Chapitre 14 : Poussos et Pimentine
Severus Snape était assis dans son salon, livide, un morceau de parchemin à la main.
Il semblait totalement hébété par les révélations d'Angus.
Cette nouvelle, le mettait mal à l'aise. Il avait déjà vécu une situation quasiment analogue et il avait gâché à cette époque toute ses chances d'être père, et heureux avec la femme qu'il aimait profondément.
Ce jour là, Lili et lui étaient tous les deux dans la salle sur demande, lovés sur un canapé. Il pouvait sentir contre lui, le parfum suave de sa peau. Il venait de lui faire désespérément l'amour.
C'était à la fin de leur sixième année et elle venait de lui annoncer qu'elle était enceinte. Bien qu'ils soient jeunes et que leur situation soit précaire, Severus fût ravi de la nouvelle.
Il ne leur restait qu'une année à accomplir à Poudlard, Lili qui était une excellente élève obtiendrait sûrement la permission de suivre les cours tant que sa grossesse le lui permettrait et de passer ses examens puisque la naissance devait se situer fin décembre.
Ensuite, il pourrait chercher tous les deux un emploi et faire garder l'enfant.
Severus, avait de grandes espérances. Il allait rejoindre le Lord Noir. Il avait décidé de prendre la marque.
Le seigneur des ténèbres était entouré de sorciers au sang pur qui l'aideraient et le recommanderaient dans sa recherche d'emploi.
Evidemment, le fait que Lili soit née-moldue, risquait de poser un problème. Mais les rangs du seigneur des ténèbres ne s'étoffaient pas si rapidement et ils admettaient parmi eux même des sang-mêlé comme lui. Alors, pourquoi n'accepterait t-il pas Lili ?
Il lui dit tout son amour, lui fit part de sa joie concernant la venue de l'enfant, lui raconta ses projets concernant le Lord Noir.
Lili se rembrunit à l'évocation de Voldemort.
Elle lui affirma qu'elle ne pourrait jamais accepter cet engagement dans les rangs des mangemorts. La doctrine qu'ils défendaient n'était pas la sienne, ni celle de Severus.
Il devait ouvrir les yeux, on ne pouvait construire son bonheur sur la désolation et la haine, sur le malheur des autres.
Il s'entêta à défendre ses projets et elle lui posa un ultimatum : Elle, l'enfant et tout l'amour qu'elle ressentait pour lui, ou Voldemort.
L'orgueil et le désir de puissance de Severus l'emportèrent. Il fit son choix, il prit la marque.
Il ne pensait pas qu'elle mettrait son ultimatum à exécution. Lorsqu'il le réalisa, c'était trop tard. Lili avait avorté, elle ne lui adressait plus la parole.
Elle se rapprocha de James Potter. Et lui, Severus, ne connût jamais plus le bonheur.
Voilà que l'histoire se répétait. Les circonstances étaient différentes certes. Mais il allait avoir un enfant.
Il savait maintenant qu'il aimait Bridget.
Il ressentait de tendres sentiments pour elle depuis plus longtemps qu'il n'avait accepté de le reconnaître.
Il avait toujours eu des difficultés à exprimer ses sentiments et pour cause, lui même n'avait jamais reçu beaucoup d'amour à l'exception de celui de Lili Evans.
Angus disait que Bridget l'aimait. Il avait peut-être raison. Severus voulait croire qu'Angus ne se trompait pas.
Il voulait cet enfant et il la désirait, elle. Cet enfant serait sa chance, le symbole du renouveau, l'image du bonheur auquel il pensait ne plus jamais goûter et auquel il avait droit.
Sa décision était prise. Il l'épouserait. il les chérirait, elle et l'enfant. Il devait lui avouer son amour...
Elle n'arriverait que dans cinq heures à Londres.
Il avait encore des emplettes à faire. Des ingrédients qui lui manquait pour les potions qu'il voulait confectionner cet été.
Il finit de boucler ses bagages, utilisa un "reducto" afin de les rétrécir et plein d'espoir, il prit de la poudre de cheminette.
-"Chemin de traverse".
Bridget arriva en gare de Kingcross avec le Poudlard-Express et elle se rendit chez elle en taxi.
A peine arrivée, elle entreprit de défaire ses bagages, de ranger tous les vêtements d'hiver qui s'y trouvaient, et de sortir des vêtements d'été du placard.
Elle se sentait l'esprit vide. Elle n'avait pas cessé de ressasser sa situation durant les 7 heures du trajet.
Elle pensait avoir pris sa décision en partant de Poudlard. Mais maintenant, elle en était sûre, elle ne pourrait jamais avorter.
Elle élèverait l'enfant seule. Elle savait qu'Angus ne la laisserait jamais tomber, Harry ferait certainement aussi un cousin merveilleux pour ce petit et elle avait aussi sa nouvelle famille, les Weasley.
Molly et Arthur seraient sans doutes des grands-parents formidables et un de plus, dans la nombreuse famille qui ne cesserait sans doute de s'agrandir...
Oui, elle aurait cet enfant et elle l'élèverait seule et tant pis pour Severus Snape...
Elle avait un travail bien rémunéré qui l'attendait dans le monde moldu dans deux mois. Elle avait hérité de ses parents adoptifs qui, avant elle était sans enfants. Elle était propriétaire de son appartement.
Sa situation était loin d'être précaire, l'enfant ne manquerait de rien.
Sauf d'un père peut-être. Mais là, elle ne pouvait rien faire. Pour que Severus Snape accepte sa paternité, il aurait fallu encore qu'elle lui en parle. Et ça, jamais !! Il s'était suffisamment payé sa tête, elle ne lui donnerait pas une occasion supplémentaire de le faire.
Elle se l'imaginait, sarcastique au possible:
-"Comment, Miss, on ne vous apprends pas la contraception chez les moldus, vous auriez du m'en aviser, je vous aurez donné une potion contraceptive de ma fabrication !!"
Oui, on leur apprenait la contraception chez les moldus, et elle la prenait régulièrement cette fichue pillule !! Mais apparemment, elle faisait partie du pourcentage infinitésimal d'échecs.
Ah ça! C'est sur! Il devait en fabriquer des chaudrons entier de potions contraceptives à l'usage de ses conquêtes !! Il devait bien se garder de semer des rejetons dans tous les coins. Est ce qu'il en avait donné une, de potion, à l'autre là, au prénom ridicule, Amortentia !! Espérons, pour lui, que oui !!
Elle sentait, de plus en plus, remonter sa jalousie envers Amortentia et sa colère contre le sorcier.
On frappa à la porte...
Elle ouvrit, Severus se tenait sur le seuil. Il allait parler, elle l'interrompit.
-" Encore Vous! Vous êtes pire qu'un sort de glue perpétuelle !! Que voulez-vous et comment avez-vous eu mon adresse ?"
Il sentait que si elle le prenait comme ça, il allait finir par s'énerver et ce n'était pas précisément son but. Et que lui avait dit Angus, qu'elle l'aimait , mais qu'elle était trop orgueilleuse et butée pour l'avouer...
-"Je voudrais vous parler, et cette fois, vous allez m'écouter et à l'intérieur !! Dis t-il, d'un ton impérieux, en forçant le passage.
-"Et bien moi, je n'ai pas envie de vous écouter !!
-"Oh que oui, vous allez le faire, même si je dois vous y contraindre par la magie !!"
Il l'entraîna de force vers ce qui lui semblait être le salon et la fit asseoir.
D'un oeil noir, il lui intima l'ordre de se taire. Il inspira profondément et dit :
-"Angus et venu me voir, après votre départ du château. Il m'a mis au courant de votre situation, et... "
Elle ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase:
-"De quoi Angus se mêle t-il ? Il a trahi ma confiance, je ne souhaitais pas que vous soyez au courant."
-"Justement, dit t-il, d'une voix calme et posée, j'estime avoir le droit d'être au courant, vous n'avez pas à me considérer comme quantité négligeable dans cette affaire. Je suis le père de cet enfant et j'entends prendre mes responsabilités".
-"N'ayez crainte, vous ne serez pas ennuyé, il n'y aura pas d'enfant, tout est prévu pour ça."
-"Je suis ici pour vous empêcher de faire cela Bridget, je vous propose de prendre soin de vous et de l'enfant. Je vous propose de vous épouser, pour réparer ce ..."
Encore une fois, elle lui coupa la parole. Vexée par le terme employé.
-"Réparer! Réparer! Personne ne vous demande de réparer. Ce qui s'est passé entre-nous, à été librement consenti de part et d'autre. En aucune manière, vous ne devez vous sentir obligé de réparer quoique ce soit. Je vous l'ai déjà dit, il n'y aura pas d'enfant."
-"Et si moi, je veux qu'il y en ait un!! Et si moi, je désire que cet enfant voit le jour!! Il était en train de perdre son calme .
-"Et bien, si vous désirez tant un enfant, vous n'avez qu'à le faire à une autre que moi. Tenez, allez retrouver votre stupide et précieuse Amortentia, faites lui un ou deux enfants. Pourquoi pas deux d'un coup, des jumeaux, un garçon et une fille. Vous leur donnerez des prénoms ridicules, comme ceux de leurs parents. Poussos et Pimentine par exemple, ça devrait faire l'affaire, non!! "
Avait t-il bien entendu? Elle venait de lui dire qu'il avait un prénom ridicule. Il détestait que l'on puisse se moquer de son prénom et encore plus depuis que les maraudeurs l'avaient ridiculisé en l'appelant Servilus.
Toutes ses bonnes résolutions, sur le fait de garder son calme, d'arriver à se contrôler, s'envolèrent. Merlin ! Cette femelle était un vrai fléau, elle avait le don pour le faire sortir de ses gonds. Il avait été espion, agent-double pendant près de 18 ans. Il avait réussi à se dominer dans bien des situations face aux mangemorts et au seigneur des ténèbres, et même face à Albus parfois. Rien, il n'avait rien laissé paraître, Il avait tout maîtrisé, son dégoût, sa haine, sa peur, sa colère.
Cette fille était plus forte que Voldemort ! Elle le mettait hors de lui! Il était venu lui dire quoi déjà ? Qu'il l'aimait ! Il aurait du commencer par là, parce que maintenant, c'était une autre chanson qu'il allait lui chanter !
-"Vous pouvez vous moquer d'Amortentia et de son prénom, vous ne lui arrivez pas à la cheville, c'est une femme, elle ! Pas une enfant entêtée, capricieuse et gâtée comme vous ! Elle est peut-être stupide, mais elle sait aimer ! Et je peux vous dire que le plaisir et l'amour que j'ai ressenti entre ses bras n'a aucune commune mesure avec la misérable expérience que j'ai pu vivre avec vous."
A peine avait t-il dit ces mots qu'il les regretta. C'était trop tard.
Bridget les larmes aux yeux, se leva et lui montra la porte sans dire un un mot.
Encore sur le coup des paroles insensées qu'il venait de prononcer, il sortit et claqua la porte derrière lui.
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