Hey !

Je poste le chapitre 14 avec une semaine d'avance, chose assez folle pour que je la remarque haha ! En vrai j'adore le Gale, alors j'ai du vachement être inspiré, et il est prêt depuis deux jours, alors que c'est le plus long de tous (20 pages word au lieu de 13-15 habituelle, heureusement qu'il y a beaucoup de dialogue).

Parcontre c'est à double tranchant : je ne peux absolument pas garantir que j'arriverais à écrire le prochain chapitre en deux semaines et non en trois : on attaque une partie de l'histoire qui risque de poser plus de problème à mon imagination. Mais je vais essayer!

Donc vous l'aurez compris, on retrouve notre petite Levy ici, avis aux amateurs de Gale.

J'en profite aussi pour vous faire par d'une de mes réflexions : L'histoire avance, et si certains couples sont pour l'instant confus et incertain, d'autre ne vont pas atteindre la fin de la fic pour se former, or, pour l'instant ma fic est rating T (vu que je prend un malin plaisir à interrompre tout action qui pourrait dérapper). Du coup je ne sais pas DU TOUT si je vais écrire des lemons, tout simplement parce que je ne suis pas sur de savoir les écrire. Donc je préfére m'abstenir plutôt que de gacher la narration. D'autant que j'ai peur que ces scènes ne virent répétitives assez vite.

Bref, je parle trop, donc tout ça pour dire : si jamais j'en écrit, je changerais le rating, et je vous préviendrais, no soucy !

Sur ce, bonne lecture, et comme d'hab : Les personnages sont à Mashima, l'histoire est à moi.


Inumie :
Merci pour ta review, chaque fois ça m'encourage vraiment à écrire =) ! Mira est un personnage tip top en même temps =p !

Hime Hakkai :
Coucou, et merci pour tes reviews toujours détaillés ! Personnellement j'adore Mira et son espèce de dualité au niveau du caractère, du coup j'adore la mettre en scène avec notre beau Mâle blond, ça fait des étincelles de bestialité sexuelle haha ! A bientôt j'espère!


Chapitre 14 : Levy

*** Vendredi 15 Novembre ***

Furieuse.

Nom de dieu, cet abrutit l'avait rendue purement et simplement furieuse.

Même en réfléchissant à toute sa vie jusque-là, elle n'arrivait pas à se souvenir d'une seule fois où elle avait été remplie d'autant de colère envers quelqu'un.

Alors qu'elle marchait dans les rues pour tenter de se calmer, elle sortit son portable de sa poche – au moins avait-elle pensé à le prendre avant de partir – et se mit à taper sur les touches tactiles à une vitesse impressionnante, traduisant son état d'esprit colérique.

De « Levy » à « Lu-chan », 15h49 :
T'es chez toi ? Il faut que je te parle, cet idiot va me rendre folle !

Après avoir pris soin de ranger le téléphone à sa place pour éviter toute tentation – comme le balancer contre le sol de toute ses forces, ce qui la défoulerais certes, mais n'était pas, en soit, une très bonne idée – Levy passa une main dans ses cheveux pour exprimer sa frustration, et continua à marcher rageusement en direction de son appartement. A défaut de savoir véritablement où aller, n'ayant aucune idée de l'emploi du temps exact de son amie blonde en cette veille de week-end, leur lieu de résidence lui paraissait un bon point de départ. De toute façon, pour ce qu'elle en savait, il y avait au moins sept endroits où elle aurait pu être. Six, si on omettait le Fairy bar duquel elle venait de partir.

Cela faisait maintenant deux mois qu'elle avait rencontré tous ses nouveaux amis, et à dire vrai, elle n'avait jamais été aussi épanouie de toute sa vie. Tous ensemble, il lui apportait un équilibre vraiment essentiel pour elle, bien que certains y contribuaient plus fortement que d'autres, les affinités n'étant pas forcément les même entre tous les membre d'un groupe quand bien même ils étaient tous soudés. Cela pouvait paraitre prétentieux de penser ça au bout de même pas deux mois, mais c'était comme ça qu'elle ressentait les choses.

Entre autres habitudes qu'ils avaient prises entre eux, il y en avait une qui lui tenait particulièrement à cœur : à quelques très rares exceptions près, elle restait tous les jours au Fairy pour travailler, au moins quelques heures. La plupart du temps, Loki, Gray, Erza et Lucy étaient là, et, malgré tout ce monde, l'ambiance de travail était studieuse, et la stimulait énormément, intellectuellement parlant. Bien plus que toute les séances de travail qu'elle faisait seule, ou celles avec Jett et Droy quelques années auparavant.

Et les rares fois où aucun d'eux ne pouvait ou ne voulait rester, elle n'était jamais seule, parce que s'il y avait bien quelqu'un qui squattait les chaises de leur box privatisé à l'établissement de Mira autant qu'elle, c'était bien Gajeel.

Au début, Lévy avait été beaucoup intimidé par cet homme froid et sauvage, à l'aire arrogant et dominateur, qui semblait passer plus de temps à faire la tête qu'à être aimable. Bien qu'ils se soient réconciliés officiellement à son anniversaire, elle n'arrivait pas à être à l'aise, comme si elle avait l'impression qu'il était toujours prêt à sauter sur elle. Parce que dans sa tête elle revoyait sans cesse le regard qu'il lui avait lancé lorsqu'il l'avait soulevé du sol pour lui balancer ses quatre vérités. Un regard remplis de haine. Presque d'intention mortelle.

Puis, petit à petit, à force de passer de longues heures en sa compagnie, même sans dire un mot, elle s'était détendue, et ils avaient commencé à parler ensemble, la crainte se transformant en curiosité. Elle avait voulu en savoir plus sur cet homme sauvage qui avait l'air de trainer derrière lui un passé aussi noir que la couleur des vêtements de cuire qu'il portait le plus souvent.

Alors ils avaient discuté un peu, puis de plus en plus.

Au bout d'un mois, ils s'étaient même retrouvé tous les deux seuls pour la première fois, et l'ambiance était restée agréable. Gajeel lui avait même demandé des conseils pour la première fois, lui avouant à demi-mot, plus gêné que jamais – mais déterminé à mettre toute les chances de son côté, même s'il devait demander un peu d'aide pour cela –, qu'il avait du mal avec l'anglais.

Levy était resté interdite quelques secondes, mais s'était vite reprise pour répondre à sa question, et l'habitude s'était installée avant même qu'elle ne s'en rende compte. Les faits étaient là : Gajeel devenait lentement mais surement, quelqu'un de très important pour elle. Quand bien même il avait un caractère de cochon, qu'il ne la taquine quotidiennement, et qu'il continue à l'appeler crevette en dépit de ses protestations : il l'attirait irrésistiblement.

Mais là, il avait dépassé les bornes.

Tout avait commencé la semaine dernière quand, cédant aux suppliques de ses amis d'enfance qui se sentaient délaissés, elle avait demandé à Lucy si elle pouvait les inviter pour la fête d'halloween qu'ils avaient prévu le samedi soir – n'ayant pas eu le temps de fêter ça ensemble avant cette date. Son amie lui avait bien sûr dit oui, et Jett et Droy étaient donc arrivés à 20h00 comme convenu le jour J.

Si la soirée avait bien commencé, tout le monde les accueillant avec joie et les mêlant aux réjouissances sans poser plus de question, Gajeel, lui, s'était rapidement montré tout simplement odieux avec eux. Il les avait à peine salué, et avait passé son temps et les intimider, les casser, et les enfoncer toujours plus, sans aucune raison apparente. A chaque fois elle avait pris leur défense, et à chaque fois, l'homme aux cheveux hirsute revenait à la charge.

Alors dès le lundi suivant, elle avait pris son courage à deux mains, et avait demandé à lui parler avant d'entamer leur séance bachotage quotidienne.

Ils s'étaient disputé avec une telle intensité que Mira avait dû les obliger à poursuivre leur conversation dans la cours pour ne pas déranger les autres étudiants.

Et depuis, ils étaient en froid, Gajeel étant monté sur ses grand chevaux sans accepter de reconnaitre ses torts, le masque du garçon arrogant et irascible de retour sur son visage.

Malgré tout aujourd'hui, elle avait voulu mettre leur différent de côté l'espace d'un instant, car elle avait exceptionnellement besoin de l'aide de quelqu'un avec des connaissances anatomiques poussées pour finir un devoir à rendre pour la semaine prochaine, et qu'il était le seul présent aujourd'hui. D'autant que, de façon générale, elle n'était pas habituée à être en froid avec quelqu'un, la rancune étant un concept très peu développé chez elle.

Avec le soutient qu'elle lui apportait quotidiennement depuis plusieurs semaines – en anglais et en latin notamment -, elle lui avait demandé son aide sans même réfléchir à la possibilité qu'il puisse la lui refuser.

Ce qu'il avait pourtant fait.

Méchamment.

« Tu me fais franchement chier, tu pourrais pas te débrouiller seule et me foutre la paix un peu ? »

Depuis toujours, elle avait beaucoup de mal à demander de l'aide aux autres dû fait de son complexe d'infériorité, et c'est pour ça qu'elle travaillait de toute ses forces : elle ne pouvait rien faire pour son physique de petite fille, mais au moins, elle exploitait son intelligence du mieux possible. Ainsi, elle avait vraiment dû mettre ses angoisses en sourdine pour quémander son assistance, et elle prenait vraiment sa réponse comme une humiliation personnelle.

Accusant le coup difficilement, elle avait mis du temps à réagir. Les larmes aux yeux, mais refusant de montrer sa faiblesse à cet être insensible qui ne la regardait même plus, elle avait pris le pichet d'eau presque remplis à ras bord, et lui avait versé sur la tête.

Une remarque bien placée plus tard, elle était dehors, à marcher furieusement vers son appartement.

Dans la précipitation et l'émotion du moment, elle n'avait même pas pris le temps de rassembler ses affaires ou de prendre son sac. Son côté pragmatique lui disait que c'était vraiment stupide, mais elle ne retournerait là-bas pour rien au monde. Pas tant que Gajeel y serais.

Au pire, elle pourrait toujours demander à Mira de les lui mettre de côté pour qu'elle puisse venir les chercher plus tard.

Dans sa poche, son portable vibra pour la troisième fois, signe de nouvelles notifications.

De « Jett » à « Levy », 15h54 :
Eh Lev', on fait une soirée posé ce soir, je passe te chercher ?

S'il y avait bien une chose qu'elle ne voulait pas faire, là, de suite, c'était voir ses amis d'enfance. Ils lui rappelleraient bien trop sa situation compliquée avec Gajeel, et elle ne pourrait pas vraiment leur en parler. Vu le premier contact difficile qu'ils avaient eu avec lui, elle ne pouvait pas leur en vouloir de ne pas l'aimer, mais elle n'avait certainement pas besoin de reproche. Elle choisit donc de ne pas répondre, et passa aux messages suivants.

Le nom de Gajeel lui fit manquer un battement de cœur, stopper son ascension des marches qui menaient à son appartement, et, les doigts tremblants d'appréhension, elle entreprit d'appuyer sur l'écran pour afficher le sms.

De « Gajeel » à « Levy », 15h53 :
J'ai pris tes affaires.

Rien de plus.

Non de dieu ! Il était terriblement frustrant !

Elle ne savait pas à quoi elle s'attendait en ouvrant le message, mais certainement pas à ça.

Aucune excuse. Aucun mot sur leur altercation. Se fichait-il à ce point d'elle ? Elle avait vraiment cru que quelque chose s'était construit entre eux au fil de ces dernières semaines, aurait-elle eu tort ?

Et comble de tout, elle allait devoir l'affronter pour récupérer ses affaires parce qu'elle n'avait pas pris le temps de prévenir Mira à temps.

La boule au ventre, elle regarda le dernier message où Lucy lui confirmait sa disponibilité, avant de monter les trois derniers étages, et de toquer à sa porte.

Cette dernière s'ouvrit sur un Loki apparemment prêt à sortir, qui lui dit au revoir en même temps que bonjour car il devait partir à un rendez-vous. Vu la tête de Lucy quand elle l'embrassa sur les joues pour lui dire au revoir, il devait surement se rendre chez une fille.

Levy avait remarqué que son amie avait du mal à cacher sa tristesse lorsqu'il partait pour cette raison.

La porte à peine fermé, la blonde se repris néanmoins très vite et l'installa sur le canapé avant de prendre place auprès d'elle, deux tasses de boissons chaudes à la main.

- T'as l'air toute retournée, s'enquit-elle, soucieuse.

Levy soupira. Sur le coup de la colère, elle n'avait pas réfléchi avant de lui demander un peu d'attention. Elle voulait se confier, avoir un avis externe sur la situation, mais maintenant, elle se rendait compte qu'elle ne voulait pas non plus l'assommer avec ses problèmes.

- Eh, Levy, tu m'inquiètes plus à garder le silence qu'à m'avouer tes problèmes.

Et effectivement, Lucy avait l'air véritablement inquiète, sans aucune once d'exaspération sur le visage. Cette fille représentait de plus en plus, pour sa plus grande joie, la meilleure amie qu'elle n'avait jamais eue, aussi se lança-t-elle, et lui raconta toute la situation, sans omettre aucun détail. Lorsqu'elle se tut enfin, elle eu la surprise de constater que la blonde affichait un sourire légèrement coquin, à l'opposé totale de la mine renfrognée qu'elle s'attendait à observer.

- Euh … Lu-chan ? J'ai loupé quelque chose ?

- Hahaha, non pardon ! Ce qu'il a fait est vraiment nul, je suis vraiment d'accord avec toi, mais ça lui ressemble tellement tu ne trouves pas ?

- Eh bien, il a toujours eu un caractère de cochon oui, mais …

- Mais non Levy ! Il est clairement Jaloux !

Jal … Quoi ?

- Hein ?

Son manque d'élocution fit rire Lucy qui faillit renverser le reste du liquide maintenant froid qu'il y avait encore dans sa tasse. Mais Levy était toujours bloqué par ce qu'elle venait de dire, son esprit tentant d'assimiler l'idée.

Jaloux.

Gajeel.

D'elle, en tout état de cause.

- Tu verrais ta tête Levy !

- Mais enfin, tu dis n'importe quoi ! Protesta-t-elle, retrouvant enfin l'usage de la parole, mais piquant un far monstre.

- Et pourquoi ? Tu as une autre idée pour expliquer la situation ?

- Non mais …

- Je veux dire, Gajeel est un ours mal léché, on est d'accord, mais pas à ce point, et pas sans raison. Vous vous entendiez super bien, il rencontre Jett et Droy, et il nous pète un câble …

Laissant sa phrase en suspens tant le sous-entendu était claire, elle lui donna quelques minutes pour réfléchir. En vérité, sa théorie se tenait. Plus que ça même, elle expliquait effectivement les évènements des derniers jours avec une logique déconcertante.

La boule qu'elle avait dans le ventre se transforma progressivement en quelques choses de plus agréable. Une chaleur plus douce, mais qu'elle craignait également beaucoup. N'était-ce pas trop présomptueux de penser qu'il tenait assez à elle pour être jaloux ?

Les sentiments qu'elle sentaient grandir en elle étaient-ils également en train de croitre dans la poitrine de l'homme qui faisait battre son cœur ?

- Tu m'accompagnerais récupérer mes affaires ?

- Tu veux déjà aller le retrouver ? La taquina-t-elle avec un clin d'œil.

Rougissant à nouveau, elle ne démentit pas. Elle avait besoin de ses affaires dans tous les cas, mais il était vrai que le voir, maintenant qu'elle avait cet espoir un peu fou dans sa poitrine, lui faisait vraiment envie.

- Tu sais où il habite ?

- Non, pas vraiment … Et je n'ai pas envie de lui envoyer un message. Jaloux ou non, je suis quand même en colère contre lui !

- Et tu as bien raison. Gray m'a dit qu'il était à la salle aujourd'hui, et je crois qu'Erza aussi. Ils ont déjà bossé chez Gajeel donc ils pourront nous dire ou c'est.

Tout en parlant, Lucy avait déjà commencé à mettre ses bottines fourrées, et à rassembler ses affaires pour se préparer à sortir.

- On y va directement ?

- Oui ! Il ne répond jamais quand il est à la salle ! Son portable est généralement dans son casier, et je pense que c'est pareil pour Erza. D'autant que je n'ai pas le temps d'attendre vingt ans, ajouta-t-elle, un peu gênée.

- Oh ? Lucy Heartfilia m'auriez-vous caché quelques choses ?

- Mais non ! Je dois juste aller chez Natsu pour 17h30.

Sa bouche s'arrondis en un O parfait, tandis qu'elle la regardait rougir à son tour. Au dernière nouvelle, Lucy n'avait pas de relation plus poussée qu'une simple amitié avec aucun garçon du groupe en dehors de Loki. Mais il était vrai que ni Gray, ni Natsu ne la laissait totalement indifférente.

- Levy ! Je ne sais pas ce que tu t'imagines, mais j'y vais uniquement pour donner un cours à Wendy.

- Oui, oui, bien sûr, la taquina-t-elle à son tour.

- Mais je te promets ! Je m'entends très bien avec lui, je pourrais difficilement le nier, mais tout est si compliqué en ce moment.

- A cause de Gray ?

- Oui en partie, mais pas seulement. Je … Tout va juste trop vite sur certains aspects de ma vie, alors que d'autres tournent au ralenti. Ou régressent même.

- Ecoute … Levy s'arrêta sur le pas de la porte, et décida de clore le sujet, son amie étant clairement dans une situation compliquée dont elle ne pouvait pas comprendre l'ensemble des aspects, certains éléments lui étant encore secret. Tu pourrais aussi arrêter de te prendre la tête, et voir comment ça se passe ? Je ne connais pas tout, mais laisse faire le temps, il apporte parfois plus de réponse qu'on ne peut imaginer.

Son amie la remercia, et la laissa changer de sujet pour le reste du chemin qu'il y avait jusqu'au club. En arrivant, la jeune femme aux cheveux bleus parcourut la salle du regard pour essayer de repérer Gray ou Erza lorsque ses yeux s'arrêtèrent sur un homme, presque tout au fond, qui martyrisait un sac de sable à grand renfort de coup de poing, de pied, et de tous les organes dont il disposait pour frapper.

En sueur, Gajeel ne portait rien de plus qu'un simple jogging noir et ample, et ses cheveux étaient attachés en une queue de cheval basse, chose assez rare pour que Levy s'attarde sur ce détail.

- Eh ben ça va nous éviter un aller-retour. Viens. Gray ! Erza !

Effectivement, elle n'avait même pas réfléchi à la possibilité qu'il soit ailleurs que chez lui : son message était tellement court, qu'elle avait supposé que dans le cas contraire il l'aurait précisé. Encore une fois, elle s'était bien fourvoyé : ce garçon avait une part d'imprévisibilité décidément très prononcé.

Ce qui n'était pas pour lui déplaire, pensa-t-elle en s'avançant vers ses amis assis sur les tatamis non loin de lui, alors qu'il levait les yeux vers elles. Un frisson la parcourut des pieds à la tête alors qu'elle sentait le poids de son regard s'attarder sur son corps, mais elle refusa de rentrer dans ce jeu dangereux, et garda ses yeux obstinément braqué sur le sol.

- Vous êtes venues vous entrainer ? Demande le brun en avançant légèrement vers elle, Erza à sa suite, de telle façon à ce que tout le groupe finit par se rejoindre non loin de Gajeel, qui avait arrêter de frapper dans son sac comme un perdu.

Au final, peut-être qu'il n'était pas si insensible à toute cette histoire …

« Il est clairement jaloux »

Se souvenant des paroles de son amie, elle ne put s'empêcher de rougir légèrement à nouveau, et ne le regarda pas les rejoindre.

- Non ! Loki n'est pas là ce soir, et je dois donner un cours à Wendy dans pas trop longtemps.

- Tu vas chez Natsu ?

- Oui, j'imagine que ce sera plus pratique pour trouver Wendy, se moqua Lucy gentiment.

Levy ne put s'empêcher de sourire face à la mine renfrogné du nudiste qui se rendait compte de la stupidité de sa question, ce qui ne manqua pas au passage de faire réagir Gajeel, saisissant l'occasion pour se moquer de lui. Après une légère dispute qui n'alla pas plus loin – surement grâce à la présence d'Erza – Gray se tourna vers Lucy pour continuer à parler, en se passant une main derrière la nuque pour traduire sa frustration.

- Non mais j'avais compris, j'suis pas con. Je dois y aller aussi, Natsu à un truck à me montrer. A quelle heure t'y vas ?

La blonde se tourna vers elle pour la consulter du regard. Levy mis un instant à réagir, ne comprenant pas vraiment pourquoi son assentiment était nécessaire dans cette conversation. La lumière finissant par se faire dans son esprit comme elle se rappelait que c'était elle qui lui avait demandé de l'accompagner, elle leva le regard vers Gajeel pour la première fois depuis qu'elles étaient arrivé dans la salle.

Qui la fixait également de ses yeux surréalistiquement rouge. Un rouge profond et enivrant, semblable à la couleur du plus pure des rubis.

Rouge sang.

Quand ils n'été pas en froids, elle adorait parler avec lui, parce que cela lui donnait une raison plausible pour se perdre dans ses prunelles qui semblait vous transpercer pour lire au plus profond de vous, sans aucune pitié.

Quelque part au fond d'elle, elle savait qu'hors de sa tête et de ses pensées, là où de vraies personnes existaient, ses amis devait surement attendre une réponse de sa part, et que leur échange de regard ne passait pas inaperçu. Mais elle était incapable de réfléchir correctement à la situation.

Elle était fâchée contre Gajeel, contre ce qu'il se passait entre eux dernièrement, et qui venait un peu gâcher tout ce qu'elle avait pensait qu'ils avaient peut-être construit ensemble, mais la possibilité qu'il ait réagi comme ça par jalousie lui donnait une lueur d'espoir. Dangereuse quand elle savait qu'il pouvait l'éteindre au moindre mouvement.

Alors qu'elle ouvrait la bouche pour répondre enfin, le silence durant maintenant depuis une bonne minute, et risquait de devenir gênant, le brun aux longs cheveux hirsutes la devança.

- Je n'ai pas tes affaires sur moi.

- Comment ça ?

- Je ne les ai pas ! Je ne pensais pas que tu viendrais ici, répondit-il dans un grognement, de plus en plus énervé

- Mais elles-sont où !?

Ce n'est pas parce qu'il s'énervait qu'elle allait s'aplatir. Elle avait besoin de son devoir à l'intérieur de son sac, et elle aussi pouvait hausser la voix s'il voulait jouer à ce petit jeu-là !

Un nouveau silence s'installa comme leur regard s'accrochait de nouveau, une nouvelle lueur de défis dans les yeux. Gajeel finit néanmoins par lui répondre, toujours sur le même ton :

- Chez moi ! Je t'ai dit que je les avais prises non ?

- J'en ai besoin.

- Je suis occupés là

- Et moi j'en ai besoin maintenant !

- Et moi je te dis que je suis occupé, tu n'avais qu'à pas partir comme une furie !

Certes. Partir sans ses affaires était stupide, elle-même l'avait pensé, mais que lui ose le lui dire, c'était autre chose.

- Je … Je ne t'avais pas du tout demandé de les prendre à ce que je sache ! J'avais demandais à Mira de m'en occuper !

Au sourire arrogant et débordant de supériorité qu'il aborda, elle sut qu'elle venait de dire une bêtise.

- C'est pour ça qu'elle a refusé de les prendre quand je les lui ai apportés ?

Mince ! Mira et ses plans foireux ! Depuis la soirée pyjama ou elle avait dû avoué son attirance pour Gajeel, elle était certaine qu'elle avait dû se mettre en tête de les aider. Ce qui la mettais dans une situation embarrassante aujourd'hui, les joues rouges d'embarras. Concrètement, elle n'avait plus grand-chose à répliquer.

- Reste là si tu veux en attendant, mais moi je m'entraine encore un peu avant de rentrer.

- Quoi !? Non mais tu p…

- Excellente idée ! Intervint Lucy pour la première fois dans la conversation depuis le début de leur dispute.

Comment ?

- Que ? Quoi ?

- Gajeel se propose de t'entrainer, et c'est justement à notre tour sur le ring 3.

- Non mais t'as craqué ? Je m'entraine seul ! Je vais pas m …

- Effectivement ça m'a l'aire une très bonne idée, intervint Erza à son tour.

A partir de là, la discussion se fit à sens unique. Quand bien même aucun des deux n'avaient envie de monter sur ce ring, elle en première position, ils n'avaient pas vraiment le choix. « Sers-en toi comme punching-ball ! » lui avait discrètement dit la blonde en la poussant dans le terrain de combat. Et en levant les yeux vers son adversaire, elle aurait juré l'avoir vu sourire, l'espace d'une demi seconde.

- Prête crevette ? J'm'en voudrais d'te faire trop de mal, la taquina-t-il alors qu'il finissait de refaire le bandage autour de sa main droite.

Ce fut la goutte d'eau de trop. Profitant de l'inattention de son concurrent encore occupé à se préparer, elle fit appel à tout ce qu'elle se souvenait des leçons de karaté qu'elle avait prise pendant plus de 15 ans, et s'élança sur lui. Gajeel ne vit ainsi pas venir son coup, où en tout cas bien trop tard, et fut happé par le croche patte avant d'avoir pu réagir.

Couché par terre, il la regardait avec effarement, surpris de se retrouvé dans cette position. Mais alors qu'elle s'attendait à le voir se relever promptement pour l'engueuler, elle eut la surprise de le voir sourire, comme s'il était fier d'elle, et se redresser sur ses coudes pour lui dire en ricanant que c'était un joli coup.

Et la seconde d'après, elle était par terre, le dos collé au sol plastifié du ring, le jeune homme au-dessus d'elle lui tenant fermement les poignées au-dessus de sa tête de sa grande main. Son autre bras était à même le sol, lui effleurant légèrement ses hanches, et quelques mèches de ses cheveux s'étaient échappées de l'élastique noire qui retenaient le reste de sa crinière sombre pour venir chatouiller son visage enfantin.

Levy n'avait pas vraiment compris comment elle s'était retrouvé dans cette situation, elle avait juste senti le brun profiter de sa surprise pour lui tirer le bras, et lorsqu'elle avait rouvert les yeux, ils étaient tous les deux dans cette position étrange, la partie supérieure du corps de Gajeel au-dessus tandis qu'il restait assis par terre, si près qu'elle sentait sa cuisse contre elle.

Et son cœur battait la chamade comme jamais.

Elle n'osait plus bouger, le souffle encore coupée par sa chute, mais ne trouvait pas le courage de fixer ses prunelles rougeoyantes, laissant son regard parcourir le corps de son partenaire. De là où elle était, et comme Gajeel portait un t-shirt assez large qui bayait donc légèrement au niveau du col, elle entrapercevait très bien ses pectoraux lisse, parfaitement dessiné, et les abdos juste en dessous. Elle remarqua également la tache sombre qui parcourait la partie droite de son torse, mais n'arriva pas réellement à distinguer ce que c'était, la position n'étant pas vraiment adéquate.

- On vous dérange ?

Levy sursauta, et repoussa sans ménagement son ami qui se lassa faire et se releva plus ou moins rapidement pour regarder Gray qui venait de les interrompre.

Enfin non pas qu'il y avait quelques choses à interrompre, ils étaient juste en train de se battre.

Oui, uniquement un combat.

C'est pour ça qu'Erza les regardait avec des yeux ronds comme des pastèques, et des joues rouges, que Lucy arborait un regard une air de satisfaction farouche, et que Gray se foutait carrément d'eux.

- Ta gueule, tu veux ma place peut-être ? A force de rester dans ton coin pour faire le mec sombre tu dois pas beaucoup prendre de plaisir.

- Je suis ravie que tu te soucis de ma santé, crois-moi, mais j'ai largement de quoi faire moi.

- T'insinue quoi là, abrutit ?

- C'est à moi que tu parles ?

Alors que la dispute continuait, la jeune femme s'étonna de ne pas voir Erza réagir pour les arrêter, mais cette dernière semblait encore un peu étonnée de ce qu'elle venait voir, et ce ne fut donc pas elle, mais bien Lucy, qui mit fin à cette friction stupide. Tirant Gray par le bras, elle réussit à l'éloigner suffisamment pour qu'ils soient tous les deux obligés de se taire, et son partenaire lui ordonna bien vite de se remettre en place. Son regard fuyant lui appris qu'il n'était pas plus à l'aise qu'elle sur ce qu'il venait de se passer, mais elle décida de passer outre et se lança, non sans un dernier regard à la rousse, toujours boqué sur le côté du ring.

Et comme annoncé par Lucy, se défouler lui fit énormément de bien. Certes, elle n'était pas assez naïve pour penser que Gajeel se donnait à fond : globalement, il ne faisait que parer ses coups, et l'encourager toujours plus encore, de façon plus ou moins délicate, mais elle utilisa jusqu'à la dernière goute d'énergie disponible pour assener ses coups. Lorsqu'enfin elle se laissa tomber une nouvelle fois une heure et demi plus tard, son corps était couvert de sueur, ses cheveux aussi mouillé que si elle sortait de la douche, et le souffle court. Mais sa frustration avait disparu. Elle était bien trop fatiguée pour faire ou ressentir quoi que ce de toute façon.

- Tu t'es bien débrouillé crevette ! Allez viens, on va récupérer tes affaires.

Au moins avait-elle la satisfaction de voir qu'il était lui aussi en nage, et le souffle court. Elle se redressa légèrement pour prendre la main qu'il lui tendait, et s'aida de sa force pour se relever. Après avoir emprunter la serviette de secours qu'Erza gardait toujours dans son casier – il était interdit d'en privatiser un, mais son amie savait être convaincante – elle se dirigea vers les douches pour se rendre un peu plus propre, et pris le temps de laisser l'eau couler sur son corps pendant 10 bonnes minutes avant d'entreprendre de se frictionner avec le savon et de masser des muscles douloureux pour ne pas avoir de courbature dans les jours à venir.

Tout en se vêtissant à nouveau – omettant cependant de remettre son débardeur sale – elle pris le temps de réfléchir à la situation, la théorie de Lucy s'imposant de plus en plus dans son esprit. Parce qu'après tout, on ne régissait pas comme ça avec quelqu'un qui ne nous plaisait pas, au moins un minimum.

Si ?

Est-ce qu'il était vraiment nécessaire de se prendre autant la tête ? Elle pouvait aussi décider de laisser faire le temps comme elle l'avait si bien conseillé à Lucy précédemment. Sauf qu'il n'avait pas régler le problème de son comportement associable envers Jett et Droy, et qu'il était hors de question qu'elle ne laisse cette situation se reproduire à nouveau.

Perdu dans ses pensées, elle s'arrêta juste avant de percuter l'objet de ses pensées qui sortait lui aussi de la douche. Si elle avait pris soin de s'habiller dans les douches, ce dernier avait dû oublier ses affaires dans le vestiaire, parce qu'il était nu comme un vers à l'exception d'une grande serviette autour de ses hanches.

- Tu regardes jamais où tu vas ?

Son ton mauvais était contrasté par le sourire moqueur qui adoucissait son visage. Sa tenue plus que légère lui permis de distinguer plus nettement la tache sombre qu'elle avait entraperçu plutôt. Tout le long de son pectoral droit, et se poursuivant pendant 20 centimètres sur les côtes en dessous, était tatoué un dragon en noir et gris. Le tatouage était magnifique. De grandes ailes survolait le corps, et sa longue queue paraissait en mouvement, comme pour traduire la colère du dragon semblait fait du métal le plus dure qui existait.

- Ouah ! Je ne savais pas que tu avais un tatouage !

- Impressionné petite ?

- Il est vraiment beau ! Passant à travers la taquinerie de son interlocuteur, elle ne pouvait s'empêcher de le détailler, impressionné par les nombreux détails intégrés dans le dessin.

- Ouais …

Le ton bien plus sombre qu'il employa lui fit relever la tête et approfondir le sujet en douceur. Il semblait qu'elle avait touché un point sensible.

- Tu l'as depuis longtemps ?

- Ouais

- Et pourquoi un dragon ?

- Va savoir.

- Tu te l'ai fait sans raison particulière ?

- Non.

- Gajeel !

- Quoi ?!

- C'est compliqué d'avoir une conversation si tu ne réponds qu'en monosyllabe, ou presque, je te l'ai déjà dit.

- Ouais, ça va !

- Alors ?

- Alors quoi ?

- Ton tatouage ! Souffla-t-elle en perdant patience.

- Je l'ai fait à la mort de mon père.

- Oh … Pardon.

- C'était il y a longtemps. Le plus exact serait de dire que je l'ai commencé à ce moment-là.

- Parce que ça a dû te prendre un temps fou avec tous ses détails.

- C'est ça. Plus de 40 heures ouais. Du coup je ne l'ai fini que bien plus tard.

- Mmmh.

- Lorsqu'on s'est repris avec Juvia.

- Certaines dates ne doivent jamais être oubliées.

- Ouais.

Consciente de l'intimité de la discussion qu'ils partageaient, elle lui sourit tendrement, et alla l'attendre devant la salle le temps qu'il ne s'habille à son tour. Elle avait touché un point sensible du passé du ténébreux combattant, et si elle ne voulait pas le braquer, il était important d'y aller doucement, parce que malgré son ton détaché, ses muscles crispés avaient trahi son anxiété sans aucune équivoque.

Ce dernier réapparut peu de temps après que Lucy ne soit partie – elle l'avait rassuré sur la situation, et lui avait dit de se rendre chez Natsu sans plus tarder – en compagnie de Gray, comme prévue. Le début du trajet se déroula dans un silence assez reposant, tous les deux méditant surement sur leur conversation et les récents évènements qui venaient perturber sans ménagement les petites habitudes installées au cours de ces dernières semaine.

- Hé !

Surprise par l'agressivité inattendu dans sa voix, Levy releva la tête.

- J'vais pas m'excuser pour mon comportement de samedi dernier.

- Ravie de l'apprendre, soupira-t-elle, peu désireuse de recommencer à se disputer.

- Laisse-moi finir crevette. Je vais pas m'excuser, parce que je ne regrette pas ce que j'ai fait, quoi que t'en pense, j'm'en fou. Mais j'aurais pas dû te parler comme ça tout à l'heure, j'étais énervé, et je me suis défoulé sur toi.

- Oh, j'en ai un peu l'habitude …

- Gihihihi, t'en a de la repartie pour une demi-portion. En tout cas … Je suis désolé.

Ebahit, elle s'arrêta inconsciemment de marcher pour le regarder avec un air qui devait probablement traduire de l'ahurissement totale. C'était la première fois qu'elle l'entendait s'excuser, et vu son air plus que gêné, les joues légèrement rouges, ça ne devait pas faire plus d'une demi-douzaine de fois qu'il le faisait dans sa vie entière.

Il était vraiment mignon comme ça, pensa-t-elle en souriant, et en accélérant le pas pour le rattraper, vu qu'il ne l'avait pas attendue.

- J'accepte tes excuses si tu me montre ta chambre.

C'était une occasion en or d'en apprendre plus sur lui, lui qui se montrait si discret. Même si elle dû batailler ferme, elle eut le gain de cause, et c'est dans un grand état d'excitation qu'elle pénétra dans son appartement pour la première fois. A première vue, c'était un duplex avec une grande salle principale faisant office de cuisine /salon/ salle à manger, qui donnait sur deux escaliers diamétralement opposés, et deux portes. Comme une petite fouine, elle découvrit que la première menait aux toilettes, tandis que la seconde permettait simplement d'accéder à un placard à balais, de taille très respectable.

Ce n'était pas du tout l'idée qu'elle se faisait de son appartement. Il était vraiment décoré avec gout, dans les tons bleu, rouge et gris, avec quelque pointe de noir par-ci par-là, le tout allant parfaitement bien ensemble. Or, elle doutait que la décoration ne soit l'un des passe-temps de son compagnon aux cheveux hirsutes. Sans doute Juvia s'était-elle occupé de la déco, et qu'il l'avait laissé faire dans la mesure où elle n'abusait pas trop.

- Tes affaires sont là, annonça-t-il, ouvrant la bouche pour la première fois depuis qu'ils étaient entrés.

Effectivement, son sac était posé sur le comptoir, ses affaires parfaitement rangées dedans. Elle sourit en l'imaginant récupérer tous ses cahiers et livres pour les ranger soigneusement un à un, puis s'occuper méthodiquement de tous les stylos éparses et colorés qu'elle utilisait en permanence.

- Droite ou gauche ?

- Gauche, soupira-t-il.

- Allez, viens ! Arrête de soupirer, fit-elle en le tirant par le bras pour monter quatre à quatre les marche de l'escalier, sa bonne humeur définitivement de retour sur son visage. Oh ! Tu as un chat ?

- Ouais.

- Comment il s'appelle ?

- Lily

- C'est une femelle ?

- Non, se refrogna-t-il. Son nom complet c'est Panther Lily.

- Tu n'avais pas plus compliqué comme nom ? Mais on dirait une petite panthère, ce n'est pas faux.

- T'as vu ça ? C'est le meilleur chat du monde. Et le plus fort ! De loin. Rien à voir avec la petite boule de Natsu !

La fierté dans sa voix était palpable. Souriant toujours, elle s'approcha du félin qui, posé sur le lit, les regardait avec curiosité. Elle s'assit à côté de lui, et, malgré son air farouche, il ne se rebiffa pas lorsqu'elle commença à lui caresser la tête. Sa fourrure sombre était rêche, mais pas désagréable, et son regard semblait doux, presque protecteur envers son maitre.

Comme si ce dernier en avait besoin.

A cette pensée, Levy pouffa.

- Quoi ? Grogna-t-il.

- Non rien. Tu l'as depuis longtemps ?

- Un an à peu près.

- C'est mignon, on dirait qu'il te couve du regard, comme une maman poule.

- Arrête tes conneries, j'ai pas b'soin qu'on m'couve.

Son ton lui fit relever la tête pour croiser son regard. Il la fixait intensément, adossé à la commode, à mi-chemin entre la porte d'entrée et celle qui menait à ce qu'elle pensait être la salle de bain sur le mur adjacent. Ainsi positionné, elle eut tout le loisir de voir ses prunelles parcourir son corps, et revenir trouver ses yeux, ses iris dilatées par l'excitation. Peu importe ce qu'il avait vu chez elle, cela lui plaisait visiblement.

D'un coup de rein, il s'écarta de la commode et s'approcha d'elle de sa démarche sauvage, lentement, mais indéniablement.

Levy ne pris conscience qu'à ce moment-là de la réalité de la situation. Elle s'était sentit tellement soulagé que tout semble s'arranger entre eu qu'elle n'avait pas vraiment pris en compte les potentielles implications de son comportement.

Non seulement elle avait insisté pour aller voir la chambre d'un garçon qui lui plaisait – et maintenant, elle avait la quasi-certitude que ce sentiment était réciproque –, mais en plus elle s'était assise dans son lit le plus naturellement du monde. Et elle ne s'en rendait compte que maintenant, Gajeel accroupit entre ses jambes, et leur visage séparé par quelque dizaine de centimètre.

Elle pouvait sentir son souffle sur sa peau, mais à aucun moment il ne la força à quoi que ce soit, ou n'accéléra cette extrême lenteur avec laquelle il procédait. Une lenteur au combien frustrante. Il lui laissait le choix de reculer, d'arrêter maintenant, et elle était persuadée qu'il pourrait faire comme si rien ne c'était passé lorsqu'ils se reverraient le lundi suivant si elle décidait de tout stopper.

Ce qui était tout bonnement inconcevable.

Humidifiant ses lèvres, elle vit son compagnon suivre le mouvement de sa langue, et s'appliqua à faire trainer le geste en longueur, consciente d'attiser un feu déjà bien vivace. Osant bouger pour la première fois depuis qu'elle avait croisé son regard, elle approcha son visage du sien, et ferma progressivement ses paupières. Elle se répugnait à briser le contact visuel, et ne plus pouvoir se perdre ainsi dans les deux magnifiques rubis en face d'elle, mais elle voulait se concentrer sur ce qui allait suivre, et le toucher serait bien plus important que la vue.

Gajeel ne se fit donc pas prier pour parcourir les derniers centimètres séparant leurs lèvres, celle-ci rentrant en contact avec une douceur dont elle n'aurait jamais soupçonné qu'il pouvait posséder. Elle s'était attendu à quelques chose de brutal, et possessif, mais son baiser était presque timide. Et pourtant, un véritable festival de sensation explosait en elle comme il se prolongeait.

Rapidement cependant, il lui mordilla la lèvre inférieure avant de la lécher, lui quémandant implicitement l'accès au reste de sa bouche. Incapable d'émettre la moindre pensée cohérente, elle approfondit le baiser, et ne put s'empêcher de passer une main dans ses cheveux, depuis le temps qu'elle rêvait de pouvoir les caresser.

Conforté par son geste, il entreprit de glisser ses mains le long de ses cuisses, et en fit remontée une dans son dos, toujours avec une grande douceur qui la surprenait grandement, pour peu qu'elle puisse encore éprouver de la surprise, occupé qu'elle était dans la danse endiablée que semblait pratiquer leur langue entremêlée.

- Gajeel ? Juvia est rentré ! Mais Juvia ne sait pas si elle doit se préparer à une soirée pour ce soir ?

Sursautant, ils se séparèrent d'un bon avant de se redresser.

Elle avait embrassé Gajeel.

Ce dernier la regardait, un tel mélange de sentiment dans les yeux qu'elle n'arrivait pas à comprendre ce qu'il pensait. En bas, Juvia continuait de parler, inconsciente de la situation qu'elle avait interrompue.

- Parce que Juvia voudrais voir Gray-sama ce soir, mais il lui a dit être chez Natsu. Donc s'il n'y ait pas, Juvia n'est pas sûr de vouloir participer à la fête…

Incapable de réfléchir, Levy choisis la solution de facilité, et tourna les talons pour descendre les escaliers encore plus rapidement qu'elle ne les avait montés, et, sans un mot pour la pauvre étudiante en météorologie qui la regardait dévaler les marches, elle sortit de l'appartement, et courut de toutes ses forces.

Elle avait embrassé Gajeel.

Dans l'instant du moment, elle n'avait pas vraiment réfléchi, et la chose lui avait paru naturelle. Mais la venue de Juvia l'avait fait revenir sur la planète terre un peu trop rapidement, et, prise par une peur aussi soudaine qu'incompréhensible, elle avait fui.

Parce qu'il fallait qu'elle fasse le point.

Elle l'avait embrassé !

Si Gajeel l'attirait, elle n'avait pas prévu qu'il se passerais quoique ce soit entre eux de suite, et encore moins vu la situation quelques heures à peine auparavant. En tout état de cause, cela voulait donc bien dire que ses sentiments étaient réciproques, sinon il ne l'aurait pas fait. Mais une petite voix dans sa tête ne pouvait s'empêcher d'intervenir.

Tout le monde n'était pas comme elle. Et lui le premier. On dit que les opposées s'attirent, et leur relation ne pouvait que confirmer cette régle. Des baisers, il avait dû en distribuer des milliers, elle en était sûre, alors il était peut-être inutile de s'en formaliser. Pour elle aussi, ce n'était pas son premier, elle n'était pas prude, elle avait même déjà couché avec un homme, même si elle était loin de vouloir s'en rappeler, mais pour autant, embrasser quelqu'un n'était pas, pour elle, un geste anodin.

Lorsque Juvia était rentré, bien qu'ils aient réagit tous deux très vite, Gajeel n'avait pas demander son reste ou chercher à poursuivre leurs activités, mais y avait coupé court bien au contraire, un demi seconde avant elle.

S'ils s'étaient beaucoup rapproché dernièrement, elle n'avait pu s'empêcher de remarquer qu'il semblait toujours garder une distance, comme si ce qu'ils étaient en train de construire le dérangeait. Et le fait qu'il ait réagi le premier la faisait douter. Voulait-il réellement quelque chose ?

Tout cela voulait-il dire seulement quelque chose ?

Elle était complétement paumée, et commençait à regretter d'être partie sans rien dire, non qu'il ne l'ai retenu.

En regardant autour d'elle, elle s'aperçu qu'elle ne reconnaissait absolument pas le quartier ou elle avait fini par arriver, et qu'elle avait oublié ses affaires en partant.

Encore.

- Levy ?

Se retournant, elle aperçut Jett sur sa moto de livraison à deux pas d'elle.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

- Hein ? Euh, je me baladais un peu et je me suis perdu, répondit-elle, s'empressant de remettre un masque de façade pour ne pas alerter son ami.

-Haha, ça ne te ressemble pas d'être tête en l'air. Je te raccompagne quelque part ? Tu pourrais peut-être passer la soirée avec nous du coup.

- Je suis pas mal occupé avec mes devoirs, j'avais besoin de décompresser. Je ne dois pas rentrer tard ce soir.

- Allez viens Levy s'il te plait. Je te ramènerais avant 22h00 chez toi, promis.

En vraie, elle était perdue dans un quartier qu'elle ne connaissait pas, et accorder trois petites heures d'attention à ses amis ne lui ferait pas de mal parce qu'elle ne les voyait plus beaucoup. De plus, elle pourrait en profiter pour passer faire un coucou à ses parents, et retrouver le confort rassurant des vieilles habitudes le temps de quelques heures. Elle acquiesça donc, et pris le casque qu'il lui tendait pour venir s'assoir derrière lui, et ne remarqua la silhouette sombre qui l'observait de l'autre côté de la rue qu'au moment où la moto démarrait. Gajeel l'observait, une expression vide et impassible sur le visage qui la fit frissonner, tant le détachement qu'il affichait était dérangeant. Elle eut le temps de penser à demander à Jett d'arrêter le véhicule avant de se dire qu'elle ne voulait pas parler au Gajeel quelle avait devant elle, parce que ça n'amènerait rien de bon.

Ce n'était pas le regard qu'on devait avoir lorsqu'on venait retrouver quelqu'un qui comptais pour mettre les choses à plats et essayer quelque chose. C'était même tout le contraire.

Le vent qui fouettait ses joues ne l'aida pas à éclaircir ses idées, mais elle décida de ne pas en tenir compte, et passa la soirée à rire, et profiter de l'instant présent en se remémorant le passé. Juste pour ce soir, son futur attendrait.

- Hé ?

- Quoi ? Excuse-moi je n'ai pas entendu.

- Levy tu était un peu ailleurs toute la soirée, ne crois pas que je ne l'ai pas remarqué.

Debout devant son immeuble, en face de la superette, elle n'avait qu'une hâte, c'était gravir les marches qui la séparait de son lit. Mais elle pouvait difficilement donner tort à son meilleur ami : elle avait été ailleurs toute la soirée. Du coup, même si elle avait profité de ses parents et de ses deux amis d'enfance, elle ne l'avait pas fait à fond.

- Désolé Jett, les cours me prennent une grosse part de mon temps et de mes pensées en ce moment, mentit-elle, légèrement honteuse.

Ses cours, bien sûr.

- Je suis sûre que tu te débrouille merveilleusement bien comme d'habitude.

- C'est gentil de t'inquiéter.

- Je ne suis pas le seul à m'inquiéter tu sais ?

- Hein ?

- Droy aussi s'inquiète, on ne te voit plus depuis la rentrée.

- Je sais, je te l'ai dit, je suis occupée

- Ça ne t'empêches pas de sortir avec tes amis si j'ai bien compris

- Jett tu me fait quoi là ? Je vous ai invité la dernière fois, je fais comme je peux

- J'essaye de te faire comprendre que j'ai envie de plus te voir, tu me manques !

- Je … Tu …

Cette journée n'en finirait donc pas ? Qu'arrivait-il donc au roux ?

- Levy, je te dis que je t'aime.

Muette, elle le regarda le temps d'assimiler les informations. Jett, son ami depuis presque 20 ans, celui avec qui elle avait toujours vécu, avec qui elle avait fait ses premiers pas à l'école, celui qui l'avait toujours soutenu et encouragé même lorsqu'ils se disputaient, qui l'avait consolé lors de ses chagrins amoureux, celui qui avait dormis dans sa propre chambre un nombre incalculable de fois parce qu'il n'y avait jamais eu aucune ambiguïté... La liste aurait pu être encore longue, parce que Jett, c'était Jett, point barre.

Et il venait de lui avouer son amour.

Il venait de remettre en cause tout ce dont elle avait toujours cru.

Jamais ô grand jamais elle ne l'avait imaginé autrement qu'en tant qu'ami.

Les yeux écarquillés, elle n'arrivait pas à trouver une réponse appropriée, et elle le regarda s'approcher d'elle, surement dans l'intention de l'embrasser. Ce mouvement eu au moins le mérite de lui faire recouvrer la parole.

- Jett, attends ! S'il te plait, arrêtes !

- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu ne m'aimes pas ?

- Non ce n'est pas ça mais …

- Moi je t'ai toujours aimé, je voulais attendre que tu le remarque, mais tu t'éloignes de moi, et ça me rend dingue !

Elle ne voulait pas le repousser brutalement, mais sa main sur son bras lui faisait mal, et l'empêcher de partir. Tétanisée, elle ne put que le regarder s'approcher de ses lèvres, ses paupières elle-même refusant de se fermer. L'image de Gajeel s'imposa brutalement dans son esprit : elle ne voulait pas de se baiser là. Ce n'était pas lui qui hantait ses pensées.

- Je ne crois pas que ce soit précisément ce qu'elle veut.

Brutalement tirée en arrière, elle se retrouva emprisonné dans des bras ferme, et collé contre un torse musculeux.

- Qu'est-ce que ... ?

- Tu vois, quand une dame te dit non, ou qu'elle te demande d'attendre, la moindre des politesses, c'est d'obéir.

- Cette histoire ne te concerne pas !

- Non, mais quand je vois une belle demoiselle en détresse, je ne peux pas vraiment m'empêcher d'intervenir.

- Levy n'était pas en détresse, je … Enfin …

- Ça suffit ! Intervint-elle enfin, ayant réussi à remettre ses idées en place. Elle tapota légèrement sur le bras qui l'enserrait un peu au-dessus de la poitrine qui se relâcha, son propriétaire comprenant le message. Merci Loki. Tu veux bien nous laisser un peu ?

- Je t'attends juste à côté.

Attendris pas son attention, elle le remercia silencieusement d'être intervenu, et entrepris de mettre les choses au claire avec le roux qui patientait à ses côtés, confus. Elle s'excusa de ne pas partager ses sentiments, mais l'intima de ne jamais recommencer ça, parce qu'elle aurait du mal à lui pardonner : il lui avait presque voler un baiser contre son grès. Il s'excusa à son tour et essaya de lui faire comprendre sa situation, de lui faire prendre conscience qu'elle ressentait de l'affection pour lui. De l'amour.

Mais il se trompait.

Et lorsqu'il repartit, quelques minutes plus tard, elle espérait qu'il l'avait bien compris, mais qu'elle ne l'avait pas trop blessé. Elle savait combien un amour non partagé pouvait être douloureux, et ce n'était vraiment pas ce qu'elle lui souhaitait, parce qu'elle l'aimait malgré tout énormément, bien que ce ne soit pas de la façon dont il l'aurait voulu.

- Tout va bien ? S'enquit le blond lorsqu'elle le rejoignit en bas de la cage d'escalier

- Si on veut. Je ne m'attendais pas à ça. Merci en tout cas.

- A ton service princesse.

- Qu'est-ce que tu faisais ici ?

- La fille avec qui je sortais ce soir était certes, très charmante, mais elle parlait beaucoup trop, et de chose franchement intéressante. On va dire que j'ai abrégé la phase de discussion.

- Loki ! Tu n'as pas honte !

- Pas le moins du monde, rigola-t-il.

- Je vais le dire à Lucy.

- Non pitié ! Je vais encore me faire passer un savon.

Continuant à plaisanter, ils gravirent les marches, et se quittèrent lorsqu'elle ferma la porte de son appartement, cet légère discussion lui ayant fait le plus grand bien. Loki était vraiment super gentil et prévenant, ce n'était pas étonnant que sa colocation avec Lucy fonctionne, ces deux-là était vraiment fait pour s'entendre. Elle ne fut ainsi pas surprise de recevoir un texto de la part de la blonde pour savoir si tout allait bien. Après l'avoir rassuré en lui disant qu'elle lui raconterait tout demain, elle partit prendre une nouvelle douche pour se détendre après cette journée riche en évènement.

Epuisé, elle s'allongea dans son lit, prête à sombrer dans un délicieux sommeil lorsque son portable vibra. Machinalement, elle ouvrit le message sans prêter attention aux détails.

De « Gajeel » à « Levy », 23h42 :
Descend, j'ai ton sac.

Après avoir relu le message cinq fois, le temps que son cerveau en assimile les informations, elle se redressa d'un coup sur ses bras, en enfila un manteau en tout hâte sur sa nuisette pour descendre les marches à toute vitesse. L'homme se trouvait bien là, debout et impassible, masse sombre qui coupait la lumière provenant des commerces et lampadaires alentour. Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle allait pouvoir lui dire, mais elle n'eut pas à réfléchir bien longtemps, parce qu'il lui tendit le paquet dès qu'il l'aperçut

- Tiens ! Si tu pouvais arrêter de me prendre pour ton majordome ça me rendrait grave service, grogna-t-il, un mélange d'indifférence et de colère dans la voix.

- Excuse-moi, merci de me l'avoir apporté, j'aurais été dans la galère sinon.

-Ouais aucun souci.

- Euh … Ecoute je …

- Attend calme-toi. J'sais pas ce que tu vas me sortir comme connerie, mais franchement, oublis.

- Oublier quoi ? Je comprends pas ce que …

- Je t'ai embrassé parce que j'en avais envie sur le moment, j'avais l'impression que tu me suppliais presque de le faire, mais il ne faudrait pas que ça te monte à la tête. Soupirant, il continua à parler. Putain Levy, j'ai embrassé des milliers de femmes, me dit pas que t'as cru à quelques choses de plus ? Le prend pas mal, crevette, mais mon style est un peu plus … Voluptueux finit-il en mimant les courbe généreuse d'une femme avec ses mains.

- Moi je te suppliais ?! S'indigna-t-elle, les larmes aux yeux tant les mots qu'elle entendait lui faisait mal à l'intérieur de sa poitrine.

- Bon aller, on va pas se disputer, il est tard je dois m'casser : à plus !

- Mais ... Gajeel !

Ce dernier ne se retourna pas, lui balançant un simple « Lâche l'affaire » détaché avant de s'éloigner petit à petit dans la pénombre de la nuit.

Tout ça n'avait été qu'un jeu pour lui, et elle s'était bêtement laissée avoir. Elle avait commencé à tomber sous son charme. Sans parler d'Amour avec un grand A, parce que c'était bien trop tôt, elle s'était attaché à lui. Elle avait vraiment cru qu'il se passait quelque chose.

Quelque chose qu'il venait de piétiner sans aucune pitié avec ses gros sabots.

La tête dans son oreiller, elle ne pouvait s'empêcher de penser au baiser qu'ils avaient échangé, parce qu'elle ne voulait pas croire, qu'il avait été totalement factice.

Malgré tout, elle ne put empêcher l'apparition d'une larme traitresse qui coula le long de sa joue.


Euh, voila ... Avis au fan de Gale, ne me tuez pas, je ne pouvais pas faire quelques chose de rapide, ni même vous promettre une mise en couple, après tout, j'essaye un peu de respecter et traduire ce qu'il se passe dans le manga (bon, pas sur tout, loin de là, mais voilà).

Bisous à tous !