Chapitre 13 : Nouvelle vie
Le soleil était à son apogée, glorieux, brillant, irradiant sa lumière sur terre. La ville, vibrante, se mouvait continuellement. La famille réussit à y arriver en avance, et trouvèrent le chemin. Elle était plus grande que la précédente, mais pourtant accueillante. L'entrée de la ville pouvait se résumer par deux ou trois portes qui faisaient office de douane. En y entrant, malgré l'aspect médiéval, elle révélait une société très en avance. Les rues, quelques fois faites de pavés, étaient en quadrillage, impossible de se perdre. Les maisons, hautes jusqu'aux nues, étaient toutes alignées proprement, comportant un jardin, un grenier, une cave et un bâtiment qui faisait office de garde-choses. On y mettait ce qu'on voulait, généralement, des outils de jardin ou ce qu'on ne pouvait ranger à la cave. Ces habitations ressemblaient plus à des manoirs qu'à des maisons. Pourtant, chaque habitant de ce village en possédait une. Les places, pavées d'une sorte de pierreries, répandaient une douce odeur qui flottait dans les environs. Le sol, souvent coloré d'une multitude de couleurs plaisantes à l'œil, laissait tout type de voitures passer. En arrivant, la fratrie remarqua qu'il n'y avait pas de cour de justice, ni même de tribunal et encore moins de commissariat. Seul le maire représentait l'autorité en ce lieu. Il se baladait librement dans la ville, vaquant aux occupations habituelles, rencontrant ses administrés. Il se montrait souvent présent et attentif.
-Regardez ça !
Silver pointa un immense bâtiment du doigt. D'autres encore défilèrent des carreaux du véhicule. Le palais des sciences était immense. Il faisait au moins une vingtaine de maisons de la ville. Il était divisé en plusieurs sections, retraçant l'évolution de toutes les sciences, faisant le point sur l'état des connaissances actuelles. Donc il était en perpétuel mouvement. Les habitants y tenaient beaucoup et chacun y prenait un soin particulier à le visiter. C'était le monument à voir.
-Et là !
Il y avait quelques établissements scolaires. Les élèves avaient le choix entre sortir librement ou rester dans la cour. Les professeurs, souriants, les accueillaient joyeusement, à bras ouverts. Tous avaient un visage radieux. Ces écoles, collèges, lycées et écoles supérieures étaient aussi grands que le palais des sciences et chacun y avait sa place. Chacun était accepté.
-waouh !
De l'autre côté de la rue, une grande route pavée de pierres vertes conduisait à un bâtiment isolé sur une petite colline, à la vue et à l'atteinte de tous. L'hôpital. Le personnel médical était attentionné et doux. Leur âme pleine de bonté. Le bâtiment était accueillant, chaud, réconfortant, et non pas effrayant ou inquiétant. D'ailleurs, il n'était pas peint en blanc mais plutôt en rose clair, côté rose pastel. Une couleur douce, très tendre, qui pousse au réconfort.
-Et là !
Le long d'une avenue de quelque nom d'un héros ou d'un grand personnage littéraire, trônaient de multiples boutiques de toutes sortes. Des magasins alimentaires, de mode, de beauté, des librairies… Ils étaient peu bondés, et les prix en vitrine étaient fort alléchants. Les prix étaient moins chers d'un peu plus que la moitié du prix normal. Par contre, heureuse chose, les salaires de cette ville ne baissaient jamais. Cette ville ne connaissait pas la crise. Les salaires étaient élevés.
-Ici !
Après un pâté de maisons, une immense place, le centre de la ville, s'offrait à eux. Une statue géante mettant en scène un roi couronné de lauriers dans un char tiré par des lions puissants, dominait cette place. C'était un coin exclusivement piéton. Un podium était dressé un peu plus loin, en face du roi d'or immobile. Des bâtiments, transformés en salons de thé, boites de nuits, arcades et bien d'autres, étaient ouverts au public, qui entrait et sortait gaiement. L'air frais entra dans le véhicule par une fenêtre qu'avait ouvert Silver. Une douce odeur de raclette passa sous leurs nez, tandis qu'ils passaient devant une allée des cuisines. Toutes sortes de restaurants, du plus « classique » au plus « extravaguant » étaient côte à côte et offraient des mets succulents à bas prix. Un peu après leur véhicule prit une allée de gauche, passant devant un parc qui ressemblait à une forêt. Des dizaines d'espèces d'arbres cohabitaient pacifiquement, leur cime atteignant le ciel infini. L'herbe, coupée ras, était belle et bien verte, les bancs fort plaisants. C'était un lieu fort fréquenté. Juste à côté, des stades de sports se côtoyaient gentiment. Chacun pouvait y aller. Et Sonic, des étoiles plein les yeux, aperçu un immense stade, grand de dix fois le palais des sciences, un stade. Un stade destiné aux groupes musicaux. Son esprit vadrouilla là-bas, il se voyait devant des millions de personnes, suant, sous la chaleur des projecteurs, guitare entonnant des accords infiniment harmonieux, et le public qui hurlait de pleins poumons son euphorie. Sa bouche ne pu s'empêcher de s'ouvrit, bavant légèrement, ses yeux suivant le stade qui disparaissait peu à peu avec ses fantaisies tandis que la fratrie le regardait, pouffant de rire. Silver s'accouda à une fenêtre voisine de celle d'Amy, regardant son portable un instant. La photo le suivait même jusque dans son esprit. Shadow, perdu dans ses contemplations, cru apercevoir les formes de sa fiancée dans les contours magnifiques du soleil glorieux. Ses yeux se rabattirent sur ses mains, qu'il ferma en poing. Amy regardait avec une satisfaction infinie les milliers de bâtiments qui défilaient devant elle. Le minibus s'arrêta alors devant une sorte de manoir, où les grilles s'ouvrirent, les accueillant. Ils entrèrent par une petite cour, faisant le tour d'un petit rond-point pavé, avec un nombre incalculable de fleurs multicolores et agréablement odorantes. Là, devant la porte principale qui s'ouvrit, dévoilant un hérisson d'un certain âge portant fièrement une moustache, le véhicule stoppa son moteur. Amélia se tourna vers eux.
-Nous sommes arrivés !
L'hérisson les accueillit à bras ouvert, serrant chacun de ses membres, particulièrement Sonic. Ils étaient assez proches quand il était enfant. Il fit signe à quelques majordomes de garer la « voiture » dans le garage souterrain privé, bien à l'abri. Il leur montra alors le manoir devant les escaliers, respirant encore un peu l'air frais de la journée, puis se retourna, désignant la vue sur la ville avec sa main. Il toussa légèrement mais la joie le rattrapa bientôt, et il put alors leur montrer orgueilleusement sa « nation ».
-Bienvenu dans votre nouvelle ville !
######°######
Les bagages étaient défaits depuis longtemps et elles n'occupaient même pas le dixième de la maison. Elle avait six étages, un grenier et une cave. La cave était transformée en laboratoire, personne n'osait y mettre les pieds, le rez-de-chaussée comportait deux salons, une sorte de vestibule de la même taille que les salles, où les invités étaient accueillis, et une salle de jeux assez grande. Au premier étage se trouvaient les bureaux, les placards, les salles d'études… Au deuxième, c'étaient les chambres des habitants de la maison avec trois salles rattachées à chaque chambre, une pour y placer ses affaires, un mini bureau personnel et une qui pouvait être aménagée à sa guise. Au troisième, C'était les chambres des hôtes, des invités et des majordomes. Il y avait autant de place à cet étage qu'au précédent. Au quatrième, peu de personnes y allaient. C'était réservé aux « connaissances ». L'oncle avait assez de place pour loger une bibliothèque, un laboratoire d'analyses, un mini centre médical, un centre d'histoire et de cartographie ainsi qu'un globe terrestre géant. Au cinquième, c'était le « zoo ». Leur oncle aimait les animaux et en avait adopté plusieurs, passant du perroquet exotique au tigre du Bengale sans oublier les singes. Ils avaient des salles bien spécifiques, et des personnels agrégés à leur service. Au sixième, c'était une salle d'enregistrement. Il y a eu un temps où Charles, leur oncle, se passionnait pour la musique. C'était d'ailleurs lui qui les avait entraînés dans ce domaine. Mais après l'incident, par décision de leur père, ils ne voyaient plus leur oncle. Il garda cependant la salle musicale et l'entretenait avec un grand soin. Il y avait deux salles d'enregistrement, une salle d'entraînement, une salle insonorisée, une réserve avec des tas d'instruments différents et une salle de réparations. Le grenier était le fourre-tout. Des dizaines de choses qui ne trouvaient pas leur place terminaient leur vie là. Dans un coin plus éloigné, dans une pièce séparée de cette réserve, se trouvait la salle d'astronomie, très prisée par leur oncle, le soir. Il y avait un escalier, qui partait du fond de la maison, vers le milieu de la cave, qui menait jusqu'au dernier étage, ainsi que deux autres, un au fond, à gauche et l'autre au fond à droite. Il y avait aussi un ascenseur à côté de l'escalier central, qui pouvait contenir une voiture. La maison comprenait également des jardins : une sorte de modèle réduit de parc, avec un potager, un coin de jeux, un coin où coulait une rivière, un coin animaux et un coin « forêt ». On pouvait même suivre une petite allée pavée gracieusement qui faisait le tour du jardin, pour les balades nocturnes, et était même éclairée le soir par des petites lumières de bas-côté. Il y avait aussi une large piscine en fer montée à l'extérieur pour l'hiver et une digne des jeux Olympiques, ferrée dans le sol, qui trônait dans le coin jeux. Une véranda était accolée au salon, et une petite place cimentée recouverte d'enduit peint abritait le coin barbecue. Cette maison et cette ville ressemblaient au jardin perdu d'Eden… Ce qui dérangeait Amy, qui ne se sentait pas à place, perdue, dans ce flot de haute aristocratie.
-Hey, Ames…
Elle se retourna de sa chaise longue, souriant en voyant Sonic en short de bain. Elle se poussa, lui laissant de la place, qu'il prit poliment. Elle regardait la « pépinière », comme leur Oncle appelait la petite forêt, pensive. Sonic prit sa main, la serrant légèrement.
-Ne t'inquiètes pas, oncle Chuck va bien t'aimer, il est sympa !
-Mais s'il ne… Enfin, je ne…
-Voyons, je le connais bien, il t'aimera. C'est forcé.
Elle le regarda, un peu déstabilisée.
-Je suis une tête de bourrique et pourtant, je t'aime bien, moi…
Amy rougit, serrant sa main encore plus fort. Le vent balaya ses cheveux, les poussant devant ses yeux. Sonic passa doucement sa main sur son visage, les mettant derrière ses oreilles. Il l'embrassa sur la joue, et la regarda en souriant.
-Allez, tout ira bien… La famille est là. Je suis là.
Il se leva, s'étirant le dos en s'accroupissant dans un petit craquement qui fit pouffer Amy de rire. Il s'arrêta, décontenancé mais riant de bon cœur. Il releva courageusement son short, chaussant les claquettes de plage. Il tendit sa main à son ancienne sœur, cœur battant.
-Allez, il fait chaud… Viens te baigner !
-Hé bien…
Il lui fit la moue, insatisfait mais voulant aussi la taquiner. Elle sourit, riant, attrapant sa main. Il la tira hors de sa chaise longue, un sourire malicieux imprimé sur son visage. Il la poussa du coude, et elle le repoussa de même, puis, à quelques mètres de l'eau, il l'attrapa par la taille, lui soulevant les pieds du sol. Elle cria, remuant, amusée, et il piqua une tête dans le liquide rafraîchissant avec elle. L'eau éclaboussa les alentours mais sécha vite, à cause de la chaleur. Sa tête refit surface rapidement, et il cracha de l'eau, riant.
-A chaque fois, ça marche…
Il regarda autour de lui, essayant de voir son amie, mais elle n'avait pas refait surface.
-Ames ?
Il nagea vers le bord, s'agrippant sur le rebord glissant, prenant le temps de regarder chaque parcelle de la piscine. Personne.
-Ames ? Ne me fais pas ça…
Il tapota l'eau, plongea sa tête dessous, tentant de voir au fond mais remonta, manquant d'air. Son cœur s'emballa, sa gorge se serra.
-Amy ?!
Il allait sauter de nouveau dans l'eau mais quelque chose cogna contre lui, le poussant au fond. Il battait des bras et des jambes mais cette chose le retenait et il coulait vers le fond. Il le toucha, et le toucher lui paru frigorifiant, lui hérissant sa fourrure, lui déchargeant de l'adrénaline. Il combattit l'eau vaillamment, frappant des bras, cassant la forme harmonieuse des molécules inertes. Sa bouche commençait à se remplir, son nez aussi et il fut bientôt envahit, l'air lui manqua. Sonic vit une petite lueur, toucha un rebord. Il cogna le mur des pieds, se projetant au-dehors. Il racla le carrelage des mains, se hissa la tête hors de l'eau, triomphant. Le héros se coucha sur le sol, abattu. Il crachait, toussait et se mouchait dans l'herbe, s'effondrant sur la pelouse, se couvrant légèrement de boue. Il entendit un petit rire étouffé, et se força à se retourner sur le dos. Il était face à Amy, trempée, qui gouttelait sur lui. Elle s'assit à ses côtés, les yeux remplis de malice. Elle le tapa fraternellement à l'épaule, chuchotant quelques mots.
-Allez, calme-toi, tout va bien, je suis là…
Il cracha encore un peu, épuisé.
-Avoue que je t'ai bien eu quand même… Soniku…
Son surnom lui redonna un vif courage qui fouetta son sang. Il se jeta debout, frissonnant de joie à nouveau. Il regarda malicieusement Amy, qui se mit à courir. Il la coursa, et elle plongea alors dans l'eau, toujours suivie de près. Il attrapa quelques matelas gonflables, et les jeta dans la piscine, en enfourchant un comme un cow-boy. Amy s'assit confortablement sur un, éclatant de rire. Il pagaya avec ses mains, mettant leurs radeaux de fortune côte à côte. Elle l'éclaboussa un peu, dans un éclat de rire. Son regard vadrouilla incontrôlablement sur son torse. Il avait beau être son frère il y a un temps, mais elle ne pouvait le cacher… Avec tous ses exercices et son entraînement, il prenait bien soin de lui, et cela se reflétait sur son corps. Habillé à la mode, cependant élégant et branché, bien « sculpté » comme diraient les artistes. Un peu moins musclé que son frère ainé mais beaucoup plus que le cadet, il était quand même magnifique à ses yeux. Shadow est peut-être le plus fort, le plus musclé, mais Sonic avait tout de même de belles formes, dont ses abdos qui étaient mis en relief par l'eau qui brillait au soleil, sur sa peau légèrement bronzée.
-Hey, Ames, ça va ?
Elle le regarda, rougissant. Elle fit un signe de tête rapide, regardant l'eau autour d'eux, tandis qu'il rit légèrement, prenant sa main dans la sienne. Lui aussi ne pouvait le cacher. C'était peut-être sa sœur pendant un temps mais elle n'était pas mal non plus. Sa tenue deux pièces collée sur sa peau luisait aux rayons mousseux du soleil. Il sourit, perdu dans ses pensées.
-Bataille d'eau !
Ils se retournèrent en sursaut, cœur battant, apeurés. Les deux autres frères, armés de pistolets à eau les arrosaient en riant à gorge déployée tandis que Sonic et Amy se débattaient pour partir vers le bord de la piscine. Silver sauta tête la première dans l'eau, rebondissant sur le radeau de son frère, qui coula, les faisant tous deux sombrer dans les abysses.
-Bombe !
Amy regardait anxieusement au fond de la piscine, voyant les deux frères qui remontaient lentement vers la surface. Shadow plongea, roulé en boule, créant des immenses vagues dans la piscine. Le canoë d'Amy se retourna mais elle s'y agrippa fortement, balancée par le courant marin qui venait d'être créé. Silver remonta le premier, s'asseyant sur le bord, riant, son short de plage rouge collé jusque sous les bras, tout mouillé. Shadow arriva ensuite, remontant sur un matelas gonflable, plié en deux dans sa joie, avec le même short remonté jusqu'en haut. Sonic arriva derrière Amy, qui lui laissa de la place. Il cracha de l'eau, remettant ses pics à plat, même si une mèche rebelle se collait devant ses yeux. Il regarda ses frères, hystériques, tout en serrant son short de même couleur à la taille, évitant qu'il ne remonte. Il tendit sa main sous le matelas, attrapant un pistolet à eau, arrosant Silver, qui, surprit, retomba dans la piscine.
-C'est pas encore ton truc, la piscine, hein, frangin ?
Silver refit surface, s'agrippant sur le radeau de Shadow. Amy ne pu s'empêcher de rire, bientôt suivit par les autres, même Sonic, qui était un peu en colère. Le soleil frappait fort, réchauffant l'eau. Un hérisson à moustache passa par la véranda, un journal à la main. Il entra dans le jardin, en tenue de plage, et s'assit sur une chaise longue libre. Il s'étira mollement, baillant. Ses pieds glissèrent du sol et il tomba à la renverse avec son support. Il tomba sans cogner sa tête et sans grand mal, couché dans du liquide. Il tapota consciencieusement le sol, qui en était inondé. Il se releva, douteux, suivant les fuites. Il arriva au coin du terrain barbecue et les aperçurent dans la piscine, remuant, inondant les alentours. Il soupira, hochant la tête, quelque peu amusé. Il se retourna et rentra dans la maison, cherchant les domestiques. Depuis l'intérieur de la maison, on pouvait entendre les éclats de rire des adolescents qui s'amusaient dans l'eau par ce temps chaud. Ils avaient le cœur léger, et ne pensaient pas à demain.
