Chapitre 12

Pour Elizabeth le retour à Longbourn fut plus difficile que prévu. Elle était heureuse de retrouver sa famille, mais sa mère l'avait couverte de reproches concernant son refus de Mr Collins, qui avait pourtant eu lieu plus d'un mois auparavant. Malgré l'assurance de sa tante concernant la raison de ce refus, elle ne pouvait que douter. Elle avait eu une discussion avec son amie Charlotte et avait compris qu'elle n'aurait pas dû être aussi méprisante envers son cousin. Certes, quand on regardait les origines des demoiselles Bennet et celles de leur cousin, tout comme l'éducation de ce dernier, on pouvait douter de leur égalité. Pourtant, pour le moment, Mr Collins était l'héritier de Longbourn et il pouvait mettre les filles et la femme de Mr Bennet dehors en cas de malheur. Rien ne disait que l'on pourrait casser le testament du grand-père d'Elizabeth excluant les fils de sa fille de la succession. En refusant Mr Collins, Elizabeth avait privé sa mère et ses sœurs d'une protection pour le cas où rien ne pourrait être fait pour que Bennet devienne le futur propriétaire de Longbourn. Elle en avait parlé avec Bennet et Ruth pour savoir ce qu'ils en pensaient. La réponse de Bennet avait été formelle : Elizabeth avait eu raison de rejeter cette demande. Mais en regardant Ruth, elle vit que cette dernière n'était pas si sûre que son frère. Elle se mit à s'inquiéter pour sa mère et ses jeunes sœurs. De plus, les soucis avec Lady Catherine pour récupérer leur partie de dot promise par Sir Lewis rendaient leurs mariages plus que difficiles.

Elle devint encore plus renfermée et soucieuse. L'Elizabeth souriante et pleine de vie s'éteignait un peu plus chaque jour, malgré l'inquiétude de sa famille. Même sa mère avait arrêté de lui reprocher son rejet de Mr Collins. Le jour où son père et son oncle partirent pour Netherfield à la demande de Mr Darcy, Elizabeth eut une discussion avec sa tante. Cette dernière avait fini par demander à ses enfants s'ils connaissaient la raison du comportement de leur cousine. Quand elle eut compris l'inquiétude de sa nièce, elle décida de lui parler. Car cette inquiétude, elle l'avait eueaussi en voyant les filles s'accumuler chez son frère. Elle avait donc eu une discussion avec son mari pour mettre sa belle-sœur et ses nièces à l'abri en cas de malheur. Elle en fit part à Elizabeth en lui faisant promettre de ne pas en parler à sa mère. Cette dernière ne put que remercier sa tante, mais cette dernière lui fit remarquer que, sans les sacrifices de son frère, elle n'aurait sûrement pas eu de dot suffisante pour Mr et Mrs Fitzroy donc qu'elle ne faisait que rendre à son frère ce qu'il lui avait donné. Puis la nouvelle de la date du mariage de sa sœur aînée arriva et cela lui permit de retrouver peu à peu sa bonne humeur. Enfin le jour de Noël et la traditionnelle soirée chez Sir William arriva.

Le jour de la soirée de Noël, Longbourn fut sans dessus-dessous. Elizabeth ne cessait de se demander comment sa mère pouvait mettre toute la maison en panique aussi facilement. Quand elle descendit avec Jane et Ruth, elle vit les hommes présents, c'est-à-dire, Mr Bennet, Mr Fitzroy et Bennet Fitzroy, qui les attendaient déjà. En voyant ses cousines, Bennet siffla (se faisait rappeler à l'ordre par son père par la même occasion) et dit :

« Jane, Lizzie, vous allez laisser vos prétendants avec le souffle coupé.

— Bennet, oublierais-tu que Jane est fiancée ? Elle se doit de l'éblouir, répondit sarcastiquement Elizabeth, pensant à ce que leur mère avait dit pendant les préparatifs.

— Très bien Lizzie, disons que Jane se doit d'être éblouissante. Mais toi quelle est ton excuse ?

— Aucune. Tu sais bien que je ne suis pas aussi belle que Jane et de toute manière personne digne d'intérêt ne s'intéresse à moi.

— Mon ami Darcy n'est pas digne d'intérêt ?

— Si bien sûr. Mr Darcy est une personne des plus intéressantes qui gagne à être connue. Mais il ne s'intéresse absolument pas à moi. Je ne suis que la fille d'un gentleman pauvre.

— Lizzie, tu te sous-estimes. Ta dot est loin d'être négligeable et de toute manière, tout comme moi il n'a absolument pas besoin d'épouser une dot, mais une femme digne de lui, et toute fille de gentleman, qu'il soit pauvre ou non, est digne d'un gentleman Lizzie.

— Je ne suis pas sûre que tout le monde à Londres pense comme toi, Bennet. Tu as bien vu comme la rumeur que Miss Bingley a répandue à Londres a fait scandale.

— En réalité, ce qui a fait scandale, ce sont les démentis des Darcy concernant les fiançailles de Miss Georgiana. Pour le reste, mère et ses amies n'ont eu qu'à rappeler que vous étiez des filles de gentlemans et descendantes des De Bourg pour que tout le monde oublie tout cela », répondit Bennet avec un petit sourire.

Elizabeth lui sourit mais ne put lui répondre car le reste de la maisonnée arriva et il fut l'heure de partir.

Dans le même temps, les habitants de Netherfield se trouvaient dans une voiture pour se rendre chez Sir William. Emma était heureuse d'avoir sa sœur près d'elle. Et en voyant le regard de son frère, elle pouvait dire qu'il pensait la même chose qu'elle. Georgiana, elle, était un peu anxieuse. Elle n'allait pour ainsi dire jamais à des réceptions. Il fallait également dire que son éducation au pensionnat ne lui en laissait que peu l'occasion. Et maintenant qu'elle suivait des cours à Londres, elle se trouvait peu en présence de son frère et de sa sœur. La différence de traitement entre les deux sœurs aurait pu causer une jalousie de la part de Georgiana, mais elle savait qu'Emma était restée bien plus longtemps en pensionnat qu'elle, ayant quitté le pensionnat uniquement pour entrer dans le monde à dix-huit ans. De son côté, Darcy savourait la présence de ses deux sœurs près de lui, il se sentait mieux quand il pouvait les protéger lui-même. S'il pouvait garder Emma près de lui sans aucun souci, il ne pouvait pas en faire autant pour Georgiana : elle était trop jeune, n'ayant pas encore l'âge d'avoir été présentée, et devait prendre des cours pour perfectionner son éducation. Il aimait les voir ensemble interagir, mais il remarqua à ce moment qu'il y avait une différence entre leur relation et celle des deux aînées des Bennet. Il s'était demandé plusieurs fois si les séparer avait été une bonne idée, mais comme lui avait fait remarquer son cousin, il n'avait pas eu vraiment le choix. Emma avait dû faire son entrée dans le monde et de toute façon, elle avait toujours été plus proche de lui que de Georgiana, malgré l'amour qu'elle avait pour elle.

Il se força à revenir à l'instant présent et à la réception chez les Lucas. Si Emma ne lui avait pas fait part de la présence des Bennet et des Fitzroy, il n'aurait pas autorisé Georgiana à y aller et aurait eu une excuse pour ne pas s'y rendre. La voiture s'arrêta et Bingley sortit en premier, vite suivipar Emma à qui il proposa son bras. Darcy sortit en suite et donna son bras à Georgiana quand elle fut sortie de la voiture. En entrant, il repéra immédiatement les Bennet et les Fitzroy et au vu des sourires d'Emma il sut qu'elle les avait vus également. Elle se pressa d'ailleurs de les rejoindre après avoir salué ses hôtes. Il eut un sourire en la voyant saluer ses amies et se mettre à discuter avec Miss Elizabeth. Il les rejoignit avec sa jeune sœur et fut heureux de voir qu'Elizabeth, Ruth et Emma essayaient d'inciter Georgiana à participer à la conversation. Pendant ce temps, les deux fiancés étaient en train de discuter tout bas, il alla donc vers son ami Fitzroy pour discuter avec lui. Ce dernier le remercia pour l'aide qu'il avait apportée à sa cousine. Darcy le regarda avant de dire :

« Ma tante risque de ruiner mes sœurs, je ne pouvais pas la laisser faire. De plus, Bingley est un ami et vous avez assez connaissance de mon caractère pour savoir comment je réagis avec mes proches. Enfin mon oncle a confié à mon père la responsabilité de ses cousines. Il en va donc de ma responsabilité de m'assurer que tout se passe pour le mieux pour elles.

— Êtes-vous sûr que ce sont les seules raisons ?

— Non vous avez raison. Il y en a une autre. Mais pour le moment, je souhaiterais régler cette histoire avec ma tante avant de faire quoi que ce soit.

— Alors faites-le vite. Ma cousine est loin d'être aussi sûre d'elle que l'on pourrait le croire. Et elle continue à croire que des personnes comme nous ne pourraient s'intéresser à des filles de gentlemans pauvres, même si en y regardant bien il y a plus pauvre que mon oncle. Elle a eu la même éducation que ma sœur et moi mais, si avec Ruth nous avons appris à faire la part des choses, elle non.

— Pourquoi me dire cela Fitzroy ?

— Parce que je sais ce que vous éprouvez pour ma cousine. Et je sais que vous ne devez pas être étranger à son comportement de ces derniers temps. Réfléchissez et faites le bon choix pour tout le monde. »

Darcy regarda son ami. Il n'y avait rien eu de dit clairement, mais il connaissait assez son ami pour reconnaître la menace sous-jacente. Bennet Fitzroy venait de faire exactement ce que lui aurait fait si la personne concernée était l'une de ses sœurs. Il se contenta de hocher la tête et de regarder Miss Elizabeth, en se disant qu'il n'avait rien à perdre. Il lui demanderait seulement une cour le temps de pouvoir gérer le souci de sa tante. Cela permettrait de ne pas entacher sa réputation avec des fiançailles trop longues en cas de réciprocité de ses sentiments, tout en lui montrant son admiration pour elle. Ça lui semblait être un bon compromis, cependant il ne pouvait s'empêcher de maudire sa tante. Sans elle, il n'aurait pas à tergiverser autant. Il soupira et demanda alors :

« Quand repartez-vous ?

— Sûrement d'ici une semaine. Pourquoi ?

— Je crois avoir trouvé une solution pour ne pas faire souffrir Miss Elizabeth, sans pour autant mettre sa réputation en danger, si ma tante fait traîner les choses.

— Que voulez-vous dire ?

— Votre cousine doute d'elle m'avez-vous dit. Mais êtes-vous sûr de ses sentiments à mon égard ?

— Elle ne m'en a jamais parlé. Mais il y a des signes qui montrent que vous êtes loin de lui être indifférent. Pourquoi ?

— Si je lui propose une cour, pensez-vous que je serai bien accueilli ?

— Oui je pense. Vous avez raison, c'est une bonne alternative, en espérant que cela ne dure pas trop longtemps.

— J'attends une réponse de mon oncle. Il ne reste plus qu'à espérer que nous tous réunis nous lui fassions entendre raison. Devoir faire appel à la justice dans ce cas serait fort déplaisant pour tout le monde.

— Je le pense aussi. Mais pour le moment, que diriez-vous de profiter de la réception ? Après tout c'est Noël, alors profitons, même si ça me change de d'habitude.

— Me feriez-vous croire que le bal de vos parents vous plaît tant que cela ?

— Autant qu'à vous je pense. Même si je suis sûr que cette année il sera plus intéressant pour vous, entre la présence de votre sœur et celle de ma cousine », répondit Bennet avec un sourire avant de se rejoindre ses cousines et les demoiselles Darcy.

Darcy le regarda parler avec Miss Elizabeth, la faisant sourire. Il aimait ce sourire, il était lumineux et donnait un tel éclat à ses yeux qu'ils l'avaient captivé dès le moment où il avait réellement posé les yeux sur elle. Il surprit le regard amusé de sa sœur et décida de se joindre au groupe, sachant qu'Emma ne raterait pas une occasion de le taquiner et qu'elle était capable d'entraîner Georgiana avec elle, ou du moins la faire sourire voire rire à ses dépens, sa relation avec sa plus jeune sœur n'étant pas de nature à ce qu'elle se sente à l'aise pour se moquer de lui de façon aussi franche qu'Emma. Au cours de la soirée, il put discuter avec Miss Elizabeth. Comme après chaque discussion, sa résolution de se lier à elle par le mariage se fit plus forte, tout comme sa volonté de régler les choses une bonne fois pour toutes avec sa tante. Mais il se tint à sa décision initiale et décida de rendre visite à Miss Elizabeth le lendemain. De son côté, Elizabeth savoura le temps qu'elle passait avec le frère de son amie. Il était tellement différent de ce qu'elle avait cru, elle regrettait de ne pas avoir ouvert les yeux avant. Elle décida de ne pas se laisser abattre et profita de chaque moment qu'elle avait avec lui. Elle profita également de son amie et apprit à connaître un peu plus sa sœur. Elle se sentait à l'aise avec les Darcy et ses cousins, bien plus qu'avec ses jeunes sœurs, même si elle ne l'aurait jamais admis. Tous passèrent un bon réveillon et se séparèrent heureux de s'être retrouvés.

Le lendemain, Emma fut surprise de voir son frère partir dès qu'il fut assez tard pour une visite. Elle savait les sentiments qu'il éprouvait pour Elizabeth, mais ne pensait pas qu'il en était au point de se déclarer, à moins qu'un cousin protecteur ne soit intervenu, ce qui ne serait pas totalement insensé, car elle savait que Bennet Fitzroy était très attaché aux deux aînées des demoiselles Bennet et qu'il se comportait avec elles comme un frère aîné. Elle savait que Fitzwilliam aurait agi lui aussi dans ce genre de situation. Emma alla dans le salon et vit sa jeune sœur qui regardait par la fenêtre leur frère partir. Elle se tourna en entant Emma et lui dit :

« Va-t-il où je pense qu'il va ?

— Je l'espère. Il ne m'a rien dit, mais a pris particulièrement soin de son habillage aujourd'hui.

— Il s'habille toujours bien.

— Oui mais aujourd'hui plus qu'en temps normal, comme s'il voulait faire bonne impression.

— Penses-tu qu'il va lui proposer le mariage ?

— Non, tant que le souci avec notre tante ne sera pas réglé, il ne fera rien dans ce sens. Et elle n'accepterait pas non plus d'ailleurs.

— Quels soucis ? Avec quelle tante ?

— Lady Catherine a – comment dire ? – une façon de retarder voire d'empêcher les demoiselles Bennet de se marier. Je n'entrerai pas dans les détails mais Fitzwilliam a fait en sorte que Miss Bennet puisse se marier et doit aller voir notre tante avec d'autre personnes pour lui faire comprendre qu'elle ne doit pas continuer sur cette voie.

— J'espère que ça suffira. Mais s'il ne va pas la demander en mariage, que va-t-il faire ?

— Sûrement l'autorisation de lui faire la cour. Ça permettra de clarifier les choses entre eux le temps que le mariage puisse être une possibilité et ils pourront en plus mieux apprendre à se connaître, surtout que Fitzwilliam a prévu de retourner à Pemberley après les fêtes. Comme Elizabeth sera chez les Fitzroy, il aura la possibilité de la voir.

— Tu penses que ça prendra combien de temps ?

— Je ne sais pas trop, j'espère que cela ne prendra pas trop de temps. Mais cela ne dépend pas de nous mais des hommes de nos familles. »

Georgiana soupira et proposa à sa sœur de se mettre au piano en attendant que leur frère ne revienne. Il leur avait offert des partitions dont plusieurs à quatre mains et elle voulait profiter de la présence d'Emma près d'elle pour les pratiquer.

Pendant ce temps-là, Darcy se pressait de se rendre à Longbourn : il fallait qu'il parle avec Elizabeth le plus rapidement possible. Il ne voulait plus attendre pour se déclarer. Bennet Fitzroy avait raison, il risquait de la faire souffrir s'il recherchait son affection sans rien lui donner en retour. De plus, il risquait de la perdre et cela il ne le souhaitait pas. Une fois arrivé, il salua tout le monde comme le voulait la bienséance, puis demanda à parler à Miss Elizabeth seul. Cette dernière échangea un regard avec son cousin puis se leva pour mener Darcy dans les jardins juste devant la maison pour que les personnes présentes dans le salon puissent les voir et être sûres que rien de compromettant ne se déroulait. Une fois sûr d'être vu sans être entendu, il prit une profonde respiration et dit :

« Miss Elizabeth, je me suis aperçu il y quelques temps, à l'époque où votre sœur et vous viviez chez Bingley, que mon admiration pour vous ne faisait que grandir. Et si dans un premier temps le comportement de votre famille fut un frein, je mis rapidement ce fait de côté en me rendant compte que vous étiez tout ce que je cherchais depuis des années et ce bien avant de connaître vos liens avec les Fitzroy ou les De Bourg. Je vous demanderais bien immédiatement en mariage, mais j'ai conscience qu'il faut tout d'abord régler le problème avec ma tante et que votre sens de l'honneur vous interdirait d'accepter de m'épouser avec une dot amputée, même si pour moi ce ne serait en rien un problème. C'est pour cela que je vous demande d'avoir l'honneur de vous faire la cour. Je sais que vous devez bientôt repartir avec votre oncle et votre tante, mais de mon côté je dois également retourner dans mon domaine. Et comme vous le savez peut-être, les deux domaines ne sont pas si loin l'un de l'autre donc j'espère pouvoir vous rendre visite quand vous serez là-bas.

— Mr Darcy, je ne peux que vous être reconnaissante d'avoir été aussi honnête avec moi. Je tiens à vous dire que oui, tant que ma cousine refusera d'honorer la part de la dot qui me revient, je ne pourrai accepter de vous épouser. Cependant, j'attends ce jour avec impatience maintenant que je suis assurée de vos sentiments. Et je ne peux donc que répondre positivement à votre demande de cour. Je serai heureuse de vous voir si mon oncle accepte que vous me rendiez visite chez eux. »

Darcy fut surpris de la formulation de la réponse de la jeune fille, mais ne put qu'être heureux de la tournure des choses. Il lui baisa la main et ils reprirent la direction de la maison où tout le monde attendait de savoir ce qu'il s'était passé. Cependant, pour éviter les phrases embarrassantes de sa tante, Bennet prit les devant en disant :

« Ne préparez pas le mariage tout de suite ma tante, Mr Darcy ne mettra personne dans l'embarras en demandant tout de suite la main de ma cousine. Il préfère que le problème avec notre cousine De Bourg soit réglé avant.

— Alors pourquoi demander à lui parler ? répondit cette dernière un peu vivement.

— Sûrement pour lui demander une cour mère. Vous savez bien que sinon il y aurait pu y avoir des rumeurs qui auraient pu mettre à mal la réputation de Lizzie. De plus, il s'assure de cette façon de leurs sentiments respectifs et sait de ce fait que ses attentions seront bien reçues et qu'il ne le dérangera pas. Ce qu'il fait là est plus qu'honorable mère, intervint Jane à la surprise de tout le monde.

— Je suis assez d'accord avec Jane. Ce jeune homme tient assez à notre Lizzie pour attendre de pouvoir l'épouser et préfère se contenter d'une cour. Pourtant, il n'y a qu'à voir leur position respective pour se rendre compte que sans ma cousine, il y aurait eu des fiançailles à célébrer », répondit Mr Bennet.

Quand les deux jeunes gens rentrèrent, Darcy demanda à voir Mr Bennet et Mr Fitzroy père. Il voulait être sûr de pouvoir voir Miss Elizabeth quand elle se trouverait chez les Fitzroy. Pourtant, la discussion qu'il eut dans ce bureau fut bien plus surprenante qu'il ne l'avait pensé. Car au lieu de lui répondre directement, son oncle le comte de *** avait écrit à Mr Bennet et Mr Fitzroy. Il eut donc la permission de voir Elizabeth et de lui faire la cour, mais il eut également une discussion sur la meilleure période pour aller à Rosing avec les trois autres chefs de famille pour faire cesser la comédie qui le privait de fiançailles.