26/04/12
Bonjour à tous (toutes) !
Hem hem. Oui, cette histoire existe toujours… D'ailleurs (après 4 mois…) voici enfin un nouveau chapitre ! Hurrey :P
Cette fois, on retrouve un Harry en pleine forme et des petites surprises en perspective ^^ J'espère que ça va vous plaire !
Encore désolée pour le retard =(
Avertissement 1 : slash/yaoi
Avertissement 2 : spoiler des 7 tomes, en enlevant l'épilogue
Avertissement 3 : les persos sont peut-être un peu OOC
Bonne lecture :)
PS : merci à anon pour sa longue review détaillée comme je les aime ! ^^ tes remarques sont très justes et c'est vrai que Harry a un peu exagéré pour le coup, mais faut le comprendre quand même, il est un peu long à la détente :P mais maintenant qu'il est pleinement réveillé, ça va dépoter ^^ j'espère que la suite va te plaire !
- Non, non ! Pas question !
- Mais Harry, ressaisis-toi, ce n'est pas en t'énervant ainsi que tu vas récupérer ton Malfoy, le gronda gentiment Hermione. Et puis Ron n'a pas tort après tout, ajouta-t-elle en couvant son petit ami d'un regard doux.
- Tu ne comprends pas, reprit le brun en continuant à faire les cent pas dans son dortoir face à ses deux meilleurs amis pelotonnés sur le lit du rouquin. On ne fonctionne pas comme ça tous les deux. Et puis c'est moi qui me suis suis trompé. J'ai cru qu'il suffirait qu'on se parle pour que tout redevienne comme on était avant, mais non ! Il ne veut même pas m'approcher ! Et il m'a dit qu'il me détestait, ajouta-t-il d'une petit voix.
Les yeux brillants, Harry s'assit sur le bord de son lit.
- Je suis sûre qu'il a dit ça sous le coup de la colère, tenta la brunette pour le réconforter.
- Mouais. Et puis je pensais que ce qu'on avait construit ensemble était plus fort que ça…
Deux regards narquois accueillirent sa déclaration.
- Oui je sais, c'est de ma faute. C'est moi qu'ai réagi en me retranchant sur moi-même, mais…il peut me comprendre, non ?
Harry se leva et recommença à arpenter la pièce en long et en large.
- Je n'étais pas préparé à ça, à la fin ! C'est pas parce que lui il se faisait des films dans sa tête que moi aussi !
- Des films ? dit Ron d'un air interrogateur.
- Je sais plus quoi faire, soupira Harry sans faire cas de l'interruption. J'essaye de lui parler, il ne me regarde même pas. Je lui ai envoyé une lettre, il n'a même pas daigné prendre l'enveloppe et Opale me l'a ramenée fermée.
- Un truc moldu, chuchota Hermione à l'oreille de son petit ami.
- Mais une chose est sûre en tout cas, je ferais sûrement pas ce que tu dis ! reprit Harry après quelques secondes de silence en pointant un index accusateur vers Ron.
- Mais Harry, qu'est-ce que tu crois ? Comment j'ai séduit Hermione à ton avis ? Tu m'as bien vu, non ? Je lui ai fait la cour, point. Donc je vois pourquoi t'en ferais pas autant, mon vieux, annonça le jeune homme d'un air candide.
Après la scène où Malfoy lui avait balancé sa haine à la figure, Harry avait marché à pas hagards à travers les couloirs de Poudlard et c'est ainsi que Ron l'avait trouvé au beau milieu de la nuit, après plusieurs heures passées à le chercher. Les épaules tombantes, son meilleur ami se tenait dans le couloir du troisième étage. Il regardait fixement le pan de mur où devait se trouver la porte donnant accès à la Salle sur Demande, qui renfermait tous les souvenirs de ses soirées passées avec le Serpentard. Toute la misère du monde pouvait se lire dans son regard et Ron avait eu un coup au cœur en le voyant. Même quand Harry avait passé des soirées enfermé dans son dortoir, il n'avait pas été aussi triste à voir. Il arborait plutôt une expression perplexe et concentrée comme s'il réfléchissait intensément. Mais cette émotion présente dans son regard cette nuit-là… Ron ne voulait plus jamais la voir.
Il l'avait alors pris par les épaules et avait ramené dans le dortoir des huitièmes années de Gryffondor, moitié traînant moitié portant, un Harry qui se laissait complètement aller dans ses bras. Il l'avait mis au lit et bordé comme un petit enfant avant d'aller trouver Hermione et de tout lui raconter. Même s'il avait montré de meilleures dispositions à l'égard de Maloy durant leur discussion de la semaine précédente, Ron gardait toujours une pointe de rancœur et de jalousie au fond de lui. Mais cette nuit-là, voyant à quel point Harry était malheureux et désœuvré sans Malfoy, il s'était rendu à l'évidence : son meilleur ami était amoureux de la fouine et il n'y avait aucun moyen de changer cet état de fait. L'importance du Serpentard dans la vie et le cœur de son meilleur ami était indéniable.
Alors avec Hermione, ils avaient décidé d'aider le brun à reconquérir le Serpentard, lui suggérant de lui envoyer des lettres notamment, et lui corrigeant ses fautes ! Et en l'aidant à se retrouver sur son chemin. Mais rien à faire. Celui-ci ne voulait rien voir ni rien entendre de la part du Gryffondor. Et malgré toute sa détermination et sa volonté, Harry commençait à ressentir les effets de l'indifférence du blond à son égard.
Alors, après un ultime refus de la part du blond d'ouvrir une de ses lettres, Harry s'était précipité vers son dortoir, entraînant ses meilleurs amis à sa suite. L'air accablé et misérable, il leur avait demandé ce qu'il pouvait bien faire de plus. Son air pitoyable faisait mal au cœur, et c'est alors que Ron avait suggéré à son meilleur ami de courtiser Malfoy. Après tout, celui-ci venait d'une famille noble, donc il ne pourrait qu'être sensible à ce genre d'attentions, non ? Mais Harry avait refusé tout net. Malfoy n'était pas une fille, et lui-même n'était pas son chevalier servant à qui il devait prouver son amour, quand même !
Bref, ils en étaient toujours au même point depuis quelques heures, et Hermione décida de lui prouver le bien-fondé de cette idée, coûte que coûte.
- Harry, tu vas répondre à trois questions, ok ?
- Euh, oui. Si tu veux, Hermione, dit Harry d'un ton prudent, se demandant si son amie était devenue folle tout à coup.
- Très bien. Première question : est-ce que tu aimes Malfoy ?
- Oui, bien sûr ! Vous le savez, non ?
- Oui oui, dit-elle d'un ton n'admettant aucun commentaire. Deuxièmement : est-ce qu'il le sait ?
- Evidemment ! s'exclama le brun avant de se reprendre d'un air penaud. Ben, en fait… C'est vrai que je lui ai jamais dit de vive voix parce qu'il veut pas me parler. Et puis il n'a pas ouvert mes lettres non plus, donc je suppose que non… finit-il dans un murmure.
- Ok. Et est-ce que tu veux qu'il le sache ?
- Mais bien sûr, voyons ! Il m'a embrassé quand même ! Donc ça veut dire qu'il voulait tenter quelque chose avec moi, et que donc si il sait que moi aussi, je voudrais bien essayer d'être avec lui, alors ce serait génial, on vivrait heureux et blablabla. Et on pourrait aussi passer aux choses sérieuses ! proclama Harry d'un air exalté, ses hormones parlant pour lui à l'évidence.
- Eh ben voilà ! dit Hermione triomphalement après avoir laissé échapper un petit rire face à l'enthousiasme de son ami. Tu sais ce qu'il te reste à faire. Comme la parole et les lettres ne fonctionnent pas, il faut que tu tentes autre chose et la seule chose qu'il te reste à faire, c'est le courtiser.
- Bon ok, admit Harry en se rasseyant sur son lit, calmé après son éclat de voix. Ta démonstration est sans appel. Mais il reste quand même un problème, c'est que je sais pas faire ça moi. Courtiser quelqu'un ? Je sais même pas ce que ça veut dire ! ajouta-t-il en secouant la tête de dépit.
- Mais si, tu sais. C'est toutes les petites attentions que tu peux avoir pour lui, les fleurs, les cadeaux, les chocolats, que sais-je encore ? Et surtout les attitudes et gestes anodins qui veulent tout dire et qui montrent à l'autre qu'il est aimé… murmura la jeune fille en regardant Ron dans les yeux.
Harry s'enfuit de la pièce juste à temps pour éviter de voir ses meillleurs amis se bécoter sous ses yeux. C'était un spectacle auquel il ne pourrait jamais s'habituer !
oOoOoOo
C'est ainsi que commença une cour assidue menée par Harry Potter en personne. Il se levait tôt le matin pour déjeuner en même temps qu'Hermione - et donc que Draco. Il commença d'abord à observer ses habitudes pour être sûr de ne rien manquer d'important et d'être toujours à proximité de lui. Puis il entama les hostilités. Ce fut d'abord des petits gestes anodins, comme l'avait dit si justement Hermione : il fermait les boutons de sa cape quand ceux-ci se défaisaient ; il remplissait son assiette des plats qu'il savait être les préférés du Serpentard ; il remettait d'un coup de baguette une mèche de ses cheveux en place quand elle lui tombait devant les yeux. Puis il continua avec de menus cadeaux : une rose rouge au petit déjeuner, une plume de paon pour les cours ou encore un flacon de parfum délicat aux senteurs des bois. Et bien sûr, sinon tout cela n'aurait servi à rien, il faisait bien voir à Malfoy que c'était lui qui était à l'origine de ces présents, tout en se délectant de la surprise sur le visage du Serpentard.
Dans tout Poudlard, nul ne pouvait ignorer le manège auquel se livrait le sauveur du monde sorcier. Il était même assez comique à courir partout tout le temps, pour se retrouver à l'endroit où se trouvait le Serpentard, raison de tous ses agissements. Que ce soit pour lui tenir la porte quand il entrait dans une salle, lui tirer sa chaise quand il s'asseyait, l'aider discrètement en cours, lui offrir une gourmette à son nom, lui procurer des livres rares en Potions - dénichés lui seul savait où - voire même lui envoyer des fleurs au petit-déjeuner, des bouquets simples mais élégants de fleurs blanches, Harry répondait présent. Sous les conseils de ses meilleurs amis, il faisait tout, tentait tout pour faciliter la vie à Malfoy, embellir ses journées, se faire remarquer auprès de lui et lui montrer son intérêt sincère et amoureux.
Pansy et Blaise étaient les témoins involontaires de cette cour et ils en profitaient pour aider Harry du mieux qu'ils pouvaient : marchant lentement pour permettre à Harry de tenir la porte ouverte devant le blond quand il arrivait, laissant discrètement tomber l'emploi du temps des Serpentards au pied d'Harry. Même McGonagall, amusée de cette entreprise, avait interdit au Serpentard de manquer le moindre cours sous peine de se voir attribuer des points en moins pour sa maison ainsi que des heures de colle et des devoirs supplémentaires. Le pauvre Draco était donc obligé d'assister à tous ses cours, y compris ceux en commun avec les Gryffondors auxquels il n'allait plus depuis un moment. Et c'est alors que tous les professeurs semblaient s'être ligués pour le mettre en partenaire avec Harry Potter lui-même.
Que ce soit en exercice pratique de Métamorphoses, de Sortilèges, ou encore en cours de Potions ou de Soin au créatures magiques, la paire Malfoy-Potter était systématique. Dans ce cas, le blond ne disait rien, n'ouvrait pas la bouche et laissait Harry s'occuper de son bien-être sans réagir. Mais celui-ci, ravi de l'aide de ses professeurs qui semblaient tout faire pour l'aider à conquérir le cœur de Draco, ne bronchait pas, heureux de ces quelques heures passées en compagnie du Serpentard qui avait ravi son cœur. Seul un petit sourire en coin déformait les lèvres du Serpentard quand les tentatives du brun pour le frôler et lui toucher la peau étaient un peu trop flagrantes.
Finalement, tant d'efforts ne purent passer inaperçus auprès de l'élu de son cœur, et Harry eu le plaisir immense de voir que Malfoy commençait à le rechercher du regard, à attendre toutes ces attentions de la part du brun. Il ne disait toujours rien et ne desserrait pas les lèvres, mais la rougeur prononcée qui s'installait sur ses joues quand Harry faisait une nouvelle fois preuve de son assiduité montrait que tous ces gestes ne restaient pas vains.
Voyant que ses attentions portaient leurs fruits, Harry joua alors le tout pour le tout : supposant que Draco était maintenant dans de meilleures dispositions à son égard, il lui envoya via sa chouette son carnet où il avait reconstitué ses souvenirs de l'année dernière, accompagné d'une lettre demandant un rendez-vous au Serpentard pour le dimanche suivant. Dans la Grande Salle, le blond hésita à la vue de la chouette couleur ambre d'Harry, mais il prit finalement le colis tout en faisant un signe de tête dans sa direction. Harry sentit son coeur faire un bond dans sa poitrine et il dut se retenir au bras d'Hermione placée à côté de lui pour ne pas sauter de joie sur son banc.
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Et enfin, alors que le printemps montrait le bout de son nez à travers le ciel ensolleillé du plafond magique de la Grande Salle, tout Poudlard fut soulagé de voir arriver ce que tous attendaient depuis plusieurs semaines : Draco Malfoy accepta la demande de rendez-vous de la part d'Harry Potter.
Personne n'était censé être au courant, évidemment, mais l'absence des deux jeunes hommes dans la Grande Salle le lundi matin fut très remarquée et tout le monde y alla de son commentaire, du plus romantique "ils ont dû s'embrasser au clair de lune en haut de la tour d'astronomie, puis s'endormir dans les bras l'un de l'autre après avoir passé la nuit à se parler, c'est trop kawai !" au plus grivois "héhéhé ils en ont bien profité ces deux-là, je me demande si c'est Malfoy ou Potter qui aura du mal à s'asseoir quand on les reverra, et est-ce que Potter est aussi bien monté qu'on le dit ?".
La réalité était tout autre et en même temps pas si éloignée que ça. Dans la pièce située en haut de la Tour d'astronomie, Harry avait préparé une table pour deux, romantique à souhait (Ron avait même fait la grimace quand il lui avait fait part de son projet.) avec des pétales de rose sur les assiettes vert et argent, des bougies éternelles, des couverts en argent, le tout sous une ambiance tamisée. Il avait demandé à un elfe de maison de lui apporter des mets qu'il avait lui-même choisi, sachant que Draco les appréciait particulièrement. Il s'était habillé de façon très classieuse, à la moldu, d'un pantalon noir pincé et d'une chemise verte brillante dont les premiers boutons étaient défaits. Ces cheveux étaient coiffés du mieux possible tout en gardant leur côté sauvage et la chaîne que Draco lui avait offert étincelait autour de son cou.
Puis, quand le Serpentard arriva - habillé classe comme à son habitude, avec un pantalon de lin beige et une chemise gris anthracite qui mettait en valeur ses yeux - ce fut un festival de couleurs et de scintillements. Des fleurs blanches nacrées tombèrent du plafond et quelques pétales se posèrent avec légèreté sur les épaules du Serpentard. Le feu ronflait dans la cheminée et projetait des ombres chatoyantes dans la pièce. Harry nota avec plaisir que le Serpentard avait mis un peu du parfum qu'il lui avait offert deux semaines auparavant.
Au début tous les deux étaient un peu gênés et embarrassés - après tout ils ne s'étaient pas vraiment parlé depuis plus de deux mois - mais ils retrouvèrent vite leur entente et leur connivence qui avaient caractérisé leurs soirées dans la Salle sur Demande. De nouveau, ils parlèrent tout d'abord de sujets neutres, les professeurs, Poudlard, les cours, le Quidditch. Puis à mesure que la soirée avançait, les langues se délièrent. Draco avoua qu'il avait été surpris de le voir aussi empressé à le satisfaire, qu'il ne pensait pas qu'il pourraient se reparler un jour. Harry confessa sa peur de le perdre, de le voir s'éloigner de lui.
Et quand ils entamèrent le dessert - un fondant au chocolat noir au cœur de liqueur de caramel, surmonté d'un nappage de crème anglaise au nougat - ce fut Draco qui aborda le premier le point qui les avait fait se retouver en cette nuit étoilée.
- Ça m'a surpris que tu me donnes ton journal. C'était vraiment une belle preuve de confiance.
- Oh, je n'ai pas vraimernt réfléchi en fait. Je me suis demandé ce que je pouvais t'envoyer pour te montrer ma sincérité et que tu acceptes cette soirée avec moi. Je me suis souvenu que tu m'avais reproché mon manque de confiance en toi, alors voilà. C'est tout, rougit Harry.
- Comme tu le vois, ça a fonctionné, j'ai été très flatté, rigola doucement Draco. C'est vrai qu'au début je ne savais pas trop comment prendre tout ce que tu faisais pour moi. Je me disais que tu avais peut-être été dégouté par ce que je t'avais fait et que tu te moquais de moi en me courtisant ainsi au su et au vu de tout Poudlard. Mais finalement ta sincérité m'a plu, et le fait que tu t'affiches comme ça me montrait que peut-être effectivement, tu pouvais répondre à ce que je ressens pour toi, ajouta-t-il en posant sa main par-dessus celle d'Harry.
- Et justement Draco, je me demandais : comment tu en es venu à me voir autrement que comme un peu plus qu'un ami ? Je veux dire, même moi je… enfin je te voyais comme un moyen de récupérer mes souvenirs, même si c'est devenu plus que ça par la suite, mais jamais, jusqu'à ce que tu m'embrasses, je n'aurais pu imaginer… enfin tu comprends ?
- C'est vrai que du coup on n'en a jamais parlé, à cause de mon entêtement !
- Mais non, dis pas ça, tu te protégeais c'est normal, le reprit gentiment le Gryffondor en entrecroisant ses doigts avec ceux de son vis-à-vis. Mais c'est l'occasion d'en parler justement, je suis très curieux !
- OK. Alors par où commencer ? (Draco prit une grande inspiration.) Disons que le jour où tu es venu me rendre ma baguette au Manoir a été le jour le plus étrange de ma vie. Déjà je venais d'apprendre que ma mère t'avais sauvé la vie et que c'était grâce à elle que tu étais toujours vivant et que tu avais gagné, ce qui a remis en cause ma perception de cette Guerre. Ensuite tu étais venu me rendre ma baguette, quelque chose qui m'appartenait et que tu m'avais pris, et ça, ça m'a bouleversé. Déjà parce que, tu le sais, une baguette c'est personnel, c'est lié à toi à vie, et que j'étais très heureux de la retrouver.
Harry acquiesça sans mot dire, pensant à sa propre baguette que la baguette de Sureau avait pu réparer, contre toute attente.
- Le deuxième truc, c'est que je n'aurais jamais cru que tu me la rendrais, et que ce soit toi en personne qui vienne jusqu'au Manoir, ça m'a sidéré. Et même si notre échange ne s'est pas passé dans les meilleures conditions possibles ce jour-là, sourit-il, ça m'a ouvert les yeux sur ce que tu étais et sur ta bonté profonde. Ta magnanimité, ta générosité. C'est pour ça que je t'ai épié à la rentrée. Je voulais te comprendre, savoir pourquoi tu étais comme ça, pourquoi tu étais si gentil avec tout le monde, y compris avec moi qui pourtant t'avais fait des crasses pendant si longtemps.
Draco secoua la tête comme s'il ne comprenait toujours pas pourquoi et Harry resserra sa prise sur sa main.
- Puis quand je t'ai demandé de me rejoindre pour qu'on parle, je ne pensais même pas que tu allais venir. Mais tu es venu finalement, la soirée s'est bien passée dans l'ensemble et à la fin, tu m'as semblé si fragile et j'ai eu envie de te protéger et te réconforter, et puis t'avoir dans mes bras, ça a remué plus de choses en moi que je voulais bien l'admettre. (Il eut un petit rire.) Ensuite, je sais pas, on a commencé à se voir et à se parler franchement. J'étais bien avec toi et quand parfois on finissait dans les bras l'un de l'autre, je me sentais bien et je me suis dit que c'était une place que je voudrais occuper toute ma vie. Ça m'a fait peur et je me suis éloigné de toi. J'ai mis un peu de temps à comprendre ce qui se passait en moi, mais ta lettre à Noël et ton cadeau, ça m'a fait plus de bien que tu ne peux le penser. Je me suis rendu compte que je te faisais du mal aussi et j'ai décidé de passer outre mes émotions pour retrouver ce qu'on avait construit. Faut dire aussi que j'étais bien curieux de savoir pourquoi tu avais besoin de moi !
Le Serpentard se mit à rire et ils se sourirent tous les deux pendant quelques instants. Harry buvait ses paroles comme de l'eau de source et il était impatient d'entendre le reste.
- Bref, tu connais la suite. Tu m'as parlé de tes souvenirs perdus et j'ai à nouveau ressenti ce besoin, vital, de te protèger contre tes démons intérieurs, de t'aider à te remettre pour que tu puisses avancer de nouveau. Et quand tu as fait une allusion sur le fait que je pouvais être gay - je sais même plus comment on en était arrivé là d'ailleurs - j'ai cru que, je sais pas, que c'était un appel du pied, que tu me disais "coucou, je vois que je te plais, je suis là si tu veux". J'ai longtemps hésité, mais toutes ces marques d'affection dont tu m'entourais, ces calins et cette tranquille innocence qui me faisait fondre, ont eu raison de moi et je t'ai embrassé. Si tu savais comme je me suis repassé ce moment dans ma tête en en changeant la fin…
- C'est moi qui suis désolé, Draco, pour t'avoir fait du mal en ne réagissant pas comme tu l'aurais voulu. Je ne me rendais pas compte que tous ces gestes que je faisais, ça pouvait être interprété différemment. Pour moi, c'est comme si c'était normal, on avait une amitié un peu particulière, comme l'avait toujours été notre relation, et ça s'arrêtait là. Ton baiser m'a ouvert le yeux, un peu tard c'est vrai, et c'est Ron qui m'a conseillé de te draguer comme ça, pour te montrer que moi aussi je pouvais, enfin je ressentais aussi beaucoup de choses pour toi. Et je suis plus qu'heureux de voir que ça a marché, sinon je sais pas comment j'aurais fait.
Harry baissa les yeux, gêné, mais le Serpentard lui serra la main et il releva les yeux pour voir le regard heureux que lui lançait le blond. Ces aveux les laissèrent tous les deux émus et les yeux brillants d'émotion, et pendant plusieurs minutes seul le crépitement du feu se fit entendre par-dessus leur échange de regards. Puis Harry se leva, contourna la table sans lacher la main de Draco et s'accroupit près de lui pour le prendre dans ses bras.
Harry fit alors disparaître la table et les deux chaises et fit apparaître un canapé brun confortable, en tout point semblable à celui de la pièce que la Salle sur Demande préparait quand ils s'y retrouvaient le soir. Draco sourit en lui demandant d'un air goguenard s'il était nostalgique et le Gryffondor rougit.
Ils s'installèrent tranquillement dans le sofa et Harry prit le Serpentard dans ses bras en se mettant à lui caresser les cheveux, l'autre main enserrée dans celles de Draco. Pendant l'espace d'un instant, ce fut comme s'ils étaient revenus deux mois en arrière, quand toute cette histoire de baiser et ce qui s'en est suivi n'avait pas eu lieu. Harry brisa le silence confortable qui s'était installé entre eux.
- Mais et toi, quand je cherchais à te parler quand j'ai pris conscience de ce que ressentais pour toi, pourquoi tu m'as évité ainsi pendant plus d'un mois ? Je pensais que tu serais heureux que je vienne te parler et que je puisse t'expliquer.
Draco baissa les yeux en rougissant.
- Non je croyais que tu te moquais de moi, que tu avais eu ce que tu voulais avec tes souvenirs perdus et que je risquais de souffrir. Je veux dire, j'étais tellement sûr de moi, que tu allais bien réagir, que cette dernière soirée ensemble allait tout changer, que j'allais pouvoir te montrer mon affection pour toi sans me cacher. J'y avais cru, tu sais, toutes ses allusions que tu me faisais, ces signes que j'ai cru voir. J'ai été bête, soupira-t-il en cachant son visage dans le creux du cou de Harry.
- Mais non, c'est moi qui ai été bête, répliqua le brun en lui soulevant la tête pour le fixer droit dans les yeux. Je pense qu'inconsciemment mon corps et mon esprit étaient prêts à te répondre et à te donner ce que tu voulais, et ce que je voulais aussi. Mais j'ai tout refoulé très profondément en moi, par peur sans doute. C'est de ma faute, j'ai tout retardé.
- N'empêche, c'était bien amusant de te voir me faire la cour, rigola le blond.
- Me pardonneras-tu un jour, Draco ?
- Je t'ai déjà pardonné, murmura l'interpellé en levant la tête vers Harry.
Leurs lèvres se joignirent en un baiser chaste et doux. Un deuxième puis un troisième baiser s'enchainèrent rapidement et leurs langues se lièrent dans un ballet langoureux et humide. Le dernier baiser devint vite passionné à mesure que leurs mains tenaient de découvrir le corps de l'autre. Ils se séparèrent par manque d'air et restèrent essoufflés front contre front à respirer bruyamment. On aurait dit qu'ils essayaient de communiquer par l'esprit, pensa Harry qui sourit doucement à cette image. Draco souleva un sourcil interrogateur.
- A quoi tu penses ?
- Je me disais que si tu étais aussi beau après un simple baiser, qu'es-ce que ce serait après une partie de jambes en l'air…
Les joues de Draco devinrent encore plus rouges si possibles, après que leur baiser fougueux l'ait laissé pantois.
- Tu sais Harry, je ne pense pas être prêt pour ça. Je veux dire, bien sûr que j'en ai envie, mais pas tout de suite, d'accord, on prend notre temps ?
- Bien sûr, tout ce que tu veux. Moi aussi je veux prendre mon temps. Je tiens à toi tu sais ?
- Oui, je tiens à toi aussi.
Cette fois ce fut Harry qui baissa la tête pour frôler les lèvres de Draco dans une douce caresse aérienne avant d'approfondir leur baiser, espérant que ce moment dure toujours.
à suivre
Voilà voilà pour ce chapitre supra guimauve ^^
J'espère poster le prochain plus rapidement. En fait, il suffit juste que je m'y mette et c'est parti, mais le problème c'est le début comme toujours !
Merci à vous pour votre patience et merci d'être toujours là ;)
A bientôt !
Kelewan
