Chapitre 12

At the edge of the madness being.

Angelika fixait la même chose depuis presque trois heures. Ces collègues de l'Evening Standard commençaient à se demander si elle allait bien. Depuis quelques semaines, comme d'habitude, elle venait bosser, mais son comportement avait énormément changé. La jeune fille amatrice de sucre, de bonne humeur et un tantinet extravertie avait fait place à une femme colérique, violente et froide.

Angelika vivait un conflit intérieur avec sa volonté. Sa vraie elle se doutait qu'elle était peut-être possédée par elle ne savait quoi. Elle n'était plus elle-même. Elle s'était mise à faire des cauchemars toutes les nuits, à s'énerver pour un rien, à ficher en l'air son bureau et même à frapper ces proches. Mais son autre côté voulait lui faire croire que sa mauvaise humeur (Mauvaise humeur, mes fesses oui!) était simplement dû au fait que depuis l'incendie, elle habitait sur le toit de Centre Point. Elle réussissait à s'habiller grâce à quelques petits délits ni vus, ni connus, et bizarrement, elle n'avait jamais eu la sensation d'avoir faim. Or, elle n'avait rien mangé depuis cinq semaines.

Durant presque trois heures, elle ne fessait que regarder les développements des photos des Hell's Lilith en pleine action. Elle n'entendait rien d'autre que ces partenaires taper sur leurs machines et les appels d'abonnement, parfois jusqu'à l'autre bout du monde (Ça doit coûter chers d'interurbains.)Elle les scrutait dans l'infime espoir de trouver une solution à son problème. Mais n'ayant rien d'autre que de stupides photos dans les mains, une de ces nouvelles crises explosa et elle les déchira toutes rageusement avec un cri de furie. Son adjoint Ronald Knox l'entendit pendant qu'il draguait l'assistante du directeur Spears et alla la voir. Angelika était en train de prendre son sac pour s'en aller.

- Oook…euh, écoute Angelika. T'es un peu sur les nerfs à cause de cette histoire d'incendie, mais si tu te reposais peut-être un p- Woahhh! Mais qu'est-ce tu fous? Lâche-moi!

Angelika n'avait rien écouté et sur une pulsion négative de son on sait pas quoi, elle avait empoigné Ronald par sa chemise et l'avait soulevé du sol, le regard noir.

- Ne me dit pas ce que je dois faire! Pigé vermisseau?! Fout-moi la paix.

Et d'une pichenette, elle fit tomber les lunettes de Ronald et les brisa d'un coup de talon. Tout l'étage les regardait comme s'ils étaient des bêtes de cirque

Soudainement, Angelika reprit ces esprits et fut épouvantée par la position où elle se trouvait. Tenant son ami Ron par la chemise, ces lunettes cassées sous son pied. Effrayée par elle-même, elle le lâcha aussitôt. Ronald en tomba sur les fesses, angoissé à en crever.

- Mais…Ang-…Angelika! Qu'est-ce qui t'arrive?...Plus personne te reconnait.

- Je…je sais pas!...Je ne me reconnait plus moi-même. Excuse-moi Ron!

Et elle courut en dehors du building, en ignorant les appels de son directeur, William. Cependant, Angelika ne put aller bien loin, William la rattrapa bien assez vite en haut des escaliers qui descendait en colimaçon carré. (Ils sont au dernier étage.)

- Où allez-vous comme ça Phantomhive? La journée n'est pas terminée et je me refuse à faire des heures supplémentaires pour rattraper votre travail non fait!

Angelika retira brusquement son bras de sa poigne et le dévisagea sombrement.

- Pas de danger de faire on boulot. Y'en a plus de photos. J'en aie fait de la moulée.

- Quoi!? Vous avez pas fait ça!? Êtes-vous malade? Elles étaient prévues pour le numéro de dem-! Phantomhive! Laissez-moi!

Angelika, sous l'emprise d'une autre crise, avait attrapé la cravate de William et d'une force jamais imaginée venant d'elle, le força à reculer vers la rampe d'escalier. De surcroît, il se retrouva à moitié pendant dans le vide. Rien ne le retenait, si ce n'était Angelika.

- Imprime ça dans ta tête de nerd, directeur de mes deux! Si tu veux pas crever, viens pas m'emmerder avec tes histoires d'heures sup! Je rigole pas!

Angelika le laissa tomber, heureusement pour Will, du bon côté. Angelika n'ajouta rien et descendit nonchalamment les marches jusqu'à l'extérieur de l'entrée principale.

Une fois dehors, elle se rendit enfin compte des nouvelles atrocités qu'elle venait de faire. Paniquée, elle s'enfuit vers son toit de Centre Point.

Sur son toit, il commença à pleuvoir des clous (Sens figuré évidemment.) elle regarda les voitures et les gens normaux défilé sous ces yeux. Elle voyait des enfants jouer dans la rue, des couples enlacés sous leurs parapluies, des hommes d'affaires qui parlaient business, des vieux qui trottinaient ou simplement des amis qui bavardaient de tout et de rien en accourant pour se mettre à l'abri…Pourquoi n'avait-elle pas le droit à une vie normale? Pourquoi n'aurait-elle pas le droit à un chez-soi confortable, accueillant et chaleureux? Pourquoi ne pouvait-elle avoir des tas amis, un amoureux affectueux et sincère…des parents encore en vie?

Angelika sentit les larmes commencer à couler lentement de ces yeux. Elle s'agrippa les cheveux, tomba à genoux et s'écria vers le ciel en pleure.

- POURQUOI?...QU'EST-CE QUI M'ARRIVE?...QU'AIE-JE FAIS?

. . .

Sébastian regardait tranquillement la pluie tomber sous son parapluie, emmitouflé dans son manteau doublé de laine. L'automne arrivait et il s'annonçait gris, pluvieux et froid.

Sébastian se sentait bien lamentable pour un démon. Il ne pouvait même pas empêcher une humaine de 24 ans d'attirer les dangers. À croire que c'était les dangers qui couraient après elle. Il en poussa un soupir à faire s'envoler un éléphant.

Il avait la grosse poisse depuis cinq semaines, depuis qu'il avait découvert qu'Angelika s'était poussé de l'hôpital au quart estropiée.

Flash-Back.

Le lendemain de la bagarre avec Claude, Sébastian se rendit de nouveau à l'hôpital pour rendre visite à Angelika avec un joli bouquet de lys, de roses et de gerberas rouges. Mais en arrivant, ce qu'il vit le cloua sur place.

- Mais qu'est-ce que…

L'hôpital était à moitié sens dessus dessous. Le directeur ainsi que quelques médecins étaient présents dehors et regardaient un homme dans une plateforme élévatrice changer ce qui ressemblait à une vitre brisée. Mme. Red était parmi eux. Ce fut donc la première que Sébastian accosta.

- Mme. Red!

- Oh! M. Michaelis. C'est vous.

- Oui, moi. Qu'est-ce qui se passe ici?

- Je suis en partie contente que vous soyez là, car j'ai une mauvaise nouvelle pour vous.

- Allez-y. De toute façon, rien ne pourrait bien empirer cette journée de merde.

- D'accord, alors accrochez-vous…Angelika s'est enfuit la nuit dernière environ une heure après que vous soyez parti.

- Quoi!? Mais comm-…

Sébastian n'avait même pas besoin de demander pourquoi Angelika était parvenue à filer. Le Colt. Sa balle lui avait conféré certaines particularités des démons. Ce qui fesait d'elle une sorte d'hybride. Et il savait parfaitement bien qui était le responsable de tout ça.

Sans un mot de plus, il s'éloigna, la colère montant graduellement le long de sa colonne comme la lave dans la cheminée d'un volcan.

- Ragh! Si t'étais pas déjà que des restes pour charognards, je t'aurais fait avaler tes dards un par un, sale bestiole!

Fin Flash-Back.

Donc, au cours des cinq semaines suivantes, Sébastian avait rasé tout Londres afin de la retrouver. Il avait fini, au milieu de la quatrième semaine, par identifier la trace d'Angelika. Au moyen de ces Hell's Lilith, de certains contacts et de témoignages des reporters et photographes du Evening Standard, il avait découvert qu'Angelika avait été complètement métamorphosée. Il avait entendu certain de ces collègues l'histoire à propos du jeune Ronald Knox et la tirade avec le patron.

Sébastian continua à marcher en soupirant vers le Centre Point quand il sentit la sensation qu'Angelika était dans le coin. Il chercha dans toutes les directions, les yeux grands ouverts pour tout compte fait, apercevoir une toute petite silhouette au sommet de la tour. Il ne fallut pas des longues-vues pour comprendre qui s'était.

Sans perdre d'avantage de temps, il remballa son parapluie et fonça vers l'arrière du bâtiment, où il n'y avait que l'entrée de service, le container et les poubelles. Ne prenant pas la peine de monter les escaliers, ou de prendre les ascenseurs du risque de se faire repérer, il emprunta la voie express. Grâce à ces pouvoirs de démons, il parvint à marcher sur les murs et ça ne lui prit que 30 secondes pour accoster sur le toit.

Il trouva effectivement son aimée accroupie au bord du vide, la tête enfouie dans ces jambes, parcourue de tremblements, les cheveux défaits, volant au vent et la pluie la trempant complètement.

Sébastian s'avança le plus silencieusement possible et posa une main apaisante sur ces cheveux. Mais l'effet fut immédiat. Angelika tourna brusquement la tête, un air effarouché au visage et elle recula le plus loin possible.

- NE ME TOUCHE PAS!

Le démon, en mettant sa main, avait senti comme une sorte de double maléfique en Angelika. Semblablement à un machin qui grignotait sa conscience et fesait ressortir ces côtés ténébreux.

N'ayant pas le choix pour découvrir le fin fond de cette chierie, il réveilla ces yeux qui devinrent rouge-rose flamboyant et scruta Angelika de la tête aux pieds. Il vit alors la complication. Une araignée d'un noir d'encre se trouvait à l'intérieur du corps d'Angelika, se promenant un peu partout. C'était elle qui l'avait autant changé. Sébastian maudit Claude plus que jamais. Il fallait l'en débarrasser.

- Désolé Angelika.

- Fiche-moi le camp, démon! Va-t'en!, s'écria l'hybride en prenant sa forme de semi-démone. Soit: oreilles, queue, yeux, crocs et griffes. Sébastian l'a trouva tout à fait craquant comme ça, mais se dit que ce n'était pas le temps pour ça.

- Tu ne me laisse pas le choix, malheureusement.

Puis, sans qu'Angelika puisse se défendre, ou même de faire ou de dire quoique ce soit, Sébastian lui avait sauté dessus. Il la plaqua sur le ventre en s'assoyant sur ces hanches et lui immobilisa les bras d'une main.

- Lâche-moi démon!, cria Angelika en claquant des mâchoires et en gesticulant.

- Non! Pas tant que je n'aurais pas récupérer ma Angelika.

Sébastian repéra l'araignée qui s'était fiché dans l'omoplate gauche d'Angelika. Il retira alors son gant de sa main libre avec ces dents, transforma ces ongles en griffes noires. Il se sentait malade, fou et aberrant de ce qu'il s'apprêtait à faire, mais il n'avait pas d'alternatives.

Sébastian serra les dents et plongea ces griffes en Angelika.