"En fait c'est la première fois que je viens dans ta chambre," commenta Bruce une fois de retour à la Tour.
"C'est vrai," réalisa Tony. "Je vais te faire visiter."
L'arrangement et la taille de la chambre étaient les mêmes que celle de Bruce, mais les similitudes s'arrêtaient là. Alors que les murs de Bruce étaient nus, ceux de Tony étaient décorés avec un assortiment de différentes choses; un poster Iron Man style Warhol, un poster Black Sabbath, et des dessins au crayon de ses premiers designs de robots encadrés. Pour un homme qui passait son temps à rationaliser l'efficacité, Bruce aurait vu son logement un peu moins en désordre. Pas que ce n'était pas propre, c'était juste… plein de trucs. Il y avait de petits et gros morceaux de machinerie qui trainaient sur chaque surface plate, bien que Tony ait réussi à résister en grande partie à transformer sa chambre en un deuxième labo. Ce qui frappait Bruce le plus, c'était tous les objets personnels. Tony avait un couvre-lit lisse à l'air cher, avec des oreillers farfelus à l'effigie de dessins animés jetés dessus. Et sur sa table de nuit se trouvait une photo encadrée de lui passant son bras autour des épaules de Pepper, cette dernière levant les yeux au ciel tandis que Tony faisait le célèbre signe de paix.
"Tu veux vraiment de moi là-dedans?" demanda Bruce.
"Bien sûr, pourquoi ce ne serait pas le cas?" répondit Tony.
"C'est juste… que cette pièce est tellement toi. Et si je semais la pagaille?"
Tony le regarda curieusement. "Tu comptes enlever mes posters?"
"Non."
"Tu comptes dégager mes oreillers?"
"Bien sûr que non."
"Même pas le Pikachu?"
"Non."
"Bien, je l'ai eu à la fête foraine. Que de bons souvenirs," dit Tony. "Bruce, je te fais confiance pour savoir ce que tu peux mettre en désordre et ce que tu ne peux pas. Tu n'es pas une personne envahissante par nature. Je sais que tu feras attention à respecter mon espace. Mais je veux que ce soit le tiens aussi." Il se renfrogna pensivement. "Je n'ai jamais… jamais eu à partager comme ça avec quelqu'un mais… il n'y a personne avec qui je préfèrerais partager sinon toi. Je veux que cette pièce change. Je ne veux plus que ce soit 'moi', je veux que ce soit…"
Bruce regardait Tony devenir progressivement mal à l'aise avec chacun des sentiments qu'il exprimait.
"Je veux que ce soit nous."
Bruce sentait son cœur battre si rapidement qu'il ne pouvait même pas penser à une réponse.
"J'ai besoin de m'asseoir," dit-il alors qu'il sentait le sang quitter sa tête. Il s'assit sur le lit de Tony, et Tony s'assit à côté de lui.
"Je n'ai pas…" Bruce observa la pièce. "Je n'ai pas grand-chose à déménager ici. Juste des vêtements. J'ai perdu l'habitude de personnaliser mon espace. Ça fait un moment que je ne reste pas au même endroit suffisamment longtemps pour ça."
"Mais si tu as quelque chose," lui rappela Tony. Bruce le regarda d'un air perplexe, puis le milliardaire se leva et sortit de la chambre. Il revint avec ses balles de jonglage. Il en fit une pyramide sur son bureau, les faisant tenir en place avec des presse-papiers.
"Voilà. La première touche de Banner à honorer officiellement cette chambre."
Ils passèrent le reste de l'heure à faire de la place dans le placard de Tony pour y mettre les affaires de Bruce.
"Pourquoi tu m'as pris ça?" demanda Bruce en tenant le smoking qu'il avait trouvé dans son placard le jour de son arrivée.
Tony haussa les épaules. "Je suis un type riche. Dans mon monde, une garde-robe n'est pas complète sans une tenue officielle."
Quand Bruce fut enfin installé, la paire s'allongea sur le lit de Tony, qui était maintenant leur lit à tous les deux. Tony serra son oreiller Pikachu contre son torse.
"Je suis tellement content de ne pas avoir à dormir seul ce soit," admit-il.
Bruce lui fit un sourire narquois. "Pikachu ici-présent ne te suffit pas?"
Tony plaqua ses mains contre les oreilles du coussin. Chh! Pika-oreiller est super jaloux!"
Bruce renifla un léger rire avant de se blottir plus profondément contre la couverture.
"Mmmh…ce lit est aussi cool que celui de ma chambre," observa-t-il avec contentement.
"Evidemment," répliqua Tony. "Tu ne mérites pas moins."
L'heure du dîner arriva rapidement, et ils retrouvèrent le vieux scénario familial, Tony qui cuisine et Bruce qui s'assoit au bar.
"Tu as déjà fait quelque chose qui ne soit pas délicieux?" demanda Bruce en consommant joyeusement son repas.
"Une fois," admit Tony. "J'ai essayé de préparer un truc pour Pepper, mais j'étais nerveux et ça s'est terminé en désastre."
"Pourquoi étais-tu nerveux?"
Tony eut l'air peu enthousiaste à l'idée de répondre. "… Je devais lui dire que j'étais en train de mourir."
Bruce manqua de s'étouffer avec sa bouchée. "Tu étais en train de mourir?" demanda-t-il d'un air consterné.
Tony réalisa que, juste parce qu'il était une célébrité, il y avait encore des tas de choses que Bruce ignorait à son sujet. Il expliqua ce qui était arrivé, comment son réacteur arc l'avait empoisonné. Bruce écouta avec compassion et consternation lorsque Tony lui décrit ce que ça faisait de sentir son corps devenir toxique, sans rien pouvoir faire pour l'en empêcher.
"C'est une bonne chose que j'ai emménagé dans ta chambre aujourd'hui," affirma Bruce une fois que Tony eut terminé. "Parce que là j'ai vraiment envie de te faire un câlin."
Tony sourit. Rien n'aurait pu lui faire plus plaisir.
Sentir Bruce glisser près de lui sous les couvertures était quelque chose dont Tony voulait se souvenir pour le reste de sa vie. Etre accueillit pas sa chaleur et son odeur était une des choses les plus apaisantes qu'il ait jamais expérimenté. Il sentait déjà ses paupières devenir lourdes. C'était ce qui lui avait manqué durant ces dernières nuits. C'était ce dont il avait besoin.
Bruce lui sourit d'un air endormi. "Bonne nuit," fit-il. Tony lui répondit en l'embrassant.
"Je t'aime."
"Je t'aime aussi, Tony."
Le lendemain matin, Tony découvrit qu'il s'était débrouillé pour enlacer Bruce par derrière durant son sommeil. Il n'avait aucun problème avec ça. Il enfouit joyeusement son visage contre la nuque de Bruce, ébouriffant ses cheveux bouclés.
"Mmn!" fit Bruce en se réveillant. "Ça chatouille!"
"Bien," Tony sourit en recommençant, arrachant un petit cri au docteur. Bruce se retourna pour faire face à son agresseur. Une fois qu'il eut croisé le regard de Bruce l'adorable, les défenses de Tony étaient inutiles.
"Non," asséna fermement le physicien, bien que Tony le trouva involontairement plus mignon qu'autoritaire. Mais c'était tout aussi efficace.
"D'accord. Mon cœur. Bonjour."
Bruce sourit. "Oui, hein? Le meilleur des jours."
"Est-ce qu'on peut rester allongés?" demanda Tony.
"Ce n'est pas moi qui m'y opposerais."
Ils finirent par somnoler de nouveau, accrochés l'un à l'autre.
Ils se réveillèrent une seconde fois en entendant la voix de JARVIS.
"Messieurs, miss Potts demande à entrer dans l'appartement."
Tony jeta un œil au réveil de sa table de nuit. Il était dix heures passées.
"La vache, on a dormi tard. Quand est-elle arrivée?" demanda Tony pendant que Bruce s'asseyait et mettait ses lunettes.
"Il y a cinq minutes," répondit JARVIS.
"C'est bizarre," remarqua Bruce. "Elle avait prévu d'être là beaucoup plus tôt. Je me demande ce qui l'a retenue."
Les deux hommes s'habillèrent (chacun en regardant ailleurs, même si ça n'aurait pas dérangé Tony que Bruce regarde), et allèrent dans le salon pour accueillir Pepper et voir ce qui se passait.
"Salut les garçons," dit-elle. Elle avait l'air stressée, et tenait une pile de magazines.
"Hey Pep, désolé de t'avoir fait attendre. Par contre je pensais que tu allais être là plus tôt." Lui dit Tony.
Pepper soupira en les observant soigneusement. "Vous avez l'air tellement heureux," dit-elle. "Je m'en voudrais de gâcher ça."
Bruce fronça les sourcils. "Comment ça, qu'est-ce qui gâcherait ça?"
"Ouais, Pepper. Quelque-chose est arrivé?" demanda Tony. A l'entendre il avait l'air aussi inquiet que Bruce.
"Ben…" elle étala les unes de magazines le long du bar. Des caractères en gras sur papier glacé apparurent. "Je suis vraiment désolée, je sais que vous vouliez éviter ça…"
"Que-?" bredouilla Tony.
"Il se passe des choses à la Tour Avengers?" lut Bruce.
"C'est nous!" bafouilla Tony. "C'est nous au magasin!"
"Rencard masculin au supermarché local…" Bruce lut un autre titre.
"Comment ils ont pris ces photos?" demanda Tony.
"Elles proviennent des caméras de sécurité. C'est à ça que j'ai passé ma matinée, essayer de localiser la personne qui a vendu ces photos aux poubelles people. Il a été viré mais si tu veux le poursuivre en justice on peut le faire aussi," informa Pepper avec compassion.
Bruce et Tony regardèrent les images qu'on avait volées d'eux et les interprétations qu'on en avait tirées. Ils étaient tous deux choqués de voir à quel point les photos étaient évidentes. Ils pensaient l'avoir joué suffisamment platonique, mais elles racontaient une toute autre histoire.
"Est-ce que… est-ce que je te souris vraiment comme ça?" demanda Bruce.
"Ouais," répliqua Tony. "Et je… me penche toujours autant vers toi?"
"J'imagine que oui," répondit Bruce. "…maintenant que j'y pense, ouais, toujours autant…"
Les photos de Tony enveloppant une écharpe rose autour de Bruce, d'eux deux se tenant devant les accessoires à cheveux pour filles, et celle de Tony empoignant la chemise de docteur étaient les plus accablantes.
"A ce stade c'est de la complète spéculation," dit Pepper. "Les rumeurs s'évanouiront si on laisse couler. Certaines personnes vont croire que Tony a réellement une liaison avec un homme. Il y a déjà eu des réactions négatives plutôt compréhensives contre les affirmations que font ces magazines…"
"Des réactions négatives?" fit Tony. "Où ça? Attends, de qui je me fous, sur le net bien sûr," il sortit une interface d'ordinateur bleu.
"Tony tu ne voudrais pas…" commença Pepper alors que Tony se mettait à scanner les résultats de recherche pour son nom. Il l'ignora, se renfrognant au fur et à mesure qu'il lisait. Il jeta l'interface à travers la pièce. L'objet éclata contre le mur dans une lumière bleue.
"Les gens disent vraiment ce genre de merde?" ragea Tony. "Sérieusement? Je me fais défendre par des putain d'homophobes qui n'arrivent pas à croire qu'un homme génial comme moi s'abaisserait si bas?" Tony se mit à arpenter la pièce agressivement en jetant ses bras en l'air. "Et bien sûr les homophobes qui ne m'aiment pas ne sont pas surpris qu'un athée comme moi soit en fait une tapette." Il cracha le dernier mot d'une voix tremblante de fureur. Il se retourna et regarda Pepper, un feu brulant dans les yeux. "Et puis y'a mes fans enragées avec leur béguin ridicule, qui disent- qui disent toutes sortes de choses! Tu savais qu'il y'avait une espèce de tarée qui clame qu'elle est secrètement mariée avec moi? Putain mais quel culot!"
"Tony…" murmura Bruce, interrompant son déchaînement. "Qu'est-ce que tu veux faire?"
"Je veux-!" Tony n'alla pas jusqu'au bout. Il n'était pas sûr de ce qu'il voulait faire. Il remarqua que Bruce était aussi secoué que lui, et sa colère s'estompa. "Je veux te dire que je suis désolé Bruce. Je pensais… je pensais que j'aurais pu avoir ce que je voulais sans compromettre ce que toi tu voulais. Mais j'ai tout foutu en l'air."
Bruce accorda un sourire tendre à son petit copain lessivé. "Tu n'as pas à t'excuser, Tony. Je ne l'ai pas plus vu venir que toi. J'ai aussi pensé que notre plan marcherait. J'imagine qu'on a tous deux sous-estimé le pouvoir qu'ont les médias de baratiner."
Tony lui retourna son sourire. Bruce était toujours tellement gentil avec lui, tellement compréhensif.
"Alors qu'est-ce qu'on fait?" demanda Tony. "Est-ce qu'on ignore? Ou on minimise?" Il se tourna vers Pepper, qui semblait être la meilleure pour envisager ce genre de choses.
"La meilleur solution serait d'ignorer complétement," affirma Pepper. "C'est ce que tu fais avec les rumeurs d'habitude, et les gens finissent par se fatiguer." Mais d'habitude, les rumeurs étaient fausses.
"Ou…" commença Bruce, faisant se retourner Tony et Pepper. "Ou bien on pourrait dire la vérité," proposa-t-il.
Tony ouvrit grand la bouche. "Qu'est-ce que tu veux dire?"
Bruce haussa les épaules. "Je ne sais pas, juste… le dire aux gens. Qu'on est ensemble."
Les yeux de Tony s'agrandirent. "Mais je croyais que tu ne voulais pas qu'on le fasse!"
Bruce détourna les yeux, se renfrognant pensivement. "Je pensais que c'était le cas, mais… courir dans tous les sens avec toi au magasin m'a fait réaliser… j'aime que tu sois à moi. Je suis fier que tu sois à moi. Je ne veux pas me cacher par peur de ce que les autres penserons. Tu mérites mieux que ça. Tu mérites quelqu'un qui n'a pas peur…"
Tony se sentit pris d'allégresse. Il voulait pousser des cris de joie. Il agrippa Bruce, le serra dans ses bras, et les fit tourner sur eux-mêmes.
"Wouah!"
"Merci! Merci, merci!" cria Tony avant de reposer Bruce et de l'embrasser.
Une fois que Bruce eut surmonté sa surprise, il se reprit. "Alors, euh… comment va-t-on faire ça?" demanda-t-il.
Tony se mit à réfléchir. "Ben, d'habitude quand j'ai de grandes nouvelles je demande une conférence de presse, mais je ne pense pas que ce soit d'usage pour cette situation."
"A ce propos," intervient Pepper. "Il y a une véritable foule de reporters people rassemblés devant l'immeuble en ce moment."
Tony eut l'air convaincu. "Ça va marcher." Il reporta son regard sur Bruce. "Tu es certain de vouloir le faire?"
Bruce lui sourit. Son cœur battait fort dans sa poitrine, pourtant à son plus grand étonnement, ce n'était pas par peur. Il était enthousiaste.
"Viens," il guida Tony jusqu'à l'ascenseur.
Ils descendirent tous les trois jusqu'au rez-de-chaussée en silence, comme si leur petite mission les chargeait d'un sentiment d'importance. Ils sortirent du hall d'entrée et furent accueillis par vingt reporters (ou presque), caméras parées, qui les engloutirent de questions. Ils bavardaient, vociféraient, se disputaient pour avoir leur attention, sans que Tony en soit perturbé pour autant. Il y était habitué. Finalement l'un des reporters armé d'une caméra se fraya un chemin devant la foule.
"Tony! Les rumeurs sont-elles vraies?" demanda-t-il en pointant la caméra vers lui. La clameur commune de la foule monta de volume, le pressant de répondre à la question.
Tony regarda Bruce, qui se tenait à quelques pas de lui et parvenait bravement à conserver son calme, malgré toute l'excitation autour. Bruce soutint son regard, ses yeux marron rencontrant les yeux marron de l'ex-playboy, et à cet instant le monde entier s'évanouit. Qui se souciait des reporters criards? Des fans en colère? Des homophobes indignés? De l'agent de sécurité du supermarché qui de toute façon devait probablement avoir besoin du pot-de-vin? Tout ce qui comptait c'était Bruce et Tony.
Ils échangèrent un large sourire. Depuis quand pouvaient-ils communiquer silencieusement? Un regard leur suffit pour savoir qu'ils avaient tous deux eu la même idée.
Sans prononcer un mot, Tony saisit Bruce, l'attira à lui, et l'embrassa puissamment, aux yeux du monde entier.
La foule explosa d'un commun souffle, qui incluait les cliquetis des photos qu'on prenait, et des exclamations qu'on laissait échapper.
Ni l'un ni l'autre n'en perçut quoi que ce soit. Bruce enveloppa Tony de ses bras, lui rendant son baiser. Son cœur martelait sa poitrine, mais il s'en moquait tant que Tony était là. Il sentit le soleil radieux du matin contre sa peau et se sentit électrisé par le simple acte d'embrasser Tony sans retenue dans la lumière du jour.
Leur étreinte fut longue, tendre et passionnée, exultant la pure intensité de ce qu'ils ressentaient l'un pour l'autre. La foule s'était réduite au silence lorsqu'ils se séparèrent avec un sourire songeur.
Tony s'appuya contre Bruce, un bras suspendu sur son épaule, et se tourna vers la caméra.
"Yep," répondit-il fermement avant de faire un sourire éclatant et un signe de paix. Bruce rit. Tony lui prit la main et ils rentrèrent dans l'immeuble, suivis par une Pepper rayonnante.
"Oh mon dieu!" s'exclama Bruce en riant une fois de retour dans l'ascenseur. "Mais qu'est-ce que je viens de faire? Je n'ai jamais fait un truc pareil!"
Tony sourit. "Moi si. C'est marrant, hein?"
"Pourquoi je suis pas en train de flipper?" poursuivit Bruce. "Je devrais flipper. Je devrais paniquer. Tony, pourquoi je ne panique pas?"
"Peut-être parce que tu es heureux?" suggéra Tony. Bruce arrêta ses divagations et le regarda d'un air rayonnant.
"C'est vrai. Je suis super heureux."
"Venez là!" dit Pepper en ouvrant ses bras pour amener les deux dans un câlin. "J'aime mes garçons."
Ils retournèrent à l'appartement et firent un petit-déjeuner tardif devant la télé, observant la scène de leur baiser se jouer encore et encore sur les différentes chaînes.
"Seigneur, qu'est-ce qu'on est sex," dit Tony.
"Ouais," acquiesça Bruce. Tony riait d'avoir réussi à le lui faire admettre, Bruce était clairement dans un état d'hébétude. Il avait un sourire définitivement placardé sur son visage. "Tony?" appela-t-il.
"Oui mon cœur?"
"Je me sens… différent. Hulk, il est… je peux le sentir. Vraiment le sentir. Il veut sortir, je me sens comme si je pouvais me transformer là tout de suite si je le voulais, mais je ne suis pas en colère. Lui non plus. Il est juste… là."
Tony était ravi. Ça avait l'air d'un progrès majeur.
Pepper leur dit au revoir, emportant les schémas avec elle, et les deux hommes décidèrent qu'un voyage dans la pièce verte serait une bonne idée, histoire d'explorer le nouvel état qu'expérimentait Bruce.
Toutefois juste avant qu'ils ne mettent les pieds dans l'ascenseur, JARVIS les informa qu'on essayait de les joindre.
"Qui c'est?" demanda Tony.
"Le directeur Fury, monsieur," répondit JARVIS.
Tony grogna. "Qu'est-ce qu'il veut? Transfère la communication, JARVIS."
"Tout de suite monsieur…"
"Stark," intervint la voix de Fury dans les mêmes enceintes que celles utilisées par JARVIS pour parler.
"Banner est là aussi," prévint Tony. "C'est pour quoi?"
"Je viens d'être informé que des images très intéressantes sont étalées sur chaque chaînes soi-disant 'd'informations' à l'ouest de l'hémisphère. Ça vous ferait rien de m'expliquer?"
"Qu'est-ce qu'i expliquer? Les images parlent d'elles-mêmes," répondit Tony.
La ligne resta silencieuse un moment.
"… Alors je suis censé croire que vous et le docteur Banner vous êtes vraiment embarqués dans une relation intime l'un avec l'autre?" continua Fury posément.
"Yep," répondit Tony. Bruce rougissait trop fort pour parler.
"Comprenez-moi bien," commença Fury. "Je n'ai aucun problème avec ça au niveau personnel. Mais professionnellement par contre, ça me pose problème."
"Comment ça?" demanda Tony d'un air contrarié.
"Ne croyez pas que je ne faisais pas attention à vos petits plans pour faire emménager Banner avec vous, Stark. Ça ne serait jamais arrivé si j'avais décidé que ce n'était pas dans les meilleurs intérêts du SHIELD. Malgré l'opinion que je peux avoir de vous, je vous faisais confiance pour garder un œil sur la situation Hulk. Maintenant, vous êtes compromis."
Tony se troubla de colère. "Vous pouvez répéter? Vous m'utilisiez comme votre baby-sitter spécial Hulk personnel?"
"Plus ou moins," répondit Fury sans vergogne.
"Eh bien c'est insultant pour chacun de nous!" répliqua Tony. "Presque aussi insultant que l'idée que notre relation augmente d'une façon ou d'une autre la menace que peut représenter Hulk. Ni lui ni moi n'avons besoin d'être baby-sittés ici."
"Je ne suis pas d'accord. Je suis désolé, Stark. Vous aussi, Banner. Mais je ne peux simplement pas autoriser qu'une menace potentielle comme le Hulk ne soit pas surveillée. Je ne peux plus vous faire confiance pour mettre la sécurité des autres avant celle du docteur Banner, Stark."
"Qu'est-ce vous voulez dire?" demanda Bruce, élevant enfin la voix.
"Je dis que Rogers, Romanoff et Barton serons là dans l'heure qui suit. Ils resteront à la Tour Avengers et garderont un œil sur vous deux."
"Quoi?" hurla Tony. "Non! Non!"
"J'ai pris ma décision. Au revoir messieurs," dit Fury avant de raccrocher.
Tony s'énerva pour de bon. "Merde. On s'en sortait très bien! On avait progressé avec Hulk, et maintenant on doit remettre l'enquête à plus tard parce que ces abrutis pensent qu'ils doivent aider! Ils vont juste nous gêner!"
Tony arrêta son déchaînement quand il remarqua que Bruce souriait, le regard perdu. "Quoi?" demanda Tony.
"Je suis tellement soulagé…" respira Bruce, laissant Tony comme deux ronds de flan.
"Euh?"
Bruce se tourna pour le regarder, son soulagement était en effet très visible.
"Je pensais qu'il allait m'emmener ailleurs. Mais il me laisse rester ici. Avec toi."
Le point de vue de Tony changea. Il n'avait pas vu les choses sous cet angle. En y pensant, il se dit qu'il devrait être reconnaissant aussi. Après tout, qu'est-ce qu'on en avait à faire des laquais du SHIELD ? Ils allaient être casse-pieds, mais eux ils allaient se débrouiller. Ils pouvaient tout faire tant qu'ils étaient ensemble.
Tout ce qui comptait c'était Bruce et Tony.
