D.G-SCHOOL

Sushi-la-seule-l'unique :Mamma mia ! Here I go again ! Me revoilà bien vivante avec plus de retard que jamais. Je plaide coupable pour l'absence et la non assistance à lectrice en manque. Désolée. Qui aurait pu deviner que la médecine bouffait autant une vie ? N'allez pas imaginer que je me meurs dans mes cours, quoique... Bref, quand vous êtes dedans, il devient difficile de penser à autre chose et même mes deux chouchous sont passés à la corbeille. Bon, j'arrête de raconter ma vie qui ne doit certainement pas vous intéresser de toute façon. Ces vacances auront été l'occasion de poster un nouveau chapitre.

Toujours merci à ceux qui laissent des reviews : Naru12021, Mako Take, Yosshi-chan, Liaskane, Ayionna, Dreamless-Lifeless et Pikshii. Vos petits messages me font chaud au coeur à chaque fois que je les lis et relis.

Bonne lecture et bon voyage à tous dans la D.G-School !


Every breath you take and every move you make

Every bond you break

Every step you take

I'll be watching you

Sting


Cours et morosité

La porte de la salle de classe s'ouvrit. Le sombre professeur releva la tête avec espoir puis afficha son air morose habituel.

- Heu... Excusez-moi. J'ai un mot de retard.

- Tch'

Un élève en retard. Toujours le même. Mais aujourd'hui Kanda ne se sentait pas d'humeur à lui passer un savon. Il saisit le carnet et vérifia rapidement les dires du retardataire.

- Qu'est-ce que tu attends ? Vas t'asseoir.

Consterné, l'élève s'assit à sa place habituelle et Kanda reprit son cours comme s'il n'avait pas été interrompu.

- Il est malade ? demanda le "fâché-avec-le-réveil" à sa voisine.

- Aucune idée. En fait, je pense pas qu'il s'attendait à te voir toi.

- Hein ?

- T'as pas remarqué que Bookman ne vient plus ? Rien la semaine dernière, on termine cette semaine et toujours rien.

- Mais qu'est-ce que tu racontes... Book...

- Lavi, crétin pas l'autre vieux schnock !

- Ah. Je me disais bien aussi. J'ai entendu dire qu'ils s'étaient mis ensemble. Ils ont peut-être cassé.

- Mhh. Ce serait pour ça qu'il est déprimé.

- Kanda ? Déprimé ? T'es folle ma vieille. Ce type n'a pas de coeur. Y a qu'a voir la note qu'il m'a mis au dernier devoir !

- Non, ça c'est parce que t'es nul, c'est tout...

Kanda fronça les sourcils. S'il y avait une chose qu'il détestait plus que le retard c'était bien le bavardage. Les deux élèves qui chuchotaient au fond de la classe commençaient à lui taper sur les nerfs. D'autant plus qu'ils devaient se croire invisibles avec le peu de discrétion dont ils faisaient preuve.

- Vous deux, au fond. Vous voudriez pas que je vous apporte du thé et des petits gâteaux, non plus ?

- Exc...

- Passez plutôt au tableau nous dire qui était Beaumarchais vous ferez mieux.

Les deux élèves échangèrent un regard apeuré. Ils avaient réveillé le monstre. Maintenant, il fallait subir.

- Son nom entier ?

- Euh...quelque chose comme macaron, dit la jeune fille avant de se maudire d'avoir répondu une chose aussi stupide.

Kanda lui jeta un regard noir.

- Caron de Beaumarchais, mademoiselle. On voit bien ce qui vous passe par la tête en cours de Français. Ensuite, vous, quels métiers a-t-il exercé ?

- P-parfumeur ?, tenta le garçon.

- Et pourquoi pas pâtissier ou éboueur pendant que vous y êtes ? D'ailleurs c'est peut-être là que vous finirez si vous ne suivez pas un peu plus. Allez vous asseoir maintenant, vous m'agacez. La prochaine fois, vous irez prendre l'air chez le directeur. Je ne pense pas que vous puissiez en ressortir indemnes.

Les deux élèves retournèrent s'asseoir avec la ferme intention de ne plus se faire remarquer. Pas que Komui soit particulièrement strict, oh ça non. Mais les penchants du directeur pour les expériences dangereuses suffisaient à inspirer la crainte chez toute personne normalement constituée.

Peu motivé, le Japonais organisa des groupes dans la classe dont la tâche était de produire un commentaire de texte sur différents extraits issus de Le Mariage de Figaro. Une tâche ardue qui les occuperait le reste du cours et même après.

- Monsieur, c'est vraiment dur. Vous voudriez pas nous aider un peu ? intervint un élève quelques minutes plus tard.

- J'avoue ! Mes neurones ont du mal. Déjà qu'ils sont fatigués...

- Vos neurones, fatigués ? Pourtant à la fréquence à laquelle vous les utilisez ils devraient encore être neufs. Faîtes un effort ça ne vous tuera pas.

- S'il-vous-plaît, juste un petit indice.

Kanda soupira.

- Bien, je vais vous faire une faveur mais ne vous y habituez pas trop. Cherchez les critiques de la société qu'incarnent les différents personnages. Et n'oubliez pas d'analyser la syntaxe.

Les paroles de Lavi résonnaient toujours en lui, apesantissant ses pas.

En se créant une image acide et glaciale, il avait réussi à faire fuir la dernière personne pour qui son existence avait de l'importance. Son objectif était enfin atteint. Il n'était attaché à personne et personne ne lui était attaché. Pourtant, oui, il se sentait malheureux. Ou plutôt vide. Sa vie ne présentait plus aucun intérêt; juste une répétition infinie d'actes communs et anodins. L'asocial professeur se tenait à l'écart de quiconque, inconnus comme collègues.

Parmi eux, Il était là. Sa masse de cheveux flamboyants tressautait alors qu'il riait à ce que lui disait le professeur d'économie. Vraiment, il était beau. Vraiment, il n'avait jamais eu besoin de "meilleur ami". Quand Kanda pensait aux choses dont il se privait, une voix intérieure aux accents enfantins lui répondait qu'il en valait mieux ainsi : "Tu ne perdras plus jamais quelqu'un de précieux." Néanmoins, le roux était là mais il l'avait perdu. Si proche, à la fois si lointain. Et son nom, Lavi, lui criait à présent à quel point lui-même était mort.

Accoudé là, il avait une vue imprenable sur la salle des professeurs. Lenalee faisait sa sempiternelle ronde de distribution de café et s'occupait de Miranda qui avait visiblement attrapé un rhume. Lavi s'avança à la fenêtre et, se sentant observé, leva les yeux. Leurs regards se croisèrent en une ultime seconde. Le brun retint son souffle. Le professeur d'Histoire rompit le lien avec une expression de dégoût profond. La vitre sans teint se referma violemment.

- Lavi, s'exclama la Chinoise soucieuse de l'état des locaux.

- Désolé. Un coup de vent.

A 17h30, la sonnerie retentit telle une libération pour les lycéens lessivés. D'autres, plus courageux, trouvaient tout de même un peu de temps pour un club. Manue faisait partie de ceux-là. La jeune fille quitta sa petite amie devant la salle de kendo. Un dernier couloirs n'étaient plus très fréquentés à cette heure. Les quelques autres rares membres du club étaient toujours aux vestiaires. Dernière caresse de deux mains qui se séparent pour cette journée. Mais ce soir les portables seraient de sortie pour d'incessants petits messages.

Après avoir laissé s'échapper un petit soupir de bien-être, l'apprentie pénétra dans la salle avec respect. Dans l'obscurité, le maître assis face au code des samouraïs gardait les yeux clos. L'élève hésita, puis, ne constatant aucun mouvement, se dirigea vers le Japonais. Habituellement, ce dernier réagissait au moindre bruissement, détectant la présence de ses disciples avant même qu'ils aient posé un orteil sur le tatami. Manue posa la main sur son épaule et le secoua légèrement.

L'homme sursauta. Ses yeux noirs recherchèrent l'origine de la perturbation et tombèrent sur Manue qui, dans un brusque mouvement de recul avait atterri sur ses fesses. Il se releva sans un mot. Après tout, la jeune fille ne lui avait rien demandé. La lycéenne fit de même, quelque peu troublée par l'attitude du professeur.

La salle fut éclairée. Les autres kendoka arrivèrent peu à peu, saluant leur sensei et récupérant leur matériel. Après un échauffement éreintant, l'obscur Japonais leur fit répéter inlassablement les mêmes techniques ancestrales qui avaient fait des Nippons des maîtres dans le maniement du katana. Les bras et les jambes frémissantes, le souffle court, les apprentis acceptaient cette souffrance, résolus. Une pause leur fut gracieusement accordée.

Conscients de la suite, les jeunes se mirent par paires pour les combats. Aujourd'hui, il y avait un absent. Les plus rapides se trouvèrent un partenaire afin d'éviter le pire. Le dernier devrait affronter l'asiatique. Le sort choisit un garçon de terminale.

Les affrontements commencèrent. D'abord hésitant, l'élève prit goût à la provocation. Chaque erreur de stratégie lui valait un dur coup de shinaï sur les protections. En face, Kanda affirmait sa suprématie sans matériel inutile. Un autre enchaînement de travers. Le dénommé Stéphane fut déséquilibré et s'étala sur le tatami. Le professeur en profita pour essuyer la sueur qui coulait le long de sa mâchoire. Ayant peu d'appétit ces derniers jours, il s'était laissé aller et cela se faisait ressentir sur son équilibre.

Entre temps, le lycéen s'était relevé et, vexé, reprit avec l'énergie du désespoir. Le Japonais parait chaque tentative sans sourciller avec la même efficacité. Stéphane tenta plusieurs feintes échouant les unes après les autres. Encore cinq secondes et le cour serait terminé. Résigné, l'élève reserra ses mains sur le manche du sabre en bois. Il s'élança à toute vitesse. Plus le temps de calculer. Le choc fut direct, franc, puissant. La jambe d'appui de Kanda vascilla. Surpris, le professeur ne mit pas assez de force au blocage. Il se fit désarmer. Fin du combat. Fin du cours.

Les membres du club se rassemblèrent en silence pour le salut puis quittèrent le lieu.

- Vous vous rendez compte ?

- Tu m'as bluffé sur le coup. On aurait jamais imaginé qu'il laisserait passer un coup pareil.

- Ce n'est pas parce que tu as réussi à le toucher que tu serais pas mort dans un vrai duel. Il n'y a pas à être fier. Ta démarche était médiocre. Dans son état habituel, tu n'aurais même pas pu le frôler, l'avisa Manue avec verve.

- Tsss. Arrête. On sait tous que t'es fan. Tu digères pas, hein ?

- Prends pas la grosse tête, Steph'. Elle a tout à fait raison. Le prof était vraiment pas en forme ce soir.

A la moitié de son paquet de copies, le professeur d'Histoire vint recharger ses batteries avec une bonne dose de café. Il vit Kanda tendant le bras vers un paquet de gobelets toujours aussi mal posé sur la haute étagère. Lavi posa la main sur la poignée de la porte vitrée et entra sans plus de cérémonies. Il y avait encore assez de gobelets pour offrir du café à une vingtaine de personnes et pas une trace du Japonais. Le rouquin secoua la tête. Le voilà qui se mettait à avoir des visions.

Deux ou trois cafés et le temps de la réflexion plus tard, il reprit la direction de la salle de réunion dans laquelle il s'était installé à la fin des cours. Sa relation avec Kanda avait été un fiasco total mais, pour une fois dans sa vie, le roux n'avait pas le sentiment d'être fautif. Il était dans son droit de lui en vouloir et de souffrir se faisant. Terrain glissant. Pourquoi fallait-il toujours qu'il paie les pots cassés ? Cependant, aujourd'hui, il avait croisé son regard qui lui rappelait tant son ivre sincérité au bal de Noël.

Un petit groupe d'élèves passa rapidement dans le couloir. Ils stoppèrent leur discussion animée pour saluer le professeur d'Histoire. Il reconnut les quelques membres du club que dirigeait celui qui hantait ses pensées. Ce soir, l'entraînement avait donc eu lieu. Il salua les jeunes et retrouva le cours de ses songes.

C'était décidé. Il ne voulait pas croire que tout avait été simulé. Il connaissait bien trop Yuu pour qu'il ait pu abuser de lui à ce point. Et si Lavi n'en était pas encore sûr, son oeil vert savait déjà que son propriétaire n'avait pas tort.


Chat pitre 14 bouclé ! (pardon pour cette blague stupide mais il fallait que je la fasse ^^)

Je me sens toute rouillée après cette longue période sans écrire autre chose que des cours. Dites-moi si je dois ranger ma plume de ficeuse une bonne fois pour toute ou si je peux continuer à torturer Yuu-chan et Lavi-kun encore quelques temps.