Me revoilou avec un tout nouveau chapitre... J'ai galérer pour l'écrire mais comme toujours j'y suis arriver :D
Les remerciements : Roselia001 – Contente que ça te plaise toujours autant ! Moon Plume – heureuse de te compter parmi mes fans lol merci pour tes commentaires ^^ et enfin The Lily and the hawk – j'espère que cette suite te plaira et aussi très contente de te compter toi aussi parmi mes lectrices 3
Sur ce, je vous souhaites une agréable lecture et vous dis à bientôt
XOXO
Chapitre 13
A nouveau nous galopions à travers les plaines depuis certainement une bonne partie de la journée. J'avais perdu le fil du temps depuis que nous étions arrivées sur les terres Bretonnes. Le seul point positif était qu'au moins, ici, je dormais la nuit... Chez moi, je passais le plus clair de mes nuits à écrire, regarder des films où à lire, l'insomnie me rendant visite plutôt régulièrement. Parfois je passais des semaines à ne dormir que quelques heures, restant éveillée presque 20 heures d'affilées.
Arthur ralentit la cadence et tout le monde en fit de même, laissant les chevaux reprendre leurs souffles. Nous n'étions plus très loin de la villa romaine, nous y arriverions dans l'après-midi à en croire Galahad.
Le jeune chevalier m'était de plus en plus sympathique, peut-être était-ce l'avantage de l'âge. L'allure lente que nous avions adoptée nous permis de discuter :
« Comment est-ce chez toi, Galahad ? » demandais-je curieuse.
« Je suis peut-être le seul d'entre nous à me souvenir des paysages comme si je les avais quittés hier » Me répondit-il en tournant son visage vers moi, le sourire aux lèvres.
« Il y a des plaines verdoyantes à perte de vue, le ciel est magnifique ! »
« Tu sais que le ciel est partout pareil ?» le questionnais-je en riant.
« Oh non ma chère Ailinn, il y a des endroits où le ciel est bien plus beau qu'ailleurs, même si nous vivons sur la même terre. » dit-il avec conviction.
Je décidais de ne pas le contredire, après tout, chacun avait le droit d'avoir son paradis.
Morrigann nous rejoins au petit trop, sur son cheval, elle avait l'air d'un elfe... Ne riez pas... Je ne vous parle pas des elfes façon Galadriel, non ! Mais les beaux elfes très classe qu'on voit sur les toiles ou les dessins quand on cherche un peu sur Google image...
Ses longs cheveux roux flamboyant flottant dans le vent au rythme des enjambées de sa monture. Ça avait quelque chose de poétique et de féerique... Personnellement, si on avait dû me comparer à un personnage, j'aurais certainement plus été dans la catégorie du Barbare dans le Donjon de Naheulbeuk... pas vraiment de classe, pas du tout même...
« Alors de quoi ça discute ici ? » Nous demanda ma cousine tout sourire.
« Votre cousine me demandait à quoi ressemble mon pays. » Lui répondit le jeune chevalier sans quitter le sourire qu'il arborait depuis qu'il s'était remémoré les images de ses terres lointaines.
« Oh, et comment est-ce ? » Fit-elle faussement intéressée.
« C'est le paradis sur terre. » Répondis-je avant que Galahad se mette à faire l'éloge des terres de l'est.
« Eh bien, cela doit être très agréable... Surtout si tous les hommes sont aussi séduisants que vous l'êtes. » Lança Morri' à l'attention de Galahad.
« Et bien je me demandais, d'où pourrait venir deux anges comme vous, si vous ne venez pas du même endroit que nous tous! » Répliqua Lancelot, alors que Galahad rougissait tel une tomate en plein soleil, ça avait quelque chose de charmant venant d'un homme sensé être un guerrier.
« Eh bien, si je vous répond que nous venons de l'enfer, cela vous suffira-t-il ? » Répondis-je à l'adresse du Chevalier Cupidon de mes deux, avant que Morrigann ne nous mette dans de beaux draps.
« Chaque être de cette planète à son propre Enfer, chère Ailinn, où se trouve donc le vôtre ? »
« Est-ce bien important l'endroit d'où nous venons puisque maintenant nous sommes ici, avec vous ? » Demandais-je au Seigneur Lancelot histoire de mettre court à cette conversation dans la quel je ne voulais m'enfoncer.
« Vous semblez vouloir garder le mystère autour de votre présence parmi nous » Lança Dagonet, qui me surpris « Nous le respecterons ! N'est-ce pas Lancelot ? »
Je lançais un regard de désapprobation à Morri', qui pour toute défense haussa les épaules et repartit au petit trop se mettre aux coté de Gauvain. Lancelot quant à lui, prit le même chemin que ma chère et tendre cousine « langue-pendue » tout en grommelant dans sa barbe et ce posta aux côtés du Commandant Romain, qui comme à son habitude menait la marche.
J'observais les Chevaliers autours de moi, Galahad avait retrouvé le sourire, et je remarquais que de temps à autre, quand il pensait que je ne le voyais pas, il m'observait du coin de l'œil. Dagonet était droit sur son cheval, si de temps en temps il ne lâchait pas une phrase par ci par là, on en croirait presque qu'il fut muet.
Le chevalier tourna son visage vers moi, nos yeux ce croisèrent, un frisson m'envahit, glissant du bas de ma colonne vertébral jusqu'à la base de mes cheveux, hérissant mes poils sur son passage, un vent glacial que je fus la seule à ressentir me frappa et d'un coup, la terre tourna...
Je courrais sur la glace, j'avais cette sale impression d'être attaquée de toute part mais j'étais seule. D'un coup le sol se déroba sous mes pieds, me laissant hurlante de peur. Je tombais dans un trou profond, l'eau se referma sur moi, m'engloutissant toute entière. A tel point que le choc du froid me fit l'effet d'un coup de massue en pleine tête. J'étais paralysée, incapable de hurler, et mes poumons brulaient sous la pression de l'eau mortellement froide. La lumière s'estompa à travers l'éclat cristallin de ma prison, tandis que je coulais à pic dans les profondeurs du néant...
J'étais trop fatiguée pour lutter, mon corps pareil à un glaçon me semblait lourd. Allongée sur le sol, je tremblais de partout, des spasmes secouaient mon corps, comme si j'étais prise d'une crise d'épilepsie. Je n'avais pas mal et je ne ressentais rien, à part un grand vide en moi, comme un trou au plus profond de mon âme...
J'entendais le bourdonnement de voix paniqués et de l'agitation tout autour de moi. Je ne savais pas trop ce qu'il se passait. J'avais tellement froid. J'ouvrais doucement les yeux et la lumière du jour éblouissante me picota, comme quand vous sortez d'un profond sommeil et que le soleil est déjà haut dans le ciel, la lumière vous empêche de bien voir. Ma vision ce tachetait de noir et le temps que je me reprenne, je compris que je me tenais dans le giron de quelqu'un. Doucement, je levais les yeux, et vu le visage d'ange de Galahad.
Ma cousine se tenait à genoux tout près de moi, me tenant la main comme pour ne pas me perdre. Des larmes coulaient sur ses joues et son regard apeurer parcourait mon corps certainement à la recherche d'une éventuelle blessure ou simplement d'une réaction de ma part. Je ne pouvais parler, j'en étais incapable.
Arthur ce tenait lui aussi à mes côtés, ses lèvres bougeaient, comme si il me parlait mais je n'entendais qu'un bourdonnement à la place de ses mots. Gauvain ce trouvais près de Morrigann, Bors tournait en rond autour de nous, impatient, nerveux et troublé, Lancelot, était debout derrière nous et je ne pouvais pas voir son visage sans me croquer le cou, mais je préférais ne pas savoir... Tristan paraissait lui aussi tout autant perturber que les autres...
Mais le pire était Dagonet, celui-ci paraissait choquer, rien dans son attitude ne dégageait du trouble, mais son regard inquisiteur, c'était ça le plus terrible ! Ses yeux étaient envahis de peur, d'incompréhension, ce qui m'effraya d'autant plus. Qu'avait-il vue à travers moi ?
Peu à peu les voix ce firent plus clair et ma vision revint doucement... Je me rendis compte que j'étais en transe, trempée de sueur et suffocante. Je n'avais pas envie de pleurer, je ne voulais pas paraitre faible, mais ce fut à contre cœur que les larmes commencèrent à couler. J'avais eu si peur. Jamais je n'avais eu peur de la mort, et après avoir passé quelques jours dans ce monde, j'avais fait des choses dont je me sentais incapable, comme tuer par exemple... Mais là, c'était différent, j'avais combattu des pictes en me foutant royalement de mourir de leurs mains. Et le pire la dedans, c'était que j'étais persuader que ce n'était pas ma propre mort que j'avais vécue en direct live, mais celle de quelqu'un d'autre, et c'est cela qui m'effrayais au plus haut point.
Je me laissais bercée par Galahad. Il m'avait enveloppé de ses bras, comme pour consoler une petite fille qui se serait écorché le genou en tombant. Je pleurais à chaude larme en m'agrippant de toute mes faibles force à lui et le chevalier resserra son étreinte, posant sa tête sur le haut de mon crane, caressant mes cheveux, et me susurra à l'oreille que tout était fini, que j'étais en sécurité.
« Cette enfant est possédée ! » lança une vois dans un murmure.
Tous les regards ce posèrent sur le larbin de l'évêque. J'en avais presque oublié sa présence à celui-là. Il se signa comme si il avait eu la vision de l'antéchrist en moi. Tremblante, je détachais mon visage du torse de mon protecteur et vue Bors foncé sur Horton tout en tirant son épée de sa ceinture :
« Ma petite n'est pas possédée, et si tu parles encore, j'arrache ta langue fourchue. Tu n'auras plus que ta voix intérieure pour prier ton dieu ! »
« Bors ! » s'écria Arthur. Tandis que Lancelot s'était précipité sur l'Ours en rogne.
Le vieux Chevalier relâchait sa proie en me regardant d'un air déconfit, tandis que j'essayais tant bien que mal de me relever. J'étais toute engourdie, des fourmis plein les membres. C'était la première fois qu'une vision me paraissait aussi réelle. J'avais réellement cru me noyer dans ces eaux glaciales. Ça avait été plus qu'effrayant et il me faudrait certainement un bon moment pour m'en remettre. Pourquoi cela n'arrivait qu'à moi, par tous les dieux !
« Ailinn ? » murmura Galahad à mon oreille.
Je levais les yeux dans sa direction, j'étais toujours dans ses bras, et à vrai dire, en toute franchise, je m'y sentais bien. Je ne savais pas si c'était juste le faite de me sentir soutenue ou en sécurité, mais Galahad avait ce genre d'aura réconfortante qu'on trouve rarement chez les gens. Il était d'un calme olympien, mais je pouvais lire de l'inquiétude dans ses prunelles d'un vert-gris translucide.
Voyant que je le regardais mais que je ne réagissais pas il continua
« Tu me broies le bras. » dit-il doucement en jetant un coup d'œil à ma main crispée sur son avant-bras.
Je le lâchais en hâte, et pour toute excuse je baissais les yeux.
« Ailinn ? Que s'est-il passé ? Est-ce que tu vas bien ? Tu peux bouger ? T'es vivante ? » S'époumonais Morrigann.
« Morri ' tu vois bien qu'elle est encore vaseuse. Doucement ! » La réconforta Gauvain.
« Ça va. » Réussis-je à dire dans un souffle.
« Peux-tu te lever ? » demanda à son tour Arthur.
« Je ne sais pas... Galahad, tu m'aide ? »
Le jeune chevalier ne se fit pas prier. Doucement, il m'agrippa le bas des reins et me proposa sa main afin de me soutenir. Je lui souriais tendrement pour le remercier et essayais de me lever. Une fois sur mes jambes, la terre tourna légèrement et je dus m'agripper à Galahad tandis que Morrigann se précipita pour elle aussi me soutenir. Mais ça allait, je tenais debout, et le choc fut presque dissiper après quelques inspirations contrôlés. Bors accouru avec une cape et m'emmitoufla dedans, je l'en remerciais d'un hochement de tête.
Ma crise nous avait grandement retardés, et pour être franche je ne me sentais pas prête à remonter sur mon cheval et reprendre la route vers la villa romaine. Je me sentais toujours étrangement bizarre. Je cherchais en vain la raison de cette vision, essayant de comprendre ce que Dagonet avait à voir avec tout ça. C'était lui qui avait déclenché mon cauchemar et cela me perturbais d'autant plus... Allait-il succomber dans la glace ? Aucune idée, mais une chose était certaine, nous n'étions passé par aucune rivière ou lac geler.
Arthur demanda à Jols de s'occuper des chevaux, apparemment je n'étais pas en état de reprendre la route et je préférais que ce soit le Commandant qui en prenne la décision plutôt que de paraitre comme une faible devant toute l'assemblée en demandant moi-même.
oOoOo
Le silence était de rigueur, chacun s'occupait à sa manière, et de là où je me trouvais, c'est à dire adosser à un arbre en retrait de tous, je pouvais ressentir chaque sentiment qui planait comme une brume au-dessus de nous.
En premier il y avait l'incompréhension, tous se posait la question ultime Que c'était-il passé ? Même moi, je ne comprenais pas.
Ensuite, je pouvais ressentir la peur, le dégout – je vous le donne en mille : Horton bien sûr ! - la curiosité, l'envie, de la tendresse ... Ces deux derniers me semblait inappropriés au moment... Et pour finir, de la compassion et de la colère.
Je me doutais sans peine que la colère venait de Dagonet, mais la tendresse et l'envie je ne voyais absolument pas d'où cela pouvait venir.
A l'instant, je me sentais seule, j'aurais aimé en parler à quelqu'un. Raconter ma vie, expliquer la raison de notre présence ici, avoir une oreille attentive et compatissante à mon malheur. Je pouvais parler à ma cousine, bien sûr elle avait toujours été là en cas de besoin, mais elle connaissait tout de moi, et connaissais la raison de ma chute de cheval, sauf que jusqu'à présent, même elle ne m'avait posé aucune question. Avait elle aussi peur de moi ? Ou plutôt de ce que je pourrais lui apprendre ? J'en avais bien peur.
Bien que j'étais totalement remise, j'éprouvais encore ce vide en moi. Une sensation d'échec, de perte, d'avoir failli à ma tâche qui me rongeait les sangs. Je savais à présent que ma vision avait été un avertissement, comme avec Tristan lorsque j'avais vu sa mort. Mais là c'était différent. J'avais été spectatrice et non actrice... Ça foutait les boules et c'était flippant !
J'en avais marre de tout ça, marre de me prendre la tête pour des gens que je ne connais que depuis si peu de temps. A cet instant j'aurais tout donné pour que Braden soit là. Lui au moins ne m'aurais pas jugé et il m'aurait écouté. Bon sang !
Je m'écartais du campement, et m'enfonçais dans la foret. J'avais besoin de solitude, mais surtout j'aurais aimé me défouler. Je pouvais voir le camp de là où je me trouvais, mais dissimulée par les arbres, eux ne pouvait me voir. Je dégainais la fichu épée offerte par Merlin, et frappais de toute mes forces dans un arbre, l'épée resta coincée dedans mais je la retirais avec autant d'ardeur que le coup porté et recommençais.
« Ne pourrais-tu pas t'attaquer à quelque chose qui aurait une chance de se défendre ? »
« J'aurais dû me douter que tu n'étais pas très loin ! As-tu toujours ce besoin de solitude ou es-tu juste asociale ? Je pencherais pour la deuxième hypothèse. »
« Et si nous parlions de toi ? »
« Ha parce que mon cas t'intéresse maintenant ? »
« ... »
« C'est bien ce que je pensais ! »
« Que s'est-il passé ? »
J'étais toujours dos à Tristan, et je ne voulais pas le regarder. Ses yeux noirs m'effrayaient. Pas seulement parce qu'il m'avait trainé dans la boue en abusant de ma fichu confiance et qu'il l'avait fait sans remord, non, il m'effrayait car je ne voulais pas que ça recommence. J'avais assisté à sa mort, si je devais « vivre » sa mort, je n'étais pas certaine que j'en sortirais indemne. Je ne capitulais pas mais baisais la tête en soupirant, espérant qu'il comprenne et s'éloigne de moi.
Tristan ne le prit pas sur ce ton, il s'avança d'un pas presser et plein de rage vers moi, me retourna aussi vite que l'éclaire, accrochant nos regards l'un à l'autre. Je devais avoir l'air d'un petit animal pris en grippe dans les phares d'une voiture, car son visage changea d'expression et ses mains ce desserrèrent d'autour de mes bras.
« Pardonne-moi, je ne voulais pas t'effrayer... Je ne te ferais jamais de mal Ailinn ! »
Il me laissant pantelante de stupéfaction. Mais c'était trop tard, il m'avait déjà fait du mal ! Il avait pourtant dit cette simple phrase comme si il essayait de s'en convaincre lui-même. Et malgré tout, je le sentais sincère.
Il restait planter là, juste à quelques centimètres de moi. Est-ce que son esprit était tout aussi torturer de question que le mien à cet instant ? Oui... Non... Pourquoi ? Aucune idée ! Mais pour ma part s'il restait planter là sans bouger, les mains toujours sur mes bras, je n'allais certainement plus tarder à ne plus répondre de mes actes. Quelque chose émanait de lui qui me faisais l'effet d'un aphrodisiaque. La fièvre me montais, et son regard troubler plein de question sans réponse me perturbais plus que ça ne le devait.
« Ailinn, tout va bien ? » Lança une voix en s'approchant.
Moi qui pensais être à l'abri des regards, je m'étais trompée. A l'approche de Galahad, Tristan brisa le contact, faisant presque un bon d'un mètre en arrière. Pourtant je ne le lâchais pas du regard, découvrant une facette de lui que je ne connaissais pas encore. L'éclaireur avait-il été surprit ? Nul doute que la situation devait certainement le mettre mal à l'aise.
« Tout va bien Galahad ! » Répondais-je sans quitter Tristan du regard, qui lui trouvait soudainement un intérêt quelconque à l'arbre à quelques mètres de nous.
Tristan lâchait un juron incompréhensible dans sa barbe et prit ses jambes à son cou. J'aurais aimé finir cette discutions, bien que j'étais persuader que nous aurions eu une tout autre manière de communiquer. Quoi qu'il se soit passé, quoi qu'il ait pu penser ou dire, ce gars-là avait une putain d'emprise sur mon cœur et bien que ma tête me hurlait de le fuir, mon corps avait besoin de son contact. J'avais besoin qu'il ne soit jamais loin de moi... Et pourtant, seuls les dieux savaient à quel point je détestais me sentir aussi éprise de quelqu'un. Mais lui, ce n'étais pas n'importe qui... Et je devais bien avouer que son contact m'avait manqué. Saloperie d'hormone !
Le jeune Chevalier s'approcha de moi après avoir suivi son compagnon d'arme s'éloigner rageusement. Galahad posa une main sur mon avant-bras et me demanda encore si tout allait bien, et je répondais encore et toujours la même réponse : Tout va bien !
Doucement et tout en soupirant, je me détachais de mon nouvel ami, m'adossais à l'arbre le plus près et me laissa glisser sur le sol tout en fermant les yeux. Un peu de paix et de calme dans ce monde de fou ne me ferraient certainement que du bien. J'en venais à regretter ma décision.
« Que voulait Tristan ? » Me demanda Gal ' en s'asseyant à mes côtés.
« Certainement la même chose que toi, avoir une réponse » Répondais-je blasé.
oOoOo
La nuit était déjà bien entamée et pourtant je ne dormais pas. La lune pleine brillait de son plus bel éclat et comme dans mon enfance, je restais là à la regarder, en me parlant intérieurement, comme si elle pouvait m'entendre, ou même me comprendre.
Aucun des chevaliers ne m'avait posé l'ultime question, a part Tristan qui avait disparu de la circulation depuis que Galahad nous avais empêché de refaire une grosse bêtise.
Même Morri' semblait me fuir, passant son temps à bavarder avec l'un et l'autre, où à séduire ce cher Gauvain qui ne paraissait absolument pas mécontent de l'intérêt certain que lui portait ma cousine.
D'habitude, elle était la première à me harceler de question à chacune de mes visions, et là rien... Je détestais quand elle agissait comme si rien ne s'était passé. C'était la seule avec qui je pouvais partager ce genre de chose et je me sentais soudainement seule. Il était vrai que parfois, elle et sa curiosité maladive pouvaient me taper sur le système, mais pour ces choses-là, elle ne m'avait jamais laissé tomber. C'était bizarre de sa part !
Peut-être qu'elle avait peur, peur de savoir de quoi il en retournait cette fois, et à vrais dire, je commençais sérieusement à me faire peur moi-même.
D'après ce que Galahad m'avait expliqué, j'avais tourné de l'œil et avait fait une chute de cheval pour une raison inexpliquée. Arthur pensait que c'était le manque de nourriture, il était vrai que je ne mangeais pas assez depuis plusieurs jours, me contentant de quelques grignotages par ci par là.
Bors quand à lui, était persuader que je manquais de sommeil, ce qui était aussi le cas, et bien entendu cet abruti d'Horton restait sur la possession de mon corps par je ne sais quel démon chrétien. C'était complètement absurde, et j'étais contente qu'aucuns de Chevaliers ne fut catholique, sans ça, je ne serais déjà plus qu'un tas de cendre fraiche parmi des gravas de bois.
« Ailinn, viens à moi ! »
Je me levais en hâte, scrutais les alentours à la recherche de la personne qui m'avait appelé. Tout le monde dormait profondément. Paniquée, je tournais sur moi-même en scrutant la pénombre de la foret. Mais personne.
Voilà que je devenais vraiment folle à présent. J'entendais des voix venues de nulle part façon Jeanne D'Arc. Il fallait vraiment que je dorme... Je m'avançais vers le feu, autours du quel reposais les corps endormis de mes compagnons.
« Ailinn ! Viens à moi ! » Recommençait la voix d'un ton tout aussi mystérieux.
Je sortis mon épée de son fourreau, j'avais une trouille bleue. Bordel que ce passait-il ?
« Qui est là ? » demandais-je à voix basse, comme si la personne était assez près pour m'entendre.
« Suis ton instinct et rejoins moi ! » murmura la voix.
« Par tous les dieux, je vire complètement dingo, moi ! » Me dis-je en moi-même en me donnant une claque mentale. « Ressaisie toi ma pauvre, où tu seras bonne à enfermer dans pas longtemps ! »
J'étais sur le point d'ignorer ce qui venait de ce passé, je me disais que j'avais réellement besoin de manger plus et de dormir durant une éternité pour me remettre sur pied. D'un petit rire des plus nerveux, j'essayais de me détendre, en me disant que mon imagination me jouait des tours...
Mais il ce passai quelque chose à la quel je ne m'attendais pas... La fameuse épée offerte par Myrddin se mit à chauffer entre mes doigts, une chaleur réconfortante mais au fur et à mesure que j'observais ma main, la garde ce mit à chauffer de plus en plus, brûlant presque la paume de ma main, à tel point que je la lâchais, elle tomba au sol dans un bruit sourd. Je continuais à la regarder hébétée quand la lame ce mit à briller d'une lumière blanche étincelante.
Aveuglée, je me protégeais le visage derrière mes bras. Paniquée, je regardais autour de moi, personne n'avait l'air de s'apercevoir qu'une épée magique brillait de mille feux en plein milieu du campement. Bizarre !
« Prends là et viens à moi, jeune guerrière ! » Recommença la voix qui me fit sursauter.
Doucement la lumière s'estompait, et je pue dégager mes bras. L'épée redevenait normal petit à petit, mais dans l'air planait une énergie que je ne connaissais pas, jamais je n'avais ressentis un tel élan de pouvoir dans toute ma vie. Même ma grand-mère, qui entre nous était une des sorcières les plus puissantes que je connaissais était loin d'atteindre un tel niveau de force psychique. Mais, même si j'avais été surprise d'entendre des voix - enfin, une voix – je ne sentais rien de malveillant dans l'air. J'avais toujours eu une certaine empathie et généralement je me trompais rarement.
Doucement, tout en faisant quand même attention, je me baissais afin de ramasser l'épée sur le sol, elle n'était plus chaude, elle était parfaitement normale et bien que je l'examinais sous toutes les coutures d'un air perplexe, non, je ne trouvais absolument rien de changer...
Je me ressaisie, et tournais sur moi-même. La voix avait dit de suivre mon instinct, j'allais donc ... suivre mon instinct !
