10/III/08
Hellow le monde !
Vous avez tous passé une bonne semaine ? La reprise était pas trop dure ? Moi, dès huit heure, j'ai essayé d'ouvrir la fenêtre du deuxième étage, pour sauter, histoire de me soustraire au discours soporifique de Mme SES. Vous savez quoi ? Jpensais pas que c'était possible mais j'ai trouvé pire que Binn's... C'est pas de la blague. C'est intenable. Heureusement que j'ai DM à contempler pendant ces deux heures, hein. C'est tellement triste d'être en SES alors que je pourrais faire autre chose. Et demain rebelote... Jsais pas comment je ferais si un jour DM ou ma poule Tifenn sont pas là. Jserais seule...
Ouai donc sinon, nous sommes dimanche et Seigneur Jésus-Christ, j'ai plein de devoirs. Horreur et damnation. Osscour. Jveux pas. SES, Maths, Anglais, Physique. Tuez-moi.
Sinon j'ai eu mes cadeaux Aloooors. (Jfais l'inventaire, ça mfait plaisir) J'ai eu un trop trop bon parfum qui s'appelle Lolita Lempicka, une cam pour mon portable, un trop beau haut, un Jungle Speed, des sous, mon miroir. Ma maman va m'offrir une bague quand on ira dans les magasins, c'est-à-dire jamais, vu que le week-en aucune de nous n'aime bouger. Et pis sinon, ma Grosse d'amour, ma meilleur amie de mon coeur m'a fait une petite chanson à la Claire Fontaine qu'elle a écrit sous cadre (Sans fautes mesdames et messieurs !) avec une photo de nous deux (Il a fallu qu'elle prenne celle où jsuis moche et elle souriante) et plein de petites perles et des sortes de rubans argentés. C'est magnifique et je t'aime Popote. Et pis mon autre meilleure amie m'a appelée. Si si. Jrigole pas. Des Antilles. C'était trop meugnon. Mais elle était malade (Il fait quand même 30°, faut le faire, hein, pour avoir la crève) du coup pas eu le temps de raconter ma vie. Jle fais avec vous. Et pis un autre très beau cadeau que j'ai reçu : une petite histoire d'Anadyomède. C'est une sorte d'OS, trop trop waw. Merci à toi ma Laranouillette (Mwahahaha ! Enfin trouvé le surnom ! Ca fait un peu coquillette, non ?)
Bref, jblablate, jblablate. Jparie combien que personne ne lit mes conneries ? XD Tiens jvais faire un sondage. Tapez 1 ceux qui lisent et les autres tapez "T'es la meilleure" pour me consoler... Jsais jsais... Jme lance des bouquets. Mais j'aime bien.
Sinon, jme demande si jdois balancer que mon frère s'est bouffé le pot de nutella en un week-end sans rien laissé à sa soeur préférée. Mais j'ai peur qu'il se rende soudain compte que c'est pas Père qui a bouffé les Duplos... Donc, dure dure décision à prendre...
Passons à Pandémonium, maintenant.
Comme toujours merci les reviewers. Vous êtes les soleils de ma vie. (L)
Alors j'embrasse fort Sarasheppard, Entschuldigung, Storii, FelicityJames, Caella, Nandouillettemalfoy, Anadyomède, Reliie, Valalyeste, Loulou par trois, Hermy69, EtoileDeNeige, Atchoum16, ReveuSe, SyanSyaoran, PetiteFleur, BellatrixBlackLestrange, Nacao, Ramdam et Sandrine93320. Merci de m'avoir souhaité mon anniversaire, même si c'est avec 27 minutes de retard :D Et merci de comprendre que je ne peux pas faire de happy-end dans cette fic.
Jvais répondre maintenant à quelques questions (Bouse, ça fait trop sérieux, ça) :
Malheureusement, Loulou, Pansy n'est pas stérile... Mais c'était bien essayé. De même le mariage à distance n'existe pas. On consomme le soir même chez les sorciers. Mwahahaha !
J'aime Luna et ce pour toujours (L)
J'aime Pansy et ce pour toujours (L) (Go go go PetiteFolle !)
Je m'aime et ce pour... Nan jblague.
Reprenons les fringues à Dobby. Même s'il faut le comprendre le pauvre chou. Il découvre son idole Hermione dans les bras du cruel ancien maître. Ils ont le coeur fragile ces ptites bêtes... Toutes façons, on ne peut rien faire pour Dobby. JKR l'a tué. C'était méchant. Et gratuit. Même si elle a une bonne raison. Jparie que Popote a pleuré. Ha ha. Pas moi. Jm'égare. Reprenons :
Hermione et Drago vont se revoir. A la fin. (Là, imaginez que j'arbore un sourire cruel et sadique)
Et pour finir : Vous savez que j'ai eu peur de vos reviews ? Oui oui jblague pas. Ca faisait... menaçant... Si si et en lisant entre les lignes, j'ai vu écrit en gros "MARIE HERMIONE ET DRAGO OU JVIENS T'EGORGER !" J'ai appeler mon papa et ma maman et j'ai barricadé ma chambre. J'ai même dit à mon patapouf de chien de me protéger, ce que ce con ne fera sûrement pas. Jcrois que le chat est bien plus dangereux... Enfin, si jamais à la fin de ce chapitre, il vous prend l'envie de venir me tuer dans mon sommeil, sachez que je n'habite pas en Bretagne de France dans le petit village de Tréméven au find fond des Côtes d'Armor, dans la chambre qui a pour fenêtre la deuxième d'une maison aux fenêtres et portes roses, juste derrière le cimetière. Donc voilà, hein.
Ce que je suis con des fois.
Jveux juste préciser quelques tucs pour ce chapitre.
J'aime ce chapitre ! On apprend plusieurs choses sur le passé commun de Drago et Hermione. Et Remus, jle trouve… vieux…. Vraiment vieux et sûrement méchant dans son malheur….
On voit beaucoup d'enfants donc jfais un rapide résumé : Rigel, fils d'Hermione et Drago - Sirius et Iris, enfants de Harry et Ginny - Callisto et Véga, jumelles adoptées de Olivia Diggory - Charlie et Hector, jumeaux de George - Angelina, fille de Fred et ses jumeaux Perceval et Arthur - Isabelle, fille de Fleur et Bill.
J'espère que mon Hermione ne vous paraîtra pas OOC.
Je vous souhaite une bonne lecture à vous.
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Pandémonium
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Chapitre XIII
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Novembre 1997
Abri de l'Ordre du Phénix
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Il poussa silencieusement la porte. Un filet de lumière éclaira brièvement le plancher et fila jusqu'au lit. Il referma et il n'y eut plus que la lune pour éclairer la chambre. Il avança tout doucement, retenant sa respiration de peur de la réveiller. Il se posta à la tête du lit, à environ deux pas et la contempla, la gorge serrée.
Elle dormait sur le ventre, totalement nue. Un drap blanc recouvrait une partie de ses jambes jusqu'au bas de son dos, laissant deviner le début de ses fesses. Sa tête reposait sur l'oreiller et ses cheveux formaient comme une couronne. Elle avait replié son bras droit, tandis que le gauche s'étirait sur le reste du lit.
Il s'agenouilla, subjugué. Ses jambes craquèrent. Elle bougea légèrement, le drap découvrit un pied, une mèche glissa devant son visage. Son souffle la soulevait en un rythme régulier.
Il n'aurait jamais cru être un jour dans cette pièce à regarder Hermione Granger dormir. D'ailleurs qui aurait cru qu'elle était si belle dans son sommeil ? Ses yeux parcoururent avidement son dos nu, partant de la naissance de ses fesses à sa nuque où quelques cheveux reposaient encore.
Dans la nuit claire de la lune, sa peau paraissait d'un blanc irréel, que seules les femmes de la noblesse possèdent. Il savait pourtant que la pâleur de son corps était due à la fatigue, au manque de soleil. Et pourtant, là, dans cette chambre à quelques pas d'elle, il préféra l'idéaliser.
Elle poussa un imperceptible soupir et remua une nouvelle fois sans pour autant se réveiller. Hypnotisé, il regarda la petite tâche plus sombre au creux de ses reins, une tâche de naissance à première vue. Son bras droit avait bougé, laissant deviner son sein écrasé sur le matelas.
Il la contempla un instant encore puis silencieux, se leva et s'approcha du lit. Légèrement hésitant, il posa sa main sur son dos et la fit glisser en une douce caresse. Elle sursauta et releva des yeux embrumés. Elle mit un temps à le reconnaître. Enfin, elle reconnut ses yeux acier, son visage qui la considérait gravement et après un faible cri, cacha sa poitrine de ses bras croisés.
Il ne dit rien et la regarda. Le drap avait fait une marque sur sa joue et sur son ventre. Ses cheveux étaient plus ébouriffés que jamais et ses yeux reflétaient une fureur factice. Elle tentait de résister en lui imposant l'arme qu'elle connaissait le mieux, la colère et pourtant, il voyait bien qu'elle se retenait de fondre.
Elle inspira calmement sans le quitter des yeux. Il était accroupi devant le lit, une main posée à plat sur le matelas, l'autre sur sa cuisse. Il la leva et l'avança vers son visage. Elle recula imperceptiblement alors il n'insista pas. Elle eut un nouveau soupir et à tâtons, chercha le drap pour le placer devant elle.
Quand elle eut dérobé son corps à ses yeux inquisiteurs, elle se permit de se perdre dans l'acier de son regard.
« Pourquoi es-tu là ? Murmura-t-elle, d'une voix douce.
- Je voulais te voir, répondit-il sur le même ton.
- Le visage découvert ? C'est dangereux. Si un membre de l'Ordre s'était levé et t'avait vu….
- Un oubliette aurait fait l'affaire, coupa-t-il dans un souffle.
- Tu me regardes depuis longtemps ?
- Assez, oui.
- Tu violes mon intimité, fit-elle remarquer. »
Il secoua la tête, clairement amusé. Elle ne parut pas outrée et continua de le regarder, de ses yeux chocolat que toute trace de sommeil avait quittés.
« Je me suis dit que maintenant que tu m'embrasses depuis près d'un mois, tu pouvais bien me faire visiter tes appartements, murmura-t-il, avec un sourire enjôleur.
- Que je t'embrasse ? Répéta-t-elle, en haussant un sourcil. Tu plaisantes, j'espère ? Dois-je te rappeler que c'est toi qui me tires le bras pour m'entraîner dans un coin sombre ?
- Tu n'es pas contre, fit-il remarquer, évasivement. »
Elle rougit. Il eut envie de la taquiner mais se retint.
« Qu'est-ce que tu veux ? Redemanda-t-elle, avec de l'impatience dans la voix.
- Je veux juste te regarder dormir….
- Bien sûr, ironisa-t-elle. Tu es bien le genre d'homme à regarder une femme dormir sans rien tenter. Ne me prends pas pour une imbécile, tu sais bien que je déteste ça. Que veux-tu ?
- T'embrasser.
- Tu m'embrasses bien trop souvent, je trouve.
- Et toi tu parles trop, répliqua-t-il. »
Il se pencha en avant et trop surprise, elle n'eut pas le réflexe d'esquiver. Il posa ses lèvres sur les siennes, une main sur sa joue. Elle garda les yeux ouverts, hésitant de la conduite à tenir. Il approfondit le baiser, se relevant doucement pour se mettre sur le lit devant elle. Elle finit par abandonner et passa sa main dans son dos. Doucement, sans quitter ses lèvres, il l'allongea sur le lit. Il commença à embrasser son cou, ses mains détachant habilement le drap, alors qu'elle rejetait légèrement la tête en arrière.
Quand elle sentit, sa main parcourir son ventre, elle tressaillit et le fixa. Il en fit de même.
« Attends, chuchota-t-elle. Attends.
- Je ne te ferais pas de mal, murmura-t-il.
- Ce n'est pas ça. Attends. »
Il acquiesça sans un mot et la regarda fermer les yeux. Ses lèvres remuèrent mais aucun son n'en sortit. Il comprit enfin qu'elle récitait le Charme de contraception que seules les femmes connaissaient. Elle le regarda de nouveau et lui sourit. Alors, presque avec tendresse, il l'embrassa.
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Mars 2006
Année Cinq sur le Calendrier de la Paix
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Elle apparut sur l'Aire de Transplanage. Le hall était pratiquement désert. Hermione eut un sourire las. La guerre était finie, mais elle n'arrivait toujours pas à imaginer l'hôpital aussi calme, elle qui ne l'avait connu que bondé et hanté par les cris d'agonie. D'un pas rapide, elle quitta le hall et s'engagea dans le couloir qui conduisait à l'accueil. Une dizaine de sorciers et de sorcières faisaient la queue, devant une secrétaire maussade.
Avec un bref sourire, Hermione se souvint de la description que lui avaient faite Harry et Ron, après qu'ils soient allés rendre visite à Arthur Weasley. Sans prendre garde aux autres, Hermione remonta la queue et se planta devant la sorcière.
- La chambre de Remus Lupin, ordonna-t-elle.
Des murmures indignés se firent entendre.
- Faites la queue, comme tout le monde, lâcha la secrétaire, d'un ton cassant.
Hermione s'apprêta à répliquer vertement, quand une voix l'appela. Elle se retourna. Harry venait vers elle, l'air agacé. Il lui intima l'ordre de le suivre, alors que les chuchotements se faisaient plus fort face au Survivant. Silencieuse, elle le suivit. D'un pas assuré, il la conduisit dans les dédales des couloirs, jusqu'au étage. Ils s'arrêtèrent devant une porte.
- Remus est ici, murmura Harry.
- Il va bien ? demanda Hermione à voix basse.
- Il meurt, dit simplement Harry en ouvrant la porte.
Il n'y avait pas les dizaines de bouquets de fleurs habituels dans la chambre, pas plus que les jolies infirmières. Il y avait juste un lit étroit au milieu de la petite chambre carré, des rideaux bleus tirés sur une fenêtre, et des bougies en lévitation. Hermione se mordit la lèvre, songeant soudain à tous ses arguments pour pousser l'hôpital Ste Mangouste à utiliser l'électricité.
Harry ferma la porte derrière eux et alla ouvrir les rideaux. Remus bougea dans son lit et tourna son visage blafard vers elle. Il cligna de ses yeux morts et Hermione s'approcha doucement de lui.
- Bonjour Remus, murmura-t-elle.
- Harry ? Appela Remus en l'ignorant.
- Je suis là, dit Harry de l'autre côté du lit. Ne t'inquiète pas, je suis revenu avec Hermione.
- Je vois ça.
Non, vous ne voyez pas.
- Enfin, je sens, corrigea Remus avec une sorte de sourire. Donne moi ta main Harry, mon garçon.
Il s'exécuta et bientôt, il tint la main rêche et froide de son ami. Hermione sortit sa baguette et fit apparaître deux chaises de chaque côté du lit. Harry et elle s'assirent.
- La chambre est petite, fit remarquer Hermione, d'un ton absent.
- Les Guérisseurs vont me transférer à l'étage en dessous, d'ici quelques jours, répliqua Remus.
L'étage en dessous. L'étage des condamnés. Elle hocha la tête et Harry lui envoya un regard de reproche.
- Tu as la même main que James, dit soudain le vieil homme.
- Q-Quoi ?
- Ta main, Harry. Comme celle de James. Aussi grande, aussi douce. Tu as les doigts de Lily par contre….
Il eut un petit rire et Hermione frissonna.
- C'est pitoyable, pas vrai, Harry ? D'entendre un vieillard parler de ta main ?
- Tu n'es pas un vieillard, rétorqua aussitôt Harry. Comment te souviens-tu des mains de mon père, Remus ?
- La mémoire…. Cette foutue mémoire de loup-garou. Les lendemains de pleine lune, ils étaient à mon chevet. James et Sirius. Et Peter. Et Lily ensuite. Lily me tenait toujours une main, Sirius ricanait bêtement en espérant me voir le suivre, Peter me tendait des Chocogrenouilles et James restait debout derrière Lily. Et maintenant, Harry…. Tu sais quoi, Harry ? J'aurais vu… quatre générations de Potter. Doréa et Charlus, James et Lily, toi et Ginny et Sirius bien sûr….
- Et Iris, acheva Harry d'une voix douce.
- Iris, oui. Lily aurait été heureuse. Tu me la présenteras ?
- Bien sûr. Sirius et Rigel voulaient te voir justement. Nous pourrions tous passer ce soir.
- Rigel, hein ? Sourit Remus en se tournant vers Hermione.
- Mon fils oui, acquiesça Hermione, tendue. Tu as envoyé un hibou à Ron, Harry ?
- Oui. Il ne peut pas venir maintenant. Il est en plein rendez-vous avec les donateurs de l'Orphelinat.
- J'ai entendu dire que Wendoline Zabini allait s'investir dans l'Orphelinat, se souvint Hermione. C'est une excellente idée, je trouve. Voilà qui fera réfléchir Zabini.
Remus toussa brièvement. Harry le regarda, posant sa main libre sur son épaule.
- Tu vas bien ?
- Oui, oui, répondit Remus d'une voix faible. J'ai hâte de voir les enfants.
Harry eut un grand sourire et se mit à raconter les dernières facéties de son fils. Il parla d'Iris aussi. Et Hermione regarda Remus qui écoutait la tête penchée sur le côté. Elle serra les poings. Et puis, Harry eut un bref sursaut et glissa sa main dans sa poche. Il en sortit un badge. Il lui permettait de contacter Bill et d'autres personnages importants du Ministère.
Il scruta les petites écritures qui défilaient. Puis il releva la tête.
- Je dois y aller, s'excusa-t-il. Bill veut me parler d'urgence. Il s'est passé je ne sais quoi au Bureau des Aurors.
Remus le fixa de ses yeux blancs et Harry ne cilla pas. Il soutint son regard accusateur. Puis le visage du lycanthrope se fendit d'un léger sourire.
- Bien sûr, Harry. Je vais rester avec Hermione, un moment et puis je dormirai un peu.
Hermione se mordit la lèvre.
- Tu restes un peu, Hermione ? Demanda Harry.
Il était si beau avec ses yeux émeraude mi-suppliants, mi-tendres. Elle l'aimait tellement. Elle regarda Remus qui lui, gardait serrée dans sa main celle de Harry.
- Pas de problème, dit-elle enfin. Va au Ministère, je reste avec Remus.
- N'oublie pas Harry, lança Remus. Ce soir, je veux mes petits-enfants à mes côtés. Je veux Sirius et Iris, Isabelle et les jumeaux, Angelina aussi. Et Rigel, bien sûr.
Hermione le fixa, de la colère dans les yeux. Harry hocha lentement la tête, l'air grave et doucement lâcha la main de Remus. Il sortit à reculons, et claqua la porte la laissant seule avec le lycanthrope. Oh, Merlin ! Il paraissait si vieux. Avec ses cheveux argentés, ses yeux blancs et ses mains ridées.
Justement, il en tendit une de main et Hermione se sentit dans l'obligation de la lui la serrer. Sa main était rêche, et grise, et laide. Et Hermione fut parcourue d'un infime frissonnement. Remus le remarqua. Il remarquait toujours tout, mais il ne dit rien.
- Hermione ? Souffla-t-il.
- Oui.
- Je vais mourir.
Hermione ne pensa même pas à nier. Ça aurait été mentir, et elle n'aimait pas mentir à ce vieux monsieur qui avait déjà tant vécu.
- Oui.
Il parut comme soulagé. Il soupira et darda ses yeux morts sur le visage presque neutre de la jeune femme.
- Hermione, reprit-il. Dis moi, Hermione, s'il te plaît, je vais mourir, demain ou même ce soir.
- Vous allez bientôt mourir, acquiesça Hermione.
- Hermione…. je t'en prie…. Je veux savoir…. La vérité.
- Quelle vérité ? Demanda-t-elle, avec douceur.
- Sur l'ascendance de Rigel.
Hermione cilla et imperceptiblement resserra sa prise sur la main de Remus. Il la fixa sans rien dire, attendant qu'elle prenne la parole.
- Je ne vois pas de quoi vous parlez….
- Ne me prends pas pour plus bête que je le suis, Hermione, prévint-il. Je sais…. J'ai l'intime conviction que….
- Que quoi !? Cingla-t-elle, en tentant de retirer sa main.
- Que tu n'as jamais réussi à oublier Malefoy, acheva-t-il, en serrant sa main avec force.
- Vous racontez n'importe quoi ! Siffla-t-elle.
- Ne me mens pas, Hermione ! Tu sens Drago Malefoy….
Elle chancela et ferma les yeux pour ne plus voir l'étrange sourire qui flottait sur le visage pâle de Remus Lupin. Elle sentait Drago Malefoy. Elle avait envie de rire. Sa voix se bloqua dans sa gorge et elle rouvrit les yeux.
Remus ne la quittait pas des yeux, semblant la voir malgré le voile qui recouvrait sa vue. De nouveau, il lui tendit la main et elle se rendit alors compte qu'elle l'avait lâchée. Réticente, elle s'en empara tout de même. Elle le lui devait bien.
- Alors ?
- Je n'ai pas de compte à vous rendre, répliqua-t-elle.
- Morgane que tu te trompes ma petite fille….
- Ne m'appelez pas ainsi.
- Tu me dois tant, Hermione…. Tu me dois mon silence. Mon amitié. Mon aide simplement.
- Non. C'est Harry qui vous doit tout cela. J'avais besoin de votre aide pour aider Harry. J'avais besoin de votre amitié pour qu'Harry reste fort, en nous voyant unis. J'avais besoin de votre silence pour faire plaisir à Harry, pour qu'il refuse de voir la vérité jusqu'au bout.
- Je n'ai rien dit, c'est vrai, pour ne pas faire plus de mal que nécessaire à Harry. Tu imagines ? Sa meilleure amie le trahissant…. Offrant son cœur à son pire ennemi….
- Drago n'est pas son pire ennemi ! Cracha-t-elle. Ce n'était qu'une guerre de collégien, un simple jeu pour passer le temps.
- Ca n'a jamais été un jeu pour eux deux.
- Comment le savez-vous ? Vous n'avez pas vu ce que moi j'ai vu ! Vous ne les avez pas vu se disputer et s'insulter. J'ai mis mon poing droit dans la tête de Drago Malefoy. Et nous en avons ri. Harry a tenu autant grâce à Ron et moi, qu'à Malefoy. Il fallait pour Harry, qu'il soit devant Drago.
- Tu oublies, Hermione, qu'Harry lui a ouvert les veines.
- C'était un accident !
- Sûrement…. Mais en avez-vous ri ?
Elle ne répondit pas. Qu'aurait-elle pu dire, à part avouer qu'elle avait tort….
- La haine qui les unit n'a aucune limite, aucun entendement. Ces deux-là sont nés pour se haïr. C'est écrit.
- Je ne crois pas au destin, lâcha Hermione, avec dédain.
- Et les prophéties ? Et les étoiles des centaures ?
- Ce ne sont que des mensonges, s'entêta-t-elle, sachant pertinemment qu'elle s'enfonçait.
- Crois ce que tu veux, dit simplement Remus, toujours sa main dans la sienne. Mais si Harry venait à savoir ce qui s'est passé en son absence….
- Harry n'est ni mon père, ni mon frère, ni même mon époux. Nous sommes amis et je choisis moi-même les gens que je désire fréquenter.
Remus la regarda, sans un mot. Elle était sûrement une des femmes les plus bornées qu'il n'est jamais vu. Avec Tonks. Dora….
- Tu t'es librement offerte à Drago Malefoy, dit-il, alors que son cœur se serrait au souvenir de sa compagne. Tu as conçu un enfant avec lui. Un enfant que tu étouffes.
- J'aime mon fils ! s'écria-t-elle, furieuse.
- Tu aimes Rigel ou tu aimes Drago ?
C'était bas. C'était cruel. De nouveau, Hermione ferma brièvement les yeux. Elle aimait son fils. Il était de sa chair et de son sang. Elle l'avait porté en son sein, pendant neuf mois, elle avait souffert des heures pour le mettre au monde, mais jamais elle ne s'était plainte. Elle avait choyé celui qui serait son unique enfant. Elle l'avait aimé. Parfois, c'était dur et elle le prenait fort contre elle, pour tenter de retrouver un peu de Drago sur sa peau et dans sa voix.
Ginny et elle avaient eu leurs fils à quelques jours d'intervalles. Ils avaient été élevés comme deux frères. Hermione s'était enfermée dans sa bulle, avec son fils, celui de Drago. Elle avait fermé les yeux sur le reste. Sur Ginny, surtout. Ginny qui souffrait, qui pleurait et qui détestait son fils autant qu'Hermione aimait le sien.
La différence qui les séparait était simple. Hermione s'était résignée à ne jamais revoir Drago. Elle avait reporté son amour sur leur fils. Ginny avait espéré, chaque jour, chaque heure de voir Harry revenir, un Harry victorieux, un Harry qui les aimerait elle et Sirius. Elle avait détesté son fils pour être là à la place de celui qu'elle aimait autant que sa vie.
- J'aime mon fils, répéta Hermione.
Remus ne répondit pas mais Hermione vit bien qu'il ne la croyait pas. Et pourtant elle l'aimait tant, son garçon, si discret, si observateur, si beau. Tellement différent du turbulent Sirius, tellement différent du hautain et glacé Drago….
- As-tu parlé de son père à Rigel ?
- Oui.
- As-tu… donné son nom ?
- Non, souffla-t-elle. Il est trop jeune. Il ne comprendrait pas.
- Mais tu as tout révélé à Drago, n'est-ce pas.
Il connaissait la réponse. Il demandait juste pour voir. Juste pour la torturer un peu plus.
- Oui, dit-elle encore.
- Et qu'en pense-t-il ?
- Rien. Absolument rien. Je me suis trompée sur lui, c'est tout.
Et son cœur criait, et pleurait et saignait et elle était persuadée que Remus en entendait les plaintes. Il pencha la tête sur le côté.
- Alors, Rigel est son fils ?
- Vous connaissez la réponse, répondit Hermione d'un ton sec.
- J'aimerais l'entendre de ta bouche.
- Pour mieux le répéter à Harry ?
- Je ne suis pas ainsi, Hermione, fit-il remarquer, l'air blessé. J'aimerais emporter ce secret dans ma tombe.
- Oui.
- Oui quoi ?
- Oui, Rigel est le fils de Drago. Oui, nous avons fait l'amour à l'Abri, nous l'avons tellement fait que j'en ai perdu le compte. Et oui je l'aime depuis toujours.
Un lourd silence plana sur la chambre. Lentement la main de Remus qui tenait toujours celle d'Hermione glissa et tomba dans un bruit mat sur le drap. Hermione le dévisageait avec froideur, formant un troublant contraste avec la douleur brûlante du fond de ses yeux.
Remus la regarda et pour la première fois depuis qu'il était aveugle, il ne parvint pas à la voir. Il ne parvint pas à lire ce que disait son corps, ce que murmurait son odeur. Elle resta droite à la regarder, la colère bien présente sur son visage.
- Et tu ne m'aimes pas, pas vrai ?
Une question qui n'en était pas une. Hermione frémit mais ne bougea pas d'un pouce.
- C'est vrai, dit-elle enfin. Je ne vous aime pas. Avant à Poudlard, lorsque vous étiez professeur, je n'avais d'yeux que pour vous et votre savoir, votre intelligence et votre gentillesse. Après je vous ai aimé pour avoir aidé Harry à remonter la pente suite au décès de Sirius. Et puis, lentement mon admiration s'est muée en méfiance. Je n'aimais pas vos yeux malades posés sur moi, alors que déjeunais face à Drago, à l'Abri. Je n'aimais pas votre faux sourire de parrain quand vous regardiez mon fils.
La façon que vous aviez de renifler quand Harry félicitait Rigel, sans savoir de qui il était le fruit. Vous êtes quelqu'un de bien, Remus, sincèrement. Mais l'amertume qu'a laissé en vous le vide de la mort de Tonks, vous a détruit. Vous êtes un vieillard qui a trop vu, un vieillard aigri. Vous ne m'aimez pas non plus.
Vous pensez que j'ai trahi mon camp, que j'ai trahi celui que j'appelle frère et que vous aimeriez appelé fils. Et vous me détestez parce que Harry m'aime comme une sœur, malgré ce pêché, alors que vous, il vous apprécie comme un oncle. La place de père sera toujours occupée par Sirius Black et de cela vous n'en avez que trop conscience.
Hermione se tut, essoufflée. Elle avait les joues roses, le souffle court et malgré l'idée qui la traversa qu'elle ait pu blesser Remus, elle se sentit fière de sa tirade. Remus allait mourir. C'était indéniable. Elle devait tout lui dire pour qu'il n'y ait pas de faux semblants entre eux. Remus la dévisagea, et il ne sembla ni vexé, ni déçu, ni même malheureux. On aurait pu le croire soulagé.
Il laissa un vague sourire flotter sur ses lèvres, alors qu'il se calait mieux dans son lit, Hermione toujours face à lui.
- Tu penses que je reverrais Dora et Sirius, James et Lily ?
- J'en suis certaine, affirma Hermione, gravement.
- C'est très bien, alors. Tu penses que je serai normal là-haut ?
- Oui, répondit Hermione, comprenant sans peine le sous-entendu. Le Paradis, c'est pour les justes. Votre Loup ira en Enfer et vous vous élèverez vers le ciel.
- C'est ce que j'espère.
Il cligna des yeux et émit un profond soupir.
- Je doute que le Paradis soit le même pour les sorciers et les Moldus, mais si c'est le cas, je jure que je saluerais tes parents pour toi.
- Merci Remus, souffla-t-elle.
- Tu viendras ce soir aussi ? Avec Rigel ? Je veux tous mes… tous mes petits enfants à mes côtés.
Elle hocha la tête et après un faible sourire, pressa brièvement la main du vieux lycanthrope. Elle sortit de la chambre et tandis qu'elle avançait dans le couloir, elle eut conscience des larmes qui roulaient sur ses joues.
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Décembre 1997
Abri de l'Ordre du Phénix
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Il se leva au milieu de la nuit, la poitrine oppressée, le bras brûlant. Sans un regard pour sa compagne endormie paisiblement, il alla dans la salle de bain et s'accroupit face à la cuvette des toilettes. Il haleta, la respiration sifflante et saccadée, attendant vainement que sa nausée prenne fin. Il attendit un long moment, affalé sur le carrelage vieux de dizaines d'années, le bras posé sur la porcelaine de la toilette. Puis, lentement, il se releva. Il se passa un peu d'eau sur le visage et sur son bras dont la douleur n'avait pas baissé d'un cran.
Il retourna dans la chambre et frissonnant de froid, il se glissa sous les couvertures. Il serra contre lui le corps chaud de son amante qui inconsciemment se blottit contre lui.
« Que m'as-tu fait ?... Chuchota-t-il à son oreille, avant de déposer un baiser sur sa nuque. »
Seul le silence lui répondit. Alors, doucement il se rendormit, alors qu'elle ouvrait brusquement les yeux, brillants dans la pénombre. Et toi alors ? Eut-t-elle envie de demander. Que m'as-tu fait, dis ?
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Mars 2006
Année Cinq sur le Calendrier de la Paix
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Elle revint le soir, avec son fils. Ils toquèrent à la porte de la chambre et une voix de femme leur intima l'ordre d'entrer. Ils étaient tous là. Les enfants assis sur le lit avec Remus, en train de dessiner quantité de dessins. Et les autres, les adultes, ceux à la mine faussement enjouée mais grave sous le masque.
Harry assis, sur une chaise à la tête du lit, la petite Iris, étroitement serrée contre sa poitrine. Molly installée sur le sofa, Bill à ses côtés, l'air sombre et Fleur en train de chantonner d'une belle voix. Les Jumeaux en train d'expliquer à Remus leur tout nouveau produit, un dérivé de la Carte du Maraudeur, et Ron qui les écoutait amusé. Leur compagne respective, respectueusement restées en arrière, discutant à voix basse. Et Ginny, assise à même le sol, près de Angelina, la fille de Fred, en train de lui lire un conte.
Elle leva brièvement la tête vers les nouveaux venus. Sirius assis près du bras de Remus poussa un cri et se rua sur Rigel, son meilleur ami, son presque frère. Il le happa par l'épaule et l'entraîna vers l'aire de dessin. Harry se leva et sourit à sa meilleure amie en faisant apparaître un autre siège près du sien.
- Rigel et Hermione sont là ? Devina Remus.
- Oui, Lup ! S'exclama Sirius. Je trouve que t'es trop fort, tu sais ?
Remus lui sourit et Sirius retourna à ses œuvres, après les avoir montrés à Rigel qui s'installa à ses côtés. Hermione chatouilla la joue de la petite Iris que Harry tint fermement contre lui, comme s'il avait peur de la perdre.
Hermione eut un sourire nostalgique. Son regard tomba sur son fils et ses boucles claires. Elle aurait tellement voulu le garder bébé, pour l'avoir toujours contre son cœur. Aujourd'hui, il lui quémandait des câlins, lui offrait des baisers mais elle ne le prenait plus dans ses bras. Il était trop lourd. Il n'y avait qu'un homme qui pourrait encore le soulever. Un père.
Des heures passèrent sans que personne ne s'ennuie. Les aînés des enfants, Rigel et Sirius, les Inséparables, racontèrent leurs folles péripéties dans les couloirs du Ministère. Ils avaient réussi à fausser compagnie à l'elfe chargé des les surveiller, du moins le croyaient-ils, et avaient visité tout le niveau un, où se trouvait les bureaux ministériels.
Et puis, minuit sonna. Les enfants parurent étonnés d'être encore debout à une heure tardive mais ne s'en plaignirent pas. Molly fut la première à partir. Elle lança un au revoir et quitta la pièce sans se retourner. Son départ jeta un froid. Molly n'était plus Molly depuis la mort de son mari et de deux de ses fils. Puis, Fleur suivit avec Isabelle dans ses bras et Bill derrière elle. Elle déposa un baiser aussi léger que le vent sur la joue de Remus et Bill lui pressa l'épaule. Isabelle s'était endormie dans les bras dans sa mère. Elle ne put dire adieu au vieux Lup.
Ensuite, les Jumeaux, toujours par deux prirent leurs compagnes par la main, les jumeaux de Fred à droite et ceux de George à gauche, de façon à ne pas les confondre et Angelina dans les bras de sa mère. Il ne resta plus que Ginny, Harry, Ron, Hermione et leurs enfants. Ginny regarda Harry et sans un mot, tendit les bras pour prendre Iris. Il la lui donna sans rechigner. Sirius et Rigel s'étaient fait silencieux et regardaient le lycanthrope. Sirius le plus curieux et dégourdi osa alors poser la question qui semblait lui brûler les lèvres.
- Pourquoi on était tous là, Papa ?
- Pour dire au revoir à Remus, répondit Harry, de sa voix la plus douce.
- Tu pars où Lup ? Demanda Sirius, avec comme du reproche dans la voix.
Rigel comprit avant lui. Peut-être même avait-il compris avant tout le monde.
- Lup, il va au ciel, murmura-t-il, à son ami.
- Lup aussi ! S'exclama Sirius, tristement contrarié.
Hermione se rendit compte qu'ils en avaient vu des gens partir au ciel. Beaucoup trop pour leur jeune âge.
- Il est tard, mon chéri, dit alors Ginny, en tendant sa main libre à son fils. Allez on rentre.
- Avec Rigel ?
- Non, répondit Hermione à la place de Ginny. Rigel et moi on rentre aussi. Viens mon cœur.
Elle tendit les bras mais Rigel lui prit simplement la main. Elle en eut mal au cœur. Il grandissait et les moments où elle le portait semblaient n'être plus que des souvenirs. Ron la regarda et parut lire en elle. Elle se détourna et regarda longuement le corps recroquevillé de Remus Lupin.
- Au revoir, Remus, murmura-t-elle. N'oubliez pas… de saluer mes parents… et d'emporter vos secrets avec vous.
Elle n'avait pas pu s'en empêcher. Ginny tourna brusquement la tête vers elle, Ron haussa un sourcil et Harry resta impassible. Remus la regarda et un sourire vint fleurir sur ses lèvres.
- Débarrasse toi de cette désagréable odeur, répondit-il en retour et Hermione eut envie de le gifler.
Elle hocha simplement la tête, alors que Ron et Ginny embrassaient tour à tour le lycanthrope. Il s'attarda sur la petite Iris, et huma son odeur de nourrisson, et passa fébrilement ses doigts sur le visage fin du bébé.
Ils sortirent ensuite, laissant Harry, Hermione et Rigel. Le petit garçon s'approcha presque timidement de Remus qui le regarda arriver, qui le sentit près de lui. Rigel le regarda gravement et Hermione ne pu s'empêcher de penser que peut-être que son fils avait remarqué que Remus était distant vis-à-vis de lui. Parce que pour Remus, Rigel était le fruit d'un amour interdit, d'un pêché. Rigel n'aurait même pas dû exister.
- Au revoir, Remus, souffla-t-il, en posant un baiser hésitant sur sa joue.
- Au revoir, mon Loupiot.
Et Rigel sourit. Parce qu'au fond de lui, il savait que Remus l'aimait quand même, malgré le mystère qui entourait sa naissance. Il retourna vers sa mère et lui prit la main. Remus se tourna vers Harry.
- Je reste encore un peu.
Hermione hocha la tête et sortit, Rigel à ses côtés. Et elle eut juste le temps d'entendre la voix de Remus, avant que la porte ne se referme.
- Aide moi, Harry. Aide moi à m'asseoir dans ce fauteuil roulant. Je voudrais juste faire une dernière promenade avec toi, fils.
-x-
Janvier 1998
Abri de l'Ordre du Phénix
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« Cela fait trente-sept fois que nous faisons l'amour. »
Il caressait son dos, l'air absent et eut un sursaut quand elle parla, brisant le silence qui régnait dans la chambre. Le silence est roi.
« Tu comptes ? S'étonna-t-il.
- Pas vraiment…. Mais nous dormons ensemble depuis la fin du mois de novembre. Ce qui fait environ deux mois et demi. Sachant que tu n'es pas un grand abstinent, nous obtenons le chiffre trente sept.
- Tu n'es pas croyable, soupira-t-il. Un grand abstinent ? Peuh, tu m'insultes, chérie.
- Je n'aime pas quand tu m'appelles ainsi, fit-elle remarquer les sourcils froncés.
- Je ne vois pas où est le problème, répliqua-t-il, en faisant courir ses doigts sur son omoplate. »
Elle ne répondit pas, sachant qu'elle ne pouvait pas lui dire « Parce que je sais que quand tu le dis, ce n'est pas avec de l'amour. Parce que je sais que tu ne m'aimes pas comme moi je t'aime. » Mais elle ne le dirait jamais, parce que ça la mettrait en position de faiblesse. Elle préférait attendre qu'il se déclare.
Elle ferma les yeux, le nez enfoui dans l'épaule de son amant. De nouveau, le silence les engloba. Elle était si bien dans le silence. Si loin de la guerre, des cris, des pleurs, des autres surtout. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas autant apprécié le silence….
Soudain, elle eut un sursaut, en sentant les lèvres douces parcourir son bras. Elle rouvrit les yeux et le dévisagea, face à lui, le torse découvert. Il lui rendit son regard, moqueur et l'air d'attendre la suite.
« Quelle est heure est-il ? Demanda-t-elle. »
Il tiqua mais ne dit rien. Elle sentit sa main quitter son dos, alors qu'il se redressait.
« L'heure pour le méchant de rejoindre son antre, dit-il d'une voix glaciale. L'heure pour lui de laisser la princesse dans sa prison et de rejoindre la sienne, bien moins dorée.
- Ne recommence pas, lança-t-elle, sèche. Nous en avons déjà parlé.
- Parlé ? Mais ma pauvre chérie tu as monologué toute seule pendant un bon quart d'heure !
- Tu n'avais qu'à intervenir ! Est-ce ma faute si nous devons nous cacher ? Si Remus ou Ginny, ou n'importe qui nous trouve là, nus, finissant de faire l'amour, que crois-tu qu'il va se passer ?! Déjà le fait que Drago Malefoy soit à l'Abri va faire grand bruit, mais qu'il couche avec Hermione Granger va les achever !
- Et bien, tu n'auras qu'à dire que je t'ai violée ! Comme ça, tu seras sauvé du déshonneur. »
Elle secoua la tête, agacée et se tourna dans l'autre sens.
« Tu m'énerves Granger, grinça-t-il, entre ses dents serrées.
- C'est réciproque, chéri ! »
Il se dégagea des couvertures, les envoyant valser sur le sol et se mit debout. Hermione poussa un cri furieux et se redressa en position assise sur le lit.
« Mes draps, imbécile !
- Ramasse les toute seule, dit-il avec humeur, en enfilant ses habits.
- Je vais attraper froid ! Argua Hermione. »
Il s'arrêta immédiatement et la regarda, les yeux brillants. Elle eut un mouvement de recul qui le fit sourire.
« Attraper froid ? Répéta-t-il à voix basse. Tu veux que je te réchauffe mon ange ?
- Dégage de là ! Cracha-t-elle. Je ne te supporte plus !
- Depuis quand doit-on se supporter pour se réchauffer ? C'est une question de survie, pas vrai ?
- Drago, protesta-t-elle, en le voyant avancé de sa démarche féline. N'approche plus ! Je te jure que si tu approches, je te tue. »
Il balaya ses menaces d'un geste nonchalant de la main et se jeta sur le lit. Elle recula, lui offrant ainsi une vue imprenable sur sa poitrine.
« Trente-huit fois, souffla-t-il, avant de l'embrasser. »
-x-
Mars 2006
Année Cinq sur le Calendrier de la Paix
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Elle travailla tard cette nuit-là. Peut-être qu'au fond, elle se doutait qu'elle ne trouverait pas le sommeil. Elle était penchée sur un parchemin qu'elle couvrait de son écriture penchée et si soignée. Il y eut un léger 'clac' dans son bureau et elle releva la tête. Harry s'installa en face d'elle, et ralluma le feu mourant d'un coup de baguette.
- C'est dingue que tu n'y penses pas toi-même, dit-il en levant les yeux au ciel.
- Tu sais bien que quand je travaille, j'oublie ce qui m'entoure, sourit Hermione, en posant sa plume.
Les yeux de son ami brillèrent et elle le sentit amusé et serein. Et puis, elle se souvint de Remus.
- Comment va-t-il ? Demanda-t-elle de sa voix la plus douce.
- Il meurt. Nous avons été nous promener. Et nous avons parlé.
- De quoi ? Murmura Hermione, craignant déjà que Remus l'ait vendue.
- De mes parents, répondit Harry après un silence. Il m'a raconté encore une fois, le jour de leur mariage, la réaction de mon père à ma naissance. Tu savais que Sirius et lui se sont à moitié évanouis ? Ils ont été rattrapés par deux jolies infirmières. Ma mère était très en colère quand elle l'a su !
Il y avait tellement de sourire dans les yeux de Harry, tellement de tendresse et de regrets dans sa voix.
- C'était de sacrés numéros, sourit Hermione, amusée. J'aurais aimé les connaître. On dit que Fred et George sont leurs dignes descendants.
- C'est ce que m'a dit Remus, approuva Harry.
- Il t'a dit quoi encore ?
- Rien…. Il a un peu neigé, alors Remus m'a demandé de faire apparaître un dôme au dessus de nous. Tu sais, le doré avec des reflets rosés et orangés comme lorsque l'aube se lève….
- C'était sa dernière nuit, chuchota Hermione.
- Oui.
Il eut un nouveau sourire, plus douloureux, plus crispé.
- Nous avons regardé le petit parc. Il m'a dit qu'il aurait préféré être à la Maison de Merlin. Les jardins sont plus beaux d'après lui.
- Il ne les voit pas, ne put s'empêcher de dire Hermione.
- Il les sent, Hermione, coupa Harry. Il a dit aussi, qu'il avait été très fier de me connaître, très honoré de s'être battu… pour moi. Et puis, il m'a demandé de le ramener à sa chambre. Je l'ai poussé sur les petits sentiers glacés. La neige tombait. Il m'a demandé de lui décrire. Alors, j'ai dit que la nuit était noire et polaire, que les flocons dansaient et que leur pureté se détachait sur les ténèbres. Il a souri. Je l'ai recouché, et je suis sorti.
- Il doit être très heureux, Harry. Il t'aime tellement.
- Oui, souffla Harry, songeur. Je pense aussi.
Il regarda sa montre, d'un geste rapide. Minuit passé. Alors, il releva la tête et dit de sa voix redevenue indifférente, avec ses yeux de nouveau fermés.
- Il est sûrement mort, maintenant.
Hermione frissonna. Elle le ressentait ainsi, elle aussi. Elle savait que Remus s'était éteint, que ça avait été sa dernière sortie, sa dernière chance de faire comprendre à quel point il l'aimait, à quel point il le considérait comme un fils.
- Je vais y aller. Ginny doit m'attendre.
Il se leva et se mit au centre de la pièce. Hermione ne bougea pas.
- Tu sais quoi, Hermione ? Demanda Harry après réflexion. Je ne comprends pas pourquoi Remus et toi ne vous aimiez pas.
- Je l'aimais bien.
- Menteuse, sourit Harry, avant de disparaître.
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Août 1997
Abri de l'Ordre du Phénix
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Elle ne le pensait pas. Elle ne pensait pas ce qu'elle venait de dire. L'avait-elle dit en réalité ? Ses yeux durs comme de l'acier qui la dévisageaient en face lui apprirent que oui, elle les avait dit ces mots. Elle jeta un coup d'œil à son bras, si noir, si laid dans la pénombre.
Elle remonta jusqu'à son visage, si froid, si dur. Elle regretta.
« Drago….
- Je m'en fous. Je ne veux rien entendre.
- Je ne voulais pas….
- Tu ne veux jamais rien !
- Attends.
- Non. J'ai trop attendu. Tu me prends pour un chien, tu me renvoies au petit matin quand tu n'as plus besoin de moi, je me déplace chaque soir dans ta chambre, au risque de me faire prendre par ceux que tu appelles amis, on couche ensemble, par ci par là, on s'embrasse et là tu m'insultes ? »
On couche ensemble. Il ne disait jamais faire l'amour. Ca sonnait trop poétique, trop faux peut-être. Pas pour elle.
« Je regrette. C'est sous le coup de la colère.
- Je suis en colère, Hermione. Est-ce que je te traite de putain, parce que tu couches avec un Mangemort ?
- Tu n'es pas un Mangemort !
- Ce n'est pas ce que tu viens de me dire.
- Je me suis trompée, okay ? C'est partout tout seul ! Comme tes si affectueux Sang-de-Bourbe, à Poudlard….
- Tu me traites de Mangemort, répéta-t-il. Tu as vu la Marque, là sur mon bras. Tu savais qu'elle était là. Ca fait des mois que je la cache avec un tissu pour la soustraire à ta vue, parce que je ne veux pas choquer les yeux si innocents de la gosse que tu es. Et tu me dis « Mangemort » ?
- Merde, Malefoy ! S'exclama-t-elle. Tu es un Mangemort, non ? Tu es marqué comme tel, tu n'y peux rien, je n'y peux rien ! Estime toi heureux d'être ici à l'abri de Voldemort ! »
En voyant son teint livide, elle sut qu'elle n'avait pas dit la bonne chose, qu'elle s'était trompée. Il eut un ricanement détestable.
« A l'abri de Voldemort, répéta-t-il, railleur. Heureux ? Tu le fais exprès ou quoi ? Tu es donc si aveugle ? Parce que le Saint Potter t'a demandé de rester ici bien sagement à l'attendre, tu fais ce qu'il dit et tu feins d'être heureuse ? Pitoyable oui !
- Tu le sais que je ne suis pas heureuse ! Cria-t-elle, furieuse. Tu le sais alors pourquoi tu dis ça ? Non, je ne suis pas heureuse ! Je n'attends pas sagement le retour de mes deux frères. Tu sais que je trépigne d'impatience, que je n'ai qu'une envie, c'est sortir me battre au risque de me faire tuer. Tu me connais Drago. Tu sais comment je suis, quel caractère j'ai. Et tu dis que j'obéis ? Je n'obéis à personne ! J'aime Harry, je ferais tout pour lui, quitte à rester ici pour mourir à petits feux en son nom. Tu n'es qu'un sale con prétentieux, Malefoy.
- Heureux de le savoir, répliqua-t-il. Et si tu veux tout savoir, je ne suis pas à l'abri de Voldemort. »
Il lui jeta un parchemin, sorti de sa poche de sorcier. Elle le rattrapa et lut les deux phrases inscrites. Elle blêmit soudainement et chancela. Drago ne fit pas mine de la rattraper.
« Voldemort a appris que j'étais vivant. Sûrement grâce à la Marque qui relie un Mangemort à son Maître, hein ? Il m'ordonne de revenir…
- Et tu vas lui obéir ? Interrompit Hermione. Tu vas… partir ?
- Je ne sais pas, murmura-t-il.
- Tu ne peux pas, chuchota-t-elle, limite suppliante. Drago, tu ne peux pas me quitter, pas vrai ?
- Je ne t'ai jamais rien promis.
- Tu ne peux pas, répéta-t-elle. Tu ne peux pas rejoindre Voldemort…. »
Bien sûr que si, il pouvait. Il devait même le faire. Mais comme toujours, la voir si faible, si désespérée lui fit mal. Je dois partir. Je dois partir. Je te fais du mal. Nous nous faisons du mal. Il la regarda. Elle était si belle, vêtue seulement d'une fine robe de nuit qui laissait deviner ses jambes, ses cuisses et ses omoplates nues. Avec ses longs cheveux, en vrac sur ses épaules et ses grands yeux bruns, si grands, si mal….
« Je dois le rejoindre.
- Non ! Cria-t-elle. Tu ne peux pas ! Tu ne dois pas ! Je t'en supplie, Drago…. Tu ne peux pas. »
Un rictus déchira son visage si impassible. Il eut ce ricanement froid et méprisant, et elle frissonna, la tête baissée.
« Je n'aime pas que tu me supplies, lâcha-t-il d'une voix dure. Je n'aime pas que tu t'abaisses.
- Toi qui a passé une partie de ta vie à essayer de me faire sentir comme une moins que rien ? Toi qui m'insultais et me rabaissais, tu oses me dire cela ?
- Si je t'ai choisie, c'est parce que tu es digne de moi, répliqua-t-il.
- Digne de toi ? Répéta-t-elle, un brin hystérique. Tu te crois prince, Drago ? Digne de toi ? Qui pourrait donc être digne d'un serpent comme toi ? J'ai presque honte d'être digne de toi ! »
Elle réprima un sanglot alors qu'il la dévisageait, sans un mot. Ils se fixèrent, en silence, elle, secouée par des sanglots discrets, lui impassible, comme toujours, maître de lui-même.
« Je suis désolé. »
Elle le vit se baisser et prendre sa baguette sur la commode. Un spasme d'horreur la secoua et ses yeux s'agrandirent. Il attrapa ses affaires, posées sur la table.
« Je suis désolé, dit-il encore, en enfilant sa cape sans la regarder. »
Elle secoua la tête, comme une petite fille, si jolie, si faible.
« Drago…. S'il te plaît…. Reste avec moi. »
Il fit mine de ne pas l'entendre, ni ses halètements oppressés, ni même de voir la beauté de ses larmes roulant sur ses joues pâles. Alors, elle tenta le tout pour le tout, sachant qu'elle le perdrait de toute manière.
« Je t'aime Drago. »
Il ferma brièvement les yeux et sa main se crispa sur sa baguette. Alors, il se posa ce masque méprisable sur le visage, ce regard mauvais et il lui fit face, si grand, si beau, face à elle, pauvre enfant brisée par des rêves trop lourds.
« Pas moi, Granger, lâcha-t-il, d'un ton cruel. Pas moi. Je suis désolé, mais ma place n'est pas ici. Tu m'aimes ? Grand bien te fasse. Ce n'est pas réciproque. C'est la vie, Granger. Je dois partir. Je n'ai rien ici, je suis l'esclave de tes amis, et rien ni personne ne peut asservir un Malefoy. Je ne vous aime pas, je n'aime personne. Et ce n'est pas avec toi que je commencerais. »
Un long silence s'ensuivit. Il regarda les perles salées couler tout doucement sur les joues d'Hermione, ses yeux agrandis de douleur, sa gorge serrée. Il tenta d'oublier ce serpent qui lui dévorait les entrailles. Menteur. Tu mens, Drago, tu mens…. Il soutint son regard, qui se fit dur et froid.
« Lâche, gronda-t-elle. Je te déteste. Va lécher les bottes de ce Sang-Mêlé. Après avoir couché avec une Sang-de-Bourbe, plus rien ne te fait peur, pas vrai ?
- Plus rien, en effet, répondit-il, glacial. »
Il amorça un geste vers la porte et se demanda vaguement si elle allait l'empêcher de sortir, si elle allait le supplier, se traîner à ses pieds. Mais comme il se doutait, elle ne bougea pas, resta droite et digne au centre de la pièce. Sans un regard en arrière, il sortit. Il eut juste le temps de se dire « Merlin, c'était la première fois que nous faisions l'amour dans ma chambre » et la porte se ferma et le visage d'Hermione disparut.
Il descendit dans le hall, silencieux comme une ombre et il regretta que personne ne vienne se dresser devant lui, que personne ne tente de l'empêcher de fuir, quitte à le tuer. Un long moment, il se demanda quel était ce bruit sinistre, ce craquement douloureux, avant de comprendre, trop tard que c'était juste le son d'un cœur qui se brise. De son cœur à lui, qu'il espérait mort en écho à celui d'Hermione. Parce qu'il voulait, il fallait qu'elle l'aime, qu'elle lui ait dit la vérité.
A l'étage, dans la chambre de l'homme au masque, Hermione Granger s'écroula sur le sol, recroquevillée, les mains sur son bas-ventre douloureux. Elle poussa un cri déchirant avant de se laisser aller, pleurant toutes les larmes de son corps, appelant à l'aide, se sentant partir.
Je suis tellement triste... Vous allez me dire "Et ben, alors si t'es triste pourquoi tu les tortures, hein !" Et ben justement parce que c'est triste... Je crois que c'est un de mes chapitres préférés. J'aime tellement ce couple. En fait, je pense que ce couple n'est pas fait pour être ensemble. Dans ma tête, ils sont nés pour ce faire mal, pour se détester mais malheureusement, ils tombent aussi amoureux. C'est complètement tragique leur histoire ! C'est pour cela qu'il n'y a pas de happy-end : Pas assez crédible.
Bref, jvous vois d'ici avec vos grands couteaux de cuisine à vouloir me faire la peau. Si vous pouviez attendre que j'ai revu DM une dernière fois, ça serait gentil... :D
Alors que dire de ce chapitre ? Beaucoup de Remus et d'ailleurs désolée pour ses fans, mais il était trop vieux, trop fatigué pour continuer à vivre. Et il aura eu une belle mort avec ceux qu'il appelait famille. Et puis du Drago et du Hermione, beaucoup, beaucoup. Si c'est pas clair, n'hésitez pas à me poser des questions, je serais ravie de donner quelques précisions.
J'espère que vous avez aimé. Jviens de remarquer que mon discours de début est monstrueusement long. La prochaine fois jparlerais moins, promis !
Allez bisouxx à tous et à toutes et bonne rentrée aux Parigots de demain. A dimanche.
