis le début, je pensais que tu le savais. » Répliqua Gaara, frustré. « Tu sais que... je t'aime, plus que tout, et je ne veux que ton bonheur. » Il détourna les yeux à son tour.
« Alors tu devrais comprendre pourquoi on n'est pas encore prêts. » Déclara Naruto en reposant son regard sur Gaara.
Gaara resta un moment silencieux, réfléchissant à ce qu'il devait faire. Qu'est-ce que Kankuro, sa seule et unique référence, aurait fait ? Prenant conscience de la réponse, il réprima un frisson. Jamais il ne forcerait son précieux blond, son soleil personnel, à quoi que ce soit. Mais il pensa à autre chose…
« S'il te plait ? » Demanda Gaara, changeant de tactique. « Pour moi? Je sais que tu en as envie, toi aussi... »
Voyant que cela ne fit qu'assombrir les yeux bleus de Naruto, Gaara se leva et se déshabilla entièrement, ne gardant que son collier. Il se réinstalla ensuite sur le lit, face à Naruto.
« Ma réponse n'a pas changée. » Souffla Naruto.
Sans un mot, Gaara écarta lentement les jambes du blond, les yeux résolument plantés dans ceux de Naruto, puis il se plaça entre elles. Naruto était allongé sur le lit, le rouquin au-dessus de lui, tous deux entièrement nus. Le blond restait silencieux, mais ses yeux étaient grands ouverts et presque… tristes. Finalement, il les détourna de nouveau.
Les yeux rivés sur la peau bronzée, Gaara continuait de réfléchir. Que faire à présent ? Qu'aurait fait Kankuro ? Non, il n'avait pas envie de penser à son frère à un moment pareil! Qu'aurait fait une personne normale ? Il frotta son érection contre celle de Naruto, avant de la presser un peu plus bas.
Les orbes bleus se retournèrent subitement vers lui, mais elles le regardaient d'un air presque horrifié, ou triste, ou déçu. Le blond ne cilla même pas, mais ses yeux se mirent à briller. A briller, comme s'il allait pleurer.
« Naruto ? » Demanda Gaara, alarmé. Il aimait Naruto, comment avait-il réussi à lui provoquer une telle réaction!
Mais celui-ci resta silencieux, et ferma les yeux. Il se sentait tellement mal. Ce n'était pas ce qu'il voulait, pas du tout. Ce n'était pas ce qu'il aurait voulu pour sa première fois avec Gaara. A ces pensées, une larme unique s'échappa de ses yeux clos.
Les yeux de jade s'écarquillèrent alors, et Gaara réalisa enfin ce qu'il était en train de faire. Comment avait-il pu être aussi stupide ! Il se comportait exactement de la même façon que son frère ! Quelques secondes plus tôt, il s'était promis de ne jamais forcer Naruto à quoi que ce soit, et voilà où il en était.
« Je suis tellement désolé… » Murmura-t-il, sentant à son tour les larmes lui monter aux yeux. Il était un monstre, exactement comme l'était son frère. Il ne savait rien de l'amour, réalisa-t-il, rien. Il était bourré de pensées et de principes nobles, mais à quoi servaient-ils s'il était incapable de les mettre en pratique ?
Il se releva en vitesse et s'enfuit de la chambre. Il entra dans la salle de bain et s'y enferma. Il s'en voulait d'abandonner le blond ainsi, seul, nu et violenté, mais il avait besoin de réfléchir. Il savait pourtant mieux que quiconque ce qu'on pouvait ressentir lorsque l'on se retrouvait seul après une telle expérience, et il se maudit pour faire subir la même chose à celui à qui il tenait.
En cet instant, Gaara ne voyait rien de bien en lui. Il se voyait comme un monstre avide, qui ne se préoccupait que de ses propres sentiments. Il haïssait cette faim insatiable qui semblait l'aveugler, ainsi que les agissements de Kankuro qui continuaient de le hanter et l'influencer.
S'il l'avait pu, il aurait étranglé son stupide grand frère ici et maintenant. C'était entièrement la faute de Kankuro s'il n'arrivait pas à se comporter normalement. C'était entièrement la faute de Kankuro si le blond se trouvait encore allongé dans la chambre, en larmes. Gaara méprisait son frère pour tout ce qu'il avait provoqué.
Mais après une brève réflexion, il réalisa soudain que tout ce qui venait de se produire était uniquement de sa faute. Kankuro avait peut-être planté les graines de la folie en lui, mais au bout du compte, ses actes dépendaient de ses propres choix.
Prenant conscience que cette fois-ci, il était le seul à blâmer, Gaara se maudit de nouveau. Une rage dirigée vers lui-même grandissait en lui, et il se mit à la recherche d'un objet tranchant. Il posa les yeux sur le rasoir de Naruto mais en même temps, il aperçut son reflet dans le miroir. Il plissa les yeux en se jetant un regard noir. Il détestait ses cheveux en pointes, si semblables à ceux de son frère. Ses yeux aussi, ressemblaient à ceux de Kankuro (c'était d'ailleurs pour cette raison qu'il voulait les différencier à coup d'eyeliner). Leurs bouches avaient également la même forme.
Serrant les dents, Gaara donna un coup de poing dans son reflet et le miroir se fendit, ne lui renvoyant plus qu'une image craquelée. Et cette image le troubla un peu plus, car il avait l'impression de regarder directement dans son âme démantelée.
Du sang recouvrait son poing, aussi rouge que ses cheveux. Se laissant tomber au sol, Gaara posa la lame du rasoir sur son poignet. Il était convaincu que c'était la seule chose qu'il méritait. Peut-être que s'il se blessait physiquement, sa douleur disparaitrait. Il s'apprêtait à entailler sa chair lorsqu'il entendit Naruto frapper à la porte.
« Gaara ? C'était quoi ce bruit ? » Demanda Naruto. Il avait entendu le miroir se briser.
« Ce n'était rien. » Murmura Gaara, conscient que le blond ne pourrait pas l'entendre. Toujours nu, il se sentait plus bas que terre et maudissait son attitude. Il ne supportait pas de se voir ainsi s'apitoyer sur son sort, cela ne faisait que le rendre plus pitoyable encore.
« Gaara ? Tu as cassé le miroir ? » Insista Naruto en frappant de nouveau.
« Vas-t-en, tu ne devrais pas rester près de moi. » Répondit Gaara. Il n'avait aucune envie de partager ses démons avec le blond.
« Ouvre la porte, je veux te voir. » Dit Naruto en remuant la poignée.
« Je suis sûr que tu me détestes ! » S'écria Gaara, appuyant un peu plus sur la lame. Il craignait la douleur, mais il savait qu'il méritait une punition pour ce qu'il venait de faire. Il se rendait compte qu'une fois de plus, il agissait comme son frère, alors qu'il s'était tant de fois énervé contre le brun en apercevant de nouvelles cicatrices le long de ses bras. Mais si Kankuro avait ressenti le même sentiment de culpabilité qu'il subissait en ce moment, Gaara commençait à le comprendre un peu mieux.
« Jamais je ne pourrai te détester, Gaara ! Je t'aime ! » Cria presque Naruto.
Après un moment d'hésitation, Gaara déverrouilla la porte.
Un Naruto entièrement rhabillé fit irruption dans la salle de bain. Ses yeux se posèrent tout d'abord sur son compagnon, puis sur le miroir en miettes, et enfin sur le rasoir qu'il tenait toujours.
« Gaara ! Qu'est-ce que tu voulais faire ? » S'écria Naruto en le lui arrachant des mains. « N'essaie jamais de te faire du mal, je t'en prie ! » Supplia-t-il d'un air affolé.
« Tu ne devrais pas avoir pitié de moi. » Marmonna Gaara. C'était bien la dernière chose dont il avait besoin.
« Je n'ai pas pitié de toi. J'ai de la compassion. » Corrigea Naruto. « Et je serais ravi de te montrer comment on fait pour aimer, mais il va d'abord falloir que tu aies toi-même envie de ce changement, Gaara. »
« Bien sûr que je le veux ! » Répondit Gaara d'une voix désespérée. Il ferait n'importe quoi pour ne pas perdre le blond.
« Alors tout ce qu'il te reste à faire est de me laisser t'aider. Aller, va t'habiller. » Déclara Naruto en tendant la main au rouquin, toujours assis sur le carrelage. Gaara s'en saisit, et tous deux sortirent de la salle de bain.
Gaara se rhabilla et s'assit sur le lit.
« Je suis tellement désolé d'avoir fait une chose d'aussi affreuse ! » Commença-t-il. « Je faisais exactement comme Kankuro, sans même m'en rendre compte. Et lorsque je me suis enfermé dans la salle de bain pour me blesser volontairement, j'étais encore lui. Je déteste ça ! »
« J'imagine que ce genre de comportement est normal, au vu de ce que tu as traversé. Ne t'en fait pas, il ne s'est rien passé d'irréparable. » Le rassura calmement Naruto en posant sur lui un regard compréhensif.
« Mais je t'ai fait du mal, émotionnellement ! Et je ne veux pas que tu aies à vivre avec une sorte de copie de Kankuro ! » Protesta Gaara.
« Je ne vis pas avec une 'copie de Kankuro'. » Soupira Naruto. « Et il arrive souvent qu'on se blesse l'un l'autre dans une relation, qu'on le veuille ou non. Mais c'est la vie. Et je veux que tu saches que je t'ai pardonné à l'instant même où tu as réalisé ce que tu faisais. »
« Mais je n'ai pas l'impression de mériter ton pardon. » Répondit Gaara, le cœur lourd.
« Bien sûr que si. » Affirma Naruto en s'asseyant à ses côtés. Il passa un bras autour de ses épaules. « Tout le monde mérite une seconde chance. »
« Vraiment ? » Demanda Gaara en se tournant vers le blond.
« Oui. Et ne l'oublie jamais. » Répondit Naruto avec un sourire tendre.
« Merci. » Marmonna Gaara, un peu rasséréné.
« Ceci étant, » Ajouta soudainement Naruto. « Je pense que tu devrais consulter un professionnel pour te débarrasser de ces problèmes. Kankuro aussi, d'ailleurs. »
« Je sais. J'imagine que c'est inévitable. » Admit Gaara. Il était effrayé à l'idée de confier ses pensées les plus intimes avec un parfait étranger, mais si cela pouvait l'aider à faire de lui un meilleur partenaire pour le blond, il n'hésiterait pas une seconde.
Janvier avait rapidement laissé sa place à Février, puis à Mars. Les épaisses couches de neiges commençaient à fondre, annonçant l'arrivée du printemps. Le ciel se faisait de plus en plus dégagé, et le soleil brillait presque tous les jours à présent. Cela faisait à présent cinq semaines que Gaara n'avait pas revu son frère.
Entre temps, Kankuro avait été transféré dans un autre établissement, sous surveillance psychiatrique.
La raison pour laquelle Gaara avait reporté à ce point sa visite était qu'il avait préféré laisser aux médicaments le temps d'agir sur son frère. Car au vu de sa dernière expérience, il n'y avait aucun intérêt à parler avec le brun tant qu'il resterait dans cet état.
« Salut. » Dit Gaara en entrant dans la chambre. Cette fois-ci encore, son grand frère était seul.
« Salut Gaara. » Répondit Kankuro avec enthousiasme, un sourire illuminant son visage. Il était vêtu d'une tenue blanche, et s'était confortablement installé dans son lit. « J'ai bien cru que tu ne reviendrais jamais me voir. Et j'imagine… que je l'aurais bien mérité, de toutes façons. »
Encouragé par ces paroles manifestement pleines de bon sens, Gaara s'approcha du lui. Puis, après une brève hésitation, il s'assit sur le bord.
« Il parait que tu te sens mieux ? » Demanda Gaara, satisfait de constater que le traitement semblait faire son travail.
« Beaucoup mieux, oui. Mais d'un autre côté, non. » Répondit Kankuro en baissant des yeux tristes.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? » Demanda Gaara en plissant les yeux. Peut-être que sa joie était un peu prématurée, après tout ?
« Ce que je veux dire, c'est qu'alors que mon esprit s'éclaircissait peu à peu, j'ai commencé à prendre conscience de certaines choses qui m'échappaient jusqu'à maintenant. » Expliqua Kankuro. « Et je me rends compte de tout le mal que je t'ai fait. Je suis désolé. Je sais que tu te fiches de mes excuses, mais voilà, c'est dit. »
« Heu… » Commença Gaara. Il était heureux que Kankuro semble enfin voir les choses avec discernement. Ceci étant, il ne savait trop que répondre à ses excuses. Il décida de les stocker en réserve dans son cœur, afin de pouvoir les accepter plus tard, peut-être.
« Tu penses pouvoir me pardonner ? » Demanda Kankuro, les yeux remplis d'espoir.
« Je ne sais pas… » Marmonna Gaara en détournant le regard.
« Oh… J'aurai dû m'en douter. Pardon. » Dit Kankuro, l'air accablé.
« Au fait, j'ai parlé à Temari à propos de… nous. » Annonça Gaara, préférant changer de sujet.
« Je sais. Elle est venue me voir il y a quatre semaines environ et elle m'a presque étranglé à mort. » Dit Kankuro. « Elle était furieuse contre moi, à raison. »
« J'imagine. » Fut tout ce que Gaara trouva à répondre. Quatre semaines plus tôt, il avait reparlé de toute cette histoire avec sa sœur, et lui avait fourni les détails qu'elle lui avait demandés. Inutile de dire que Temari en était ressortie malade et hors d'elle.
« Elle a dit qu'elle voulait voir mes fesses derrière les barreaux. » Déclara nonchalamment Kankuro, comme s'il ne se sentait pas blessé à l'idée que sa propre sœur lui souhaite une telle chose.
« Tu vas y aller ? » Demanda Gaara d'un air triste. Il espérait sincèrement que Kankuro ne finisse pas en prison.
« J'ai été interrogé par la police et j'ai absolument tout avoué, puisque je n'avais plus rien à perdre. Je t'avais déjà perdu… Donc je leur ai tout raconté. » Souligna Kankuro. « Depuis mon enfance jusqu'à aujourd'hui. Les médecins ont aussi discuté avec la police et, selon eux, je souffre de plusieurs dérèglements psychologiques. »
« Et ? » L'encouragea Gaara, voulant savoir ce qu'il allait advenir de son frère.
« Et ils ont décidé de me considérer comme coupable, mais que je purgerai ma peine ici, à l'institut, plutôt qu'en prison. » Répondit Kankuro, manifestement peu ravi.
« Mais c'est une bonne nouvelle ! Personne ne te fera de mal ici ! » Dit Gaara, tellement heureux qu'il enlaça son frère.
Puis, voyant que Kankuro le retenait plus longtemps que de raison, il commença à se sentir mal à l'aise.
« Kankuro… » Commença Gaara en tentant de se dégager.
« Excuse-moi. » Dit Kankuro en le relâchant. « J'avais juste envie de te sentir contre moi une dernière fois. Tu es si petit et si fragile, je pourrai te serrer dans mes bras pour toujours. » Ajouta-t-il d'un air triste.
« Mais les choses ne sont plus ce qu'elles étaient. » Lui rappela Gaara. D'une certaine manière, il avait presque ressenti une légère nostalgie, avant de se sentir de nouveau sale.
« Je sais. Je ne devrais plus vivre dans le passé. Je vois un psychologue en ce moment, qui m'aide à ce sujet. Les résultats sont plutôt encourageants. »
« Oui, j'en vois un moi aussi. Lorsque j'ai donné ma version des faits à la police, ils m'ont mis en contact avec un psychologue. Ce n'est pas évident de parler de ce genre de choses, mais c'est vrai que ça aide. » Répondit Gaara. Il se sentait soulagé à l'idée que tous deux recevaient enfin le soutien dont ils avaient tant besoin.
« A propos de l'avenir. » Reprit Gaara, « Où vas-tu habiter maintenant? Vu que tu as brûlé la maison... »
« Tu ne comprends pas, j'ai une peine à purger. Je n'ai pas l'autorisation de quitter l'enceinte de ce bâtiment pendant les cinq années à venir. » Dit sombrement Kankuro. « Lorsque je me sentirai mieux, ils me permettront d'étudier et de travailler en bas dans la cafétéria, mais je ne pourrai pas sortir d'ici. »
« Tu en as pour cinq ans ? » Gaara était sidéré. Il ne pensait que la peine de son frère serait aussi longue.
« Ca passera vite. Après tout, je mérite bien ça. »
« Mais... Mais je ne pense pas que tu mérites une telle sentence. » Protesta Gaara en prenant la main de son frère.
« La vie n'est jamais juste. » Répondit Kankuro en libérant sa main. « Tu as toujours été trop gentil avec moi, de toutes façons. Je n'aurais jamais dû te faire passer par de telles épreuves. Ce n'était pas la sentence que tu méritais. » Conclut-il, regardant par la fenêtre.
Gaara resta silencieux, et sembla comprendre ce qu'avait voulu lui dire son frère.
« Ca ira, pour nous ? » Demanda-t-il après une pause. Le futur l'effrayait. Jusqu'ici, Kankuro avait toujours été là pour lui, mais à présent qu'il savait qu'il resterait enfermé ici pendant cinq ans, il se sentit soudain très seul.
« Oui, un jour, ça ira. » Promit Kankuro en posant un regard tendre sur son petit frère. « Je peux toujours étudier ici, alors ce ne sera pas très difficile pour moi d'intégrer une université une fois libre. Tant qu'on en parle, tu as choisi dans qu'elle université tu voulais aller ? » Demanda-t-il.
« Je n'irai pas à l'université après le lycée. » Répondit Gaara, hésitant. « J'irai en école d'apprentissage, pour devenir coiffeur. »
« Quoi? Mais tu pourrais faire tellement mieux! Tu as de bonnes notes en cours! » S'écria Kankuro, les yeux écarquillés de stupeur.
« Mais c'est ce que j'ai envie de faire ! » Se défendit Gaara. « C'est ma vie, pas la tienne. »
« C'est vrai, c'est vrai... » Reconnut Kankuro. « Fais ce que tu veux. Comment ça se passe, avec Naruto, alors ? » S'enquit-t-il ensuite, une pointe de jalousie dans les yeux.
« … Bien. » Répondit seulement Gaara. En vérité, il avait encore du mal à comprendre à quoi ressemblait l'amour véritable.
« Est-ce que tu l'as… fait ? Enfin, tu vois ? » Demanda Kankuro, curieux. Il savait qu'il ne devrait pas poser une telle question, mais la jalousie brûlait au fond de lui, l'incitant à poser des questions indiscrètes sur la vie privée de son frère.
« Ce ne sont absolument PAS tes affaires ! » Cria presque Gaara en rougissant. Comment son frère avait-il osé lui poser cette question !
« Désolé. » S'excusa Kankuro en baissant les yeux d'un air triste.
Gaara se contenta de lui lancer un regard agité, les joues en feu. Il n'aurait jamais imaginé que son frère aurait eu l'audace de l'interroger sur sa vie privée avec Naruto. Par ailleurs, sa vie sexuelle était bien le dernier sujet qu'il avait envie d'aborder avec lui.
« J'espère que tu ne feras pas les mêmes erreurs que moi. » Reprit soudain Kankuro en brisant le silence gêné. Il ne releva néanmoins pas la tête. « Et j'espère que ce que j'ai fait n'influencera pas tes propres actions. »
« Mais je suis responsable de mes propres actions. » Répliqua Gaara, n'ayant pas envie de trop blâmer son frère.
« On l'est tous. On ne peut pas se cacher derrière ce qui nous est arrivé par le passé pour tout justifier. »
« C'est vrai. » Admit Gaara. Il se demanda comment son frère avait pu devenir si lucide, à défaut d'un autre terme, en l'espace de si peu de temps. A moins que Kankuro ait toujours été ainsi, mais que Gaara ne le réalisait qu'aujourd'hui, à présent qu'il avait l'esprit plus clair. Dans tous les cas, Gaara ne pouvait qu'apprécier cette sagesse nouvelle. Le brun lui faisait clairement une bonne impression.
Un silence s'installa, car aucun d'eux de trouva quelque chose à dire. Kankuro regardait par la fenêtre, et Gaara avait les yeux baissés au sol.
« … Comment tu t'es débrouillé, financièrement ? » Demanda calmement Kankuro sans détourner son regard de la fenêtre.
« Ca va. » Répondit Gaara. « J'ai réclamé un support financier de la part de l'état, et je reçois assez d'argent par mois pour gérer mes dépenses. »
« C'est bien. Je me suis inquiété pour toi. » Dit Kankuro en regardant son frère de nouveau.
« Je crois qu'il va falloir que j'y aille. » Annonça Gaara en se levant. Il avait encore des devoirs à terminer à la maison.
« Déjà ? » Demanda Kankuro. « Bon, j'imagine que tu as des choses à faire, dehors. » Réalisa-t-il.
« Mais je reviendrai. Je passerai te rendre visite une fois par semaine, si ça te va. » Proposa Gaara. A présent que son frère avait l'air d'aller bien et, surtout, d'être plus sain d'esprit, il serait ravi de le voir plus régulièrement.
« Je t'attendrai avec impatience. » Répondit Kankuro en souriant légèrement.
« Bon, à la prochaine alors. Salut. »
« Salut. » Dit Kankuro en regardant Gaara sortir de nouveau de sa chambre et de sa vie. Après le départ de son petit frère, quelque chose changea dans ses yeux. Ils s'assombrirent, et s'accordèrent avec le sourire étrange qui étirait ses lèvres.
Le mois de mai battait son plein à présent, et Naruto était plus hyperactif que jamais. C'était sa période favorite de l'année. Il était dans la chambre, et regardait une rediffusion d'un épisode de Justice prevails. Il avait laissé la fenêtre entrouverte afin de permettre à l'agréable brise d'entrer dans la pièce.
Il était tellement heureux. Lui est Gaara vivaient ensembles, et Kankuro n'était plus là pour faire de l'ombre à leur bonheur. Gaara commençait à guérir, lentement mais sûrement, grâce à ses séances de thérapie et au soutien du blond. Naruto s'était rendu compte que les cauchemars de son compagnon devenaient de plus en plus rares. Le rouquin ne lui avait jamais parlé de ça, mais presque toutes les nuits depuis l'emménagement de Gaara, Naruto avait été réveillé par des marmonnements plus ou moins discrets tels que 'Arrête', 'laisse-moi tranquille' ou même 'à l'aide'.
Pendant ces moments-là, Naruto le secouait légèrement et, lorsque le rouquin se réveillait, faisait immédiatement mine de dormir. Il avait compris que Gaara préférait garder ses terreurs nocturnes pour lui-même, et que tant qu'il ne se sentirait pas prêt à en parler, mieux valait ne pas le forcer.
En raison de la crise économique qui affectait actuellement Konoha, aucun des deux n'avait réussi à trouver un job cet été. Heureusement, le soutien financier de l'état leur permit néanmoins de régler toutes leurs factures. Naruto n'était pas réellement contrarié de 'devoir' passer tout son été à ne rien faire. Gaara, de son côté, aurait bien aimé trouver de quoi occuper son temps libre. Il avait été habitué à prendre de l'avance sur le programme de l'année suivante à l'aide des anciens cours de Kankuro, mais à présent que le brun ne le surveillait plus, il se sentait étrangement… libre.
En parlant de Gaara, celui-ci était en ce moment en train de dessiner sur la table de la cuisine. Plus le temps passait, plus Naruto remarquait que l'atmosphère sinistre qui se dégageait de ses dessins prenaient une dimension optimiste. Le rouquin avait par ailleurs refait quelques portraits de Naruto, et il s'était appliqué à ce que ceux-ci soient aussi rayonnants et pleins de vie que le blond.
Une fois sa série télé terminée, Naruto se leva et alla voir ce que faisait Gaara.
« Je peux regarder ? » Demanda-t-il en s'asseyant à côté de lui. Gaara était absorbé par son travail au fusain.
« Dans un petit moment. » Promit Gaara en ajoutant quelques derniers traits par ci par là. Il s'arrêta quelques secondes plus tard. « Voilà. » Déclara-t-il en tendant la feuille au blond.
Les yeux de Naruto s'écarquillèrent en découvrant le dessin.
« Mon psychologue m'a dit que je devrais essayer de dessiner mes rêves pour l'avenirs. De cette manière, il me sera plus facile de les réaliser. » Expliqua Gaara en regardant les joues empourprées de Naruto.
« Heu… Tu as l'intention de montrer ça à ton psychologue ? » Demanda Naruto en se grattant l'arrière du crâne d'un air embarrassé. L'image représentait deux garçons –Gaara et lui-même, pour être précis- en train de faire l'amour.
« Bien sûr que non ! Ne sois pas stupide. » Marmonna Gaara en reprenant la feuille. Il la rangea avec ses autres dessins, à l'abri des regards indiscrets. Pour être honnête, il se sentait déjà assez gêné de l'avoir montré à son compagnon.
« C'est à ça que tu rêves ? » Demanda Naruto, ses yeux bleus rivés sur le rouquin.
« … Oui. » Admit Gaara. « Pas toi? »
Naruto rougit de plus belle. Il était vrai que lui aussi rêvait de voir leur relation se concrétiser enfin. Mais il était également conscient qu'il valait le coup de se montrer patient.
Gaara se leva, et Naruto en fit de même. Le rouquin se rapprocha de lui et, pendant quelques instants, tous deux se contentèrent de se noyer dans les yeux de l'autre. Les orbes bleus étaient pétillants, emplis d'amour et de tendresse. Les deux océans de jade étaient calmes et attentifs, comme s'ils cherchaient des réponses.
« Tu as envie qu'on réessaie ? » Murmura Gaara en posant ses mains sur la joue du blond.
Les yeux bleus s'écarquillèrent, pas de peur, mais de surprise. Il laissa son compagnon caresser ses anciennes cicatrices, sans détourner le regard une seconde. L'échange était si intense qu'il en vint à se demander si le rouquin était capable de détecter les frémissements de son âme. Celle-ci semblait trembler en lui, submergée par ses émotions et son désir. Et ces émotions étaient entièrement destinées au rouquin, qui représentait à lui seul tout ce dont Naruto pouvait rêver.
En guise de réponse à la question qui flottait encore dans les airs, Naruto se rapprocha un peu plus et pressa ses lèvres contre celles de Gaara. Les mains du rouquin, toujours posées sur ses joues, remontèrent pour se perdre dans sa chevelure blonde.
Le baiser prit fin, mais leurs regards étaient plus intenses que jamais. Comme s'ils étaient capables de lire dans l'esprit de l'autre, ils se dirigèrent d'un accord silencieux vers la chambre.
Une fois dans la pièce, Gaara prit Naruto dans ses bras et l'enlaça tendrement. Il voulait lui prouver qu'il était capable de douceur. Il voulait offrir tout son amour pour celui qui, secrètement, l'avait aimé depuis le tout début. Il voulait lui montrer un amour pur, et dépossédé des ombres de son passé. Et plus que tout, il voulait que Naruto comprenne que son amour n'était pas égoïste et qu'il lui était entièrement dévoué.
Ils se libérèrent de leur étreinte passionnée, et commencèrent lentement et silencieusement à se dévêtir mutuellement. Il y eut de nombreuses pauses, accompagnées de regards signifiant 'tu es sûr de toi' ou 'est-ce vraiment ce que tu veux', de manière à ce que chacun d'eux soit assuré de ne pas commettre de geste déplacé ou non consentant.
Une fois entièrement débarrassés de toute entrave, la douce brise estivale caressa leurs corps nus, mais aucun des deux ne se préoccupa de la fenêtre ouverte. Ils n'avaient d'yeux que l'un pour l'autre. Naruto admira la peau d'albâtre, qui faisait encore plus ressortir le rouge des cheveux de Gaara. Et Gaara ne pouvait détacher son regard du corps bronzé de Naruto, qui semblait s'illuminer telle une pierre dorée sous la douce lueur de la lune. Et tandis que l'ombre de la nuit les enveloppait, ils s'allongèrent sur le lit.
Gaara couvait Naruto d'un regard tendre. Pour la première fois, il aperçut une lueur sauvage dans ses prunelles bleues. Quelque chose qui se débattait pour qu'on le laisse sortir. Un léger sourire apparut sur les lèvres du rouquin. Lui aussi en avait désespérément envie.
« Haa… » Gémit Naruto en sentant le membre de son compagnon s'éveiller contre lui. Il joua des hanches, provoquant un halètement de la part de Gaara.
Une faim s'insinua en Gaara, une faim de contacts plus intimes encore, et il n'était pas certain de pouvoir conserver son calme encore longtemps. Le parfum de Naruto emplissait ses narines, une légère odeur légèrement musquée, et Gaara savait que cela pourrait bien vite le rendre fou, s'il se laissait emporter par ses émotions.
Naruto avait enroulé ses bras autour de la taille de son amant, les rapprochant encore un peu plus. Il voulait, il avait désespérément besoin du plus de contact possible entre leurs deux corps. Il sentait sa peau s'embraser délicieusement dès qu'elle touchait celle de Gaara, lui provoquant des frissons le long de sa colonne vertébrale.
« Il faut que je te prépare. » Murmura Gaara en embrassant amoureusement la gorge hâlée.
« Il y a du lubrifiant dans le tiroir de la table de nuit. » Répondit Naruto en relâchant légèrement Gaara pour lui permettre de le chercher.
Avec délicatesse, Gaara commença à préparer son amant pour la suite. Il fit de son mieux pour que Naruto ne ressente pas la moindre douleur. Le blond ne put se retenir de gémir en sentant des doigts s'immiscer en lui, et remuer doucement. Et plus le blond haletait et gémissait, plus Gaara sentait sa propre excitation monter en flèche.
Naruto était allongé sur le dos, les yeux clos, les joues rosées. Toutes les sensations se mélangeaient dans son cerveau, alors qu'il laissait son amant le toucher. Oh, comme il voulait déjà le sentir ! Il voulait Gaara au-dessus de lui, se mouvant en lui, lui faisant l'amour, tendrement et passionnément. Il se savait impatient, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il avait attendu cela depuis si longtemps, pendant ses longues nuits de solitude, qu'à présent que cela allait enfin se réaliser, il voulait ressentir cette plénitude –à la fois mentale et physique- bien qu'il n'ait pas envie de hâter les choses.
« Tu t'impatientes ? » Demanda Gaara avec un sourire en coin, en voyant son amant gigoter de désir.
« Je n'y peux rien. J'ai trop envie de toi. » Admit Naruto en ouvrant enfin les yeux.
Considérant qu'il était suffisamment préparé, Gaara lubrifia son propre sexe et se positionna entre les jambes de Naruto. Les océans bleutés, plantés dans les siens, débordaient d'émotions. Sans un mot, mais lui renvoyant son regard, il demanda à son amant s'il était prêt.
Hochant la tête, Naruto enroula ses jambes autour de ses hanches pâles, et posa ses mains sur ses épaules.
Lentement, Gaara commença à s'introduire. Naruto gémit et, serrant un peu plus ses jambes autour du rouquin, il l'incita à le pénétrer davantage.
« Haa… » Soupira Gaara en sentant Naruto le pousser en lui.
« Gaa-ra ! » Gémit Naruto en resserrant également ses bras autour de ses épaules.
Il marmonna des paroles incohérentes alors que Gaara s'enfonçait de plus en plus en lui, rendant celui-ci fou de désir. Une fois entré jusqu'à la garde, il laissa échapper un soupir tremblant. « N-Naruto… »
Naruto était subjugué par ses émotions, il se sentait si aimé, si complet, et si… passionné. Il avait du mal à tenir en place.
Comme s'il avait détecté l'humeur de son amant, Gaara amorça les premiers mouvements. Lents au départ, ils prirent néanmoins rapidement une cadence de plus en plus frénétique. Ceci sembla plaire au blond, qui le lui fit savoir par de longs gémissements.
Toute la passion que Gaara avait conservée au fond de lui venait d'exploser d'un seul coup, et son corps tout entier était en feu. Faire l'amour à Naruto était un pur don du ciel. Jamais dans ses rêves les plus fous, il n'avait osé imaginer que l'amour serait aussi merveilleux.
« S'il te plait… Ajuste-toi un peu dans cet angle, que… AAAAH ! » Naruto avait été incapable de retenir le hurlement en plein milieu de sa phrase. Gaara venait tout juste de percuter son point sensible, et Naruto aurait pu en pleurer de bonheur. Une larme lui échappa, rapidement repérée par Gaara.
« Je te fais mal ? » Demanda Gaara en se figeant.
« C'est plutôt le contraire. » Soupira Naruto, manifestement contrarié par cet arrêt soudain. « C'est fabuleux ! »
Soulagé, Gaara reprit le rythme en prenant soin de heurter la prostate du blond à chaque allée.
Naruto voyait des étoiles. Chaque coup de boutoir le rapprochait un peu plus de l'extase. Ses mains se crispèrent dans le dos de Gaara et ses ongles s'enfoncèrent dans sa peau pâle. Il ne pouvait s'empêcher de répéter, de gémir le doux nom de son amant, tout en marmonnant des paroles sans véritable sens. Jamais encore il n'avait ressenti une telle chose. Cette passion consumait son corps tout entier, et jamais il n'aurait pensé un jour éprouver quelque chose d'aussi… sauvage.
Gaara enroula ses doigts autour de l'érection palpitante du blond et commença à la stimuler en cadence avec les mouvements de son bassin. Naruto en sembla ravi car les griffures dans son dos se firent plus incontrôlées, plus bestiales. Gaara adorait la passion sans limite que reflétait son visage. On aurait dit que Naruto s'était perdu au pays des merveilles.
Naruto s'abandonnait tout entier à son amant, cœur, corps et âme. Il voulait tout offrir à Gaara, et savait que celui-ci ressentait la même chose. Jamais il n'avait connu une personne comme Gaara auparavant, et il était heureux de penser que leur amour durerait à jamais. Ses émotions devenaient si intenses qu'il se sentit bientôt prêt à exploser. Et ce n'était pas une bonne nouvelle, car il aurait aimé que cet instant dure le plus longtemps possible.
« G… Gaara… » Haleta-t-il en remontant ses mains sur ses épaules. « Je v-vais… »
A ces mots, Gaara se concentra sur ses mouvements, accélérant le rythme jusqu'à son paroxysme. Entendant les cris de son amants devenir de moins en moins discrets, il sut qu'il ne faudrait plus beaucoup de temps avant que…
« Haaa… aaaAH ! » Hurla Naruto en arquant le bas du dos, ses mains se crispant subitement sur les épaules du rouquin. Il se répandit sur son ventre et son torse, et ses muscles commencèrent à se détendre. Il pouvait sentir la moindre parcelle de son corps comme s'il était en fusion.
Les yeux brillants de luxure et de passion, Gaara ne perdit pas une miette du spectacle. Voir Naruto jouir ainsi sans la moindre réserve lui procura de délicieux frissons. Sans ralentir, il chercha à présent sa propre libération. Il n'eut pas besoin d'attendre bien longtemps, alors que sous lui se trouvait un Naruto au visage encore extatique.
« N-Naru… » Haleta-t-il en le pénétrant une dernière fois, les mains crispées sur les draps. « Haaaa-ah ! » Gémit-il, submergé par son orgasme. C'était le paradis, le vrai paradis. Tremblant de tout son corps, Gaara s'écroula sur Naruto, plus comblé que jamais. Les spasmes de sa jouissance continuaient à le faire tressaillir.
« Je t'aime. » Souffla Naruto, ses yeux mi-clos admirant son amant en nage.
« Je t'aime, moi aussi. » Répondit Gaara en relevant la tête vers les splendides yeux bleus. C'était un pur Bonheur, après toute cette passion. Et c'était là qu'il était le plus heureux, juste auprès de son précieux Naruto.
Après une douche bien méritée, les deux amoureux retournèrent dans le lit, prêts à se laisser emporter par le sommeil. Ils se sentaient épuisés mais, oh, tellement heureux.
« Jamais je n'aurais pu imaginer que la vie puisse offrir quelque chose de si fantastique. » Murmura Gaara. « Je parle de toi et de ton amour, notre amour. »
« Je suis heureux que les événements aient pris cette tournure. » Répondit Naruto en se rapprochant de son merveilleux amant.
Tandis que la nuit noire veillait au-dessus d'eux, les deux garçons se turent.
Naruto s'endormit peu de temps après, et Gaara l'entendit ronfler avec amusement. Le serrant un peu plus contre lui, il repensa à sa propre vie. Avant sa rencontre avec Naruto et même parfois après, sa vie lui avait parue terne et sans espoir. Il n'avait aperçu aucune lumière, aucune échappatoire entre les griffes de son frère. Et en ce temps-là, il avait pensé qu'elle resterait ainsi jusqu'à sa mort, qu'elle soit naturelle ou provoquée par une crise trop violente de Kankuro.
Mais tous ces souvenirs lui paraissaient flous et lointains à présent. L'état de son frère s'améliorait progressivement, grâce à l'aide qu'il recevait enfin. Et Gaara lui-même se sentait mieux dans sa peau, mieux que jamais auparavant, car lui aussi avait reçu de l'aide et –plus important encore- de l'amour. L'amour généreux, rayonnant, régénérant de Naruto avait fait des miracles sur lui. Il se promit de faire tout les jours de son mieux pour être la personne que Naruto méritait. Et il était convaincu d'en être capable, tant qu'il aurait l'amour du blond comme motivation.
Il voulait baigner dans la douce chaleur de Naruto pour l'éternité. Et à présent, il savait qu'il le pourrait. Naruto était son soleil privé, celui à qui il devait tout son bonheur, son sauveur, son amant, un condensé de tout ses désirs.
Jamais il n'aurait cru un jour se sentir si heureux, si comblé. Mais à présent qu'il l'était, il ne savait pas quels dieux remercier. Entre ses bras, Naruto marmonna dans sa barbe avant de se lover un peu plus contre son torse. Gaara sourit, et déposa un tendre baiser sur son front.
Le futur s'annonçait radieux.
Au même moment, Kankuro se tournait et se retournait dans son lit, incapable de trouver le sommeil malgré la dose de sédatifs qu'on lui administrait tous les jours. Il était parfaitement éveillé, seul, et silencieux, dans son étroite chambre aux murs blancs. Ses songes ne cessaient de le hanter, l'empêchant de fermer l'œil.
Il n'arrivait pas à s'ôter Gaara de l'esprit. Son obsession refusait de s'en aller, de le laisser enfin en paix. Il n'arrivait toujours pas à admettre que son petit frère avait choisi le blondinet plutôt que lui. Après tout, il lui avait offert tout ce dont il avait besoin sur un plateau.
La loi affirmait que ressentir une attirance sexuelle pour un membre de sa propre famille était immoral. Il détestait cette vision étriquée. Il avait des sentiments sincères et passionnés pour son merveilleux petit frère et ils lui semblaient pourtant si limpides, si naturels, si purs. Au fond de lui, il ne voyait pas ce que ses sentiments avaient d'immoraux. Il haïssait la société pour l'empêcher d'être ce qu'il était et le traiter comme un criminel. Il se considérait simplement comme un homme amoureux, et il ne voyait pas ce que cela pouvait avoir de mal ou d'inacceptable.
Il savait que Gaara resterait à jamais le seul amour de sa vie. Personne d'autre n'avait la moindre chance d'atteindre son cœur. Seul le rouquin parvenait à faire frémir son âme par sa simple présence. Seul Gaara était capable de calmer sa faim, et à cette simple pensée, il sentit le désir courir dans ses veines. Il ne comprenait pas pourquoi l'amour qu'il ressentait était mauvais, il avait droit au bonheur, comme n'importe qui. Comment pouvaient-ils oser le traiter de monstre !
En apparence, il avait toujours agi comme n'importe qui. Il était agréable, compréhensif, et moral. Auprès des employés de l'hôpital, il admettait sans problème avoir commis de graves erreurs, et qu'il méritait effectivement sa condamnation. Ce n'était pas évident de jouer constamment un rôle, mais il n'avait pas le choix.
Mais ce qui le rendait plus en colère était le fait que le blondinet ait réussi à lui arracher ainsi des mains sa précieuse marionnette, et en avait par la même occasion coupé toutes les ficelles. C'était la première fois que Gaara l'abandonnait, en dépit de tous ses efforts pour le garder auprès de lui. Mais il savait également que ce serait la dernière, il ne le laisserait plus jamais lui filer entre les doigts.
Se laissant voguer au gré de ses dangereuses pensées, Kankuro leva les yeux au plafond et y projeta son avenir. Cinq ans n'étaient pas grand-chose. Ensuite, il serait de nouveau libre. Gaara sera toujours aussi jeune et attirant. Et si entre temps Naruto n'était toujours pas sorti du tableau, il trouverait bien un moyen de l'en exclure d'une manière ou d'une autre.
Par ailleurs, il était ravi à l'idée que dans cinq ans, Gaara ne serait plus mineur. Par conséquent, leur relation ne serait plus illégale. Elle n'en serait pas davantage tolérée publiquement, mais ça, Kankuro s'en fichait. Il était à présent habitué à dissimuler sa vie et à porter un masque en toutes circonstances.
Le sourire aux lèvres, Kankuro songeait au futur et aux possibilités qu'il offrait. Puis, le sourire se mua en un rictus sinistre, tandis qu'il pensait au jour où Gaara serait sien de nouveau.
Oui… Le futur s'annonçait radieux.
NdA : J'avoue être un peu inquiète avec ce chapitre.
Comment une personne comme Gaara saurait comprendre comment fonctionne l'amour dès le départ? Il fallait qu'il commette certaines erreurs avant tout. A mon avis, il aurait été peu réaliste qu'il soit présenté comme un amant irréprochable après toutes ces épreuves.
Si quelqu'un a une idée plus définie du diagnostique de Kankuro, n'hésitez pas à le dire. Je ne suis pas psychologue, après tout.
Je sais que la scène de sexe entre Gaara et Naruto est plus romantique que réaliste. Je sais que pour sa première fois en tant qu'actif, Gaara n'aurait pas dû se montrer aussi doué, mais alors que je commençais à écrire la scène comme deux amants, timides, maladroits et inexpérimentés, elle devenait plus technique que romantique, et ça aurait été un peu nulle, pour clôturer l'histoire.
Concernant la toute dernière scène de cette histoire, waaah, ne me haïssez pas ! Je n'ai jamais prétendu vouloir écrire une fin heureuse. Je me devais de finir ainsi, parce que malgré tout, Kankuro reste ENCORE mon personnage préféré dans cette fic! Je sais que ça peut paraître tordu, mais je l'ai adoré. Et puis la fin aurait été ennuyeuse si Naruto et Gaara étaient voués à vivre ensembles tranquillement pour toujours sans devoir affronter de nouveaux challenges dans le futur. J'ai conscience d'être cruelle, car je ne donne pas à Kankuro une chance de guérir comme Gaara. Mais les gens comme lui guérissent rarement complètement. Ils resteront toujours un peu des enfoirés. A moins que ce ne soit juste moi qui suis un peu trop cynique.
En tout cas, merci beaucoup de m'avoir lu!
