Saluuut !

Bon, je pense avoir trouvé un rythme dans mon écriture, un chapitre tous les quinze jours et sans doute le max que je puisse faire. J'essaierai de reprendre de l'avance aux prochaines vacances mais c'est pas gagné :/

Merci beaucoup pour votre soutien, vos Reviews, vos favs, vos follows me vont droit au coeur :D

Un merci tout particulier à ma bêta, son aide m'est précieuse ;)

J'espère que ce Quatorzième Chapitre vous plaira,

Agréable lecture, Adorables lecteurs


XIV


« I love you », par Emma Swan

Depuis ce rendez-vous parfait, je n'avais pas beaucoup eu l'occasion de voir Regina. La neige recouvrant les rues de Storybrooke écourtait nos moments sur le banc.

Mais en ce jeudi soir, installée derrière mon bureau, je subissais depuis quelques heures la terrible rencontre parents-professeurs. Enseignant le sport, il était plutôt rare que je sois sollicitée. Mais cette année, comme j'étais tout juste de retour, ils étaient tous décidés à venir me consulter les pères sportifs qui s'indignaient que leur fils n'ait pas pratiqué pendant des mois, les mères avides de commérages qui voulaient vérifier si les rumeurs à mon propos étaient vraies, ou encore les parents sérieux qui s'indignaient de l'absence de notes de leur enfant.

J'étais épuisée. Les rencontres s'enchaînaient, les interrogatoires de plus en plus centrés, les jugements de plus en plus en plus mauvais… J'en avais ma claque de me justifier.

Alors que j'étais prête à craquer, passait la porte une magnifique brune dans un tailleur noir, montée sur des talons excessivement hauts. Impeccablement coiffée et maquillée, elle venait s'installer face à moi, accompagnée de son fils.

Une fois remise de mes émotions, je me raclais la gorge et baissais les yeux, les joues légèrement rouges. Il ne fallait rien laisser paraître devant Henry.

- Madame Mills… la saluais-je poliment.

- Miss Swan.

Dans ses beaux yeux chocolat, je pouvais discerner une teinte d'amusement malgré son visage impassible.

Après encore un long échange de regards dans un silence pesant, je feintais de m'intéresser à mes notes.

- Alors… Henry Mills…

Je cherchais du regard le nom du jeune homme. Je n'avais laissé aucun commentaire. Voyant le vide sur ma feuille, je relevais un regard embarrassé sur Regina qui affichait un sourire moqueur, sourcils haussés.

- Et bien ?

- Euh… Avez-vous des questions ?

Les deux Mills me dévisageaient avec la même expression d'amusement non-dissimulé.

- J'aimerai connaître vos méthodes de travail.

Je croisais mes mains sur mon bureau et répondais sans la quitter du regard.

- Je les laisse venir à leur rythme. Rien ne sert de les précipiter. S'ils sont novices dans le… sport étudié, ils ont tendances à être un peu effrayés. Ce qui est tout à fait normal ! Alors, j'en discute avec eux. Parler aide beaucoup, je pense. Et je crois que je parviens à les faire aimer ça, après entraînement. Vous comprenez ?

Elle détournait aussitôt les yeux, le rouge aux joues, et acquiesçait faiblement. Oui, elle avait compris.

Henry lançait un coup d'œil interrogateur à sa mère, ne comprenant sans doute pas sa réaction.

- Ça va, Man ?

Elle forçait un sourire.

- Oui… Oui. Bien sûr, tout va bien. Je pense juste que…

Elle reportait son regard sur moi.

- Miss Swan, vos élèves n'ont pas forcément envie de discuter. C'est probablement gênant, pour eux. Ils préfèrent peut-être garder leurs craintes pour eux.

- Ce serait une erreur.

J'aurai voulu attraper sa main pour la serrer dans la mienne. Mais il y avait Henry. Je continuais donc dans ce sens

- J'ai besoin de savoir ce qu'ils pensent. Ce qui se passe dans leur tête. Je ne veux pas constamment me demander comment agir avec eux. Ils doivent s'ouvrir à moi pour que ça puisse marcher. Par le passé, j'ai trop de fois souffert à cause des non-dits.

Elle acquiesçait faiblement, m'envoyait un doux sourire et reportait ensuite son attention sur son fils.

- Henry ne cesse de vanter vos mérites.

C'était amusant de remarquer à quel point leurs mimiques étaient identiques lorsqu'ils étaient gênés. Les joues légèrement rougies, le regard détourné, la tête baissée…

- Il me surestime sûrement.

- Je ne pense pas.

Les yeux chocolatés de Regina ne quittaient plus les miens. Un échange de regard empli de tendresse, de promesses et d'autre chose qui ne m'avait jusqu'alors jamais été adressé. Personne, pas même Neal, ne m'avait déjà lancé ce regard.

C'était le regard qu'avait Auguste pour Killian. Léopold pour Eva. Mary-Margaret pour David. Anna pour Kristoff.

Ce n'était pas une simple affection. Un « crush » comme disaient mes élèves. Non, c'était un sentiment bien plus important. Un sentiment qui m'effrayait. Ou qui devrait. Parce qu'en vérité, à cet instant, dans les yeux de Regina, je n'avais qu'une envie me laisser tomber.

Non plus dans les ténèbres. Non, je voulais me laisser tomber dans cet amour qu'elle me promettait dans ce regard doux et confiant.

- Hm… Man ? On y va ?

Elle sursautait à moitié, souriait à son fils et me tendait la main tout en se levant.

- Merci, Miss Swan.

Au contraire de son ton distant et formel, sa poigne était tendre et délicate.

- Au plaisir de vous revoir, Madame Mills, soufflais-je alors qu'ils s'éloignaient tous les deux.

- C'était super bizarre, entendais-je Henry dire à sa mère.

Je souriais de toutes mes dents, portant peu d'attention à la petite Paige et son étrange père qui entraient à leur tour.

SwanQueen – SwanQueen

Quelques jours plus tard, recouvertes dans des manteaux chauds, Regina et moi nous baladions au bord du lac. Refusant de faire preuve de gestes tendres en public, nous nous contentions de laisser nos mains s'effleurer de temps à autres. Parfois, nos doigts s'entremêlaient l'espace de quelques secondes avant de se séparer discrètement.

Quand arriverait le moment où je pourrais l'embrasser n'importe où ? Où pourrais-je la prendre dans mes bras quand je le voudrais ?

- J'angoisse, avouait-elle enfin, dans un faible murmure.

J'hochais doucement la tête tout en la regardant avec confiance.

- Bien sûr. C'est normal.

Elle grimaçait et s'arrêtait finalement de marcher, au milieu du chemin.

- Tu n'as pas peur, toi ?

Je m'approchais d'un pas, lui souriait tendrement.

- Je suis morte de trouille.

- Pourtant, tu as eu d'autres femmes, avant.

Je secouais la tête.

- Ce n'est pas ça qui me fait peur. C'est d'être en couple. Avec une personne si merveilleuse que toi. J'ai peur de te perdre.

- Ça n'arrivera pas.

- Tous ceux à qui je tiens disparaissent toujours.

- Mais pas moi.

J'acquiesçais avant de fronçais les sourcils.

- Et toi, qu'est-ce qui t'angoisse ?

Elle baissait la tête, le rouge aux joues et reprenait lentement la marche. Je souriais en coin. Bien sûr, je m'en doutais déjà.

- Tu n'as pas à avoir la pression à ce propos, Regina.

Elle tournait la tête derrière nous, s'assurant que personne aux alentours ne pouvait nous entendre, avant de répondre ;

- Le sexe est quelque chose que je n'affectionne pas particulièrement.

Je la dévisageais, hésitante. Si elle ne semblait pas si préoccupée, j'aurais certainement répliqué moqueusement. Mais ce n'était pas ce qu'elle attendait de moi.

- On peut prendre notre temps.

Elle soupirait.

- Non… Je… Dans mes précédentes relations… je retardais au maximum cette étape. Je trouve ça très intime et ça m'effraie un peu.

En remarquant mon air inquiet, elle tentait de me rassurer ;

- J'aime le sexe ! S'écriait-elle soudainement.

Elle plaquait une main sur sa bouche, le visage entièrement rouge. Face à cette réaction, j'éclatais de rire sous son regard noir.

- D'accord… m'exclamais-je une fois calmée. J'ai compris. Je crois.

Elle roulait des yeux, agacée.

- Ce que je voulais dire c'est que… Ce n'est pas que… Je n'ai rien contre le sexe, tu comprends ? C'est juste le sexe dans une relation, je trouve-

- Tu préfères les histoires d'un soir, j'ai compris, la coupais-je, un sourire moqueur aux lèvres.

Elle me tapait l'épaule, de plus en plus gênée.

- Pas du tout ! J'essaie juste de te dire que je ne prends pas ça à la légère. Je pense que c'est une étape importante et on ne devrait pas juste faire ça sur le sofa de mon musée. C'est tout.

Elle serrait ses bras contre sa poitrine, fronçait les sourcils, et regardait droit devant nous. Reprenant un air sérieux, j'arrêtais à mon tour notre balade et l'obligeait à en faire de même en attrapant son bras.

Yeux dans les yeux, je m'approchais d'elle.

- C'est aussi important pour moi, Regina. Je suis désolée si je t'ai donné l'impression que je prenais ça à la légère. Tu…

J'inspirais fortement.

- Tu comptes beaucoup pour moi. Rien de ce qui ne te concerne n'est futile.

Elle finissait par me sourire et m'embrassait la joue avec tendresse.

- Eh les amoureuses ! Criait une voix familière, au loin.

Dans un sursaut, nous nous tournions toutes les deux vers Tink et Ruby, plusieurs mètres derrière. Elles marchaient rapidement vers nous et j'avais à peine le temps d'échanger un regard inquiet avec Regina qu'elles étaient déjà à notre hauteur.

- J'espère que nous n'interrompons rien, s'exclamait Tink non sans un clin d'œil vers son amie qui détournait aussitôt le regard, un air las sur le visage.

Ruby me lançait un coup de coude.

- Je ne savais pas que tu étais du genre balade romantique, Em'.

Je me rappelais maintenant d'un souvenir remontant à plus de dix ans. Quand Ruby fréquentait Peter et que Lacey et moi les espionnions. Était-ce une sorte de vengeance ?

- Que fais-tu là, Tink ? Demandait finalement Regina.

La petite blonde haussait négligemment les épaules, l'air de rien.

- Je me promène.

- Tu ne travailles pas ?

- Non, le cabinet est fermé le lundi.

C'était la première fois que je me demandais dans quoi elle pouvait travailler. Avant, c'était quelque chose dont je ne me préoccupais pas. Mais maintenant, je réalisais qu'elle était une personne importante pour Regina. Et que je ne connaissais rien d'elle. Pas même son véritable prénom.

Un silence planait quelques secondes durant lesquelles nous nous dévisagions toutes une à une.

Si Killian et Auguste étaient très au courant de l'avancée de notre relation, Ruby et Tink avaient seulement connaissance de notre attirance l'une pour l'autre. Je n'avais jamais dit à ma vieille amie que Regina et moi étions désormais en couple et je savais que la belle brune n'avait pas non plus mit son amie dans la confidence.

Mais était-il nécessaire de nier, désormais ? Il était certain qu'elles avaient toutes les deux comprit la situation. Et en nous coinçant, ici, au milieu de cette balade hivernale, elles comptaient certainement nous mettre au pied du mur.

- Et toi ? Reprenait Tink. Tu n'es pas au musée ?

La belle brune forçait un sourire.

- Je débauche juste.

- Ah. Et où est Henry ?

- À la maison.

- Il ne se balade pas avec toi ?

- Il a des devoirs.

- Sinon il serait là ?

J'étais certaine que Regina avait réponse à chacune de ses questions. Mais sans vraiment réagir, alors qu'elle ouvrait la bouche, prête à répondre, je la devançais.

- On est ensemble !

Trois têtes se tournaient aussitôt vers moi. Surprises, amusées ou intriguées, les trois femmes me dévisageaient avec intérêt.

- Ensemble ? Répétait Ruby après quelques secondes.

Je prenais la main de Regina dans la mienne.

- C'est ça.

Tink sautillait sur place, tapant dans ses mains, enthousiaste.

- C'est génial ! Je commençais à désespérer du célibat de Gin'.

Cette dernière semblait agacée.

- Emma, murmurait-elle. On peut parler s'il te plaît ?

Soudainement inquiète, je la suivais un peu plus loin, à l'écart des oreilles indiscrètes des deux femmes.

- Il y a un problème ?

- As-tu seulement conscience que Miss Lucas et Tink sont les deux plus grandes commères de la ville ? Elles se nourrissent de potins !

- J'ai confiance en Ruby.

- Ah oui ?

- On a beau dire ce qu'on veut, sur elle, dans le passé, c'était l'une de mes amies qui respectaient le plus mes secrets. Mes plus noirs secrets.

Les larmes aux yeux, je repensais aux soirées que j'avais pu passer chez les Lucas, effondrée dans les bras de mon amie. Elle et sa grand-mère soignaient mes bleus, mes blessures, mes marques. Des cicatrices que je ne pouvais montrer à Mary et Eva, de peur de les choquer dans leur sensibilité. Elles me pensaient forte, intouchable, insouciante. Ruby savait que j'étais blessée, terrifiée, faible.

Regina prenait mes mains dans les siennes, son regard désolé.

- Excuses-moi, c'est juste que… j'aurais juste préféré qu'on en discute avant. Et je dois aussi en parler avec Tink pour m'assurer qu'elle reste discrète, là-dessus.

J'hochais la tête.

- Je suis désolée d'avoir pris cette initiative sans t'en parler.

Elle me souriait et embrassait tendrement ma joue avant de rejoindre Tink et Ruby qui ne nous quittaient pas du regard, le visage attendri.

- Vous êtes adorables ! S'exclamait Tink.

Nous rougissions toutes les deux sous les rires de nos amies.

- Bon ! S'écriait finalement Ruby. C'est bien beau tout ça mais je n'ai pas fini ma journée, moi !

Puis, après quelques pas en arrière, elle me lançait un clin d'œil.

- On se voit vendredi, de toute façon.

Et elle s'éloignait, Tink à sa suite.

- Qu'est-ce qu'il y a, vendredi ? Demandait Regina tout en reprenant notre marche.

- J'emménage dans le petit studio que je t'ai montré, la semaine dernière. Tu sais ? Celui près de chez Auguste et Killian.

Elle souriait largement.

- C'est super ! Tu as besoin d'aide pour l'emménagement ?

- Oh tu sais, toutes mes affaires tiennent dans un carton. Mais ne t'inquiète pas, je te ferais visiter samedi, en rentrant.

Elle fronçait les sourcils et je souriais en coin.

- En rentrant ? De quoi ?

Soudainement nerveuse, et alors qu'on arrivait près de nos voitures, je ralentissais le pas.

- Hm… Je me disais que… Peut-être… Samedi après-midi on pourrait faire un tour à la patinoire, ça pourrait être bien. Je pense.

Elle grimaçait et je prenais peur.

- Enfin, non ! Si tu ne veux pas, on peut faire autre chose ! Je ne sais pas… Marathon série, ou visite de je ne sais quoi, comme tu veux !

Elle riait légèrement.

- Je serais heureuse d'aller à la patinoire. C'est juste que je suis vraiment mauvaise.

Je lui rendais son sourire.

- J'ai vraiment hâte de voir ça.

Je l'embrassais tendrement.

SwanQueen – SwanQueen

Cela faisait longtemps que je n'avais pas consulté le Docteur Hopper et lorsque je le retrouvais, dans son cabinet, il semblait ravi de me revoir.

- Emma ! Quel plaisir de vous voir si souriante.

En réponse à ça, je souriais d'autant plus en m'installant face à lui.

- C'est en partie grâce à vous.

- Je n'ai fait que mon travail.

Il me proposait une tasse de thé et nous commencions la séance.

Après avoir fait le tour sur ma relation avec Regina, je lui parlais de Mary-Margaret. Puis d'Auguste, Killian.

- Et à propos de vos amies de Boston ?

Je les avais vues en conversation vidéo, quelques jours plus tôt. Je leur avais raconté mon rendez-vous avec Regina. Je leur avais parlé pendant bien deux heures et maintenant que j'y pensais, je réalisais qu'à aucun moment on avait parlé d'elles. Juste moi. Lily ne m'avait pas raconté ses dernières anecdotes sur ses clients un peu fantasques. Elsa n'avait pas dit un mot sur ses nouveaux cours de danse.

Je ne les avais pourtant pas empêchées de parler.

Je soupirais.

- I peine quinze jours qu'on s'est vues. Mais j'ai déjà l'impression de manquer pleins de choses dans leurs vies. Plus je me rapproche de mes anciens amis, plus je m'éloigne d'Elsa et Lily. C'est frustrant.

- Il est difficile de trouver un juste milieu. Lorsque vous vous concentrez sur quelqu'un, vous ignorez les autres.

- Sauf Regina.

- Est-ce comparable ?

Je baissais les yeux, hésitante.

- Je ne sais pas.

Il me souriait amicalement.

- Vous devriez réfléchir à ça.

SwanQueen – SwanQueen

En milieu de semaine, après une journée éprouvante avec des ados plutôt infernaux, j'entrais dans le Granny's avec l'envie d'une bonne tasse de chocolat chaud avant un long sommeil.

Pourtant, lorsque je m'installais à table, attendant patiemment que Ruby vienne me servir, j'étais plus qu'étonnée par l'arrivée subite d'une rousse au sourire espiègle.

Je déglutissais difficilement.

- Hum ... Bonsoir ?

La dernière fois qu'on s'était vues, j'avais mis mon poing dans la tronche du père de son fils. Je ne savais pas vraiment ce qu'elle pouvait en penser.

- Bonsoir, Emma Swan.

Je forçais un sourire, me balançant légèrement sur la banquette. J'étais réellement mal à l'aise. Et la grande rousse semblait s'en réjouir. Elle ne me quittait pas du regard, s'amusant sans honte de ma gêne.

- Hm, je peux vous aider ? Demandais-je finalement, attendant qu'elle se lance.

- Vous avez frappé Robin.

Je me mordillais les lèvres, nerveuse.

- Oui. Je l'ai fait.

- Pourquoi ?

Je me raclais la gorge et tentais de reprendre confiance. Ce n'était que la sœur de Regina, pas une sorcière.

- Parce qu'il lui a fait beaucoup de mal.

- À Regina ?

J'acquiesçais d'un hochement de tête.

Ruby nous interrompait pour m'apporter mon chocolat chaud et prendre la commande de la rousse. Avant de s'éloigner, elle me lançait un regard interrogateur, puis compatissant.

- Vous n'avez pas hésité.

- Pardon ?

La belle rousse passait une main dans ses cheveux sans perdre son sourire.

- Vous n'avez pas hésité à la protéger.

- Sa grande sœur n'était pas là pour prendre soin d'elle.

Elle ne grimaçait pas à cette pique. Elle paraissait de plus en plus amusée.

- Regina a beaucoup de fierté. Elle ne serait jamais revenue me voir si personne ne l'avait convaincue de le faire. Tink n'aurait aucune influence sur elle. Mais vous...Vous n'avez sans doute pas eu besoin de beaucoup d'arguments. Vous n'avez qu'à lui demander et elle le fait. Elle est totalement à votre merci.

Je la fusillais du regard.

- C'est faux !

- Tout ce que vous voulez, elle vous le donnera. Regina est comme ça.

Je fronçais les sourcils.

- Comment ?

- Elle aime maladivement. Vous l'avez déjà remarqué avec Henry. Lorsqu'il était petit, il n'avait qu'à sourire et elle lui offrait absolument tout ce qu'il voulait. Avec le temps, elle est devenue plus sage à ce propos. Mais elle est sans arrêt inquiète pour lui. La moindre activité qu'il fait doit être cent-pour-cent sécurisé. Et elle est si possessive ! Elle était si jalouse qu'il passe du temps avec son père.

J'allai me relever, agacée par ses paroles. Elle aimait son fils, il n'y avait rien de mal à ça.

Mais alors que j'étais prête à partir, elle agrippait mes poignets, m'obligeant à me rasseoir. Son sourire disparu, son regard terrifiant. Elle paraissait déterminée.

- Ne la faites pas souffrir, murmurait-elle. Elle tient beaucoup trop à vous. Ce qui paraîtrait futile pour vous pourrait être très blessant pour elle, ne l'oubliez pas.

Je déglutissais difficilement, et finissais par hocher la tête.

Zelena pouvait être aussi menaçante que sa mère.

Mais Zelena pensait avant tout au bien de sa sœur. Et pour ça, elle avait tout mon respect.

SwanQueen – SwanQueen

Dans le confortable sofa de mon nouveau chez moi, je regardais une série, lorsque la sonnette – à laquelle je n'étais pas encore habituée – résonnait dans le petit appartement.

Je fronçais les sourcils et me levais finalement pour ouvrir. Espérant secrètement qu'il s'agissait de Regina, je ne pouvais retenir le soupir de déception qui quittait mes lèvres en faisant face à Auguste.

- Merci pour l'accueil, s'indignait-il en rentrant.

Et alors que j'allai refermer la porte derrière lui, il me retenait ;

- Je ne suis pas seul.

Non, il ne l'était pas. Arrivaient derrière lui Killian, David, Mary, Ruby et Lacey.

Je fronçais les sourcils alors qu'ils entraient à tour de rôle, m'accordant à peine un regard.

Je les rejoignais donc dans mon tout petit salon, alors qu'ils l'examinaient tous avec attention.

Je ne prêtais pas attention à leurs commentaires polis, me ruant vers Auguste en pleine contemplation d'un tableau accroché au mur.

- Je doute que ce soit toi qui l'as choisi, déclarait-il, sourire en coin.

- Pourquoi ils sont là ? Murmurais-je.

C'était Ruby qui répondait à ça, arrivant à ma droite et plaçant son bras autour de mes épaules.

- Maintenant que tu n'es plus en déprime, il est temps que tu participes à nos soirées mensuelles.

Ils me souriaient tous, apparemment emballés par l'idée.

- Vos soirées mensuelles ? Qu'est-ce que c'est que ça ?

Killian prenait le relais, sourire en coin, comme à son habitude

- Une fois par mois, on se retrouve tous ensemble pour s'amuser. Ciné, resto, peu importe. En général, on termine par un pub sympa où on s'amuse bien.

Je grimaçais, baissais les yeux sur ma tenue ; pantalon de jogging et vieux tee-shirt délavé.

- Il faudrait peut-être que je me change, alors ?

- Ce serait mieux, oui, répondait Auguste, moqueur.

Une pizzeria. Simple et appétissant. Alors que nous nous installions à table, un jeune homme au sourire craquant nous rejoignait, s'asseyant entre Ruby et Lacey.

Mon amie aux mèches rouge, face à moi, me lançait un clin d'œil.

- Tu te souviens de Graham ?

J'écarquillais les yeux en le dévisageant avec plus d'attention. Il semblait si différent !

- Salut, Emma, s'exclamait-il. On ne s'est pas revus depuis un moment, je crois.

- Un peu plus de dix ans, j'imagine.

- Ça doit être ça.

Lacey s'approchait un peu.

- Tu as vu, il sait porter des costumes maintenant. Et il a coupé ses belles bouclettes.

J'arquais un sourcil.

- Niveau changement, ce n'est pas lui le plus surprenant. Si mes souvenirs sont bons, à l'époque, tu étais fanatique du cuir et tout autre vêtement outrageusement moulant.

Ruby riait aux éclats.

- T'imagine un peu ! C'était l'époque où Gold la collait pour provocation. Maintenant, il serait bien content de la revoir habillée comme ça.

Lacey lui faisait les gros yeux, choquée, alors que tous autour de cette table souriaient.

- Et toi, Ruby, intervenait David, à ma droite. À quand le changement de style ?

Elle portait son regard sur son court haut rouge au grand décolleté avant de relever un regard interrogateur vers le blond.

- Quoi ? Tu n'aimes pas ?

- Je crois qu'il préfère plutôt les chemises entièrement boutonnées type un peu coincée, s'exclamait Killian recevant aussitôt une tape de Mary-Margaret.

- Fais gaffe à ce que tu dis, Jones !

Je les regardais échanger, tous. Ils se taquinaient, plaisantaient entre eux, se chamaillaient. Ils riaient et semblaient très heureux.

J'avais envie de faire partie de cette famille. De pouvoir blaguer avec eux.

Ce sentiment de joie que je ressentais dernièrement, c'était ce que j'avais cherché toute ma vie.

Aujourd'hui, j'atteignais mon bonheur. Grâce à Regina. Et aussi grâce à eux.

SwanQueen – SwanQueen

Je sonnais à la porte des Mills, anxieuse. Ce n'était qu'un après-midi patinoire suivi d'un repas chez moi. Mais j'étais quand même angoissée à l'idée de faire quelque chose de mal. J'étais si maladroite !

En entendant les talons claquer au sol de l'autre côté de la porte, je jetais un dernier coup d'œil à ma tenue pour vérifier que j'étais bien. Un jeans noir serré, une chemise rouge, mes bottines noires.

Je n'avais pas le temps de me demander si ça ne faisait pas un peu trop simple que la porte s'ouvrait sur une splendide brune aux yeux pétillants. Elle me lançait son large sourire qui provoquait tant de chose en moi, et m'intimait d'entrer.

Je m'exécutais après un rapide coup d'œil sur sa tenue. Pantalon en cuir et élégant sous-pull violet. Ses cheveux retombaient sur ses épaules dans son impeccable brushing.

Elle refermait à peine la porte derrière nous que je joignais ses lèvres aux miennes.

- Tu m'as manquée, soufflais-je.

- Deux jours, c'est long, rajoutait-elle sérieusement me faisant sourire d'autant plus.

Elle se retirait finalement pour aller chercher son sac à main ainsi que son manteau.

- On y va ? Demandais-je une fois de retour.

Elle hochait la tête.

- On y va.

SwanQueen – SwanQueen

Cela faisait déjà bien deux heures qu'on patinait et je ne cessais de rire. Regina n'avait pas menti elle était vraiment mauvaise ! Elle qui était pourtant si équilibrée dans la vie ne semblait pas l'être sur des patins. Elle ne lâchait pas mon bras, s'agrippant à moi comme à une bouée de sauvetage.

- Il faut que tu gardes tes pieds parallèles, Gina !

- Mais ils le sont ! S'écriait-elle, indignée.

Je riais aux éclats en regardant ses deux pieds rentrés vers l'intérieur.

- Non, ils ne le sont pas du tout. Tu dois m'écouter !

Elle soupirait, s'appuyait contre le rebord et me lançait un regard faussement triste.

- J'abandonne ! C'est trop difficile.

- Eh ! La lâcheté, c'est moi, d'habitude ! « Il faut que tu apprennes à vaincre tes peurs, Emma ! » Tu te souviens ?

Elle roulait des yeux.

- Ça n'a rien à voir. Je n'ai pas peur, c'est juste que - ATTENTION !

Un gamin à pleine vitesse se dirigeait droit vers nous. Il semblait plutôt habile et changeait de direction au dernier moment, non sans lancer un sourire amusé vers Regina.

- C'est dangereux ! Grognait-elle, croisant les bras sur sa poitrine seulement quelques secondes, le manque d'équilibre l'obligeant à se raccrocher à mon bras.

- Ton fils est meilleur élève que toi.

- Mauvaise nouvelle ; tu ne sors pas avec mon fils mais avec moi.

Je souriais en l'entourant de mes bras avant de déposer un tendre baiser sur ses lèvres.

- Je n'appelle pas ça une mauvaise nouvelle.

Elle tentait un sourire.

- Encore heureux ! Manquerait plus que tu en pinces pour Henry !

Je riais encore.

- Ne t'inquiète pas, je ne m'intéresse qu'à ceux ayant atteint la majorité.

Elle me fusillait du regard, s'éloignant un peu. Comprenant mon erreur, je grimaçais, puis, prenait ses mains dans les miennes.

- Mais de toute façon, personne ne t'arrive à la cheville.

- Oui, enfin là, mes chevilles, elles sont au plus mal.

Je riais à nouveau, lui arrachant un faible sourire.

- On va s'arrêter là, je pense. Mais je ne laisse pas tomber ! Un jour, Regina Mills, tu seras plus à l'aise sur ses patins que sur tes échasses que tu portes quotidiennement.

Elle riait à son tour.

- Ne rêve pas trop, Emma. On va déjà tenter de me garder vivante, ce sera suffisant.

Je secouais la tête, sourire aux lèvres, grandement amusée par cette brune que je découvrais sous un nouveau jour.

Durant tout le trajet du retour, je l'écoutais se plaindre de son « atroce » mal de pieds. Je devenais de plus en plus anxieuse. Cela avait-il été une erreur, de l'emmener là-bas ?

- Je suis désolée, soufflais-je finalement, en entrant dans ma rue.

Elle me dévisageait sans comprendre.

- Comment ?

- Ce n'était peut-être pas une bonne idée.

Du coin de l'œil, je la voyais sourire.

- Oh, Emma… C'est à moi de m'excuser ! Je n'arrête pas de me plaindre mais la vérité c'est que j'ai passé une très bonne journée.

- Ah oui ?

Elle riait légèrement.

- Au final, on s'est bien amusées, non ?

- Je suis plutôt d'accord.

Après avoir arrêté ma voiture devant mon petit appartement, nous en sortions, toutes les deux souriantes.

- Prête à découvrir mon chez moi ?

- J'ai hâte ! J'espère que tu as suivi mes conseils et que tu n'as pas accroché du Roger Decaux dans ton salon. Je sais que tu aimes le tragique, mais ça mettrait vraiment une ambiance morbide chez toi.

Je riais tout en ouvrant la porte, lui faisant enfin découvrir mon nouveau lieu de vie.

Je lui présentais le salon « chaleureux », avait-elle dit. Puis la cuisine « agréable », la salle de bain « sympa » et enfin ma chambre « charmante ». Naturellement, en artiste passionnée qu'elle était, elle n'avait pu s'empêcher de commenter les quelques tableaux accrochés au mur. Bien sûr, elle avait aussi noté ce beau dessin encadré sur ma table de nuit, celui qu'elle m'avait donné quelques semaines plus tôt.

- Entre la chambre au Granny's et l'hébergement d'Elsa ou d'Auguste, je ne me suis pas sentie chez moi depuis longtemps !

- Et tu en as besoin ! C'est vrai, pour vivre avec mon père, ma sœur et mon fils, je t'avoue que je t'envie un peu.

Je m'approchais d'elle, l'enlaçant tendrement.

- La porte te sera toujours grande ouverte, sache-le.

Elle m'embrassait doucement.

Le bonheur était si beau.

C'était dans les rires et les confidences qu'elle m'avait aidée à préparer le dîner. Un moment simple partagé qui faisait pourtant apparaître ces étranges fourmillements dans mon ventre.

Le repas était très romantique. Sous les yeux pétillants de Regina, je nous avais créé une ambiance intime grâce aux quelques bougies sur la table. Nous bavardions aussi aisément que nous l'avions fait ces derniers mois.

J'aimais l'écouter parler de son travail et particulièrement de ses « horripilants » employés qu'elle affectionnait secrètement. J'aimais aussi l'entendre se remémorer tous ses doux souvenirs avec son fils.

Parfois, rarement, elle parlait de sa mère. Jamais dans des sujets important ou sérieux. Seulement des petits souvenirs simples, comme lorsqu'elle lui avait acheté sa première voiture.

Regina était merveilleuse. Je pouvais l'écouter parler des heures sans jamais m'ennuyer. Elle faisait battre mon cœur rapidement et me donnait se sentiment de plénitude.

À cet instant-là, je n'avais jamais été autant sûre d'une chose ;

- Je t'aime, Regina.

Elle s'arrêtait de parler, fronçait les sourcils. Nous en étions au dessert et elle était en pleine explication de l'un de ses premiers cours de cuisine.

- Pardon ?

Je lui souriais de toutes mes dents, serrais sa main entre mes doigts.

- Je t'aime.

Un éblouissant sourire prenait place sur son visage, concordant avec l'étincelle de ses yeux.

- Tu… Vraiment ?

J'hochais simplement la tête.

- Je t'aime aussi, Emma.

Cette nuit-là, après s'être déclaré notre flamme encore plusieurs fois, nous nous étions retrouvées dans ma chambre.

Timide au début, c'était devenu plus passionné, plus intime, plus sensuel. Ce moment que nous partagions, c'était tout simplement magique.

Pour rien au monde, je n'aurai changé ça.

Regina Mills m'avait ensorcelée. Et je l'aimais.


Voilà ! Alors, le verdict ? ça vaut le coup d'attendre quinze jours ? :')

Merci pour votre lecture et à bientôt pour la suite :D